Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 15:29

   Ainsi donc, sur le sujet du mariage qui relève pourtant du comportement privé, se développe actuellement un débat public qui tourne à l'affrontement entre les partisans et les adversaires de son élargissement aux couples homosexuels.

 

   Une fois de plus, l'éditorialiste du journal Ouest-France, François Régis Hutin, apporte le 12 janvier 2013 une analyse intéressante des problèmes que pose un tel débat :

Editorial

samedi 12 janvier 2013

Mariage homosexuel ?

Voici donc notre pays placé dans une grande tension, comme il arrive de loin en loin sur des questions fondamentales de société. Il s'agit non pas du mariage pour tous car chacun sait que cela est impossible. Même s'il arrive que l'amour puisse être immense entre deux êtres consanguins, la société interdira leur union...

Il s'agit du mariage homosexuel. Il avait déjà été refusé, voici neuf ans, quand fut instauré le Pacte civil de solidarité (Pacs), qui devait suppléer à cette revendication déjà présente.

Cependant, il avait été, heureusement, jugé nécessaire de reconnaître et de garantir le droit que faisaient valoir les personnes désireuses de partager étroitement leur destin et d'organiser la sécurité de leur vie commune. Le Pacs s'est développé, semble-t-il, avec satisfaction : 904 746 personnes, dont 63 609 du même sexe, y ont souscrit entre 2000 et 2010.

À l'époque, il avait bien été précisé par la ministre socialiste qui défendit ce projet à l'Assemblée nationale qu'il était dissocié de la famille, définie d'ailleurs remarquablement par Mme Guigou : « Une famille, ce n'est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C'est l'articulation et l'institutionnalisation de la différence des sexes. C'est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C'est aussi la promesse et la venue de l'enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n'a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous. »

Aujourd'hui, une étape considérable est sur le point d'être franchie, celle du mariage homosexuel avec toutes ses conséquences. En effet, la ministre de la Justice, Mme Taubira, a déclaré à Ouest-France le 17 novembre : « C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation. Nous n'avons pas l'intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code civil... ». Les évêques de Normandie précisaient, en octobre, qu'il s'agissait à leurs yeux d'une « rupture de civilisation ».

Enjeu considérable

La ministre, garde des Sceaux, en appelle en l'occurrence au sens de l'égalité... « Nous voulons permettre à tous ceux qui le souhaitent d'avoir accès aux trois façons de faire couple dans la société : le concubinage, le Pacs, le mariage. » Le théologien Xavier Lacroix précise (1) : « La discrimination consiste à ne pas accorder les mêmes droits dans des conditions similaires. Or, face à la procréation, les couples homosexuels ne sont pas dans la même situation que les couples hétérosexuels. »

C'est cela qui conduit, au nom de l'égalité, à la revendication par les couples homosexuels de l'adoption, de la procréation médicalement assistée (PMA), voire de la gestation pour autrui (GPA). Mais alors, il y aurait discrimination envers l'enfant, si la loi donne suite à ces revendications car « l'enfant sera dès lors privé des biens élémentaires que sont un père et une mère » (1).

Le danger est là car « lorsqu'on légifère sur la famille, on légifère aussi forcément sur l'enfant... », disait Mme Guigou qui, par ailleurs, est aujourd'hui favorable au mariage homosexuel et à l'adoption par les couples concernés. « Je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l'enfant... Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l'enfant comme source de bonheur individuel. »

Rien qu'à travers ces quelques réflexions, on constate que le mariage n'est pas seulement la reconnaissance ou la célébration sociale de l'amour. « Le mariage structure fondamentalement la société dans son présent, son passé, son avenir. » (2) Il est une institution et pas seulement un contrat comme le précise Gilles Bernheim, Grand rabbin, « ce n'est pas uniquement la reconnaissance d'un amour. C'est l'institution qui articule l'alliance de l'homme et de la femme avec la succession des générations. C'est l'institution d'une famille, c'est-à-dire d'une cellule qui crée une relation de filiation directe entre ses membres ».

Or, la filiation dans un couple homosexuel est « brouillée » alors que « l'enfant a besoin d'une généalogie claire et cohérente pour se positionner en tant qu'individu... Avec le mariage homosexuel, le risque de brouiller la chaîne des générations est immense et irréversible » (3).

On le voit, les enjeux du mariage homosexuel sont considérables et dépassent infiniment la question homosexuelle elle-même. « Les changements sociologiques en ce domaine paraissent superficiels par rapport à une réalité anthropologique qui demeure », écrit Xavier Lacroix (1).

Bien évidemment, il ne s'agit nullement d'homophobie que de se livrer à ces analyses. Il s'agit simplement de rappeler l'adage « qui ne distingue pas confond » parce que la confusion ne permet pas de construire du solide. Cela ne signifie pas que ne doivent pas être prises en compte les questions posées par les couples homosexuels. C'est pourquoi des propositions ont été avancées d'aller au-delà du Pacs, vers ce que certains dénomment l'union civile qui permettrait d'assurer aux couples homosexuels leur sécurité et leur reconnaissance, sans pour autant toucher à l'institution du mariage considérée « comme l'un des fondements de notre société ».

 

 

 

(1) Le Monde, 27 octobre 2012.

(2) Lettre d'un groupe de lecteurs de Loire-Atlantique, 16 décembre 2012.

(3) Gilles Bernheim, Grand rabbin de France


François Régis HUTIN.

     L'idée fondamentale de cette analyse est que, faute d'unanimité ou du mois d'un large accord des Français, la meilleure solution est de retirer cette question de l'ordre du jour de l'Assemblée, comme le suggèrent d'ailleurs des représentants de tous les partis politiques, en dépit des consignes favorables ou défavorables de ceux-ci ... Car il ne doit y avoir aucune honte à renoncer - au moins provisoirement - à un projet qui divise le pays ...Certes, il s'agit du 31ème engagement de François Hollande, alors candidat à la Présidence de la République, suivant lequel (il) "ouvrirait le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels" ...et on ne peut donc lui reprocher de vouloir lui donner suite, alors qu'il est devenu Président ...Mais ses engagements ne sont tout de même pas des paroles ...d'évangile, d'autant moins que lui-même a solennellement affirmé, en conclusion de ses 60 engagements, juste avant sa signature (page 39 de son opuscule) : ""Républicain, je veux rassembler toute la France " ...Manifestement, ce n'est pas le cas ...Alors ?...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article

commentaires

Jean Daumont 19/01/2013 15:49


Entièrement d'accord avec vous ...Je ne cesse de répéter que l'Etat n'a pas à interférer pour imposer un soi-disant mariage dans un domaine ne relevant que de la vie privée, mariage qui peut
conduire, même si FH s'en défend, à des excès incontrôlables, comme la PMA ou - pourquoi pas les "mères porteuses" (les femmes riches se débarrassant de la gestation auprès de femmes pauvres
contre paiement et pouvant en faire un commerce), l'insémination artificielle en laboratoire etc ...La loi Veil en cas d'urgence et le PACS sont amplement suffisants...

Jacques Heurtault 18/01/2013 12:19


Comme je le pressentais, cette affaire est en train de tourner au vinaigre ...


A l'évidence, la division s'installe entre les Français sur cette question, preuve que les esprits ne sont pas suffisamment mûrs pour accepter un tel bouleversement de notre Code Civil ...


Les Français ont besoin du rassemblement le plus large pour qu'un gouvernement audacieux et responsable puisse conduire les réformes indispensables dont le pays a tant besoin! Poursuivre dans une
voie qui accentue les divisions est dangereux voire même imbécile! Une extension des droits, notamment en matière successorale et en matière d'adoption des enfants du compagnon (ou de la
compagne), en partant de l'actuelle loi sur le PACS me semble être un compromis acceptable.


JE REFUSE CATEGORIQUEMENT L'AMALGAME ENTRE LES COUPLES FEMME/HOMME ET LES AUTRES COUPLES ... Que le Président de la République et la majorité parlementaire qui le soutient se le tiennent pour
dit! Je ne suis personnellement pas marié avec cette majorité ... Je ne suis donc pas tenu de lui être fidèle!

Loubomyr 14/01/2013 12:49


Il doit bien exister des Français, catholiques, votant à droite, ayant des convisctions écologistes et assez tolérants pour ne pas jeter l'anathème sur le "mariage gay". Je reconnais que cela ne
représente  certainement pas un pourcentage elevé de la population et que défendre en société une telle position ne repose pas sur des éléments de langage" simplistes comme les apprécient
les militants UMP. Mais si, justement, c'étaient ces gens là qui faisaient évoluer les choses? Car après tout, pourquoi avoir une attitude conservatrice sur un problème dit de société? Pourquoi
ne pas essayer, analyser les résultats et modifier la loi si besoin? Quand on se souvient des débats enflamés lors de la loi "Veil", modifiée par la suite et que maintenant l'IVG n'est plus
considérée comme une faillite de la civilisation, on se dit que tous ces débats actuels sur le mariage pour tous ne relevent que de "Parole, Paroles....."

Jean Daumont 14/01/2013 10:07


Je m'en tiens à mon article, où je me suis efforcé d'être aussi objectif que possible ...Je laisse à mes commentateurs la responsabilité de leurs remarques, et à mes autres lecteurs le soin
d'apprécier...

Lydihaut 13/01/2013 20:41


Oui la religion catholique encourage fortement les ainifestations... La haine est une particularité de cette religion et quand je vois les représentants écolos par exemple parler je ne vois que
de l'amour et de la tolérance, ils n'insultent et ne calomnient jamais....