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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 23:07

   La ré-élection de Barack Obama aux Etats-Unis a marqué les esprits, mais elle a aussi occulté la désignation d'un nouveau dirigeant inconnu - Xi-Jinping - dans un pays qui, déjà le plus peuplé du monde avec environ 1 milliard 500 millions d'habitants, dispute aux Etats-Unis le 1er rang économique : la Chine...

 

   Dominique Moïsi, conseiller spécial à l'Institut français des relations internationales, en fait le sujet de son éditorial paru dans le journal Ouest-France du vendredi 9 novembre 2012 et intitulé " Chine - USA, même défi de gouvernance" :

 

   "Tout semble opposer les deux Grands du monde au moment où ils sélectionnent leurs nouveaux dirigeants. Il y a, d'un côté, la transparence de la démocratie américaine et, de l'autre, l'opacité du système de co-optation chinois. Il est donc normal que l'Amérique continue de faire rêver le monde entier, et, inévitablement, qu'il n'en soit pas de même pour la Chine. La première continue d'être une source d'inspiration, grâce à la nature universaliste de son message et de l'ouverture de la société à l'autre, alors que la seconde demeure une énigme lointaine et impénétrable.

 

   Et pourtant, dans leurs catégories respectives, les deux pays se trouvent confrontés à un même problème de gouvernance. Ils doivent tous deux impérativement se réformer, même si la signification de ce verbe implique des réalités bien différentes.

 

   Dans son discours d'après élection, Obama a su trouver les mots justes pour évoquer la mobilisation de ces milliers d'Américains qui ont fait du porte-à-porte pour rallier à leur cause les indécis, ou tout simplement pour les pousser à voter. Le système démocratique vient de réaffirmer sa supériorité sur toutes les autres formes de régime. Mais le processus électoral  ne peut, à lui seul, compenser les dysfonctionnements profonds du système américain.

 

   Des institutions pensées et créées au 18ème siècle pour préserver l'équilibre des pouvoirs ont conduit, aujourd'hui, à la quasi-paralysie du système, et à ce que le penseur politique américain Francis Fukuyama appelle la "vétocratie". Trop de démocratie nuit à la démocratie. L'élection sur ce plan n'a rien résolu. Après avoir dépensé près de 2 milliards de dollars, toutes élections confondues, l'Amérique a toujours le même Président, la même majorité républicaine à la Chambre des représentants, la même majorité démocrate au Sénat. Le Président va devoir négocier et les deux camps vont devoir apprendre à faire des compromis.

 

   La Chine ne souffre pas - c'est le moins qu'on puisse dire - de trop de démocratie. La concentration du pouvoir et de la richesse a mené à des inégalités toujours plus criantes, à une corruption toujours plus choquante et, en réalité, à un quasi-blocage du système; Après une décennie perdue, le pays trouvera-t-il, en la personne de Xi-Jinping, l'homme désireux et capable d'uimposer des réformes vitales pour la survie même du système ? Xi acceptera -t-il de se faire des ennemis ? Le Parti Communiste saura-t-il relâcher le contrôle quasi-absolu qu'il exerce ? Une divine surprise est toujours possible, mais ce n'est pas le scénario le plus probable. En réalité,  le pays qui a le plus besoin de se réformer, la Chine, est sans doute celui qui aura le plus de difficulté à le faire. Et pourtant les dirigeants chinois sont conscients qu'un début d'état de droit s'impose avec urgence.

 

   Le problème du monde, aujourd'hui, tient précisément au fait que les deux grandes puissances se trouvent confrontées, en même temps, au même défi de la gouvernance, même sous des formes très différentes. Dans ce contexte, on doit s'attendre à voir les Etats-Unis assumer moins de responsabilités directes sur le plan international, alors que la Chine n'a ni la volonté, ni les moyens de se substituer à eux. Unis par cet impératif commun de donner la priorité à l'intérieur sur l'extérieur, les deux puissances sont, avant tout, des partenaires dépendants l'un de l'autre, en tant que créancier et débiteur. S'il souhaite des arbitres, le monde pourra attendre" ...

 

   Cet éditorial a le mérite de lancer un débat, car il suscite au moins deux critiques :

   - 1. L'opposition entre les deux pays est quelque peu caricaturale : tandis que les Etats-Unis s'enfoncent actuellement dans la crise et n'arrivent plus à juguler une montée des violences résultant d'un appauvrissement de certaines catégories de sa population, la Chine s'est enrichie très largement et n'a plus rien à voir avec le pays de Mao où la faim avait fait des millions de victimes ...Les gratte-ciel de Chang-Haï n'ont rien à envier à ceux de Manhattan...

   - 2. Le monde n'a pas à attendre des Etats-Unis et de la Chine des arbitres, car d'autres "grandes puissances" émergent depuis la 2ème moitié du 20ème siècle, comme l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, ... tandis que la Russie renaît des cendres de l'URSS qui fut après la Guerre 1939-45 le 1er ...deuxième Grand , et que l'Europe peut également prétendre à ce rang si elle réussit à s'unir réellement au mois sur le plan économique...

 

   Le monde est maintenant devenu "polycentriste" ...

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Published by Jean Daumont - dans Polit. internationale
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