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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:05

   Ainsi le peuple français a rendu son verdict définitif, et celui-ci est sans surprise, puisqu'il confirme la convergence des votes des élections présidentielles et des élections législatives depuis que le second scrutin succède dans un bref délai au premier, ...et qu'il apporte donc au Président socialiste Hollande la majorité dont il a besoin à l'Assemblée Nationale pour mener sa politique ...Il est d'ailleurs intéressant de constater que cette concomitance organisée naguère par l'ancien 1er Ministre socialiste Lionel Jospin sous l'égide du Président Chirac a été stigmatisée - dès la proclamation des résultats du 2ème tour des élections législatives du 17 juin 2012 - par un autre ancien Premier Ministre socialiste Laurent Fabius qui a évoqué la nécessité d'un couplage des deux élections le même jour pour chacun des 2 tours ...Il est vrai que cette proposition est  liée à la marginalisation croissante des élections législatives par les élections présidentielles qui apparaissent les seules essentielles en raison des pouvoirs dévolus au Président de la République, marginalisation se traduisant par l'importance du taux d'abstention

 

   Car il y a deux enseignements majeurs dans le bilan des élections législatives au terle du 2ème tour :

   - D'abord, le succès incontestable des socialistes, d'autant plus grand qu'ils détiennent à eux seuls la majorité absolue, ce qui leur évitera - en principe - une dépendance génératrice de marchandages avec leurs autres partenaires de la "gauche"...

   - Ensuite, l'importance du taux d'abstention qui bat tous les records antérieurs, et en particulier celui de 42,7 % du 1er tour, passant en effet à 44 % environ au 2ème tour ...ce qui signifie qu'avec 55,4 % des suffrages les socialistes ne représentent qu'environ 20 % des inscrits ...et l'UMP, avec 31,1 % des suffrages, seulement 14,7 % des inscrits ...On est loin d'un élan populaire et il n'y a pas de quoi pavoiser...

 

   Mieux vaut se tourner vers l'avenir, et s'interroger sur les projets de la nouvelle majorité de "gauche"  qui est maintenant "au pied du mur", c'est-à-dire devant les difficultés à résoudre, qui sont en grande partie responsables de la défaite de l'ancienne majorité de "droite" ...Les responsables socialistes en sont conscients, puisquils sont déjà convenus que "rien ne sera facile ...et rien ne nous sera donné" ...Evidemment, ils n'auront pas le soutien de la "droite", même si les représentants de celle-ci ont aussitôt déclaré que leur opposition sera "constructive" ...et qu'ils n'hésiteront pas à voter toute loi ou mesure qui leur paraîtrait "aller dans le sens des intérêts de la France" ...Mais le problème est que, le plus souvent, la majorité et l'opposition risquent de ne pas avoir la même conception des intérêts de la France ...Et il faut plutôt s'attendre à beaucoup plus de divergences que de convergences dans la politique à entreprendre pour le pays :

   - Les divergences porteront surtout sur la politique intérieure, à fortiori s'il y a une remise en cause des mesures prises depuis 2007 par l'ex-Président Sarkozy et son 1er Ministre Fillon, qu'il s'agisse des dispositions concernant la dette publique ou l'âge de la retraite ...Il y a d'ailleurs tout lieu de penser que cette question sera au centre des préoccupations de l'UMP en septembre prochain, quand elle aura réglé le problème de son "leadership" ...Ce débat, en effet, dépasse largement les "querelles partisanes" : d'une part, il paraît difficilement acceptable de revenir, même de façon seulement partielle, à la retraite à 60 ans - à l'inverse des autres pays européens - sacrifiant ainsi le paiement des pensions des générations suivantes à celui de la génération actuelle ...D'autre part, des mesures sociales trop brutales (création de 10.000 postes, augmentation du SMC...) obéissent à une conception "keynesienne" dépassée qui encourage la consommation et donc l'inflation au lieu de développer la production et l'investissement...

   - Les convergences porteront plutôt sur la politique extérieure, et notamment sur la participation aux activités européennes ...Ne pouvant s'affranchir de règles instituées par l'ensemble des pays de l'Union , les socialistes seront bien obligés de s'aligner sur l'Allemagne d'Angela Merkel, qui ne sera évidemment pas disposée à payer pour les excès éventuels de la France, comme elle ne l'est pas pour la Grèce...

 

   Est-ce à dire qu'avec les socialistes la France devra se mettre en retrait de l'Europe, autrement dit pratiquer une politique nationaliste ?... Dans ce cas, il y a sur l'échiquier politique de la France un parti, le Front National de Marine Le Pen, qui, forte de son succès personnel d'environ 18 % aux élections présidentielles et de quelques succès notoires aux élections législatives - elle-même ratant de quelques voix son élection - ne manquera pas de rappeler "qu'il vaut mieux l'original que la copie" ...

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Jean Daumont 20/06/2012 14:49


Excellente suggestion, mais il faudrait un De Gaulle pour l'imposer aux partis...


 


N.B. A mon avis de modeste "constitutionaliste" - j'ai un ouvrage sur les constitutions de la France -  le régime actuel est semi-présidentiel et semi-parlementaire, ce qui fait toute son
ambiguÏté : le pouvoir du Président peut être sans partage en cas de concordance politique, mais celui de l'assemblée en cas de discordance, le 1er Ministre issu alors de la majorité
parlementaire s'appuyant alors sur l'Assemblée (réf : les "co-habitations")  ...La tentation de Hollande de diminuer les pouvoirs du Président me paraît fâcheuse, car l'opinion est
maintenant habituée au pouvoir d'une personnalité de préférence au "jeu des partis", et, pour la même raison un retour à la proportionnelle ne ma parait pas souhaitable ...Aussi votre proposition
est intéressante, mais elle est certainement trop ...audacieuse pour être appliquée...

Jacques Heurtault 19/06/2012 12:01


La répétition est certainement la plus efficace des méthodes pédagogiques ... Répétons donc que si L'UMP avait obtenu plus de sièges que le P.S. et, par extension, si la "drouate" avait obtenu
plus de sièges que la gôche, la politique menée par le Gouvernement eut été celle de la "drouate" et non celle de la "gôche"...


Le régime politique de la République Française est parlementaire et non présidentiel.


Orn dans l'esprit de nombreux, très nombreux électeurs, il y a une confusion : de bonne foi, ils croient que c'est l'inverse! Ce serait un bon progrès si on pouvait clarifier cette situation. Par
exemple en élisant l'Assemblée Nationale lors d'un scrutin à un seul tour (comme cela se fait dans la quasi totalité des pays développés démocratiques) le même jour que l'élection du Président,
quitte a garder un deuxième tour pour choisir le Président, lequel serait alors choisi comme le plus capable de piloter la nouvelle majorité, autrement dit comme le plus consensuel, ce qui
serait, pour lui, la meilleure manière de montrer qu'il est "au dessus des partis".

Jacques 19/06/2012 08:42


Parce qu'avant d'être élus, M. Chirac et Sarkozy n'avaient pas surtout montré qu'ils étaient surtout RPR /UMP ?????


 


jf.

Jean Daumont 19/06/2012 08:37


  J'avoue ne pas l'avoir fait "volontairement", mais peut-être que mon "subconscient" m'a poussé à considérer qu'en qualité de Président Hollande a surtout montré jusqu'à présent qi'il était
d'abord socialiste...

Jacques 18/06/2012 19:23


Pourquoi, Cher M. Daumont, éprouvez-vous le besoin d'écrire "le Président socialiste Hollande" alors que dans ce même article, lorsque vous parlez des anciens Président
Chirac et Sarkozy, vous ne leur attribuez point leur appartenance politique d'origine ??????


Le Président Hollande ne serait-il pas, à vos yeux,  le Président de tous les Français ????


 


jf.