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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 09:48

   Un évènement est par définition un fait important qui tranche avec l'écoulement régulier du temps ...Il peut s'agir d'un évènement naturel comme un tremblement de terre, l'éruption d'un volcan ou une inondation catastrophique ...Il peut s'agir aussi d'un évènement historique comme une révolution ou l'élection d'un Chef d'Etat ...Et au niveau individuel, il peut s'agir modestement d'une naissance, d'un mariage ou malheureusement d'un décès ...

 

   On pouvait donc s'attendre à ce que François Hollande, un socialiste dont l'élection à la Présidence de la République Française en mai 2012 avait été un évènement qui rompait avec 17 ans de domination de la "droite", mette à profit une conférence de presse marquant l'anniversaire de cette élection pour annoncer ses intentions et fixer un cap en qualité de Chef d'Etat investi du pouvoir lui étant conféré par la Constitution ...après avoir consacré la première année, suivant ses propres dires, à remédier au déclin de la France hérité de son prédécesseur Nicolas Sarkozy ...Il aurait ainsi créer un évènement susceptible de redresser un confiance de l'opinion devenue calamiteuse avec un niveau d'à peine 25 %...

 

   Or cette conférence de presse n'a été qu'un "non-évènement", en ce sens que le Président François Hollande n'a annoncé, contre toute attente, aucun changement important dans la politique menée depuis un an, au point que certains commentateurs, y compris - pour le déplorer - des membres du Parti Socialiste, parlent "d'immobilisme" ...Certes, il a répété, de façon presque gaulliste ..."J'ai décidé" ..., propos faisant écho à la répétition faite lors de sa confrontation avec Nicolas Sarkozy avant le 2ème tour de l'élection en mai 2012, et ayant alors frappé l'opinion  "Moi, Président de la République, je ...", mais ce ne sont que des intentions n'ayant pas de commencement d'exécution et ne changeant rien dans les faits : pas de changement de gouvernement - comme l'ont fait ses prédécesseurs pour marquer une étape, voire une rupture - pas de mesure économique pour conjurer la dette publique, en dehors de la traditionnelle augmentation des impôts ne pouvant que réduire encore le pouvoir d'achat des Français, pas de mesure sociale en dehors de l'incantation habituelle promettant l'inversion du chômage l'année suivante - les "emplois d'avenir" n'ayant pas eu le succès escompté - ...et aucune allusion à un projet de réforme des retraites, en dehors des dispositions déjà prévues par François Fillon sous le mandat de Nicolas Sarkozy pour prolonger la durée des cotisations ...Et rien de probant pour l'Europe, pourtant "cheval de bataille" du Parti Socialiste, ce qui n'est - il est vrai - pas surprenant, en raison de sa mésentente connue avec la Chancelière allemande Angela Merkel ...

 

   Ah ...tout de même, il faut mettre au crédit du Président François Hollande son action au Mali et sa dénonciation des excès commis par les excès du Président de la Syrie ...Mais ce n'est pas un évènement, puisqu'il a ainsi repris la politique de son prédécesseur, notamment en Lybie ...

 

   Oui, vraiment, la conférence de presse du Président François a été un "non-évènement" ...A revoir dans un an ...Comme les maîtres disent à l'école : "Peut mieux faire !..."

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:02

   Le socialisme dépassé ?...Question saugrenue, alors que le Parti Socialiste l'a emporté en France en mai 2012, non seulement avec son candidat François Hollande aux élections présidentielles, mais encore à la majorité absolue  aux élections législatives ...Il ne s'est donc jamais aussi bien porté !...

 

   Mais le Parti Socialiste est en France l'émanation du "Socialisme", c'est-à-dire d'une doctrine relativement récente, puisqu'elle est apparue en Occident au 19ème siècle, pour faire prévaloir l'intérêt général sur les intérêts particuliers, en opposition avec le "libéralisme" qui, sous couvert de liberté, donnait lieu dans le cadre de la révolution industrielle à une exploitation incontrôlée de la population ouvrière par les possédants ...Cette doctrine avait alors pris divers aspects : d'abord conçue sous la forme d'un idéal, donnant le jour à un socialisme dit "utopique" des français Proud'hon, Fourier et Saint-Simon, ouvert à tous les citoyens, elle s'était donnée ensuite une apparence scientifique au seul profit des ouvriers jugés seuls capables de transformer la société,sous le nom ce "communisme" avec le "Manifeste de 1848" des allemands Marx et Engels : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous " !...

 

   Chacun sait ce que le "communisme" a donné : échouant dans une main-mise sur la société dans les pays occidentaux, il ne l'emporte d'abord qu'en Russie avec Lénine puis Staline dans le cadre du désordre engendré par la défaite de 1917 contre l'Allemagne (soviets d'ouvriers et de soldats), ...et plus tard en Chine ave Mao-Tsé-Toung en 1948, cette fois à la suite des difficultés suscitées par la 2nde Guerre mondiale ...Mais le communisme a depuis lors reflué de ces deux pays, où il est même paradoxal de trouver maintenant le plus grand nombre de milliardaires ...et il ne se maintient jusqu'à présent qu'en ...Corée du Nord, sous la forme  ...d'une dynastie héréditaire ...ainsi que, sous une forme résiduelle d'un Parti marginal dans les pays occidentaux...

 

   Evidemment le "socialisme" n'en est pas là ...Et même il n'a pas cessé de se développer au 19ème puis au 20ème siècle, notamment en France où, soutenu par une "petite bougeoisie en formation" de fonctionnaires et cadres, il parvient au pouvoir en 1937 avec Léon Blum, grâce au soutien sans participation ...et sans lendemain du Parti Communiste...Il en est de même après la 2nde Guerre mondiale en 1945, où le Parti socialiste, notamment avec Guy Mollet, compose avec le Parti communiste, soutenu par l'action des ouvriers aspirant à une vie meilleure après la victoire sur l'Allemagne  (Grèves des mineurs du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine) ...Mais cet appui n'a cessé de diminuer en raison de la décroissance du nombre des ouvriers à la faveur des progrès techniques et de l'accroissement même relatif de la richesse moyenne (les "Trente Glorieuses entre 1950 et 1980) ...Et ce n'est pas par hasard que François Mitterrand, devenu le 1er Président socialiste de la 5ème République en 1981, pourra se permettre de les écarter du gouvernement en 1984...

 

   Est-ce-à dire qu'après les épisodes de "cohabitation" ayant marqué ses deux mandats et ceux de son successeur de "droite" Jacques Chirac (1995-2007) , et après l'épisode de la "droite" seule au pouvoir avec Nicolas Sarkozy (2007-2012), l'arrivée du Président socialiste François Hollande va être le début d'une ère de longue durée du socialisme en France ?...Rien n'est moins sûr, car le problème se déplace de plus en plus en France - comme dans les autres pays occidentaux - du plan "politique" au plan "économique" ...et la preuve en est que les Chefs d'Etat ou de Gouvernement des pays occidentaux sont écartés aux élections, sans considération de leur appartenance à la "gauche" ou à la "droite", essentiellement en raison des difficultés économiques et de la montée du chômage, qu'ils ne sont pas en mesure de maîtriser ...

 

   C'est la raison pour laquelle certains "experts", inversant les données du problème, pensent que la crise économique serait provoquée...par l'application du "socialisme", dans la mesure où celui-ci a multiplié la réglementation dans tous les domaines, qu'il s'agisse du Code du travail, des prélèvements obligatoires, ou du dirigisme, devenus tellement "structurels" qu'ils sont pratiqués autant par la "droite" que par la "gauche" ...Autrement dit, il faudrait revenir à un certain ..."libéralisme", non pas celui des premiers temps du développement industriel, mais un libéralisme "social", à moins que ce ne soit un socialisme ..."libéral" ...C'est un peu l'histoire de la primauté entre l'oeuf et la poule...

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 15:30

   La  prochaine échéance de l'élection présidentielle est fixée au mois de mai 2017, sauf circonstance exceptionnelle et donc imprévisible ...Personne n'en parle, ...mais beaucoup de gens y pensent déjà, notamment ceux qui, à tort ou à raison, estiment avoir quelque chance de succès ...Et leur espoir est d'autant plus attisé que le Président actuel, François Hollande, est descendu de d'environ 53 % d'opinions favorables en mai 2012 à environ 31 % en mars 2013, soit seulement dix mois plus tard et apparemment sans grande chance de redressement, en raison de la multiplicité des motifs de mécontentement auxquels il n'a pas répondu à l'occasion de son "entretien" du 28 mars dernier...

 

   François Hollande l'ayant emporté en mai 2012 contre Nicolas Sarkozy par un écart relativement faible de 1,62 % et au moins autant en raison de l'impopularité de son concurrent que par l'effet de ses "60 engagements", il est naturel que le retournement de sa popularité incite l'opposition actuelle représentée par l'UMP à croire en sa chance de succès en mai 2017 ...Mais le problème est pour elle de ne pas avoir de candidat indiscutable  : ni François Fillon, l'ancien 1er Ministre de Nicolas Sarkozy, ni Jean-François Copé, Président de l'UMP, ne semblent capables de s'imposer à cause leur rivalité et de leurs différences d'options, l'un étant plutôt réformiste et l'autre porté à la rigueur d'une "droite authentique" ...Il en résulte que Nicolas Sarkozy redevient un candidat possible, même s'il s'en défend et a déjà proclamé en avoir fini avec la politique, encouragé en ce sens par son épouse Carla Bruni ...Il est vrai qu'il a toujours une permanence à Paris, où il reçoit diverses personnalités françaises ou étrangères ...Dans l'incertitude, l'UMP recherche donc dans ses "sphères dirigeantes" des candidats de recours : il y a Laurent Wauquiez, Thierry Mariani, Luc Chatel ...mais il y a surtout Nathalie-Kosciusko-Morizet (NKM), qui bénéficie d'un certain charisme en raison de son indépendance d'esprit lui valant même des sympathies à "gauche" ...Elle est d'ailleurs déjà considérée comme une candidate ayant de sérieuses chances de l'emporter à Paris aux élections municipales de 2014 ...Or la Mairie de Paris a déjà été le "marchepied" ayant fait connaître Jacques Chirac et facilité son élection à la Présidence de la République en 1995...

 

   Mais "il ne faut pas vendre la peau de l'ours", ...et les socialistes peuvent de façon légitime espérer conserver la Présidence de la République en mai 2017 ...D'abord François Hollande peut "se refaire" s'il se montre plus décidé à entreprendre des réformes de structure qu'il ne l'a montré lors de son "entretien" du 28 mars dernier ...et s'il bénéficie d'un "retour de la crossance" lui permettant de réduire la dette actuelle (90,2 % du PIB) et de réussir la baisse du chômage auquel il aspire actuellement selon la méthode ...Coué ...A défaut,étant intelligent et comprenant l'intérêt de la France ...et de son parti, il aura peut-être la sagesse de ne pas demander sa ré-élection ...Et alors, comme pour l'UMP, le problème sera pour le parti socialiste de trouver un candidat ... Il n'y en a pas beaucoup pouvant avoir une chance réelle .. Ségolène Royal ou Laurent Fabius apparaissent plutôt comme des "has been" ...Jean-Marc Ayrault passe quelque peu inaperçu, et on chuchote qu'il va être remplacé comme Premier Ministre ...Un seul semble se détacher, de façon plus ou moins marquée, en raison de son action efficace comme Ministre de l'Intérieur ...lui valant quelques sympathies à "droite", c'est ...Manuel Valls, qui bénéficie d'une confiance évoluant actuellement entre 40 et 50 % ...et qui, selon des "journalistes se voulant bien informés", attend son heure pour faire connaître son intérêt pour la Présidence de la République...

 

   Alors NKM ou Valls au 2ème tour de 2017 ? ...ou en 2022 ?! ...Les Français auront-ils le goût de la nouveauté ? ... D'un côté une femme, de l'autre un émigré de fraiche date, naturalisé après 1981 ?...La prédiction est impossible ...Mais on a le temps d'y réfléchir ...et ce sont les évènements - imprévisibles - qui en décideront...

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 14:29

   Depuis déjà 5 ans, la France s'enfonce dans la crise économique, et le chômage ne cesse de s'accroître, dépassant le seuil symbolique des 3 millions de personnes en Février 2013 ...Et les Français sont donc en droit d'attendre que tous les efforts soient faits en priorité, et autrement qu'en paroles, pour inverser cette évolution, à défaut de pouvoir résoudre ce problème, qui peut peser lourd sur l'avenir de leurs enfants...

 

   Or, depuis bientôt un an, le gouvernement accorde la priorité à une réforme "sociale" - appelée "sociétale" - que les électeurs n'avaient pas demandée, celle d'instituer le "mariage pour tous", c'est-à-dire la possibilité de tout citoyen adulte de se marier sans considération de sexe, au nom d'une prétendue égalité des droits ...Evidemment, les "hétéosexuels" n'étaient pas "demandeurs" de ce qui, pour eux, est une tradition, ...mais les "homosexuels" non plus, étant depuis longtemps satisfaits de la "dépénalisation" de leur comportement, qui avait longtemps été condamné sur le plan religieux, alors qu'il est "naturel" pour une minorité d'individus et avait même été "socialement" reconnu dans l'Antiquité... Et le seul argument avancé par le gouvernement est qu'il figurait comme le "31ème" des "60 engagements" de François Hollande, alors candidat aux élections présidentielles au début de 2012...

 

   Or cet engagement est déjà un sujet d'étonnement à propos de François Hollande...Car le meilleur moyen pour lui de convaincre l'opinion des Français est de donner l'exemple ...Et il faut constater objectivement que ce défenseur du "mariage pour tous" ...n'est lui-même pas marié et vit en "union libre" appelée aussi "concubinage" avec une femme ...Sur un plan privé, c'est strictement son droit, et il n'y a pas lieu d'en discuter, mais l'intéressé est devenu un homme public qui de surcroît affiche cette liaison dans des manifestations en France et à l'étranger ..."Les choses étant ce qu'elles sont" - comme le rappelait naguère Charles De Gaulle - il y a quelque embarras...

 

   D'autre part, François Hollande a certes été élu de façon indiscutable à la Présidence de la République ...mais les résultats ne l'autorisent pas à imposer une réforme touchant à la structure de la société française alors que, sur 46 millions d'inscrits, il y avait eu environ 35 millions de suffrages exprimés aux deux tours, soit, pour lui, 10 millions au 1er tour et 18 millions au 2ème tour (chiffres arrondis)... Il est significatif que l'opinion reste partagée sur le "mariage pour tous" dix mois plus tard, en mars 2013, puisqu'un sondage vient de révéler que 54,1 % des Français estiment que "ce n'est pas le moment"...

 

   De toutes façons, ce 31ème engagement n'est pas une "vérité révélée"  ...et la "croyance" en la vertu du "mariage pour tous" est même un paradoxe en cette période actuelle où l'influence judéo-chrétienne a reculé ...et où le respect du "Décalogue" inspiré naguère par Dieu à Moïse est devenue une vieille lune pour une grande partie de la société devenue athée ou agnostique ...Alors, si les partisans du "mariage pour tous" ont défilé au nombre estimé entre 125.000 et 400.000 à Paris le 27 janvier 2013 sans tracasserie, on peut s'étonner que les opposants, puisqu'ils sont de moins en moins dangereux, aient réussi à rassembler entre 700.000 et 1 million de personnes également à Paris le 24 mars 2013, alors que les Champs-Elysées leur avaient été interdits , ...et qu'ils aient fait l'objet, malgré la présence d'enfants, de brutalités policières ...Et est-il normal, alors qu'ils demandent démocratiquement un référendum, qu'on leur réponde que la loi sur le "mariage pour tous" passera, quoi qu'il arrive,  au Parlement ..."Silence dans les rangs" ..."On ne veut voir qu'une tête" !...

 

   Assez ! ... ça suffit !...

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 09:19

   Des voeux, il y en a beaucoup...Il faut bien, de temps à autre, faire son "examen de conscience"...Alors, comment la "Presse" a-t-elle réagi à ceux du Président Hollande ?...

 

   Extraits :

 

Ouest-France 2 janvier 2013 :

 

Editorial

jeudi 03 janvier 2013

À quoi ressemblera l'Ouest demain ?

Les dernières prévisions de l'Insee (voir Ouest-France d'hier) dessinent un destin bien original pour nos régions. D'ici à 2040, l'Ouest devrait connaître une croissance démographique de 22 %, bien supérieure à la moyenne nationale (15 %). Cela correspondrait à 1,8 million d'habitants supplémentaires. L'équivalent d'une région de plus !

Avec un taux d'environ 25 %, Bretagne et Pays de la Loire seraient même les champions de la croissance démographique métropolitaine. Au-delà de l'excédent des naissances sur les décès, cet essor viendrait principalement des migrations de populations en provenance d'autres régions : jeunes attirés par les perspectives d'emplois et retraités séduits par le cadre de vie.

Si cette évolution se confirme, le visage de l'Ouest se modifiera. Tout d'abord, nos régions prendront plus de rides que d'autres, à cause du vieillissement des baby-boomers de l'après-guerre et de l'afflux de retraités : en 2040, une génération de parents et une génération d'enfants pourraient vivre leur retraite ensemble ; un habitant sur trois (contre un sur quatre aujourd'hui) aura plus de 60 ans ; un jeune retraité aura deux fois plus de temps devant lui qu'un retraité en avait en 1960 ; le taux de personnes dépendantes devrait doubler...

Par ailleurs, toujours suivant ce scénario démographique, l'apport de nouveaux arrivants et l'allongement de la durée de vie doperont la croissance économique, en nourrissant de nouvelles demandes pour de nouveaux besoins. Par exemple, les seuls services aux jeunes et aux personnes âgées devraient croître au rythme de 10 % par an...

Alerte à l'étalement urbain

Enfin, tous les territoires de l'Ouest s'urbaniseront un peu plus chaque année : les villes devraient se densifier tandis qu'en même temps, une grande partie de leur population s'étalera en cercles concentriques ; simultanément, les bourgs ruraux deviendraient de plus en plus attractifs ; les limites entre la ville et la campagne s'estomperaient ; les zones côtières auraient toujours plus de mal à résister à des demandes accrues de construction.

Faut-il en savoir plus avant d'agir ? L'ampleur des changements invite à apporter de nouvelles réponses aux questions de solidarité intergénérationnelle qui en découlent. Alors que le nombre d'inactifs devrait presque égaler le nombre d'actifs, comment partager entre les générations les charges liées à cette croissance de demain ? Quel financement pour les retraites ? Quel rôle pour l'État-providence ?

Ces visions invitent aussi à prévoir, dès aujourd'hui, des dispositions concrètes. Il nous faut construire de très nombreux logements, souvent de moindre taille ; développer de nouveaux équipements collectifs (en matière scolaire, sportive et d'accueil de personnes dépendantes...) ; envisager de sérieuses politiques de formation pour des personnes appelées à changer plusieurs fois d'orientation dans une vie qui s'allonge ; accroître le pouvoir de régulation des régions, leur donner les moyens politiques d'endiguer l'étalement urbain, d'éviter que, de lotissements en lotissements, les espaces naturels soient irrémédiablement grignotés... Le futur est déjà là ! Regardons-le pour organiser l'avenir.

(*) yves Morvan est professeur émérite des universités.

 

Le Figaro (article trop long pour intégration directe )

 

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/01/01/10001-20130101ARTFIG00101-les-v339ux-de-serge-dassault.php

 

 

Autres textes :

 

http://www.liberation.fr/recherche/?q=Voeux+Nouvel+An

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 17:06

   Le 14 Juillet est en France la "fête nationale" par excellence, c'est-à-dire une fête qui a pour objet de rassembler les Français autour des valeurs fondamentales de la nation, à la différence des autre fêtes "civiques" à portée internationale commémorant l'une - le 11 novembre - la fin de la 1ère guerre mondiale 1914-1918, et l'autre - le 8 mai 1945 - la fin de la 2ème guerre mondiale 1939-1945...

 

   Cette fête nationale est traditionnellement présentée chaque année comme la commémoration de la prise de la Bastille à Paris le 14 juillet 1789, ...et, à cette occasion, on associe les autres symboles de la France : le drapeau tricolore, qui fleurit sur les édifices publics, la Marseillaise qui retentit partout, et notamment devant les monuments aux morts, et la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" qui a largement dépassé ses frontières ...Mais la commémoration de ces symboles n'en est pas moins marquée d'anachronisme...

 

   - D'abord, la fête du 14 juillet ne commémore pas la prise de la Bastille, qui, en 1789, n'avait été considérée que comme un évènement secondaire, au même titre que diverses échauffourées ayant auparavant troublé la paix de la capitale, en particulier en 1787 à cause de mauvaises récoltes ...En fait, la population - pauvre - de certains quartiers de l'Est s'était répandue dans les rues à la suite d'une rumeur annonçant que le roi Louis XVI et les nobles, résidant alors à Versailles, rassemblaient des troupes pour abolir les réformes proclamées par les Etats Généraux devenus Assemblée Nationale et, à la recherche d'armes, avait envahi le vieux château de la Bastille n'abritant plus que quelques condamnés de droit commun et d'ailleurs mal défendu ...Louis XVI lui-même, dans son agenda, n'avait noté à cette date que ..."rien"... Simplement, le 14 juillet n'a été choisi, après coup, et un peu par hasard, que pour célébrer un événement jugé autrement plus important en 1790 : la Fête de la Fédération, qui avait rassemblé toutes les "fédérations provinciales" autour  ...d'une Messe solennelle, sur la Place actuelle des Invalides, où Louis XVI avait juré devant environ 400.000 personnes de respecter la Constitution votée par l'assemblée Nationale ...Il s'agissait donc d'une cérémonie de réconciliation nationale qui aurait pu aboutir au maintien d'une monarchie constitutionnelle en France, à l'image de l'Angleterre ...si celle-ci, craignant la puissance rivale de la France, n'avait pas fomenté contre elle une coalition des monarques continuant à exercer un pouvoir absolu en Europe ...

 

   - Le drapeau tricolore, tel qu'il existe encore maintenant, avec trois bandes verticales bleu-blanc- rouge à partir de la hampe, n'a été instauré à l'origine qu'en 1794 par la Convention, et encore n'étai-il qu'un pavillon parmi d'autres ...Il traduisait alors la réunion symbolique entre le drapeau blanc de la monarchie et les couleurs bleu et rouge de la Ville de Paris ...Aboli de 1815 à 1830 par la reprise du drapeau blanc sous la restauration, il est rétabli par la Révolution de juillet 1830 ...et il est ensuite défendu, lors de la Révolution de février 1848 par le poète Lamartine, contre l'instauration ...du drapeau rouge, considéré comme un témoignage de la Terreur de 1793 (celui-ci deviendra d'ailleurs le symbole de la Commune de 1871 ...et du communisme à partir de 1917...). Il n'est finalement adopté comme le drapeau officiel de la France que par la 3ème République en 1880...

 

   - La Marseillaise n'est au départ qu'un nom d'usage donné au "Chant de guerre de l'Armée du Rhin" élaboré par Rouget de l'Isle en 1795, et repris et pupularisé par les soldats de Marseille ...Adopté comme un chant "patriotique" par le Comité de Salut Public, ...et conservé par Napoléon 1er, il est évidemment proscrit par la restauration entre 1815 et 1830 ...Il ne deviendra néanmoins un "hymne national" qu'en 1880, au même titre que le drapeau tricolore, ...et célébré comme tel  en 1889 à l'occasion de la commémoration du centenaire de la Révolution de 1789, dont une autre expression a été ...la Tour Eiffel ...Et il le restera, sauf pendant la période de Vichy entre 1940 et 1944 où il sera supplanté par le Chant du Départ  et ..."Maréchal, nous voilà"...

 

   - La devise "Liberté, Egalité, Fraternité" a une histoire similaire ...Comme elle est par définition un symbole "républicain", elle n'apparaît à l'origine qu'avec l'instauration de la 1ère République en 1792 sous la forme plus ampoulée de "Unité, Indivisibilité de la République, Liberté, Egalité, Fraternité ou la Mort " !...Maintenue par Napoléon 1er, qui se voulait un rempart de la République, abolie ensuite entre 1815 et 1848, elle est rétablie par la 3ème République et devient également "nationale" en 1880, alors que parallèlement une statue de la République est inaugurée  Place de la ...rRépublique, à Paris...

 

   Ainsi va la France ...Bien entendu, même si elle est marquée par des anachronismes, il n'est pas question de supprimer ces symboles rattachés à la commémoration du 14 juillet, d'autant moins que "l'amour du pays" s'effiloche quelque peu maintenant devant la montée des "égoïsmes" et des "communautarismes" et que cette commémoration reste une occasion "forte" de rassembler les Français ...Et, de toutes façons, elle reste conforme à l'article 2 de la Constitution de 1958, ayant d'ailleurs repris le même article de la Constitution de 1946, ainsi rédigé :

   " - La langue de la République est le Français

      - L'emblème national est le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge

      - L'hymne national est la Marseillaise

      - La devise de la République est : Liberté, Egalité, Fraternité

      - Son principe est gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple "

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 23:24

   En ce début de janvier 2012, il est impossible d'échapper au rite des voeux ...Chacun y va de son "bonne année", accompagné le plus souvent de "bonne santé" ...Il s'agit d'un rite ancien, hérité d'un passé lointain, puisque déjà il était en usage dans la Rome antique (*), mais il est surtout symbolique, car celui qui les formule comme celui qui les reçoit croient rarement qu'ils auront un effet sur les évènements à venir...

 

   Mais ces voeux ont au moins un mérite : ils sont "sympathiques", en ce sens qu'ils traduisent un "souci des autres" : une fois par an, c'est l'occasion de sourire, de s'attendrir, de penser au "bien" ...et d'oublier le "mal" ...Car le mal -hélas - n'est jamais loin ...et, même si on a la chance de ne pas le connaître pour soi-même ou pour ses proches, on a aucun ...mal à le trouver dans le monde : la persistance de "crimes contre l'humanité", comme en Syrie actuellement , la persistance de "crises économiques" aggravant la pauvreté de pays déjà démunis, et à l'opposé, les "profits indécents" de magnats seulement soucieux de préserver, voire d'accroître leur richesse, et la persistance de "l'oppression" dans certaines dictatures...

 

   A vrai-dire, on n'en finirait pas d'énumérer les cas où le "mal" persiste dans le monde, et il ne sert ...malheureusement à rien de rêver au "bonheur universel" qui reste - les hommes étant ce qu'ils sont - du domaine de l'utopie ...Mais il n'est pas interdit d'agir en ce sens ...car, depuis un demi-siècle - après les horreurs de deux guerres mondiales, il y a eu d'incontestables progrès avec la mise en place d'institutions internationales  et d'organisations dites non-gouvernementales qui s'efforcent de juguler les problèmes de guerres civiles, de déportations, de maladies ...ou de faim ...Il y a une prise de conscience qui s'impose de plus en plus dans le monde, une sorte "d'ingérence morale" qui est porteuse d'espoir ...

 

   Alors, bonne année !...

 

(*) Dates variables suivant les époques et les pays. A Rome, le début de l'année était en mars, comme le rappelle le nom des 4 derniers mois de l'année, de septembre à décembre.

 

 


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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 16:01

   La notation est actuellement une préoccupation pour le monde entier ...puisque non seulement tous les pays se soucient de leur notation ..."financière" ...A...A...A..., mais en France, toujours inspirée pour les leçons, Dessin-Notation-Chaunu-copie-1.jpgles ...Professeurs se mettent en grève pour leur notation ..."professionnelle" ...Ah ...Ah...Ah !...Quelle histoire !...

 

   Une histoire embrouillée, à vrai dire ...La notation, qu'est-ce à dire ? ...D'abord, le mot a divers sens, car il peut se rapporter au fait de "mettre par écrit" (noter un rendez-vous...), ou de "communiquer" (note de service...) ou encore de porter des "signes convenus (notes de musique...), mais en l'occurrence, il s'agit du sens le plus courant, qui est celui de "l'évaluation" et qui, manifestement, pose un problème...

 

   Le principe de l'évaluation est pourtant simple ...Car le monde...de la gravitation universelle à la vie d'une fourmilière en passant par les hommes ...fonctionne aves des "règles" ...Et, pour le fonctionnement de ces règles, il y a des mesures spécifiques : on calcule une distance avec des mètres, hectomètres, kilomètres, etc ...On pèse les poids avec des grammes, kilogrammes, etc ...On répartit le temps en secondes, minutes, heures, jours, mois, années, etc ...On estime l'économie d'un pays avec son PIB ....Il est donc naturel d'évaluer, si besoin est, l'activité d'une personne, à condition que cette évaluation soit juste, c'est-à-dire qu'elle repose sur des critères indiscutables ...Mais c'est là ...justement ...qu'apparaissent les difficultés...

 

   En effet la notation n'est pas une mesure "physique" donnée par des instruments, comme le thermomètre pour la température, ...elle est une appréciation "qualitative" traduite soit par des "lettres", soit plutôt - comme en France - des "chiffres"....autrement dit elle utilise la précision arithmétique pour un jugement nécessairement flottant ...Quel que soit le souci "d'objectivité" du "notateur", sa notation reste inconstante et peut toujours être contestée par le "noté"...Chacun en a fait l'expérience comme élève et a pu estimer parfois qu'il était "mal noté" ...Les études docimologiques montrent effectivement qu'environ 50 % des élèves sont peu convaincus par les notes et pensent que celles-ci peuvent être différentes d'un Professeur à un autre pour un même devoir, notamment dans des disciplines comme le Français ou la Philosophie ...Et...ils n'ont pas tort, car les mêmes études montrent qu'il y a parfois des écarts de plus de 10 points (sur 20) entre deux correcteurs pour une même copie au Baccalauréat, d'où l'utilité d'ailleurs de la double correction et des réunions d'harmonisation ...Or la même incertitude règne pour les personnels adultes auxquels la notation est statutairement imposée ... Dans le cas des Professeurs de Collège et Lycée, elle est la combinaison de deux notes (pour un total de 100 points) : d'une part, une note "pédagogique" donnée par l'Inspecteur de la spécialité pour évaluer la qualité de l'enseignement (sur 60 points) ...à l'occasion d'une visite souvent limitée à un seul cours  et seulement tous les 6 ou 8 ans ...et, d'autre part, une note "administrative" attribuée par le Chef d'établissement pour la ponctualité, l'assiduité, la participation aux activités et les relations avec les Parents (sur 40 points) ...Et cette notation n'est pas anodine, car elle sert de base à "l'avancement" qui peut être "au grand choix", au "petit choix" ou "à l'ancienneté" ...A âge comparable, il peut en résulter actuellement un écart de 800 euros de rémunération mensuelle en fin de carrière ...et cet écart n'est pas toujours une différence de mérite, car un Professeur peut avoir "raté" son cours devant un Inspecteur pour cause d'émotion ...et il peut aussi avoir des relations difficiles avec un Chef d'établissement pour des raisons plus ou moins subjectives ...Et les injustices éventuelles ne sont pas nécessairement réparées dans les commissions paritaires regroupant les représentants de la hiérarchie et les représentants syndicaux, ne serait-ce que parce que le Professeur concerné n'est pas syndiqué...

 

    C'est pourquoi, depuis plusieurs années, des commissions ont été réunies à divers niveaux pour réformer ce système devenu obsolète et inefficace...Mais, malheureusement, elles n'ont pas donné de résultats positifs en raison des désaccords entre les (nombreux) syndicats d'enseignants, certains étant prêts à collaborer avec le Ministre et ses représentants , et d'autres pas, pour des raisons politiques inavouées se rapportant à l'opposition de la "droite" et de la "gauche", surtout dans la perspectives des échéances électorales de 2012... Pourtant, le projet du Ministre actuel ne manque pas d'intérêt, car il préconise de remplacer le système actuel de notation par des "entretiens d'évaluation" portant sur divers thèmes ( objectifs, résultats, manière de servir, formation, activités,etc) et donnant lieu à des comptes rendus utiles pour apprécier les possibilités d'avancement ...Mais il prévoit aussi que cet entretien professionnel sera mené par le Chef d'établissement, considéré comme étant le "supérieur hiérarchique" le plus à même de juger du travail d'un Professeur "sur le terrain", cette  proposition s'inscrivant dans une volonté de renforcer l'autonomie des établissements et d'y appliquer des méthodes managériales empruntées au monde de l'entreprise ...C'est pourquoi, bien qu'il ait précisé que les Chefs d'établissement devraient prendre l'avis des Inspecteurs de spécialité, une majorité de Professeurs a manifesté, dans la crainte que les Chefs d'établissement interviennent sur le plan pédagogique, alors qu'ils connaissent seulement l'enseignement de leur discipline d'origine, s'ils sont d'anciens Professeurs, ou n'ont jamais enseigné, s'ils sont d'anciens Conseillers d'Education (ex-Surveillants généraux)...

 

   Le problème de la notation débouche ainsi sur la nécessité d'une formation adéquate à la fois des "notés" et des "notateurs" ...Ne serait-il pas alors plus simple de  ...supprimer la notation, en aménageant une carrière commune pour tous les Professeurs, dont le concours d'accès devrait être revu, avec un stage prolongé permettant de contrôler le niveau de leurs connaissances et leur aptitude à tenir des classes, y compris avec des élèves "difficiles", l'intervention de l'administration se limitant à une promotion exceptionnelle pour quelques cas éminents ou, inversement, à une radiation en cas de faute professionnelle grave ?...Pourquoi, en effet, persister à "infantiliser" les Professeurs par une "notation" et un "classement" analogues à ceux de leurs élèves ?...

 

   Et pourquoi, à cette image, n'en ferait-on pas autant  pour la gestion ...du monde entier, en évitant "d'infantiliser" les pays et leurs peuples par des ... "A.A.A." émis par des officines non représentatives les jugeant sur des critères obscurs et éventuellement nocifs sur le plan économique et social, la déchéance pouvant entraîner des pertes de marchés et, par conséquent, une augmentation du chômage ? ..."A" comme "Affaire" ..."A" comme "Abus" ..."A" comme "Ânerie" ...

 

Illustration : Dessin de Chaunu - Journal Ouest-France Jeudi 15 Décembre 2011

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 15:40

     L'actualité a toujours été l'histoire en marche, mais l'histoire ne retient qu'une infime partie de l'actualité ...et la Grèce appartient à cette partie dans la mesure où l'importance accordée à sa dette envers le monde, alors qu'elle n'est pas plus grave que celles d'autres pays, n'est évidemment pas sans rapport avec la dette que le monde a envers elle dans l'Histoire...

 

   A ce titre, le témoignage apporté par une résidente française, Catherine Martin, dans la rubrique "Autrement dit" du Journal La Croix (*), apporte un éclairage particulièrement intéressant :

 

     " Vivant en Grèce depuis huit ans, la situation dans ce pays, les réactions qu'elle suscite me font réagir. Depuis des mois, l'image qui est donnée de la Grèce est celle d'un pays où règne la corruption, où la fraude est le sport national et où les scandales éclatent et se succèdent a à un rythme de mitrailleuse. Rien de tout cela n'est tout-à-fait faux et il ne s'agit pas de cacher la vérité mais tout est dans la façon de le dire. Or, premièrement, je ne sache pas que nous, les autre européens, soyons si vertueux que nous ayons des leçons à donner aux autres; deuxièmement, on ne gagne rien à humilier un partenaire déjà affaibli ; troisièmement, il semble bien qu'en trente ans de partenariat, on n'ait pas réussi à connaître vraiment et à comprendre ces "cousins" grecs qui ne sont pas tout à fait comme nous .

 

   Car c'est une évidence, mais il se peut qu'on l'oublie : les Grecs ne sont pas des Européens occidentaux et ...ils ne le seront jamais. Ils n'ont pas à l'égard des lois les mêmes réflexes que nous, ils n'ont pas, d'une manière générale, cette rigueur héritée sans doute de Rome et qui marque l'Occident . La norme n'a pas un caractère contraignant, les choses se passent comme si elle était un simple repère (...) Je me suis rappelé souvent ce que notre professeur de grec nous avait dit (...) : le génie du latin, c'est la rigueur logique; le génie du grec c'est la souplesse, l'art de la nuance, il y a des règles de grammaire, mais les execeptions, les variations et les cas irréguliers sont fort nombreux ...J'incline à penser que ce qui est vrai de la langue l'est aussi des mentalités. Ce qui prime, c'est le lien familial ou social. On ne refuse pas un service à qui vous le demande, même si c'est au prix d'une entorse à la loi .On vient en aide aux proches, ...on est sensible aux besoins des personnes, mais on n'a pas le sens de l'intérêt général, et donc on contourne la loi sans états d'âme (...)

 

    Nous nous réjouissons de la diversité qui fait la richesse de l'Europe, mais nous devons aussi tenir compte de ces différences ...et ne pas nous étonner que des Grecs ne se comportent pas comme des Allemands ou des Français. Pour que l'Union Européenne mérite son nom, il faut que ceux qui la constituent se connaissent autrement que d'une manière superficielle et sur la base de clichés.

 

   Avant de conclure, juste une remarque à propos d'une expression qui résonne à mes oreilles : "la dette de la Grèce envers l'Europe". J'ai toujours vécu avec la conscience que c'est l'Europe qui a une dette envers la Grèce : un crédit qui court depuis 25 siècles, des emprunts innombrables qui ne ...se calculent ni en drachmes, ni en euros, mais dont l'exploitation a produit d'inestimables trésors ... Non seulement les hellénistes d'Europe, mais tous les philosophes, les architectes, les sculpteurs, les gens de théâtre(...) ne seraient pas tout à fait ce qu'ils sont s'ils n'avaient un jour rencontré Ulysse, Achille, Oedipe, Antigone, Prométhée..., s'ils n'avaient entendu parler de Socrate, Platon, Aristote ...,s'ils n'avaient contemplé la grâce des Hermès et des Aphrodites, la sérénité souriante des antiques "koraï", la beauté lumineuse, souveraine sans arrogance, du Parthénon ..., si tous les médecins n'avaient gardé le souvenir d'Hippocrate, ....jusqu'aux amoureux de la démocratie dont Athènes a été le berceau . Si nous faisions nos comptes, peut-être devrions-nous reconnaître que c'est nous qui sommes débiteurs, et que les milliards d'euros qui constituent la dette de la Grèce ne sont rien en comparaison de celle que nous ne rembourserons jamais ...Et ne disons rien de tous les trésors dont s'enorgueillissent nos musées ...et qui ont été pillés chez eux..."

 

   Tout de même, et quoi qu'elle en dise, cette résidente française a dû subir une forte influence de la Grèce, car elle est manifestement à mi-chemin entre "la rigueur du raisonnement" et le "sens de la nuance" ...Car chacun doit reconnaître que les français ont certaines habitudes peu ...orthodoxes, mais étrangement ...grecques, comme celle de chercher constamment à contourner les lois. Il est vrai que les Français oublient de plus en plus leur dette envers les Grecs, puisque le pourcentage des élèves étudiant le grec dans l'enseignement secondaire est passé d'environ 50 % à la fin du 19ème siècle à moins de 2% en 2010...Il convient, n'est-ce-pas, dans un enseignement à prétention "mondialiste", s'ouvrir à "d'autres cultures" et, à défaut de la Grèce, faire connaître la Chine des Han, l'Inde des Guptas, et l'Empire africain des Songhaïs et celui du Monomotapa ...Autre temps, autre époque !...Faut-il le prendre avec "philosophie", l'amour de la sagesse selon les Grecs ?...

 

(*) Journal La Croix - 3 octobre 2011

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 23:53

   Les vacances sont par définition une période de repos où chacun oublie - en principe - ses préoccupations habituelles et où l'actualité elle-même perd de de son importance du fait que ses acteurs sont eux-mêmes en congé ...Tel n'est pas le cas cette année où, après un mois de juillet plutôt détestable avec les démêlés d'un DSK, on a connu au mois d'août passablement chargé d'événements dont l'incohérence a frappé l'opinion...

 

   - Cela a commencé de façon encore anodine par une "nouvelle" sportive : voilà qu'un club de football - le Paris-Saint-Germain - "acheté" par un nabab du Qatar, fait l'acquisition d'un joueur pour le montant pharamineux de 20 millions d'euros, et ce n'était qu'un début puisqu'à la fin du mois le montant des acquisitions s'est élevé à 90 millions d'euros ...Taper dans un ballon est, certes, un exercice sympathique ...et il faut distraire le peuple - résurgence du "Panem et circences" de la Rome antique - mais tout de même de telles sommes sont-elles raisonnables ...et ne faudrait-il pas, en France comme dans les autres pays concernés par ce sport , limiter ces dépenses, alors que le niveau de vie de la grande majorité des citoyens est loin d'un tel luxe ...Et pourtant l'homme de la rue qui paie cher sa place dans un stade n'est pas choqué, allant même parfois jusqu'à justifier ces acquisitions somptuaires qui peuvent permettre au club cher à son coeur de jouer les premiers rôles au détriment d'autres clubs plus méritants mais n'ayant pas de tels moyens ...Incohérence !...

 

   - Dans le même temps, on a appris qu'en raison d'une sécheresse catastrophique la famine s'est répandue dans la corne orientale de l'Afrique - notamment en Somalie, et les médias ont diffusé les images consternantes d'animaux morts et d'enfants aux joues creuses et aux yeux exorbités ...Or la Somalie est située près de la péninsule de l'Arabie ...et donc du Qatar ...Cet Emirat, qui investit largement dans un  club de football, ne pourrait-il pas - ne serait-ce qu'au titre d'une solidarité de co-religionnaires de l'Islam - venir en aide à ce malheureux pays ?...Et, au lieu de compter sur l'action d'urgence des Organismes Non Gouvernementaux (ONG), les ...gouvernements des pays riches ne pourraient-ils pas s'entendre pour l'envoi des produits de première nécessité, ainsi que leur distribution  car il est de notoriété que l'aide ne parvient pas toujours à destination, étant raflée ou revendue par des seigneurs de guerre, les "shebabs" ?...Et l'ONU ou, en son nom,  l'OTAN, aider ce pays à lutter contre ce brigandage et à s'équiper en vue d'une auto-suffisance, au lieu de donner la priorité à une lutte en Libye contre un dictateur méprisable, mais naguère courtisé - il est vrai - pour son pétrole ?...Incohérence !!...

 

   - Il est vrai que les "pays riches" - les Etats-Unis, les Etats de l'Europe, et désormais la Chine - ont actuellement d'autres chats à fouetter avec la crise boursière qui secoue les places financières et font craindre une récession économique ...Car beaucoup de ces pays ont une "dette publique" abyssale, comme la France qui, derrière les Etats-Unis, détient un triste record avec environ 1500 milliards d'euros ...et la crainte d'une "faillite" ayant déjà menacé l'Irlande et la Grèce conduit les gouvernements à pratiquer une politique d'austérité ...Dans le cas de la France, où il est difficile de revenir sur des "acquis sociaux" sans provoquer des troubles, c'est l'occasion de faire l'inventaire des insuffisances et abus accumulés depuis un demi-siècle - le plus souvent pour des raisons électorales et quels que soient les partis au pouvoir - en particulier les "niches fiscales", le nombre des fonctionnaires, les dépenses des collectivités locales, l'exemption ou la réduction de la TVA dans certains secteurs, le cumul de certaines allocations ...sans oublier le financement public des partis ou des organisations syndicales ... Mais on oublie qu'il y a la "finance de l'ombre", ce que les spécialistes appellent le "shadow banking", permettant aux citoyens les plus fortunés et aux multinationales de payer un minimum d'impôts : la "titrisation", les "produits dérivés", les "hedge funds" c'est-à-dire des fonds d'investissement animant la spéculation internationale...Et, dans le même temps, les classes moyennes sont surtaxées ...Incohérence !!!...

 

   - Mais le plus grave est peut-être l'inconscience de l'opinion publique, où la "morale" au sens social s'efface ...On en a eu un exemple en ce mois d'août avec la récurrence du problème de l'euthanasie, en raison de la décision d'un médecin de Bayonne d'abréger la vie de quatre patients âgés sans qu'ils l'aient demandé, contrairement aux dispositions de la loi Léonetti ayant limité cette pratique en 2005 à des cas précis soumis à l'accord préalable d'une commission réunissant les parties concernées (personnel de santé, psychologues, famille) ...Il n'est en effet pas possible de laisser à un seul médecin le pouvoir discrétionnaire de donner la mort ...à la fois contraire à la loi condamnant tout homicide et au "serment d'Hippocrate" prescrivant au contraire de sauver la vie, à la condition de ne pas aller jusqu'à l'acharnement thérapeutique quand l'encéphalogramme est plat ...Et pourtant, loin de manifester de la compassion pour la mort des patients, de nombreuses voix se sont élevées pour approuver le médecin ...A quand l'euthanasie systématique des personnes âgées ?...Où va-t-on ?...Incohérence !!!!

 

   Vraiment, en ce mois d'aôut, le monde n'a pas tourné rond ... Mais faut-il pour autant parler "d'effondrement moral", comme l'a proclamé le 1er Ministre britannique à la suite de violences inhabituelles dans certaines villes de l'archipel ?...Dieu (?) merci, il faut "raison garder", et conserver "de la mesure avant toute chose", surtout après un 20ème siècle marqué par les horreurs indicibles de deux gueres mondiales ...Peut-être n'y a-t-il eu pendant les "vacances" que des "bavures" imputables à la bêtise des hommes qui, il est vrai, est incommensurable ...même si les savants font descendre ceux-ci de "l'homo sapiens" - autrement dit l'homme intelligent et sage - et plus précisément encore de "l'homo sapiens sapiens" - doublement sage ! - ce qui est le comble de l'incohérence !!!!!...

 

  

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