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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 17:34

 

      Les instituts de sondage l'avaient annoncé de façon convergente et donc crédible : les électeurs , dégoûtés par les conséquences de la crise économique sur leur vie quotidienne, allaient s'abstenir en masse ...et le chiffre de 32 % avait même été évoqué au cours de la campagne électorale ...Quant aux votants, ils se détourneraient du Président de la République sollicitant sa ré-élection, Nicolas Sarkozy, à l'instar des chefs de gouvernement des autres pays européens balayés par la crise en Grèce, Irlande, Italie et Espagne...

 

   Le problème est que la France ne fait jamais rien comme le reste du monde ... et que le peuple "souverain" n'a - une fois de plus - pas fait ce qu'on attendait de lui :

   - D'abord, le peuple a voté dans une proportion à peu près semblable à celle des précédents 1ers tours des élections présidentielles : 20;53 % d'abstentions au lieu de 20,34 % en 1995 et 20,29 % en 2002 ...Il y a seulement eu un reflux de la faveur qui, en 2007, avait marqué la candidature de Nicolas Sarkozy contre la socialiste Ségolène Royal...Reflux déjà significatif, il est vrai...

   - Car le peuple a effectivement retiré assez largement sa confiance à Nicolas Sarkozy, puisque celui-ci n'obtient cette fois au 1er tour que 9.754.324 voix (27,18 %) alors qu'il avait totalisé 11.450.011 voix (31,18 %) au 1er tour 2007, soit un recul de 1.695.689 voix, important mais tout de même relatif (4%) ...Inversement, le succès du socialiste François Hollande reste mitigé, puisqu'avec 10.273.475 voix (28,63 %), il améliore le score de son  ...ancienne compagne Ségolène Royal - 9.501.214voix (25,87 %) en 2007 - d'une marge limitée à 772.261 voix (2,76 %) ...

   - Cette ambiguïté du vote populaire apparaît davantage encore dans le décompte des voix entre les candidats dits de "gauche" et ceux dits de "droite" ...En effet, la gauche totalise avec Hollande, Mélenchon, Poutou, Artaud ...et Joly (quel mélange !) 43,75 % ...et la droite rassemble avec Sarkozy, Le Pen,et Dupont-Aignan (sans Bayrou!) 46,87 % ...Autrement dit la droite l'emporte...

 

   Dans ces conditions, comment peut-on interpréter les résultats du 1er tour ?...Les candidats eux-mêmes s'interrogent, et notamment les deux "rescapés" François Hollande et Nicolas Sarkozy se gardent bien de crier "victoire", leurs appels parallèles au "rassemblement" traduisant de toute évidence un aveu des limites de leur audience ...Limites que les chiffres globaux  révèlent : si on ajoute en effet 20,53 % d'abstentions aux 29 % de votes "protestataires" (Front de Gauche et Front National), on a pratiquement 50 % d'électeurs ne faisant plus confiance aux partis traditionnels de gouvernement (droite classique et socialistes)...On est loin des chiffres de 60 à 80 % que rassemblaient au début de la 5ème république les "duos" De Gaulle-Mitterrand, Pompidou-Poher, Giscard -Mitterrand...

 

   Les résultats définitifs du 2ème tour ne peuvent donc qu'être incertains ...Certes, les instituts de sondage se rejoignent à nouveau pour annoncer que François Hollande va l'emporter avec 54 % contre 46 % à Nicolas Sarkozy, ...mais ces instituts se sont déconsidérés dans le 1er tour, et il faut chercher ailleurs des éléments plus sûrs de réflexion :

   - François Hollande, fils d'un médecin de Rouen candidat d'extrême droite malheureux aux élections municipales de 1959 et 1965, apparaît comme un personnalité sympathique, avec son visage jovial, ...même si son caractère est moins "bonasse" qu'on a pu le dire (*)...Il a incontestablement des qualités de "négociateur", à en juger par sa longue direction d'un parti socialiste particulièrement trurbulent ...Et surtout, il a "viré en tête" au 1er tour, ce qui lui confère un avantage psychologique non négligeable auprès d'électeurs hésitants, si le 2ème tour est serré ...De surcroît, il bénéficiera de "réserves" relativement sûres, avec le soutien déclaré du dynamique Mélanchon appliquant, en dépit de ses critiques du 1er tour, la traditionnelle "discipline républicaine", ...ainsi que les votes des autres "petits candidats de gauche " (Poutou, Artaud, ...et Joly) ...Mais, à son passif, il n'a aucune expérience gouvernementale, n'ayant exercé aucune fonction ministérielle, ni acquis une "stature" internationale, et par conséquent il n'est pas certain que les électeurs lui reconnaissent la "carrure" d'un "chef", à laquelle ils sont habitués et s'accommodent depuis De Gaulle...

   - Nicolas Sarkozy a une personnalité beaucoup plus discutable ...Petit-fils d'immigré hongrois, ayant eu une enfance relativement difficile en raison de l'abandon du père, il a toujours fait preuve d'un fort caractère qu'il a mis au service d'une grande ambition, ...n'hésitant pas à trahir ses "mentors" successifs, Charles Pasqua à Neuilly  et Jacques Chirac à la direction du RPR ...Il a acquis une expérience gouvernementale comme Ministre du Budget, de l'économie et surtout de l'Intérieur où son action énergique pour assurer la sécurité contribue à son élection comme Président de la République en 2007 (**) ...Mais le bilan de son mandat jusqu'en 2012 est pour le moins incohérent : s'il a limité les dégâts dans le problème de la dette publique, au niveau de la France comme à celui de l'Europe dans le cadre du G 20, il s'est aliéné la partie "populaire" de l'opinion en affichant ses liens avec les milieux d'affaires, en particulier par l'instauration du "bouclier fiscal" qui avait pour but d'empêcher la fuite des capitaux et la délocalisation des industries, mais n'a pas vraiment rempli son office ...Et surtout, il ne dispose pas, à l'inverse de son concurrent, de réserves sûres : aucun des candidats classés "à droite" ne s'est désisté à ce jour en sa faveur, ni Dupont-Aignan - dont le petit appoint peut être décisif -, ni Marine Le Pen qui, ayant réussi à conjurer la "diabolisation" du Front National - même si subsistent des éléments douteux hérités des discriminations de son père - peut espérer, en raison de son succès relatif (17,90 %) assuré par des votes "nationalistes" et "protestataires", bâtir un parti de droite sur les ruines d'une UMP déconsidérée par l'effacement éventuel de Nicolas Sarkozy...

 

   Néanmoins, rien n'est joué ...François Hollande "tient la corde", mais il n'est pas à l'abri d'une erreur dans le monde "impitoyable" de la politique ...Déjà, son refus d'un "débat" peut apparaître comme un faux pas pour une opinion qui a conservé un souvenir positif des débats de naguère entre Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, ...et peut interpréter ce refus comme une reculade devant un adversaire réputé "percutant", sinon convaincant ...Car Nicolas Sarkozy n'a certainement pas dit son dernier mot, et il est du genre à mordre avec efficacité, à l'image d'un loup acculé dans sa tanière, par exemple en dénonçant les projets coûteux de François Hollande - comme la création de 60.000 postes dans l'Education Nationale, même étalés sur les 5 ans de 2012 à 2017 ...des projets ne pouvant être réalisés, en raison de l'importance de la dette publique, que par une augmentation des impôts, celle-ci ne pouvant se limiter à "faire payer les riches" (75 % ?) et devant inéluctablement frapper la classe "moyenne", puisque les classes  populaires (soit plus de 50 % des "foyers fiscaux") sont exemptés de l'impôt sur les revenus ...Et comme le 2ème tour des élections présidentielles arrive le 6 mai 2012 au moment du paiement du tiers provisionnel et de la déclaration des revenus 2011, la classe moyenne en aura conscience ...Et comme on a, en France, on a "le coeur à gauche, et le portefeuille à droite", l'incertitude ne peut donc que règner à la veille du 2ème tour ...

 

(*) Serge Raffy - François Hollande - Itinéraire secret - Ed.Fayard 2011

 

(**) Catherine Nay - Sarkozy - Un pouvoir nommé désir - Ed.Grasset 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Jean Daumont 27/04/2012 08:35


D'abord, en France, le terme courant pour désigner l'Adjoint d'un Président  est ..."Vice-Président" ...mais ne soyons pas ...vicieux !... La présence d'un Vice-Président aidant le Président
dans un certain nombre de domaines pourrait être une bonne chose en France, plutôt que d'aller chercher le Président du Sénat (Réf : Poher) ...

Jacques 27/04/2012 02:09


Je ne savais pas qu'avant de devenir Président, il fallait au préalable avoir été "Président-Adjoint".....


jf.

Jean Daumont 26/04/2012 15:58


 Remarque complémentaire à propos de "l'expérience ministérielle" : il reste possible qu'Hollande fasse un bon Président sans avoir été au préalable Premier Minstre ou au mois Ministre
...Mais c'est alors un risque à courir davant lequel des électeurs avertis peuvent reculer ...D'autre part, il sera inconnu sur la scène internationale, et la France reste une "grande puissance"
qui doit avoir un représentant "à la hauteur" ...Personnellement, à mon petit niveau de responsable syndical expérimenté, j'ai dû à plusieurs reprises défendre des collègues ayant eu des
problèmes parce que, à la faveur de leur titre (agrégé!), il avaient été nommés à une direction sans expérience préalable comme "adjoint"..."L'apprentissage" est une tradition ancestrale...

Jean Daumont 26/04/2012 11:48


   A Jacques Heurtault, je réponds qu'un débat me paraît préférable à des conférences de presse parallèles, quel que soit l'intérêt de celles-ci...


 


   A Jacques Fournier, je réponds qu'un débat sur 1 ou 3 débats me paraît saugrenu ...L'essentiel est qu'il y ait débat et le compromis évident est que "1" débat soit divisé en "3"
parties ...ou plus !... CQFD !

Jacques Heurtault 25/04/2012 23:35


J'espère pouvoir suivre la conférence de presse que Nicolas Sarkozy ne manquera pas de donner face à 300 journalistes afin de pouvoir contrer l'initiative de François Hollande. J'ai suivi celle
de François Hollande dans son intégralité cet après midi.


Finalement, la multiplicité des chaines de télé, c'est bien! La possibilité de pouvoir suivre, en direct et en intégralité, cette excellente initiative eut été impensable avant!