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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:38

   L'éviction de Delphine Batho, Ministre de l'Ecologie, a mis en relief la difficulté, pour le Président Hollande, de mettre en accord, depuis un an, les promesses électorales avec les faits.

 

   Il n'était pas répréhensible - au contraire - de faire des promesses, car les citoyens français avaient le droit de se déterminer en fonction d'elles et ils ne s'en étaient pas privés en élisant François Hollande à une majorité incontestable de 53 % contre 47 % à Nicolas Sarkozy.

 

   L'ennui est que beaucoup de promesses n'ont pas été tenues et que, notamment dans le domaine économique et social où il avait manifesté la volonté de "relancer la production, l'emploi et la croissance" (*), il n'y a eu ni reprise des affaires, ni "inversion du chômage", ni remontée de la croissance ...Il en est résulté une chute importante de la popularité du Président Hollande, dont la cote est désormais entre 25 et 30 %, soit à peine plus d'un quart des citoyens français, traduisant ainsi leur déception...

 

   Certes, le Président Hollande avait la possibilité de "se refaire", ayant affirmé lui -même qu'lui faudrait un an pour rétablir un situation difficile que son prédécesseut lui avait laissée ...Malheureusement ce n'est pas le cas, et son gouvernement est obligé de prendre des mesures de "rigueur", même s'il refuse le mot, qu'il s'agisse de la Sécurité Sociale, de la Retraite ...et du budget des ministères ...Là encore, on ne peut qu'approuver un gouvernement ayant le courage de braver l'impopularité, mais ...les Français, pour le coup, peuvent se demander s'il était vraiment utile de changer de majorité pour faire une politique semblable à celle de l'ancienne ...A la limite, mieux vaut l'original que la copie...

 

   La réaction de Delphine Batho est donc compréhensible, d'autant plus qu'elle a été traitée de façon pour le moins cavalière ...Même si elle a été maladroite dans les termes, elle était dans son droit de s'étonner de la réduction des crédits de son ministère, l'une des plus fortes, en proportion, de l'ensemble des ministères, et contraire aux promesses faites par le Président Hollande pour l'environnement ...Ce n'était d'ailleurs pas la 1ère fois qu'un Ministre exprimait son désaccord, et on peut citer à ce titre Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Industriel, dont les critiques n'avaient pas pour autant entraîné le renvoi ...Seulement voilà : Arnaud Montebourg est un "poids lourd" qui avait participé aux "élections primaires", alors que Delphine Batho n'est qu'un "poids léger", une comparse d'un petit Parti écologiste qui n'est même pas nécessaire pour avoir la majorité à l'Assemblée, et dont on ne découvre la présence au gouvernement qu'à l'occasion de son éviction ...Et, en fait, elle n'a fait que dire tout haut ce que les autres , y compris de nombreux socialistes, disent tout bas, s'inquiétant à juste titre de cet oubli des promesses qui peut leur valoir des défaites aux élections municipales et européennes et plus tard, en 2017, leur non-ré-élection dont les élections partielles sonnent déjà l'alarme...

 

   Autrement dit, le Président Hollande et son gouvernement sont dans l'impasse ...Ils ont fait des promesses inconsidérées, et ils ne peuvent  les tenir ...Ils sont acculés à cette "rigueur", sans échappatoire possible, puisque, conformément aux directives européennes, ils ont seulement 3 ans, par dérogation particulière, pour réduire le déficit budgétaire ..Or, si le Président Hollande s'y plie, il a de fortes chances de ne pas être ré-élu en 2017...

 

   Il peut toujours crier "Silence dans les rangs ! " ...au dépens des plus faibles ...Il ne sera pas plus avancé ...Car les faits son têtus !...

 

(*) Fascicule des 60 engagements - Pages 7 et suivantes

 

  

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Daumont Jean 08/07/2013 16:58


Nul ne peut, que je sache, et dans quelque activité que ce soit, être obligé de rester dans un poste "de force" ...S'agissant du Conseil Constitutionnel, les membres "nommés" comme les membres
"de droit" doivent avoir la "liberté" de démissionner...Sinon, comme dit la formule, "la force prime le droit" ...Ceci dit, je considère que les anciens Présidents de la République ne devraient
pas être membres de droit, car, avec Nilolas Sarkozy et cette histoire de dépassement de budget de campagne, on a un exemple de situation où un membre peut être juge et partie ...Et on ne peut le
critiquer alors d'avoir le bon réflexe de ...démissionner pour reprendre sa liberté de parole...


 


NB


1. Je ne suis plus prévenu de vos commentaires par la messagerie "no reply ...etc" et je les découvre qu'en cherchant dans "administration/over-blog"


2.Pour les faire figurer en dessous de mes articles,  il ne me suffit pas de les autoriser, il me faut faire toute une gymnastique : revenir au bureau et refaire toute la procédure
d'ouverture de mon blog...parfois plusieurs fois !

Jacques Heurtault 07/07/2013 10:46


"Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne!" (Jean Pierre Chevènement).


Un ancien Président de la République, membre de droit du Conseil Constitutionnel, ne peut, semble-t-il, démissionner puisqu'il EST membre de droit. Il est donc, jusqu'à la fin de sa vie, tenu à
un devoir de réserve ... C'est ce qui semble résulter de l'analyse du corpus juridique de nos institutions. C'est bizarre mas c'est ainsi!


Le même Nicolas Sarkozy avait déjà fait l'objet d'un appel à la retenue de la part du Président du Conseil Constitutionnel ... Grandeurs et servitudes de la fonction!