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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 23:24

   On connaît l'expression "Sans foi, ni Loi", qui est synonyme d'anarchie, c'est-à-dire de l'absence totale de règles dans la vie sociale ...Mais l'expression, dans saournure négative, n'en laisse pas moins entendre que ces règles peuvent être imposées ...par la Foi ...et par la Loi.

 

   Le rôle respectif de la Foi et de la Loi a toujours été l'objet d'un débat ...Il fut un temps où il n'y avait de loi que celle imposée par la religion, et la séparation entre la "croyance religieuse" et "l'institution civile" ne s'est pas faite sans difficultés dans de nombreux pays, comme dans le cas de la France où il a fallu la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 pour faire cette différence ...et cette différence n'existe toujours pas dans des pays comme ceux qui sont soumis à la "loi coranique"...

 

   Encore faut-il que, pour respecter la différence entre la foi et la loi, on n'impose pas dans la loi une volonté de mettre en pratique ...des actes de foi. Or François Hollande, le Président de la République Française, y procède actuellement en voulant imposer à tous les citoyens les "60 engagements" qu'il a édictés comme un ..."sexalogue", comme s'il s'agissait d'un texte analogue au "décalogue" biblique, à respecter comme un catéchisme...

 

   Certes, il n'y a rien de répréhensible - au contraire - à avoir manifesté ses intentions avant d'être candidat aux élections présidentielles, car les citoyens étaient ainsi prévenus et pouvaient ainsi voter ou non pour lui en connaissance de cause ...Mais il est évident que les intentions sont une chose ...et les réalités une autre ...Et la politique ne consiste pas à appliquer des textes de "foi" sans tenir compte de ces réalités, mais à édicter des textes de "loi" représentant une application raisonnable et concertée en fonction de ces réalités...

 

   On aurait donc compris que le Président Hollande s'attaque en priorité et résolument à des problèmes urgents comme le chômage, la sécurité et l'école ...Or, 15 mois après son élection, il n'y a pas eu de mesures importantes capables de frapper l'opinion ...comme l'avaient été, par exemple, à tort ou à raison, l'abolition de la peine de mort et la loi des 35 heures au début du septennat de François Mitterrand ...Il y a eu tout au plus des mesures timides comme les emplois d'avenir ...à l'avenir incertain, ...ou une réorganisation du calendrier scolaire ...suscitant l'hostilité des syndicats d'enseignants de toutes tendances...

 

   Au lieu de cela, on a accordé la priorité à des lois qui ne correspondent pas aux préoccupations essentielles des Français : le mariage pour tous qui n'était même pas demandé par les homosexuels et qui a par contre braqué les adversaires au mépris du "rassemblement" prôné par François Hollande dans ses "60 engagements" (Opuscule, page 39), ...l'interdiction du cumul des mandats, dont les Français n'ont que faire, certains estimant même que ce cumul est un bon moyen de faire connaître les préoccupations locales au niveau national, ...la transparence des patrimoines des élus voulue en raison de la faute d'un ...ministre socialiste, mais interprétée par la très grande majorité honnête  des représentants de tous partis comme une marque de défiance et de "voyeurisme" ...

 

   Et on attend encore des mesures fortes, comme l'instauration d'une véritable flexibilité du travail permettant d'adapter celui-ci aux circonstances et de le partager, à l'instar de l'Allemagne ...ou, encore, une diminution des charges des entreprises - à l'exception de celles implantées à l'étranger - pour relancer la croissance et "inverser la courbe du chômage" autrement que par des "invocations" ...On n'en est pas là : comme l'écrit l'éditorialiste Michel Urvoy dans le journal Ouest-France du 26 juillet 2013, on n'a que "la loi sans la foi" ...

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 22:58

    Il y a une règle élémentaire de la morale qui, naguère, faisait partie de ces principes que, chaque matin, l'instituteur écrivait à la craie blanche sur le tableau noir, avec des pleins et des déliés : "Chose promise, chose due" ...Règle juste, et donc toujours valable, sans laquelle il ne peut y avoir que des abus contraires à l'équilibre des relations sociales à tous les niveaux ...Et par conséquent, dans une démocratie, il est légitime que les citoyens atendent d'un élu la réalisation de ses promesses...

 

   Il se trouve que François Hollande, avant d'être élu Président de la République, le 6 mai 2012, avait clairement promis, dans le 48ème de ses 60 engagements pour la France" qu'il ferait voter une loi sur "le non-cumul des mandats" ...Et il avait même précisé que "cette promesse serait tenue dès le lendemain de sa victoire" ...Certes, l'expression ne doit pas être prise "au pied de la lettre", et on peut admettre un certain délai d'application, ne serait-ce qu'au nom du traditionnel "état de grâce" qui suit toute élection ...Mais le 1er gouvernement a été constitué le 15 mai 2012 et confirmé le 21 juin après les élections législatives et, à cette date, on ne voit rien venir...Il semble même que la loi promise ait du "plomb dans l'aile"...

 

   En effet, le "non-cumul des mandat" n'enchante pas la "Gauche", qui détient maintenant la majorité dans les deux assemblées parlementaires, comme elle la détient dans la quasi-totalité des régions et des départements ...Les réticences les plus vives viennent notamment du Sénat, ce qui est d'ailleurs compréhensible puisque cette assemblée a toujours été considérée comme "le grand conseil des communes de France", ses membres - quelle que soit leur couleur politique - ne souhaitant pas "être coupés de la réalité du terrain" ...Mais les députés socialistes de l'Assemblée Nationale, ainsi que leurs alliés radicaux , ne sont pas en reste et étalent leurs divisions sur ce problème du non-cumul des mandats : ils l'avaient pourtant inscrit dans les statuts du parti socialiste en 2009 et un député de Seine-Saint-Denis, Razzi Hamadi,  l'a même rappelé après les élections en soulignant "qu'on ne doit pas défendre un programme pour être élu et ensuite le trahir"... mais son voisin départemental Pascal Popelin a, de son côté, affirmé "qu'aucun électeur n'a fait le procès du cumul" ...et "qu'il est important que les parlementaires conservent le lien avec les collectivités locales" ...Les divergences sont telles que certains socialistes parlent déjà de "compromis" (une vieille tradition de gauche...), où on se satisferait d'appliquer le non-cumul des mandats pour les grandes villes, et d'en exempter les petites communes (il y en a tout de même plus de 20.000...)

 

   Alors, y aura-t-il finalement un non-cumul des mandats ?...Rien n'est moins sûr ...Aux dernières nouvelles, le 1er Ministre proposerait une loi applicable en 2014, ce qui donne de la marge ...De toutes façons, comme le fait remarquer René Dosière, député socialiste de l'Aisne, partisan du non-cumul, "rien n'empêche les parlementaires d'abandonner déjà leurs indemnités locales, puisqu'il n'y a pas besoin d'une loi pour  ...cela " ...et ce serait même un signal fort montrant aux électeurs qu'on ne cumule pas les mandats pour des raisons financières ...de surcroît, cela ferait économiser 12 millions d'€ par an à l'Etat, ce qui n'est pas négligeable en période de crise économique...

 

   Mais, quand bien même le non-cumul des mandats serait décidé, la moralisation de la vie politique ne devrait pas s'arrêter là ...On pourrait aussi s'interroger sur le renouvellement des mandats - en les limitant à deux mandats consécutifs - car il y a trop d'exemples de "politiciens" de tous courants qui en font un métier ...et réalisent ainsi une véritable carrière, souvent au-delà de l'âge de la retraite ...Et on pourrait ainsi permettre à un plus grand nombre de citoyens - hommes et femmes - de participer à la vie publique ...Alors, peut-être, la démocratie serait exemplaire...

 

  

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 22:41

   Ainsi, en deux mois symboliques du printemps, les Français ont choisi le "changement" en passant cette fois de la "droite" à la "gauche" ...Rien de nouveau dans le beau pays de France qui, depuis plus de deux siècles, n'a pas cessé de passer, sous des noms divers, d'un camp à un autre, au prix d'une douzaine de régimes et d'innombrables ministères ...Ils restent encore "maintenant" les héritiers de leurs fameux ancêtres "les Gaulois"  considérés par le Romain Jules César comme un peuple instable et qurelleur...

 

   En contrepartie, il faut convenir que le monde n'est pas immuable et qu'il est naturel, dans la plupart des pays démocratiques, de changer de gouvernement de temps à autre ...C'est un moyen de permettre au plus grand nombre possible de citoyens d'accéder aux responsabilités à tous les niveaux ...Mais le problème est en France que les nouveaux responsables ne se contentent pas d'assurer la continuité des affaires, en y apportant leur note personnelle, et se croient le plus souvent obligés ...de tout réformer. C'est ainsi qu'après la réforme radicale du Général De Gaulle ayant assuré l'élection du Président de la République au suffrage universel, ...Giscard d'Estaing avait fait du "changement" un principe, ...Mitterrand avait appliqué un "programme commun" bouleversant l'économie avec les nationalisations, ...Chirac avait initié des mesures pour réduire la "fracture sociale", ...et Sarkozy avait multiplié les réformes concernant notamment la retraite, l'université, la sécurité, ...sans oublier le bouclier fiscal ...Et ceci alors qu'il n'y avait pas de crise majeure dans une société marquée par une élévation du niveau de vie et l'accroissement constant d'une classe moyenne...

 

   Or, à son tour, François Hollande a annoncé que "le changement, c'est maintenant" et, devenu Président, il entreprend, avec son gouvernement, l'application de ses "60 engagements pour la France" ...Certes, des réformes sont toujours utiles en fonction de l'évolution des choses, mais il n'y avait pas une obligation "sacrée" à les appliquer aussitôt et sans grand discernement dans un pays comme la France plus révolutionnaire en paroles qu'en actes : il ne s'agissait tout de même pas des "10 commandements de Dieu" , ni d'une "Déclaration des Droits" ...et ceci d'autant moins que le Président Hollande n'a été élu que par une marge limitée  - 52 %contre 48% à Sarkozy - et que les élections législatives ont donné lieu à une abstention record - 43,7 % - ne traduisant pas un élan populaire ...et devant inciter plutot à une grande prudence dans les réformes ...Manifestement, ce n'est pas le cas.

 

   Qu'à la rigueur, le gouvernement socialiste diminue le salaire du Président et des Ministres de façon symbolique, pourquoi pas ...Mais il entreprend actuellement un véritable bouleversement où l'intérêt des Français semble passer après le souci de "détricoter" ce qui avait été sous la direction de Sarkozy, alors que celui-ci, en dépit de certaines erreurs dont il est lui-même convenu, n'a pas laissé un "bilan globalement négatif", comme le reconnaît le ...socialiste Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes ...Quant aux premières mesures, elles sont loin de faire l'unanimité, y compris au sein du parti socialiste, qu'il s'agisse de retour - même partiel - à la retraite à 60 ans, qui met en cause le paiement de la retraite de la génération future ..., de l'intention de régenter la prostitution (!), ...de légaliser toutes les formes de mariages, notamment por les couples homosexuels avec adoption possible d'enfants - ce qui a d'ailleurs suscité l'ironie envers un "Président qui veut marier tout le monde" alors qu'il vit lui-même en concubinage notoire ...Où va-t-on si l'Etat intervient ainsi dans des comportements "personnels" ...Et où va-t-on aussi si on rétablit une loi interdisant la négation des génocides - dont le génocide arménien - reprise d'autant plus surprenante qu'elle avait déjà été votée en janvier 2012 sous la présidence ...de Sarkozy ...et "retoquée" par le Conseil Constitutionnel ...IL est vrai que Conseil Constitutionnel lui-même, en dépit d'un comportement irréprochable, est menacé d'une réforme...

 

   Et ce n'est pas fini ...puisque le gouvernement socialiste a constitué une commission pour réfléchir à une loi sur le non-cumul des mandats ...L'intention est certes louable, car il y a des abus aboutissant à l'existence de véritables "féodaux" jouant sur leur double appartenance nationale et locale, mais il ne faut pas généraliser ...et d'ailleurs il n'est pas du tout sûr que le gouvernement trouve une majorité à l'Assemblée, et encore moins au Sénat, pour voter une telle loi,  car la plupart des Conseils Régionaux et Généraux sont présidés par des ...socialistes ...C'est pourquoi il est permis d'espérer que ce sont les socialistes eux-mêmes qui mettront un frein à ...la "réformite"...

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 23:30

   La "démocratie" est un mot composite d'origine grecque réunissant la notion de "peuple" (Démos) et de "pouvoir" (Kratos) pour définir un régime assurant  la "souveraineté du peuple". Ce n'est donc pas un hasard s'il apparaît à partir du 6ème siècle avant JC à Athènes, qui est considérée comme le berceau de ce régime ...Mais, dès cette origine, la démocratie est un régime ambigu, puisque le "peuple" dans l'antique Athènes ne représentait alors qu'environ 40.000 "citoyens", le plus souvent des propriétaires et des négociants, dans une agglomération d'environ 250.000 habitants lors de sa plus grande extension, comprenant une majorité dépourvue de droits civiques, qu'il s'agisse des femmes, des étrangers (les métèques) et, bien entendu des esclaves...

 

   25 siècles plus tard, il a fallu à la France ...deux siècles - le 19ème et le 20ème - pour mettre en place  une démocratie , au sens défini par l'américain Abraham Lincoln d'un "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple" ...et elle n'y est parvenue - définitivement ? - qu'au terme de multiples changements de régime, 5 "républiques" ayant alterné avec 5 institutions "monarchiques" ou "oligarchiques" (Consulat et 1er Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, 2nd Empire, Vichy) ...et au prix de 5 "Révolutions" effectives (1789, 1830, 1848) ou avortées (Commune 1871 et évènements 1968) ...Et comme d'autres "républiques" dans l'histoire du monde, à l'image de Rome ou de Venise, sont également loin aussi d'avoir été des modèles, il est difficile de faire de la démocratie un régime naturel - voire idéal - ce que d'ailleurs Winston Churchill, le 1er Ministre le plus célèbre d'une ...monarchie ayant donné l'exemple d'un fonctionnement démocratique sans bouleversements, a pu résumer avec un humour très britannique en 1947 dans sa formule : "la démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres"...

 

   La France ayant un rendez-vous électoral en 2012, d'autant plus important qu'y seront accouplées une élection présidentielle et des élections législatives, il est donc opportun de faire le point sur le fonctionnement de sa "démocratie", pour essayer d'en dégager les aspects positifs comme les aspects négatifs :

 

   1. La démocratie étant, par définition, l'expression de la souveraineté du peuple, la question préalable est de savoir si celle-ci est réellement exercée par les Français ...et la réponse ne peut être qu'ambiguë : en effet la Constitution du 4 octobre 1958 a prévu un système mixte relevant de l'article 3 du Titre 1er qui stipule que "la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants ou par la voie du référendum" ...La démocratie est dons à la fois "représentative" et "directe" ...Le caractère représentatif a été normalement mis en application, l'Assemblée ayant à plusieurs reprises changé de majorité entre "modérés" et "socialistes", et le Sénat venant pour la 1ère fois d'en changer - en l'occurrence passant à une majorité "socialiste" ...Mais le caractère direct a  été renforcé par l'élection du Président de la République au suffrage universel ...direct, à l'initiative du Général De Gaulle qui l'imposa en 1962 ...sans avoir consulté le peuple au préalable par référendum...

 

   2. Il n'y a pas de démocratie, ni d'ailleurs aucun autre régime, sans "gouvernement" ...Or, même dans les petites communautés comme la Cité antique d'Athènes ou ...les cantons suisses, il est impossible que tous les individus en âge d'exercer leurs droits civiques puissent gouverner ensemble...La souveraineté du peuple ne peut donc pas se traduire dans le fait de "gouverner", mais seulement dans le "contrôle du gouvernement" ...Or ce contrôle est souvent aléatoire : relativement facile quand il y a concordance entre la majorité présidentielle et la majorité législative, elle devient particulièrement difficile dans le cas contraire, donnant lieu à une "co-hahitation" parfois paralysante ...et ceci, quels que soient les partis concernés, puisqu' il y a eu ce cas de figure successivement sous les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, l'un et l'autre n'ayant pas cherché à l'éviter en démissionnant pour cause de désaveu, comme l'avait fait le Général De Gaulle après l'échec de son référendum sur le Sénat et les Collectivités Territoriales en 1969 ...Il est vrai que la Constitution ne les y obligeait pas, car le Président de la République - à la différence du 1er Ministre et du Gouvernement qui peuvent être renversés par un vote de l'Assemblée - n'est pas statutairement "responsable" et ne peut donc pas être révoqué par l'Assemblée, alors que lui-même a le pouvoir de la dissoudre...

 

   3. A défaut d'un texte institutionnel, il devrait être néanmoins être possible - sinon normal - de compter sur la "sagesse" des personnalités en charge des intérêts du pays, que ce soit les membres du Parlement (Assemblée et Sénat) ou du Président de la République lui-même ...Par conséquent, il n'est pas raisonnable - mais est-ce une question de "raison" ? - qu'un Président comme Nicolas Sarkozy, même s'il a été élu en 2017 avec une majorité incontestable, mène une politique "personnelle" sans concertation suffisante avec les organes politiques, qu'il s'agisse de l'Assemblée, Su sénat, du Conseil d'Etat, du Conseil constitutionnel ou  ...du 1er ministre lui-même, et apparaisse comme un "Super-Président" s'arrogeant tous les pouvoirs avec un comité de conseillers, sous le prétexte qu'à l'instar du Général De Gaulle - qui l'avait proclamé dans un autre contexte - "le Président ne peut pas être l'otage des partis politiques"...

 

   4. Pour autant, il n'est pas raisonnable non plus que les partis - et dans le cas actuel , les "socialistes" - prétendent monopoliser le choix des candidats à l'élection présidentielle et les soumettent à une élection populaire, au sens d'une élection par l'ensemble du peuple. En effet, le choix du candidat d'un parti est l'affaire de ce parti, qui peut le résoudre soit par une consultation de ses militants, soit par une décision d'état-major, soit par le retrait concerté de rivaux, comme cela a été naguère le cas entre Mitterrand et Rocard, ou entre Chirac et Balladur ...Mais l'ensemble du peuple n'a pas à être consulté, d'autant moins qu'il peut y avoir alors des manipulations ou des objectifs plus ou moins avoués, des sympathisants de la "majorité" politique  pouvant alors voter pour le candidat de "l'opposition" leur apparaissant plus facile à battre lors de l'élection présidentielle ...Et qu'on n'aille pas raconter que le candidat ainsi favorisé aura une "popularité" renforcée, car cette popularité sera de mauvais aloi ...En fait, un tel comportement souligne seulement qu'un parti n'a pas de "leader naturel" ...ou qu'il en a trop !...Et ce n'est pas alors au peuple d'arbitrer les rivalités ou les hésitations de ce parti...

 

 

   Il est vrai que tout est possible , "les Français étant ce qu'ils sont , et la France étant ce qu'elle est", comme l'avait naguère dit le Général De Gaulle - encore lui - qui avait également répondu à un journaliste l'interrogeant sur sa succession : "ce que je crains, ce n'est pas le vide, mais le trop-plein"...

 

 


 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 14:45

   Dans l'histoire sociale, "l'égalité" a toujours été considérée comme la vertu cardinale de la démocratie, c'est-à-dire de toute organisation politique où la souveraineté est exercée par l'ensemble des citoyens...En France, cette égalité a été défendue au 18ème siècle par les "Philosophes", combattant ainsi la division inégalitaire de la société en trois ordres -le Clergé et  la Noblesse, bénéficant de "privilèges", et le Tiers-Etat n'en ayant aucun -  et notamment par Jean-Jacques Rousseau qui faisait de l'égalité l'axe central de son "Contrat Social", affirmant que "sans égalité, la liberté ne peut subsister" ...Et lors de la Révolution de 1789? elle fait l'objet d'un choix primordial puisqu'elle figure dans le 1er article de la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" : "Les hommes naissent libres et égaux en droit" ...Puis elle est reprise solennellement pendant la Révolution de 1848 dans le devise "Liberté, Egalité, Fraternité", qui orne encore le fronton de nombreuses mairies de France ...Est- à dire que l'égalité est un principe naturel, et donc fondamental ?...

 

    Certainement pas...Pour la simple raison que l'égalité entre les hommes - au sens des "humains" évidemment - ne peut pas exister ...Déjà le moraliste Vauvenargues, prenant le contrepied de Jean-Jacques Rousseau, soutenait au 18ème siècle : "Il est faux que l'égalité soit une loi de la nature" ...Et effectivement il n'est pas besoin des progrès de la science depuis deux siècles pour démontrer que les "humains" sont tous différents : il y a , bien sûr, dès l'origine, la "dualité" entre les hommes et les femmes ...Et , quel que soit leur sexe, ils se singularisent par leurs particularités physiques ou mentales : peau blanche, noire ou métissée, cheveux bruns, blonds ou roux, crêpus ou lisses, nez long, rond ou épaté, intelliigence fine ou limitée, sensibilité ou rudesse, avec des aptitudes variant à l'infini ...Et la science elle-même ne fait qu'enfoncer le clou au 20 ème siècle en révélant qu'il n'y a jamais eu d'ADN identique pour les milliards d'humains s'étant succédés depuis leur origine sur la Terre...

 

   Il n'est donc pas surprenant que la recherche de l'égalité entre les humains ait toujours échoué ...Gracchus Babeuf, le précurseur des théoriciens de la société, avait proclamé lors de la "Conjuration des Egaux", en 1793 : " l'Egalité ou la mort" ...Malheureusement, cela a été souvent la mort pour tous ceux qui, en application des théories de Marx et Engels, ont dû subir au 20ème siècle l'oppression du "communisme" ...tant il est vrai qu'en voulant imposer de force l'égalité dans des pays comme la Russie dès 1917 et l'Europe de l'Est après 1945, on a fait d'elle un principe attentatoire à la liberté ... et même, paradoxalement, on a agi contre l'égalité elle-même ...en autorisant des "discriminations" contre les individus et les groupes n'étant pas dans la norme de "l'égalitarisme", qu'il s'agisse de situation sociale, de religion, voire de comportement sexuel ...

 

   Mais l'égalitarisme n'en a pas moins  ..."la vie dure", au double sens de l'expression ...Sans refaire toute l'histoire, on peut citer notamment les "évènements" de Mai 1968 où les manifestants proclament "Ni Dieu, ni maîtres" ...sans parvenir à corriger les  différences ...au contraire, puisqu'ensuite, à la faveur des progrès économiques des "trente glorieuses", l'écart entre les "riches" et les "pauvres" n'a cessé de grandir ...Et ce souci d'égalitarisme est maintenant encore responsable du marasme du système scolaire, comme prouve une enquête internationale - les tests "Pisa" (*) - montrant que la France est désormais aux environs du 20ème rang pour l'évaluation des connaissances des jeunes de 15 ans, alors qu'elle était parmi les premiers pays du monde pour la formation scolaire dans les années 1950 ...Car, entre-temps, avec les "réformes" à répétition  de "droite" ou de "gauche" - notamment en 1969 et 1989 - on a supprimé les compositions, les notes  et les classements jugés "inégalitaires", ...on a substitué dans l'école primaire les "cycles" (apprentissages premiers, fondamentaux, approfondissement) aux classes d'autrefois, on a divisé l'année en  5 périodes au lieu de trois trimestres, on a inventé le "tiers-temps pédagogique", on décline les compétences en "savoir être" et "savoir faire", car il faut "apprendre aux enfants à ...apprendre" ...On a aussi supprimé l'examen d'entrée en sixième et instauré le "Collège unique" pour niveler les différences entre les élèves ...de sorte qu'actuellement 20 % des élèves ne maîtrisent pas la lecture en l'abordant ...Au Lycée, la seconde est indifférencée ou "de détermination" ...Quant au Baccalauréat, - officiellement le 1er examen de l'Université - il prépare si peu à celle-ci qu'environ la moitié des étudiants ne vont pas au-delà de la 2ème année ...Et après cela, faut-il encore crier : "Vive l'égalité" ?...

 

   Apparemment, oui ...puisque, ces jours-ci, un nouveau thème fait rebondir la discussion sur l'égalité : celui de "mettre  les Allocations familiales sous condition de ressources"... Un philosophe aussi averti que Luc Ferry, ancien ministre de "droite" de l'Education Nationale, reprenant sur ce point l'avis de Jacques Attali, ancien conseiller de "gauche", considère que cette condition va de soi, car son attribution pour les enfants de  toutes les familles lui paraît être une "absurdité économique" (**) ... C'est oublier que les allocations familiales ont été créées après le "baby-boom" de 1945 pour un motif "nataliste", afin de remédier à un stagnation démographique , ...création qui a porté ses ...fruits, puisque la France est encore en tête des pays dits "occidentaux" pour le taux  de fécondité ... Roselyne Bachelot,actuelle Ministre de la Famille, déclare à juste titre qu'il y a déjà de nombreuses prestations ou avantages fiscaux répartis de façon discriminatoire , et il lui paraît donc important de garder "l'universalité" des allocations familiales, car elle fonde "notre pacte social et républicain" ...Evidemment, les allocations coûtent cher aux pouvoirs publics - environ 95 milliards d'euros par an - mais faut-il sacrifier cette universalité seulement pour des motifs budgétaires ?... Faut-il considérer que seuls les "pauvres" doivent être encouragés à avoir des enfants ?... Non, décidément , "l'égalitarisme" ainsi imposé ne peut pas être une solution moralement acceptable...

 

   Mais alors que faire pour assurer un meilleur équilibre social ?... Simplement - façon de parler, car ce serait compliqué - assurer ...l'équité. Le mot "équité" vient du latin "Aquitas" qui signifiait à l'origine ..."égalité", mais avec cette précision "d'une appréciation de ce qui est dû à chacun" ...Autrement dit, il s'agit non pas d'une égalité imposée collectivement aux individus, mais d'une recherche de ce qui convient à chaque individu dans l'intérêt de la collectivité, c'est-à-dire une démarche inverse visant à assurer plus de justice, même si elle n'est pas nécessairement conforme aux lois en vigueur ...On parle d'ailleurs de justice équitable, quand celle-ci ne se contente pas d'appliquer un "tarif collectif", mais tient compte du "cas individuel"...De même on considère, dans une compétition, qu'un score est équitable, non pas parce qu'il est de "parité", c'est-à-dire "égal", mais parce que, même "inégalitaire", il traduit la "juste" valeur des équipes...Et, pour revenir à une des inégalités les plus flagrantes, celle de la situation respective des hommes et des femmes, il est évident qu'elle ne pourra pas être corrigée par une loi imposant une "égalité" le plus souvent impossible à appliquer ...pour des raisons naturelles (comme la maternité...), ou professionnelles (comme les métiers pénibles...). Il ne sera possible que de veiller à une équité, dont les résultats seront variables suivant les cas, tantôt plus favorables aux hommes (comme la politique...), mais aussi tantôt plus favorables aux femmes (comme l'éducation...)

 

   En conclusion, non à l'égalité, mais oui à l'équité !...

 

 

(*) Programme for International Student Assessement

 

(**) Article dans le Figaro du 28 octobre 2010 - Rubrique Débats/Opinions - Page 15

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