Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:50

   Prenant goût à l'expression personnelle, je ne résiste pas cette fois au plaisir de vanter les mérites d'un ministre de "gauche" alors que, ne prétendant pas être de ce "côté", je suis soupçonné d'être de "droite"...

 

   En fait je vais m'abriter dernière le journal "Ouest-France"  qui publie dans son édition du 20 septembre 2012 deux textes concernant Manuel Valls ...oui, car il s'agit de ce ministre qui, lui, ne peut pas être classé ailleurs qu'à "gauche" :

 

   - Un éditorial de Bernard Le Soleu (1ère page) intitulé "Le défi : concilier Sûreté et Justice"

   "S'il est un homme au gouvernement qui ne flotte pas dans son costume de ministre, c'est bien Manuel Valls. Taille serrée, regard sourcilleux, le côté toréador ou "Catalan ombrageux" fait merveille au Ministère de l'Intérieur... Auprès de ses troupes et de l'opinion. Casting réussi, pour l'instant....

   Sur le flanc gauche gouvernemental, Christine Taubira incarne la justice, la fin du tout carcéral. Sur le flanc droit, Valls se dresse en gardien de l'ordre républicain, l'anti-laxiste par excellence.

   Valls revendique fièrement - il l'a clamé hier devant toute la hiérarchie policière - son titre de "premier flic de France". Déjà, des médias pressés le désignent comme futur Premier Ministre. Depuis Sarkozy, remuant Ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac et du gouvernement Raffarin, on sait que la place Beauvau peut conduire aux plus hautes fonctions.

   Valls s'inspire d'ailleurs sans vergogne de certaines méthodes de ce prédécesseur : posture régalienne, présence tout terrain, haute hiérarchie policière choisie à sa main, et séduction des puissants syndicats policiers. Très habilement, il pratique, sans le revendiquer, le sarkozysme policier pour mieux le dénigrer et faire oublierl'action du vaincu de la présidentielle. Son grand homme est Clémenceau, qui allait, dit-il, "droit devant soi".

   N'est pas le "Tigre" qui veut. Seuls les événements sculptent les grands hommes ou les dévorent. On notera toutefois que, dans une société minée par la crainte de l'avenir, l'anxiété du chômage, la peur d'un retour du terrorisme, Valls rassure. Il combat la délinquance, l'insécurité, l'immigration illégale, les groupes radicaux. On peut juger ces craintes exagérément montées en épingle et faisant le jeu de l'extrême-droite, n'empêche, l'opinion, majoritairement, le plébiscite.

 

   Le Ministre de l'Intérieur accomplit l'exploit d'être apprécié à droite et applaudi par beaucoup de dirigeants socialistes, notamment les maires. Au point que l'ancien élu d'Evry peut se permettre de renâcler face à certaines promesses : il ne veut pas des récépissés à remettre lors des contrôles d'identité - accusés de l'être un peu trop au facies - et il repousse à plus tard le vote des étrangers aux élections locales.

 

   Face à la hiérarchie policière, il s'est décrit en défenseur "sans faille" de l'autorité publique, dans le strict respect des libertés et de la justice. Il démantèle donc sans état d'âme les camps illicites de Roms. Pragmatique, et fin politique, il se protège côté gauche en appelant les forces de l'ordre à respecter l'indépendance de l'institution judiciaire, et à travailler en bonne entente avec les magistrats.

 

   Il cherche ainsi à couper l'herbe de la critique sous les pieds de l'opposition, toujours prompte à dénoncer la présumée schizophrénie gouvernementale, entre une Ministre de la Justice soucieuse d'humaniser les prisons et un Valls sécuritaire. La longue histoire de la République enseigne toutefois que, dans les périodes difficiles, c'est toujours le Ministère de l'ordre qui prend le dessus. Valls et Taubira sauront-ils cette fois concilier les deux politiques, sûreté et justice ? Ce serait le signe que le pays est ragaillardi et apaisé"...

 

   - Une biographie illustrée de "Manuel Valls, le ministre bouillant de l'intérieur"  (dernière page) :

   "Devinette : il a l'oeil noir, le port raide, la voix virile, le visage rouge de tension ...Allez, on vous aide un peu : vous ne savez jamais s'il va vous décocher une baffe ou se broyer les dents; Il est du genre à s'énerver pour prôner l'apaisement ...ça ne vous dit rien ?...

   Continuons : il est plus Barça que PSG, plus Kenzo que Célio, plus Clio qu'Aston Martin ...Un peu gendre idéal, au sourire aussi cintré que le costume ...vous ne voyez toujours pas ?... Animal, il serait un taureau catalan... Mannequin, il ferait la promotion des chemises-cravates ...Membre d'un gouvernement, on le verrait forcément Ministre de l'Intérieur...

 ...ça tombe bien, il l'est... J'ai nommé Manuel Carlos Valls, l'éternel quadra, devenu quinqua le 1er août. La vedette politique de l'été, courant d'accident en tuerie, d'incendie en émeute, de préfecture en université d'été. Comme ce samedi 25 août, où il déboule à La Rochelle...

   ...Sous les voûtes de l'Encan, la halle à marée devenue la criée du socialisme, en chemise blanche mais sans la veste, son "ordre républicain" déclenche une standing-ovation. "Les socialistes sont comme tout le monde", analyse Jean-François Copé, "ils voient bien que la lutte contre la délinquance ou l'immigration clandestine est une priorité".

   La droite peine à l'épingler. "C'est quelqu'un pour lequel, à titre personnel, j'ai beaucoup d'estime et de respect", confie le patron de l'UMP ...qui trouve tout de même une faille : "Il bénéficie d'une grande chance, c'est le faible niveau de ses collègues qui en fait l'un des plus performants" (...) ...Nicolas Sarkozy, aussi, l'apprécie, au point de lui avoir tendu une grosse perche gouvernementale : "Si je suis ré-élu", lui disait-il en 2007, "10 ans dans l'opposition, ça va te paraître long !" ...L'Histoire arrangé les choses, sans qu'il ait à brader son âme...

   Manuel Valls, le rebelle qui prône l'ordre, a des convictions qui déroutent au PS... Il est le parlementaire de gauche qui vote contre la burqa ...Qui prône que l'on repousse l'âge de la retraite. Qui veut déverrouiller les 35 heures. Qui promeut les polices municipales. Qui dénonce les "fatwas" contre les OGM ou le nucléaire. Qui préconise la TVA sociale ..."La France a besoin d'un débat clair. Pour restaurer la République dans les quartiers, il faut de l'emploi, mais aussi de la sécurité, car la délinquance frappe d'abord les plus modestes", répond l'intéressé quand on le gratifie de "Guéant de gauche"...

   Son socialisme - le dirigisme au service des faibles - est, dit-il, "le produit d'une construction personnelle" ...et familiale ! ...Son grand-père, rédacteur d'un journal républicain et catholique, a caché des curés, pourchassés par des pendant la guerre civile espagnole. Il est le fils de Luisangela, d'origine italo-suisse, et de Xavier, artiste-peintre, qui a fui la chape du dictateur Franco en 1948, au bénéfice d'une bourse délivrée par l'Institut Français de Barcelone. Voilà comment on devient socialiste et passionné d'Histoire....

   Rocardien, conseiller de Lionel Jospin, maire d'Evry (ré-élu avec 60% des voix), patron de la fédération du Val d'Oise, député deux fois, directeur omni-présent de la communication du candidat Hollande, ministre... Pourtant, il n'a pas eu que des amis pour l'aider à gravir les marches de la promotion  politique (suit un exposé détaillé de ses démêlés dans le parti socialiste, où il est même invité à le quitter par la patronne, Martine Aubry) ...Mais il est du genre à l'ouvrir sans démissionner. Et puis on a besoin de lui . Sur les Roms, par exemple. En combinant fermeté et humanité, "il nous débarasse d'une grosse suspicion de laxisme", lâche un conseiller de Matignon...

   Sans états d'âme, Valls ?..."J'aime ce qui marche" ...Mais dans le respect ..."Il peut houspiller ses collaborateurs, mais c'est quelqu'un de très loyal" dit un proche... Et puis, quand on succombe aux charmes d'un premier prix de violon et de musique de chambre du Conservatoire de Paris - il s'est remarié avec Anne Gravoin en 2010 - cela sous-entend qu'il n'est pas un coeur de pierre. Que Manuel est peut-être plus sensible que Valls..."


      On a envie d'ajouter : "Bravo l'artiste !"...

 

 


 

 

 

  

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article

commentaires

Jacques 24/09/2012 15:25


Les fusillades en plein jour et en pleine rue se multipliant à travers la France, je doute fort que "l'état de grâce" de M. Valls dure longtemps.


La Droite qui l'encensait jusqu'à présent ne va pas tarder à l'attaquer avec virulence.


jf.

Loubomyr 24/09/2012 11:51


De même qu'un bon indien est un indien mort selon le général Sheridan, un bon ministre serait il un ministre sujet à polémiques, Dans ce cas, Manuel Valls est un bon ministre. Cependant un
ministre, finalement, est toujours décevant. S’il dérange, on le lui reproche. S’il ne dérange rien, on le lui reproche aussi. Mais à tout prendre, on préfère celui qui ne dérange rien. Donc un
bon ministre n'est pas celui qui est en tête dans ls sondages de popularité. Alors...............

Jacques 24/09/2012 09:46


Méfiance sur les "non-conformistes"......


Les personnalités d'extrême-droite, de tous temps, ont revendiqué leur non-conformisme avec la droit "traditionnelle"......


jf.

Jean Daumont 24/09/2012 08:26


Personnellement, j'ai toujours apprécié les "non-conformistes"...

Jacques 23/09/2012 18:53


Manuel Valls, un habitué des idées contre son camp


Le Monde.fr | 20.09.2012 à 15h33


 


jf.