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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:25

   C'est une spécialité de la France de se lancer dans un débat ..."franco-français" quand il y a dans le monde des problèmes autrement plus importants, comme actuellement la crise économique... Il s'agit cette fois d'une réflexion sur une réorganisation éventuelle de son administration territoriale, qui va être discutée ce jour mercredi 29 octobre 2008 à Orléans par l'Assemblée des départements de France...

   Le problème n'est pas nouveau ...puisque, déjà en ...1790, l'Assemblée Nationale Constituante avait eu le souci de "rationaliser" la carte administrative de la France en créant justement les "départements" ...Il était alors question de remédier au désordre de l'Ancien Régime, où subsistaient des "provinces" dont l'importance et la gestion étaient très variées ...Et on s'inspira quelque peu de la répartition des ...diocèses religieux - y compris pour les limites - en mettant en place des unités territoriales à peu près égales "où toute personne résidente pouvait atteindre le chef-lieu en une journée de cheval" ...Toutefois la Révolution jacobine, tout aussi centralisatrice que la dynastie capétienne, n'attribua aucune compétence législative à ces départements que, dès 1800, Napoléon Bonaparte, encore Consul, confia à la direction des "préfets" ...Il en fut de même pour les subdivisions appelées "arrondissements" - dirigées par des "Sous-Préfets" - et les subdivisions de ceux-ci appelées"cantons" ne servant pratiquement que de "maillage électoral"... La représentation populaire n'apparut alorst au niveau local que pour les "communes" administrées par des "Conseils Municipaux" présidées par un "Maire" ... C'est ainsi qu'il y a encore actuellement 96 départements métropolitains, 329 arrondissements, 3.883 cantons et 36.783 communes...

   En dehors de quelques aménagements hérités de l'Histoire, cette structure administrative s'est en effet maintenue depuis plus de 2 siècles... Mais elle s'est aussi fortement compliquée dans la 2ème moitié du 20ème siècle en raison des mesures dites de "décentralisation" comportant deux aspects :
 
1. D'une part, la création de nouveaux échelons s'ajoutant aux échelons déjà en place :
         - La "Région" , apparue dès 1950 sous la forme d'un regroupement de Préfectures (IGAME) puis organisée en "Collectivité Territoriale" correspondant d'ailleurs souvent aux anciennes provinces et associant à ce titre un nombre variable et donc inégalitaire de départements (Midi-Pyrénées 8, Alsace ...2)...
         - Parallèlement, des regroupements effectués au niveau des communes en vue d'améliorer leur coopération, mais ayant pris des formes diverses et parfois concurrentes : 14 "Communautés urbaines", 169 "Communautés d'agglomération", 2.400 "Communautés de communes", 5 "Syndicats intercommunaux à vocations multiples" (SIVOM), soit 2.588 établissements intercommunaux pour 32.826 communes, soit 89 % d'entre elles...
         - Enfin; une nouvelle structure, développée depuis 1996, les "Pays", non encore généralisés, répondant à un souci de cohésion géographique, économique, sociale et culturelle, et appelés certainement à un grand avenir, dans la mesure où ils correspondant à des normes européennes et reçoivent à ce titre des subventions de l'Union Européenne(Leader +)...

2. D'autre part, un partage des compétences entre l'Etat et diverses structures locales (Régions, Départements, Communes regroupées ou non), celles-ci étant ou restant dotées de Conseils élus partageant les "pouvoirs" avec les représentants de l'Etat (Préfets départementaux et Régionaux, Sous-Préfets) dans de nombreux domaines (Enseignement, Travaux Publics, Hôpitaux, etc...), à l'exception des secteurs "régaliens" (Armée, Justice, Police)...

   Cette réorganisation a eu incontestablement des effets positifs, en permettant aux reporésentants locaux d'assurer une gestion directe mieux adaptée qu'une gestion "d'en-haut" aux réalités du terrain et aux aspirations des citoyens "de base" ...Malheureusement, elle a donné lieu aussi à des confusions et à des excès : d'abord, le partage des compétences aboutit souvent à de l'incohérence, avec des "doublons" ou des "divisions" injustifié(e)s : ainsi, dans l'enseignement, les Lycées relèvent de la Région, les Collèges du Département et les Ecoles de la Commune, tandis que les personnels d'encadrement restent nommés et payés par l'Etat ...Par ailleurs, le transfert des charges de l'Etat aux échelons locaux aurait dü entraîner une diminution du nombre des fonctionnaires "d'Etat", en compensation de l'augmentation du nombre des fonctionnaires "territoriaux" ...Or les deux catégories ont augmenté ensemble depuis l'application de la décentralisation (51% territoriaux, 17 % d'Etat) et les dépenses de fonctionnement ont suivi le même chemin ...Il en est résulté une augmentation considérable et même exponentielle des dépenses locales : 212 milliards d'euros en 2007, soit le double de 1987...

                                                                               x                                                         

   Parmi les nombreux cas pouvant être cités en France, un bon exemple de "redondance" compliquée et coûteuse peut être donné par la ville de ...Redon ...Il s'agit d'une petite ville de 10.500 habitants, ayant la particularité d'être située à l'extrême sud du Département d'Ille-et-Vilaine, où la confluence entre la Vilaine et l'Oust, ayant servi de limites, la place au carrefour de 3 Départements - l'Ille-et-Vilaine, le Morbihan et la Loire -Atlantique - et de 2 Régions, puisque les deux premiers départements "appartiennent" à la Bretagne, et le troisième aux Pays de Loire... Et comme elle est entourée de petites communes représentanr avec elle environ 80.000 habitants, elle a naturellement ajouté à sa fonction ancienne de Sous-Préfecture d'arrondissement, celle de membre majeur d'une Communauté de Communes  et d'un Pays de Redon, ...l'Arrondissement, la Communauté et le Pays n'ayant pas les mêmes limites ... On imagine facilement ...ou plutôt difficilement ...les complications pour les citoyens : Etat-Civil à la Mairie, Voirie à la Communauté, Carte grise à la Sous-Préfecture, Culture au Pays, dont les locaux sont différents et distincts ...Il serait d'ailleurs trop long d'énumérer les coûts de fonctionnement ...

                                                                             x                 

   
Dès lors, on comprend que le Président Sarkozy, soucieux de diminuer les dépenses publiques pour remédier à la fois à la Dette constante de l'Etat et aux effets de la crise financière, ait pu annoncer le 25 septembre 2008 que "le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l'enchevêtrement des compétences sont une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires" ...en précisant "qu'il assumera ses responsabilités sur la diminution des effectifs et la réforme deschelons territoriaux" ... Néanmoins, on peut s'interroger sur le contenu de telles dispositions :
   - La suppression d'un échelon paraît une mesure "simple", mais le choix annoncé du département s'avère un peu "simpliste" ...Certes, le but initial de sa création est depuis longtemps caduc, mais le département est entré dans les habitudes des français,...au point de susciter un certain attachement populaire; illustré actuellement à propos d'une réforme - d'ailleurs saugrenue et inutilement coûteuse des plaques minéralogiques des véhicules ... Certains départements ont d'ailleurs eu une importance historique à des titres divers (ex: Vendée, Départements d'Alsace et Lorraine, Belfort, Ardennes, Corse) ...par ailleurs, ils comportent des infrastructures (bâtiments et postes de personnels) ne pouvant pas être "liquidés" facilement ... En contrepartie, une simplification pourrait être effectuée sans trop d'embarras "à la base", en remplaçant les divers établissements "intercommunaux" par une structure ...commune.
   - Le réaménagement des effectifs et des compétences paraît aussi une mesure simple, mais elle doit être réalisée "à moindre frais"  ...Pour les effectifs, on peut d'abord réduire le nombre des représentants élus , les élus des Communautés pouvant être à la fois membres du Conseil Général du Département et du Conseil Régional ... et d'autre part, on peut diminuer le nombre des fonctionnaires territoriaux par un partage rationnel des compétences : au lieu de les diviser dans certains domaines entre les divers échelons, il suffit de les attribuer par domaine à un seul échelon (ex : Travaux Publics, transports à la Région, Enseignement du 1er et du 2ème degré au Département, Culture et Loisirs aux Communautés, services de proximité aux Communes)...

   L'intérêt de telles réformes serait de simplifier l'organisation territoriale à un faible coût immédiat pour une diminution importante des dépenses publiques à l'avenir ... Evidemment, on pourrait imaginer une réorganisation plus importante, comme le remplacement des départements par les "Pays" plus conformes aux directives européennes et par conséquent à une refonte globale pour tous les Etats d'Europe... On n'en est pas là ...Ce n'est vraiment pas le moment et, au train où vont les choses, cela risque fort de ne pas être le moment ...avant longtemps !...

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Published by Jean Daumont - dans Administration
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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 10:25

   Il y a longtemps, le "bon élève" (?) que je devais être à l'école avait reçu un livret de Caisse d'Epargne, avec la somme - importante pour l'époque - de 1000 francs (anciens) ...Et, depuis lors, j'ai toujours fait confiance, pour mes économies et mes emprunts, à cette Caisse symbolisée par l'Ecureuil, même si elle ne m'a rapporté que des noisettes ...J'étais donc prêt à m'indigner que le Président de son Directoire soit "révoqué" pour la perte d'environ 700 millions d'euros dont il n'était pas directement responsable, alors que, naguère, le P.D.G. de la Société Générale avait gardé son poste malgré une perte autrement plus importante ... D'ailleurs ce Président du Directoire, Charles Milhaud, puisque tel est son nom, inspirait confiance par sa bonne tête de "père de famille", jugée "emblèmatique" par la presse spécialisée...

   Et puis voilà ...Tout-à-fait par hasard, je suis tombé sur un article "au vitriol" du journal Libération le 21 octobre dernier :

   "Charles Milhaud n'est pas un homme d'argent ...Vraiment ?...
       En démissionnant de la Présidence de la Caisse d'Epargne, Charles Milhaud a fait une déclaration très émouvante dans laquelle il annonce qu'il renonce à son indemnité de départ : 'je ne demande aucune indemnité' ...Et il ajoute même :'Ceux qui me connaissent savent aussi que je ne suis pas un homme d'argent !'...Vraiment ?...
       A lire les rapports annuels de la Caisse d'Epargne, on n'avait pas remarqué cette qualité chez cet homme ...Le Patron de l'Ecureuil se caractérisait au contraire par un appât du gain démesuré par rapport à ses performances. Sa politique de rémunération permet même de comprendre pourquoi il s'est lancé dans une course à la taille effénée ...qui s'est révélée une catastrophe pour les comptes de l'Ecureuil...
       Voici la rémunération de Charles Milhaud (hors primes et placements) depuis 6 ans :    2002  .....514.000 euros
              2003  .....453.000 euros
              2004  .....664.000 euros
              2005  .....914.000 euros
              2006 ...1.064.000 euros
              2007 ...1.584.000 euros
        Cette évolution amène plusieurs commentaires :  
          - De 2002 à 2007, la rémunération a été multipliée par trois. En dehors de 2003, ella été régulière et a même dépassé + 50 % de 2006 à 2007...
          - Cette évolution a fait changer l'intéressé de catégorie, passant d'un salaire de patron d'entreprise publique à celui de ses collègues banquiers... Rappelons que la Caisse d'Epargne n'est pas cotée, au contraire de sa filiale Natixis, dont l'intéressé est Président du Conseil de surveillance...
          - La cotation de Natixis , créée par l'intéressé, a été un désastre pour les actionnaires, puisque l'introduction s'est faite à 19,55 euros et le titre tourne maintenant autour de 2 euros ...L'intéressé a reçu néanmoins une prime exceptionnelle de 150.000 euros pour la réussite de l'opération (sic), ainsi que 100.000 stock-opitions...
          - Pendant le même temps, les Caisses d'Epargne ont évolué ...Le chiffre d'affaires a explosé, passant de 1,1 milliard d'euros à 10 milliards entre 2002 et 2007... Le résultat net a lui aussi progressé - de 196 millions à 1,3 milliard - mais en moins forte proportion : la marge nette passe de 17 à 13 % ...ce qui veut dire que le groupe est devenu plus gros, mais moins rentable ...et que la rémunération de son patron a d'abord été liée au PNB et non à cet indicateur moins favorable...
           Voilà pour la performance de Charles Milhaud...
            Et pour ceux qui s'inquiéteraient pour ses vieux jours, ...certes il ne touchera pas de golden parachute ...mais il ne part pas sans rien ...D'abord, il est toujours Président du Conseil de surveillance de Natixis (ce qui lui permet de toucher encore 308.000 euros) ...Ensuite, cet homme de 65 ans atteint l'âge de toucher la "retraite-maison": son contrat lui donne droit à une rente annuelle égale à 10 % de la rémunération brute moyenne des 3 meilleures années civiles complètes perçues au sein du groupe Caisses d'Epargne. Il s'agit, comme par hasard, des 3 dernières années ..Et cela donne 119.000 euros par an...
            A part cela, Charles Milhaud a eu un 'comportement irréprochable' ...Et c'est vrai, puisque c'est lui qui le dit"...

  
Le 20 octobre au soir, l'AFP revient sur la démission du Patron de l'Ecureuil : 

   "Charles Milhaud 'fait de la résistance : il refuse de démissionner, s'estimant responsable mais pas coupable'...On lui a laissé le choix entre 'démissionner' ou 'être révoqué', sachant que, dans ce dernier cas, la décision relève de l'Assemblée Générale, qui ne peut être convoquée avant 40 jours ...Une âpre négociation s'engage, Charles Milhaud demandant à 'sortir par le haut' en menant à leur terme les négociations de fusion avec le Crédit Mutuel ...et à bénéficier d'une indemnité de départ équivalente à 3 années de salaire... A l'unanimité moins 1 abstention, le Conseil la lui refuse...
   "
Furieux, Charles Milhaud s'enferme dans son bureau où il consulte ses conseils...Son avocat lui conseille d'abandonner cette prétention pour éviter un scandale... Peu avant 21 heures, il cède et remet sa démission"...

   Evidemment, un petit épargnant comme moi est décontenancé ...Soucieux d'objectivité, il n'oublie pas qu'un journal comme "Libération", même devenu la propriété d'un Bernard Arnault - une des 1ères fortunes de France et du monde - , n'est pas vraiment du genre "capitaliste" et il va se plonger dans le "Figaro-Economie" ...Mais c'est le même refrain : on y découvre même que "depuis longtemps, en interne, la colère grondait dans les Caisses d'Epargne, contre Charles Milhaud" et que "la perte liée à des oprérations boursières n'a été que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase"...Ah! bon ...Et la Ministre de l'Economie se félicite de cette démission, en affirmant que "cela va permettre aux Caisses d'Epargne de repartir" ... Et elle accorde à celles-ci, comme aux aux autres banques, des facilités de crédit ...Autrement dit, moi qui me félicitais déjà d'y avoir conservé mon petit intérêt de 4% - me permettant de regarder "de haut" tous ces spéculateurs qui ont parfois perdu plus de 50 % sur leurs actions - il va falloir d'une manière ou d'une autre que je contribue à ces facilités ...C'est vraiment dur de ne pas être un "homme d'argent"...

   



 

 

  

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Published by Jean Daumont - dans Actualité
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 16:12
   La "Marseillaise" fait partie du patrimoine le plus cher aux Français, au même titre que le drapeau tricolore ...elle a accompagné, avec le drapeau tricolore, les grandes étapes - bonnes ou mauvaises - de l'histoire de la France, depuis sa composition par Rouget de Lisle sous le nom de "Chant de guerre de l'armée du Rhin" le 25 avril 1792 et son adoption par les Fédérés de Marseille qui lui donnèrent leur nom à l'occasion de l'insurrection du 10 août 1792 ...Plus largement encore, en dépit de son allure cocardière - "Allons, enfants de la Patrie" - elle a souvent été reprise dans de nombreux pays, notamment en Amérique ou en Afrique, à l'occasion de "révolutions" ou de guerres d'indépendance, à l'image de ses paroles incitant à la révolte : "Contre nous, de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé "...Et la "Marseillaise" - devenue officiellement l'hymne national le 14 février 1879 - reste certainement encore l'un des "chants" les plus connus dans le monde...

   On peut donc comprendre que le fait d'avoir sifflé la Marseillaise - de la part de supporters "franco-tunisiens" à l'occasion d'un match "amical" de football entre la France et la Tunisie au Stade de France le 14 octobre 2008 - ait pu paraître scandaleux non seulement auprès des Français mais dans de nombreux pays du monde, y compris d'ailleurs la ...Tunisie ... Certes, on pourrait donner une explication simple - ou plutôt "simpliste" - en rappelant que les siffleurs n'avaient fait - somme toute - qu'appliquer les paroles révolutionnaires de l'hymne, chantées de surcroît par une concitoyenne ...,mais comme les siffleurs ne l'avaient manifestement pas écoutée, et pour cause, il faut chercher ailleurs une explication, en répondant à diverses questions :

   - 1ère question : L'incident est-il habituel lors des manifestations collectives, notamment sportives ?... La réponse est non ...même si, ici ou là, on peut déplorer des cris discriminatoires à l'égard de joueurs de race noire ... A noter néanmoins que cette attitude se retrouve seulement lors de matches de football - sport assurément le plus "populaire" - alors qu'elle est totalement absente des autres sports, comme le rugby, l'athlétisme , le hockey sur glace, etc...

   - 2ème question : Un incident semblable s'est-il déjà produit sur d'autres stades de la France ?... La réponse est encore non ...Le public de province est généralement trouvé "bon", et même parfois réellement chaleureux, comme dans le Nord, en particulier le stade Bollaert de Lens, réputé pour sa sportivité, alors que cette ville a longtemps été la capitale des "mineurs de charbon" dont beaucoup ont été naguère des Polonais et des Italiens, et plus récemment des ...Maghrébins...

   - 3ème question : Ce type d'incident est-il une caractéristique fâcheuse du Stade de France ?...La réponse est toujours non ...Assurément, l'implantation de ce Stade à Saint-Denis, dans une banlieue considérée comme "difficile", n'a pas été une idée très heureuse ...mais on ne peut pas oublier que ce Stade, à peine inauguré, a été le cadre du triomphe de la France dans la Coupe du Monde de football en 1998 ...et que l'équipe (dont des joueurs d'origine maghrébine comme ...Zidane) y avait alors été unanimement applaudie, donnant même lieu ensuite à un déferlement sur les Champs-Elysées à Paris, avec drapeaux tricolores ...et "Marseillaise" ...

   Alors comment expliquer que la "Marseillaise" ait pu être sifflée lors du match France-Tunisie ? On peut avancer des hypothèses, à défaut de certitudes, car le comportement des "foules" n'est pas facilement "identifiable" :

   - D'abord, les sifflements ne sont pas des réactions très probantes, puisque, suivant les cas, ils peuvent traduire l'admiration ou la réprobation ...Mais, en l'occurence, le doute n'est pas permis : ils ont été une marque notoire d'incivilité, et celle-ci est déjà une forme inacceptable de manque de respect des autres, donc de discrimination...

   - Pour autant, cette incivilité est-elle de "l'incivisme", répondant à un sentiment de frustration par rapport à la France ?...Certes, l'intégration n'est pas toujours réalisée de façon satisfaisante, notamment en raison du chômage, mais elle ne peut pas être à sens unique, sans une volonté d'assimilation des personnes concernées ...Quiconque ne souhaite pas s'intégrer à son pays d'accueil n'est nullement obligé d'y rester, et il n'est d'ailleurs pas sûr dans ce cas qu'il soit alors bien accueilli dans son pays d'origine...

   - A y regarder de près, au sens d'analyser les photos et les séquences des médias, les "siffleurs" ne sont ...manifestement pas des "militants"  défendant leur cause, mais des groupes de jeunes plutôt "rigolards" apparemment heureux de faire du "chahut" et ayant été certainement poussés par de petits agitateurs de quartier à faire aussi "bien" que leurs rivaux marocains en 2007 lors d'un match France-Maroc , et algériens en 2001 lors d'un match France-Algérie, où le terrain fut même envahi...

    Finalement, cet épisode minable n'avait rien d'une "affaire d'Etat", et on ne peut que déplorer l'importance que les médias lui ont accordée, suscitant même l'intervention du gouvernement et du Président de la République, dont les "siffleurs" ne manqueront pas de tirer gloire ... Il aurait suffi de prendre d'abord les précautions nécessaires - le souci "naïf" d'associer les joueurs à l'entrée sur le terrain révélait la connaissance du risque - et, ensuite, grâce aux caméras de surveillance, d'identifier les trublions en vue de l'application de la loi du 18 mai 2003 prévoyant "qu'un outrage à l'hymne national et au drapeau tricolore est passible de 6 mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende" ...Il est vrai que cette loi n'a jusqu'à présent jamais été appliquée et qu'il y a eu , tout au plus, des "interdictions de stade" (sic)... C'est ça, la France ...Pffff!...


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Published by Jean Daumont - dans Sport
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 16:10
   Il y a seulement 5 jours - le samedi 11 mai 2008 -  les "médias" en berne titraient sur une baisse vertigineuse des cours et annonçaient une crise encore plus grave que celle de 1929 dans la mesure où elle affectait non plus seulement "l'Occident" mais l'ensemble du "monde"...Et comme toujours, quand les choses vont mal, on en était déjà à chercher les "boucs émissaires", notamment les "Américains" avec leur usage immodéré du crédit, sans rapport direct avec la croissance réelle de l'économie ...et les "Etats", aveuglés par leur respect fondamental du libéralisme ...La "confiance" avait disparu...

   Et puis voilà : la "confiance " ...est revenue, et hier - le mardi 14 octobre 2008 - les cours piquaient vers le haut, avec des hausses de 10 à 15 % ...Il avait suffi de la garantie massive - 1 milliard 800millions d'euros ! -  des Etats naguère décriés -notamment  ceux de l'Union Européenne autour du Président français - pour que tout le monde se congratule, oubliant un peu vite que cette garantie ne pouvait être fondée que sur les ressources des contribuables n'étant pour rien dans cette crise et ayant même failli en être les victimes ...et que la remontée trop rapide des cours accordait une prime aux spéculateurs responsables de la crise, en leur permettant de revendre rapidement à la hausse les actions achetées à la baisse, ce qui ne manque pas susciter un véritable "yo-yo"...

   C'est pourquoi il y a des "leçons" à retenir de cette crise, et à ce titre, il est intéressant de citer celles que Jean Boissonnat, spécialiste averti et unanimement reconnu dans le domaine économique, a retenues dans son éditorial du journal Ouest-France du 14 octobre 2008 :

  " -1ére leçon : l'opacité su système financier empêche de déceler les risques que celui-ci fait prendre à toute l'économie. Il ne s'agit pas de faire disparaître le risque - celui-ci est inhérent et il ne peut pas y avoir de développement sans crédit - encore faut-il que l'organisme financier qui l'octroie en mesure le risque et l'assume lui-même. Or la sophistication du système avait abouti à transférer ce risque sur des marchés opaques où plus personne ne savait qui risquait quoi... Il faut donc clarifier les mécanismes, même si cela doit aboutir à freiner certaines initiatives...
   - 2ème leçon : L'Etat ne peut se décharger de la responsabilité de règlementer le système, soit directement, soit par l'intermédiaire des Banques centrales. Certes, celles-ci ont à peu près fait bien leur métier dans cette crise, en alimentant le système en liquidités, évitant ainsi une asphyxie complète. Mais elles ne sont pas outillées pour surveiller les crédits et la solvabilité des banques.... Il faut mieux les armer dans ce but...
   - 3ème leçon : la disparition, depuis 30 ans, d'un système international de change fixe et ajustable entre les monnaies a favorisé l'anarchie financière des dernières années. On a vu le taux de change du dollar varier du simple au double avec certaines monnaies, sans rapport avec la valeur réelle exprimée en pouvoir d'achat de la monnaie ...Il faut donc rétablir un système de surveillance des taux de change au niveau mondial...
   - 4ème leçon : la gestion financière d'une économie mondialisée ne peut être laissée à la discrétion de la puissance dominante, les Etats-Unis. Ceux-ci ont leurs intérêts propres et leurs fausses certitudes ...Il faut donc renforcer les pouvoirs des organisations internationales en y associant davantage les pays qui pèsent de plus en plus dans le monde, à savoir la Chine, la Eussie, l'Inde et le Brésil...
   - 5ème leçon : les bulles financières qui, en éclatant, génèrent les krachs, se forment principalement dans le secteur des actions et celui de l'immobilier ...Il faut donc apprendre à les surveiller : c'est techniquement difficile ...au moins faut-il le tenter...
   - 6ème leçon : aucun système économique ne peut survivre durablement s'il perd sa légitimité morale auprès des populations. Or c'est très exactement ce qui se produit quand les principaux acteurs du système donnent le sentiment de s'enrichir personnellement sans rapport avec les résultats obrenus : primes exorbitantes, stock-options, parachutes dorés, retraites disproportionnées ...Les écarts de rémunération, à l'inrérieur d'une même entreprise, qui pouvaient aller - il y a vingt ans - de 1 à 10, peuvent aller aujourd'hui de 1 à 100 ... Il convient de mettre fin à ces excès, soit par des codes de déontologie, soit par des législations..."

   Cette analyse montre à l'évidence la nécessité d'entreprendre des réformes fondamentales dans le système financier, sous peine de mise en cause du fonctionnement même de l'économie de marché ...Il n'est en effet pas tolérable qu"un libéralisme "débridé" puisse conduire une minorité de "spéculateurs " d'une part à s'enrichir de façon scandaleuse, d'autre part à paralyser les échanges, faute de crédit, en raison de leurs excès ...Cela ne signifie nullement qu'il faut condamner le "capitalisme" et remettre en valeur le "communisme" comme seul garant du bonheur de l'humanité, car on a déjà vu à quels excès celui-ci pouvait également aboutir ...Des "riches" et des "pauvres", il y en a toujours eu ..., mais il faut trouver un juste équilibre ... Le libéralisme ne doit pas sanctifier l'égoïsme de quelques-uns, ...il a, qu'on le veuille ou non, un "devoir social" ...Le problème n'est d'ailleurs pas nouveau, puisque le philosophe chinois Confucius affirmait déjà au 5ème siècle avant JC : "Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent" ...Et Abdoulayde Wade, Président actuel du Sénégal, lui fait écho quand il s'exclame :"La crise financière, c'est une crise de riches", en rappelant qu'actuellement 923 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, dont 90 %en Afrique et en Asie, ce nombre ayant augmenté de 75 millions depuis l'année dernière...

   Dans ces conditions, ou bien le "libéralisme" parvient à trouver en lui-même, à l'instar de l'OMC pour les échanges, un auto-contrôle du système financier, en élargissant notamment les compétences du FMI et en lui confiant un pouvoir de sanction et même d'exclusion envers les personnes physiques ou morales coupables d'excès ...ou bien il faudra en revenir à "l'étatisme", c'est-à-dire à un contrôle autoritaire des Etats dans le cadre d'organismes internationaux de régulation comme l'Union Européenne : c'est d'ailleurs le chemin qu'ils ont déjà pris dans l'urgence  en "nationalisant" ou en "recapitalisant" leurs banques ... Mais le "crédit" ne pourra pas, de toutes façons, rester un "affaire d'Etats", ceux-ci n'étant pas eux-mêmes toujours exemplaires, à l'image de la Dette Publique de la France ...Il a été nécessaire, mais il est suffisant, que les Etats aient contribué à rétablir la confiance, sans laquelle l'économie de marché ne peut pas fonctionner ...Le "crédit" a besoin de "crédibilité" par lui-même !...














    
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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 09:29

   La discrimination est un sujet particulièrement difficile à traiter dans la mesure où ceux qui en sont victimes , à titre personnel ou collectif, n'acceptent pas toujours certaines réserves à ce propos...

   C'est pourquoi, dès l'abord, il est nécessaire de condamner la discrimination sous toutes ses formes, c'est-à-dire toute attitude consistant à "exclure" de son propre groupe tous ceux qui - pour quelque raison que ce soit - se "distinguent" du comportement global de celui-ci...

   Mais il faut aussi souligner que cette condamnation n'est qu'une contrepartie de la "démocratie" qui prévoit, suivant la Déclaration des Droits de l'Homme, que "nul ne paut être inquiété en raison de ses origines, de ses opinions ou croyances en matière religieuse, philosophique ou politique" ...Or il s'en faut de beaucoup que ce principe soit toujours respecté dans les Etats dits démocratiques, et, à fortiori dans les Etats dits autoritaires ...Et il est loin d'avoir été couramment pratiqué au cours de l''Histoire, car la "tolérance" est une notion relativement récente et les "sociétés" de l'Antiquité aux Temps modernes - à l'exception exemplaire d' Athènes au 5ème siècle avant JC - ont connu une uniformité "exclusive" des règles collectives, en rejetant - donc en discriminant - ceux qui ne s'y conformaient pas et, souvent même, en leur attribuant la responsabilité d'évènements inattendus (famines, incendies,épidémies,etc)...

   Les Juifs ne sont pas les seuls à avoir fait l'objet d'une telle discrimination, car on peut citer dans les divers continents d'autres groupes ayant pu être exclus - voire persécutés et parfois anéantis - par une majorité dominante ou conquérante, comme les Indiens en Amérique, les Noirs dans l'Afrique du Sud de "l'apartheid", ou encore les Ouigours en Chine ...Mais les Juifs sont sans conteste les victimes les plus connues et les plus constantes, d'une part parce qu'ils sont pratiquement ...les seuls à en avoir témoigné dans les récits de leur Bible ...et d'autre part et surtout en raison de l'importance tragique de leur "extermination" dans la Shoah de la Guerre 1939-1945 ...Et il est évident que cette discrimination était liée à leur comportement "particulier" (rites, vêtements, quartiers, activités...) dans les groupes où ils vivaient ...Des historiens ont pu dire - sans que cela puisse constituer une explication unique et une excuse - que "le sémitisme a engendré l'antisémitisme" ...Ce qui revient à dire que le "discriminé" peut être lui-même "discriminant" : un citoyen "ordinaire" peut considérer un Juif comme un "être à part" et lui donner un qualificatif méprisant comme "youpin" ... mais de son côté le Juif appelle "goy" le citoyen "ordinaire" ...et les mariages entre l'un(e) et l'autre restent rares...

   Cetta "ambivalence" dans la discrimination des Juifs a surtout une origine religieuse, même si , en fonction d'interdits, elle a pu prendre des aspects économiques comme celui du commerce de l'argent  ...L'histoire de leurs ancêtres Hébreux est à cet égard révélatrice, car ceux-ci, à en croire leur propre Bible, sont chassés d'Egypte au 13ème siècle avant JC surtout parce qu'ils ne se conforment pas aux cultes faisant du Pharaon un "Dieu-Roi" et adorent un Dieu invisible et incompréhensible... Mais, à peine installés en Palestine, ils pourchassent eux-mêmes les adorateurs de Baal, comme ils exécuteront ceux qui, dans leur propre peuple, oseront prétendre être le "Messie", c'est-à-dire le "Sauveur" annoncé par leurs Prophètes ...Jésus n'étant que l'un d'entre eux ...le plus célébre !...Mais Jésus lui-même a une attitude discriminatoire quand il affirme, en tant que juif : "Ne prenez pas le chemin des païens et n'entrez pas dans une ville de Samaritains ...Allez plutôt vers les brebis perdues de la Maison d'Israël !" (Mathieu 10-5/6) ...Ce n'est qu'après sa mort et sa résurrection supposée que les Evangiles lui prêtent une mission universelle : "Allez donc, de toutes les nations, faîtes des disciples !"( Mathieu 28-19) ...

 

   Et, paradoxalement, ce sont les "Non-Juifs" (ou "Gentils") qui vont alors former la masse de "Chrétiens", tandis que les Juifs resteront en majorité hostiles ...au point qu'ils seront rapidement condamnés et persécutés comme "déicides" par les premières communautés chrétiennes pour avoir livré Jésus aux Romains en vue de son exécution sur la croix... Persécution qui, pratiquement, se poursuivra malgré plusieurs rémissions pendant 15 siècles ...comme, par exemple, leur expulsion d'Espagne par Ferdinand d'Aragon et Isabelle la Catholique en 1492, l'année même de la découverte de l'Amérique ...et leur errance à travers l'Europe qui les amène en Pologne, aux confins de l'Autriche et de la Russie, ce qui suscitera plus tard un antisémitisme latent, non sans rapport avec l'installation des camps d'extermination nazis (ex:Auschwitz) pendant la guerre 1939-1945...

  Cet antisémitisme latent - alors plus ou moins développé dans les divers pays de l'Europe ( ex: Affaire Dreyfus en France) - explique d'ailleurs que les instances internationales, et en particulier l'Angleterre - encore 1ère puissance du monde en raison de son Empire colonial - aient encouragé dès la fin du 19ème siècle le mouvement "sioniste" prônant le "Retour à Sion" (c'est-à-dire en Palestine) toujours considérée par les Juifs pratiquants comme la Terre Promise accordée par Dieu (Yaveh) ...C'est ainsi que fut créé le "Foyer National Juif" reconnu par la Déclaration Balfour (1917) à l'origine de l'immigration massive des Juifs vers la Palestine au 20ème siècle ...Or ce pays comportait alors 690.000 habitants, dont ...seulement 90.000 Juifs issus des temps anciens ...et vivant le plus souvent en bonne intelligence avec les Chrétiens, minoritaires comme eux, et les Arabes musulmans, en raison de leur apparentement religieux (reconnaissance commune d'un seul Dieu d'Abraham et des Prophètes...et de Jérusalem comme Ville Sainte) ...Il aurait donc été judicieux, et même nécessaire en la circonstance, de négocier avec les musulmans majoritaires une installation d'immigrants juifs en nombre limité, proportionné autant que possible aux territoires encore peu mis en valeur (plateaux intérieurs, désert du Néguev...), d'autres immigrants pouvant rejoindre les diverses communautés juives à travers le monde, notamment celle des Etats-Unis ...Ainsi il aurait été possible de créer un Etat Palestinien "pluri-communautaire", à l'image du Liban voisin ...

   Tel ne fut pas le cas ...et quand arrivèrent 600.000 colons juifs après 1945, souvent issus des camps (Exodus...), obtenant ensuite de l'ONU la reconnaissance d'un "Etat d'Israël" en 1948, les Palestiniens musulmans (et certains chrétiens) - qui pourtant n'avaient été pour rien dans les camps d'extermination nazis -  préférérent s'exiler ...au nombre d'environ 1.000.000 de personnes, et les conflits se multiplièrent ...aboutissant à la situation actuelle : d'un côté les "Palestiniens" recourant à des attentats terroristes ...et de l'autre les "Israëliens" s'abritant (?) derrière un Mur, qui est, à lui seul, un symbole majeur de discrimination dans le monde ...émanant de la Communauté la plus discriminée dans l'Histoire...

   Discrimination qui ne peut être qu'une impasse tragique ...si les efforts conjoints des pacifistes israëliens et palestiniens - conscients de cette situation - ne parviennent pas à faire appliquer leur "Processus de Paix" élaboré en 2007... On ne peut que formuler l'espoir qu'avec le temps - à défaut d'initiatives courageuses - l'attachement à un même terre permettra de créer non pas deux Etats condamnés à se déchirer, comme dans le passé, mais un seul Etat "multi-communautaire", comme l'ont réalisé - au terme de difficultés et de conflits initiaux - des pays comme naguère la Suisse, ou plus récemment l'Afrique du Sud...

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 22:58
   Les arbres immortels ?...Qu'est-ce encore que cette histoire ? ...Les arbres - c'est bien connu - vivent en moins d'un siècle, à l'exception de rares espèces comme le chêne des pays tempérés, dont la célébrité est justement due au fait qu'il est parfois séculaire et fascine à ce titre les philosophes et les historiens...

   Et pourtant Francis Hallé, Professeur de Botanique à l'Université de Montpellier, révèle dans un article de la Revue Sciences et Avenir d'octobre 2008 que "les arbres ne sont pas programmés pour mourir"... Il rappelle d'abord que certains arbres à la surface de la Terre peuvent avoir plusieurs milliers d'années, comme le "Pinus longaeva" baptisé ...Mathusalem en Californie, âgé de 5000 ans (c'est-à-dire l'âge de la Pyramide de Chéops) ...Il est suivi de "peu" dans la même région par un "Sequoia supervirens", surnommé ...le Parthénon, âgé seulement de 3000 ans ...Mais cela n'est rien à côté d'un houx royal de Tasmanie, le "Lomatia tasmanica" vieux de 43.000 ans ( remontant à l'homme de Néandertal...), dont les troncs s'étalent sur 1200 mètres...

   Une telle durée n'est pas sans explication : le Professeur Hallé explique en effet "qu'une petite feuille en haut de la cime d'un vieil arbre ne présente aucune différence avec une feuille obtenue à partir d'un semis" ...Et alors ?...Eh!bien, cela signifie que les arbres ne sont pas soumis à un programme de sénescence, à la différence des animaux ...et donc des hommes, dont les cellules vieilles ne peuvent pas être comparées aux cellules jeunes ...Autrement dit, les arbres sont "potentiellement immortels" ...et si la plupart d'entre eux meurent néanmoins, c'est parce qu'ils subissent depuis toujours des agressions de la part des éléments matériels (vent, gel, incendie, etc...) ou des autres êtres vivants (plantes parasites, animaux  ...et hommes) ...Sinon ils pourraient vivre indéfiniment ... En termes scientifiques, le Professeur Hallé explique que "chez les hommes les gènes s'éteignent par un mécanisme bio-chimique connu sous le nom de méthylation, cause de la sénescence, tandis que, chez les arbres, "la croissance renouvelée de façon rythmique - saison après saison - libère des démétylases" , qui débarrassent les tissus jeunes des gènes éteints et permettent ainsi aux arbres de lutter contre le vieillissement ...CQFD !...Eh! oui...Ces arbres, que les hommes, dans leur orgueil, placent seulement au niveau élémentaire des êtres vivants où ils prétendent occuper le niveau supérieur, ...ont découvert ...de toute éternité ...le secret de la jeunesse, donc de l'immortalité !...

   Et ils réalisent d'autres exploits, les arbres !...Comme ils ne peuvent pas bouger - du moins pas encore - ils sont capables à leur sommet de capter les rayons ultra-violets - évités comme la peste par les hommes - ce qui leur permet des mutations génétiques les aidant par exemple à lutter contre les insectes, les changements climatiques, etc... Ils sont capables aussi d'émettre des molécules volatiles servant de germes pour la condensation de la vapeur d'eau, ce qui explique l'importance des précipitations au-dessus des forêts et inversement leur diminution quand celles-ci sont détruites...

   Car les hommes - dits civilisés - se comportent vraiment comme des sauvages envers les arbres, qu'ils ont détruits systématiquement depuis des millénaires pour la culture et l'élevage à leur profit, alors que les forêts les avaient abrités et nourris aux temps préhistoriques ... Et ils continuent impunément au Brésil, au Canada, en Alaska, en Sibérie...même si, en d'autres régions, la conscience de leur rôle s'éveille avec les "parcs naturels"... Car tout le monde n'a pas le détachement d'un Georges Brassens qui, avant de rejoindre le cimetière de Sète ...sous les cyprès, chantait :

               "Auprès de mon arbre...
               " Je vivais heureux ..."
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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 16:49

   La Résurrection est une notion indissociable de la croyance en un "au-delà", même si elle ne s'y confond pas... Elle existe "implicitement" des temps préhistoriques aux grandes civilisations antiques, avec les tombeaux garnis d'objets pour la vie éternelle dans les grottes ou les Pyramides ...Et elle est ensuite théorisée "explicitement" dans les grandes religions monothéistes, notamment dans la religion chrétienne, où la Résurrection, à partir de celle de Jésus-Christ, occupe une place fondamentale...

   Toutefois, sous ce vocable de Résurrection, se superposent des concepts différents rendant sa compréhension mystérieuse, ce qui n'a d'ailleurs rien de surprenant sur le plan spirituel :

   - L'Evangile de Jean - le seul des Evangiles canoniques, ce qui est déjà un symptôme - évoque la Résurrection de Lazare (Ch11-1/44) présentée comme un miracle révélateur du "messianisme" de Jésus-Christ ...Si on admet la réalité de ce miracle, il faut aussitôt constater que Lazare n'a lui-même laissé aucun témoignage, alors que celui-ci aurait été une illustration convaincante ...et comme la suite de l'Evangile reste muette sur son sort ultérieur, il va de soi qu'ensuite, il est ..."re-mort" ...Il y a donc un problème sur la nature de sa "résurrection", qui n'aurait donc été qu'une "ré-animation", un "retour à la vie terrestre", et non un "retour de l'au-delà"... Evidemment il y a aussi la solution de penser que cette résurrection n'a jamais eu lieu, et que l'Evangile de Jean - écrit à la fin du 1er siècle, où s'était développé un ésorérisme chrétien (le "gnosticisme") et étant non pas un livre d'histoire mais un texte théologique annonçant la "Bonne Nouvelle" du Royaume de Dieu" - a présenté ce récit comme une simple parabole en l'honneur de Jésus-Christ...

   - Tel n'est pas le cas de la Résurrection de Jésus-Christ lui-même, car elle est présentée comme une ré-apparition sous une forme "surnaturelle", après qu'il soit "descend
u aux enfers", c'est-à-dire au "Royaume des morts", le "Shéol" des Juifs ... Une forme "surnaturelle" par définition indéfinissable et mystérieuse, puisque ses anciens disciples ne le reconnaissent pas sur "le chemin d'Emmaüs" et qu'il sera ensuite enlevé ainsi au Ciel par l'Ascension (Marc 16/19) ...C'est d'ailleurs la même forme indéfinissable qui est prêtée aux mutiples "apparitions" de sa mère, la Vierge Marie, présentée comme son intercesseur ...Même incertitude en ce qui concerne les "interventions" prêtées aux "reliques" des Saints, dont la vénération était telle au Moyen-Age qu'elles faisaient alors l'objet d'un commerce et sont encore présentes dans de nombreuses églises, basiliques ou cathédrales... Bien sûr, comme pour la résurrection de Lazare, ces manifestations relèvent de la foi et non de la raison...

   - Il en est évidemment de même de la Résurrection promise à tous les hommes à la fin des temps, c'est-à-dire au "Jour" (?) du "Jugement dernier" ...Il n'en est pas moins possible de se poser des questions à ce propos ... D'abord celle de la "destination" : Paradis (séjour des bienheureux...), Enfer (au singulier : séjour des damnés...) ou Purgatoire (invention médiévale...) en fonction du comportement sur la Terre ..."Dieu" sait si ce problème a préoccupé les hommes longtemps soumis à l'Eglise, que ce soit de leur vivant (par exemple tradition de consacrer un enfant à la vie religieuse ...comme garantie pour le Ciel !), ou à l'article de la mort (mécréants recevant l'extrême-onction "au cas où" ...)... Mais aussi la question de la "forme" : en effet le "Credo" en usage depuis le 3ème siècle affirme "Je crois ...à la résurrection de la chair ...et à la vie éternelle" ...et, s'il y a une résurrection de la chair, cela veut-il dire que les milliards d'individus ayant vécu depuis les origines de l'homme ré-apparaîtront "en chair et en os" ? Où seront-ils ? Sur la Terre (manque de place...) ?...Au Ciel (en suspension...) ? ...Et sous quellle apparence de leur vie initiale (jeune, adulte, vieux ?...en bonne santé, perclus, infirme ?...etc) ...L'Eglise élude le problème par une interprétation théologique faisant de cette résurrection des hommes une résurrection semblable à celle de Jésus-Christ, où le corps et l'âme associés auraient une "réalité surnaturelle", les hommes étant en quelque sorte devenus des anges...

   Mais alors il y aura de quoi sourire, car ce sera vraiment "le monde à l'envers" ...un monde où on pourra dire des hommes : "Qui a fait la bête, fera l'ange" ... 

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 23:01

   La crise financière qui perturbe actuellement  le monde a au moins le mérite de révéler l'incertitude des théories économiques, puisque les partisans du "libéralisme" - et premier lieu les Etats-Unis - ne trouvent pas d'autre solution à leurs difficultés que de recourir à l'intervention de l'autorité politique, autrement dit à "l'étatisme"...

   Finance, économie, autorité politique ...Ce ne serait qu'un jeu de "chaises musicales", s'il s'agissait d'une symphonie ...Malheureusement les avis divergent à leur propos, au point de ne faire entendre qu'une cacophonie ...Il est donc nécessaire de mettre de l'ordre ou du moins de le rechercher dans les éléments de ce jeu :

   - Une analyse historique, même sommaire, montre que l'élément fondamental - au sens étymologique - est l'autorité politique. Qu'il s'agisse en France du colbertisme sous Louis XIV et du blocus continental de Napoléon 1er, ou des Empires coloniaux jusqu'au milieu du 20ème siècle, l'économie a été dépendante des Etats qui lui ont toujours fixé le cadre de son développement...
   - L'économie a néanmoins dans ce cadre ses règles propres de fonctionnement, reposant sur la production, le commerce et la consommation qui se sont mis en place progressivement à partir des formes initiales de l'autarcie et du troc ...Les échanges ainsi réalisés ont engendré l'utilisation de la monnaie, c'est-à-dire d'un instrument qui, sous diverses formes - or, papier fiduciaire ...jusqu'à l'informatique virtuelle, a servi de régulateur entre l'offre et la demande, justifiant la hausse ou la baisse des prix...
   - Mais la monnaie, dont le volume devrait normalement suivre l'évolution de l'économie, a donné lieu à des spéculations, c'est-à-dire à des calculs anticipant sur un progrès des bénéfices sans référence directe avec la production et la consommation ...Et c'est ainsi que des "bulles" ont pu grossir sans garantie matérielle, jusqu'au moment où elles ont éclaté ...Le plus souvent, il s'agit de mouvements limités des valeurs dans les diverses Bourses du monde (Londres, New-York, Paris, Tokyo ...) affectant certains secteurs ou certains produits en fonction des circonstances (exemple récent du prix du pétrole ou des céréales) ...Mais parfois le déséquilibre est tel qu'il donne lieu à une crise généralisée, comme celle de 1929...
   - Néanmoins la crise de septembre 2008 n'est pas identique à celle de 1929, bien qu'elle ait la même origine dans les Etats-Unis en raison de l'utilisation généralisée du crédit... En effet, la crise de 1929 s'était étendue au monde - ou du moins au "monde occidental" - parce que celui-ci était dominé par la pratique du libéralisme et que les Etats n'étaient pas armés pour corriger ses excès et s'étaient seulement préoccupés de traiter les conséquences sociales (aide aux plus déshérités, lutte contre le chômage) ...En septembre 2008, la spéculation s'était amplifiée depuis plusieurs années malgré le ralentissement de la croissance et les avertissements de techniciens avertis (1) et avait pris des proportions inconsidérées : les "traders" spécialisés dans les opérations boursières jouaient avec le feu, inventant toutes sortes de pratiques - rachat de créances, paris sur l'évolution des cours, etc - censées "doper le marché" (2)... Et ceci notamment aux Etats-Unis, où la FED (Réserve Fédérale) a non seulement pas joué son rôle de régulateur, mais aggravé la situation en laissant les banques proposer des emprunts pour l'achat de biens immobiliers à des gens sans ressources réelles misant de façon illusoire sur la croissance pour le remboursement de leurs traites (affaire des "subprimes")...
   - Alors on a vu les Etats, c'est-à-dire l'autorité politique, effrayés par le spectre d'un blocage de l'économie - résultant de la restriction brutale du crédit - et de l'émergence de difficultés sociales -déjà latentes avec l'affaiblissement du pouvoir d'achat - intervenir massivement pour redonner des "liquidités" à l'économie, c'est-à-dire "remettre de l'essence dans le moteur"...soit en nationalisant "de facto" des banques ou des compagnies d'assurances, soit en leur "avançant" des prêts massifs (Washigton Mutual aux Etats-Unis, Fortis au Bénélux, Bradford en Angleterre, Wachovia en Pologne, Hyporeal en Allemagne, Deixa en France en raison de ses investissements dans les finances locales, etc...). Bref, on assiste à la rentrée en force de "l'étatisme"...

   Est-ce à dire pour autant que les Etats doivent maintenant prendre ou reprendre la direction de l'économie, au niveau national comme au niveau international ?... Certainement pas , car on sait par expérience ce qu'a donné dans un passé encore récent l'intervention "étatique" dans l'économie, qu'il s'agisse de l'économie "planifiée" de l'ex-URSS entre 1917 et 1989...ou des "nationalisations" en France entre 1981 et 1990 ... Cependant, "Il serait opportun que les puissances publiques, relégitimées, ne se contentent pas de colmater les brèches. Il leur appartient de pousser l'avantage, non pour règler son compte au marché, car il est utile à l'économie, mais pour l'encadrer, assurer sa stabilité,, son efficacité et un minimum d'équité, car le mythe de l'auto-régulation ne tient plus. ...La politique a l'ONU, le commerce a l'OMC, pourquoi la finance n'aurait-elle  pas son propre gendarme ?..." (3)


(1) En âoût 2008, l'un d'entre eux manifestait le souhait - non exaucé - de partir à la retraite avant que "le château de cartes ne s'écroule"...

(2) Fin 2007, la France a eu un bel exemple de la pratique des "traders" avec l'histoire de la perte de 5 milliards d'euros par la Société Générale...

(3) Citation de la conclusion d'un article de Paul Burel dans le journal Ouest-France du 30 septembre 2008...

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 16:57

   S'il y a un scandale de la Poste, ce n'est assurément pas celui de son personnel qui, depuis l'institution d'un "monopole postal" par Napoléon en 1801 devenu le service public des PTT en 1881, assure son fonctionnement dans des conditions méritoires et bénéficie d'une sympathie générale ...Les Français aiment leurs "facteurs", même s'ils sont devenus depuis quelque temps des  ..."préposés", à qui ils donnent toujours leurs étrennes en échange de leur "almanach"...

   Le scandale se trouve en fait dans les conditions de fonctionnement de la Poste, qui suscitent un mécontentement croissant :
   - De la part des utilisateurs supportant de moins en moins les attentes souvent longues aux guichets et les retards fréquents du courrier, certaines entreprises, notamment de vente par correspondance, ayant même organisé leur propre service de distribution ... La Poste a d'ailleurs elle-même institutionnalisé ces retards, par la création du fameux "courrier lent" allant à l'encontre du principe ancien d'un acheminement le plus rapide possible...
   - De la part des employés contraints d'effectuer des tâches de plus en plus nombreuses et complexes avec des effectifs insuffisants ou inadaptés, à fortiori depuis l'application des "35 heures" ayant compliqué leur service, et ceci dans des conditions de carrière et de rémunération peu gratifiantes...
   - Mais aussi de l'Etat
dont les responsables ne peuvent continuer à combler le déficit du secteur courrier (3 milliards d'euros en 2003) en raison de l'importance de la Dette publique, alors que la filiale de la Banque postale (créée en 2006) doit parallèlement faire face à la rivalité des grandes banques en voie de regroupement (BNP-Paribas, Crédit Agricole et Crédit Lyonnais, CIC et Crédit Mutuel)...
   - Mais encore de la part de l'Europe, dont la Commission a déjà eu l'occasion d'engager contre la France une procédure d'infraction devant la Cour de Justice pour le retard apporté à la régulation postale en vue l'ouverture à la concurrence devant conduire à une libéralisation totale du marché dit "ubiversel" en 2011...

   Cette conjonction de problèmes rend donc urgente une solution acceptable par toutes les parties concernées ...Tel n'est pas le cas jusqu'à présent, dans la mesure où les projets en cours privilégient essentiellement la "rentabilité" financière de la Poste au dépens de son "intérêt social" :
   * Réduction du nombre des bureaux ou de leurs heures d'ouverture en fonction de leur fréquentation ...Autrement dit, le public des secteurs moins peuplés - notamment ruraux - devront se déplacer plus loin et dans des créneaux limités, alors que leurs boîtes aux lettres ont déjà été regroupées ...Ce n'est plus la Poste qui ira au public, mais le public qui ira à la poste de façon contraignante ...Comme l'a souligné un "facteur" interrogé à l'occasion de la grève du 23 septembre : "il y a des petits vieux isolés et impotents dans mon secteur, et je suis parfois la seule personne avec qui ils parlent de la journée ...Nous sommes un lien social"...
   * Réforme du système de distribution au nom d'un meilleur rendement ...Ainsi les tournées seront chronométrées, ce qui signifie une fatigue accrue pour le personnel ...comme si le fait de "tailler une bavette" ou boire un verre" était une faute professionnelle...

   Inversement, il faut convenir que les personnels  ne prennent pas suffisamment en compte la nécessité d'un redressement financier de la Poste, et leur opposition à une "privatisation" - même partielle et contrôlée par l'Etat - peut être suicidaire ...En effet, la Poste ne peut pas échapper à l'ouverture totale à la concurrence en 2011, et elle devra alors faire face aux services postaux des autres pays, notamment ceux de l'Allemagne (Deutsche Post 1ère en Europe) et des Pays-Bas, engagés depuis logtemps dans la voie de la modernisation et déjà très "agressifs" ...Et, comme elle ne peut compter ni sur l'Etat - lui-même endetté et contraint à des restrictions budgétaires par la crise financière de Septembre 2008 - ni sur une augmentation importante des tarifs qui affecteraient le pouvoir d'achat des Français, le recours à des financements privés dans le cadre d'une Société anonyme est pratiquement inévitable ...Certes, les personnels peuvent craindre alors une diminution ou du moins un reclassement, mais le danger serait pire si la Poste s'enterrait seule dans son déficit ...Et il faut tout de même rappeler que la "privatisation" a donné des résultats positifs dans des anciennes entreprises nationales comme Air France, GDF, EDF (qui est en train de racheter British Energy...), ou encore France-Télécom (naguère intégrée aux PTT...

   Dans cette perspective, la mise en place d'un "Contrat de Service Public de la Poste" par le Gouvernement le 22 juillet 2008 devrait apparaître comme une garantie suffisante, si des précautions sont prises... D'où l'intérêt de la réunion d'une Commission dite "Ailleret" à partir du vendredi 26 septembre 2008, pour étudier les problèmes encore en instance, avec la participation de députés et sénateurs, de représentants d'associations de consommateurs, de sociétés de ventes par correspondance et de la presse écrite concernée par la distribution des journaux et revues... Peut-être pourrait-on rompre avec les habitudes adminitratives, par exemple en instaurant dans les petits bourgs des fonctionnaires polyvalents chargés de services actuellement séparés (poste, finance, administration générale...), ce qui concilierait la "rationalisation" et le "maintien local"... Quand il s'agit de maintenir le "lien social", il ne faut pas hésiter à faire des ..."propositions audacieuses" !

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 09:16

   Il paraît que les Français ne connaissent pas la Géographie ...mais ce dicton populaire est de plus en plus faux en raison de la mondialisation de l'information ...En fait, les Français ignorent surtout l'Economie, et ils ont des excuses, car les "économistes" eux-mêmes ne s'y retrouvent pas, à en juger par l'incertitude de leurs analyses sur la crise financière qui ébranle actuellement le monde...

   Pourtant cette crise financière n'est pas nouvelle, puisque l'économie mondiale est régulièrement affectée par des secousses mettant en cause son équilibre, la plus importante ayant été la crise de 1929 ...et la plus récente ayant été l'éclatement de le "bulle Internet" en 2002... Et, dans tous les cas, elle a la même origine, à savoir les Etats-Unis, qui symbolisent "l'économie libérale", c'est-à-dire une économie fonctionnant en toute liberté par le jeu de l'offre et de la demande - du moins en principe - sans l'intervention d'organismes extérieurs, politiques ou juridiques... Il est donc logique de s'interroger sur la valeur d'un tel système...

  D'abord, ce n'est pas par hasard que ce genre de crise éclate toujours aux Etats-Unis, car il est notoire que leurs citoyens vivent essentiellement "à crédit" ... Ce comportement favorise la continuité de la croissance économique, en assurant les débouchés nécessaires à la production, mais il comporte des risques, s'il ne fait pas l'objet de "garde-fous" ...Or,en l'occurrence, pour éviter la récession après la secousse de 2002, la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED) n'a rien trouvé de mieux qu'une baisse brutale des taux d'intérêt de prêt ...permettant ainsi à leurs citoyens de continuer à s'endetter, alors qu'il aurait fallu faire le contraire, ou du moins freiner cette pratique ...Pire encore, la FED a encouragé les banques à prêter "à-tout-va", y compris à des gens insolvables qui, par souci de leur bien-être, n'hésitaient pas à acheter des biens immobiliers en escomptant rembourser leurs échéances par les "plus-values" espérées... Malheureusement, la "bulle" ainsi gonflée sans garantie matérielle a fini par éclater (affaire des "subprimes") ...et non seulement les emprunteurs ont dû vendre leurs biens hypothéqués à bas prix - quand ils y parvenaient - mais les banques elles-mêmes ont été mises en difficulté ...et on est passé ainsi des petites faillites ...aux grandes faillites qui maintenant défraient la chronique, comme celle de Lehman Brothers considérée naguère comme "le fleuron de la finance américaine et mondiale", ...d'autres Sociétés ne devant d'ailleurs leur salut - peut-être seulement provisoire - qu'au rachat par d'autres groupes (ex: Merril Lynch par Bank of America)...ou à une nationalisation de fait par l'Etat Fédéral (ex: les Assurances AIG)...

   Néanmoins, le problème n'aurait eu qu'une importance limitée s'il n'avait concerné que les Etats-Unis... L'ennui est que les Etats-Unis sont encore la 1ère puissance économique du monde, et que le dollar reste la principale monnaie d'échange internationale ...en dépit de son affaiblissement qui, d'ailleurs, encourage son utilisation de préférence à des monnaies plus fortes comme l'euro (ex :la vente des avions d'EADS pour la France) ...La crise financière des Etats-Unis est ainsi exportée, de sorte que les cours des actions baissent dans toutes les Bourses (Londres, Paris, Tokyo...) et que les banques remontent partout leurs taux d'intérêts, déclenchant le "cycle infernal" : diminution des crédits, baisse de la consommation, limitation de la production, frein au recrutement et même montée du chômage suivant les secteurs ... Comme d'habitude, "les puissants boivent "(le bouillon...) et les "faibles trinquent"... Et le Fonds Monétaire International (dirigé par le socialiste français Strauss-Kahn...) ne peut que constater les dégâts, en soulignant l'inéluctable ralentissement de la croissance mondiale...

   Dan ces conditions, c'est l'organisation même de l'Economie qui est mise en question, puisqu'on ne sait manifestement plus comment choisir entre le maintien du "libéralisme" ou l'intervention des autorités politiques, c'est-à-dire "l'étatisme" ...A ce titre, on peut citer le jugement porté par Denis Viénot, ancien Président de Caritas Internationalis : "Ce qui est en cause, c'est à la fois la politique ultra-libérale d'un pays et la tolérance invraisemblable de la communauté internationale. Cela traduit la folie et les erreurs de cette idéologie. Quand les mécanismes financiers ont perdu la boussole, on est en droit de se poser des questions éthiques sur le rôle de l'Etat, sur la déficience des autorités de contrôle aussi bien au niveau national qu'international"... Car, dans toute cette affaire, on a vraiment l'impression que c'est ..."l'Economie pour les Nuls" !

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