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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 14:29

   La France est le pays des Droits de l'homme depuis la Révolution de 1789, même si l'application de ces droits a pour le moins été irrégulier depuis plus de deux siècles ...En effet non seulement ces droits ont été oubliés, voire proscrits, en diverses circonstances de pouvoir autoritaire, mais, dès l'origine, ils n'ont pas impliqué les Droits de la femme, celle-ci ayant continué à avoir sur le plan civil la situation d'une mineure sous l'autorité de son mari, jusqu'à ce qu'en 1946, le Général De Gaulle, alors chef du gouvernement provisoire, lui accorde l'égalité avec son mari ou comme célibataire sur ce plan civil...

 

   Sur le plan civil, certes ...mais non sur le plan "naturel" ...Car la nature fait que la femme porte l'enfant de son mari ou de son compagnon pendant la gestation ...Or on n'en est plus là ! ...Comme on n'arrête pas le progrès ou supposé tel (?), il y a maintenant de plus en plus de cas où un un homme, une femme ou un couple désireux d'avoir un enfant "engage " une femme (car ça ne peut pas être un homme !) pour porter l'enfant durant tout le temps de la gestation, l'enfant étant remis au "client" à son terme...

 

   On peut passer - légèreté d'ailleurs coupable - sur le fait qu'une mère porteuse s'attache à l'enfant qu'elle a porté, car il y a des exemples de conflit dans ce cas ...Mais il n'est pas possible d'admettre une pratique faisant que certaines femmes - parce qu'elles ont des moyens financiers - se donnent le luxe de ne pas porter un enfant, tandis que d'autres - ayant besoin d'argent - seraient comme des "vaches à l'engrais" c'est-à-dire au niveau d'un prolétariat de gestation...

 

   Il n'y a donc rien à redire au fait qu'en France la "Gestation pour Autrui" (GPA) soit toujours interdite et à ce que la Cour de Cassation ait récemment refusé d'inscrire sur l'Etat-Civil en France des enfants issus, à l'étranger, de mères porteuses ...Or la Cour Européenne des Droits de l'Homme (et donc apparemment pas des Droits de la Femme) a condamné la France, en juin 2014, parce qu'elle s'en était tenue à la position de sa Cour de Cassation, condamnation ayant suscité des protestations émanant de toutes obédiences politiques, de droite comme de gauche puisqu'il y a même eu parmi elles des personnalités socialistes comme Jacques Delors ou Lionel Jospin ...

 

   Ces protestations étaient légitimes car, si l'on accepte l'inscription sur l'Etat-Civil en France d'enfants nés à l'étranger de mères porteuses, autant dire que le contrat de mère porteuse est validé, ce qui serait en contradiction avec l'interdiction de la Gestation pour autrui en France ...La Gestation pour Autrui, bien qu'interdite, deviendrait licite...

 

   Les protestations étaient d'autant plus valables  que les personnalités les ayant formulées avaient en même temps demandé qu'une convention internationale interdise la pratique des mères porteuses, empêchant ainsi toute manipulation d'un pays à un autre ...Et, à y bien réfléchir, une telle convention ne serait pas une nouveauté puisque le Conseil de l'Europe, lui-même, s'est déjà opposé naguère à la traite des êtres humains ...Et le trafic des mères porteuses est-il si différent de cette traite ?... Oui, vraiment, les Droits de la Femme doivent être défendus !...

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 15:18

   L'histoire de la France est malheureusement jalonnée, comme celle du reste du monde, par des crimes et des massacres : entre autres, la "Saint-Barthélémy" du 25 août 1572, les "Dragonnades" sous le règne de Louis XIV entre 1685 et 1715, la "Terreur" révolutionnaire entre 1792 et 1795, l'exécution des Communards au "Mur des fédérés" en 1871 ...Mais le comble de la honte a été atteint le 16 juillet 1942 quand 13.152 juifs étrangers - dont 3118 hommes, 5919 femmes et 4115 enfants - ont été dénoncés auprès des nazis allemands par des Français, enfermés dans des conditions infâmes dans l'ancien Vélodrome d'Hiver (le Vel' d'Hiv) et envoyés en déportation, dont une centaine seulement survécut...

 

   Hélas, comma l'a souligné Jacques Chirac, alors Président RPR de la République,  le 16 juillet 1995, "la folie criminelle de l'occupant a effectivement été secondée en France par des Français", et il a alors ajouté : "la France, patrie des Lumières et des droits de l'homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux"...Par cette déclaration, il rompait d'ailleurs avec l'attitude de son prédécesseur socialiste François Mitterrand qui, à l'occasion du 50ème anniversaire  de la "rafle du Vel' d'Hiv", avait établi une distinction : "Ne demandez pas des comptes à la République ...Elle a fait ce qu'elle devait ...L'Etat français, ce n'était pas la République" ...

 

   Ce désaccord des deux Présidents posait en fait le problème de ces célébrations "mémorielles", où le rappel légitime des faits "historiques" est accompagné de jugements "moraux" nécessairement déphasés par rapport au contexte des évènements, la condamnation de l'esclavage par la Ministre socialiste Christiane Taubira étant un autre exemple de ce genre d'anachronisme ...

 

   C'est pourquoi la phrase lapidaire du Président socialiste François Hollande dans son discours inaugural de l'Exposition sur la "Rafle du Vel' d'Hiv" le 16 juillet 2012 pour le 70ème anniversaire, est difficile à accepter, car il a affirmé, sans ambages : "Ce crime fut commis en France, par la France" ...De quel droit, et par quel abus "moral", peut-on attribuer ainsi un crime à toute une Nation, et non plus seulement à certains Français ou à un "Etat" qui prétendait parler au nom de la France ?... Car il y avait alors des Français qui résistaient à la barbarie et sauvaient l'honneur de la France comme Jean Moulin, Honoré d'Estienne d'Orves, beaucoup d'autres connus ou inconnus ...et bien entendu Charles De Gaulle ...Et il y avait aussi de nombreux Français qui, à leurs risques et périls, ont permis à au moins trois-quarts des juifs Français d'échapper à la déportation en les hébergant sous des noms d'emprunt ou en facilitant leur passage vers l'Angleterre ou l'Afrique, ce que les intéressés ont reconnu plus tard en les qualifiant de "justes" ...La police elle-même, qui avait une obligation d'obéissance à un "Etat" détenant la réalité du pouvoir sur le territoire métropolitain, avait marqué alors ses réticences, au moins au niveau de la "base" ...Les documents retrouvés après la Guerre dans les commissariats révèlent que l'opération avait été ralentie "parce que beaucoup d'hommes juifs avaient quitté leur domicile la veille" , ...comme le prouve d'ailleurs le nombre largement supérieur de femmes et d'enfants déportés, dont la police n'imaginait pas qu'ils puissent être inquiétés...

 

   Alors, après les écarts de langage de Christiane Taubira et ceux de Arnaud Montebourg, le Président François Hollande serait bien avisé aussi de mieux contrôler ses propos, s'il ne veut pas que sa popularité continue à baisser, notamment auprès des personnes âgées ayant gardé le souvenir de l'occupation allemande entre 1940 et 1945...

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 17:40

   Le "Multiculturalisme" ?...Encore un mot nouveau, inventé actuellement pour débattre de la possibilité ou non d'avoir "plusieurs" cultures - au sens spirituel - dans "un" pays comme la France... On pourrait aussi débattre, en jouant sur l'autre sens - matériel - de la culture, sur l'opportunité de la "polyculture" dans une ferme ...Car il s'agit bien d'un faux débat, déconnecté de la réalité ...ou la travestissant.

 

   En effet, qu'est-ce que la "culture", au sens spirituel ?...Le dictionnaire la définit comme "l'ensemble des aspects intellectuels d'une civilisation" (Robert) ou encore "l'ensemble des structures sociales et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles, qui caractérisent une société par rapport à une autre" (Larousse) ...Définitions imprécises, mais tout de même discriminatoires, puisqu'elles comportent une notion de "différence" d'une culture à une autre ...Et elles laissent de côté les éléments mêmes de la culture, dont la combinaison est complexe : c'est d'abord le cadre de vie, à savoir dans le cas de "douce France", la variété de ses paysages façonnés par l'Histoire ...C'est aussi sa population ,et en l'occurrence pour la France - située à l'extrêmité de la péninsule européenne - l'accumulation d'apports divers : à partir du fonds néolithique (les menhirs...), l'expansion des Celtes (la Gaule...), l'invasion des Francs (la ...France), et plus tard les Normands (les hommes du Nord...), les Italiens (la Renaissance...), les Russes (après 1917...), les Polonais (pour l'exploitation du charbon), les Espagnols (Républicains fugitifs après 1936), des Roumains, des Slaves et des Hongrois (avec le Rideau de fer après 1945 ...cas de la famille Sarkozy), ...et bien entendu les Noirs (Afrique et Antilles) et les Nord-africains (avec la décolonisation) ...C'est encore sa richesse linguistique où subsistent, à côté du francais, langue "officielle", de nombreuses langues régionales, dialectes et patois qui n'empêchent pas les gens de communiquer entre eux et contribuent même à l'éclat de sa littérature (à l'exemple de Frédéric Mistral) ...Et c'est surtout son patrimoine qui comporte non seulement les richesses matérielles (monuments, oeuvres d'art, musique...), mais les valeurs morales traduites dans un mode de vie (connaissances, convictions, visions du monde..), en contrepartie de certains défauts ( l'instabilité, le chauvinisme...) . Le simple énoncé de ces éléments suffit à montrer que la "culture" d'un pays comme la France n'est pas un "particularisme" identitaire, mais le "syncrétisme" d'échanges constants et divers avec d'autres pays...Et si la France, en raison d'un long passé centralisateur, a atténué  - sans les faire disparaître - ses différences internes, il ne faut pas oublier que beaucoup d'autres pays s'accommodent de leurs différences et en font même un drapeau, comme les 50 étoiles des Etats-Unis...

 

   Alors, pourquoi parler de "Multiculturalisme" ?... Il peut, certes, y avoir une question de circonstance, notamment à la suite d'une recrudescence de l'immigration ...Ce n'est pas par hasard que, dans un pays traditionnellement ouvert comme l'Angleterre en raison de son passé colonial, les conservateurs ont pris le pouvoir à la suite d'un surcroît d'immigrés (exemple: les Afghans passant par Calais...) accueillis par les travaillistes pour des raisons économiques... En France, il y a toujours eu un courant "humaniste" attaché, au nom du symbole des "Droits de l'Homme", à ce qu'elle reste une "terre d'accueil" ...et, même s'il y a toujours eu aussi une certaine "méfiance de l'étranger", l'immigration n'y a pas suscité pendant longtemps de problèmes majeurs : on a même été fier de personnalités représentatives venues de l'étranger, comme Brel (belge), Montand (italien), Kopa (polonais), Zidane (berbère), Troyat (russe), etc... Et on a toujours eu de la sympathie pour les épiciers tunisiens ou marocains qui ouvrent leur magasin le dimanche ...Mais les choses se sont gâtées quand l'immigration - insuffisamment contrôlée - a abouti à la formation de "ghettos" dans certains quartiers ou les banlieues de grandes villes : les immigrés, vivant "entre eux",  n'ont plus eu les moyens de s'adapter facilement au mode de vie de la terre d'accueil, d'autant moins qu'inversement les Français "d'origine" - même avec des opinions très sociales - ont fui ces zones où ils ne se sentaient plus chez eux : "cercle vicieux de rejet mutuel entre ceux qui se sentent mal accueillis et ceux qui ont le sentiment que les autres veulent rester à part" (*) ...Et le chômage n'a fait qu'élargir le fossé, au point qu'on parle dans certains cas de "zones de non-droit" ...

 

   Au lieu d'une intégration naturelle, progressive et sereine au terme d'une ou deux générations, on est donc arrivé, en France comme dans d'autres pays, à une "discrimination " (même positive !) plus ou moins rampante, ...et là où aurait pu se renouveler et s'enrichir une "culture commune" faite d'apports mutuels (en termes imagés, le couscous venant s'ajouter au bifteck-frites, au cassoulet, à la ratatouille, à la choucroute, au rizotto, à la paëlla, etc...), on arrive à la juxtaposition de "cultures multiples" qui secrètent évidemment la tentation du "multiculturalisme" ...Et ainsi, on fait le jeu des "nationalistes à tout crin" qui dénoncent les musulmans "faisant leurs prières dans la rue", oubliant qu'ils n'ont pas de mosquées...et qu'ils peuvent les pousser ainsi vers l'extrêmisme... A ce titre, le Président Sarkozy, au terme de certaines palinodies, a finalement reconnu qu'il fallait faciliter leur accueil, en faisant le "distinguo" - un peu trop subtil pour l'opinion - entre "l'Islam en France" et "l'Islam de France", et en ouvrant la réflexion sur les risques d'un prétendu "multiculturalisme"...

 

(*) Philippe d'Iribarne  - Les Immigrés de la République" - Ed.du Seuil 2010 - cité dans la page "Opinions" du Figaro du 18 février 2011


 

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 11:11
   En raison des persécutions dont ils ont fait l'objet depuis deux millénaires - et notamment depuis l'horreur innommable de la "solution finale" ou "Shoah" perpétrée par Hitler et ses acolytes nazis en Allemagne puis dans une grande partie de l'Europe de 1933 à 1945 - il est toujours difficile d'évoquer l'histoire des Juifs, car cette évocation peut être considérée comme une manifestation d'antisémitisme, si elle n'est pas conforme au récit traditionnel qu'ils en ont fait depuis des générations ...Aussi est-il intéressant de relever une analyse critique faite par un historien israëlien.

   Il s'agit de l'analyse de Shlomo Sand, Professeur d'histoire à l'Université de Tel-Aviv, qui se présente lui-même comme un "israëlien d'origine juive" et a publié en Septembre 2008 un livre intitulé "Comment le peuple juif fut inventé" (1) ...Evidemment cette analyse est surprenante, car elle va à l'encontre de l'opinion courante, non seulement des Juifs, mais de l'ensemble du monde, suivant laquelle les "Hébreux" - désignés ensuite comme "Judéens" ou "Juifs" - sont un des rares "peuples" à avoir perduré depuis leur apparition vers le 13ème siècle avant JC, suivant leurs propres écrits et notamment leur Bible, jusqu'à maintenant ...Histoire "linéaire", comportant toutes sortes de péripéties - heureuses ou malheureuses - liées, selon eux, à leur comportement dans "l'Alliance" privilégiée avec Dieu , dont ils ont toujours revendiqué d'être le "peuple élu" : sortie d'Egypte, conquête  de la "Terre Promise" entre le Jourdain et la côte méditerranéenne, royaume de David et Salomon divisé ensuite en deux Etats  - Judée et Israël - puis ...occupation successive par les Babyloniens (avec l'Exil) ...,  les Perses (Retour de l'Exil) , ...les Grecs ( royaume hasmonéen), ...et les Romains (au temps de Jésus-Christ) ...Plus tard, domination byzantine, ...arabe, ...turque, événements ayant contribué à leur dispersion autour de la Méditerranée (la "Diaspora") ...jusqu'à la re-création d'un Etat d'Israël en 1945 ...Cette histoire n'aurait-elle pas existé ?...Et le peuple juif ne serait-il qu'un mythe ?...

   Il faut d'abord rappeler que la notion même de "peuple" a toujours été incertaine (2) ...La définition du dictionnaire en fait "l'ensemble des personnes vivant en société dans un espace défini" ...Or il se trouve justement que le "peuple juif" n'a réellement occupé la Palestine (nom issu des Philistins habitant sur la côte - territoire actuel de Gaza) et constitué un "Etat" que tout au plus 300 ans pendant 2 millénaires ...Et il n'y a aucune trace d'un séjour des Hébreux en Egypte, ni de l'existence de Moïse (nom égyptien, de toutes façons, de la même origine que Thoutmosis), d'un royaume important de Salomon (la Palestine était alors dans la sphère d'in fluence de l'Egypte) ...et même l'Exil à Babylone, s'il a eu lieu, n'a affecté que les "élites", conformément à une pratique courante dans l'Antiquité ...De même, plus tard, les Romains n'ont jamais pratiqué de déportations massives pour les territoires conquis, s'efforçant au contraire de leur laisser une relative autonomie (exemple : le Royaume d'Hérode au temps de Jésus-Christ) ...Et les historiens modernes en sont même venus à l'hypothèse de la permanence de groupes humains dans ce lieu de passage qu'a toujours été la Palestine, permanence d'autant plus probable qu'il s'agissait essentiellemment de "ruraux" (agriculteurs et éleveurs) naturellemnt peu portés à "s'expatrier" ...Loin de former un "peuple" trouvant sa cohésion dans la résistance aux occupants, la majorité des habitants serait restée en place de générations en générations, successivement ...judaïsés", ..."hellénisés", ..."romanisés", ..."arabisés, ..."turquisés" ...

   Néanmoins il est incontestable qu'il y a eu au cours de siècles des "juifs" répandus un peu partout autour de la Méditerranée  et au-delà, qu'il s'agisse du Yemen actuel en Asie, de l'Ethiopie en Afrique, et des royaumes et Empires successifs en Europe... Et il semblait avéré que les Juifs tenaient cette "survivance" de la vigueur de leur foi, et notamment du respect pointilleux de leurs préceptes religieux, non seulement le Décalogue de leur Bible, mais les 613 commandements rituels du Talmud, ...pratique les ayant conduits à se différencier des "païens" là où ils s'installaient, et, pour cette raison, à ne pas chercher à les "convertir" (3) ...et au contraire, en se "discriminant" eux-mêmes; à être ainsi "discriminés" , le sémitisme entraînant l'antisémitisme... Or, l'historien Shlomo Sand donne un explication opposée, en affirmant que le judaïsme a été dès l'origine une religion "prosélyte", et qu'après avoir converti - de gré ou de force - la plus grande partie des habitants de la Palestine (Galiléens, Iduméens, etc...), les juifs ont converti de nombreux païens en profitant à la fois de la facilité offerte par l'extension de l'Empire Romain au pourtour de la Méditerranée ...et de l'attirance de nombreux habitants de cet Empire pour les cultes orientaux (Mithra, Cybèle ...et Yaveh) ...L'ampleur des conversions serait attestée par une estimation fixant à environ 4 millions le nombre des "juifs" au 1er siècle, ce qui dépasserait de loin les possibilités de progression "naturelle" ...Ce n'est certainement pas par hasard que les Juifs ont longtemps bénéficié d'un statut particulier dans l'Empire Romain ...et qu'ils aient pu participer du 1er au 3ème siècle à la dénonciation des chrétiens qui étaient pour eux des hérétiques blasphématoires osant considérer Jésus-Christ comme Dieu ...Et ce n'est pas davantage par hasard qu'ensuite ils ont été à leur tour persécutés, quand le christianisme a été reconnu au 4ème siècle comme religion officielle sous Constantin, les Juifs étant alors considérés comme "déicides" ayant livré Jésus-Christ à la crucifixion par Ponce-Pilate ...D'où pour certains le repli sur eux-mêmes dans un culte fermé (judaîsme rabbinique) , et pour d'autres la conversion aux autre cultes : le christianisme, puis l'islamisme ... y compris en Palestine, où les "Juifs" ne formaient plus que des groupes résiduels au 19ème siècle...

   Dès lors, comment expliquer que l'opinion mondiale se soit habituée à la notion d'un "peuple juif" ?...Il apparaît en fait que cette notion est relativement récente, car elle ne s'est vraiment développée qu'avec "l'éveil des nationalités" au 19ème siècle qui a conduit à l'exaltation des "peuples" plus ou moins mythiques contre les divisions dynastiques ...A l'instar de la France qui célèbre les Gaulois comme ses ancêtres - alors que ceux-ci s'étaient répandus dans une grande partie de l'Europe - certains juifs imaginent un peuple qui aurait traversé l'histoire : l'historien Heinrich Graetz écrit vers 1850 une "Histoire des Juifs depuis les temps anciens jusqu'à nos jours" ...En 1860 est née à Paris "l'Alliance Israëlite Universelle"... Cette agitation, alimentée par le rôle important de certaines familles juives dans l'économie, conduit à une vague d'antisémitisme, dont l'Affaire Dreyfus en France à partir de 1894 est une illustration célèbre ...Théodor Herzl publie alors en 1896 "l'Etat Juif", à l'origine du mouvement "sioniste" (4) et la Déclaration Balfour autorise en 1917 la création d'un "Foyer National Juif" en Palestine, choisie en raison du souvenir lointain de la "Terre promise" (5)...

   Peut-être ce retour en Palestine aurait-il pu réussir s'il avait été concerté avec les "autochtones" et numériquement limité, en apportant ainsi une aide au développement d'un territoire encore quelque peu "arriéré" ...Mais l'ampleur de l'immigration juive après la Shoah (épisode de l'Exodus) a entraîné un partage de ce terrritoire, générateur de guerres successives ...Car la politique "identitaire" de l'Etat d'Israël a eu comme contrepartie le déplacement ou la marginalisation des anciens Palestiniens (musulmans en majorité, ...mais aussi chrétiens), certains Israëliens allant jusqu'à vouloir prouver la "proximité génétique des Juifs du monde entier", et n'hésitant à multiplier leurs "colonies" ...et à construire un nouveau "Mur de la honte"...Tout cela pour un "peuple juif" sans fondement réel, même si par ailleurs la religion juive, comme les autres religions, mérite le respect...

(1) Voir le Dossier de la Revue l'Histoire de Juin 2009 (llustration de la couverture)

(2) Lire mon article du 23 avril 2009 sur le "Peuple"

(3) La "judéité" ne peut être tranmise que par des épouses juives

(4) Du nom de la colline de Sion à Jérusalem

(5) Les prières juives se terminent par l'incantation "Demain à Jérusalem"


  
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 09:29

   La discrimination est un sujet particulièrement difficile à traiter dans la mesure où ceux qui en sont victimes , à titre personnel ou collectif, n'acceptent pas toujours certaines réserves à ce propos...

   C'est pourquoi, dès l'abord, il est nécessaire de condamner la discrimination sous toutes ses formes, c'est-à-dire toute attitude consistant à "exclure" de son propre groupe tous ceux qui - pour quelque raison que ce soit - se "distinguent" du comportement global de celui-ci...

   Mais il faut aussi souligner que cette condamnation n'est qu'une contrepartie de la "démocratie" qui prévoit, suivant la Déclaration des Droits de l'Homme, que "nul ne paut être inquiété en raison de ses origines, de ses opinions ou croyances en matière religieuse, philosophique ou politique" ...Or il s'en faut de beaucoup que ce principe soit toujours respecté dans les Etats dits démocratiques, et, à fortiori dans les Etats dits autoritaires ...Et il est loin d'avoir été couramment pratiqué au cours de l''Histoire, car la "tolérance" est une notion relativement récente et les "sociétés" de l'Antiquité aux Temps modernes - à l'exception exemplaire d' Athènes au 5ème siècle avant JC - ont connu une uniformité "exclusive" des règles collectives, en rejetant - donc en discriminant - ceux qui ne s'y conformaient pas et, souvent même, en leur attribuant la responsabilité d'évènements inattendus (famines, incendies,épidémies,etc)...

   Les Juifs ne sont pas les seuls à avoir fait l'objet d'une telle discrimination, car on peut citer dans les divers continents d'autres groupes ayant pu être exclus - voire persécutés et parfois anéantis - par une majorité dominante ou conquérante, comme les Indiens en Amérique, les Noirs dans l'Afrique du Sud de "l'apartheid", ou encore les Ouigours en Chine ...Mais les Juifs sont sans conteste les victimes les plus connues et les plus constantes, d'une part parce qu'ils sont pratiquement ...les seuls à en avoir témoigné dans les récits de leur Bible ...et d'autre part et surtout en raison de l'importance tragique de leur "extermination" dans la Shoah de la Guerre 1939-1945 ...Et il est évident que cette discrimination était liée à leur comportement "particulier" (rites, vêtements, quartiers, activités...) dans les groupes où ils vivaient ...Des historiens ont pu dire - sans que cela puisse constituer une explication unique et une excuse - que "le sémitisme a engendré l'antisémitisme" ...Ce qui revient à dire que le "discriminé" peut être lui-même "discriminant" : un citoyen "ordinaire" peut considérer un Juif comme un "être à part" et lui donner un qualificatif méprisant comme "youpin" ... mais de son côté le Juif appelle "goy" le citoyen "ordinaire" ...et les mariages entre l'un(e) et l'autre restent rares...

   Cetta "ambivalence" dans la discrimination des Juifs a surtout une origine religieuse, même si , en fonction d'interdits, elle a pu prendre des aspects économiques comme celui du commerce de l'argent  ...L'histoire de leurs ancêtres Hébreux est à cet égard révélatrice, car ceux-ci, à en croire leur propre Bible, sont chassés d'Egypte au 13ème siècle avant JC surtout parce qu'ils ne se conforment pas aux cultes faisant du Pharaon un "Dieu-Roi" et adorent un Dieu invisible et incompréhensible... Mais, à peine installés en Palestine, ils pourchassent eux-mêmes les adorateurs de Baal, comme ils exécuteront ceux qui, dans leur propre peuple, oseront prétendre être le "Messie", c'est-à-dire le "Sauveur" annoncé par leurs Prophètes ...Jésus n'étant que l'un d'entre eux ...le plus célébre !...Mais Jésus lui-même a une attitude discriminatoire quand il affirme, en tant que juif : "Ne prenez pas le chemin des païens et n'entrez pas dans une ville de Samaritains ...Allez plutôt vers les brebis perdues de la Maison d'Israël !" (Mathieu 10-5/6) ...Ce n'est qu'après sa mort et sa résurrection supposée que les Evangiles lui prêtent une mission universelle : "Allez donc, de toutes les nations, faîtes des disciples !"( Mathieu 28-19) ...

 

   Et, paradoxalement, ce sont les "Non-Juifs" (ou "Gentils") qui vont alors former la masse de "Chrétiens", tandis que les Juifs resteront en majorité hostiles ...au point qu'ils seront rapidement condamnés et persécutés comme "déicides" par les premières communautés chrétiennes pour avoir livré Jésus aux Romains en vue de son exécution sur la croix... Persécution qui, pratiquement, se poursuivra malgré plusieurs rémissions pendant 15 siècles ...comme, par exemple, leur expulsion d'Espagne par Ferdinand d'Aragon et Isabelle la Catholique en 1492, l'année même de la découverte de l'Amérique ...et leur errance à travers l'Europe qui les amène en Pologne, aux confins de l'Autriche et de la Russie, ce qui suscitera plus tard un antisémitisme latent, non sans rapport avec l'installation des camps d'extermination nazis (ex:Auschwitz) pendant la guerre 1939-1945...

  Cet antisémitisme latent - alors plus ou moins développé dans les divers pays de l'Europe ( ex: Affaire Dreyfus en France) - explique d'ailleurs que les instances internationales, et en particulier l'Angleterre - encore 1ère puissance du monde en raison de son Empire colonial - aient encouragé dès la fin du 19ème siècle le mouvement "sioniste" prônant le "Retour à Sion" (c'est-à-dire en Palestine) toujours considérée par les Juifs pratiquants comme la Terre Promise accordée par Dieu (Yaveh) ...C'est ainsi que fut créé le "Foyer National Juif" reconnu par la Déclaration Balfour (1917) à l'origine de l'immigration massive des Juifs vers la Palestine au 20ème siècle ...Or ce pays comportait alors 690.000 habitants, dont ...seulement 90.000 Juifs issus des temps anciens ...et vivant le plus souvent en bonne intelligence avec les Chrétiens, minoritaires comme eux, et les Arabes musulmans, en raison de leur apparentement religieux (reconnaissance commune d'un seul Dieu d'Abraham et des Prophètes...et de Jérusalem comme Ville Sainte) ...Il aurait donc été judicieux, et même nécessaire en la circonstance, de négocier avec les musulmans majoritaires une installation d'immigrants juifs en nombre limité, proportionné autant que possible aux territoires encore peu mis en valeur (plateaux intérieurs, désert du Néguev...), d'autres immigrants pouvant rejoindre les diverses communautés juives à travers le monde, notamment celle des Etats-Unis ...Ainsi il aurait été possible de créer un Etat Palestinien "pluri-communautaire", à l'image du Liban voisin ...

   Tel ne fut pas le cas ...et quand arrivèrent 600.000 colons juifs après 1945, souvent issus des camps (Exodus...), obtenant ensuite de l'ONU la reconnaissance d'un "Etat d'Israël" en 1948, les Palestiniens musulmans (et certains chrétiens) - qui pourtant n'avaient été pour rien dans les camps d'extermination nazis -  préférérent s'exiler ...au nombre d'environ 1.000.000 de personnes, et les conflits se multiplièrent ...aboutissant à la situation actuelle : d'un côté les "Palestiniens" recourant à des attentats terroristes ...et de l'autre les "Israëliens" s'abritant (?) derrière un Mur, qui est, à lui seul, un symbole majeur de discrimination dans le monde ...émanant de la Communauté la plus discriminée dans l'Histoire...

   Discrimination qui ne peut être qu'une impasse tragique ...si les efforts conjoints des pacifistes israëliens et palestiniens - conscients de cette situation - ne parviennent pas à faire appliquer leur "Processus de Paix" élaboré en 2007... On ne peut que formuler l'espoir qu'avec le temps - à défaut d'initiatives courageuses - l'attachement à un même terre permettra de créer non pas deux Etats condamnés à se déchirer, comme dans le passé, mais un seul Etat "multi-communautaire", comme l'ont réalisé - au terme de difficultés et de conflits initiaux - des pays comme naguère la Suisse, ou plus récemment l'Afrique du Sud...

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