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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 14:44

   L'homme a toujours vécu entre deux mythes, celui du "péché originel" - suivant lequel il est "faillible" dans une société irresponsable - et celui de l'être naturellement "bon" qui est corrompu par la société, comme l'affirmait le philosophe français Jean-Jacques Rousseau...

 

   En fait, il n'est pas besoin de mythes pour constater la réalité de cette alternative ...Car il y a effectivement des individus qui nuisent plus ou moins gravement à la société, mais il y en a aussi qui subissent l'empreinte d'un milieu misérable, voire subversif...

 

   Dans ces conditions, l'exercice de la justice est difficile ...En effet, elle a pour fonction d'infliger une sanction pour toute faute au titre de la protection de la société, mais cette sanction doit être appropriée au cas de chaque individu fautif ...Et, en l'occurrence, il faut admettre que la justice ne donne pas satisfaction en France, quand on relève que 60 % des personnes entrant en prison en sortent avant ...6 mois, et que 60 % des anciens détenus retournent sous les verrous dans un délai de ...5 ans après leur libération, ce qu'on appelle la récidive... L'identité des pourcentages est saisissante, et elle justifie donc la décision du gouvernement de réunir une "conférence du consensus" pour réformer la justice...

 

   Les recommandations de cette "conférence" sont d'autant plus intéressantes que ses membres sont des personnalités de la "société civile" ayant toute liberté d'appréciation et de proposition, aussi bien vis-à-vis du gouvernement que des professionnels de la justice ...Ces recommandations partiraient de la constatation que le nombre des détenus a augmenté de 34 % depuis 10 ans, et que cette augmentation serait surtout due à un nombre croissant de "délits" dits "mineurs" (comme le contentieux ou l'usage de stupéfiants) alors que le nombre de "crimes" (homicide, viol, vol à main armée) serait relativement stationnaire ...Et elles proposeraient la création de trois niveaux de sanctions :


   1. Les "sanctions" dites "patrimoniales" consistant à imposeer des "jours-amendes", c'est-à-dire des amendes qui ne seraient transformées en jours de prison que si les condamnés ne les paient pas, ou encore et si possible la confiscation des biens.

   2. Les "peines exécutées dans la communauté", c'est-à-dire en dehors de la prison, et appelées peines de "probation", donnant lieu à des contraintes comme le port d'un bracelet électronique, un contrôle régulier du juge d'application des peines, l'obligation de faire des travaux d'intérêt général, et éventuellement la néccessité de soins et l'interdiction de certains lieux.

   3."L'incarcération" - autrement dit la "prison", limitée aux "crimes" ayant entraîné la mort ou des conséquences graves pour les victimes.

 

   Mais la "conférence" recommanderait aussi des mesures plus "libérales" : d'une part, la "déjudiciarisation" de nombreux délits dont la sanction ne donnerait pas lieu à un jugement, ceci à la fois pour décongestionner les tribunaux en nombre insuffisant et accablés par les dossiers - le retard pouvant entraîner une condamnation d'individus en pleine ré-insertion - et pour décongestionner les prisons où les condamnés s'entassent dans des conditions de promiscuité et d'hygiène favorisant les récidives et les entraînements, alors qu'il conviendrait , conformément à un engagement pris auprès de l'Europe, de parvenir à un "encellulement individuel" ...D'autre part, "l'automaticité de la réduction des peines" rendant caduques les décisions parfois longuement mesurées et réfléchies des tribunaux et de leur jurys, et accordant ainsi une sollicitude prioritaire  envers les condamnés, sans la moindre considération de leurs victimes ou, en cas de mort, de leurs "ayant-droit"...

 

   On aurait donc pu attendre que la Ministre de la Justice, Christiane Taubira, d'origine modeste en Guyane, mais ayant acquis non sans mérite un haut niveau universitaire, tout en élevant seule, suite à un divorce, 4 enfants, fasse preuve de mesure pour la solution des problèmes ...Malheureusement, Christiane Taubira, qui s'était déjà illustrée par une loi "mémorielle" sur l'esclavage en 2001 au mépris de l'objectivité de l'Histoire, et qui ensuite a pris délibérément parti en 2012 pour le "mariage pour tous" divisant pourtant les Français, n'a pas attendu un débat sur l'aménagement de la justice, en proclamant "tout, sauf la prison", comme si cette affirmation résolvait tous les problèmes, la "ré-insertion" étant pour elle une panacée excluant la "détention"...Manifestement, elle oublie que, comme Ministre de la Justice, elle doit assurer en priorité la protection de la société et être la garante de l'exécution des peines que les tribunaux, en toute indépendance, ont décidé ...Et elle risque, en raison de l'attachement légitime des Français à leur sécurité, de subir ...la sanction de leur électorat...

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Published by Jean Daumont - dans La Justice
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commentaires

Jean Daumont 18/02/2013 09:52


A Jasques Heurtault


   Je suis d'accord avec vous ...La justice doit être exercée en toute indépendance, et il est inadmissible qu'elle puisse subir des pressions, qu'il s'agisse du pouvoir en place, de
manifestations, voire des parents et amis des victimes réclamant vengeance ...Ceci dit, la justice peut faillir, et il y a des exemples fameux d'erreurs judiciaires...


 


A Loubomyr


 A l'origine, c'est-à-dire pendant l'Antiquité gréco-romaine, le mot "barbare" désignait seulement les peuples "étrangers" dont on ne comprenait pas la langue ...Ce n'est que plus tard, en
raison d'actions destructrices ayant mis fin à l'empire romain que le mot barbare a été assimilé à la sauvagerie (invasions "barbares" ..."vandales"...)


 réf:http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbare

Loubomyr 18/02/2013 09:48


Avant de proférer des avis péremptoires et radicaux il convient de rappeller que la sanction en matière de justice peut être positive ou négative.


Ensuite, afin de cultiver la réflexion sur le sujet, je vous invite à aller consulter la notice Wikipédia avec entre autres les notions de justice-idéal, justice-norme et justice-institution.
Partant de là, il est possible d'élargir l'exploration et la réflexion. Pourquoi être aussi lapidaire et rigoriste que les premier commentaire ci dessus?

Marc 17/02/2013 22:49


Face à l'affaire AMIDLISA, que devient votre théorie ? Et surtout que faites-vous ?

Jacques Heurtault 17/02/2013 21:50


Il faut sans doute dire et redire qu'un procès PENAL, ce n'est pas un accusé face à ses victimes qui risque une condamnation pour les dommages qu'il a causé à la dite victime mais C'EST UN ACCUSE
QUI DOIT RENDRE DES COMPTES A LA SOCIETE CIVILE PARCE QU'IL A TRANSGRESSE LES REGLES ...


L'INDEMNISATION DE LA VICTIME OU DE SES AYANTS DROIT? CA VIENT APRES!


En plus clair, je trouve scandaleux qu'une victime puisse réclamer quelque sanction pénale que ce soit! Elle doit reclamer la reparation complète des dommages qu'elle a subi et qu'elle doit
formuler dans son "préjudice" (pré-ju-dice = avant dire droit).


Cette approche, pourtant tout ce qu'il y a d'officiel, est loin d'être partagée par tous, hélas! Il faudrait, pour la bonne administration de la justice, que les victimes n'aient plus le droit
d'être présentes aux procès pénaux mais seulement aux procès CIVIL qui suit le procès pénal ...

Loubomyr 17/02/2013 19:55


Lorsque vous dites que l'homme a TOUJOURS vécu entre ces deux mythes, vous y allez un peu fort!!! En effet, il semblerait que le mythe du bon sauvage remonte seulement au 15 ème siècle avec les
écrits d'Amérigo Vespucci et de Jacques Cartier alors que celui du péché originel remonte à la Bible. D'ailleurs, avec une si brève existence, la thèse du bon sauvage mérite t elle l'appelation
de mythe? Il semblerait également que dans l'antiquité et sous l'époque médiévale, on ne parlait pas de sauvages (bons ou mauvais) mais de barbares. C'était simple : il y avait d'un coté la
"civilisation" et de l'autre coté la barbarie, contituité de l'opposition entre peuples de cultivateurs sédentaires et peuples de chasseurs nomades.Cette opposition entre nature et culture fait
l'objet de dissertations en philo en classe de terminale depuis un certains nombre de décenies.


Ensuite, que ce soit à l'état de nature ou à celui de culture, tout en sachant que la frontière entre les deux est difficile à fixer, la justice n'a pas pour but uniquement d'infliger une
sanction à celui qui a failli au code en cours dans un groupement humain mais aussi de procurer une réparation à celui qui a subi un dommage. Et encore faudrait il que les notions et codes de
justice soit universels : un gitan voleur de poules trouvera injuste d'être condamné par un tribunal de gadjé ....


Ces quelques mots n'avaient pour but que de relativiser votre TOUJOURS de début d'article : aux affirmations de ce style, je préfère les interrogations ; pour autant le débat sur nature et
culture est toujours ouvert ......