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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 22:53

  La Revue "Sciences et Avenir", dans son numéro 765 de novembre 2010, revient sur une question déjà traitée dans son numéro 729 de novembre 2007, à savoir : " Sommes-nous seuls dans l'Univers ?"...

 

   A vrai dire, la question n'est pas nouvelle ...Elle est même récurrente depuis le temps lointain de l'Antiquité où déjà les hommes, en découvrant le mouvement des astres, s'interrogeaient sur l'existence possible d'êtres vivant ailleurs que sur la Terre ...Ce n'est pas par hasard que certaines peintures rupestres représentent des personnages monstrueux, ...et on s'interroge  encore sur les sillons gigantesques des plateaux du Pérou comme sur les "Moaïs" de l'Ile des Pâques ...Au 19ème siècle, on croyait avoir 220px-ETChristidentifié des canaux sur la planète Mars...et, au milieu du 20ème siècle, on imaginait avoir vu des "Objets Volants Non Identifiés" (OVNI), l'opinion mondiale ayant même été sensibilisée en 1982 par le film de Stephen Spielberg "E.T." (Extra-Terrestres) sur la venue possible d'êtres venus d'ailleurs...

  

   Mais, depuis une trentaine d'années, les moyens d'investigation de l'Univers se sont largement développés, notamment avec la construction de Radio-Télescopes sur terre (Arecibo à Porto-rico, Allen aux Etats-Unis, Ryle en Angleterre, Nançay en France...) ou dans l'espace (Hubble lancé en 1990), Télescope spatial Hubblequi ont permis de capter des signaux lointains, au point de pouvoir déterminer une origine possible dans un "Big-Bang" vieux "d'environ 13,7 milliards d'années ...Aussi, depuis ...une cinquantaine d'années, les astronomes se sont mis à "écouter" l'espace, comme à y adresser des "appels" ...Et ils y mettent d'autant plus de conviction que le savant américain Francis Drake - considéré comme un pionnier dans cette recherche - a ...calculé le nombre probable de "civilisations intelligentes" capables de communiquer dans notre galaxie (il y en a un nombre incalculable d'autres...) ...et ce calcul de probabilité aboutit à un nombre qui ne cesse d'augmenter en raison de la découverte incessante de nouvelles étoiles et surtout "d'exoplanètes" ...et se situe actuellement dans une "fourchette" de 5 à 5000  planètes ayant pu développer la vie ...Quand bien même il n'y en aurait qu'une seule, ce serait déjà la sensation !...

 

   Cette probabilité est d'autant plus importante que des savants aussi "sérieux" que Stephen Hawking et Hubert Reeves n'hésitent pas à affirmer leur "intuition" que des "extra-terrestres" existent ...à des stades divers de développement - de la cellule élémentaire ...à l'être intelligent ...voire au delà (!?) - mais ils ajoutent qu'ils n'en ont "encore" aucune preuve ...Et pour avoir cette preuve, les astronomes ne se contentent pas de chercher des informations dans l'Univers, ils en envoient : c'est ainsi qu'une sondePlaque-signaletique-de-l-humanite-envoyee-par-Pionner-6-.jpg "Pionner" a été lancée le 2 mars 1972 avec une plaque métallique gravée représentant les symboles de l'humanité, dont l'image d'un homme et d'une femme ...Et en 2003 un message codé "Cosmic Call" a même été envoyé en direction d'étoiles situées à 30 ou 40 années-lumière de la Terre...

 

  Avec quel résultat ?...Aucun ...jusqu'à présent ! ..."Silence Radio depuis 50 ans" ...Les "Terriens" n'ont encore rien repéré ...Ce qui ne signifie pas nécessairement que les "Terriens", eux, n'ont pas été repérés ...avec tout le "boucan" qu'ils ont fait pour se faire entendre ...C'est peut-être même le problème le plus grave qui se pose dans cette recherche ...En effet, si des "extra-terrestres" existent ...et s"ils ont acquis des moyens d'investigation incomparablement supérieurs à ceux des "Terriens", rien ne permet de présager qu'ils seront "gentils" ...comme le petit "E.T." du film de Stephen Spielberg ...Qui sait si, au contraire, ils ne se comporteront pas comme des "conquérants destructeurs" ...à l'image de ce que les Européens eux-mêmes ont fait vis-à-vis de leurs congénères indiens des civilisations précolombiennes de l'Amérique au 16ème siècle ?... Comme le souligne la Revue "Sciences et Avenir", "Est-il bien malin de se signaler?..." ?

 

   Vue-d-artiste----Extra-terrestre.jpgPar ailleurs, même en supposant que ces Extra-terrestres soient gentils, il faudra pouvoir communiquer avec eux ...Or les Terriens sont actuellement ce qu'ils sont devenus après des millions d'années d'évolution, tant sur le plan physique que mental ...en fonction du contexte de la Terre ... Comment seront les Extra-terrestres, développés dans des conditions différentes, avec plus ou moins d'oxygène, de gaz carbonique, de carbone, etc ?...Quel aspect physique ?...Quelle taille ?...Quel langage ? ...Quel moyen de déplacement ?...Quelles facultés insoupçonnées ?...

 

   Mais cette question des "Extra-terrestres" est vaine, diront les "esprits forts" ...Car, même s'ils existent, ils ne peuvent être présents qu'au "mieux" à 5 années-lumière de la Terre, distance de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche, ce qui correspond à "environ" 60.000 milliards de kilomètres, la vitesse de la lumière étant de 300.000 kilomètres par seconde ...Et, en supposant que la Terre les intéresse, et qu'ils soient capables de se déplacer à une vitesse largement supérieure à celle des engins actuels des Terriens, il leur faudra un tel délai de voyage que les hommes auront depuis longtemps disparu de la Terre, ne serait-ce qu'en raison d'une catastrophe telle que le choc d'une météorite ayant entraîné la disparition des dinosaures il y a plusieurs centaines de millions d'années ...ou une auto-destruction atomique, à l'image de la dernière séquence du film inspiré du roman du Français Pierre Boulle, la "Planète des Singes"...

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Published by Jean Daumont - dans Esotérisme
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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 23:25

   L'Histoire est certainement, parmi les activités intellectuelles, celle qui est la plus prisée par les hommes , car elle se rapporte à des faits concrets relatifs à leur passé et elle est donc plus abordable que la littérature et la philosophie faisant appel à une réflexion abstraite.

 

   L'Histoire est en effet définie comme une "science du passé", mais il s'en faut de beaucoup qu'elle soit une "science exacte"comme les mathématiques ou la physique traduisant des lois de la nature. Elle est au contraire une construction ou plutôt une "reconstruction" humaine, et, à ce titre elle ne peut être que relative, c'est-à-dire dépendante des conditions dans lesquelles elle a été écrite.

 

   Cette dépendance est d'abord celle des sources ...Longtemps, il n'y a eu qu'une transmission "orale" des informations sur le passé, et cette transmission était nécessairement incomplète et fragile, ne permettant pas de reconstitution détaillée et chronologique, et, pour cette raison, on a parlé de "Préhistoire" qui est, en l'occurrence, avec plusieurs millions d'années, infiniment plus longue que les 7000 ans d'Histoire dite "connue" ...En effet, l'Histoire elle-même n'apparaît qu'avec "l'écriture", et celle-ci n'est , à l'origine, pratiquée que par une "élite" politique etClio---Muse-de-l-Histoire-copie-1.gif religieuse, qu'il s'agisse des hiéropglyphes de l'Egypte, des signes cunéiformes de la Mésopotamie, ou de l'alphabet phénicien, grec ou latin, certains textes étant même restés intraduisibles comme ceux des Etrusques... Il est donc logique que l'Histoire ait alors été "instrumentalisée" pour justifier des croyances religieuses - comme la Bible des Hébreux mélangeant des récits légendaires à des faits réels pour montrer la puissance de leur Dieu - ou pour mettre en valeur certains événements glorieux comme les guerres médiques ou les conquêtes romaines ou des personnages célèbres comme Ramsès II, Périclès, Jules César, etc...Et il en est ainsi jusqu'à l'époque contemporaine, l'Histoire se limitant le plus souvent à des récits particuliers ...sous forme de "Chroniques", de "Mémoires", ou de "Biographies" comme "La vie de Charlemagne" d'Eginhard ou "L'Histoire de Saint-Louis" de Joinville ...ou toutes les "Vies des Saints" destinées à l'édification religieuse des fidèles et ne constituant que des "hagiographies"...

 

   En fait, la recherche d'une Histoire continue et cohérente n'apparaît qu'au 19ème siècle, en particulier en France avec Jules Michelet, auteur d'une "Histoire de France" rédigée entre 1833 et 1867, et Ernest Lavisse qui est le premier à publier une "Histoire Générale du Monde du 4ème siècle à nos jours" entre 1893 et 1910 ...Mais ces reconstitutions historiques se situent alors dans un contexte "nationaliste" et il s'agit surtout de mettre en valeur le rôle des Etats, et en particulier de magnifier le passé de la France considérée comme un modèle non seulement par ses grands hommes - Vercingétorix, Clovis, Philippe-Auguste, François 1er, Henri IV, Louis XIV, etc... mais par ses réalisations célèbres, comme le Château de Versailles ou ...la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" de 1789...Et cette Histoire reste seulement "évènementielle", s'attachant beaucoup plus aux "détails" qu'aux "causes" ... Il faut, en effet, attendre la 1ère moitié du 20ème siècle pour que les historiens étendent les champs d'études, ajoutant à l'histoire politique ou religieuse l'histoire économique, sociale et culturelle, à l'instigation de Marc Bloch et de l'Ecole des Annales qui définissent les moyens d'une recherche objective et d'une approche plus "encyclopédique" du passé ...Ce n'est donc pas par hasard que le nombre des livres et des revues d'histoire a littéralement explosé depuis la 2ème moitié du 20ème siècle, tandis que se multipliaient les émissions historiques non seulement en France - à l'image de la fameuse série de "La Caméra explore le temps" d'Alain Decaux et André Castelot entre 1957 et 1966 - , mais dans le reste du monde, à la faveur de ce qui est justement appelé la "mondialisation", phénomène ...historique certainement le plus marquant de ce début du 21ème siècle et du 3ème millénaire !...

 

   Il n'en est pas moins vrai que l'opinion publique reste le plus souvent en retard sur le "renouvellement" de l'Histoire, et qu'elle croit encore à de "vieilles histoires", les personnes les plus âgées ayant d'ailleurs l'excuse de les avoir apprises naguère à l'école, dans des manuels racontant que "Notre pays autrefois s'appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois ...qui vivaient dans des huttes", alors que les Gaulois ou Celtes avaient dèjà une vie raffinée dans des villes (comme Avaricum =Bourges avec ses immeubles à étages) et s'étaient répandus dans une grande partie de l'Europe (Gaule Cisalpine, Galice, Pays de Galles) et même au-delà (Galatie en Asie mineure) ...ou encore "La peur de l'an Mil", alors que le calendrier grégorien remontant à la naissance de Jésus-Christ était loin d'être répandu dans tout l'Occident ...ou encore Parmentier qui aurait introduit la pomme de terre en France au 18ème siècle alors qu'elle y était cultivée au moins depuis le 16ème siècle pour l'alimentation animale, le rôle de ce "bienfaiteur" s'étant limitée à encourager sa consommation par les hommes pour faire face aux disettes ...De même, beaucoup de Français s'obstinent à considérer que la Fête Nationale du 14 juillet, instituée en ...1880, commémore la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 alors qu'elle célèbre la Fête de la Fédération organisée le  14 juillet 1790 sur le Champ de Mars (emplacement de la Tour Eiffel) pour saluer "l'unité du peuple français" ...En fait, ces "erreurs de l'Histoire" ont été depuis longtemps corrigées...

 

   Le problème actuel est plutôt dans le "détournement " de l'Histoireconsistant à faire des choix en fonction d'un jugement "à postériori", au lieu de présenter objectivement les faits tels qu'ils se sont déroulés ...Ainsi, en juin 1940, on parle d'une débâcle de l'armée pour mieux justifier d'une part la "trahison" du Maréchal Pétain signant un armistice, et d'autre part "l'appel du 18 juin" du Général De Gaulle à continuer le combat , ...présentation "dialectique" trop  simpliste faisant peu de cas de la résistance acharnée des troupes de la Somme - qui détruit alors 120 des 180 blindés ddes divisions du Général Rommel, des cadets de Saumur qui défendent les ponts de la Loire ...et des 80.000 hommes qui, dans les Alpes, font reculer les 500.000 soldats de Mussolini ...De même, on présente l'élection du Président de la République au suffrage universel , décidée en 1962, comme un évènement fondateur de la 5ème République, en oubliant qu'elle avait déjà été pratiquée pour l'élection du Président de la 2ème république le 10 décembre 1848 consacrant Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er ..., lequel en profitera pour se faire proclamer Empereur par son coup d'état du 2 décembre 1851, discréditant ainsi pour un siècle ce type d'élection ...C'est un détournement encore plus inacceptable qui consiste à "juger le passé" en fonction de la morale contemporaine, comme cela est le cas pour l'esclavage ou la colonisation ...Ces faits sont certes historiques, mais ils faisaient partie du contexte de leur époque : les esclaves, durant l'Antiquité, étaient la propriété de leurs maîtres mais on n'y trouvait rien à redire, car c'était une pratique admise à l'époque, et Jésus-Christ lui-même, tout en prêchant "l'amour du prochain", ne la condamne pas ... Quant à la colonisation européenne à partir du 15ème siècle, , elle ne se résume pas à une simple exploitation économique des territoires conquis et à des abus contre les indigènes - notamment la Traite des Noirs - car des explorateurs comme Caillié, Livingstone ou Savorgnan de Brazza ont considéré de bonne foi qu'ils apportaient la civilisation à des peuples "primitifs", dont on reconnaît seulement maintenant qu'ils connaissaient des civilisations "premières", que  l'ancien Président Jacques Chirac a mis en valeur dans un musée ...Il n'y a donc pas lieu de demander aux générations actuelles - qui ne sont évidemment pour rien dans les comportements du passé - de pratiquer de la "repentance", voire d'approuver des lois "mémorielles" comme celle du 21 mai 2001 condamnant les "crimes contre l'humanité" des générations précédentes ...

 

   Car c'est, de toutes façons, un autre problème pour l'Histoire que de vouloir légiférer à son propos ...On en a un nouvel exemple en cette fin d'année 2010 avec ce projet de création d'une "Maison de l'Histoire de France", c'est-à-dire, en fait , d'un Hotel-de-Soubise---Musee-de-l-Histoire-de-France.jpgMusée ...Car ce projet, même s'il part d'une bonne intention du Président Sarkozy, n'est pas réalisable sans risques : il peut d'abord apparaître comme un repli sur "l'identité nationale" qui fait actuellement l'objet d'une controverse politique ...Il peut aussi déformer le fait que l'Histoire de la France a toujours été mêlée depuis deux millénaires à celle du reste du monde ...Et il ne pourra que difficilement rendre compte de tous les conflits qui l'ont émaillée, car cette Histoire n'a jamais été un "long fleuve tranquille" : Gaulois contre Romains, Armagnacs contre Bourguignons, Protestants contre Catholiques, Montagnards contre Girondins, Républicains contre Monarchistes, Dreyfusards et Anti-Dreyfusards, Front Populaire et Conservateurs, Pétainistes et Gaullistes, et maintenant, Sarko...philes et Sarko...phages ! ...Un tel musée pourra-t-il faire une balance égale et objective entre toutes ces oppositions ? Qui choisira les thèmes d'études ? Une Commission d'historiens qualifiés ? Encore faudrait-il qu'ils se mettent d'accord, ce qui reste incertain...

 

   Ainsi va l'Histoire, avec ses histoires ...

 

Illustrations :

 

- Clio,  la Muse de l'Histoire en Grèce

 

- Hôtel de Soubise à Paris, actuellement occupé par les Archives Nationales et choisi pour la Maison  de l'Histoire de France

 

 

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Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 14:45

   Dans l'histoire sociale, "l'égalité" a toujours été considérée comme la vertu cardinale de la démocratie, c'est-à-dire de toute organisation politique où la souveraineté est exercée par l'ensemble des citoyens...En France, cette égalité a été défendue au 18ème siècle par les "Philosophes", combattant ainsi la division inégalitaire de la société en trois ordres -le Clergé et  la Noblesse, bénéficant de "privilèges", et le Tiers-Etat n'en ayant aucun -  et notamment par Jean-Jacques Rousseau qui faisait de l'égalité l'axe central de son "Contrat Social", affirmant que "sans égalité, la liberté ne peut subsister" ...Et lors de la Révolution de 1789? elle fait l'objet d'un choix primordial puisqu'elle figure dans le 1er article de la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" : "Les hommes naissent libres et égaux en droit" ...Puis elle est reprise solennellement pendant la Révolution de 1848 dans le devise "Liberté, Egalité, Fraternité", qui orne encore le fronton de nombreuses mairies de France ...Est- à dire que l'égalité est un principe naturel, et donc fondamental ?...

 

    Certainement pas...Pour la simple raison que l'égalité entre les hommes - au sens des "humains" évidemment - ne peut pas exister ...Déjà le moraliste Vauvenargues, prenant le contrepied de Jean-Jacques Rousseau, soutenait au 18ème siècle : "Il est faux que l'égalité soit une loi de la nature" ...Et effectivement il n'est pas besoin des progrès de la science depuis deux siècles pour démontrer que les "humains" sont tous différents : il y a , bien sûr, dès l'origine, la "dualité" entre les hommes et les femmes ...Et , quel que soit leur sexe, ils se singularisent par leurs particularités physiques ou mentales : peau blanche, noire ou métissée, cheveux bruns, blonds ou roux, crêpus ou lisses, nez long, rond ou épaté, intelliigence fine ou limitée, sensibilité ou rudesse, avec des aptitudes variant à l'infini ...Et la science elle-même ne fait qu'enfoncer le clou au 20 ème siècle en révélant qu'il n'y a jamais eu d'ADN identique pour les milliards d'humains s'étant succédés depuis leur origine sur la Terre...

 

   Il n'est donc pas surprenant que la recherche de l'égalité entre les humains ait toujours échoué ...Gracchus Babeuf, le précurseur des théoriciens de la société, avait proclamé lors de la "Conjuration des Egaux", en 1793 : " l'Egalité ou la mort" ...Malheureusement, cela a été souvent la mort pour tous ceux qui, en application des théories de Marx et Engels, ont dû subir au 20ème siècle l'oppression du "communisme" ...tant il est vrai qu'en voulant imposer de force l'égalité dans des pays comme la Russie dès 1917 et l'Europe de l'Est après 1945, on a fait d'elle un principe attentatoire à la liberté ... et même, paradoxalement, on a agi contre l'égalité elle-même ...en autorisant des "discriminations" contre les individus et les groupes n'étant pas dans la norme de "l'égalitarisme", qu'il s'agisse de situation sociale, de religion, voire de comportement sexuel ...

 

   Mais l'égalitarisme n'en a pas moins  ..."la vie dure", au double sens de l'expression ...Sans refaire toute l'histoire, on peut citer notamment les "évènements" de Mai 1968 où les manifestants proclament "Ni Dieu, ni maîtres" ...sans parvenir à corriger les  différences ...au contraire, puisqu'ensuite, à la faveur des progrès économiques des "trente glorieuses", l'écart entre les "riches" et les "pauvres" n'a cessé de grandir ...Et ce souci d'égalitarisme est maintenant encore responsable du marasme du système scolaire, comme prouve une enquête internationale - les tests "Pisa" (*) - montrant que la France est désormais aux environs du 20ème rang pour l'évaluation des connaissances des jeunes de 15 ans, alors qu'elle était parmi les premiers pays du monde pour la formation scolaire dans les années 1950 ...Car, entre-temps, avec les "réformes" à répétition  de "droite" ou de "gauche" - notamment en 1969 et 1989 - on a supprimé les compositions, les notes  et les classements jugés "inégalitaires", ...on a substitué dans l'école primaire les "cycles" (apprentissages premiers, fondamentaux, approfondissement) aux classes d'autrefois, on a divisé l'année en  5 périodes au lieu de trois trimestres, on a inventé le "tiers-temps pédagogique", on décline les compétences en "savoir être" et "savoir faire", car il faut "apprendre aux enfants à ...apprendre" ...On a aussi supprimé l'examen d'entrée en sixième et instauré le "Collège unique" pour niveler les différences entre les élèves ...de sorte qu'actuellement 20 % des élèves ne maîtrisent pas la lecture en l'abordant ...Au Lycée, la seconde est indifférencée ou "de détermination" ...Quant au Baccalauréat, - officiellement le 1er examen de l'Université - il prépare si peu à celle-ci qu'environ la moitié des étudiants ne vont pas au-delà de la 2ème année ...Et après cela, faut-il encore crier : "Vive l'égalité" ?...

 

   Apparemment, oui ...puisque, ces jours-ci, un nouveau thème fait rebondir la discussion sur l'égalité : celui de "mettre  les Allocations familiales sous condition de ressources"... Un philosophe aussi averti que Luc Ferry, ancien ministre de "droite" de l'Education Nationale, reprenant sur ce point l'avis de Jacques Attali, ancien conseiller de "gauche", considère que cette condition va de soi, car son attribution pour les enfants de  toutes les familles lui paraît être une "absurdité économique" (**) ... C'est oublier que les allocations familiales ont été créées après le "baby-boom" de 1945 pour un motif "nataliste", afin de remédier à un stagnation démographique , ...création qui a porté ses ...fruits, puisque la France est encore en tête des pays dits "occidentaux" pour le taux  de fécondité ... Roselyne Bachelot,actuelle Ministre de la Famille, déclare à juste titre qu'il y a déjà de nombreuses prestations ou avantages fiscaux répartis de façon discriminatoire , et il lui paraît donc important de garder "l'universalité" des allocations familiales, car elle fonde "notre pacte social et républicain" ...Evidemment, les allocations coûtent cher aux pouvoirs publics - environ 95 milliards d'euros par an - mais faut-il sacrifier cette universalité seulement pour des motifs budgétaires ?... Faut-il considérer que seuls les "pauvres" doivent être encouragés à avoir des enfants ?... Non, décidément , "l'égalitarisme" ainsi imposé ne peut pas être une solution moralement acceptable...

 

   Mais alors que faire pour assurer un meilleur équilibre social ?... Simplement - façon de parler, car ce serait compliqué - assurer ...l'équité. Le mot "équité" vient du latin "Aquitas" qui signifiait à l'origine ..."égalité", mais avec cette précision "d'une appréciation de ce qui est dû à chacun" ...Autrement dit, il s'agit non pas d'une égalité imposée collectivement aux individus, mais d'une recherche de ce qui convient à chaque individu dans l'intérêt de la collectivité, c'est-à-dire une démarche inverse visant à assurer plus de justice, même si elle n'est pas nécessairement conforme aux lois en vigueur ...On parle d'ailleurs de justice équitable, quand celle-ci ne se contente pas d'appliquer un "tarif collectif", mais tient compte du "cas individuel"...De même on considère, dans une compétition, qu'un score est équitable, non pas parce qu'il est de "parité", c'est-à-dire "égal", mais parce que, même "inégalitaire", il traduit la "juste" valeur des équipes...Et, pour revenir à une des inégalités les plus flagrantes, celle de la situation respective des hommes et des femmes, il est évident qu'elle ne pourra pas être corrigée par une loi imposant une "égalité" le plus souvent impossible à appliquer ...pour des raisons naturelles (comme la maternité...), ou professionnelles (comme les métiers pénibles...). Il ne sera possible que de veiller à une équité, dont les résultats seront variables suivant les cas, tantôt plus favorables aux hommes (comme la politique...), mais aussi tantôt plus favorables aux femmes (comme l'éducation...)

 

   En conclusion, non à l'égalité, mais oui à l'équité !...

 

 

(*) Programme for International Student Assessement

 

(**) Article dans le Figaro du 28 octobre 2010 - Rubrique Débats/Opinions - Page 15

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Published by Jean Daumont - dans Institutions
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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 16:19

   Depuis deux siècles environ, la vie politique de la France est marquée par l'opposition entre la "Gauche" et la "Droite" ...Et pour l'opinion courante, entretenue par une longue tradition éducative, il s'agit d'une opposition récurrente entre les forces du progrès et du changement représentées par la "Gauche" et les forces de la réaction et du conservatisme, représentées par le "Droite" ...En fait, dans l'histoire de la France, jalonnée durant cette période, de nombreux soubresauts - trois Révolutions abouties (1789, 1830,1848) et deux avortées (Commune 1871 et "événements" Mai 1968) - tout n'a pas été aussi simple...

 

   D'abord, il convient de s'interroger sur cette désignation de "Gauche" et de "Droite"...qui relève à la fois du hasard et du paradoxe :

   - le hasard, car cette désignation résulte d'une certaine improvisation ...En 1789, les députés des Etats Généraux , réunis en ...premier lieu par le Roi Louis XVI dans la Salle des Menus Plaisirs (!) du Château de Versailles - salle rectangulaire avec le Clergé et la Noblesse sur les grands côtés et le Tiers-Etat au fond - se retrouvent ensuite dans la Salle du Jeu de Paume quand le Clergé et la Noblesse décident de rejoindre le Tiers-Etat pour former l'Assemblée Constituante ...Déjà, pour faciliter les débats, une tribune est installée pour le Président et les orateurs, l'Assemblée elle-même s'installant en face sur des gradins ... Cette disposition est reprise quand l'Assemblée rejoint le Roi au Château des Tuileries à Paris après les journées d'octobre 1789, mais on ne distingue pas encore de "gauche " et de "droite", les groupes se différenciant de "haut" en "bas", la "Montagne" et la "Plaine" ou le "Marais"...C'est seulement en 1795, lors de l'installation du Conseil des Cinq-Cents au Palais-Bourbon, que la disposition en hémicycle est adoptée, les députés "progressistes" se regroupant "à gauche" de l'espace vu de la tribune, ce qui aurait donc pu être "à droite" du même espace vu du fond de la salle ...et inversement pour les députés "conservateurs"...Toujours est-il que l'usage s'est perpétué ...non seulement en France ...mais ensuite dans de nombreux autres pays du monde, la France ayant ainsi une fois de plus donné l'exemple (!)...

   - le paradoxe, car cette désignation est  ...contraire à la signification ancienne de la "droite" et de la "gauche" . En effet, depuis l'Antiquité, la "droite" avait toujours été considérée comme le "bon côté" : la Bible parle des "justes" placés à la droite de Dieu, la gauche étant la place des damnés ...Et une coutume populaire a longtemps considéré les individus "gauchers" comme des "a-normaux" et il n'y a pas si longtemps que les instituteurs - les "hussards noirs de la République" - frappaient avec leur règle les élèves s'entêtant à écrire de la main gauche ... Etre "droitier" permettait d'être ...adroit, tandis qu'être "gaucher", c'était être gauche, c'est-à-dire ...maladroit... Or, maintenant, qui oserait qualifier un homme de gauche  de maladroit et inversement un homme de droite ...d'être toujours adroit ? ...Quoique...

 

   Ensuite, le problème de la désignation de "Gauche" et de "Droite"  ayant été évoqué, sinon résolu, il reste à savoir si elle correspond à la réalité sociale du pays ... Car la France est une nation issue d'un peuplement très divers où les opinions ne se résument pas dans un choix simpliste entre deux courants :

   - L'échiquier politique a longtemps comporté sous divers régimes - et notamment sous la 3ème et la 4ème Républiques - un nombre important de "partis", dont l'audience a d'ailleurs varié : monarchistes, napoléoniens, républicains, libéraux, radicaux, socialistes, communistes, indépendants, etc ...certains se regroupant parfois en unions éphémères comme le Cartel des Gauches des radicaux et socialistes en 1924, le Rassemblement du Peuple Français en 1947 sous l'égide du Général De Gaulle, ou le Programme Commun des socialistes et des communistes en 1971, et il n'était pas toujours facile d'identifier la "Droite" et la "Gauche", certains partis ayant un courant de "gauche" et un courant de "droite" ...En fait, la distinction était moins dans la nature des partis que dans la politique pratiquée : la "politique de gauche" se caractérisait surtout par le "dogmatisme" (c'est-à-dire la volonté d'appliquer des théories pré-établies comme le marxisme), le"collectivisme" (au sens de la priorité de la société sur l'individu) et "l'égalitarisme" (ni riches, ni pauvres), l'égalité s'imposant, si besoin était, à la liberté ...La "politique de droite", elle, se définissait plutôt par le "traditionalisme" ( respect de l'héritage du passé), "l'individualisme" (à chacun selon son mérite) et le "libéralisme"(favorable à l'esprit d'entreprise), la liberté s'imposant à l'égalité jugée impossible ...Mais, pour autant, il y avait souvent confusion entre "gauche" et "droite", souvent pour des raisons électorales, la "gauche" au gouvernement faisant des concessions aux groupes sociaux censés être de "droite ", et inversement pour la "droite" quand elle était au pouvoir...Il en était résulté une grande instabilité politique, avec une véritable valse de ministères...

   - L'échiquier politique a été, il est vrai, simplifié à l'instigation du Général De Gaulle, avec la Constitution de 1958, qui a établi la suprématie de l'exécutif, et surtout par le référendum de 1962 instaurant l'élection du Président de la République au suffrage universel, avrc le choix imposé au 2ème tour des 2 candidats ayant eu le plus de voix ...Il en est résulté un rassemblement en deux "camps", qui n'ont pas été nécessairement la "Droite" et la "Gauche" (cas de Pompidou-Poher et de Chirac -Le Pen ...), même si cela a été le cas le plus fréquent (De Gaulle-Mitterand, Sarkozy-Royal...), de sorte qu'on parle plutôt de "Majorité" et "d'Opposition" ...La France a ainsi rejoint d'autres pays démocratiques comme l'Angleterre ou les Etats-Unis, qui avaient de façon pragmatique appliqué depuis longtemps un "bi-parties-system" ... Néanmoins, le système a montré ses limites en France, car, s'il a permis une alternance politique satisfaisante sur le plan démocratique, il a donné lieu aussi à des "cohabitations", quand la Majorité élue à l'Assemblée n'était pas celle qui avait élu le Président (Chirac 1er ministre sous Mitterrand, et inversement Jospin 1er Ministre sous Chirac) ...De l'avis des intéressés eux-mêmes, cela entraînait confusion et parfois paralysie ...même sil y a eu le plus souvent une collaboration loyale (exemple Mitterrand-Balladur), parfois plus cordiale qu'entre Présidents et 1ers Ministres du même bord (exemples de Pompidou-Chaban ou Mitterrand-Rocard)...Finalement la solution adoptée, couplant les élections présidentielles et législatives tous les 5 ans, peut limiter le risque de "cohabitation", mais sans l'éliminer totalement...

 

   Car il se trouve qu'en France  - héritière, comme chacun sait,  des Gaulois qualifiés par Jules César de "peuple instable et querelleur" - l'électorat reste volatile, et un gouvernement - de "Droite" ou de "Gauche" - n'est jamais assuré de sa continuité, surtout s'il a le courage de prendre des mesures impopulaires mais nécessaires à l'intérêt du pays, les citoyens privilégiant souvent leur intérêt personnel à court terme ...C'est ainsi que Lionel Jospin, alors 1er Ministre, échoue en 2002 dès le 1er tour de l'élection présidentielle en raison de la rigueur de sa gestion ...Et, bien entendu, on peut se poser la question du sort de Nicolas Sarkozy, s'il se représente en 2012, après avoir eu au moins le mérite de s'atteler au problème des retraites, éludé par ses prédécessseurs de "Droite" comme de "Gauche"...Lui faut-il se placer clairement à "droite", comme il est tenté actuellement de le faire en profitant des désaccords de la "Gauche", ou doit-il brouiller les cartes en confondant au gouvernement la "Droite" et la "Gauche", comme l'avaient tenté naguère  De Gaulle avec l'association "Capital-Travail", Giscard d'Estaing avec son "Centre", Chirac avec la "Fracture sociale" ... sans oublier Mitterrand, dont on a pu dire "qu'il avait eu une manière ...adroite d'être à gauche" ?...

  

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 00:53

   Le christianisme est fondé sur un texte fondamental connu sous le nom latin de "Credo" :

   Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du Ciel et de la Terre, - et en Jésus-Christ, son fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, - a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, - est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, - est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, -d'où il viendra juger les vovants et les morts, - je crois au Saint-Esprit, - à la sainte Eglise catholique, - à la communion des Saints, - à la rémission des péchés, - à la résurrection de la chair, - à la vie éternelle, - Ainsi-soit-il.

  

   Il en ressort d'abord qu'il s'agit d'une "croyance", c'est-à-dire de l'affirmation d'une transcendance échappant à la raison humaine et qualifiée d'ailleurs de "mystère" par les chrétiens ...Mais il en ressort aussi que cette transcendance repose sur la notion de "Trinité" qui, dans les divers courants du christianisme - catholicisme, orthodoxie, protestantisme, évangélisme - désigne "un Dieu unique en trois personnes ou hypostases, égales et participant à la même essence", c'est-à-dire "consubstantielles" : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

 

   Cette définition de la Trinité pose deux questions ...essentielles :

 

   - D'une part, sur le plan théologique, il est difficile d'admettre, même en admettant la notion de mystère, comment Dieu, s'il est "unique" et donc "tout" peut se "diviser" ...Cette dichotomie n'a d'ailleurs pas été acceptée par les autres religions "monothéistes" : le judaïsme, dont le christianisme est issu, et qui ne reconnaît "qu'un" Dieu, auquel il ne donne pas de nom - Yaveh ("celui qui est")  et Elohim ("Seigneur") n'étant que des qualificatifs - ...et l'Islamisme, ne reconnaissant qu'Allah, le Tout-Puissant ayant dicté le Coran à Mahomet qui, même reconnu comme prophète, est resté un homme...

 

   - D'autre part, sur le plan historique, il faut constater que la Trinité n'apparaît pas lors des débuts du christianisme. Certes, dans le Nouveau Testament, et notamment dans les Evangiles, il est question du "Père" et du "Fils" - par exemple quand Jésus supplie Dieu sur la croix (Eli, Eli, lama sabachtani : Pourquoi m'as-tu abandonné?) - mais c'est une tradition juive  de désigner ainsi Dieu et les hommes ...Jésus lui-même ne se proclame ni Dieu, ni Fils de Dieu, ni même Messie, ne parlant de lui-même que comme "Fils de l'Homme"...Quant au Saint-Esprit, il est invoqué comme l'envoyé ou le souffle de Dieu qui a déjà inspiré les Prophètes ...

 

   En fait, la notion de Trinité n'apparaît qu'à partir du 3ème siècle après ...Jésus-Christ...Elle n'est d'ailleurs pas originale dans l'histoire religieuse du Moyen-Orient, où les"triades" ont déjà existé - comme Osiris, Isis et Horus dans l'Egypte antique, ou dans la philosophie grecque ...Et elle ne se dégage dans la "Chrétienté" que progressivement, après maintes controverses... En effet, c'est d'abord la notion d'un "Dieu unique", comme pour les Juifs, qui semble l'emporter, en particulier avec l'évêque d'Alexandrie Arius (280-336) qui refuse de considérer Jésus comme "l'égal" de Dieu, et ceci d'autant plus qu'il bénéficie d'abord de la protection de l'Empereur Constantin qui, en faisant du christianisme la religion de l'Empire romain , s'accommode d'un Dieu unique, dont il serait le représentant sur Terre ...et ne se rallie à la notion de Trinité que dans la mesure où celle-ci l'emporte au Concile de Nicée (325) qu'il a lui-même convoqué pour mettre fin aux conflits religieux : c'est ainsi que le "Credo" est rédigé par ce Concile, sous une forme plus complexe que le Credo actuel, qui en résume l'essentiel ...

 

   Pour autant, la Trinité ou plutôt le "Trinitarisme" ne l'emporte pas facilement ...D'abord l'arianisme persiste dans certaines régions de l'Empire, et il se répand parmi les "Barbares" - notamment les Goths" -  qui détruiront230px-Trinidad_El_Greco2.jpg l'Empire d'Occident deux siècles plus tard ... Le dogme trinitaire ne se généralisera  autour de la Méditerranée qu'au 6ème siècle, grâce à l'action de la Papauté, aidée par les conquêtes du Roi Franc Clovis, baptisé par l'évêque Rémi à Reims (496) selon le dogme nicéen ...Mais, comme un hydre ...à trois têtes, des "hérésies" anti-trinitaires ne cessent pas de réapparaître : entre autres, le "subordinatisme" où le Fils et le Saint-Esprit sont de nature inférieure au Père, ...le "nestorianisme", du nom de Nestor, Patriarche de Constantinople, pour qui Jésus est seulement une personne humaine habitée par Dieu, ...le "monophysisme", pour lequel au contraire la nature divine a absorbé la nature humaine, ...le "monothélisme", reconnaissant à Jésus les deux natures - divine et humaine - mais sous la seule volonté divine, ...les "pneumatomaques" (sic) niant la divinité du Saint-Esprit ... Et, plus tard, le schisme orthodoxe sera provoqué en 1054 non seulement par le refus du Patriarche de Constantinople d'accepter la suprématie de la Papauté ...mais aussi par  le dogme de celle-ci considérant que le Saint-Esprit "procédait à la fois du Père et du Fils" et non pas directement du Père (Querelle du "Filioque" ("que"=et) ...Il y aura encore le "catharisme", sorte de retour à l'arianisme, avec une influence manichéiste opposant le Bien et le Mal..., qui donnera lieu la "Croisade des Albigeois" (1209) ...Puis, au 16ème siècle, ..."l'anti-trinitarisme" en Pologne, niant toute divinité à Jésus et au Saint-Esprit ...Manifestement, un courant hostile à la notion même de Trinité traverse les siècles, et il subsiste encore dans des sectes plus ou moins obscures ...

 

   Ainsi donc, il faut convenir que, même si Dieu existe dans une transcendance dépassant les hommes, la Trinité n'est que l'affaire des hommes...

 

Bibliographie : Frédéric Lenoir - Comment Jésus est devenu Dieu - Ed.Fayard - Mars 2010

 

Illustration : La Trinité par Le Gréco

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 23:20

    Il est impossible de savoir quand l'homme a commencé à se préoccuper de son origine, mais il est certain que cette préoccupation est apparue au fur et à mesure de l'éveil de sa conscience et de son emprise sur le monde au cours des deux millions d'années de son évolution.

 

   Au début, l'homme est évidemment soumis à la puissance de la nature, où il est confronté à tous ses éléments : l'alternance du jour et de la nuit avec le soleil et la lune, mais aussi l'eau, le vent , la végétation, les animaux ...et parfois les épidémies ou les cataclysmes ...Et comme il n'a pas les moyens d'en comprendre la raison d'être, il les attribue à des forces mystérieuses, ce qui se traduit par des pratiques magiques - sorcellerie et chamanisme - qui persistent encore en ce début du 21ème siècle dans les régions reculées de l'Afrique, de l'Amérique du Sud ou de l'Océanie et parfois même sporadiquement dans des secteurs plus ou moins isolés de l'Europe ou de l'Asie ...Cependant, au cours des temps, et de façon différenciée, ces pratiques débouchent sur des croyances religieuses, c'est-à-dire sur l'identification par l'homme ...d'une entité supérieure dont dépendraient sa vie et sa destinée, ...croyances évoluant elles-mêmes de la "divinisation" des éléments caractérisant le "polythéisme" ...à la notion d'un Dieu unique ou "monothéisme" : Râ en Egypte, Mardouk en Assyrie, Yaveh chez les Hébreux, ...Quetzalcoat au Mexique précolombien ...Dieu unique d'abord proche de l'homme, dont il est censé diriger le comportement, avant de devenir une puissance lointaine et ésotérique, à laquelle on attribue l'organisation de l'Univers, et en particulier ...la création de l'homme. Tel a été le cas du judaïsme et de son prolongement du christianisme dans le monde dit "occidental", où, jusqu'au 18ème siècle, aucune autre explication n'était admise par l'Eglise sous peine de condamnation pour hérésie...

 

   Alors, à la faveur de la réflexion philosophique remettant en cause les fondements religieux, apparaît au début du 19ème siècle la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces, où il affirme que l'homme appartient à une "famille" d'êtresCaricature-de-Darwin.jpg vivants, où il est le "cousin" du singe, avec lequel il a, manifestement, de nombreux points communs, ce qui signifie donc que l'homme n'est pas le résultat d'une création particulière, mais s'inscrit dans l'évolution des animaux ...Evidemment, cette théorie soulève une indignation quasi-générale, non seulement des milieux religieux, mais également des milieux scientifiques qui la résument abusivement dans une formule simpliste "l'homme descend du singe", Darwin lui-même étant caricaturé comme tel... Hostilité qui persiste encore au début du 21ème siècle, puisqu'il y a toujours, notamment aux Etats-Unis,  un courant de pensée "créationniste" n'acceptant pas la notion même d'évolution ...

 

   Pourtant, la théorie de l'évolution des espèces n'a pas cessé ...d'évoluer, en fonction de la découverte de nombreux sites préhistoriques, permettant de préciser les étapes du développement de l'homme ...Au schéma "linéaire" établissant une succession de types d'hommes aux aptitudes croissantes - Australopithèques 2 millions d'années, Homo habilis 1 million d'années, Homo heidelbergensis 800.000 ans, Homo néandertalensis et Homo sapiens 250.000 ans - s'est substitué un schéma "arboré" où foisonnent de nombreux types "d'Homos" ...qui ont tous disparu ...à l'exception de l'Homo sapiens dont la descendance a donné "l'homme moderne" ...Mais il apparaît  que, jusque vers 50.000 ans, il est resté en concurrence avec l'Homo néandertalensis qui serait apparu avant lui avant de dispataître au terme de 200.000 ans d'existence, c'est-à-dire largement plus que l'homme moderne de l'histoire remontant seulement à 7000 ans ...  Cet "Homme de Néandertal" a d'abors été considéré jusqu'au milieu du 20ème siècle comme une "brute" intemédiaire entre le singe et l'homme, avec le  front fuyant et les arcades proéminentes de son crâne, ...mais il a été en quelque sorte réhabilité ensuite, en considération des des objets trouvés dans les sites de la péninsule ibérique où il se serait réfugié avant de disparaître pour des raisons indéterminées : faiblesse démographique n'ayant pas permis le renouvellement, ...épidémies fatales, ...ou extermination par l'Homo sapiens plus nombreux et mieux armé ?... Toujours est-il que l'Homo sapiens, sorti de la zone des lacs de l'Afrique orientale, se répand progressivement vers "l'Occident" où il est plus connu sous son nom européen d"d'Homme de Cromagnon" ...et vers "l'Orient"  où il supplante un autre type d'homme, l'Homo floresiensis... Tel était du moins le schéma d'évolution élaboré jusqu'à la fin du 20ème siècle...

 

   Car des faits nouveaux sont  apparus en ce début du 21ème siècle, notamment en raison des progrèsArborescence-de-l-homme.jpg réalisés en micro-biologie dans l'étude de l'ADN ...Alors qu'on croyait à un incompatibilité de reproduction entre l'homme de Néandertal et l'homme de Cromagnon pendant leur période de cohabitation - à l'instar des rapports entre les familles du cheval et de l'âne donnant chez les équidés des indivudus stériles (mulets et bardots) - on a constaté que l'homme moderne avait pu conserver des "gènes" néandertaliens, certes minoritaires (moins de 5 %?), mais prouvant qu'une reproduction avait pu se produire entre les deux types d'hommes, l'homme de Néandertal très minoritaire s'étant confondu progressivement dans l'Homo sapiens ou homme de Cromagnon, dont l'espansion a été au contraire exponentielle  ...Et cette hybridation se serait produite également vers l'Asie (et l'Amérique ?...) avec des types d'hommes plus nombreux qu'on ne l'imaginait, à en croire les recherches actuelles effectuées par les Chinois ...Il en ressort que les anthropologues de "l'Occident" ont peut-être considéré à tort que l'homme moderne est sorti seulement de ...l'Occident au sens large, avec un point de départ en Afrique - ce qui peut être mis en rapport avec l'expansionnisme européen à partir du 15ème siècle - ...et qu'il faut en venir à une notion "polycentriste" de l'origine de l'homme, elle-même non sans rapport, en ce début du 21ème siècle, avec le fait que l'histoire du monde devient "multipolaire" ...L'arborescence humaine serait-elle une véritable forêt ?...

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Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 22:17

   Le Général De Gaulle étant entré vivant dans l'Histoire, il n'est pas surprenant que sa mémoire soit célébrée en ce mois de Novembre qui fut à  a fois celui de sa naissance le 22 novembre 1890 et celui de sa mort le 9 novembre 1970, ...et ceci d'autant plus qu'en France la tradition est de donner un éclat particulier aux commémorations "décadaires", ce qui est le cas en 2010 qui est le "quarantenaire" de sa disparition...

 

    Il est certain que le souvenir du Général De Gaulle reste vivace dans l'opinion des Français, où il a pris place définitivement dans la galerie des personnages qui ont fait, à tort ou à raison, l'histoire de la "nation", qu'il s'agisse, entre autres, de Clovis, Philippe-Auguste, François 1er, Louis XIV ...ou encore Danton, Robespierre, Napoléon 1er, Napoléon III, Clémenceau ...Et il n'est d'ailleurs déjà plus possible de dénombrer les livres, revues, articles, et émissions qui lui sont consacrés ...et qui, de presque tous les horizons politiques, lui rendent hommage ... 

 

   Mais il n'en a pas été toujours ainsi ...et il suffit, pour s'en rendre compte, de feuilleter l'excellent livre que lui consacre Michel Tauriac, avec son "Dictionnaire amoureux de De Gaulle" (Editions Plon 2010) :                                                                                                    Tauriac-Dictionnaire-De-Gaulle.jpg

   - Certains faits sont largement connus, comme le faible retentissement de son Appel du 18 juin 1940, affirmant que "La France a perdu une bataille, mais elle n'a pas perdu la guerre"..., les Français ayant alors surtout écouté avec soulagement l'allocution du 16 juin 1940 du Maréchal Pétain "qui avait fait à la France le don de sa personne pour atténuer son malheur" ...On sait moins que De Gaulle , cassé de son grade de Général de brigade "à titre temporaire" et condamné par un Tribunal de Vichy, et ayant dû renoncer à un hôtel dispendieux, vit alors dans un modeste pavillon de banlieue de Londres, à Petts Woods, où il n'a même pas de place suffisante pour héberger son épouse Yvonne et ses enfants, en particulier Anne, sa petite fille infirme...

   - Cette situation précaire n'a pas empêché plus tard certains de ses adversaires de stigmatiser le profit matériel que De Gaulle avait pu retirer de sa position éminente ...C'est oublier qu'en 1945, alors que sa maison de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Eglises, avait été ravagée et incendiée, il refusa  la proposition d'Edmond Michelet, Ministre des Armées du gouvernement Gouin, de faire passer son grade à celui de Général d'Armée, avec les arriérés de solde correspondants depuis 1940... Il vivra donc d'emprunts successifs régulièrement remboursés jusqu'à ce que la parution de ses "Mémoires" lui permettent d'y mettre fin et ...de doter ses enfants... Le seul reproche qui peut lui être fait est de ne pas avoir prévu alors de dispositions pour sa chère épouse Yvonne qui, peu après sa mort, devra quitter La Boisserie pour aller dans une maison de retraite...

   - Pourtant les anecdotes sur la tendresse des sentiments entre Charles et Yvonne ne manquent pas ...même s'il y a eu parfois des anicroches ...Par exemple, Charles aimait la compagnie des femmes, ayant cité à leur propos la maxime de La Rochefoucauld : "Sans les femmes, les deux extrêmités de la vie seraient sans secours et le milieu sans agrément" ...et, un jour où il était reçu au Conseil d'Etat, un conseiller l'entendit murmurer, en voyant un groupe de sexe féminin, les vers de l'Esther de Racine :

   "Ciel ! quel nombreux essaim d'innocentes beautés

     S'offre à mes yeux en foule, et sort de tous côtés"  

  ... Et son Aide-de-camp Flohic rapporte qu'en juillet 1961, en recevant les époux Kennedy à l'Elysée, De Gaulle avait eu envers Jackie une attitude dépassant la simple galanterie...

   Par ailleurs, Charles est volontiers gourmand ...Mais, même devenu Président, il n'est pas ...maître de la cuisine, sur laquelle règne Yvonne .."Le pauvre Général", se plaint Honorine, car son épouse lui interdit les saucisses dont il raffole...Quant à la boisson, il ne boit pas de vin, ou si peu qu'une bouteille entamée doit souvent être jetée...Mais il aime déguster un apéritif ...et, après le repas, il trempe parfois subrepticement trois morceaux de sucre dans sa tasse à café ...et un quatrième dans un armagnac ...A l'étranger, où elle ne peut pas faire la loi, Yvonne fait comprendre sa réprobation de la gourmandise de Charles en laissant tomber bruyamment ses couverts dans son assiette...Et ainsi de suite...

   - On devine aussi que pour le jeune Charles De Gaulle, quand il était élève de l'Ecole Militaire de Saint-Cyr, "Napoléon perçait déjà sous Bonaparte" ...Pourtant, suivant la règle de l'époque, en 1909, l'élève officier devait faire un an de service chez les conscrits : il est certain que Charles ne devait pas apprécier particulièrement les corvées de patates, de balayage ...ou d'autres choses ...Comme ensuite il n'apprécia pas que sa compagnie soit envoyée pour mater une grève de mineurs ...ou doive défiler sous les huées de la population d'Arras ameutée par Jean Jaurès... Mais déjà, dans la chambrée, le "Double-Mètre" ou "La Grande Asperge" se faisait remarquer en tenant des conférences improvisées ... Et quand il fut nommé caporal, alors que le grade supérieur de sergent paraissait à certains plus juste, son capitaine rétorqua : "Pourquoi nommer sergent un garçon qui ne se sentirait à sa place que connétable !" Cette répartie lui colla à la peau pour la vie ...Même Churchill l'utilisera en 1940 à son propos...

   - On connaît De Gaulle aussi comme un écrivain brillant. La preuve en est dans la haute tenue littéraire de ses "Mémoires", ainsi que de ses "Discours et Messages", en particulier ceux, appris par coeur en raison d'une mémoire remarquable, qu'il a prononcés durant ses conférences de presse ...Mais, pour autant, il restait un militaire pratiquant volontiers un langage de "corps de garde", parfois en public : pour l'auto-détermination, qu'il prône un moment dans la Guerre d'Algérie, il résume : "Piège à cons !" ...Il lui arrive aussi d'utiliser de vieux mots comme "Farfadet", "Ganache" ou "Volapuk" ...ou il en invente comme "Politichiens" ou "Couche-toi-là" ...Quant aux Français ce sont des "Veaux" ...mais les Français seulement, car, lorsqu'on lui demande à la BBC le 18 juin 1940 de faire un essai de voix, il ne prononce que deux mots : "La France !"...

   - Pour un homme ayant accédé à ...l'immortalité, il n'est pas inutile de relever aussi ce qu'il pensait de Dieu ...On pourrait imaginer que, s'identifiant à la France, il se prît également pour un "envoyé de Dieu", le Président des Etats-Unis Roosevelt étant allé jusqu'à dire qu'il se prenait pour Jeanne d'Arc ...Mais "l'homme du Destin", comme le surnomma de son côté Churchill, fut toujours d'une totale discrétion dans son comportement religieux  ...Il était un croyant convaincu, mais sa foi était intérieure, à l'image de sa déclaration concernant sa petite fille : "Anne est ma joie et ma force. Elle est une grâce de Dieu dans ma vie. Elle m'aide à demeurer dans la modestie des limites et des impuissances humaines. Elle me garde dans la sécurité de l'obéissance, la souveraine volonté de Dieu. Elle m'aide à croire au sens et au but éventuels de nos vies, à cette maison du Père où ma fille Anne trouvera enfin toute sa taille et tout son bonheur"...

 

   Finalement, en juxtaposant l'homme public et l'homme intime, on en arrive à poser une question sans réponse : Qui était vraiment Charles De Gaulle ?...

 

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Published by Jean Daumont - dans Personnalités
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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 22:45

   Ainsi donc, une fois de plus, et sous le regard goguenard de l'étranger, la France s'empêtre dans une contestation sociale dont elle a le secret (?) et la triste (!) privilège...

 

   La contestation n'est pas en soi ...contestable, car le droit de grève - défini comme une cessation concertée et collective du travail - est inscrit dans le préambule de la Constitution et son utilisation peut apparaître nécessaire quand des groupes sociaux estiment, à tort ou à raison, que leurs intérêts matériels ou moraux sont mis en cause : c'est le cas de grève résultant de "délocalisation" d'usine dans un pays étranger pratiquant des salaires moins élevés et permettant ainsi une plus grande rentabilité économique ...Mais ce n'est pas le cas de la contestation actuelle où il ne s'agit pas d'un problème de salaires - en dépit de leur stagnation - mais d'un problème de départ à la retraite, en l'occurrence le projet gouvernemental de reculer de 60 à 62 ans l'âge du droit à pension pour la retraite, avec des aménagements actuellement discutés pour les cas particuliers comme la "pénibilité" ou les "carrières longues", la limite supérieure et obligatoire étant elle-même repoussée  de 65 à 67 ans ...Ce projet n'a rien d'excessif, car il s'inscrit dans le "contexte du temps" : alors que la durée moyenne de vie est passée en France de ...25 ans en 1740 ...à 60 ans en 1950 ...pour atteindre 80 ans en 2005, à qui fera-t-on croire, en dehors des cas particuliers, qu'il est impossible de continuer à travailler jusqu'à 62 ans ? ...Et ceci alors que beaucoup d'autres professions n'ont pratiquement pas de limites, notamment les professions libérales comme les commerçants ou les médecins, ou encore les agriculteurs qui continuent parfois leur travail jusqu'à leur disparition ?...

 

   A la ...rigueur, on pourrait comprendre cette contestation si le projet n'avait qu'un but strictement économique ...Mais la prolongation de "l'activité" de 60 à 62 ans a pour but de financer les pensions de ceux qui prendront leur retraite à partir de 2025, c'est-à-dire les ...jeunes actuels...En effet, en raison de l'évolution démographique et des progrès de la médecine et du niveau de vie, il y a de plus en plus de ...vieux, et d'ores et déjà les pensions acuelles sont payées pour un 1/5 ème par l'emprunt, autrement dit sur la dette publique qui est passée de 400 milliards d'euros en 1978 à 1400 milliards d'euros en 2009, et il est donc impossible de continuer dans cette voie ...La prolongation de l'activité jusqu'à 62 ans, avec l'augmentation des cotisations pour la retraite en résultant, permet de retarder les difficultés de financement, et il ne faut pas rêver : une prolongation par étapes successives jusqu'à 63, 64 et  65 ans sera certainement nécessaire, comme dans les pays scandinaves qui pratiquent déjà la retraite "à la carte" ...Dans ces conditions, le refus d'accepter une prolongation de l'activité en France signifie que les "actifs actuels" refusent de sacrifier un peu de leur intérêt pour celui de leurs enfants quand ceux-ci seront eux-mêmes à l'âge de la retraite ...Il est vrai que cet "égoïsme" et même cet ...aveuglement ne sont pas nouveaux : Ils ont commencé quand le gouvernement a décidé en 1982 de fixer le départ à la retraite à 60 ans - considéré alors comme une grande conquête sociale - alors que l'évolution démographique était prévisible, avec l'arrivée du "papy-boom" vers 2005-2010 faisant suite au"baby-boom" des années 1950 ...et ceci sans même prévoir une augmentation significative et progressive des cotisations pour la retraite...

 

   Certains commentateurs, notamment mais pas seulement dans l'opposition à l'actuel gouvernement, ont objecté que le projet de prolongation n'a pas fait l'objet d'une concertation suffisante... Il est certain que le Président de la République et le gouvernement ont fait des "62 ans" un socle intouchable... Mais la concertation préalable, qui s'est poursuivie à l'Assemblée puis au Sénat, a permis d'apporter des aménagements pour les cas particuliers, et une réflexion a même été lancée sur le thème de la retraite "à la carte" comme dans les pays scandinaves, à la suite de la suggestion du Maire de Lyon...Et le 1er Ministre peut affirmer qu'avec "62 ans", la France s'inscrit parmi les pays "occidentaux" ayant prévu la plus courte prolongation ...Par ailleurs, la discussion reste ouverte sur la taxation des plus hauts revenus, notamment pour les "retraites-chapeaux", les stock-options, etc...

 

   Il n'est donc pas possible d'admettre le bien-fondé de la contestation actuelle... d'autant plus que celle-ci ne s'est pas limitée à une journée "symbolique", mais dégénère en "gréves reconductibles" .et en "manifestations " de plus en plus incontrôlables ...d'autant plus encore qu'il y a eu des responsables politiques osant pousser les jeunes dans cette "action", sous prétexte qu'ils avaient une maturité suffisante à ...14-16 ans ... et alors que la réforme est faite ...pour eux ...On en voit le résultat : le "bazar" dans les lycées et les collèges, un collège incendié, des élèves blessés ...Et des extrêmistes qui invoquent la "grève générale" ...en vue de la vieille lune du "Grand Soir" ...tandis que les employés des raffineries en profitent pour bloquer délibérément la fourniture des carburants, au mépris de l'intérêt général du pays... Ces "apprentis-sorciers" vont-ils comprendre que tous les acteurs de la vie collective risquent d'y perdre, qu'il s'agisse des syndicats incapables de maîtriser la situation et n'étant donc plus crédibles, du pouvoir lui-même dont l'impuissance peut engendrer l'anarchie, de l'opposition ne trouvant rien de mieux que de promettre le retour aux "60 ans", et surtout du pays, dont l'économie reste fragile et dont l'image est ternie à l'étranger...Quand comprendra t-on en France, déjà championne du monde des "révolutions", que, dans un pays démocratique, pour maintenir la paix sociale, force doit rester à la Loi ...et non à la rue !...

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 23:33

   La Science, définie comme une explication "rationnelle" du monde dans tous les domaines, n'a cessé de se développer depuis l'Antiquité et son progrès exponentiel depuis le 19ème siècle a même conduit certains penseurs à considérer - à l'instar d'Ernest Renan dans son livre sur l'Avenir de la Science - que celle-ci ne peut que faire disparaître finalement tout autre explication "irrationnelle" ...Est-ce à dire que "l'Au-Delà" n'existe pas s'il ne peut avoir d'explication "rationnelle" ?...

 

   En effet, la croyance - même informelle - en un "Au-Delà" remonte aux premiers temps de l'homme et les historiens considèrent qu'elle est liée à l'éveil de sa "conscience" ...L'homme préhistorique - en raison de la briéveté de sa vie (en moyenne 30 à 40 ans) - était confronté sans cesse à la mort ...et il a laissé dans les sépultures retrouvées des objets familiers pouvant traduire un souci d'accompagnement dans un "autre monde" ...Et ce rite se retrouve dans des civilisations anciennes comme celles des Egyptiens, des Etrusques ou des Incas ...Mais l'homme était alors également confronté aux "forces" de son environnement, qu'il s'agisse des éléments naturels - les mouvements du soleil et de laStonehenge-copie-2.jpg lune, l'eau, le feu, la foudre, etc ...- ou des animaux menaçant son existence - le lion, le tigre, le taureau, etc... - et il en a laissé des représentations attestant une "adoration" pour s'attirer leurs bonnes grâces... Il subsiste des traces de ce comportement dans des ethnies isolées comme les Indiens d'Amazonie ou les Papous de la Nouvelle-Guinée ...et des manifestations ésotériques sont même encotre présentes dans le "monde occidental" ...

 

   Cette croyance s'est formalisée au cours des temps, donnant naissance aux "religions" qui ont "divinisé" les forces en faisant d'elles des "êtres supérieurs" : il y a ainsi naturellement des "dieux multiples" aux attributs particuliers et représentés sous une forme humaine ou mixte (homme à tête d'animal), ce qui sera plus tard défini comme un "polythéisme" ...Mais progressivement, à l'image de l'Egypte avec Amon-Ra ou des Hébreux avec Yaveh, un Dieu suprême l'emportera, ce qui aboutit au "monothéisme" ...Et ce "Dieu" est d'abord très présent - les bonheurs comme les malheurs lui étant attribués - avant de devenir une puissance lointaine et spirituelle, le Dieu unique se muant en Dieu universel ...En quelque sorte, à l'inverse du récit de la Genèse dans la Bible hébraïque où Dieu a créé l'homme, ...c'est l'homme qui a créé Dieu ...Et il a imaginé aussi de le connaître après la mort dans un "Au-Delà" ayant pris des formes diverses suivant les religions, comme le "Paradis" des chrétiens, avec son repoussoir de "l'Enfer" dont au Moyen-Age on a trouvé le moyen de sortir avec le "Purgatoire", ce qui était une façon de montrer que l'homme restait maître de son destin...

 

   Le problème est  que Dieu, après avoir connu son apogée notamment en Occident avec l'Eglise, est maintenant en déclin ...au point que les penseurs n'hésitent plus à poser la Dieu-existe-t-il-copie-4.jpgquestion : Dieu existe-t-il ?... Question fondamentale, à laquelle il n'est pas possible de répondre, ...mais qui, pour autant, n'exclut pas la possibilité de l'existence d'un "Au-Delà" ...En effet, il y a des phénomènes "para-normaux" dont les responsables de la Science reconnaissent les manifestations, sans pouvoir les expliquer : le plus fréquent est celui de "l'expérience la la mort imminente" (EMI), rapportée par des personnes émergeant d'un coma et racontant avoir eu la sensation de flotter hors de Tunnel-Apres-vie-copie-4.jpgleur corps et d'entrer dans un tunnel lumineux ... Le journaliste Philippe Labro rapporte son propre cas dans son livre "La Traversée", où il parle d'une "lumière de paix et d'amour" ...Et des centres de recherche se sont créés à ce sujet dans le monde, comme une division des études "perceptuelles" à l'Université de Virginie aux Etats-Unis ou une analyse des processus psychologiques anormaux à l'Université de Northampton en Grande-Bretagne, tandis qu'en France a été créée à l'Université catholique de Lyon une unité intitulée "Science, société et phénomènes dits para-normaux"... Parmi ces phénomènes, on peut citer encore le cas de personnes ayant des rêves prémonitoires, d'individus correspondant à distance par télépathie ou encore de gens affirmant avoir communiqué avec des parents morts... Qu'en est-il ?...Les rationalistes parlent d'illusions, voire de supercheries...mais l'objection paraît courte dans certains cas ...Tout au plus, peut-on remarquer qu'il s'agit parfois, ...mais pas toujours, d'individus malades, affectés de problèmes nerveux ou psychotiques, ou ayant eu un accident ...Et, dans l'histoire, n'y-a-t-il pas eu des exemples célèbres d'individus "inspirés" comme Moïse, Jésus, Bouddha, Mahomet, à l'origine de religions témoignant d'une puissance jugée surnaturelle ..., et combien de mystiques connus ou inconnus, comme en Inde... 

 

   Plus inattendu et plus étrange encore apparaît la possibilité que l'accès à un Au-Delà n'est pas limité à l'homme, à en juger par certaines observations de naturalistes...L'homme Elephant---Cimetiere-copie-4.jpga toujours prétendu se distinguer de l'animal par sa "conscience", en opposant à "l'instinct" de celui-ci à sa propre "intelligence" ...Mais il est désormais évident qu'au moins certains animaux sont capables de faire preuve d'intelligence - ne serait-ce qu'en sachant utiliser des outils rudimentaires - et qu'ils sont donc capables de "penser", et de s'exprimer par des cris, même s'ils n'ont pas de langage élaboré ...Et ils peuvent aussi avoir des pratiques funéraires, comme les éléphants venant au Gabon régulièrement rendre visite aux ossements d'anciens congénères morts ...Et que dire des chiens qui hurlent à la mort , même à distance, lors de la disparition de leurs maîtres ?...

 

   Alors, il faut bien convenir que le débat sur "l'Au-Delà" reste ouvert, et il est vraisemblable qu'il ne sera jamais résolu ...Cela fait partie des "mystères" dépassant manifestement les capacités de l'homme, au même titre que l'origine de l'Univers ... Aucun des milliards d'individus morts depuis l'apparition de l'homme n'est revenu pour le dire ...On ne peut aller ...au delà !...

 

Bibliographie :

 - Pierre Riffard  L'ésotérisme

 - Dominique Camus  Voyage au pays du magique

 - Alexandra Bonne  La vie après la mort

 - Aurélien Le Blé  De la vie à l'après-vie

 - Kenneth Ring Sur la frontière de la vie

 - Jean Delumeau  Le fait religieux

 - Figaro-Magazine 14 novembre 2009  L'au-delà à l'épreuve de la Science (Illustration)

 - Le Point 5 août 2010 (Illustration) 

 - La Vie 5 novembre 2008  Enquête sur l'au-delà

 - Sciences et Avenir Hors-série Octobre 2010 Page 35 L'éléphant empathique (Illustration)

 

 

 

 

  

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:08

    Ainsi donc, dans cette histoire de la Société Générale, la justice a pris une "décision exemplaire", qui doit satisfaire l'opinion publique ...puisque la justice est rendue, comme  chacun sait, "au nom du peuple français" ...L'ennui est que l'opinion n'est pas  rassurée, ...elle est même troublée, comme l'explique Bernard Le Solleu dans son éditorial du 6 octobre 2010 paru dans le journal Ouest-France (le dessin humoristique étant de Chaunu) :

 

   "On ne badine pas avec l'argent des banques. La spéculation est un sport à hauts risques judiciaires ...quand on perd...Jérôme Kerviel, le trader bigouden, le jeune homme de Pont-l'Abbé  qui avait gravi les échelons de la salle des marchés de la Société Générale, s'il en doutait encore, l'a appris, hier, à ses dépens. Le jugement le concernant est sans pitié aucune. Les procureurs l'avaient accablé. La banque réclamait une peine exemplaire. Les juges le crucifient ...Ce fraudeur "cynique" a mis en péril, écrivent-ils, l'un des plus grands établissements français, un pilier de la finance mondiale...

   Pourquoi tant de hargne ? Il n'est pas le premier employé de banque qui tombe, fasciné par le veau d'or. Mais lui, contrairement à d'autres, n'a pas détourné d'argent, il ne s'est pas enrichi, même s'il rêvait de bonus mirifiques ...Il s'est laissé griser par le monde virtuel de la spéculation informatique, des passages d'ordre automatiques par simples clics. Il a fini par se croire installé, sûr de sa chance, à une table de casino où, lorsqu'on a la main, rien ne peut vous arriver. Les cartes, comme le marché, finissent toujours par se retourner en faveur des gagneurs...

 

   Kerviel s'est trompé de métier. Mais, ce faisant, il a donné, de la Banque en général, deKerviel-copie-1.jpg la Société Générale en particulier, l'image d'un monde focalisé sur la spéculation, sans foi ni loi, au moment même où, crise des "subprimes" oblige, le temple vacillait sur ses bases... L'un des rois de la place, Daniel Bouton, l'indéboulonnable président de la Société Générale, se retrouvait nu, le sang glacé d'effroi ...Sa banque, censée être la plus sûre, avait frôlé le gouffre. Il ne s'en est pas remis.

 

   Kerviel, sans le préméditer évidemment, a participé à la désacralisation du monde bancaire. L'affaire a mis en émoi l'Elysée. Elle n'était pas seulement financière. Elle était politique. Elle accentuait les doutes de l'opinion sur la bonne marche des affaires et de l'économie. Elle ajoutait ses milliards au creusement des déficits... Kerviel, aux yeux de ses procureurs, avait donc mis en péril "l'ordre public, économique et financier"...Rien de moins . Et les juges ont repris, intégralement, sans nuances, cette analyse.

   La banque peut se réjouir. Elle est totalement disculpée. Quant aux juges, ils estiment n'avoir appliqué que le droit. La défense de Kerviel peut s'en prendre à elle même. Elle s'est empêtrée dans d'insurmontables contradictions ...Mais, à trop accabler cet homme seul, ce n'est pas l'ordre public qui est restauré. C'est le doute...Comment ne pas penser que Kerviel paie pour un système qui, depuis, dans ses contrôles, ses prises de risques, a dû se réformer...

 

   Certes le jeune trader n'est en rien un Robin des Bois de la finance,. Le blanchir était impensable. C'eût été accorder un blanc-seing à tous les spéculateurs dévoyés des salles de marché. Mais l'accabler, lui infliger des dommages et intérêts pharaoniques, hors de portée, peut avoir un résultat contraire au but recherché. L'opinion n'est pas rassurée, elle est troublée. Et l'affaire Kerviel prolongée en appel...

 

   Il est certain que Jérôme Kerviel n'était pas "innocent", mais pour autant était-il "coupable" ?...Il était un "trader" dans une banque, c'est-à-dire un employé chargé d'enrichir celle-ci par de la "spéculation", c'est-à-dire en jouant sur les cours de la Bourse, sans considération particulière pour les intérêts des entreprises concernées et de leurs salariés, et donc sans la moindre "morale" ...Et ce trader avait déjà réussi quelques "affaires" pour la Société Générale - que celle-ci n'avait pas reniées, au contraire - et il en avait seulement retiré quelques primes en plus de son salaire, primes prévues par la banque elle-même pour encourager les initiatives ... Il est possible que ces primes lui soient montées à la tête ...et qu'il se soit vu "trop beau", ...mais l'activité des traders n'est pas seulement personnelle, ...elle est en principe contrôlée en permanence par des "régulateurs" ...et, par conséquent la hiérarchie, et notamment le Président, ne peut esquiver sa reponsabilité ...Ou alors il faut imaginer que cette hiérarchie a le comportement prêté aux commissaires qui, dans les films policiers, disent à leurs inspecteurs, dans des enquêtes difficiles : "Allez-y ...Mais attention ...En cas de problème, je ne vous couvre pas !" ...Car, selon l'aphorisme célèbre, "Prudence est mère de sûreté" ...même si elle confine avec l'hypocrisie et la lâcheté ...Il est tellement plus facile de s'en prendre aux plus faibles pour éviter d'affronter les forts, comme le rappelle un autre aphorisme tiré d'une fable de Jean de la Fontaine - Les animaux malades de la peste - "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou  noir"...                                                                                                                                                      Autrement dit, et pour conclure, cette affaire n'est qu'une version contemporaine et récurrente de l'histoire ancienne du "bouc émissaire" ... Certes, Jérôme Kerviel a eu la "sottise" d'engager une somme déraisonnable de 15 milliards d'euros, mais il a toujours déclaré qu'il pensait "se refaire", comme il l'avait fait précédemment dans des spéculations mal engagées ...Mais sa hiérarchie, et notamment le président Daniel Bouton - timorés - ont alors pris peur dans le contexte de la crise financière en cours et ont suspendu son action ...De là à porter plainte ...et à poursuivre l'action judiciaire, alors que la Société Générale a rapidement compensé ses pertes, et même au-delà, ..il y a beaucoup plus qu'un pas, il y a une montagne de méchanceté ...aussi haute et aussi bête que  la décision de lui imposer de payer près de 5 milliards d'euros de dommages et intérêts, ce qu'il ne peut évidemment pas satisfaire, d'autant moins qu'il est également condamné à "ne plus exercer directement ou indirectement d'activités financières" ...Il est vrai qu'un responsable de la Société Générale a aussitôt déclaré : "C'est une peine de principe. On ne lui réclamera pas cet argent" ...Dans ce cas, il ne s'agit plus que d'une "décision exemplaire"  ...de "ridicule", pour la banque ...comme pour la justice française !...

   

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