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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 14:46

   Ainsi donc, avec la "Gauche" au pouvoir, on remet ça ! ...Il faut en finir avec les notes à l'école, c'est-à-dire en revenir à cette pédagogie soixante-huitarde selon laquelle tout ce qui est "stigmatisant" est condamnable ...Cette pédagogie rejoint la philosophie ou prétendue telle, dite la "théorie du genre", suivant laquelle il n'y a plus de différence entre les filles et les garçons (?) ...Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil, ...Vive l'égalité !...Comme le dit le texte du Conseil Supérieur des programmes, ..."entre évaluation formative et sommative (sic), il faut en amont et en aval des descripteurs variés (re-sic) pour rendre explicite le niveau de maîtrise atteint par un élève et son écart - positif ou négatif - à un niveau atteint (re-sic)" ...Tout cela est du sabir et personne, sauf les initiés, n'y comprend quoi que de soit, mais ce n'est pas grave, car moins c'est compréhensif, et apparemment plus c'est intelligent !...

 

   Plus intelligent, en effet, serait le fait de remplacer l'évaluation-sanction par l'évaluation bienveillante ...car on ne martyiriserait plus les élèves par des notes ....La preuve en est d'ailleurs dans l'état lamentable où sont actuellement les anciens élèves devenus adultes que nous sommes après avoir subi l'éducation reçue des "hussards noirs de la République" du début du 20ème siècle, où il y avait les notes, mais aussi les classements et, pire encore, le bonnet d'âne au fond de la classe !... C'est pourquoi on a trouvé l'astuce - déjà trouvée en 1968 - d'une évaluation par lettres, à cette différence près qu'en 1968 il y avait 5 lettres - ABCDE - tandis que maintenant il y aurait 6 lettres - ABCDEF - ...Génial !...Comme le dit Luc Ferry, ancien Ministre de l'Education, qui doit savoir de quoi il parle : "c'est stupéfiant de niaiserie !" ...En effet les maîtres, soucieux d'apporter légitimement des nuances, n'auront rien de plus pressé que d'ajouter des "+" et des "-", ce qui fait qu'il y aura A+, A-, B+, B-, etc ...jusqu'à F-, soit 12 nuances ...Autrement dit, on passera de 20 nuances à 12 ...Quel progrès ! ...Sans compter que les parents, habitués à une notation sur 20, se livreront à des comptes d'apothicaire pour savoir à quoi par exemple 5 sur 12 correspond une note sur 20 !...

 

   Et ceci parce que les notes seraient, comme ironise encore Luc Ferry, "le reflet de la société de compétition capitaliste et qu'elles seraient un appareil idéologique d'Etat destiné à sélectionner les "héritiers" et installeraient la logique néo-libérale de la rentabilité compétitive dans les classes" ...Et il ajoute avec raison : "Si on supprime la notation dans le cadre scolaire, la réalité post-scolaire se chargera de la rappeler, et de manière autrement plus dure" ...

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:10

                                   

   S'il est bien une vérité naturelle - pour ne pas dire une vérité de La Palice - que les enfants apprenaient de leurs instituteurs - les "hussards noirs de la République" - dès leur entrée à l'école primaire, c'est la distinction entre le genre masculin et le genre féminin, et même cela leur posait des problèmes quand les "noms" avaient la mauvaise idée de changer de genre entre le singulier et le pluriel,...ou quand le genre masculin l'emportait sur le genre féminin dans le pluriel des "adjectifs" alors "qualificatifs" ou "attributs" ...C'était le temps où l'instruction, paraît-il, était "traumatisante", même si la majorité des Français devenus adultes depuis lors n'en tremble pas à son seul souvenir.

 

   Mais tout cela est fini ...ou du moins certains "bons esprits" le pensent ...Ils reviennent d'ailleurs à la charge, car ils s'en étaient déjà pris aux bases de cette instruction ancienne après les "évènements de 1968", où il était "interdit d'interdire", et où il fallait bannir ce qui pouvait nuire à "l'enfant-roi", qu'il s'agisse d'exercices sélectifs comme la dictée - si elle préconisait pas "l'ortograf", ...ou d'examens comme le Certificat d'études, le Brevet ou le Baccalauréat, où la hausse du pourcentage des reçus était inversement proportionnelle à la baisse du niveau d'ensemble ...Maintenant on va plus loin, ...et même beaucoup plus loin...

 

   En effet, on veut imposer une théorie - dite théorie du genre - suivant laquelle les carences actuelles de l'instruction - pourtant engendrées par les dérives issues des "évènements de 1968" - sont en fait le résultat d'une discrimination entre les filles et les garçons, attentatoire à l'égalité ...S'il s'agissait seulement d'une initiative de Vincent Peillon, l'actuel Ministre de l'Education Nationale, on pourrait en sourire comme étant une illustration de l'article 31 des "engagements" du Président François Hollande ...et se résigner à attendre son successeur, car on ne compte plus les Ministres - de quelque parti qu'ils soient - ayant attaché leur nom à une réforme : Faure, Guichard, Fontanet, Haby, Jospin, Lang, ...Fillon, etc ...Mais cette fois, c'est le syndicat majoritaire des instituteurs devenus ...Professeurs des Ecoles - le SNUIPP - qui monte au créneau en affirmant que "la théorie du genre est une possibilité de repenser les identités en dehors des cadres normatifs d'une société envisageant la sexuation comme constitutive d'un clivage binaire entre les humains, ce clivage étant basé sur l'idée de complémentarité dans la différence et censé s'actualiser principalement dans le couple hétérosexuel" ...CQFD ...Comme disait Boileau, "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément" ...Mais ce n'est pas fini, car le SNUIPP  ajoute : "Le genre n'est pas seulement un rapport de domination des hommes sur les femmes; Il est aussi un ordre normatif qui sanctionne les transgressions. Pas question de s'adresser régulièrement à l'école de manière collective "aux filles" et "aux garçons" ...Ah! oui, ...mais à qui alors ?... A des êtres asexués auxquels (fâcheux masculin pluriel) on réservera par exemple des toilettes communes dans les cours de récréation ?...

 

   Et les enfants - c'est-à-dire ceux qui ont encore l'âge d'être des "garçons" et des "filles" - dans tout cela ?...Silence ! ...Ils n'ont manifestement pas la parole ...On aurait autrefois dit qu'ils n'ont pas l'âge de raison ...même si ce sont eux qui, maintenant, apparaissent comme les plus raisonnables ...car on leur fera pas prendre des vessies (mot orienté...) pour des lanternes (au sens étymologique des "riens") ...Ils  en sont encore aux réalités et non aux réflexions philosophiques niant celles-ci ...Et, comme le dit un enseignant ayant caché prudemment son identité : "Je suis là pour instruire les élèves qui me sont confiés et non pour bourrer le crâne de gamins de 6 à11 ans de théories fumeuses qu'ils ne comprendront pas à cet âge" ...Et, comme le précise le psychiâtre Christian Flavigny, "l'enfant est par nature à l'âge des jeux, et c'est dans ces jeux que s'élabore son identité sexuée par la référence au parent du même sexe, le garçon dans l'aiguillon de la rivalité au père où se façonne le masculin, la fille dans le partage qui tôt s'ébauche avec sa mère des enjeux de la féminité-maternité"...

 

   Qu'on se le dise...

 


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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 15:10

   Le vieux serpent de mer ré-apparaît en cette période relativement calme suivant les promesses du Nouvel-An ...A défaut d'être en mesure d'apporter une solution à des problèmes immédiats comme la persistance de la crise économique et la montée du chômage, le gouvernement en profite pour ressortir le problème ancien et jamais résolu, celui des "rythmes scolaires" ...Une vieille lune !...

 

   Car il avait déjà été question des rythmes scolaires après les "évènements de 1968" - il y a donc 44 ans ! -  c'est-à-dire à l'époque où il était "interdit d'interdire" et où il fallait - paraît-il - "apprendre à apprendre", comme si les instituteurs d'autrefois - les "hussards noirs de la République" - n'avaient apparemment rien fait de bon ...L'école avait donc été réformée, en principe pour "remettre l'élève au centre du dispositif" - comme s'il ne l'avait pas toujours été - et en pratique surtout pour tenir compte de l'évolution de la société, en particulier de l'aspiration des parents d'élèves à pouvoir bénéficier du week-end avec une semaine de ...4 jours, même si cela entraînait un allongement du temps scolaire à 6, voire 7 heures par jour, et avec des vacances multipliées et allongées ramenant la durée de l'année scolaire à moins de 140 jours - soit seulement 40 % de l'année civile - pour le plus grand bénéfice de l'hôtellerie et des organismes de loisirs ...Et ceci sans compter les jours perdus, notamment pour les lycées et collèges, avec l'organisation des examens auparavant fixée dans la 1ère quinzaine de juillet ...

   En l'occurrence, il est vain de chercher des "responsables", car toutes parties concernées y ont plus ou moins contribué, et les gouvernements - de "gauche" comme de "droite" - n'ont rien fait pour améliorer valablement la situation ...Le problème est essentiellement de savoir ce qu'il faut faire et d'avoir le courage de le faire ...A ce titre, l'éditorial de Bernard Le Solleu dans la journal Ouest-france du 10 janvier fait une analyse intéressante :

 

Editorial

jeudi 10 janvier 2013

L'école au bon rythme

C’était la réforme que tout le monde attendait, celle dite des rythmes scolaires. Chacun en convient : à l’école primaire, non seulement le cartable de l’élève est surchargé, mais ses horaires de classe bien plus encore. Six heures de travail par jour, pendant quatre jours. Aucun pays au monde ne pratique un tel bourrage de petits crânes. On en mesure les résultats : de plus en plus d’élèves en difficultés, et déclassement de la France dans les tests internationaux.

D’où l’impérieuse nécessité de revenir à la semaine de quatre jours et demi. Priorité aux enfants. Réforme facile a priori ? Pas du tout. Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, qui avait démarré en trombe, a dû déchanter. Aucun enthousiasme chez ses partenaires impliqués dans la vie de l’école. Qui fait le premier pas ? Les enseignants, les maires, l’État, les parents ?

L’archi-consensuelle réforme a viré aigre : négociations à n’en plus finir. Et, cette semaine, devant le Conseil supérieur de l’éducation, où tous les partenaires de l’école sont consultés, elle n’a obtenu aucun plébiscite. Elle a glané un maximum d’abstentions. L’attentisme prévaut.

Le ministre prend donc son bâton de pèlerin. Il lui faut désormais « vendre » sa réforme pour qu’une majorité d’écoles changent de rythme dès la rentrée 2013. Il part prêcher la bonne parole. En donnant en exemple les bons élèves. Ces municipalités qui ont déjà réinstallé, à la satisfaction générale, cette semaine de quatre jours et demi. Il est aujourd’hui à Brest, ville pionnière, avec Angers, Toulouse, La Roche-sur-Yon et quelques autres. L’État par ailleurs met la main à la poche, crée un fonds d’incitation. 250 millions d’euros. Cela suffira-t-il ?

Si le bien-apprendre et le bienêtre des élèves doivent, dans l’idéal, passer avant toute autre considération, la disette budgétaire qui frappe l’État et les municipalités, complique tout. Car c’est une réforme qui exige des moyens financiers et humains que certaines municipalités sont dans l’impossibilité de mobiliser. Les enseignants regardent également leur porte-monnaie. Leur temps de présence à l’école n’augmente pas, mais les temps de déplacement, oui.

Péripéties ? Sans doute. Le pays n’est pas si mal en point qu’il ne puisse enfin réformer son école. Car il y a urgence. D’autres réformes sont sur le feu. La formation des maîtres, la réorganisation des classes, la prise en charge des enfants en difficulté… L’ambitieuse refondation de l’école, engagement de François Hollande, a bien du mal à se concrétiser.

Vincent Peillon aime à rappeler sa grande conviction républicaine nourrie par l’Histoire : « Quand l’école avance, la France avance. » Si l’on regarde les résultats de l’Éducation nationale depuis vingt ans, l’école est plutôt dans la reculade. Sans doute parce qu’elle a trop négligé les petites classes, là où se font les apprentissages fondamentaux. En taux d’encadrement des élèves, c’est incroyable, nous sommes le dernier des pays de l’OCDE. Et l’on s’étonne ensuite que de plus en plus d’élèves soient « largués », déboussolés, abandonnés sans diplômes, sans formation !

L’école doit donc se remettre en marche. Au bon rythme. Un ministre disait jadis « qu’une révolution dans l’Éducation nationale, c’est une réforme qui s’applique. » Celle des rythmes scolaires sert de test.

Bernard LE SOLLEU.

 

 

       On ne peut donc que saluer la volonté exprimée par Vincent Peillon, Ministre socialiste de l'Education Nationale ...Encore faut-il maintenant qu'il passe "de la parole aux actes" ...Est-il capable de mener cette refondation de l'école ?... Le doute est permis après le "pas de clerc" commis à propos du "mariage pour tous" ...

 


 


 

  

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 23:33

   Comme les rythmes scolaires, la notation est dans l'enseignement français une "vieille lune" récurrente, ...et il a suffi qu'un Ministre de l'Education attaché à la tradition doctrinaire du socialisme - Vincent Peillon - manifeste son intention de "faire évoluer la notation pour qu'elle ne soit pas perçue comme une sanction par les élèves" ...pour que le carnaval recommence dans l'opinion publique, chaque journal et chaque chaîne de télévision y allant de leur documentaire ...Comme disait déjà Shakespeare en 1600 ..."beaucoup de bruit pour rien ...ou du moins ...pas grand-chose !...

 

   La notation ...Qu'est-ce, au juste ?... Certainement pas une "fin en soi" pouvant mettre en cause tout le système éducatif ...Ce n'est qu'un instrument de mesure pouvant servir de référence pour chaque élève ...ainsi que pour tous ceux qui - maîtres, parents, conseillers divers - ont besoin d'éléments d'évaluation pour suivre son cas ...Il s'est trouvé qu'en France l'évaluation s'est faite, lors de la mise en place de l'instruction primaire par Jules Ferry en 1881-1882, par une notation chiffrée de 0 à 10, qui a été le plus souvent affinée de 0 à 20 ...D'autre pays ont utilisé des méthodes différentes, comme les lettres - ABCDE - auxquelles la France elle-même a eu recours en 1969 avec le Ministre Edgar Faure, qui avait invité les enseignants "à abandonner sans regret la notation chiffrée" ...Réforme sans lendemain, dans la mesure où elle ne fut appliquée qu'irrégulièrement et où ses utilisateurs prirent souvent l'habitude d'apporter des précisions du genre A+, B-, C+, etc...Pendant qu'on y était, on aurait pu tout aussi bien (ou mal...) utiliser les 26 lettres de l'alphabet ...En fait, on n'était pas habitué à ces complications ...Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? ...Et la simplicité restait l'usage de la notation chiffrée...

 

   Et la simplicité était aussi ce que demandent les élèves ...Interrogés sur la notation, ils manifestent essentiellement le souci qu'elle soit compréhensible et juste ...Etant le plus souvent bons juges de leur propre valeur, ils admettent en effet la "sanction" - positive ou négative - si elle leur paraît "équitable" ...Combien d'élèves ont pu s'exclamer : "C'est pas juste" quand ils ont l'impression que la note ne correspond pas à leur travail ...à fortiori si, dans certains cas, le maître donne une note "punitive" - "tu auras zéro" - ou s'il fait intervenir la "conduite" dans une évaluation ne devant être que "pédagogique"...Mais dans l'ensemble, les élèves acceptent les règles, et respectent l'autorité de leurs maîtres, si celle-ci est exercée avec intelligence et clairvoyance... N'en déplaise aux "apprentis-sorciers" qui prônent la primauté de "l'enfant-roi" ne devant surtout pas être "traumatisé", la notation est utile, et il n'y a pas de raison "psychologique de la suppprimer ...

 

   Par contre, il est inutile et même répréhensible de se livrer à des classements qui poussent évidemment à comparer les élèves entre eux, alors que chaque élève doit être comparé  seulement par rapport à lui-même ...Car chaque élève a ses propres aptitudes et son propre rythme d'acquisition des connaissances ..Il peut être "bon" dans certaines disciplines et "mauvais" dans d'autres ...Il peut "apprendre vite" ou, au contraire avoir "besoin de temps" ...C'est pourquoi, d'ailleurs, les "palmarès des établissements"  que des officines s'obstinent à livrer régulièrement à l'opinion - à l'occasion des "diplômes" et notamment du baccalauréat - sont condamnables, car ils ne peuvent qu'engendrer des discriminations pour l'inscription ...alors que, souvent, un établissement situé dans un secteur réputé difficile - comme les banlieues de villes où les jeunes sont parfois livrés à eux-mêmes - peut avoir plus de mérite qu'un établissement plus "huppé" d'un quartier "chic"...

 

   En conclusion, oui au maintien de la notation ...et non à sa suppression sous prétexte qu'elle ne serait que "sanction" ...Ce n'est pas le moment de rajouter une réforme "contre-productive" alors que, pour d'autres raisons - dont celle de la formation des maîtres, le système éducatif français, naguère considéré comme ujn modèle, n'a cessé de reculer depuis un demi-siècle ...dans la notation internationale...

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 22:58

  Ainsi la question des rythmes scolaires renaît de ses cendres, comma Phénix, l'oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne ...Le nouveau gouvernement de la République Française était à peine constitué que Vincent Peillon, le Ministre pressenti pour l'Education Nationale, soucieux de mettre aussitôt en pratique la priorité accordée par le Président François Hollande aux problèmes de la jeunesse, annonçait déjà le retour à la semaine scolaire de 5 jours pour l'enseignement primaire, ...s'attirant une mise au point du 1er Ministre Jean-Marc Ayrault au titre d'un "code de déontologie" imposant tout autre annonce que collective...

 

   En fait, ce "faux pas" n'était pas grave, car le retour à la semaine de 5 jours à l'école n'était pas une grande innovation sociale et, si elle renaît de ses cendres, c'est apparemment que celles-ci n'étaient pas complètement "refroidies" ...Elle n'est en effet qu'un élément du problème global des rythmes scolaires qui n'a pas cessé d'être discuté au cours du siècle dernier, et la concertation préalable souhaitée par le 1er Ministre aura surtout l'air du "réchauffé"...

 

   Autrefois, ...non !...On ne va pas refaire toute l'Histoire de la France qui s'appelait la Gaule, il y a deux millénaires, même si elle en a gardé certains caractères ...Il suffit de rappeler les lois de 1882 et 1883 de Jules Ferry qui avait mis en place l'instruction primaire "laïque, gratuite et obligatoire" ...et celle-ci prévoyait une semaine  de ...5 jours du lundi au samedi, coupée par un jeudi officiellement prévu pour le repos dess écoliers, mais consacré le plus souvent par ceux-ci soit à des travaux familiaux dans un milieu encore très rural, soit, dans les familles pratiquantes, au ...catéchisme ...Et les écoliers travaillaient toute la journée, en principe le matin de 8 heures à midi et après un casse-croûte ou le repas en famille, l'après midi de 13 h 30 ou 14 heures à 15 h 30 àou 16 heures, les leçons étant apprises et les devoirs faits souvent à l'étude du soir, les Parents n'étant pas revenus de leur travail à la maison ...Quant aux vacances, elles coïncidaient ...aux fêtes religieuses et aux jours fériés (Toussaint, Noël, Pâques) ...il n'y avait pas de congé de mardi-gras (sauf cas particulier de fête locale) ...et les "grandes vacances" ne commençaient que le 14 juillet ...Elles duraient, certes, jusqu'au 1er octobre - la fameuse "Rentrée des Classes" - mais les écoliers ne restaient pas inoccupés : ou bien ils participaient aus travaux agricoles (fenaison, récolte, vendange), ou bien, pour éviter qu'ils "traînent", leurs Parents les envoyaient en "colonies de vacances" ...oui, les "jolies " colonies de vacances de Pierre Perret ..., pas toujours aussi jolies qu'il le chantait ...même si ceux qui les ont naguère connues, l'attendrissement aidant, pensent que c'était alors le "bon temps" !...

 

   Pourtant, les écoliers d'hier étaient loin de connaître ce que vivent les écoliers d'aujourd'hui ...D'abord "l'année scolaire" n'a pas cessé de se réduire : en 1945, il y avait encore 2 mois et demi de vacances d'été + 10 jours à Noël-Nouvel An, 15 jours à Pâques, soirt environ 100 jours de congés + 38 dimanches et jours fériés, et donc environ 140 jours de congés contre 225 jours de travail scolaire ...Or, depuis 1968 et ses suites, il n'y a plus que 155 à 172 jours  (suivant les classes) scolarisables cointre 193 à 210 jours de congé ...Autant dire que le rapport s'est presque inversé ...La France détient d'ailleurs le "ruban "bleu" (ou rose ..;ou noir ?) des congés scolaires, loin devant les 120 jours de l'Italie, les 100 jours de l'Espagne, les 90 jours de l'Allemagne, le cas de l'Angleterre étant compliqué par le choix laissé aux "shires" (comtés) ...Quant à la "semaine", elle a été abrégée par la suppression du samedi pour cause de ..."week-end" ..des parents, du moins de ceux qui en bénéficient dans leur administration ou leur entreprise, ...occasionnant le remplacement du jeudi "décentré" par le mercredi ...Enfin la "journée" a été modifiée : il y a eu davantage d'heures du fait de la suppression du samedi, mais les heures durent  ...moins d'une heure, étant souvent réduites à 55 minutes, voire à 50 minutes en raison du rallongement de la récréation ou des interclasses ...Et, le plus souvent, l'étude du soir a disparu, ce qui pose évidemment le problème des leçons et devoirs à la maison, dont de "bons esprits" ont recommandé la suppression en raison de l'inégalité des situations familiales ...En effet, depuis 1968, on veut assurer à tout prix (façon de parler...) l'égalité et le repos des élèves : c'est d'ailleurs le prétexte du "surmenage" qui a été invoqué pour rallonger les "petites vacances" (Toussaint, Noël, Pâques) et y ajouter le "pont" du mardi-gras allongé rapidement en une dizaine de jours de vacances dites "d'hiver", ...ainsi que les ponts devenant "viaduc" du joli (ou prétendu tel) mois de mai ...Belle hypocrisie, cachant le souci de faciliter les "saisons" des hôteliers et campings ...Par ailleurs, les "grandes vacances" d'été deviennent élastiques, car, si elles durent officiellent du 1er juillet au 1er septembre - soit 2 mois - elles peuvent parfois atteindre 2 mois et demi à 3 mois en raison de l'occupation des salles de classe des écoles (comme des collèges et lycées) pour les examens (comme si on ne pouvait pas trouver d'autres lieux ; gymnases, salles des fêtes) ...La désorganisation est souvent tellle que des parents n'hésitent pas à partir en vacances avec leurs enfants au mois de juin, réputé moins cher qu'en juillet et août ...

 

   Alors ...de grâce ..., que le gouvernement ne fasse pas aux Français le coup d'une nouvelle concertation pour le ré-aménagement des rythmes scolaires, en commençant par les "5 jours" ...Bien entendu, des aménagements mineurs peuvent être apportés, notamment pour permettre une certaine différenciation locale, si elle reste limitée ...et aussi pour simplifier les programmes, car ceux-ci sont parmi les plus lourds d'Europe, sans que le niveau d'instruction y soit proportionnel , ...au contraire, "l'école française" a plutôt reculé, alors que, naguère, elle était exemplaire ...Il y a déjà eu en mai 2011 une "concertation" faisant suite à des "Etats Généraux de l'Education" ...et elle a rendu ses conclusions : semaine de 4 jours et demi, dont 3 heures le mercredi ou le samedi matin suivant les contingences locales, durée journalière de 5 heures pour les 4 jours pleins, avec une pause de 1 heure et demie le midi, vacances ramenées à 6 semaines d'été et 4 périodes de 2 semaines de vacances pendant le reste de l'année ...Cette concdertation était ouverte à toutes les parties concernées, sans considération ni de "droite", ni de "gauche ...Et même si ses conclusions sont imparfaites et suscitent des critiques ( c'est la France, ayant gardé les caractères de la Gaule...), qu'on commence de les appliquer, au lieu de recommencer des "parlottes"...

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:55

   Il paraît que le Baccalauréat est en France un "monument national" et, de fait, il s'agit d'un examen vraiment "historique" ...Créé au 13ème siècle dans l'Université de Paris sous la tutelle de l'Eglise, il est réorganisé en 1808 par Napoléon 1er qui en fait un grade "d'Etat", le premier de l'Enseignement Supérieur ...Il n'y eut en cette année que 21 "bacheliers" à porter la "baie de lauriers" ...En 2006, deux siècles plus tard, il y en a eu 507.346 ... Les Français pourraient donc saluer le succès considérable de cet examen et en faire le symbole de la démocratisation de la culture ...Il n'en est rien, puisqu'une commission réfléchit actuellement à sa transformation, voire à sa suppression, un expert affirmant même , par un mauvais jeu de mots, qu'il n'est qu'un ...B.A.C..., c'est-à-dire qu'un "Brevet Anti-Culture" (*)... De quoi et de qui se moque-t-on ?...

 

   Le Baccalauréat a en effet ses lettres de noblesse, en ce sens qu'il a "couronné" pendant plus d'un siècle et demi, c'est-à-dire jusqu'en 1968, une élite intellectuelle, d'abord issue de la "bourgeoisie", mais progressivement élargie aux "couches populaires", devenant même un "rite de passage" significatif d'une ascension sociale et, à ce titre, ayant souvent été le premier diplôme de nombreux hommes et femmes - écrivains, savants, artistes, politiciens - ayant fait "l'histoire de la France contemporaine"...

 

   L'argument principal d'une suppression éventuelle est sa "dévalorisation" actuelle... En effet, le taux de réussite qui, jusque dans les années 1950, dépassait à peine 60 %, s'est rapidement accru, passant  - toutes sections confondues - de 67,2 % en 1970 à 73,1 % en 1990, 79,7 % en 2004 et 86,9 % en 2009 ...Or le rythme de cette progression est loin de correspondre à une élévation générale du niveau des connaissances, puisque, dans le même temps, la maîtrise des éléments de base (langue et mathématiques) a reculé dans les cycles primaires et secondaires, et que les Universités françaises, naguère classées dans les 10 premières du monde, ont plongé dans l'anonymat, la 1ère citée dans le classement de Shangaï en 2010 étant Paris VI (39ème)... Mais voilà : on avait proclamé en 1985 qu'il fallait avoir "80 % d'élèves au niveau du baccalauréat en l'an 2000" ...Ah! certes, on y est parvenu et on a même dépassé les prévisions, mais à quel prix !!! ...suppression des redoublements jugés néfastes, consignes d'indulgence pour respecter des pourcentages établis en fonction de la carte scolaire et non de l'équité de l'examen ...Et ceci alors que, selon le Ministre lui-même, 250.000 élèves sortent du système scolaire chaque année sans formation ni diplôme ...Oui, il y a une réelle "dévalorisation", mais elle n'est que le résultat d'une fausse "démocratisation" ...On a pilonné le "monument national", et maintenant qu'il est en ruine, on veut le démolir, faute d'avoir eu le courage de le sauvegarder...

 

   Car le Baccalauréat reste un examen "utile", si on ne le détourne pas de sa vocation ...Il n'est pas un "brevet d'embauche" pour la recherche d'un emploi, mais une "porte", à l'image de ce qu'il avait été dès le Moyen-Age, où il  permettait simplement de préparer la "Licence" - Licencia Docendi - c'est-à dire le droit d'enseigner ...Au début du 21ème siècle, grâce à la multiplication des filières effectuée pour une meilleure adaptation aux besoins d'une société plus complexe (lettres, sciences, économie, technologie...), il permet d'accéder à des études supérieures courtes (BTS, DUT) ou longues (Licence, Doctorat), tout en donnant aux élèves une première expérience d'un "examen", c'est-à-dire un premier bilan de leurs connaissances et de leur aptitude à les utiliser... Malheureusement, avec un taux de réussite avoisinant 90%, l'expérience est faussée ...et il est scandaleux de donner ainsi des illusions à des "bacheliers" dont près de 50 % sont ensuite éliminés ou renoncent d'eux-mêmes au terme de deux ans dans l'enseignement supérieur ...Mais est-ce une raison, parce que la "température" n'est plus prise correctement, de "casser le thermomètre" au lieu de le réparer ?...

 

   Il est vrai que de "bons esprits" ont inventé le fil à couper le beurre que serait le "contrôle continu des connaissances" ...Plus d'examen ...Plus d'efforts ...Plus de stress ...pour les élèves ...et, de surcroît, économie annuelle de 38 millions d'euros, comme s'il n'y avait pas de secteurs plus importants en matière de restriction budgétaire...Bien sûr, c'est ...plus simple ...On va noter les élèves (si la notation existe encore...) au seul niveau de leur établissement, et donc ce contrôle ne sera plus ni "indépendant", ni "national"...Et, inévitablement, il y aura les "bons lycées" dont le certificat terminal aura une valeur reconnue ...et inversement les "mauvais lycées" dont le certificat ne sera que "monnaie de singe", c'est-à-dire souvent - hélas - ceux de banlieues difficiles où les professeurs refusent d'aller ou ne restent pas ...Belle "démocratisation" !... Malheureusement, cette idée de "contrôle continu des connaissances" fait son chemin ...Même François Fillon, le Premier Ministre actuel, avait en 2005, alors qu'il était Ministre de l'Education Nationale, proposé le "Bac en contrôle continu" et ...le comble avait été que les syndicats d'élèves et d'étudiants - et non ceux des professeurs - avaient été pratiquement les seuls à s'y opposer car ...ils craignaient alors une ...dévalorisation du bac !...

 

   Alors que faire ?...Avoir le courage de "rebâtir le monument", ce qui est évidemment plus difficile qu'avoir la lâcheté de le démolir, car un tel courage ne sera pas nécessairement payant sur le plan électoral... Il faudra d'abord restaurer les "fondements", c'est-à-dire la formation ...puis revoir les procédures dans le sens de la valorisation du mérite dans tous les secteurs, avec un effort particulier pour l'aide aux élèves les plus démunis en raison de leurs problèmes personnels ou (et) de leur environnement ...Vaste programme dont le Baccalauréat pourrait être le symbole, s'il est lui-même rénové avec des exigences de niveau et de savoir-faire lui rendant sa crédibilité sur un parcours authentique de la réussite ...Et raison de plus pour le maintenir ...et ne pas "jeter le manche après la cognée", comme le disait déjà un adage obsolète du Moyen-Age, dont est issu le Baccalauréat ...

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 10:29

   Le sujet n'est pas nouveau ...Qu'il s'agisse du Lycée, c'est-à-dire de l'ancien cycle long Seconde - Première - Terminale, ou de l'ensemble du système scolaire, les réformes n'ont pas cessé de se succéder depuis près d'un demi-siècle, pour faire face à l'afflux des élèves dû au fameux "baby-boom" de l'après-guerre et pour leur assurer la non-moins fameuse "égalité des chances" ....Et c'est ainsi qu'il y a eu les réformes, entre autres, des Ministres Fouchet, Faure, Savary, Chevènement, Monory, Jospin, Bayrou, Ferry, Fillon, Darcos, ...chaque Ministre étant plus ou moins porteur d'un aménagement toujours définitif ...avant d'être renvoyé à ses chères études ou à la suite de sa carrière ...devant l'hostilité récurrente soit des enseignants, soit des parents, soit des élèves eux-mêmes ...ou de tous à la fois ...Tant il est vrai que les Français, dans le domaine de l'Education comme dans d'autres, ressentent constamment la nécessité de réformes, mais ne veulent surtout pas qu'on touche quoi que ce soit à leur propre "pré-carré"...

   Aussi la méthode utilisée le 13 octobre 2009 à propos des lycées par le Président Sarkozy  ne manque pas d'habileté ...Le même homme qui avait proclamé, à l'occasion de sa candidature à la Présidence de La République en 2007, "qu'on en finirait avec l'héritage de 1968" a manifestement retenu l'échec de son Ministre Darcos à la fin de 2008, où quelques "innovations" audacieuses, notamment sur le temps scolaire, avait suscité des craintes des élèves, aussitôt relayées par des syndicats d'enseignants hostiles à toute suppression de postes ...Cette fois, le Président a incontestablement forcé sa nature en faisant "profil bas",  ....car il annonce benoîtement que les dispositions prévues "ne constituent pas une réforme, mais des mesures concrètes" ...Et, pour préparer ces mesures, il a fait procéder à une consultation dans de nombreux lycées de France par l'entremise de Richard Descoing, Directeur de l'I.E.P. (Sciences-Po Paris) parallèlement au travail d'une Commission parlementaire animée par la rapporteur Benoist Apparu ...C'est déjà un événement que les habituels contestataires se soient contentés d'ironiser sur la tardive modération des mesures présidentielles :

 1. Les filières : la série littéraire (A - ex Philo-Lettres), naguère jugée la plus "noble" - on faisait ses "humanités " avec latin et grec dans la ...bonne bourgeoisie - a progressivement été évincée par les séries scientifiques (C - ex Math-Elem, et D - ex-Sciences-Exp.), économiques (B) et technologiques (nombreuses sections T...), en raison de l'évolution sociale, au point de ne plus représenter que 11,4 % des candidats au Baccalauréat en 2008... Cette "filière en perdition" doit être sauvée par une transformation en "filière internationale" avec un renforcement des langues vivantes (2, voire 3...) et l'introduction du droit, de l'informatique et même de l'art ...De même les séries technologiques en place depuis 1993 vont être rénovées, avec une ouverture facilitée vers l'enseignement supérieur (notamment BTS et IUT) ...Et une concertation est prévue avec les responsables d'entreprises afin qu'ils ne privilégient plus les séries scientifiques (notamment C...représentant actuellement 34,2 % des candidats au Baccalauréat) ,le lycée devant apporter essentiellement la "culture générale", l'entreprise apportant "le complément de formation opérationnelle" (stages)...

 2. Les orientations : le ré-équilibrage des filières doit être assortie d'un assouplissement du parcours des élèves . Il n'y aura plus de "choix-couperets" , et tout élève "égaré"  dans un choix ne lui convenant finalement pas pourra changer de filière en 1re ou Terminale, au prix de "stages-passerelles" et de "remises à niveau" pendant les périodes de vacances, ...ce qui devrait limiter les redoublements ...Pour faciliter ce parcours "progressif " et "réversible", un "accompagnement personnalisé" sera mis en place par étapes (2nde en 2010, 1ère en 2011, Terminale en 2012), et un service public d'orientation assurera une collaboration étroite entre le "monde scolaire" et le "monde professionnel", afin de faciliter l'obtention des emplois et de réduire le taux d'échec dans l'enseignement supérieur (1 étudiant sur 2 échoue actuellement en 1ère année)...

 3. Les compétences : Plus original est le souhait de ne pas limiter l'évaluation des élèves aux seules "connaissances scolaires" ...On retrouve l'idée du "savoir-être" qui doit compléter le "savoir-faire" ...Un livret de compétences devrait mettre en lumière les aspects de la personnalité de chaque élève, , comme son engagement dans una association, ses activités en dehors du lycée (ex : sport, musique...), c'est-à-dire tout ce qui concourt à son épanouissement, bien entendu à l'exclusion des domaines strictement personnels ...Et dans leur lycée, les élèves seront invités à donner leur avis sur le fonctionnement de l'établissement, bref à y être considéré non pas comme un individu passif obéissant à ses maîtres mais comme un "citoyen actif"...

   Il est permis d'espérer que ces mesures feront "bouger les choses ...Mais il n'est pas interdit non plus de douter ...Car certaines critiques apparaissent déjà, disant que les problèmes sont récurrents, et qu'il faudrait d'abord réformer l'Ecole primaire et le Collège et y associer une réforme de l'Université ...autrement dit le "tout ou rien" qui aboutit,  en voulant tout, à ne faire rien ... Et la politique n'est jamais loin, à en juger par la critique faite au Président  à propos de son propre fils qui, même s'il n'est pas un élève particulièrement exemplaire - 2ème année de droit à 23 ans n'est pas un exploit - n'a pas vraiment besoin d'une "aide personnalisée" de quelques courtisans de son père ...

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 11:40

   Qu'il soit permis à un ancien "membre du sérail", ayant fait toute sa carrière" (?) dans l'Education Nationale, d'exprimer un point de vue  totalement désintéressé sur les mouvements qui, actuellement, l'agitent à nouveau...

   A nouveau, assurément, ...mais comme d'habitude, aussi ...A en croire l'éditorialiste du Figaro-Magazine du 13 décembre 2008, on en est au 18ème mouvement lycéen depuis 1971 et à 33 grèves dans l'Education Nationale en 8 ans ...Il paraît que les lycéens sont "en colère", que les parents sont "mécontents" et que les enseignants sont "résistants", à l'image de l'un d'entre eux, ...et ceci, bien entendu, au nom de la défense d'une "école de qualité", dont ils ont apparemment la recette...

   Une "école de qualité", qui ne la souhaite, en effet ?...Mais, en l'occurrence, le problème est que, déjà, dans les années 1970, à relire les articles de revues syndicales de cette époque, on y trouvait le même souhait, toujours  renouvelé ...Autant dire qu'il n'a ...jamais été réalisé ...Et ce n'est pas faute d'avoir entrepris des réformes en s'en inspirant, à gauche comme  ...à droite !

   Au départ, il y avait "l'école", héritée de "nos pères", c'est-à-dire l'école primaire de Jules Ferry, les lycées-collèges du secondaire et les cours complémentaires, et un enseignement supérieur partagé entre l'Université et les Grandes Ecoles ...
Ce n'était certainement pas un temps "béni" (à fortiori pour l'école laïque...), car les gouvernements - nombreux et de toutes natures - n'avaient en aucune façon, préparé "l'école" à l'évolution démographique, économique et sociale ...Mais au moins, les "structures" étaient stables et reconnues, les enseignants étaient respectés ...et les élèves et étudiants étaient ...assidus aux cours...

   Survient 1968...largement due à l'incurie antérieure...La "crise" passe (presque 2 mois en mai et juin...) , et il aurait été opportun alors de mettre de l'ordre , en procédant aux consultations nécessaires et en se donnant le temps de la réflexion
et de l'application ...Au lieu de cela, avec un certain Edgar Faure (*), "on hurle avec les loups" ..."on lâche les vannes" ...On bafoue "l'autorité" partout où elle existe ...et les chefs d'établissement, à la base, font ce qu'ils peuvent  face à des "Conseils" plus ou moins  "...révolutionnaires" ...Et, en 1974, avec un certain René Haby (*), on crée le "Collège unique", au nom d'une égalité souveraine des élèves, comme si l'égalité scolaire était synonyme d'égalité intellectuelle ..On prétend même, avec Jean-Pierre Chevènement en 1984, amener 80 % des élèves au niveau du Baccalauréat ... Ah! le contrat est rempli ...ou presque !... car il y a maintenant 80 % des candidats (à ne pas confondre néanmoins avec la classe d'âge...) reçus au Baccalauréat !...Il n'y a pourtant pas de quoi se vanter, puisqu'ensuite plus de 30 % des jeunes entrant dans l'Université ne peuvent pas dépasser les deux années du 1er cycle...Et d'ailleurs, dans les enquêtes comparatives effectuées au niveau européen - les anciens pays de l'est mis à part - la France est dans le peloton de queue pour les résultats, bien qu'elle soit dans le peloton de tête pour le budget consacré à l'enseignement et à la recherche...

   Il est donc normal qu'un gouvernement soucieux d'effectuer les réformes nécessaires à la modernisation de la France accorde une de ses priorités à l'Education Nationale ...et ceci d'autant plus qu'il y a l'échéance de "l'intégration européenne" en 2012 ...Il se trouve que ce gouvernement est "de droite" ...mais il aurait été tout aussi normal de suivre un gouvernement "de gauche", s'il avait eu la capacité et le courage d'en faire autant, et même ...plus ! En l'occurrence, le Ministre actuel, Xavier Darcos - un ancien enseignant - a procédé aux consultations nécessaires depuis 2007 ...et il a même obtenu un accord général des représentants des parties concernées (eneignants, parents ...et lycéens) sur les grandes lignes de son projet : maintien du nombre d'heures de cours , en dehors de quelques aménagements raisonnables (les horaires français étant parmi les plus élevés d'Europe), ...maintien d'un enseignement de soutien, même s'il y a un transfert tout aussi raisonnable d'enseignants "spécialisés" aux enseignants "normaux" , ...intégration de l'économie dans le tronc commun en seconde, ce qui est un progrès dans la mesure où elle était jusqu'à présent optionnelle, ...etc ...

   Néanmoins, les élèves - du moins une minorité "agissante" par rapport à une majorité "muette" - sont dans la rue, et pas seulement des "lycéens" ...mais aussi parfois des ...collégiens" ...il y a même des "casseurs", mais c'est un autre problème !...Et ces "jeunes" crient, chantent, brandissent des pancartes, déroulent des banderoles devant les "médias" plus empressés à les montrer qu'à écouter les responsables avertis ... Et c'est ...n'importe quoi : la suppression des maternelles ..la suppression des IUT...bref, le démantèlement de l'Education Nationale ...Rien que cela !...

   Il est vrai qu'un point important de désaccord subsiste ...mais il ne porte pas sur le "fond" des réformes ... Il concerne seulement une question "corporative", à savoir la diminution du nombre des postes d'enseignement par le non-remplacement d'une partie des départs à la retraite : déjà 8500 en 2007, 11.200 en 2008, 13.500 en 2009, 16.000 en 2010, 16.00 à nouveau en 2011 ...Certes, cette diminution "drastique" peut poser ici où là des problèmes, notamment pour les "petits" établissements, où des enseignants pourraient être appelés à compléter leur service dans un autre établissement, avec des "navettes" coûteuses et fatigantes ...et une étude "au cas par cas" est donc nécessaire ...Mais ce n'est tout de même pas un "démantèlement" que la disparition d'environ 100.000 postes en 5 ans pour un effectif actuel d'environ 1.000.000 enseignants - soit 10 % - surtout en tenant compte de la diminution inéluctable du nombre d'élèves ...Il est vrai que certains enseignants - ou du moins leurs syndicats - affirment que ce serait l'occasion de diminuer l'effectif moyen des classes ...Pour le bénéfice de qui ?... des élèves ou de leurs maîtres ?...Il ne faut tout de même pas exagérer ...Naguère (avant1970...), on s'indignait à juste titre d'avoir des classes de 35 à 40 élèves ...Maintenant, 25 élèves, c'est encore trop (...hors sections difficiles) ...Où va-t-on s'arrêter , ...à 20 ?...à 15 ?..à 10 ?...etc...

   Malheureusement, pour cette raison "corporative", certains syndicats d'enseignants - bien qu'ils soient en perte de vitesse et peut-être parce qu'ils le sont  ...et ne peuvent plus "mobiliser massivement " leurs mandants - n'ont rien trouvé de mieux (ou plutôt de pire) que de favoriser l'agitation lycéenne ...dans la mesure où les "jeunes" bénéficient naturellellement de la sympathie populaire et peuvent donc contribuer - plus qu'eux-mêmes - à faire céder le gouvernement, ou du moins à essayer ...Car ça ne coûte pas cher ..et ça peut (?) rapporter gros d'envoyer la piétaille des "jeunes" qui, eux, ont tout à y perdre, à commencer par la suppression des cours !...

   Quand donc, en France, en finira-t-on avec cette "démagogie" où les "jeunes" ne sont que des "enjeux" ?...N'est-il vraiment pas possible, à l'instar d'autres pays comme l'Allemagne, d'obtenir - au prix d'une concertation générale entre toutes les parties concernées et d'un compromis même difficile - un "Pacte de l'Education" respecté par tous ? ..Au lieu de cette ...In-éducation permanente dont chacun fait les frais, sur le plan matériel, comme sur le plan moral ...

(*) Il est à noter que les réformes les plus néfastes ont été réalisées par des gouvernements de droite...De là à dire qu'il est légitime qu'un gouvernement de droite répare maintenant la "casse", il y a plus qu'un ...pas ...Un "grand pas", aurait dit Armstrong sur la Lune ...Et, justement, tirer un "Plan" sur ...la Lune, c'est peut-être demander la ...quadrature du cercle !...

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 09:29

    L'enseignement est certainement l'un des plus beaux métiers du monde ...Car l'instruction a toujours été le facteur le plus déterminant du développement des sociétés humaines, rien ne pouvant surpasser la responsabilité de dégager et d'épanouir à tous âges les aptitudes de chaque individu dans le respect de valeurs communes.

   Et pourtant l'enseignement est actuellement en France l'une des activités collectives les plus critiquées en raison de l'aggravation de l'échec scolaire (taux de difficulté de lecture à 15 ans passé de 15,2 % en 2000 à 24,1 % en 2007), et de l'incapacité du système scolaire à répondre valablement aux besoins de la société, qu'il s'agisse des emplois (persistance d'un chômage au delà de 2 millions de personnes) ou des relations sociales (relâchement des moeurs et augmentation de la criminalité) ...Une telle situation apparaît même comme un scandale dans un pays comme la France longtemps exemplaire dans le monde par son rayonnement intellectuel
...

   La tentation est grande pour l'opinion courante de s'en prendre aux enseignants, en dénonçant leur manque d'autorité et d'efficacité, alors que leur temps de travail hebdomadaire ne dépasse pas une vingtaine d'heures et qu'ils bénéficient de vacances longues et répétées (165 jours, soit 45 % de l'année)...Et même si les enseignants se défendent à juste titre en soulignant que leur temps de travail ne se limite pas à la présence en classe (travaux à domicile et nombreuses réunions dans l'établissement) ...et que les vacances répondent d'abord au besoin de repos des élèves (certains parents n'hésitant pas à les anticiper ou les prolonger...), ils n'en sont pas moins traités en "boucs émissaires"...

   Ce procès est franchement injuste, car  - en dehors de quelques problèmes trop facilement mis en exergue - la majorité des enseignants effectue sa tâche avec honneur et mérite, et même parfois avec une abnégation admirable, quand ils sont confrontés à des contextes difficiles dont ils ne sont pas responsables dans des quartiers ou banlieues de certaines villes ...En fait, s'il y a un procès à intenter à l'enseignement en France, ce n'est pas aux enseignants, mais à l'insuffisance du système éducatif dont ils dépendent...

   Cette insuffisance est le résultat d'une longue évolution historique marquée par un manque de volonté et de continuité "politique" ...En effet, l'enseignement français n'a pas résulté d'un "acte fondateur", mais d'un aménagement progressif au cours des âges ...A l'origine - du temps de la Gaule aux temps modernes - il y avait des "précepteurs" dans les familles riches, surtout "bourgeoises" car les "nobles" apprenaient essentiellement le métier des armes et négligeaient l'instruction - même élémentaire - qui était l'affaire des "clercs" ...L'Eglise avait en effet besoin de gens "instruits" sachant lire et écrire le latin, qui resta ainsi longtemps la langue "culturelle" ...Mais la masse du peuple restait "inculte", ne pratiquant que des "dialectes locaux", dont le ...français qui ne devint la langue officielle - c'est-à-dire d'abord "administrative" - qu'avec l'Edit de Villers-Cotterets de François 1er (5 août 1539) ...Et c'est seulement à partir du 17ème et du 18ème siècles que l'enseignement s'élargit, surtout avec l'action des Jésuites, dont le établissements préfigurent le système actuel, avec la répartition en "classes" et la distinction des "disciplines"...Mais ils n'instruisent en fait qu'une "élite", car les "gens du peuple" ne reçoivent que des "rudiments" - en particulier et ...déjà "lire, écrire et compter" ...sans oublier l'instruction religieuse - grâce à des associations philanthropiques ou au "bas-clergé", par exemple celui des "Petits Frères des pauvres"...

   Survient la Révolution qui proclame "l'égalité" ...Mais cela donne seulement sous le Directoire les "Ecoles Centrales" - à l'organisation quelque peu anarchique - bientôt remplacées par les "Lycées" de Napoléon Bonaparte - à l'organisation toute militaire (uniforme pour les élèves et les maîtres ...et exercice des armes) ...Et il ne s'agit toujours que de l'enseignement des "humanités" qui deviendra plus tard l'enseignement "secondaire" ...L'Eglise garde finalement son emprise sur l'instruction élémentaire ou "primaire", et les filles sont encore le plus souvent écartées de l'enseignement, car il paraît alors suffisant - même dans les familles aisées - qu'elles connaissent seulement ce qui convient pour être une "bonne épouse" et une "bonne mère" (couture, cuisine, maintien, soins aux enfants...)

   Il faut attendre les Lois de Jules Ferry (1881-1882) rendant l'école "gratuite, obligatoire et laïque" pour avoir un enseignement réellement "populaire" ...Néanmoins, cette école ne concerne que le niveau de base - dit "primaire" - qui conduit au Certificat d'Etudes (13 puis 14 ans), au delà duquel les enfants du peuple entrent en "apprentissage"  ...Rares sont les élèves les plus méritants - retenus après le concours des "bourses" - qui poursuivent un enseignement dit "général" dans les lycées, car ils vont le plus souvent dans des "Cours complémentaires" (futurs CEG) qui sont en quelque sorte un "primaire prolonngé" menant jusqu'au Brevet, ne se confondant pas avec les lycées alors "de plein exercice" (6ème à Terminale) conduisant au Baccalauréat, examen de portée d'abord limitée (31 reçus en 1809, 583 en 1893, 2155 en 1904...). Il y a donc encore un enseignement "à 2 vitesses", celui de la "bourgeoisie" et celui du "peuple", celui des "blouses blanches" et celui des "blouses noires", celui valorisant l'instruction "intellectuelle" et celui péjoratif du "travail manuel"...

   Arive le "baby-boom" de 1945-1950 ...Il faut assurer l'accueil d'une masse importante d'élèves ...L'occasion était belle de créer des structures adaptées, à fortiori dans un contexte de "reconstruction" et de "progrès économique" ...On prolonge certes la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans (1963) afin d'accroître les connaissances d'un plus grand nombre d'élèves, et on multiplie les "Collèges d'Enseignement Secondaire" (CES) soit par détachement du 1er cycle des Lycées, soit par transformation des CEG (ex-CC), soit "ex-nihilo"... Mais on ne fait que juxtaposer les élèves et les maîtres dans 3 "voies" (1=ex-lycée, 2=ex-CEG, 3=ex-fin d'études primaires) ...Et "l'amalgame" traînant à se faire, on crée ensuite le "Collège Unique" (Réforme Haby 1975), et -comme les élèves s'obstinent à être différents - on institue le "passage automatique en cours de cycle", ainsi que l'accord nécessaire des parents (et des élèves !) pour un redoublement en fin de cycle... Bref, ce n'est plus le "savoir" mais "l'enfant-roi" qui est au centre de la pédagogie, conformément aux instructions données dans les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM)...

   Le résultat est que l'autorité des maîtres est ébranlée, tandis que l'échec scolaire s'accroît rapidement ...Les responsables des établissements en sont conscients et, avec l'accord des maîtres, contournent souvent cet "égalitarisme" par le jeu des "options" ou de la "carte scolaire" : on crée des sections "rares" (latin, grec, 2ème langue ...comme le chinois) pour regrouper les meilleurs élèves ...et les établissements "bien situés" ou "réputés" pratiquent une "sélection de fait" devant l'afflux des demandes de dérogation... Quand ces "manoeuvres" ne suffisent pas, les parents "aisés" n'hésitent pas à diriger leurs enfants vers l'enseignement privé, d'autant moins que celui-ci, au nom de sa ..."liberté", a généralemnt préservé le respect de valeurs fondamentales comme l'autorité, la responsabilité, l'effort et la solidarité...

   Car c'est bien le respect des valeurs qu'il faut rétablir à tous les niveaux de l'enseignement, qu'il s'agisse des écoles, des collèges, des lycées et même des universités ...Et ce rétablissement ne doit pas consister à revenir au système "ancien", ni à en créer un "nouveau"...Car les structures du "mammouth" sont bien trop lourdes pour être démolies et "re-bâties"... Ce n'est pas de l'extérieur et d'en-haut qu'il faut agir, mais c'est à l'intérieur et à partir de la base qu'il faut créer un "nouvel esprit" reposant sur des principes simples :

   -
Reconnaître les différences des élèves et les aider en conséquence par des méthodes individualisées permettant de dégager leurs qualités personnelles et de leur donner à la fois confiance et estime d'eux-mêmes.

   - Alléger les horaires et programmes, dont l'accumulation ne peut que submerger les élèves par des connaissances tellement nombreuses qu'ils finissent par n'en maîtriser aucune.

   - Ré-apprendre les règles nécessaires, sans lesquelles la "liberté" n'est qu'une illusion, car les élèves naturellement poussés à "s'opposer" doivent comprendre l'importance des "devoirs" en regard des "droits".

   - Pratiquer la tolérance et la solidarité tout au long de la scolarité, afin que les élèves comprennent la nécessité de "respecter les autres" et de les aider, si besoin est, dsans leurs activités.

   - Ouvrir les élèves au monde, d'abord par une meilleure collaboration entre les "disciplines", ainsi que par une multiplication des visites et stages "sur le terrain", facilitant ainsi leur orientation.

   - Donner aux enseignants les moyens indispensables - non pas par un accroissement sans fin des crédits cet des postes - mais par une meilleure gestion encourageant l'esprit d'initiative et le sens des responsabilités dans une réelle autonomie des établissements.

   Mais les principes, comme les institutions, ne seront finalement que ce qu'en feront les hommes ...et les femmes !

  

NB: Clémenceau a dit que "les guerres sont des affaires trop sérieuses pour être confiées aux militaires" ...Cette affirmation peut être transposée dans le domaine de l'enseignement, où l'auteur de l'article, qui est un ancien "responsable" - même critique - du système éducatif, ne prononce certainement pas des "paroles d'évangile"...



 

 

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 23:45
   L'être humain est "sociable" par définition, et il paraît donc naturel que la société, en France comme ailleurs, puisse "l'évaluer", c'est-à-dire juger de la qualité de son activité ... Encore faut-il que cette évaluation soit faite par des représentants qualifiés, sur des critères aussi objectifs que possible...

   En l'occurence, puisqu'elle est d'actualité, la "notation des professurs par les élèves" ne mérite qu'un ..."bonnet d'âne". Les élèves, comme ce nom l'indique, sont des enfants que l'école initie aux règles de la vie en société, et ils n'ont évidemment pas la compétence de "noter", c'est-à-dire d'utiliser des critères qu'ils ne "maîtrisent" pas ... Car la "notation" s'apprend, et cet apprentissage est difficile, puisque souvent les adultes eux-mêmes ne la pratiquent pas correctement...

   Il y a en effet déjà beaucoup à dire sur l'évaluation des adultes par eux-mêmes... Dans la plupart des cas, du moins en France, ils en sont encore à donner ou recevoir des "notes chiffrées" -généralement de 0 à 20 - c'est-à-dire à utiliser le même système que pour les élèves, fabriquant ainsi "les verges pour se faire fouetter" par ces derniers... Ils sont donc plutôt mal venus de  se plaindre...

   L'activité des adultes, et en particulier des professeurs, est en effet trop complexe pour se résumer à une "note" : il y a toutes sortes de critères d'évaluation, variant suivant les professions et à l'intérieur même des professions : intelligence, efficacité, assiduité, sociabilité, rayonnement, etc... et en faire une "moyenne" synthétisée dans une note relève de ...la "bouillie pour les chats". Et ceci d'autant plus que se pose le problème de la "qualité" du "notateur", forcément inégale, pouvant aller de la bienveillance, voire de la complaisance, à la sévérité, si ce n'est à l'injustice, et créant inévitablement un rapport "d'autorité", générateur de dérives comme d'un côté l'oppression, et de l'autre la servilité... Et puisqu'il est question des professeurs, on ne peut que constater que leur notation n'a plus depuis longtemps aucune signification, dans la mesure où elle est encadrée dans des "barêmes"farouchement défendus par leurs syndicats, qui en font leur "grain à moudre" pour l'avancement...

   Y a-t-il alors un moyen d'évaluer ?... Peut-être, si l'on sort de cette logique - ou plutôt de cet illogisme - des notes et des barêmes... Au nom de la liberté individuelle, on pourrait en premier lieu demander d'abord à chacun de donner son avis sur son propre comportement, autrement de s'appliquer un "auto-contrôle"... Des expériences ponctuelles ont montré que , danc ce cas, les intéressés sont loin de s'attribuer des appréciations mirobolantes... Au nom de la solidarité, il serait également concevable d'organiser des séances de "brain-storming", où chacun des membres d'une "équipe" donnerait un avis sur les autres comme sur lui-même, ce qui n'a rien d'extraordinaire, puisque cette pratique existe dand de nombreuses entreprises, à défaut d'être utilisée dans les administrations... Se jauger soi-même est plus efficace que de recevoir une "note" infantilisante...

   Rien n'empêchera d'ailleurs d'apprendre aux élèves à s'évaluer mutuellement... Charité bien ordonnée commence par soi même ...et il faut bien commencer par ...le commencement !
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