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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 17:37

   L'amélioration des conditions de vie des hommes a marqué l'histoire de la 2ème moitié du 20ème siècle, même si elle a été le fruit de luttes souvent âpres et si elle est encore insuffisante dans de nombreux pays du monde, surtout ceux de la zone intertropicale où la nature est la plus inhospitalière.

 

   Cette amélioration s'est traduite en particulier par une réduction du temps de travail, qu'il s'agisse de la journée, de la semaine ou de l'année, avec des différences nombreuses suivant les pays, la réduction étant plus forte dans les pays "occidentaux" que dans les autres pays. Et la France fait partie de ceux ayant la durée la plus courte, ...d'une part avec la règle instituée dès 1919 de la journée de 8 heures, et les lois successives ramenant la durée hebdomadaire des 45 à 50 heures initiales à 40 heures en 1936, 39 heures en 1982 et 35 heures en 2000, ...et d'autre part la moyenne de 250 jours d'activité par an, ...sauf exceptions spécifiques à certains métiers (mines, hôpitaux, armée, professions libérales...). Cette réduction a un caractère incontestablement positif sur le plan humain, puisqu'elle a entraîné, avec les progrès de la médecine, un allongement de la durée moyenne de vie passant d'environ 50 ans en 1900 à environ 80 ans en 2000, "l'espérance" étant d'ailleurs plus importante pour les femmes que pour les hommes ..., et qu'elle a permis aussi un accroissement du temps des loisirs, propice à un développement important des voyages et des connaissances...

 

 

   Mais cette réduction n'a pas été sans répercussion sur la vie économique : le fait de "travailler moins" dans le cadre d'une population relativement stable a eu "mécaniquement" pour effet une réduction de la "production de richesses". C'est ainsi que la France a accumulé depuis une trentaine d'années une dette d'environ 70 milliards d'euros, qui représente avec ses intérêts courants une charge considérable, même si l'importance de ses ressources agricoles, industrielles et commerciales lui permet - jusqu'à présent - d'éviter un risque de faillite financière semblable à celui encouru par d'autres pays d'Europe comme la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie ...Or on a calculé - compte purement théorique - que la suppression des 35 heures permettrait à elle seule d'économiser 12 milliards d'euros par an pour le budget de l'Etat...

 

   Par ailleurs, cet "acquis social" de la semaine des 35 heures - ajouté aux autres "acquis antérieurs" comme la 3ème, puis la 4ème, puis la 5ème semaine de congés payés ...et la fixation du départ à la retraite à 60 ans ...ou encore les facilités accordées pour les RTT - a eu paradoxalement un effet pervers ...sur le plan social : d'une part, alors qu'il avait eu notamment pour but un "partage du travail" et donc une réduction du chômage - les heures retirées aux actifs pouvant gager de nouveaux emplois - il n'a pas en fait suscité une diminution significative du chômage, surtout en raison de l'incapacité des PME de créer ces emplois et donc de supporter des charges sociales plus importantes alors que leur production stagnait ou diminuait ...Autrement dit, l'économie a été "bridée" et parfois paralysée, alors même qu'il fallait de surcroît faire face à l'accroissement du nombre des retraités ...Il en résulte un manque de compétitivité et un déficit commercial en rapport avec ce que les experts appellent une "croissance molle" ...Ce n'est certainement pas seulement en raison  de la crise larvée de 2007-2010 que, par exemple, le marché intérieur de l'automobile, naguère florissant, a fortement diminué ... Le pouvoir d'achat des Français est en cause, car les salaires ne suivent pas la hausse du coût de la vie ...Et, assurément,  une taxation plus importante des hauts revenus, même si elle est souhaitable au nom de l'équité sociale, ne peut suffire à règler le problème, car elle ne peut  avoir qu'un effet limité...

 

   La question est donc de savoir s'il faut maintenir ou non les 35 heures, de même qu'il a fallu réviser le principe du départ à la retraite à 60 ans ...En clair, après avoir connu les "vaches grasses" (?) ...en "travaillant moins", n'est-il pas temps de revenir aux "vaches maigres" (!) ....en "travaillant plus" ...Comme disait La Fontaine dans sa fable célèbre, "la cigale, après avoir chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue" ...Et alors que beaucoup de Français sont encore prêts à suivre le conseil de la fourmi ...de "danser maintenant", ...les Allemands, toujours plus disciplinés, suivent le conseil du puissant syndicat IG-Métall admettant qu'il faut revenir aux 40 heures pour sortir des difficultés ...et l'effet ne tarde pas à se faire sentir, puisque les prévisions annoncent le retour de l'excédent des finances publiques pour 2013...

 

   Evidemment, si une telle décision est prise en France, elle ne manquera pas de susciter "des pleurs et des grincements de dents", pour ne pas dire des manifestations et des grèves ...Et ceci d'autant plus que, malheureusement, le problème sera "biaisé" par des prises de position politiques, avec le clivage habituel de la "gauche" se faisant défenseur des "acquis sociaux" et de la "droite" voulant sauvegarder la "liberté économique", ...les échéances électorales n'arrangeant rien, au contraire  ...Mais ne pourrait-on pas, "pour une fois en France", et nonobstant justement les échéances électorales, "déposer les armes" et, "dans l'intérêt supérieur du pays", rassembler toutes les parties intéressées dans un "Grenelle du travail" et étudier en commun, même au prix de discussions difficiles, des modalités d'aménagement du temps de travail, en évitant des décisions gobales plus ou moins bloquantes et en prévoyant des "augmentations échelonnées dans le temps" (semaines de 36, puis 37,  38 heures modulées suivant les saisons et les branches de métiers) - et suppression parallèle de jours de congé superflus comme ceux du "joli mois de mai", ces augmentations du temps de travail  étant bien entendu accompagnées en contrepartie d' augmentations de salaires ...Le moteur économique pourrait ainsi se remettre à tourner rond, car le pouvoir d'achat des salariés serait accru et la croissance repartirait tandis que la dette des finances publiques diminuerait ...Est-ce de l'utopie ?...

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Jacques 15/07/2011 18:48



Je n'ai nullement parlé de "cadeaux aux riches" !!!!


J'ai parlé d'exonérations de charges sociales pour les entreprises....


 


jf.



Jean Daumont 15/07/2011 10:24



  Pour une fois, je suis en total désaccord avec vos remarques :


- sur la forme, mon "discours" n'est pas "militant" mais ..."interrogatif" : j'ai écrit "question de savoir" et "est-ce de l'utopie?" ...alors que, de votre côté, vous me servez l'antienne des
faveurs accordées aux riches sans considération des problèmes économiques engendrant pourtant le chômage ...


- sur le fond, plutôt que de faire un nouveau discours, je vous transmets deux  textes intéressants:


http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/emploi-protection-sociale/presentation/comparatif-le-temps-de-travail-dans-l-ue.html


http://www.netpme.fr/fiscalite-entreprise/443-fiscalite-entreprises-france-est-elle-competitive.html


 



Jacques 14/07/2011 12:39



Je ne peux adhérer à ce discours purement militant de votre part !


Je vous ferai remarquer, en passant, que les salariés Allemands travaillent MOINS que les Français et cependant leur économie se porte mieux que la nôtre.


Il y a belle lurette qu'il se dit chez nos voisins européens - leurs homologues (!!! - qu'en France nous avons le patronat le plus bête du monde !!!!


Enfin, vous aurait-il échappé que chaque année ce sont SOIXANTE CINQ MILLIARDS de réduction des charges sociales qui sont consenties aux entreprises.  Et elles ont encore le
culot d'en réclamer des supplémentaires.


Que M. Sarkozy commence par nous "moraliser le capitalisme" comme il nous l'a promis au lieu de toujours tomber à bras raccourcis sur les salariés!


Faudra bien qu'il nous parle de toutes ses promesses non tenues si d'aventure, il voulait se représenter à nos suffrages...


 


jf.