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Mardi 25 novembre 2008

   La "politique" - mot d'origine grecque désignant le gouvernement de la cité et élargi progressivement dans l'histoire à l'organisation des Etats et du monde - a toujours préoccupé les hommes ...Et la politique a donné lieu à toutes sortes de "régimes" en fonction des circonstances : monarchie, empire, dictature, ...et démocratie, ...sans oublier l'anarchie qui est justement l'absence de ...politique !

 

   Si l'on s'en tient à la démocratie qui est, suivant la formule de Churchill, "le plus mauvais système de gouvernement, à l'exception de tous les autres", le comportement des responsables de la politique a été très varié, notamment en France, où l'on en est à la ... "5ème" République depuis la Révolution de 1789, c'est-à-dire il y a à peine plus de 2 siècles ...Ou bien le pouvoir exécutif a été trop fort et on a abouti à la dictature (Napoléon 1er, Napoléon III...)... ou bien il a été trop faible, et on est tombé dans le désordre, voire dans une certaine anarchie, les changements incessants de gouvernement  frisant le ridicule (Directoire, 3ème ...et 4ème Républiques ) ...Il y avait pourtant des hommes capables de montrer du "courage" politique, mais alors le "système" s'acharnait à les éliminer rapidement, dès que les problémes avaient été résolus à leur initiative : tel a été successivement le cas de Gambetta au début de la 3ème République, puis de Clémenceau  après la Guerre 1914-1818, et encore de Blum en 1936 ...et de Mendès-France en 1955 après Dien-Bien -Phu ...Le cas De Gaulle est à part, puisqu'il s'est retiré de lui-même sous la 5ème République, qu'il avait créée, ...à la suite de l'échec d'un référendum en 1969 préparé, il est vrai, par une "coalition" n'ayant en commun que l'hostilité à sa personne...

 

   Toutes proportions gardées, il est possible de comparer la gestion d'un "parti" politique à celle d'un Etat ...Car un parti a par nature vocation à diriger un Etat et son organisation est révélatrice de sa capacité à le faire ...A cet égard, le fonctionnement actuel du Parti Socialiste en France ne peut que susciter la consternation, non seulement de ses adhérents sincères mais de l'ensemble des Français ...ceci étant dit sans "parti"-pris, puisque la "droite" elle-même a pu être qualifiée naguère d'être "la plus bête du monde" en raison d'un comportement analogue...Le problème est néanmoins particulièrement grave pour le Parti Socialiste, car il n'est pas nouveau ...au point d'apparaître comme un "vice" de nature ... Car la "bataille de chiffonniers" - pour ne pas dire de "crêpage de chignons", dont il donne le spectacle affligeant, n'est que le dernier épisode d'une longue série de troubles internes ...En 1994, Delors (le père de ...Martine Aubry) avait renoncé à une candidature à l'élection présidentielle, car il doutait de sa "possibilité d'agir" ...En 2002, Jospin, qui n'avait pas manqué de courage pour imposer ses réformes - même fâcheuses comme les 35 heures (avec ...Martine Aubry) - "s'était retiré de la vie politique" parce qu'il avait été manifestement trahi par un certain nombre de membres du Parti ...Et en 2005, Fabius avait pu se permettre d'appeler à ne pas voter pour le Traité Constitutionnel européen - accepté par une majorité du Parti socialiste - sans encourir la moindre "sanction"... Il est évident que la "cacophonie" règne depuis longtemps au Parti Socialiste et que, sous prétexte de "démocratie interne", les "caciques" - et leurs militants fidèles souvent payés pour en assurer l'administration (en partie d'ailleurs avec une dotation de l'Etat comme pour tous les partis) - veillent à ce que "rien ne bouge" ...et "coupent les têtes " qui se risquent à dépasser...

   En l'occurrence, Ségolène Royal, a manifestement cherché à obtenir une "rénovation" du Parti Socialiste dans un "style" qui lui est propre, incantatoire, et même "théâtral" (cf :Zénith...) et qui plaît d'autant moins aux cadres "cuits et recuits" dans leurs habitudes  qu'elle s'adresse directement aux Français par l'intermédiaire des médias ...Alors, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'ils ne trouvent rien de mieux que de réaliser une "union" hétéroclite contre elle en choisissant - non sans arrières-pensées - Martine Aubry comme représentante d'uns "gauche pure et dure" malgré l'appui du "centre" dans sa mairie de Lille...

   C'est donc à une véritable "réforme en profondeur" que le Parti Socialiste devra se livrer, sous peine d'être amoindri, voire de disparaître ...Et cette réforme doit le conduire à "avoir le courage" de regarder les choses en face, en élaborant un projet de gouvernement fondé non sur des thèmes éculés d'une doctrine "passéiste" mais sur les besoins concrets des Français, afin d'assurer une "alternative" crédible indispensable au bon fonctionnement de la démocratie ...Seulement voilà : même s'il y a des risques - allant d'une "non-ré-élection" ...à un danger personnel (exemple : l'attentat du Petit-Clamart contre De Gaulle...) - il faut avoir du courage en politique, et ce n'est pas la qualité humaine la mieux partagée ...

par Jean Daumont publié dans : Politique Intérieure communauté : Réformer la France
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Jeudi 11 septembre 2008

   Ainsi donc, Madame Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, veut mettre en place, en application d'un Décret du 27 juin 2008, un fichier devant assurer la "sécurité des citoyens" ...sous le doux qualificatif d' Edvige qui fait penser à une ancienne actrice (Feuillère...) mais cache en fait une réalité beaucoup moins avenante (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Générale...)

   Manifestement Madame le Ministre est animée de bonnes intentions, dont il convient de lui faire crédit... Mais malheureusement, comme dit l'adage, "l'enfer est pavé de bonnes intentions" ...et ce fichier soulève déjà une tempête de protestations, dans la mesure où, à tort ou à raison, il est considéré comme un doigt dans un engrenage "attentatoire à la liberté individuelle", certaines critiques allant jusqu'à évoquer les pratiques de régimes totalitaires (*)...

   Il est donc nécessaire de faire le point de façon aussi objective que possible, en se tenant à l'écart de toute "contestation" d'origine politique ou philosophique  ...Et, à ce titre, trois questions corrélatives doivent être posées :

   - 1ère question : L'établissement d'un fichier est-il légal dans une démocratie comme la France ?... La réponse est positive, ...car le Décret du 27 juin 2008 est, dans son principe, conforme à l'article 26 de la Loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978 prévoyant "la possibilité pour l'Etat de disposer de traitements de données à caractère personnel qui intéressent la sûreté de l'Etat, la défense ou la sécurité publique ...ou qui ont pour objet la constatation ou la poursuite des infractions pénales" ...Et, comme la France a souscrit à la Convention Européenne des Droits de l'Homme du 4 novembre 1950, il lui est possible, conformément à l'article 8 - Par.2, "de s'ingérer dans le droit au respect de la vie privée, pour autant que cette ingérence est prévue par la Loi et qu'elle constitue une mesure qui ...est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique ou au bien-être économique du pays" ...CQFD ...Il n'y a donc pas d'objection possible sur le principe du fichier, même s'il y en a sur la forme, puisque le décret, par définition, ne constitue pas une loi ...et n'a donc pas donné lieu à un débat au Parlement, comme le recommande dans ce domaine la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948...

   - 2ème question : Un nouveau fichier était-il nécessaire pour sauvegarder la sécurité des Français ?... La réponse est encore positive, au moins sur la forme, ...car le gouvernement fait valoir, à juste titre, que ce fichier est essentiellement une synthèse des divers fichiers (archives papier ou informatisées) des Renseignements Généraux (RG) réalisée à la suite de la fusion de ce service avec la Direction de la Sûreté du Territoire (DST) pour former La Direction Centrale De la Sécurité Publique (DCSP) ...Mais cette synthèse, sous une apparence de simplification, peut aussi être considérée, non sans raison, comme une menace pour la liberté individuelle, dans la mesure où un croisement de données informatiques permet un élargissement des enquêtes sur les personnes... à l'image de l'Angleterre qui a progressé dans ce domaine et possède une banque de données concernant une grande partie de sa population, y compris dans le domaine génétique et ...les échanges sur Internet ...

   - 3ème question : Le nouveau fichier est-il réellement ...nouveau ?... La réponse est encore positive, ...car il va sensiblement au-delà des objectifs antérieurs ...Le Décret du 14 octobre 1991 de la socialiste Edith Cresson autorisait déjà les RG " à ficher les personnes majeures susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique, ainsi que les personnes qui sollicitent, exercent ou ont exercé un mandat politique, économique, social ou religieux significatif, sous le contrôle de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) ...Le Décret du 24 juin 2008 n'invente donc rien sur ce point ...Mais il ajoute deux éléments importants : d'une part, il étend le champ d'action aux mineurs à partir de 13 ans "susceptibles de troubler l'ordre public" et on peut alors s'interroger sur l'âge retenu (pourquoi 13 ans, alors que les gamins éventuellement concernés n'attendent généralement pas cet âge pour être ..dangereux ?) ainsi que sur les conséquences de leur fichage (une punition sévère est normale en cas de délit effectif, mais de là à pratiquer une sorte de "délit de sale gueule" à titre préventif, sans promesse d'effacement ultérieure, il y a une marge...) ...D'autre part, il introduit pour les "personnalités" des mentions sensibles comme leur santé ou leur "orientation sexuelle" et donc ...il transgresse le secret médical et le droit à l'intimité, l'ordre public ayant un  ...parfum d'ordre moral ...ce qui est un réel sujet d'inquiétude, même si on peut rire du 2ème point, en pensant au comportement des responsables politiques à travers l'histoire : Henri IV le "Vert-Galant", Louis XIV et Louis XV avec leurs favorites, ...ou encore, au début de la 3ème République, le Président Félix Faure qui, lors de sa mort ...en exercice, n'avait plus sa ...connaissance, partie par l'escalier de service...

   Le gouvernement, conscient du trouble ainsi provoqué, non seulement dans la "sphère" politique (tous partis confondus...), mais dans l'opinion publique, envisage de réunir une Commission pour débattre de cette affaire ...Ce n'est certainement une bonne idée, car elle fait penser à cette boutade de George Clémenceau déclarant que le meilleur moyen d'enterrer un problème est de créer une Commission... Puisqu'il s'agit d'un "sujet de société", il vaut mieux le soumettre au Parlement : non seulement un tel débat y serait légitime, mais il couperait court à une agitation incertaine, puisqu'il est déjà question d'une "grande manifestation" le 16 octobre 2008, c'est-à-dire le jour de la ...Sainte-Edvige !...

(*) www.nonaedvige.ras.eu.org

 

 

 

par Jean Daumont publié dans : Politique Intérieure communauté : Réformer la France
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Jeudi 17 juillet 2008
   "Egon Zoon Politikon" ... "L'homme est un animal politique", disait déjà le philosophe grec Aristote au 4ème siècle avant JC pour signifier que l'homme étant  par nature un "être sociable" a toujours éprouvé le besoin d'organiser ses relations mutuelles ...

   Cette organisation a d'abord consisté pour les "premières" sociétés humaines à vivre en "clans", c'est-à-dire dans des familles le plus souvent nomades, associées pour des motifs économiques, notamment l'élevage ...Ensuite seulement, avec la sédentarisation et l'agriculture, les hommes construisent des huttes puis des maisons regroupées à proximité, donnant ainsi naissance à des "cités" ...en grec "polis", dont la gestion en commun a donné l'adjectif "politikos", dont vient le mot français "politique" ...Les cités les plus importantes se sont souvent élargies en "cités-états", comme celles des Cananéens en Palestine avant l'arrivée des Hébreux, ou celles  des ports de Phénicie - Sidon et Tyr - dans le Liban actuel, ou encore les métropoles - Athènes et Corinthe  en Grèce - et  bien entendu Rome en Italie, donnant elles-mêmes naissance à des "colonies" ou des "empires" sur tout le pourtour de la Méditerranée ...C'est ainsi que le mot "politique" s'étend progressivement à l'organisation des Etats, avant de s'étendre à l'époque moderne aux relations internationales...

   Cette organisation "politique" n'a cependant pas été homogène dans l'espace et dans le temps, car elle a donné lieu à des "régimes" variés : la forme la plus répandue a longtemps été la "monarchie" accordant la direction des affaires à un seul homme (rarement une femme...), à l'origine de façon élective, mais le plus souvent ensuite de manière héréditaire... Mais, à partir de la Révolution Française de 1789 et au cours des 19ème et 20ème siècles, malgré de nombreuses vicissitudes, la "démocratie", c'est-à-dire étymologiquement "le gouvernement par le peuple" (démos en grec) s'est progressivement installée - du moins en principe - dans une majorité de pays en Europe et dans le monde ...Toutefois, cette démocratie a pris des formes variées : un pays comme l'Angleterre, qui a eu un Parlement dès le 13ème siècle (Grande Charte 1215), a toujours eu une ...monarchie, même si le roi (ou la reine ...) n'a plus maintenant de pouvoir réel ...Inversement, d'autres pays ont été officiellement des "républiques" (latin républica: affaires du peuple) comme l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) , alors que le pouvoir appartenait en fait à un seul homme ...et il en est encore de même dans de nombreuses "républiques" d'Afrique, d'Asie et d'Amérique ...

   Dans ce contexte politique, le cas de la France est original, car elle a connu pratiquement tous les régimes, avec leurs nuances internes : d'abord la monarchie, successivement élective (Clovis sur le pavois), féodale (les Rois fainéants), absolue (de François 1er à Louis XVI), constitutionnelle (Louis XVI de 1789 à 1792, Le Consulat et le 1er Empire de 1799 à 1815, puis la Restauration et la Monarchie de Juillet de 1830 à 1848,  le 2nd Empire de 1852 à 1870, et ..L'Etat de Vichy de 1940 à 1944) ...mais aussi la démocratie dans ...5 républiques (1ère de 1792 à 1799, 2ème de 1848 à 1851, 3ème de 1870 à ...1940, 4ème de 1944 à 1958, 5ème depuis lors), soit ...12 régimes différents, dont 11 depuis seulement 2 siècles, et ceci bien entendu sans énumérer les gouvernements et les remaniements ministériels pratiquement incalculables...

   On peut évidemment s'interroger sur cette originalité politique de la France ...Certains historiens invoquent un "tempérament" remontant aux origines mêmes du pays ..."Peuple instable et querelleur", disait déjà Jules César à propos des Gaulois, et l'histoire montre que les Francs ont peut-être imposé un "ordre" inspiré de leur origine germanique et donné leur nom au pays, mais ne sont manifestement pas parvenus à y vaincre un goût immodéré de la "dispute" (Guerre de Cent Ans, Guerres de Religion, Fronde, Révolutions de 1789, 1830 et 1848, Commune  ...et Mai 1968) ... Néanmoins,  il faut aussi considérer les conditions économiques et sociales qui, par une opposition entre une minorité de "riches" (des privilégiés de l'Ancien Régime aux "200 familles" du 19ème siècle...) et une majorité de "pauvres", ont contribué largement à son instabilité politique...

   La France aurait pu, certes, faire le choix, après la chute du 2nd Empire en 1870, d'une démocratie à "l'anglaise " ou à "l'américaine", avec un exécutif assez fort pour assurer la stabilité politique ...mais les "républicains" ont alors préféré, avec la Constitution de 1875, un régime "parlementaire" à un régime "présidentiel", non sans raison puisque les deux premières républiques avaient débouché sur des dictatures ...L'ennui fut que, faute d'un système électoral "majoritaire", l'Assemblée et le Sénat s'émiettèrent en de nombreux "partis" correspondant grosso modo aux intérêts particuliers des divers groupes sociaux : grands propriétaires, paysans, commerçants, ouvriers, employés... Et, même si les responsables politiques ne manquèrent pas de qualités et contribuèrent fortement au développement du pays ainsi qu'à sa défense lors de 3 grandes guerres (Thiers, Gambetta, Caillaux, Poincaré, Clémenceau, Blum...), ce régime montra ses limites après 1945 face à des crises graves (guerre d'Indochine, affaire de Suez, Guerre d'Algérie), ce qui conduisit à l'instauration d'un exécutif fort par le Général De Gaulle en 1958, encore accentué en 1962 par l'élection du Président de la République au suffrage universel ...Exécutif assurément fort, sans être cependant un régime présidentiel en raison des pouvoirs importants laissés à l'Assemblée devant laquelle le gouvernement nommé par le Président restait responsable : on a pu parler de régime "semi-présidentiel", comme on aurait pu parler de régime semi-parlementaire, puisqu'en pratique il y a un équilibre ...équilibre à "géométie variable" assurant une relative stabilité puisque, à la faveur des "cohabitations" (majorité parlementaire différente de la majorité présidentielle) la réalité du pouvoir a pu passer du Président à l'Assemblée, et inversement...

   C'est pourquoi le projet de révision constitutionnelle déposé par le gouvernement et actuellement en discussion au Parlement a un intérêt d'autant plus grand qu'il se présente de façon étonnante "à fronts inversés" ...En effet, on aurait pu penser qu'en raison de "l'activité", voire "l'activisme", du Président Sarkozy, présenté volontiers comme un "hyper-Président", cette révision aurait conduit à un renforcement de ses prérogatives déjà étendues ...Or ce n'est pas le cas, puisque le Projet prévoit une limitation des pouvoirs ...présidentiels (limitation à 2 mandats et encadrement des nominations aux hautes fonctions) ...et un accroissement des pouvoirs du Parlement (ordre du jour partagé, restriction du 49/3, réforme du Collège électoral du Sénat, et autorisation nécessaire pour prolonger une intervention à l'étranger) ...Certes, ce n'est pas énorme, ...mais ce n'est pas rien non plus ...Et on peut même s'interroger sur les motivations du Président Sarkozy dont le "prestige" n'a pas grand chose à gagner en cas de vote du Congrès, mais peut au contraire subir une perte sensible en cas d'échec ...Il est vrai que l'affaire devient cocasse dans la mesure où l'opposition socialiste - décidément "impayable" - a décidé de voter contre ce projet empruntant une partie de ses propositions, sous le prétexte factice que les autres ne sont pas satisfaites... Belle (?) illustration de la "politique politicienne", dérive fâcheuse de la politique, que le Général De Gaulle avait naguère dénoncée comme celle des ..."Politi...chiens"...

   ...Le Général De Gaulle, qui est justement le dernier exemple du dernier "vecteur" de la politique, à savoir  le rôle des personnalités "charismatiques" capables de transcender les "institutions", quelles qu'elles soient, à l'instar d'un Louis XIV, d'un Napoléon, ou d'un Clémenceau, quitte à encourir l'ingratitude de leur pays...

par Jean Daumont publié dans : Politique Intérieure
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Vendredi 16 mai 2008

   ll n'y a aucune raison de croire que les députés ne sont pas attachés au bien-être des Français, quel que soit leur parti politique... Et, de même, il n'y a aucune raison de critiquer l'importance de leurs indemnités parlementaires s'élevant par mois  à un total brut mensuel de 6952,91 euros (*), compte tenu des services qu'ils rendent à la Nation, à l'Assemblée Nationale ...et ailleurs...

   Néanmoins, il convient de rappeler que la charge de député est "élective", donc par définition "précaire", et que la perte de ces indemnités parlementaires en cas de non-réélection ou de non- renouvellement de candidature est "dans l'ordre des choses" ... Il est également dans l'ordre des choses que l'ex-député retrouve alors son ancien métier et son salaire antérieur tenant compte éventuellement de la progression de celui-ci durant le temps de son mandat ... Et, s'il n'avait pas de métier, il n'y a aussi aucune raison à ce qu'il reçoive autre chose que des indemnités de chômage ...comme tout le monde, ou du moins comme le monde restreint des chômeurs qui les touchent, ...puisque la charge de député n'est pas un métier...

   Mais les députés ont bien sûr le sens de la solidarité, ...sinon ils ne seraient pas députés...Ils ont donc pensé, à l'initiative de leur ancien Président Jean-Louis Debré au début de l'année 2007 (donc avant les dernières élections législatives), à l'avenir de leurs collègues susceptibles de ne pas revenir dans la nouvelle Assemblée, et ils ont alors voté à l'unanimité - tous partis confondus - une Loi prévoyant que chaque député non-réélu continuerait à toucher pendant 60 mois (c'est-à-dire 5 ans...) , au lieu des 6 mois prévus antérieurement, son indemnité parlementaire de façon dégressive, soit 100 % les 6 premiers mois, 70 % les 6 mois suivants, etc... jusqu'à 20 % pour 6 derniers mois de la 5ème année, ces 20 %  - soit 1390 euros par mois - continuant alors à être payés à vie... Par conséquent, tout député non-réélu coûte désormais 417.180 euros sur 5 ans pour les contribuables, et ensuite un montant incertain dépendant de ...son espérance de vie ... Pas mal pour un "chômeur", d'autant plus que l'indemnité n'est assortie d'aucune condition, et que ce chômeur n'aura pas besoin de prouver qu'il cherche un nouvel emploi, de répondre obligatoirement à des convocations d'un conseiller de l'ANPE ...ou de justifier de revenus "annexes" ou de revenus de membres de sa famille (par exemple, il ne sera pas privé d'indemnités parce que son épouse a un revenu jugé "suffisant" pour le foyer)...

   Pour autant (facon de parler...), il ne faut pas avoir mauvais esprit et admettre que les députés ne font que donner l'exemple, suivant le dicton : "Charité bien ordonnée commence par soi-même"...Et on peut légitimement s'attendre à ce qu'ils prennent maintenant des dispositions similaires pour l'ensemble des chômeurs... L'ennui est que ceux-ci risquent d'attendre longtemps, ne serait-ce que parce que de telles dispositions dervront passer, comme disait La Fontaine, par le "chemin montant, sablonneux, malaisé" et plein d'impasses, des commissions parlementaires...


(*) Indemnités mensuelles brutes des députés au 1er février 2007 :
     - Indemnité de base : 5400,32 Euros
     - Indemnité de résidence : 162,01 Euros
     - Indemnité de fonction (25 % du total) : 1390,58 Euros - notamment pour "secrétariat"
      + divers avantages "en nature" comme la gratuité des transports, du téléphone, du courrier, d'internet, etc...
     

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Dimanche 16 mars 2008
   En cette soirée des élections municipales 2008, même s'il convient d'attendre les résultats définitifs pour affiner l'analyse, il est clair que la "Gauche" a confirmé au 2ème tour sa progression du 1er tour - du moins dans les communes moyennes et importantes - compensant ainsi le recul parfois excessif qu'elle avait subi aux élections municipales 2001 ...Il y a donc un retour à l'équilibre qui est salutaire et même rassurant sur le plan "territorial"...

   Il n'en est pas moins vrai que, sur le plan "temporel", les Français contredisent la progression de la "Droite" qui s'était traduite notamment par le succès incontestable de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de mai 2007, et ceci seulement après un délai de 10 mois... Certes, cette "inversion" doit être relativisée : d'abord, elle n'est le fait que d'environ 10 % de l'électorat, qui suffisent à faire la décision dans un sens, puis dans l'autre ...Ensuite, elle n'est qu'une "pratique" très habituelle depuis les débuts de la 5ème République, où tous les gouvernements de droite comme de gauche ont connu ce "choc en retour" dans l'année suivant leur installation ...dans la mesure où l'opinion trouve toujours que les promesses électorales, confrontées aux réalités du pouvoir, ne vont pas assez vite, ce qui est le cas actuellement, notamment pour le pouvoir d'achat... Enfin, il est certain que le "style" de Nicolas Sarkozy, comme Président, rompant avec une tradition "protocolaire" de sa fonction, a eu un effet "aggravant" en dérangeant les habitudes des Français, ce qui revient à dire - de façon humoristique - que la progression de la "Gauche" est due en partie ...à un certain "conservatisme" !

   Est-il donc possible de remédier à cette "incohérence" ? ...La réponse est évidemment difficile, car ...s'il y avait une "recette miracle", il y a longtemps - du moins on peut le penser - qu'elle aurait été trouvée... Il faut d'abord tenir compte d'une versatilité "viscérale" de l'électorat qui n'est pas seulement en France une affaire de "choix d'élus", puisqu'elle s'est manifestée aussi pour des "choix de projets", par exemple dans des référendums en acceptant dans un premier temps  le "Traité de Maestricht" (1992), puis en refusant le "Traité Européen" (2005)... Aussi pourrait-on essayer de limiter l'effet de cette versatilité, ne serait-ce que par deux dispositions :
   - d'une part, un regroupement de toutes les élections (présidentielles, législatives, cantonales et municipales) dans un même délai raisonnable qui pourrait être "tous les 5 ans"...Les Français auraient ainsi un "grand rendez-vous quinquennal" (à l'instar du calendrier quadriennal des Etats-Unis) qui pourrait engendrer une certaine cohérence électorale (SGDG ...c'est le cas de le dire !)...Entre temps, il n'y aurait que des élections partielles pour pallier les circonstances particulières (ex : décès), les élus finissant alors les mandats...
   - d'autre part, une interdiction de tout cumul des mandats, qu'il s'agisse des Ministres qui ne pourraient pas avoir de mandat électif pendant la durée de leurs fonctions, ou des Députés ou Sénateurs qui ne pourraient être ni Maires, ni même Conseillers municipaux, départementaux ou régionaux, pendant le temps de leur mandature ...Ainsi l'électorat serait moins tenté de "faire payer" ou inversement "d'avantager" des Ministres, Députés ou Sénateurs ayant des mandats "nationaux" pour les élections "municipales"... De surcroît, davantage de Français pourraient assumer des responsabilités, ce qui éviterait le recours à des "grands barons" cumulards...

   "Simples" suggestions... Il peut y en avoir d'autres !
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Lundi 10 mars 2008
   Ce titre peut surprendre alors que les journalistes et les experts de tous poils s'accordent à constater une "progression de la Gauche", ...que Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste battue aux élections présidentielles de mai 2007, parle de "vote-sanction", ...et que la Droite elle-même concède sa défaite en ce 1er tour des élections municipales de mars 2008, tout en soulignant "qu'elle a résisté mieux que prévu"...

   Qu'il y ait eu une progression de la Gauche, c'est évident ...Mais passer de 42 % en 2001 à 47 % en 2008 au niveau national, c'est important bien sûr, mais ce n'est pas un "raz-de-marée", et la droite peut inversement estimer qu'avec 40 % elle a "endigué le flot"... Certes elle a perdu quelques "places fortes" comme Rouen, Alençon ou Laval, mais elle en a gagné d'autres comme Angers, Chaumont ou Le Puy, et surtout - remarque significative - la plupart des ministres ou secrétaires d'Etat du Gouvernement Fillon sont élus ou ré-élus ou en ballotage favorable... Et ceci sans compter le "Modem", dont les électeurs "anti-sarkozistes" ne sont certainement pas disposés à voter en masse pour la Gauche au 2ème tour
 ...Enfin il y a une très grande majorité de  petites communes (31.927 de plus de 2000 habitants sur 36.782) avec des "divers-Droite" - comme d'ailleurs des "divers-gauche" - qui ne sont certainement pas des pionniers de la Révolution sociale !...

   En fait, il faut comparer ce qui est comparable ...Et, sans remonter loin, il suffit d'établir un parallèle avec les élections municipales de 2001 ...Les socialistes étaient alors au pouvoir avec Jospin comme 1er Ministre... Et, comme d'habitude, au terme d'environ 2 ans de ce Ministère, une majorité de Français était mécontente pour des raisons diverses et parfois contradictoires ...de sorte que la Droite l'avait emporté aux élections municipales de 2001, plus largement que la Gauche au 1er tour en 2008, avec quelques résultats "inespérés", sans que néanmoins il y ait de "raz-de-marée"...Arrive 2008 et le Gouvernement Fillon, sous l'égide du Président Sarkozy, subit lui aussi un "choc en retour" de la part d'un électorat toujours versatile, et la Droite recule, perdant surtout le surcroît de gains de 2001... Et en remontant plus loin, on constaterait les mêmes variations opposées en 1995, 1989, 1983, etc...

   Donc, pour utiliser une allégorie ...climatique, c'est finalement une relative stabilité, "en données corrigées des variations saisonnières" ...Et cette stabilité n'a rien de surprenant, car elle se rapporte à la "gestion locale", c'est-à-dire au niveau où les électeurs connaissent le mieux leurs représentants et n'hésitent pas à les élire ou ré-élire - ou à les rejeter...- beaucoup plus en fonction du travail accompli dans la commune qu'en fonction de considérations politiques plus générales... A la limite, cette stabilité peut même poser un problème, car elle signifie que les citoyens de la commune s'en remettent (parfois au sens de se débarrasser des difficultés éventuelles...) à leurs représentants qui, s'ils ne font pas trop de "vagues", sont assurés, qu'ils soient de Gauche ou de Droite ou ...d'ailleurs, de leur maintien pour 1, 2 , 3 etc ..élections. Il arrive même qu'il y ait des "dynasties", comme naguère les "Médecin" à Nice ... ou encore des "hobereaux" qui conservent leur prédominance dans certains coins de Bretagne...

   Des lecteurs vont objecter : "Attention ! Il va y avoir un 2ème tour !" ...Mais faut-il attendre des surprises ?... Oui, bien sûr, il y en aura ...comme d'habitude... Un "retour de manivelle" ?... Pourquoi pas ?...La stabilité, encore et toujours...dans le changement !...
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Samedi 1 mars 2008
   Jules César disait déjà au 1er siècle avant JC que les Gaulois étaient "un peuple instable et querelleur" ... L'Histoire montre que, même avec l'apport des Francs, d'origine germanique, ou peut-être à cause de celui-ci, ce comportement ne s'est jamais arrangé, à en juger par la succession des dynasties règnantes (mérovingienne, carolingienne, capétienne, ...et napoléonienne) et des régimes de gouvernement (monarchie, empire ...et 5 républiques).

   On pouvait espérer qu'avec la 5ème République et la Constitution de 1958 assurant une indépendance relative entre les pouvoirs du Parlement et du Président, un certain équilibre se serait instauré dans la réflexion collective, et que des "débats" ouverts et productifs se seraient substitués à des "polémiques" constantes et stériles, génératrices d'instabilité et de conflit... Tel n'est pas le cas, puisque le Général De Gaulle lui-même a été confronté aux "événements" de Mai 1968, Giscard d'Estaing livré à des attaques personnelles en 1981, Mitterrand contesté dans son application d'un plan de rigueur et de l'intégration de l'école libre en 1983, et Chirac résigné à l'immobilisme après les grèves, notamment estudiantines de novembre 1995...

  Alors Zorro est arrivé avec Sarkozy, qui a d'abord séduit avec son langage direct et sa volonté de rassemblement
, et qui a bénéficié d'un soutien incontestable de l'opinion pour des réformes courageuses (Retraite, contrat de travail) ...Mais son "état de grâce" - même un peu plus long que les "cent jours" traditionnels - n'a pas duré, et les Français sont retombés dans leurs travers, avec des torts, il est vrai, partagés :
   - d'une part, "l'émetteur" - Sarkozy - a fabriqué "des verges pour se faire fouetter" : d'abord en cédant à son "goût de paraître", bien connu de ses anciens camarades de jeunesse, avec l'étalage incongru de sa vie privée et des vacances coûteuses ne pouvant qu'indisposer une large part de l'opinion préoccupée par la baisse relative de son pouvoir d'achat en raison de l'augmentation des loyers et des denrées alimentaires ...Ensuite, en confondant vitesse et précipitation, sans consultation préalable, pour des propositions saugrenues, comme le devoir de mémoire de la Shoah pour chaque enfant de l'école primaire... et en accréditant les propositions de la Commission Attali (314 !), esprit plus brouillon que brillant, qui, avec l'augmentation de la CSG et de la TVA,  le libre exercice de la concurrence, la suppression du numérus clausus pour certaines professions, entre autres mesures prônées sans précaution, a évidemment fait des dégâts...
   - d'autre part, les "récepteurs" - en l'occurrence les "médias" - ont eu leur part de responsabilité : loin de "calmer le jeu" en faisant le tri des propositions pour en "débattre" avec sérénité, ils ont mis de "l'huile sur le feu" en suscitant délibérément la "polémique" sur les sujets les plus discutables (sectes, détention de sûreté), non sans arrière-pensées en raison des échéances électorales, ...et ceci alors que des sujets intéressants méritaient une plus grande attention (rôle de la religion dans la société, modernisation de l'agriculture)...

   On peut donc s'interroger sur les moyens de parvenir en France à une "discussion raisonnable", c'est-à-dire à des "débats" qui ne tournent pas systématiquement à des "polémiques" : 
   - la condition préalable est de "prendre du recul" et, par conséquent, de ne rien décider sous le "coup de l'émotion", comme cela se fait souvent : un accident dans un tunnel, une explosion de gaz, des cris racistes dans un stade... et aussitôt les "conseilleurs" (qui ne sont pas les "payeurs"...) y vont de leur "Y-a-qu'à" ou "Y-faut-que", alors qu'il aurait été préférable de prendre auparavant les précautions nécessaires...
   - C'est pourquoi la condition essentielle pourrait être de constituer, à l'instar du Comité d'Ethique, un "Comité de la Prospective", composé de personnalités éminentes et désintéressées et disposant des moyens d'investigation, afin de réfléchir en tous domaines aux problèmes de la vie collective...Ses avis seraient soumis démocratiquement aux commissions parlementaires ouvertes sans discrimination à tous les partis afin que les décisions éventuelles soient prises par le pouvoir exécutif dans un assentiment général...

   "I've a dream"... Je fais un rêve... avait dit naguère Martin Luther King à propos de l'émancipation des Noirs aux Etats-Unis ... Ne peut-on pas rêver à ce que les Français, après 2000 ans d'Histoire, parviennent enfin à "débattre" sans "polémiquer" ?...
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Lundi 25 février 2008
   Et c'est reparti pour un tour !...Le Président Sarkozy, sortant une fois de plus des sentiers battus, a "osé" remettre en cause une décision du Conseil Constitutionnel refusant l'effet rétro-actif d'une loi sur la "rétention de sûreté"... Et aussitôt la "nomenklatura bien-pensante" a poussé des cris d'orfraie ...La République est plus que jamais en danger !...

   Il faut rappeler les faits : Nicolas Sarkozy, encore candidat à l'élection présidentielle, avait promis lors de sa campagne de 2007 d'empêcher la récidive de la part des criminels ...Et le Parlement, aussi démocratiquement élu que lui-même, a voté une loi permettant de retenir dans des centres médico-judiciaires, au terme de leur peine, les criminels considérés comme restant dangereux après un examen de leur cas : ce texte avait évidemment une portée générale, afin de protéger "en tout temps et en tout lieu" les citoyens contre des individus "déviants", certains ne cachant même pas leur intention de recommencer, d'autres étant manifestement des "psychopathes" atteints de troubles de la personnalité et pouvant à tout instant repasser à l'acte criminel ...Et en l'occurrence, quoi de plus criminel que le viol parfois suivi d'un assassinat, acte horrible pour lequel il n'y a pas de nuance à apporter mais qui est particulièrement intolérable quand les victimes sont des êtres sans éfense comme les enfants !...

   Or le Conseil Constitutionnel a approuvé en apparence la loi sur la "rétention de sûreté", mais l'a rendue pratiquement inefficace en rejetant la "rétro-activité"... Comme la peine minimale pour un tel crime est de 15 ans, cela signifie en effet que la loi  s'appliquera "seulement" pour les "nouveaux" criminels en puissance à partir de 2008, donc pas avant 2023 !... Autant dire que d'ici là les violeurs pourront s'en donner "à coeur joie", s'il est permis de s'exprimer ainsi !...

   Dans ces conditions, la réaction de Nicolas Sarkozy est ..."légitime", même si elle n'est pas ..."légale", du moins dans une interprétation littérale du "droit"...En effet, comme Président, il est assurément chargé de "veiller au respect de la Constitution"...Mais, conformément à celle-ci, il est également en charge de "la protection des citoyens" et donc de prendre ou d'initier des décisions en ce sens : c'est "justement" ce qu'il fait en demandant au Président de la Cour de Cassation d'étudier les moyens d'éviter dès maintenant les récidives ...Car les dispositions déjà en cours (bracelet de sécurité, interdiction de certaines activités, visite médicale...) sont insuffisantes, comme seront insupportables pour les "futures" victimes ...ou leur famille les statistiques affirmant que le taux de récidive est en baisse.

   Finalement, il apparaît que le "Droit" ne saurait l'emporter sur les "Valeurs"... Et par conséquent - en cas de nécessité absolue, qui ne peut être qu'exceptionnelle - il peut être "juste" de ne pas appliquer le "Droit", voire de le transgresser : autrement dit, en un tel cas, mieux vaut un viol du droit que le viol des personnes !... 

   Au demeurant, si on élargit le problème à l'ensemble des activités humaines, on peut trouver des précédents historiques à une telle transgression :
   - Dans l'Antiquité, la Bible des Hébreux avait élaboré une "Loi" qui était pour eux celle de Dieu, et qui prescrivait l'obligation du repos le 7ème jour, c'est-à-dire le Sabbat...mais cette obligation  pouvait être transgressée si la "vie" - d'un individu ou de la communauté - était menacée. C'est à ce titre que les Israëliens n'ont pas hésité à mobiliser leurs soldats quand ils ont été attaqués le jour du Yom Kippour en 1973...
   - Dans l'histoire contemporaine, et en France même, un Français n'a pas hésité en 1940 à transgresser la règle de l'obéissance militaire et à s'opposer à l'armistice conclu par un vieux Maréchal ...régulièrement investi par une Assemblée qui avait été celle du Front Populaire...Il l'avait fait pour "l'honneur" du pays...Ce Français était le Général De Gaulle...
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Vendredi 11 janvier 2008

   Ainsi donc, le Président Sarkozy, après avoir dévoilé le fond de sa pensée dans son discours du Latran du 20 décembre 2007 (*), est passé à l'application pratique dans sa conférence de presse du 8 janvier 2008 sur le thème de la "politique de civilisation", expression empruntée au sociologue Edgar Morin... Et la réaction des médias a été la même, en se contentant d'évoquer l'allocution préliminaire seulement pour la trouver trop longue, voire "fumeuse", en considération des préoccupations quotidiennes des français, jugées "prioritaires"...Comme si les Français n'étaient pas capables de se hisser au-dessus des problèmes matériundefinedels !
  Il n'y a pourtant rien d'extraordinaire, au contraire, à vouloir définir le sens d'une action à la tête d'un pays comme la France, alors que cette action est déjà entamée et doit manifestement s'accélérer dans les mois à venir ...Quoi de plus légitime que de "remettre l'homme au coeur la politique " en insistant sur des valeurs telles que l'autorité, la morale, l'amour ...Tout au plus peut-on s'interroger sur l'ambition "d'éclairer le monde ", car les Français, repliés sur leur "hexagone", n'ont plus tellement entendu ce langage rappelant la Déclaration des Droits de 1789 depuis un certain Général De Gaulle... Et il y a également longtemps qu'on ne leur a pas proposé autant de "chantiers" de réforme, avec une intention affirmée d'en assurer l'exécution :

   - Celui de la Constitution est loin d'être négligeable, puisqu'il s'agit d'introduire dans son Préambule l'égalité de l'homme et de la femme, la bio-éthique et la diversité raciale qui sont autant de problèmes encore mal résolus... Et ce n'est pas par hasard que la Commission d'étude est confiée à Simone Veil, symbole de la "libération de la femme"...
   - Celui de la Mesure de l'économie paraîtrait futile s'il ne mettait pas en valeur la nécessité de critères d'appréciation compréhensibles à la fois par les responsables et par les consommateurs. Le pouvoir d'achat en est le meilleur exemple, avec un indice de l'INSEE qui, en intégrant des articles d'équipement plus rarement acquis et souvent à la baisse, fait croire à une hausse globale contraire à la réalité du "panier de la ménagère"...
   - Celui du financement des entreprises par la Caisse des Dépôts et Consignations n'a fait l'objet que de rares commentaires en raison de son caractère technique...Mais il faut savoir que cet organisme qui gère des centaines de milliards d'Euros provenant en majorité des économies des Français (Caisses d'Epargne) mais dont l'utilisation est limitée aux logements sociaux, a une quantité considérable de "fonds dormants", alors que beaucoup d'entreprises- surtout moyennes et petites - sont rachetées par des organismes représentant les "fonds de pension" des Etats-Unis, c'est-à-dire les cotisations de retraite des Américains, avec des conséquences souvent regrettables : remplacement de l'encadrement par un personnel "à la botte", gain de productivité, licenciement de salariés, et délocalisation... Il serait temps que les économies des Français servent à ...les défendre !
   - Celui du partage des bénéfices des entreprises apparaît comme une résurgence de l'ancienne conception gaulliste de "l'association Capital-Travail", mais va plus loin : il ne s'agit pas seulement d'étendre aux petites entreprises (- 50 salariés) l'intéressement actuellement prévu pour les plus grandes...Il est également question d'étendre à tous les salariés le programme des stocks-options et la distribution gratuite d'actions limités jusqu'à présent à la "direction"... Même si la proportion réservée aux salariés ne doit pas dépasser le tiers, l'initiative est intéressante à tous égards... car c'est un moyen de "gagner plus" en juste contrepartie du travail effectué ...
   - Celui de la remise en cause du système scolaire   est ...plus "classique". Il n'y a pas grand-chose à redire à la priorité accordée à l'école primaire, avec le recentrage sur les savoirs fondamentaux et le soutien personnalisé qui sont de "vieilles antiennes" trop souvent encore sans échos... Quant à la suppression des cours du samedi matin, elle correspond à un "fait de société" et mettra fin à une hypocrisie des absences... Par contre, le retour à des règles de civisme et de politesse, même si elles sont nécessaires, paraît beaucoup plus hasardeux, au moins à court terme, dans le contexte de certaines banlieues...
   - Celui de l'immigration reprend le thème de la campagne présidentielle sur l'importance du "choix", qui consisterait à permettre au Parlement de fixer chaque année le nombre de titres de séjour à accorder en fonction des besoins du pays et des capacités d'accueil ... Même si le Rapporteur de l'Immigration à l'Assemblée a rappelé qu'il n'est pas question de "quotas ethniques et géographiques", on peut s'interroger sur les possibilités d'application d'une telle mesure, en raison de l'importance de l'immigration clandestine et de la situation engendrée par la politique antérieure de regroupement familial...
   - Celui de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques est plus inattendu, mais celle-ci ne peut que satisfaire ceux qui déplorent la dépendance - au moins financière - de ces chaînes par rapport à des entreprises privées... Et à partir du moment où l'équilibre leur budget sera alors rétabli non par une augmentation de la "redevance" (actuellement 60 %) mais par une taxe compensatrice sur les recettes publicitaires des chaînes privées (appelées évidemment à augmenter, comme déjà leurs cours en Bourse...), la qualité des programmes - n'étant plus soumis à "l'Audimat" - ne pourra que s'améliorer...
   - Celui du "Grand Paris" est plus ...localisé, mais les propositions faites en vue d'une meilleure gestion - en particulier de l'urbanisme - ne peuvent qu'être positives ...à long terme, qu'il s'agisse de la qualité des sites ou de la résorption des "zones de non-droit" ...et elles pourront servir d'exemples pour d'autres villes...
   - Celui de la Politique Internationale est assurément le plus aléatoire
, car il ne pourra évidemment être réalisé qu'avec l'accord des autre pays du monde : transformation du G8 en G13 par l'intégration des grands pays émergents, élargissement du Conseil de Sécurité de l'ONU, re-définition des missions du FMI et de la Banque Mondiale  ...Beaucoup (trop ?) de "pain sur la planche !...

   Au terme d'une telle énumération, il n'est vraiment pas possible de parler "d'immobilisme" ...mais il est légitime de s'interroger sur l'écho que cette "politique de civilisation" peut avoir auprès ee l'opinion... Elle peut séduire - les 1ers sondages le prouvent avec 50 à 70 % de "satisfaits" - d'autant plus qu'elle a été formulée avec un "brio" remarquable et confirme les Français dans l'idée "qu'ils sont vraiment gouvernés"... Mais la médaille a son revers, car les Français vont également attendre maintenant les résultats... Or ceux-ci peuvent tarder à se manifester, notamment dans certains domaines "sensibles" comme le pouvoir d'achat et le chômage, en raison d'une conjoncture défavorable et d'un délai inévitable d'effet des réformes...Et comme le Président Sarkozy, par son goût de "paraître" - dans sa vie matérielle comme dans sa vie privée - n'a pas toujours la prudence nécessaire, il n'est pas à l'abri d'un "retour de bâton" si la "politique de civilisation" se révèle n'être qu'un "miroir aux alouettes"...

(*) voir mon article précédent sur "Religion et Société"

  

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Vendredi 2 novembre 2007
   C'est bien connu... La France est la championne du monde pour les textes institutionnels, en ayant accumulé une quinzaine depuis la Révolution de 1789, sans compter les innombrables "révisions" dont la plus importante  - mais non la dernière - a été en 1965 l'élection du Président de la République au suffrage universel, ce qui a eu pour effet de bouleverser la "pratique" même des ...institutions.

   Comme si cela ne suffisait pas, voilà la France repartie - mais, il est vrai, non encore arrivée - pour une nouvelle révision constitutionnelle, puisqu'une Commission présidée par Edouard Balladur vient de remettre le 29 octobre 2007 son "Rapport", dont le titre même "Pour une démocratisation" ne manque pas de piquant vis-à-vis d'une Constitution de 1958 déjà "vieille" d'un demi-siècle, - et dont l'abondance des "77" propositions montre qu'il ne s'agit plus d'un "toilettage" mais bel et bien (ou mal...) d'un projet de "remaniement" des institutions...

   Dans un apparent paradoxe, le Rapport ne propose pas de renforcer les pouvoirs - jugés insuffisants - du Parlement au dépens de ceux du Président - jugés excessifs... Il souhaite seulement parvenir à un ré-équilibrage par un double renforcement des deux pouvoirs :
   - Pour le Président, il s'agit simplement de mettre le texte de la Constitution en accord avec la pratique, c'est-à-dire de prendre acte de son rôle prééminent. Pour cette raison, il veut modifier l'Article 5 faisant de lui un "arbitre" ainsi que l'Article 20 stipulant que "c'est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation"... Désormais ce serait le le Président qui "définit" la politique de la Nation ...et le gouvernement (notamment le 1er Ministre) qui la "conduit"... D'autre part, le Président pourrait s'exprimer devant le Parlement, mais il n'y aurait alors qu'un débat "sans vote"... En contrepartie, le Président ne pourrait utiliser les pleins pouvoirs de l'Article 16 qu'après avis du Conseil Constitutionnel et ne procèderait aux nominations importantes qu'après avis des commissions parlementaires concernées...
   - Quant au Parlement, et en particulier l'Assemblée, il aurait une plus grande maîtrise de son ordre du jour (50%...au lieu d'une séance par mois), et bénéficierait d'une limitation de l'Article 49-3 (permettant au gouvernement l'adoption sans vote d'une Loi n'ayant pas une majorité contre)...De surcroît, il pouurait contrôler la politique étrangère et militaire en étant saisi des documents nécessaires...

   Ces propositions sont assurément importantes, d'autant plus qu'elles sont complétées par des dispositions concernant le pouvoir judiciaire (autonomie du Conseil Supérieur de la Magistrature), la création d'un droit d'initiative populaire (référendum possible avec l'accord du 1/5ème du Parlement ou du 1/10è_des électeurs inscrits), ...et l'introduction d'une "dose de proportionnelle" dans les élections législatives... Il n'en est pas moins vrai que certaines propositions seraient inutiles ou inefficaces : par exemple, à qui fera-t-on croire que le Président Sarkozy se contenterait de "définir" la politique de la Nation ...sans la "conduire", même si, d'aventure, le 1er Ministre n'était pas d'accord ?... Manifestement, la Commission n'a pas voulu "sauter le pas" ...et demander la suppression du 1er Ministre, autrement dit passer à un régime vraiment présidentiel ...Vieille crainte...remontant à l'expérience malheureuse de la 2nde République, où Louis-Napoléon Bonaparte en avait profité pour instaurer sa dictature personnelle... Or on n'en est plus là : un régime présidentiel n'est pas nécessairement un régime où le Président a plus de pouvoirs ...Au contraire, actuellement, les pouvoirs du Président n'ont pas de limites réelles, puisqu'il n'est comptable de ses actes devant aucun organisme ...et ne dépend que du vote populaire, qui est seul appelé à renouveler ou non sa confiance... Et en cas de désaccord avec le Parlement, ce n'est pas lui, mais le "fusible" de 1er Ministre qui "saute", ce qui d'ailleurs n'est pas arrivé souvent jusqu'à présent, le Président pouvant répondre par une dissolution de l'Assemblée...

   Par contre, dans un régime présidentiel, le Président devrait se "colleter" avec le Parlement qui deviendrait le partenaire essentiel d'autant plus important qu'en contrepartie de ses pouvoirs, notamment celui ...de ne pas pouvoir être "renversé" par l'Assemblée, il n'aurait pas le droit de dissoudre cette Assemblée... Par ailleurs, le problème du système électoral pour les législatives perdrait de son importance, puisque l'instauration éventuelle de la représentation proportionnelle, plus conforme à la diversité française -  à fortiori , s'il est appliqué dans des circonscriptions plus petites que les départements pour limiter le "pouvoir des appareils" - ne risquerait plus de susciter l'instabilité de l'exécutif...

   Néanmoins, comme la Commission "n'a pas sauté le pas", est-il alors nécessaire de procéder, en dehors de quelques aménagements de détail, à un "révision constitutionnelle" ?... Certainement pas... La Constitution de 1958, revisée en 1965 avec l'élection du Président de la République au suffrage universel, a donné la preuve depuis un demi-siècle de sa "plasticité" en permettant, sans crise grave, de connaître à la fois des "alternances" et des "cohabitations"... Alors, pourquoi susciter éventuellement une crise ...institutionnelle, comme le laissent présager les objections déjà nombreuses de membres de l'opposition comme de la majorité, ... et même du "Centre" pourtant naturellement porté à la conciliation... Après tout l'Angleterre, en dehors de la "Grande Charte" (1215...) et de quelques lois organiques, n'a jamais eu de "Constitution" et s'est toujours accommodée d'une "pratique" qui lui a le plus souvent épargné des bouleversements, au point d'avoir conservé une monarchie... Le Président Sarkozy le pressent certainement, en repoussant l'analyse d'une révision constitutionnelle après les élections municipales de 2008 la ratification du Traité européen lui paraissant prioritaire... A bon entendeur, salut !...
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