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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00

   La Bible - ou "Livre" - est dans le monde  l'ouvrage écrit à la fois le plus ancien (ayant donné son nom aux livres et aux bibliothèques) et le plus répandu (plus d'un milliard d'exemplaires, même s'il y a beaucoup moins de lecteurs assidus...)

   L'écriture de la Bible a commencé vraisemblablement vers le 8° siècle av. JC  et, dès son origine son texte est considéré comme ayant une inspiration divine.  L'Ancien Testament est d'ailleurs toujours sacré pour les juifs, qui l'utilisent en permanence et conservent la Torah dans un tabernacle de leurs synagogues... Pour les chrétiens,  l'Ancien Testament   et le Nouveau Testament n'ont jamais vraiment été sacrés (stricto sensu), mais ont toujours été des textes de référence, dont il n'était pas question de contester les témoignages jusqu'au 20° siècle. Le Pape Pie X condamne encore le "modernisme" en 1907...

   Mais ce modernisme était apparu depuis déjà plusieurs siècles, puisque l'oratorien Richard Simon avait écrit une "Histoire critique du Vieux Testament" en 1678 et une "Histoire critique du Nouveau Testament en 1689"... Mais ses travaux avaient été condamnés par Bossuet, et il fallut attendre Renan avec sa "Vie de Jésus" en 1863 pour que l'exégèse chrétienne reprenne... Depuis lors, et notamment depuis le Concile Vatican II 1962-1965, l'exégèse de la Bible n'a cessé de se développer...

   Il en résulte que la Bible n'est plus considérée comme un fondement intangible de l'Histoire, mais seulement comme un témoignage de Foi, où les "histoires" ne sont plus "l'Histoire" mais seulement  les souvenirs d'un temps où on éclairait des populations "incultes" par des récits à leur portée, au même titre que les peintures et sculptures des églises et cathédrales... D'ailleurs, le plus souvent, les textes de l'Ancien Testament sont emprntés à un fonds commun du Moyen -Orient remontant à 3 ou 4 millénaires av JC, comme le Déluge venu de Chaldée, ou l'Histoire de Joseph et de ses frères inspirée par une vieille tradition égyptienne... De même, pour le Nouveau Testament, des études ont montré qu'à peine 10 % des paroles attribuées à Jésus sont authentiques et que de nombreux passages des Evangiles portent la marque d'événements postérieurs à Jésus, ce qui n'est pas surprenant puisqu'ils ont été écrits entre 70 et 110 , soit 40 à 70 ans après sa mort...

   La  conséquence est que, pour certains, la "Foi" est ébranlée ou même remise en cause : en effet, naguère, on avait la "foi du charbonnier", et on ne discutait pas... Maintenant, on réfléchit et on se pose beaucoup de questions, comme celle du rapport entre les religions, d'où les progrès de l'oecuménisme... Ou alors on refuse encore le modernisme, comme le font les "créationnistes" qui ne veulent pas entendre parler du darwinisme (l'homme descendrait du singe ?...et Adam alors ?). .. Ou enfin on rejette tout et on se veut athée, ou agnostique; ou scientiste... Mais en réalité, pour chacun, notamment à l'article de la mort, tout n'est pas si simple...

   Alors ?

Bibliographie (sommaire) :

Soler - L'invention du monothéisme  Ed. de Fallois

Finkelstein et Silberman La Bible dévoilée Ed. Bayard

Mordillat et Prieur Jésus après Jésus Ed. du  Seuil

Geza Vermes L'Evangile des origines  Ed. Bayard                                                                                               

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Published by Jean Daumont - dans Religion
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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00

   La "précaution" a certainement été pratiquée par l'homme dès ses origines dans les domaines les plus divers, notamment la sécurité (de l'abri des grottes au parapluie nucléaire en passant par la Muraille de Chine...), la santé (du chamanisme à l'étude des virus...) ou même "l'au-delà" (car dès l'époque préhistorique la religion est, entre autres, une garantie d'éternité..."au cas où")...

 

   Pour autant, malgré ce souci constant de "précaution", l'homme n'a, jusqu'à présent, jamais réussi à enrayer tous les risques, qu'ils soient "naturels" (de l'éruption du Vésuve en 79 au tsunami de 2004) ou "issus de ses activités" (guerres, accidents, pollutions...) et il a depuis toujours invoqué, à tort ou à raison, la  fatalité ou l'impuissance...

 

  

   Mais notre époque a "innové" en inventant depuis peu une arme qui se veut "absolue" : le "principe de précaution". C'est un principe qui ne figure pas dans les lois de la physique, ni même dans les recherches de la ...métaphysique. Il est arrivé par une sorte de "génération spontanée" - n'en déplaise à Pasteur - et il figure déjà dans la Constitution française, ce qui est évidemment une référence...

 

   Il va de soi qu'on doit s'en féliciter si ce principe permet d'anticiper réellement sur les risques "reconnus"... L'ennui est que les risques ne sont pas tous "reconnus", soit par oubli ou négligence,  soit par ignorance ou impuissance; et il faut malheureusement souvent des catastrophes pour sen rendre compte : ex.en France la sécurité des tunnels après l'accident du Mont-Blanc ou dans le monde l'absence de réseau international pour la lutte contre des virus...

 

   Le problème est alors,  en érigeant systématiquement en principe de précaution ce qui devrait seulement être une recommandation pratique, d'en arriver à un blocage généralisé... Les initiateurs de projets ne pourront plus les réaliser, et les "dirigeants", à tous les niveaux, se satisferont de l'immobilisme, et ceci d'autant plus qu'à l'image des Etats-Unis, le recours systématique à la justice découragera l'esprit de responsabilité... A se demander d'ailleurs si le "principe de précaution", sous couvert de protéger la société, est en fait  une invention pour n'être plus responsable...

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Published by Jean Daumont - dans Actualité
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00

   La justice est exercée "au nom du peuple français" pour assurer le respect des lois. Pour autant, les juges ne sont pas "au-dessus des lois", et il est donc "légitime" que les justiciables s'inquiètent des problèmes de la justice qui, périodiquement, défraient la chronique et contribuent à donner d'elle une image négative, même si elle est le plus souvent imméritée...

 

   Les problèmes peuvent être résumés dans 4 thèmes :

   1. L'indépendance :  la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) reste un fondement essentiel des institutions. Il est donc  regrettable que la justice, dans des cas notoires, ait eu à subir des pressions diverses (injonctions, mais aussi nominations...) l'amenant à prendre des décisions "injustes", voire "iniques" (au sens du manque d'égalité), par exemple dans ses jugements sur les responsables de partis politiques. Il est d'ailleurs tout aussi intolérable que des magistrats se permettent, dans certains cas, de donner des leçons de "souveraineté nationale", ce qui relève des assemblées représentatives du peuple français.

   2.Le temps : Il est normal que la justice s'exerce après un temps nécessaire pour un bonne instruction du dossier. Mais il est inacceptable que les prisons soient encombrées de personnes attendant 1 ou 2 ans pour être jugées, à fortiori quand ces personnes sont finalement reconnues innocentes. Dans ce dernier cas, l'indemnisation - d'ailleurs variable - n'est jamais à la hauteur du préjudice moral et social  qui a été "subi"...

   3.Le recrutement : Une bonne justice ne peut exercée que si elle est rendue par des juges ne croulant pas sous le nombre des dossiers, auxquels ils ne peuvent pas alors accorder toute l'attention nécessaire. Et comme les atteintes à la loi - notamment la criminalité -  sont malheureusement en hausse, il est "urgent" (depuis longtemps...) d'augmenter le nombre des juges. Et comme la formation de ceux-ci est longue, il convient d'élaborer un plan à long terme pour maintenir la qualité du service...

   4.Le contrôle : La qualité du service est effectivement mise en cause actuellement par la multiplication des "erreurs" : d'abord les erreurs de procédure, particulièrement odieuses quand elles permettent de remettre parfois en liberté des criminels notoires arrêtés non sans difficultés par la police - dans ce cas la solution pourrait être de prévoir dans ...la procédure elle-même une clause empêchant la libération  de ces personnes socialement dangereuses -. Ensuite les erreurs de jugement, encore plus graves, car elles concernent la justice elle-même (nombreux exemples célèbres depuis deux siècles...). Comme son indépendance ne permet de sanctions venant de l'extérieur du milieu judiciaire, il convient donc d'instituer, à l'instar du Conseil de l'Ordre des médecins, une institution propre à la justice sactionnant les erreurs. Il est en effet anormal que les magistrats - qui jugent de la responsabilité des justiciables - ne soient pas eux-mêmes "responsables" de leurs décisions, quand celles-ci sont prises sans jury...  il paraît que des dispositions existent en ce sens, mais n'ont pratiquement jamais été appliquées...

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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00

   La notion de responsabilité est liée à l'organisation des sociétés humaines : elle repose sur le principe que chacun est "responsable" de ses actes, au sens qu'il en est le garant et doit éventuellement en "répondre",  notamment devant la justice si ses actes ont entraîné un dommage à autrui, conformément en France à l'article 1382 du Code Civil. La justice peut alors, si elle reconnaît que le "responsable" est "coupable" le condamner suivant la gravité de la faute au titre de sa responsabilité "civile" (réparation matérielle) et -ou - de sa responsabilité "pénale" (peine personnelle - ex : prison).

   Mais cette notion de responsabilité "personnelle" se complique quand elle est associée à la notion de responsabilité "collective". En effet, l'article 1384 du Code Civil prévoit "qu'on est responsable non seulement du dommage que l'on cause à autrui de son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde"... Certes cette responsabilité a connu des atténuations, ne serait-ce que par le développement des "assurances" donnant à la fois une couverture et une garantie... Mais il n'en est pas moins vrai qu'on peut encore être poursuivi "à titre personnel" pour des faits imputables à une "collectivité" : exemples récents de l'ancien Ministre de la Santé Georgina Dufoix dans l'affaire du sang contaminé, d'Alain Juppé dans le financement du RPR, ou encore de Pinault dans les placements du Crédit Lyonnais... et on pourrait citer des exemples plus modestes de chefs d'établissement scolaire poursuivis pour blessures ou même - hélas - décès d'élève victime d'un accident matériel (ex: chute d'un portique en EPS) : dans ce cas, ils sont peut-être protégés par la Loi du 5 Avril 1937 leur substituant l'Etat pour leur responsabilité civile, mais ils ne le sont pas pour leur responsabilité pénale, conformément aux articles 319 et 320 du Code Pénal relatifs aux blessures et homicides involontaires...

   Ces dispositions ont pour conséquence qu'il est de plus en plus difficile de trouver des personnes acceptant une "responsabilité collective". Ce n'est pas un hasard si de nombreux maires ne demandent pas le renouvellement de leur mandat ou démissionnent... et si les chefs d'établissement scolaire sont souvent difficiles à recruter... et si, d'une façon générale, on trouve de moins en moins de "bénévoles", ceux-ci pouvant toujours s'attendre,  malgré leur dévouement et sans égard pour celui-ci, à être poursuivis et éventuellement condamnés en cas de difficulté grave...

   Certes les responsables de collectivités et d'associations ne doivent pas  être exonérés par principe de toute..."responsabilité", ce qui deviendrait de ...l'irresponsabilité"... Mais il conviendrait que la Loi - et donc la justice - fassent la distinction entre la responsabilité résultant d'une "faute personnelle" pouvant alors conduire à une juridiction pénale - par exemple pour "abus de biens sociaux" ou "crime"dans l'exercice des fonctions - et la responsabilité résultant d'une faute de l'organisme lui-même, notamment s'il s'agit d'une décision collective d'un Conseil : car seules devraient alors s'appliquer les poursuites judiciaires contre cet organisme, puisque désormais elles peuvent être exercées pour les "personnes morales" comme pour les "personnes physiques"... Il est en effet "injuste" - au sens fort du terme - que des responsables puisssent subir comme "personnes physiques" des peines infamantes (prison, perte de droits civiques) pour des fautes imputables à des "personnes morales", alors que leur honnêteté personnelle n'est pas en cause...

  Et donc, le problème - dont certains se sont parfois indignés - se pose vraiment : peut-on être responsable, et pas coupable ?

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19 octobre 2005 3 19 /10 /octobre /2005 00:00

   S'il est un domaine où la communication revêt une importance fondamentale, c'est bien celui de l'éducation... Malheureusement, en France, la communication n'y a jamais trouvé vraiment une place satisfaisante, qu'il s'agisse des maîtres ou des élèves.

   En ce qui concerne les élèves, l'enseignement a longtemps été marqué par l'idée de former "l'honnête homme ", avec les valeurs traditionnelles de travail , de savoir et de discipline, mais cette formation était réservée à une "élite" limitée aux garçons : on est passé  naturellement des institutions des jésuites aux lycées napoléoniens, et il faudra attendre la 2° moitié du 19° siècle pour leur extension aux filles, jusque là confinées dans la préparation de leur vie de mères de famille... Certes, la formation des jeunes d'origine populaire - surtout rurale jusqu'au 19° siècle - n'était pas absente, notamment avec les Petits Frères des Pauvres, mais elle se limitait à l'acquisition de notions élémentaires et de travaux pratiques utiles dans la vie active... Il fallut attendre les lois Jules Ferry (1881) pour la création d'une "école, gratuite, laïque et obligatoire" pour tous...Mais pour autant la distinction entre une "élite" et le "reste du peuple" était maintenue - à l'exception des élèves très méritants bénéficiant de bourses - la filière "noble" ou plutôt "bourgeoise" (Lycée de la 6° à la Terminale jusqu'au Baccalauréat) coexistant avec une filière "populaire" (Primaire supérieur ou cours complémentaire menant au Brevet puis au Brevet supérieur)... Quant aux méthodes pédagogiques (horaires, programmes et instructions) elles étaient fixées de façon autoritaire et centralisée dans une France encore profondément jacobine, au point de nier et même d'interdire l'usage des dialectes locaux...

   En ce qui concerne les maîtres, l'évolution a été tout aussi "fractionnée" : en effet, au 19° et au 20° siècles, deux "corporations" se développent parallèlement : celle des "Professeurs" (se divisant elle-même en multiples "grades" : Agrégés, Certifiés, Adjoints, etc...) dans les lycées, et celle des "instituteurs" (à leur tour divisés entre primaire et cours complémentaire). Chaque corporation était soumise à des règles similaires de notation et d'inspection, ave un rôle modérateur souvent ingrat des Chefs d'établissement... Mais il n'y avait pas de communication véritable entre les deux corporations, ni d'ailleurs avec leur encadrement marqué par le rapport "hiérarchique"...

   Il fallut attendre la 2° moitié du 20° siècle pour l'apparition de réformes... Malheureusement, ces réformes - inspirées d'un plan dit Langevin-Wallon (ses auteurs) et voulant instituer de façon certes généreuse, mais utopique, le même enseignement pour tous à tous les niveaux - allaient se multiplier sans cohérence, en prenant souvent le nom des ministres responsables (Fontanet, Haby, Monory, Jospin...) : ainsi sont nés les C.E.S. regroupant 3 filières (dites Lycée - CEG et Transition/Pratique) où se trouvaient juxtaposés et non mêlés les Professeurs de Lycée, les Maîtres de CEG (ex-Cours complémentaires) et les Instituteurs ... puis les Collèges uniques où tous les élèves étaient censés recevoir le même enseignement dans des classes indifférenciées... Un minimum de "communication" aurait pu révéler l'inanité d'un tel "idéal", mais la majorité des enseignants, se voulant "démocrate",  ne fit rien pour empêcher une mise en place, qui allait à la fois contre ses intérêts ei celui des élèves... L'échec du Collège unique au seuil du 21° siècle n'est donc pas une surprise... Et la même remarque vaut pour les Lycées qui, en dépit du regroupement sous ce vocable des diverses formations générales et techniques, n'ont pas aboli la hiérarchie ancienne faisant primer l'enseignement général sur l'enseignement technique...

   Le problème reste donc posé en ce 21° siècle, et il est d'autant plus crucial que les élèves ,naguère soumis à l'inflence majeure de leurs parents et de leur maîtres sur le plan éducatif, sont désormais ouverts à toutes les formes de communication, notamment les divers médias et les possibilités informatiques, et ils en tirent une maturité et une indépendance incontestable... Que faire dès lors pour établir une communication véritable entre tous les partenaires de l'Education, qu'il s'agisse de l'Etat ou des Collectivités locales Régions,Départements et Communes), des Enseignants et Chefs d'établissement, des Parents, et des Elèves eux-mêmes ?... Assurément, il y a eu des évolutions positives comme celle de l'unification de la formation des maîtres au niveau minimal de la Licence et la généralisation du nom de Professeur, ou celle de l'initiation des élèves aux responsabilités et la généralisation des stages en entreprise ou administration... Mais les "Professeurs" restent enfermés dans une tradition de corporatisme, avec la volonté de conserver les "avantages acquis" (ex: les horaires), ce qui freine toute évolution... Et ce n'est pas une intervention "autoritaire" du Ministre qui pourra faire "bouger les choses" : on vient de le voir avec l'affaire du remplacement des professeurs absents, où les professeurs - indépendants par nature et rétifs aux ordres - se sont opposés à toute obligation... Et ceci, alors qu'il suffit, comme pour le Primaire, de créer des "Professurs titulaires remplaçants" répartis dans les circonscriptions en fonction des besoins prévisibles... De toutes façons, dans l'Education, un autre phénomène apparaît déjà et ne peut faire que s'amplifier : celui de la "communication par Internet" pouvant impliquer un enseignement personnalisé par télématique... Il va donc bien falloir que tous les partenaires de l'Education trouvent une formule pour organiser ensemble la Communication de demain...

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Published by Jean Daumont - dans Education
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17 octobre 2005 1 17 /10 /octobre /2005 00:00

   Il est actuellement de bon ton de pratiquer la repentance pour les "fautes" réelles ou supposées de nos ancêtres, - notion "collective" à distinguer du repentir qui concerne plutôt la volonté d'un individu de réparer ses propres fautes... Et le thème en vogue est l'esclavage.

   Bien entendu, il n'est pas question de justifier l'esclavage, qui est attentatoire à la liberté individuelle et a été condamné au niveau mondial par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée le 10 Décembre 1948 par l'ONU.

   Mais ce n'est pas une raison pour demander aux générations actuelles d'effectuer une repentance pour un "état de fait" concernant l'histoire de leurs ancêtres :

   - d'abord la repentance doit être associée à la notion de responsabilité. Or les générations actuelles ne sont pas "responsables" de la pratique ancienne de l'esclavage.

   - ensuite l'esclavage n'était pas considéré depuis l'Antiquité - et certains disent dès la Préhistoire - comme une anomalie sociale : il était pratiqué à l'égard des vaincus lors des guerres mais aussi pour diverses raisons comme l'endettement. La Bible ne le condamne pas, la loi juive se contentant de recommander la générosité, et Jésus lui-même prônant l'amour du prochain sans demander sa suppression.

   - la critique de l'esclavage n'apparaît vraiment qu' à partir du 18°siècle - "Siècle des Lumières" - dans la mesure où les Européens ont développé le "Commerce triangulaire" comportant la "Traite des Noirs" achetés en Afrique et revendus en Amérique, - "esclavage de masse" particulièrement cruel qui va entraîner sa condamnation dans les pays occidentaux non sans tergiversations : seulement 1848 Victor Schoelcher en France et...1861-1865 Guerre de Sécession aux Etats-Unis. Mais pour autant il ne faut oublier que les Européens n'allaient pas chercher les Noirs à l'intérieur de l'Afrique : ils les achetaient à des trafiquants noirs de la côte ...

   - il n'en est pas moins vrai qu'on veut "culpabiliser" unilatéralement les pays occidentaux avec cette proposition de repentance. Or ils n'étaient pas les seuls, ni les plus importants dans cette pratique de l'esclavage. Des recherches ont permis d'évaluer qu'il y avait eu environ 15 millions de Noirs transplantés d'Afrique en Amérique par la "Traite"... Mais dans le même temps les Arabes ont fait un trafic d'environ 30 millions d'esclaves - d'ailleurs à la fois noirs et blancs - dans l'arc Afrique-Asie Occidentale...

  Conclusion : il vaut mieux - dans ce domaine comme dans d'autres, ne pas mêler la Morale et l'Histoire...

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Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
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