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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 10:58

   Jésus est assurément l'un des personnages les plus importants de l'histoire de l'humanité... Sa date de naissance s'est progressivement imposée à l'ensemble du globe pour le décompte du temps ...et sa vie terrestre, pourtant courte (33 ans), a suscité depuis des siècles une quantité innombrable d'ouvrages.
   
   La publication du livre de l'américain James Tabor (1) "La véritable histoire de Jésus" (Editions Robert Laffont 2007) n'a donc à priori rien d'extraordinaire...Elle se distingue néanmoins par le fait que l'auteur écarte délibérément tout dogme théologique, c'est-à-dire une manifestation transcendante et "divine", et s'en tient strictement à une étude historique, celle d'un "homme" qui, en dépit de son caractère exceptionnel, reste pour lui ce qu'il appelle un "être de chair" :

   - Cela commence par la "conception" même de Jésus... Marie n'étant que "fiancée" à Joseph avant son accouchement à Bethléem (Luc 2/5), on peut supposer que l'enfant n'a pas été conçu par ..."l'opération du Saint-Esprit", et l'auteur évoque même une hypothèse ancienne d'une liaison ou d'un viol avec un soldat romain, Pantera, - Joseph ayant eu la générosité de sauver Marie de la honte en l'épousant et en adoptant l'enfant...

   - Après la naissance de Jésus, Marie aurait eu d'autres enfants - dont 3 fils Jacques, Simon et Jude, qui sont d'ailleurs cités dans les Evangiles comme les "frères" de Jésus (Marc 6/3)... Comme Joseph disparaît des textes après la Présentation au Temple, il est possible que, conformément à la règle juive du "lévirat" imposant au frère d'un défunt d'épouser la veuve, Marie ait été remariée après le décès éventuel de Joseph à son frère Clophas, cité à plusieurs reprises dans son entourage...

   - L'auteur reconnaît ensuite que l'enfance et la jeunesse de Jésus jusqu'à 30 ans est mal connue, mais il suppose que Jésus a suivi le métier de Joseph et de Clophas, puisque, plus tard dans ses voyages, il sera reconnu ...et mal reçu à Nazareth où il avait vécu : "N'est-ce pas le fils du charpentier ?" (Matthieu 13/5), un charpentier qui a certainement travaillé dans les villes alors construites en Galilée par les Romains à Sepphoris et Tibériade, donc avec un statut social modeste qui expliquerait sa compassion pour les pauvres et son mépris des riches...

   - Jésus a toujours été dans le domaine religieux un juif pratiquant et n'a jamais été ..."chrétien", au sens de vouloir créer une "nouvelle religion"...Il a suivi à la fois l'exemple et l'enseignement de Jean-Baptiste, en qui il reconnaît "plus qu'un prophète" (Luc 7/26), c'est-à-dire un ..."Messie", ce qui signifie un envoyé de Dieu "oint par le Seigneur"... L'auteur rappelle à ce propos que le baptême et le "Notre Père" ont été institués par Jean-Baptiste...

   - Jésus ne commence réellement son enseignement qu'après l'exécution de Jean-Baptiste par le "roi" Hérode Antipas soucieux d'éliminer un "révolutionnaire" dangereux dans cette Palestine agitée où les Juifs ne reconnaissent pas sa "royauté" qui n'est pas issue de David... Jésus prend donc le relais de son ..."maître" et s'entoure alors de fidèles, notamment de 12 apôtres symbolisant les 12 tribus anciennes d'Israël... Il a d'autant plus de succès auprès des "foules" qu'il prêche la solidarité et manifeste des dons de guérisseur qui sont aussi d'exorciste, puisque la maladie était alors considérée comme possession du démon...

   - Mais pour autant Jésus n'affirme jamais qu'il est "Fils de Dieu" (l'appel à Dieu comme son Père est une marque de piété et non de "filiation")... Et, s'il parle du "Royaume de Dieu", c'est pour annoncer des temps nouveaux où les Juifs ne seront plus soumis à l'occupation romaine et retrouveront le "trône de David"... Mais précisément les Romains et leurs "collaborateurs" locaux - surtout les prêtres sadducéens - craignent par dessus tout un retour de la dynastie de David à laquelle Jésus est apparentée par ses parents... et c'est la raison essentielle pour laquelle, en raison de sa popularité (cf son entrée à Jérusalem...) Jésus est rapidement arrêté, jugé et exécuté de façon ignominieuse ...sans que Dieu intervienne : "Eloï, Eloï...Lama Sabactani " - Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné... (Matthieu 27/46-50)

   - L'histoire pourrait s'arrêter là, car ce n'est ni la 1ère fois ni la dernière fois que les Romains, en cette époque de "messianisme" intense chez les Juifs, exécutent des chefs rebelles...L'historien juif Flavius Josèphe en dénombre une douzaine, dont le dernier sera Bar Kochba en 135... De surcroît, s'agissant de Jésus, le tombeau provisoire où il avait été enterré à la hâte est retrouvé vide 3 jours après, car son corps a peut-être été transféré en secret en un autre lieu (2) pour éviter une manifestation de fidèles... et d'ailleurs ceux-ci, craignant pour leur propre vie, se sont dispersés...

   Mais l'histoire rebondit... Le danger passé, les "Nazaréens" (1ère appellation des fidèles) reviennent à Jérusalem et se regroupent "naturellement" autour de Jacques, frère puîné de Jésus : ce sont essentiellement des Juifs, respectueux comme Jésus des prescriptions de la "Loi"(ex: sabbat)...mais ils la dépassent par la "Foi" dans le "Royaume de Dieu" annoncé par Jésus comme proche, ce que refusent les Juifs orthodoxes... Alors il n'est pas encore question de la "Résurrection" de Jésus, et certains apôtres (comme Thomas) sont retournés à leurs activités anciennes (Jean 21/2-3)... 

   La notion de "Résurrection" n'apparaît qu'avec Saül devenu Paul, ancien persécuteur des Nazaréens (martyre d'Etienne)... qui a une vision du "Christ ressuscité" sur le chemin de Damas (vers 36), et va alors , avec la force d'un nouveau converti, se faire "l'Apôtre des Gentils", c'est-à-dire des "Non-Juifs"...et donner ainsi, à la faveur de nombreux voyages assortis de la création de nombreuses "communautés", sa 1ère forme à "l'Eglise"...ce qui fait de lui le véritable fondateur du "christianisme". Il est d'ailleurs l'auteur des 1ers textes du futur Nouveau Testament (Epîtres) car les Evangiles canoniques (Marc, Matthieu, Luc et Jean) ne seront écrits que dans le demi-siècle suivant son exécution avec Pierre à Rome sous Néron (62-64)... Le dogme chrétien, largement influencé par Paul, prendra alors sa forme connue évoquant "Jésus, conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie...qui a été crucifié, est mort, a été enseveli...a ressuscité le 3ème jour, est monté au ciel où il est assis à la droite du Père"... Cette théologie, étant fondée sur la "Foi" avec ce que cela comporte de mysticisme, échappe au "raisonnement " humain... Mais elle peut néanmoins donner lieu à des observations "historiques" :

   - Le dogme n'a cessé de varier ou d'évoluer depuis deux millénaires, ce qui s'est traduit par des "courants" nombreux et parfois contradictoires, en particulier sur un problème aussi fondamental que la "nature" de Jésus : à la doctrine devenue officielle du "vrai homme et vrai Dieu" se sont opposées des "hérésies", de l'arianisme niant la divinité de Jésus au monophysisme ne reconnaissant que le caractère divin... Et il serait trop long d'évoquer toutes les "églises" (chaldéenne, maronite, etc) se différenciant par des points de doctrine, ou s'étant séparées du "catholicisme" (Orthodoxes, Protestants, Evangélistes...)

   - Les personnages de Jean-Baptiste et de Jacques ont été "marginalisés", le 1er parce qu'il était difficile pour l'Eglise d'admettre que Jésus ait pu être son "élève" (elle en a fait seulement un "précurseur"), et le 2nd parce qu'il était également difficile de reconnaître que Pierre, fondateur de l'Eglise romaine et ...1er "Pape", avait reconnu, ainsi que Paul, son principal inspirateur, ...l'autorité de Jacques au premier Concile réuni à Jérusalem (50)...

   - Inversement, le personnage de Marie a pris des proportions sans commune mesure avec son rôle modeste... Elle a certainement accompagné Jésus jusqu'à sa mort, et elle a ensuite été honorée par les fidèles, notamment l'apôtre Jean... Mais la "divinisation" de son fils a conduit l'Eglise non seulement à la notion de "conception virginale" mais à la "virginité absolue", le corollaire un peu "facile" étant d'affirmer que les "frères" cités dans les Evangiles étaient en fait des "cousins" ou des ..."beaux-frères"... En fait, il apparaît que ces affirmations de "virginité" sont surtout la traduction de la "satanisation" de l'acte sexuel au Moyen-Age, ce qui n'était pas du tout le cas dans la Palestine antique...Or ce souci de purifier Marie du démon a été jusqu'à faire au 19ème siècle un dogme de "l'Immaculée Conception", c'est-à-dire d'affirmer qu'elle avait elle-même été conçue sans la trace du péché originel, pour pouvoir porter l'enfant Jésus sans ombre...

   Jésus a donc été certainement un personnage admirable, dont l'enseignement "humaniste" mérite le respect... Mais que d'histoires - bien "humaines"...Mon Dieu ! - on a racontées en son nom !...


(1) Chef du Département d'Etudes religieuses à l'Université de Caroline du Nord 

(2) Controverse actuelle à propos de la découverte de la "tombe de Talpiot" sur le Mont des Oliviers près de Jérusalem (1996), comportant un ossuaire avec la mention "Jésus fils de Joseph", car l'Eglise ne peut évidemment pas admettre, même comme simple hypothèse, que les ossements aient pu être ceux de Jésus...

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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 23:54
   Le "Centre" a toujours eu bonne presse, en France comme à l'étranger, car il symbolise "l'équidistance", c'est-à-dire l'égalité et le rassemblement autour d'un point, - à l'opposé des "extrêmes", qui représentent la séparation et l'intolérance. C'est au "centre" que se retrouvent le plus souvent les activités humaines : la mairie est au centre des communes, et on parle de centre commercial et de centre culturel... Quant aux partis politiques, ils ont souvent pris le nom de "Centre", comme le Centre National des Indépendants d'Anroine Pinay en 1952 ou le Centre Démocrate de Jean Lecanuet en 1966... et , sous des appellations voisines comme "Union", les responsables ont affirmé que "la France doit être gouvernée au centre", comme Valéry Giscard d'Estaing avec l'UDF en 1978...
   
   Il n'en est pas moins vrai qu'avec la Constitution de 1958, et plus encore avec l'élection du Président de la République au suffrage universel comportant le maintien des deux premiers  candidats au second tour, la vie politique s'est cristallisée non pas au "centre" mais autour de "deux pôles" - libéral et social - entre lesquels le corps électoral a assuré jusqu'à présent l'équilibre par des alternances répétées dans les deux sens, même s'il y a eu des distorsions entre la majorité présidentielle et la majorité législative entraînant des "co-habitations"...

   On peut donc s'interroger en toute logique sur l'opportunité et donc sur les chances de succès de la tentative actuellement entreprise par François Bayrou pour créer - en fait pour re-créer - un "Centre Démocrate" assurant une indépendance des opinions et des choix vis-à-vis du clivage jugé contraignant entre la "Droite" et la "Gauche"... La démarche est certes séduisante, et elle rencontre l'enthousiasme de citoyens soucieux d'un renouvellement de la vie politique (*)... Mais cette démarche est également ambiguë :
   - Sur le plan théorique, elle se veut prioritairement "démocrate", mais ce qualificatif peut difficilement être dénié aux deux  partis actuellement dominants - UMP et PS - et d'autre part elle ne pourra pas concilier les oppositions fondamentales sur des sujets importants - comme les retraites ou les privatisations... Il en résulte que l'indépendance risque de tourner souvent à l'opportunisme , comme le reconnaît pratiquement François Bayrou quand  il affirme que "les démocrates noueront des alliances au cas par cas avec tous ceux qui acceptent le pluralisme et les majorités de rassemblement qui dépassent les frontières de leur camp"...
   - Sur le plan pratique, elle ne dispose pas actuellement d'espace politique : à "droite", Nicolas Sarkozy dispose d'une popularité dépassant 50%... La plus grande partie de l'UDF a été absorbée par l'UMP... et la plupart des députés restés "centristes" sont alliés à celle-ci dans le "Nouveau Centre" ... Les "Radicaux résiduels" de droite comme de gauche cherchent à se réunir entre eux... Enfin le P.S. opère actuellement une évolution vers le ...centre "gauche" ... Et tout cela dans la perspective des prochaines élections municipales, où les élus en place grâce à l'UMP ne seront pas disposés à "lâcher la proie pour l'ombre"...

   Et, de surcroît, la difficulté "d'être au centre" n'est pas, pour une fois, une spécialité française : en Angleterre comme en Allemagne, les "centristes" appelés "libéraux" dans ces pays sont régulièrement laminés...

   Alors, vous avez dit  "Centre" ?... Quel "Centre" ?... Le Centre - chacun le sait - est  le "milieu"... et, en l'occurrence, il risque fort d'être le milieu de nulle part, c'est-à-dire ...Rien ...ou presque rien...


(*) Voir par exemple 
http://propositions-audacieuses.over-blog.com  - Rubrique Editoriaux
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 15:22

   Ainsi, il a suffi que François Fillon Premier Ministre, affirme que "la réforme des régimes spéciaux de retraite est prête et n'attende qu'un signe du Président Nicolas Sarkozy"   ...et que celui-ci, soucieux de la nécessité d'une concertation avec les syndicats, fasse savoir "qu'un peu de méthode ne nuit pas à la solution des problèmes" ...pour que les médias parlent de "cacophonie" à la tête de l'Etat....

 

   Ce n'est assurément pas la 1ère fois - ni certainement la dernière - que "l'incertitude" règne dans le partage des responsabilités entre un Président et son Premier Ministre... Cette incertitude tient son origine dans la Constitution même de la 5ème République, puisque celle-ci confie la "direction de l'Etat" au Président conformément à l'article 5 mais prévoit aussi à l'article 20 que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation", ...instituant ainsi un régime mixte mi-parlementaire mi-présidentiel... L'élection du Président au suffrage universel à partir de 1965 a certes renforcé la "présidentialisation" en cas de concordance électorale avec l'Assemblée, ...mais les "cohabitations" ultérieures - dans les 2 sens - ont montré qu'une majorité non concordante à l'Assemblée ramenait alors le pouvoir réel vers le 1er Ministre...

   Mais la collaboration entre le Président et le 1er Ministre n'est pas seulement une question d'institutions, elle est aussi une question de "personnes"... Au début, avec le Général De Gaulle, il n'y avait pas d'ambiguïté, en raison de la "dimension historique" de l'homme du 18 juin, ...et lui-même avait déclaré un jour à Alain Peyrefitte, Ministre de l'information,  : "Arrêtez de me dire que le 1er Ministre est le chef du gouvernement...le chef du gouvernement, c'est moi !" (CQFD...). Plus tard, Georges Pompidou a la même attitude quand il "démissionne" Jacques Chaban-Delmas, dont la "Nouvelle Société" l'importunait... Et, plus tard encore, François Mitterrand s'entendra fort bien avec l'ondoyant Edouard Balladur, du camp opposé au sien, alors que la cohabitation avait été difficile auparavant avec Michel Rocard, socialiste "comme lui" (?)...Et s'il ne s'accorde pas avec Jacques Chirac, il apprécie néanmoins en lui un "animal politique" à sa ressemblance, au point de favoriser discrètement son élection contre Lionel Jospin en 1995...

   La collaboration entre le Président et le 1er Ministre ne peut donc pas relever de la "théorie", puisqu'elle est essentiellement une "pratique" . Quoi qu'il arrive, les deux "partenaires" doivent trouver un terrain d'entente pour cause de "raison d'Etat" :

   - Le Président assure la direction de l'Etat qu'il représente, mais il ne doit ...ni concentrer tous les pouvoirs - tous ceux qui, à des niveaux divers, ont exercé des responsabilités savent qu'il faut toujours laissé aux "mandants" une possibilité d'appel à une autorité supérieure, sous peine de blocage - ...ni déléguer abusivement ses pouvoirs, ce qui peut être un facteur d'intrigues et d'immobilisme...

   - Le 1er Ministre assure la gestion des affaires courantes, et il doit donc être le "collaborateur" privilégié du Président : cela signifie d'une part qu'il ne doit pas être supplanté dans ce rôle par "l'entourage" du Président... mais aussi, d'autre part, qu'il ne doit pas considérer sa fonction  comme un marchepied  pour devenir à son tour Président, l'expérience ayant toujours montré jusqu'à présent qu'un 1er ministre en exercice échouait dans une telle candidature, étant le "fusible" canalisant les mécontentements...

   C'est à cette "aune", et non sur de simples propos, qu'il faut donc apprécier les relations entre le Président Sarkozy et le 1er Ministre Fillon...

   Conclusion : "Chef" et "Sous-Chef"...Chacun à sa place... Et les "vaches" (pardon, les Français...) seront bien gardées !...

  

 

 

 

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 23:10

   Non, il ne s'agit pas de philosopher sur une oeuvre de Jean-Paul Sartre, mais de discuter, sur le même thème des rapports de Dieu et du Diable, d'un dossier présenté par la Revue du "Monde de la Bible" de septembre-Octobre 2007, faisant du Diable une invention humaine et lui attribuant donc une "existence" ...sans "essence"...

   Il est évident que les religions "monothéistes", étant fondées sur le principe d'un Dieu unique, accordent à celui-ci une puissance exclusive... Pour le judaïsme, Yaveh, ayant créé le monde, est la source des bonnes comme des mauvaises choses, dont il use en fonction du comportement des hommes... Le christianisme, de son côté,  évoque le Père Eternel qui, à travers la Trinité, manifeste sa sollicitude envers les hommes... Et l'islamisme est fondé sur l'affirmation de la seule volonté d'Allah, dont Mahomet n'est que le Prophète...

   Néanmoins, le Diable, sous des noms divers (Satan, Belzébuth, Lucifer, Bélial, Démon, Asmodée, etc...), est présent dans les 3 religions : dans la Bible hébraïque (Ancien Testament), le Prophète Zacharie évoque Satan qui "se dresse contre Israël" (Chroniques 21-1)... Dans les textes chrétiens (Nouveau Testament), Jésus est aux prises avec le Démon qui le défie dans le désert et il pratique contre lui des exorcismes qui contribuent à sa célébrité... Et le Coran lui-même parle de génies malfaisants ou "djinns"... 

   Cette "permanence" du Diable, sous quelque forme que ce soit, n'est à vrai-dire pas surprenante, si on se réfère aux religions anciennes qui se sont développées et ont longtemps perduré dans le Moyen-Orient sur la base d'un dualisme fondamental entre un Dieu du Bien et d'un Dieu du Mal : A Babylone Mardouk contre Tiamat, ...en Phénicie Baal contre Môt, ...et en Perse, la religion de Zoroastre (Zarathoustra) opposant la Lumière d'Ahura-Mazda aux Ténèbres d'Ahriman, qui connaît d'ailleurs un renouveau au 3ème siécla après JC avec le Prophète Mani, dont le nom a donné le "manichéisme"...

   En tout état de cause, qu'il y ait "unitarisme" ou "dualisme", il est frappant de constater que ces "puissances" - bénéfiques ou maléfiques - sont toujours "personnalisées"... D'ailleurs la Bible elle-même affirme que "Dieu a fait l'homme à son image", et comme l'homme se définit dans des "personnes", on peut en conclure logiquelment à la "personnalité" de Dieu... Certes les juifs et les musulmans se refusent à "représenter" Dieu,  mais ils s'adressent à lui comme à une personne... Et dans la Bible, Dieu lui-même, répondant à Moïse, affirme : Je suis celui qui est" (Exode 3-14) ... Les chrétiens vont plus loin, avec la notion de Trinité, c'est-à-dire de Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit... et ils n'hésitent pas à les "représenter" sous des formes d'ailleurs conventionnelles ( comme Dieu le Père en vieillard barbu...), de même qu'ils "représentent" le Diable (par exemple sous la forme d'un monstre aux pieds fourchus...)

   Cette "personnification" de Dieu et du Diable pose alors le problème de la nature de "l'Au-Delà" inaccessible aux hommes... car la personnification est en fait une "humanisation"... Autrement dit, qu'y-a-t-il ...au delà de la notion personnifiée de Dieu ...et du Diable ?... Y-a-t-il une "Immanence", un "Absolu", une "Autre dimension" transcendante, "l'Etre", ...à l'image du "Nirvana" du Bouddhisme qui est justement une religion ...sans Dieu ?...

   Ou n'y a-t-il tout simplement ..."Rien" , c'est-à-dire le "Néant"?... Une étude de la Revue Science-et-Vie de Septembre 2007 sur le Cerveau humain révèle des "potentialités" encore inconnues de celui-ci, et évoque notamment la propension de certains neurones à secréter le mysticisme, mais aussi à se dérégler pour donner ...la folie, ce qui rejoint la proximité parfois soulignée entre les deux notions... Et si "l'Au-delà" n'était qu'une création du cerveau humain ?...Et si, par conséquent, c'était "l'homme qui avait fait Dieu à son image" ?... Alors , il n'y aurait plus ni Dieu ni  Diable... Tout serait "illusion", comme le rêve dans le sommeil......

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Published by Jean Daumont - dans Religion
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 23:40

   En ce jour de Rentrée, il est de bon ton d'y aller de son avis sur l'Education Nationale, et cet avis est le plus souvent que celle-ci court à sa perte, la justification la plus courante étant que près de la moitié des élèves ne maîtrise pas les bases élémentaires du français et du calcul à la sortie de l'école primaire...

   Comme je suis personnellement un ancien membre de la "corporation" y ayant exercé des responsabilités et m'étant fréquemment opposé à son évolution depuis ...un demi-siècle, chacun va penser que je suis prêt à en "remettre une couche" dans la critique des membres de cette institution...

   Je ne le ferai pas... Bien sûr, la situation de l'Education Nationale n'est guère brillante et ne peut certes pas être donnée en exemple pour le monde, en raison des "dysfonctionnements" nombreux qui affectent la formation des jeunes et la gestion des personnels... Mais il est trop facile de s'en prendre aux professeurs et administrateurs des établissements de base, alors que le mal est venu d'en haut, c'est-à-dire des gouvernements qui se sont succédés - de "droite" comme de "gauche- depuis un demi-siècle... L'ébranlement est venu - on ne le répétera jamais assez - des "événements de Mai 1968" qui, en l'occurence, avait sanctionné "l'immobilisme" des responsables devant la poussée d'une nouvelle génération plus nombreuse... Mais ce n'était pas une raison pour "tout lâcher", sous prétexte que les "jeunes" ( et des adultes complices...) avaient proclamé "qu'il était interdit d'interdire" et autres billevesées...Car, par pure démagogie, on vit alors se succéder des "Réformes" ruinant au lieu d'aménager les structures antérieures, entre autres la Réforme d'Edgar Faure - sapant "l'autorité" des cadres par un recours à "l'autogestion" -, la Réforme Haby instituant le "Collège Unique" sous le prétexte "égalitaire" de mettre tous les élèves dans le même moule, ...et plus tard la Réforme Jospin interdisant sans contrepartie le redoublement à l'intérieur de chaque cycle...

   Dans ces conditions, on peut sinon se féliciter du moins être soulagé que l'Education Nationale soit restée debout... Un Inpecteur m'avait naguère rapporté qu'à un mauvais professeur il avait déclaré : "Heureusement, les élèves apprendront malgré vous"... On peut appliquer cette formule à l'envers pour la majorité des enseignants qui reste de qualité : par leur dévouement et leur savoir-faire, ils "ont gardé la maison" malgré des directives néfastes,...même s'ils le font autrement que leurs prédécesseurs d'il y a 40 ans... Alors que ces derniers accordaient beaucoup de place aux "principes" - poussés en cela par "l'idéologie" régnante de syndicats tout puissants dans le "mammouth" - il apparaît désormais que les enseignants ont un comportement beaucoup plus "pragmatique" et privilégient une "solidarité à la base" devant les difficultés de leur métier aux consignes de syndicats en perte de vitesse...

   Dans un tel contexte, il est donc injuste de s'en prendre aux enseignants et parfois même d'affirmer qu'ils sont suffisamment payés en considération de la multiplicité de leurs vacances et de l'insuffisance de leurs résultats... C'est oublier un peu vite quelques vérités élémentaires :

   - La comparaison des niveaux des élèves depuis un demi-siècle est douteuse, car dans les années 1950 une forte minorité d'élèves n'entrait pas en 6ème (examen) et continuait l'école jusqu'au Certificat d'études, certains étant alors orientés vers des Centres d'apprentissage...

   - La formation des maîtres a été compromise, souvent à leur corps défendant, dans les tristement célèbres IUFM (Intituts Universitaires de Formation des Maîtres) où a été enseignée une pédagogie privilégiant le "plaisir" à "l'effort" et bannissant à ce titre la notation - jugée "traumatisante" - et le travail individuel , noyé dans le "travail en groupe" jugé plus "socialisant"...

   - Les horaires et programmes n'ont pas fait l'objet d''un aménagement cohérent en fonction de l'évolution des structures et des mentalités, de sorte que les élèves français ont à la fois plus d'heures de cours et plus de notions à apprendre que dans la plupart des pays européens comparables, sans pour autant avoir de meilleurs résultats...

   Il n'y a par conséquent rien de choquant à ce que le métier d'enseignant bénéficie d'une meilleure considération : amélioration des salaires pour ne pas décourager les vocations (il est inadmissible qu'un Professeur débutant ne touche pas 2 fois le SMIC après 4 ou 5 ans d'études supérieures) - défiscalisation des heures supplémentaires (notamment pour encourager les initiatives en dehors des cours) - aide adaptée dans les établissements "difficiles" ... En contrepartie, un allongement modéré de leur horaire peut être envisagé - en s'alignant sur l'exemple de la plupart des pays européens - s'il intègre des "études dirigées", dont l'utilité n'est plus à démontrer, et le temps actuellement exigé en dehors des cours pour les conseils de classe...

   On ironise  sur la "Lettre du Président" aux enseignants... Ceux-ci répondent déjà qu'il lui faudra passer de la parole aux actes ...mais ils ne refusent pas de participer à un Commission où siégera ...Michel Rocard. Car, si on ne peut pas réformer l'Education Nationale sans volonté politique, on ne peut pas non plus la réformer sans les enseignants... Alors, chiche !

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Published by Jean Daumont - dans Education
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 22:20

   M'étant "amusé" de "jeux de mots" dans mes derniers articles, j'ai voulu prendre les mots au "sérieux" ...Mais tel est pris qui croyait prendre, car les mots réservent parfois de "drôles" de surprises !...

 

    Le Français est une langue "vivante", non seulement parce qu'elle est une langue "parlée", mais parce qu'elle connaît une évolution incessante, avec des mots qui "meurent" et des mots qui "naissent"...Les linguistes estiment que, pour environ 50.000 mots actuellement recensés, 18.000 sont apparus au 20ème siècle, compensant largement 10.000 mots qui ont disparu ou sont oubliés...

   Un tel "usage", même s'il est naturel  et donc inévitable, n'en est pas moins parfois très discutable... Car, si les français aiment les "bons mots", les mots - eux - ne sont pas toujours bons pour les français... et des mauvais mots ont pu apparaître alors que des bons mots disparaissaient...  comme peut le prouver le "florilège" suivant, qui, sans avoir la prétention s'être une "anthologie", n'en constitue pas moins un "assortiment " intéressant :

 

   - Il en est ainsi pour les mots anciens qui ont correspondu à un usage séculaire :

 

   * Certains mots ne méritaient vraiment pas de disparaître :

      Machicatoire : pas vraiment beau, mais plus français que "chewing-gum"...

      Cligne-Musette : mot enfantin mais plus joli que "cache-cache"

      Nouillette : charmant et moins ambigu que "vermicelle"

      Bdelle : sangsue peu sympathique, ...mais seul mot commençant par "bd"

      Zoïle : critique envieux, espèce qui n'a pourtant pas disparu

      Usable : remplacé par "jetable"... Changement d'époque !

 

   * D'autres mots sont seulement oubliés à tort :

      Accort : n'existe encore qu'au féminin - synonyme d'agréable - discrimination

      Coruscant : pour une fois qu'on avait un mot "brillant"...

      Coquecigrue : pourtant utile en cette époque pleine d'absurdités...

      Médianoche : plus précis que "réveillon", mais soporifique, il est vrai...

      Dame-d'onze-heures : parce qu'il confondait la femme avec une fleur...

 

   * Inversement certains mots ont bien fait de disparaître :

      Pédantesquement : mot vraiment trop ...pédant !

      Saugrenuité : on ne peut pas être plus ...saugrenu !

      Vomiturition : vraiment à vomir...

 

   * Et d'autres mots fâcheux auraient mieux fait de les imiter :

      Incirconcis : parce qu'il est "discriminatoire" par rapport aux juifs...

       Vernaculaire : son origine latine ne rend pas plus clair d'être propre au pays

      Abscons et Abstrus : difficiles à comprendre...on ne leur fait pas dire...

 

 

   - Il en est de même pour les mots nouveaux méritant un jugement également varié :

 

   * Certains mots sont légitimes car ils correspondent à une évolution :

      Automobile et ses dérivés : l'époque moderne est mécanique...

      Radio - Télévision - portable : les progrès de la communication...

      Mais plus inattendu est Orgasme : comment faisait-on avant son arrivée ?

 

   * Inversement, il ya des mots dont on aurait pu se passer :

      Mature : mot d'origine anglaise ... Pourquoi le substituer à "mûr(e)" ?

      Sandwich : même remarque ... Différence avec "casse-croûte" ?

      Solutionner  : complication inutile pour "résoudre" les problèmes...

      Procellariiforme : oiseau volant seulement dans le dictionnaire...

      Hexachlorocyclohexane : prototype des mots savants inutilisables...

 

   * Enfin il y a des mots "drôles" qui, à défaut d'être académiques, peuvent être  acceptés : l'un des plus populaires est Bachi-bouzouk, introduit en France grâce aux "Aventures de Tintin"  et au Capitaine Haddock, ...et venant de 2 mots turcs : "Bachi" (tête) et "Bouzouk" (mauvaise) dont l'association désignait autrefois des mercenaires, mais a maintenant été oublié en Turquie... Il avait eu un précédent : "Al-Burquq" qui a donné ...Abricot, dont la Turquie est un des 1ers producteurs au monde...

 

 

   Et on peut terminer ce petit voyage à travers les mots par un clin d'oeil - à préférer à "clignement" - concernant un mot ayant changé de sens : il s'agit d' Humoriste, qui, naguère, désignait un médecin soignant les humeurs, et s'applique maintenant à un ...plaisantin... Quand on vous dit que les français aiment les bons mots... comme ils détestent les Faux-culs qui autrefois désignaient seulement un ...accessoire de mode !...

 

 

Bibliographie:

- Jean-Claude Rimbault : Les disparus du 20ème siècle - Ed. du Temps

- François Rollin : Les grands mots - Ed. Plon

- Véronique Grousset : Article du Figaro-Magazine - 30 décembre 2006

 

      

   

      

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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 15:28

   Chacun comprendra qu'il s'agit d'un  ...mauvais "jeu de mots" évoquant un retour ...de bâton, pour ne pas dire une polémique, qui remue actuellement l'opinion à propos de l'augmentation très symbolique de 5 centimes du prix de la baguette de pain...

   A première vue, cette augmentation paraît négligeable - qui est prêt à se battre pour 5 centimes ? - et elle semble logique, puisque le cours du blé aurait presque doublé depuis un an ...Mais c'est oublier, ou plutôt ne pas voir que le prix  de la baguette, encore fixé à 2 francs en 2003, avait augmenté jusqu'à 90 centimes d'euro - environ 6 francs - en 2007, soit un renchérissement de 300 % en 4 ans, et ceci alors que, pour cause de surplus, le prix du blé avait stagné, et même baissé...

   Ainsi donc, il en est du prix du pain comme du prix du pétrole... Quand le coût de la "matière première" diminue à la production, bizarrement cette baisse n'est pas répercutée à la consommation... Mais quand les prix augmentent à la production, les prix bondissent à la consommation, et dans le cas du pain alors que le prix du son n'intervient que pour 5 %... et que "l'envolée des cours" ne sera peut-être qu'un "feu de paille", ...de blé, bien entendu !

   Il faut en effet rappeler qu'il y a peu d'années... la Commission Européenne s'indignait des surplus de blé, ainsi que de beurre et de lait, qui étaient imputés notamment au 1er pays producteur qu'est la France en Europe... Et il en était résulté pour les agriculteurs  une politique de quotas laitiers - les obligeant à réduire leur cheptel - et une obligation de retour à une pratique primitive de jachère... Et maintenant on vient nous chanter la ritournelle qu'il n'y a plus assez de lait et de blé, avec le seul prétexte des caprices météorologiques, justification un peu trop facile pour cacher l'inconséquence, alors que depuis des siècles et en particulier dans la Bible on connaît l'histoire des "vaches grasses" et des "vaches maigres"... De qui se moque-t-on ?...

   On objectera qu'après tout les ..."cochons" de consommateurs, en raison de l'augmentation de leur "pouvoir d'achat", peuvent bien faire le sacrifice de 5 centimes pour leur "pain quotidien" en faveur des "malheureux" boulangers... Mais le problème n'est pas si simple, car cette augmentation du pouvoir d'achat est loin de faire l'unanimité des organismes chargés de le contrôler : suivant l'INSEE (Institut National Des Statistiques et Etudes Economiques), elle sera de 3,2 % en 2007 en raison de l'aménagement des revenus salariaux (!), de la hausse des prestations diverses (?), de la baisse des impôts (!), et de la diminution de l'inflation (?)... Mais l'INC (Institut National de la Consommation) monte au créneau pour riposter que l'augmentation n'a été que de 0,8 % de juin 2006 à juin 2007, soit un accroissement du pouvoir d'achat limité à  ...24 euros... Et un 3ème organisme, le BIEE (Bureau d'Information des Etudes Economiques), en rajoute... ou plutôt en diminue encore en concluant que l'augmentation serait de 0,6 % seulement en 2007... Allez savoir après cela !...

   Finalement, le meilleur moyen de se faire une idée à peu près juste est de se fier à son flair, c'est-à-dire à la ..."vue de nez"... Et celle-ci ne ... trompe pas quand elle renifle une augmentation exponentielle du prix des fruits et légumes, du coût des réparations automobiles et des assurances, des dépenses de frais médicaux et pharmaceutiques avec leur interface du "déremboursement" (sic) des certains médicaments par la Sécurité Sociale, et bien entendu de l'inexorable progrès des impôts, que chacun constate actuellement derrière le faux-semblant des allègements des deux premiers tiers provisionnels en période électorale... Sans oublier bien sûr le prix de la baguette, dont l'augmentation de 5 centimes par jour - soit environ 19 euros par an - correspond à peu près à l'accroissement du pouvoir d'achat de 24 euros diagnostiqué par l'INC... Oui, vraiment, il y a de quoi "râler" encore et toujours,  en bon Français qui se respecte...

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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 16:25

     Qu'il s'agisse de "perdre le Nord", ...de "Pôle Position", ...ou de ..."Guerre Froide", les médias rivalisent actuellement de "jeux de mots" pour évoquer les rivalités internationales qui se font jour pour l'appropriation du Pôle Nord...

   Naturellement, il faut rappeler qu'à l'inverse du Pôle Sud, occupé par un continent dit "Antarctique" couvert de glaciers d'eau douce, le Pôle Nord est occupé par un océan dit "Arctique" (environ 10 millions de km2, soit 4 fois la Mer Méditerranée), dont la plus grande partie est couverte en surface par de la banquise, c'est-à-dire de l'eau de mer gelée (en moyenne 3 - 4 mètres d'épaisseur). Cette banquise a fait l'objet d'expéditions de découverte - la 1ère par Cook et Nansen en 1893 - et, depuis cette date, les 5 pays riverains  -Russie (Sibérie), Etats-Unis (Alaska), Danemark (Groënland), Norvège (Spitzberg) et Canada (Baffin et autres îles) ont fait valoir leurs droits à posséder les fonds océaniques, mais jusqu'à présent sans lendemain en raison des obstacles physiques et climatiques à leur "inventaire"...

   Mais tel n'est plus le cas depuis une vingtaine d'années en raison de la fonte partielle de la banquise due au "réchauffement climatique" ...et aussi des progrès de la recherche océanique utilisant des sous-marins nucléaires et des bathyscaphes téléguidés pour les grandes profondeurs... Il en est résulté des revendications beaucoup plus affirmées des 5 pays riverains, s'appuyant d'ailleurs sur les lois internationales en usage :

   - Le "Droit international de la mer", assez ancien,  qui concède aux pays riverains au delà de leurs côtes, une zone de 12 milles marins (22 kms) en toute propriété, et une zone de de 200 milles marins (370 Kms) en droit d'exploitation mais avec une autorisation de passage pour les navires étrangers.

   - La "Législation sur les détroits" apportant des solutions adaptées en cas de conjonction des zones territoriales (ex: Skagerrak, Bosphore, Gibraltar...)

   - La "Convention du droit de la mer" élaborée à Montego Bay en 1982 pour l'exploitation des fonds marins et permettant aux pays riverains d'étendre leur souveraineté au delà des 200 milles marins ..."s'ils peuvent prouver que les fonds convoités sont dans le prolongement de leur plateau continental", c'est-à-dire le plateau sous-marin qui peut prolonger le relief terrestre.

   La complexité de ces dispositions donne évidemment lieu à des interprétations contradictoires, et la permanence des conflits a conduit l'ONU à réunir une "Commission de délimitation" à partir du lundi 27 août 2007... Il n'y a donc rien de surprenant à ce que les pays concernés se livrent actuellement à une véritable surenchère, notamment au Pôle Nord... La Russie a frappé fort en y plantant son drapeau ...à 4000 m de profondeur, et même si elle affirme ne pas en faire une marque de possession (comme naguère pour les "terres nouvelles"...), elle veut néanmoins démontrer que le plateau continental de la Sibérie continue jusque là, notamment avec la fameuse dorsale de Lomonossov joignant l'île de la Nouvelle Sibérie au Groênland en passant à peu près par le Pôle Nord... Ce que contestent bien sûr les autres pays qui veulent se partager le "gâteau arctique", en l'occurrence une "crème glacée"...

   Evidemment ce regain d'intérêt ne se limite pas à à une simple curiosité scientifique, mais est lié à de gros enjeux économiques : d'une part, la récherche géologique révèle l'existence de gisements miniers et pétrolifères, en particulier dans les vallonnements de la dorsale de Lomonossov, ... et d'autre part, le Passage du Nord-Ouest, au nord du Canada, qui, s'il est libéré des glaces au moins une partie de l'année, peut devenir une route maritime plus courte et plus importante entre l'Océan Atlantique et l'Océan Pacifique que les routes anciennes du Canal de Panama et, à fortiori du Cap Horn... C'est pourquoi les pays riverains multiplient leurs initiatives dans les régions polaires (envoi de brise-glace, création de ports, etc...)...Même les pays non-riverains s'y intéressent, comme l'Angleterre ou ...la France, en y envoyant des sous-marins nucléaires... Il faut dire que, pour les pays comme pour les grandes entreprises multinationales, "cela peut rapporter gros", qu'il s'agisse de pétrole ou de métaux rares pour la Russie dans la dorsale de Lomonossov ..ou de droits de transit pour le Canada dans le Passage du Nord-Ouest... Il n'est donc pas certain qu'en raison de l'importance des enjeux la "Commission de délimitation" de l'ONU parvienne à un accord...

   Dans ces conditions, de nombreux gouvernements réfléchissent - non sans raisons -  à la possibilité d'appliquer au Pôle Nord sous-marin la même règle que celle définie par le Traité de Washington en 1959 pour "l'Antarctique" qui a été "internationalisée" et déclarée "terre de Paix et de Science"... Les hommes seront-ils assez raisonnables pour en faire autant pour "l'Arctique"... ou les enjeux économiques seront-ils trop puissants, ...au point de leur faire ..."perdre le Nord" ?...

  

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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 23:45

   Ainsi, pour la n-ième fois, un "criminel "- violeur récidiviste d'enfant - a été libéré "pour bonne conduite" au terme des 2/3 de sa peine... Et ainsi, pour la n-ième fois, un enfant "innocent" a été enlevé et violé, ce qui peut signifier qu'il est "condamné" pour toute sa vie à subir le traumatisme moral de cet acte intolérable...

   Comme toujours, devant un tel crime, l'opinion s'interroge sur le comportement de la justice et sur l'application des peines qu'elle prononce... Certains regrettent même à ce propos la suppression de la peine de mort, mais il n'y a pas lieu de revenir sur celle-ci, qui a fait l'objet d'une loi démocratiquement votée à une large majorité le 9 octobre 1981... Tout au plus convient-il de rappeler que cette expression comporte deux mots aussi importants l'un que l'autre : "peine" et "mort"... On a rejeté le principe de "donner la mort" au nom de la morale, et ce rejet est difficilement contestable... Mais il y avait aussi le principe de la "peine", c'est-à-dire de la punition, et celle-ci est également nécessaire au nom de la morale... Alors on a créé la notion de "peine de substitution", ce qui pose le problème de savoir quelle substitution peut être donnée à la mort ... La solution était "apparemment" simple : puisque la mort est par nature définitive et sans appel, elle ne peut avoir comme substitution que la prison ...à vie, définitive et sans appel...

   Mais évidemment tout n'est pas si simple... Une justice sereine et équitable ne peut pas consister en une application systématique et aveugle de l'antique loi du talion : la mort pour la mort, et à sa place maintenant la prison à vie... Car on ne peut pas exclure les notions de "rachat" et de "pardon" qui ont depuis longtemps dépassé leur origine chrétienne et font également partie de la morale publique...

   Malheureusement, pour tous les crimes et notamment pour les viols d'enfant, il est difficile d'apprécier les possibilités "d'amendement" des criminels : les experts en psychologie ne sont généralement pas d'accord entre eux, et certains reconnaissent sincèrement qu'ils ne peuvent pas avoir de certitude dans ce domaine... Dans ces conditions, les jugements des tribunaux, inégalement modulés suivant le comportement des jurys populaires, ne peuvent qu'être sujets à caution... Et les décisions des juges d'application des peines - même si leur honnêteté ne peut être mise en cause - sont aussi contestables, à la fois parce qu'elles tiennent compte du comportement des criminels en prison ...où la tentation du viol d'enfant ne peut pas exister, ...et parce que "l'intime conviction", donc subjective, d'un juge ne peut pas être ...objective.

   En tout état de cause, si un criminel pédophile est finalement "libéré", il est inconcevable qu'il ne fasse pas l'objet d'une "surveillance judiciaire" en raison de l'incertitude qui peut persister sur son comportement : obligation de faire connaitre en permanence sa résidence, interdiction d'approcher des mineurs, port d'un bracelet électronique avec repérage GPS, imposition de soins médicaux... Et cette surveillance doit être "effective", car il est totalement inacceptable que, dans un "pays de droit", elle ne soit pas faite pour des raisons "misérables"de manque de crédits ou de personnels, qui ne pèsent rien en face de la sauvegarde d'enfants innocents...

   Mais - ceci dit - il faut convenir qu'il y aura des cas -limite de violeurs "multi-récidivistes" manifestement inguérissables et incontrôlables... Alors - et alors seulement - il ne faudra pas hésiter, car la sévérité n'est pas nécessairement injuste, à recourir à la "castration chimique"... Après tout, on utilise déjà et depuis longtemps la "camisole chimique" pour les fous dangereux, et les violeurs d'enfant multirécidivistes leur sont assimilables...

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 00:15

   Que l'on soit croyant ou incroyant, quand on parle de "l'Orthodoxie" ...c'est pour évoquer le Schisme par lequel "l'Eglise orientale" s'est séparée en 1054 de l'Eglise "catholique" dirigée par le Pape à Rome... Autrement dit, on perpétue sans trop le savoir l'idée que "l'Eglise orientale " devenue "l'Eglise orthodoxe" est seule responsable de cette rupture qui perdure dans la Chrétienté depuis presque un millénaire... Et si cette idée couramment répandue - au moins dans le monde "occidental "- était fausse et manquait d'équité ?...

   Pour comprendre cette rupture, il faut commencer ...par le commencement du christianisme. A l'origine, celui-ci s'est développé là où il était né, c'est-à-dire en Orient, au sens des pays entourant l'Est de la Méditerranée... Les disciples de Jésus, et notamment les apôtres qui étaient de "juifs convertis" chassés de Jérusalem, s'étaient dispersés dans les pays proches, en particulier dans les cités importantes comme Alexandrie, Antioche, Ephèse, Corinthe..., suivant en cela les "juifs...orthodoxes" qui s'étaient installés avec la "Diaspora" sur le pourtour de la Méditerranée... Les "chrétiens" s'étaient regroupés comme eux en "communautés", auxquelles ils remettaient leurs biens et où ils pratiquaient ensemble un culte inspiré par le souvenir de l'enseignement de Jésus qui avait prédit l'arrivée prochaine du "Royaume de Dieu"... Et comme celui-ci tardait à arriver..., ils s'étaient progressivement organisés, en mettant par écrit entre 70 et 100 dans les Evangiles (mot signifiant "Bonne Nouvelle") les souvenirs jusqu'alors transmis oralement, ... et en se choisissant des responsables ou "épiscopes" (mot ayant donné "évêques") : parmi ces derniers, les plus importants devinrent naturellement ceux des métropoles déjà évoquées, auxquelles s'ajoutèrent Rome, après les voyages de Paul, et Byzance devenue Constantinople au 4ème siècle avec l'Empereur Constantin qui fit du christianisme en plein essor la religion de l'Empire Romain...

   Dès cette époque, en raison même de la rivalité entre "l'ancienne Rome" et la "Nouvelle Rome", apparaît une rivalité entre le "Pape" - qui n'est encore que "l'évêque de Rome" - et les "Patriarches" orientaux... mais cette rivalité est sans conséquence, car l'esprit de "communauté" prévaut toujours et les décisions importantes sont prises en "collégialité " à l'occasion de "Conciles" où le Pape n'a qu'une primauté nominale due au fait qu'il est le "successeur de Pierre", conformément aux propos prêtés à Jésus : "Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise" (Matthieu 16-19)...

   Mais l'Empire se disloque au 5ème siècle avec les "invasions barbares", et il ne subsiste de l'Empire Romain que "l'Empire d'Orient", appelé plus tard "byzantin", dont les Empereurs et les Patriarches considèrent avec condescendance les "royaumes" nouveaux de l'Occident... Ce n'est pas par hasard que le Pape Léon III couronne Charlemagne comme Empereur en 8000, car l'un et l'autre y retrouvaient un prestige perdu par rapport à l'Empire d'Orient... Et d'ailleurs le rapport d'influence s'inverse à nouveau entre l'Empire byzantin, diminué et affaibli par les conquêtes arabes (seules subsistent la Grèce et une partie de l'Asie Mineure), et l'Occident où le Pape en profite pour s'ériger en chef suprême de la Chrétienté, au mépris de la "collégialité" d'origine... D'où la multiplication des différends qui aboutit au "Schisme" en 1054, en raison de l'hostilité personnelle entre Cérulaire, Patriarche de Constantinople, et Humbert, légat du Pape Léon IX, qui "s'excommunient " réciproquement (c'est-à-dire se rejettent de la "communion")... Néanmoins, tout n'était pas perdu, mais les tentatives de réconciliation échouent définitivement quand le Pape Innocent III, fervent du "césaropapisme", veut imposer la "théocratie" pontificale non seulement aux souverains mais à toutes les Eglises et lance la 4ème croisade qui saccage Constantinople (1204) et consomme la rupture avec l'Eglise d'Orient...

   Et depuis lors le désaccord subsiste : l'Eglise d'Occident se revendique "catholique" (c'est-à-dire "unitaire") alors que la division est consommée, ...et l'Eglise d'Orient se veut "orthodoxe" (c'est-à-dire "droite dans la foi"), signifiant ainsi que c'est l'Eglise d'Occident et non l'Eglise d'Orient qui est partie de la "communauté" chrétienne...

   Ce maintien des traditions communautaires d'origine a ainsi conduit l'Eglise orthodoxe à conserver une structure "collégiale", où les Eglises territoriales ( Grèce, Chypre, Serbie, Pologne, Russie,etc...) sont "autocéphales" (c'est-à-dire indépendantes) avec leurs propres synodes choisissant les diacres, prêtres, évêques et primats dont les plus imprtants portent le titre de "Patriarches"... Et elle reste fidèle à une liturgie ancienne : célébration des fêtes à partir de la veille au coucher du soleil suivant l'usage sémitique (comme les juifs...), signe de croix de droite à gauche (primauté divine de la droite...), avec le pouce, l'index et le majeur accolés (signe de la Trinité) et les deux autres doigts repliés(signe de la Double nature), représentation codée religieusement (et non "artistiquement") du Christ, de Marie et des Saints dans des "icônes" qui sont le plus souvent "visibles" sur un mure de séparation entre le choeur et la nef des églises (l'iconostase).

   Cette fidèlité aux traditions l'a amenée en contrepartie à rejeter les "nouveautés" apportées par l'Eglise romaine en dehors de toute décision conciliaire : refus du "Filio-que" suivant lequel le Saint-Esprit procèderait du Père et du Fils et non directement du Père ...Refus de la notion de "grâce" divine ne laissant pas de place à la liberté de l'homme ... Refus de considérer "l'Immaculée Conception" de Marie comme un dogme, car le culte de Marie doit être limité à son privilège d'être la "Mère de Dieu" (en grec : Théotokos)...Il en est de même de "l'Assomption" fêtée le 15 août par les catholiques pour célébrer sa montée au Ciel "corps et âme", alors que pour les orthodoxes, il y a eu seulement "Dormition" avec seulement "Sommeil" et "Elévation de l'âme"... Et évidemment refus de la primauté du Pape et à fortiori du dogme de "l'infaillibilté pontificale" proclamée en matière de doctrine de la Foi en 1870...

   Ainsi peut-on comprendre mieux l'importance de la rupture entre 'l'Eglise catholique" et "l'Eglise orthodoxe"... Néanmoins les deux Eglises, malgré le "Schisme",  ne se sont jamais considérées comme mutuellement hérétiques, et reconnaissent les mêmes sacrements... L'Eglise orthodoxe a rejoint le Conseil oecuménique des Eglises en 1961... Paul VI et Athénagoras se sont rencontrés à la fin du Concile Vatican II en 1965 et ont alors levé les excommunications de 1054... Jean-Paul II a rendu visite à Démétrios 1er à Istanbul (Constantinople...) en 1979... et il a retiré le "Filio-que" de la lecture du Credo, ainsi que son successeur et actuel Pape Benoît XVI... Mais le dilemme fondamental entre la "prééminence" et la "collégialité" n'est toujours pas réglé, et pourra-t-il l'être ?...

  

  

  

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