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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 21:22

   Napoléon ?...Quel Napoléon ? ...Puisqu'il y en a trois pour défrayer la chronique historique de la France au 19ème siècle ...En remontant le temps, Napoléon, le neveu, appelé au pouvoir après son élection comme Président de la 2ème République en 1848 et devenant Président à vie par un 1er coup d'état le 2 décembre 1851 - écho du sacre de son oncle le 2 décembre 1804 - avant de créer le Second Empire par un 2ème coup d'état le 2 décembre 1852 ...Il est celui que Victor Hugo appellera Napoléon le Petit, non sans injustice car il avait voulu sincèrement le bien du peuple - auteur de "L'extinction du paupérisme" en 1846 - mais il ne sut pas s'en faire aimer par une politique autoritaire défendant la bourgeoisie d'affaires par la répression sans cesse renaissante de l'agitation ...Sa destinée fut finalement interrompue par sa défaite de Sedan le 2 septembre 1870 contre la Prusse, entraînant sa déchéance ...Alors, s'agit-il de Napoléon II, le fils ?...Celui-ci a une destinée tragique, puisqu'il vécut en exil à Vienne, en Autriche, sans jamais revoir son père, et fut surtout connu sous le titre de Duc de Reichstadt, mourant de la tuberculose à 21 ans (1811-1832), sans héritier ..., sa vie ayant inspiré Edmond Rostand dans son drame de 'l'Aiglon" ...

   Car, effectivement il y eut "l'Aigle", son père, dit Napoléon le Grand, celui qui a pris place parmi les grands personnages de l'Histoire de France, après Clovis, Charlemagne, François 1er, Henri IV, Louis XIV ...celui qui a donné au pays, alors désordonné après la Révolution de 1789 et les luttes d'influence l'ayant suivie, des structures qui persistent encore, les fameuses "masses de granit", dont les plus célèbres furent le Code Civil, la Légion d'Honneur et les Lycées, autrement dit en assurant la primauté du Droit, du Mérite et de l'Education ...mais aussi celui qui porta loin le prestige de la France - trop loin, car ce fut au prix de plus de 5 millions de morts, et son rêve prémonitoire d'une Europe unie autour des acquis révolutionnaires se fracassa contre la coalition des anciennes familles souveraines de la Sainte-Alliance finalement victorieuses à Waterloo le 18 juin 1815 ..."Waterloo, morne plaine" ...dira encore Victor Hugo ...Un 18 juin, date symbolique dans l'Histoire de France ...Il y avait déjà eu la victoire de Jeanne d'Arc - autre "icône nationale"- à Patay le 18 juin 1429 ...et il y aura à lépoque contemporaine l'appel du 18 juin 1940 du Général De Gaulle ...Toujours est-il que Napoléon 1er est alors définitivement écarté par un exil imposé par l'Angleterre dans son île inconnue de Sainte-Hélène au milieu de l'Atlantique sud ...écarté de l'actualité, ...mais pas de l'Histoire, car naît dès ce moment la "Légende napléonienne", qui aboutira sous le règne de Louis-Philippe au transfert de ses cendres dans la crypte des Invalides à Paris, ...celles de son fils Napoléon II y étant également transférées en 1940 sur l'ordre de ...Hitler...

 

   Bien entendu, il existe une littérature abondante concernant Napoléon 1er, à commencer par ses propres écrits souvent méconnus : "L'Histoire de la Corse", "Dialogues sur l'Amour", "le Souper de Beaucaire" ...ainsi que sa correspondance prolifique ...et ses "Mémoires" dictées à son compagnon Las Cases pendant son exil final ...textes d'un "écrivain remarquable", diront plus tard Thiers, Sainte-Beuve et Stendhal ...Et, justement, vient de paraître un dernier livre, inspiré directement de ses écrits, et n'étant ni une hagiographie ni un pamphlet, que l'auteur, Jean-Marie Rouart, de l'Académie Française, a intitulé de façon significative " Napoléon ou la destinée " (*), et où il présente Napoléon 1er "tel qu'en lui-même", comme un homme qui doute le plus souvent et s'étonne presque naïvement de la destinée qui est la sienne

   "Ce qui m'a toujours fasciné chez Napoléon, ce ne sont pas tant ses hauts faits qui flattent l'honneur national  (...), que l'homme, si souvent au bord du gouffre. Ses échecs me parlent beaucoup plus que ses succès (...) Sous la surface dorée de la gloire, comme d'une mer souterraine, jaillissent ça et là, des crises de désespoir (...) Ainsi sa tentation au suicide ...A 25 ans, à Paris, il voulait se jeter sous la première voiture qui se présenterait; en Italie, il appelait la mort pour échapper aux souffrances que lui causait l'infidèlité de Joséphine de Beauharnais ( épisode de la prise du Pont d'Arcole rendu célèbre par le tableau du peintre Gros) ...A Fontainebleau, lors de sa 1ère abdication, il a avalé du poison ...suicide manqué mais qui montre, dans ce caractère invincible, un faille noire"

   ...et il ajoute : " Napoléon éclaire cette énigme mieux que quiconque ...parce que lui-même avait le sentiment d'être un élu du destin" ...

 

   Pourtant le destin semble se refuser à lui quand il n'est encore qu'un adolescent : d'abord il ne doit d'être français qu'au fait d'être né a Ajaccio en 1769, soit seulement un an après le rattachement de la Corse à la France ...d'autre part des doutes subsistent sur cette naissance, en raison des liens de sa mère, l'ardente Laetizia, avec le Marquis de Marbeuf, gouverneur militaire de l'île ...et, plus tard, Napoléon 1er lui-même s'interrogera sur l'héritage de  ...ses propres qualités militaires ...Néanmoins, comme tout adolescent en cette période de promotion précoce de la jeunesse, il s'imaginera un destin, mais ce n'est alors qu'un destin ...corse ...Une Corse autonome, déjà ...Mais l'homme fort de la Corse est alors Pascal Paoli, et celui-ci le rejette : peut-être le "mâle dominant" sent-il en lui un futur rival...

 

   Toujours est-il que voilà le jeune homme en France, où il effectue sa formation militaire à Brienne et à Paris, non sans rebuffades en raison de son accent et de son origine modeste (Napoleone Buonaparte ..."la paille au nez") ...Il devient officier d'artillerie et, en 1793, il se pose en admirateur de Robespierre, ce qui aurait pu lui valoir un destin de ...guillotiné . Mais il se fait valoir par son action décisive au siège de Toulon, ...puis par la répression d'une insurrection royaliste près de l'église Saint-Roch à Paris ...Entre-temps, il s'est épris de la belle Joséphine de Beauharnais, femme volage amie du Directeur corrompu Barras, lequel n'a rien de plus pressé que d'en faire le général chargé d'une campagne militaire en Italie ...Et c'est ainsi que son destin encore quelque peu scabreux va devenir une destinée brillante ...Il va rêver alors d'autres horizons et il accepte de faire contre l'Angleterre une campagne en Egypte, car elle lui ouvre la possibilité d'un destin en Orient, sur les pas d'Alexandre ...En fait, après le désastre naval d'Aboukir, il réussit à rentrer en France, échappant par miracle (ou par un nouveau coup du destin...) à la flotte anglaise, car des députés, las de l'anarchie du Directoire, cherchent un "sabre" pour remettre de l'ordre, et, après les refus successifs des généraux Hoche et Moreau, se tournent vers celui qui n'est encore que le général Bonaparte ...Cette fois, çà y est, il a trouvé sa destinée !... Non !...Pas encore ...Car le général Bonaparte est nommé au commandement de la garnison de Paris le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), mais le lendemain, lui-même et son destin bafouillent dans un discours fumeux devant le Conseil des Cinq Cents, où il est accueilli par des cris : "A bas le dictateur ! ...Hors la loi ! ...Vive la Constitution !..." Et il ne doit son salut qu'à son frère Lucien, Président du Corps Législatif, qui fait expulser avec sa garde "les factieux qui menaçaient la République ...et la vie de Napoléon Bonaparte"...Cette fois sa destinée est en marche ...On connaît la suite ...Elle le mènera finalement à Sainte-Hélène...

 

(*) Jean-Marie Rouart - Napoléon ou la destinée - Ed. Gallimard  Juin 2012

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Published by Jean Daumont - dans Personnalités
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commentaires

Loubomyr 12/12/2012 22:31


Sachez monsieur l'idiot que mon pseudo est en fait mon troisième prénom qui en ukrainien veut dire "aimé de Dieu" alors il n'a rien d'abscon et il vous faut peu de chose pour être effaré. De plus
se targuer d'être un érudit et d'avoir un "fonctionnement intellectuel plein de clarté édifiante" (quel verbiage! quel galimatias!), donc se targuer de cela, c'est démontrer sa suffisance, sa
fatuité et un sens peu commun de la rodomontade! J'en suis éffaré! bouleversifié! et puis non finalement j'en meurs de rire.

Lydihaut 12/12/2012 07:01


Pour ce qui concerne "Loubomyr" (avec un tel pseudo abscon, on est déjà éffaré par le personnage) j'eusse aimé qu'il ait la même érudition et le même fonctionnement intellectuel plein de
clarté édifiante que moi....

loubomyr 11/12/2012 22:39


Que l'idiot qui hante ces pages nous parle de courage, d'honneur et de dignité, voilà qui ne manque pas de sel de la part d'un admirateur forcené de Nabot Léon Quatre.


Et la suite de son commentaire, se voulant litterraire n'est que platitude et fatuité de quelqu'un qui n'a même pas le niveau troisième pour une dissertation de piètre qualité !!!!! Bref il
illustre une fois de plus que la culture c'est comme la confiture ......

Jean Daumont 11/12/2012 17:39


Ci-après commentaires égarés sur un doublon involontaire de mon article :


 


J'ai pu admirer Bonaparte et je hais Napoléon!!! Par ailleurs, nous venons de vivre pendant cinq ans sous le règne de Nabot Léon IV , co-prince d'Andore et emprereur de la raffale législative
;  maintenant, c'est nous qui nous serrons la ceinture => même pas besoin d'aller à Ste Hélène pour vivre l'enfer au quotidien....


Commentaire n°1 posté par loubomyr aujourd'hui à 14h36







A JH :


A dire vrai, on ne sait pas trop combien de morts ont coûté les campagnes napoléoniennes, notamment la campagne de Russie, où la "grande Armée" des nations se réduit au retour, autant à cause
du froid que des désertions ...Ordre de grandeur donné par Wikipedia (sous toutes réserves)


   http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_napol%C3%A9oniennes



Commentaire n°2 posté par Jean Daumont aujourd'hui à 17h23

Lydihaut 11/12/2012 01:20


Pour certain, Napoléon est une sorte de Hitler qui s'ignore... Sauf que les 5 millions de morts se sont fait dans un autre temps, dans un autre état d'esprit, dans un autre concours de
circonstances, et après toute une sorte d'évènements historiques où la mort et la vie n'avaient pas les mêmes valeurs qu'aujourd'hui. Il faut aussi savoir qu'à cette époque, du fait des maladies,
les enfants atteignaient exceptionnellement l'âge adulte en bonne santé .


http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=109


Il faut lire et relire "La Chartreuse de Parme" pour se faire une petite idée de l'état d'esprit,  du savoir vivre, et du respect de l'honneur, du courage et de la dignité qui existaient à
cette époque. Aujourd'hui on en est très loin... Quand on lit ce roman on y découvre à chaque fois des trésors nouveau. Adolescent et écolier on ne le comprend que très partiellement et en
avançant dans la vie on y découvre des nouveaux trésors. Les évènements tragiques que connaissent les héros stendhaliens aident à relativiser les pires moments de la vie. Chez Stendhal la prison
et toujours représentée en altitude, et par des forteresses surélevées. Les souffrances, les difficultés et les injustices vécues par les prisonnier font de lui une sorte de surhomme admirable.


http://www.etudes-litteraires.com/stendhal-chartreuse-de-parme.php


Ne sommes nous pas tous des prisonniers en puissance ???