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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 16:06

   La France étant, comme chacun sait, la patrie des Droits de l'Homme, n'est manifestement pas celle des Droits de la Femme, comme chacun feint de l'ignorer, du moins en France...

 

   A ce titre, et une fois de plus, un éditorialiste du Journal Ouest-France, Pierre Cavret, résume fort bien le problème dans son Commentaire du 20 Janvier 2014:

 

   Mixité, parité, égalité...

 

   Ne cherchez pas, c'est peine perdue. Vous ne trouverez pas, en France, la trace d'une femme à la tête d'une entreprise du CAC 40. On peut s'en réjouir quan, outre Atlantique, en amont de la nomination de Janet Yellen à la tête de la Fed, Général Motors décide de confier les clés de sa maison-mère à Mary Bara; Une révolution ? une première dame dans le monde très masculin de l'automobile ? Errur de casting ? Que nenni.

 

   De NewYork à la Silicon Valley, les patronnes en exercice y sont légion. Yahoo, Pepsi, DuPont de Nemours affichent cette "normalité" même si les Marissa Mayer, Indra Nooyi ou Ellen J.Kullman ont dû batailler ferme pour gagner leurs galons. Alors, s'il ne s'agit pas d'envie et de compétence, comment expliquerle désert managérial que traversent les Françaises autrement que par les mentalités et les comportements ?

 

   Ce déficit de femmes à la tête de nos fleurons industriels et de nos administrations centrales est l'illustration d'une France corsetée dans des fondamentaux poussiéreux. Les clichés de l'homme, valeur-étalon du monde économique (et politique), perdurent depuis le 19ème siècle. Nous sommes au 21ème siècle et les faits sont là. Tenaces...

 

   Comment faire sauter les verrous au moment où le débat - très large et transversal - sur l'égalité homme-femme revient aujourd'hui à l'Assemblée nationale avec, en toile de fond une bataille relancée autour de l'IVG ?

 

   A l'heure où, parallèlement, le gouvernement présente la mixité professionnelle comme une priorité pour 2014, l'OCDE annonce, sur le strict plan comptable, que la Franve pourrait gagner 0,5 point de croissance à condition de gommer l'inégalité dans l'accès à l'emploi entre les femmes et les hommes  : "L'admission des femmes à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain" ...Stendhal l'a écrit en son temps. Le droit des femmes reste un combat permanent.

 

   Un Graal promis aux hommes ?

 

   Sans jouer les porte-voix d'u féminisme pur et dur, le match serait-il perdu d'avance pour des "Anne Lavergeon" ou des "Christine Lagarde" en puissance qui refuseraient, à raison, de s'auto-exclure de la course au pouvoir, au motif qu'elles seraient le pivot de la famille ? De brillantissimes n°2 ou 3 degrands groupes, sorties majors des Grandes Ecoles, ont des visions à proposer.

 

   Pourquoi n'atteindraient-elles pas   en nombre l'étage ultime, ce Graal promis aux hommes par le système ? Cette difficulté dans l'accès de nos élites féminines à des postes suprêmes (y compris dans le public malgré la récente nomination d'une femme à la tête de la ...police judiciair) trouve racine dans les gènes sexistes du monde du travail. Un monde où l'inégalité salariale homme-femme, estimée à 27 % dans le privé, est aussi le fruit de l'inégalité des progressions de carrière.

 

   500 entreprises ont été mises en demeure récemment pour n'avoir pas corrigé ces écarts de traitement et il y a des avancées dans la composition des Conseils d'Administration d'entreprises publiques. Mais on est loin encore de la parité, ici ou là, alors que les femmes représentent 40 % de la population active mondiale.

 

   En France, la route est longue, Mesdames, avant d'égaler la Norvège, le modèle européen. Et c'est un comble qu'il faille en passer par des lois (une demi-douzaine depuis 1970) pour arrêter des principes dictant la place qui doit vous revenir. Allons, Messieurs, un petit effort !...

 

   Le problème est justement que la France ne sait faire le plus souvent que des lois ...et, qu' en dépit de ses prétentions au progrès, elle est d'un conservatisme forcené ...

 

   NB : Comble de l'ironie ...L'auteur du commentaire et celui du présent article sont des hommes...

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Published by Jean Daumont - dans La femme
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 15:18

   La revue Sciences et Avenir consacre le Dossier spécial de son numéro d'avril 2012 à "Homme ...Femme", dont elle fait d'ailleurs sa page de couverture ...Non ! Il ne s'agit pas d'un ...poisson d'avril, ni même d'une étude plus ou moins discrète sur les rapports de l'un à l'autre ...Il s'agit seulement, comme le précise le sous-titre , de dénoncer un certain nombre d'idées reçues, ...et cette étude, tout en étant sérieuse, ne manque pas d'humour...

 

   "Evidemment", il n'est pas question de nier certaines ...différences, comme l'apparence physique - en l'occurrence la poitrine ou le sexe - mais cette apparence cache tout de même des réalités surprenantes qui ébranlent une certitude pourtant solidement établie : celle de la supériorité de l'homme sur la femme ...Y-a-t-il vraiment un sexe fort et un sexe faible ?...

 

   En effet, déjà, la Science révèle qu'au départ "il n'y a ni mâle ni femelle, mais un foetus de sexe indifférencié, porteur d'un système reproducteur primitif et de gonades pouvant se développer soit en testicules, soit en ovaires" ...Il faut attendre la 8ème semaine pour que la balance de la différenciation penche sous le poids des chromosomes sexuels et des gènes : on a d'abord parlé du rôle de la testostérone, mais l'influence d'autres hormones comme l'ocytocine agirait davantage sur le lien parental ...Il n'y aurait donc pas une "prédestination" sexuelle, mais tout au plus un certain "hasard" ...Tout homme a failli être une femme ...et inversement ...A quoi tient une ...destinée ?!...

 

   En fait, la recherche scientifique montre qu'en dehors de cet "hasard" initial, "la plupart des différences entre l'homme et la femme résultent d'une construction sociale"  ...La force physique plus grande de l'homme a certainement joué un rôle primordial dès la Préhistoire, en lui permettant d'assurer un "pouvoir" matériel, la femme étant "assujettie" pour cette raison, à laquelle s'est ajoutée une moins grande disponibilité, liée aux maternités ...Comme l'écrit Christine Delphy, chercheuse au CNRS, "que les femmes fassent le travail domestique ...ne doit rien à une nature quelconque, mais tout à une organisation sociale ..., le fait d'avoir des ovaires et un utérus ne prédisposant pas à élever en priorité des enfants, cuisiner et soigner des personnes âgées ...Il y a eu une idéologie de la différence qui a servi le pouvoir ...patriarcal"...

 

   Et cette différenciation a pris les formes les plus diverses, importantes ou anecdotiques, relevant vraiment des "idées reçues" : ainsi les les filles préféreraient le "rose" en raison d'une évolution sexuée de laur vision" (sic), ce qui est totalement faux, puisque les études prouvent que la "trichromatie" (re-sic) est semblable chez l'homme et la femme  ..., mais ce qui n'en a pas moins fait l'objet d'un "marketing" effréné depuis un siècle (le bleu étant réservé aux garçons...) ...De même, il serait acquis que la femme est plus "intuitive" que l'homme, mais ce "sixième sens" n'a jamais été prouvé et il semble surtout un prétexte pour l'homme d'affirmer que la femme a une capacité intellectuelle moins grande ...,se manifestant notamment par un infériorité dans le raisonnement mathématique, ce qui justifierait l'ancien monopole de l'homme sur les écoles et carrières d'ingénieurs ...

 

   En réalité, là encore, les études scientifiques montrent que les cerveaux de l'homme et de la femme n'ont pas de dfférence marquée, en dehors d'une minuscule structure située dans l'hypothalamus et liée à la reproduction ..., et ceci même s'il y a une évolution biologique particulière, puisque le cerveau de l'homme est en moyenne de 8 à 11 % plus gros que celui de la femme et si le cerveau de la femme achève sa croissance un ou deux ans plus tôt en raison d'une plus grande précocité de la puberté ...Ni la taille, ni la vitesse de de développement ne sont en effet des preuves de supériorité ou d'infériorité ...Dans ce cas, l'éléphant serait plus intelligent que l'homme ...ou la femme, ce qui est possible, diront pourtant certains, en pensant à sa ..."mémoire"...

 

   Il y a aussi un autre domaine d'égalité entre l'homme et la femme, celle de leur sensibilité à la maladie, qui est plus forte que pour les animaux du fait d'une protection plus grande ...Mais il est vrai que l'homme et la femme souffrent rarement des mêmes maux  : l'homme est surtout sensible aux maladies génétiques, du fait, paraît-il, qu'il a deux chromosomes différents X et Y, ce qui le rend plus fragile (!) que la femme ayant deux chromosomes semblables (X) ...La femme, de son côté, est plus sensible aux dérèglements hormonaux, notamment les oestrogènes, et à certaines maladies neurologiques du vieillissement, comme Parkinson ou Alzheimer...

 

   Finalement, il ne reste qu'un seul domaine où l'égalité est loin d'être réalisée entre l'homme et la femme, c'est celui de l'égalité politique ...Et il est international, puisque sur les 190 pays membres de l'ONU, il y en a une dizaine seulement qui sont dirigés par une femme ...La France, qui se veut la "Patrie des Droits de ...l'Homme", n'est pas vraiment exemplaire, en dépit d'efforts relativement récents : droit de vote aux femmes (1944 ...mais 1919 en Allemagne et 1928 en Angleterre), première femme 1er ministre - à noter le masculin - (Edith Cresson 1991), 30% de femmes ministres (Juppettes 1995), loi sur la parité obligeant les partis à présenter autant de femmes que d'hommes (2000) mais pas nécessairement dans un rang éligible, première femme "éligible" au 2ème tour des élections présidentielles (Ségolène Royal 2007) *...Manifestement, il reste encore beaucoup à faire, à la fois concrètement et dans les mentalités, car la responsabilité n'incombe pas seulement aux hommes, la force de la tradition "patriarcale" poussant les femmes à répugner à être candidates, à moins que ce ne soit une moins grande propension que les hommes à des "discours" inutiles, mais peut-être, un fois de plus, il ne s'agit que d'une idée reçue...

 

* Correction apportée au texte initial "candidate aux élections présidentielles", suite au commentaire de Jacques.

 


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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 08:59
   L'histoire de la femme est naturellement inséparable de celle de l'homme, mais elle n'est pas l'histoire d'une émancipation progressive d'un sexe réputé "faible" par rapport à un sexe "fort"...

   C'est même le contraire qui apparaît au cours de la Préhistoire, du moins dans la dernière période dite du néolithique qui, avec 15.000 ans environ, est à elle seule plus longue que l'Histoire : en effet les archéologues ont mis à jour des statuettes représentant des "déesses-mères", alors qu'il n'y en a pas d'équivalentes représentant des ..."dieux-pères", ce qui semble traduire l'existence d'une société "matriarcale" où la femme était plus honorée que l'homme en raison de sa "fécondité" et peut-être aussi de son cycle menstruel correspondant aux lunaisons...

   Cette "pré-éminence" féminine s'efface, il est vrai, dès le début de l'Histoire, c'est-à-dire à partir du 5ème millénaire avant J.C. autour de la Méditerranée et en particulier dans le Moyen-Orient ...On se perd en conjectures sur cette évolution, peut-être liée aux débuts de l'agriculture demandant à la fois plus de force physique et de disponibilité (nombreuses maternités des femmes) ...Toujours est-il que la "pré-éminence" masculine se manifeste dès les premières "civilisations", non seulement dans le "gouvernement" des sociétés, accaparé par les hommes, mais dans leur "panthéon" divin, où les dieux mâles prennent le pouvoir (Amon-Ra en Egypte, Mardouk en Assyrie, Zeus en Grèce ...et Jupiter à Rome), ravalant aux deux "niveaux" les femmes à un rôle secondaire ...Certes, plusieurs femmes de l'Antiquité sont restées célèbres, mais elles sont toujours associées à des hommes, comme Néfertiti avec Akhénaton, Néfertari avec Ramsès II, Cléopâtre avec César et Antoine, ou plus tard Théodora avec Justinien ...Une exception apparente , la "Pharaonne" Hatchepsout , mais elle s'est "affichée" en homme, portant pagne et barbe postiche ...et, après sa mort, son nom a été martelé sur ses monuments - en particulier à Deir-el-Bahari - signe manifeste de la réaction immédiate d'une société "patriarcale"...

   La marginalisatioin des femmes tourne même à la "misogynie" avec l'avènement des religions "monothéistes"...Est-il besoin de rappeler que dans l'Ancien Testament des Hébreux Eve est considérée comme responsable de la "Chute" ?... Il suffit de citer le texte du Siracide (Ch.25/V.24) : "L'origine de l'erreur est la femme et nous mourrons tous par sa faute" ...Et Paul en rajoute pour les Chrétiens : "L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme ...En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme...(Ep.Corinthiens II -7/11) et il précise même :"Le mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l'Eglise"... Effacement que justifie Clément d'Alexandrie au 2ème siècle : "La conscience même de leur nature ne doit évoquer en elles qu'un sentiment de honte" (Paedogogus II-33/2) ...Quant aux Musulmans, en dépit de la sympathie manifestée par leur Prophète Mahomet, ils ne reconnaissent pas, à l'origine, de statut légal aux femmes qui doivent "restées soumises à la volonté de leur père ou de leur époux"...D'ailleurs, Yaveh, Dieu, et Allah sont des divinités "masculines" ...et les textes sacrés ne leur reconnaissent pas de "relations sexuelles", jugées "diaboliques", même dans la religion chrétienne où Jésus, le "Fils", est engendré du "Père" ...par l'opération du "Saint-Esprit"....Même dans les religions sans Dieu comme le bouddhisme, le corps féminin ne permet pas "d'atteindre l'Eveil"...Cette croyance  correspond à une notion persistante"d'impureté", le corps de la femme paraissant comme pollué par le sang, qu'il s'agisse des règles ou des naissances ...Même la "Vierge" Marie devra se "purifier" après la naissance de Jésus ...C'est d'ailleurs la raison essentielle justifiant que les femmes sont écartées de toute fonction "liturgique"...Un Concile a même au 6ème siècle discuté de l'existence d'une "âme" chez les femmes !...

   Néanmoins, au Moyen-Age, la "situation" de la femme s'améliore : non seulement le culte de Marie, mère de Jésus - jusque là marginalisée - se développe (nombreuses cathédrales consacrées à "Notre-Dame"), mais dans la société "laïque", au moins aristocratique, apparaît "l'amour courtois"...Et ce n'est pas par hasard que des femmes mystiques sont reconnues par l'Eglise, comme Hildegarde de Bingen au 12ème siècle ou Thérèse d'Avila au 16ème siècle ...La femme est honorée pendant la Renaissance, comme la chante Ronsard :
                                "Mignonne, allons voir si la Rose
                                  Qui ce matin avait déclose
                                  Sa robe de pourpre  au soleil
                                  N'a point perdu cette vêprée 
                                  Les plis de sa robe pourprée          
                                  Et son teint au vôtre pareil"...

   Mais cette période faste ne dure pas avec la rigueur de la Réforme protestante et la Contre-Réforme catholique ...En 1622, Marie de Gournay réclame un meilleur accès à l'instruction dans son ouvrage sur "L'égalité des hommes et des femmes", mais sous le Roi -Soleil, Molière ironise sur les "Femmes Savantes" :
   "Nos pères, sur ce point, étaient gens bien sensés 
    Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
    Quand la capacité de son esprit se hausse
    A connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse"...

   Au 18ème siècle, le rôle des femmes s'accroît avec les "salons" où se retrouvent les "Philosophes", mais même la Révolution de 1789 ne leur accorde pas l'égalité, puisqu'elle proclame la Déclaration des Droits de "l'homme" ...et qu'Olympe de Gouges n'obtient pas la reconnaissance de sa "Déclaration des Droits de la femme" , c'est-à-dire que "la femme naît libre et égale à l'homme en droits" ...Les femmes restent exclues du corps électoral et elles le resteront en France malgré trois nouvelles Révolutions (1830, 1848 -celle de la devise "Liberté, Egalité, Fraternité", et 1871-la Commune) ... 
 
   Et, malgré ses leçons de démocratie données au monde, la France sera l'un des derniers pays "occidentaux" à accorder le droit de vote aux femmes et donc l'égalité civique avec l'ordonnance du Général De Gaulle en 1944 ...Egalité de principe, qui, un demi-siècle plus tard, est loin d'être encore pratiquement respectée, même si en contrepartie la femme conserve une pré-éminence parfois douteuse dans la publicité...
                                  
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 17:00

   La femme est l'égale de l'homme dans toute société, et elle ne s'en distingue que par sa nature... Cette notion est officiellement reconnue dans l'ensemble du monde, à en juger par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948), ce dernier terme étant entendu au sens de "l'être humain"... Mais en réalité cette égalité est loin d'être assurée, puisqu'une enquête de l'ONU a montré qu'elle n'était pas assurée dans 174 pays en l'an 2000... En l'occurence la France, réputée être la "patrie des Droits de l'Homme" n'a pas fait exception à ce comportement, car la fameuse Déclaration de 1789 - dont elle a eu, certes, l'initiative - avait affirmé à l'article 1 que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits", mais il ne s'agissait alors  - stricto sensu - que des "hommes", les femmes restant exclues, leur soumission aux hommes étant d'ailleurs attestée par le Code Civil de Napoléon en 1804... Et il faudra plus d'un siècle de "conquêtes" successives, notamment grâce à des mouvements féministes, pour aboutir avec le Général De Gaulle au Droit de vote des femmes (1944) et à l'Egalité des Droits des hommes et des femmes (1946), bien après d'autres pays... Et encore cette égalité reste souvent théorique, puisque les femmes restent largement minoritaires dans de nombreuses activités, notamment dans les métiers ou fonctions de responsabilité ou de direction (le Parlement étant l'exemple le plus notoire...).

   Devant une telle situation remontant à l'histoire ancienne, on aurait pu imaginer qu'au moins la religion avait donné l'exemple de la "fraternité" entre les hommes et les femmes, ne serait-ce qu'en raison de leur égale soumission à une autorité divine, quelle quelle soit... Or - pour s'en tenir aux 3 religions dites "monothéistes" - ce n'est pas le cas :

   - En ce qui concerne le judaïsme, l'Ancien Testament donne le reflet d'une société patriarcale dominée par les hommes, où les femmes sont certes respectées mais n'ont aucune responsabilité. En effet, la femme fait partie des biens de l'homme, pour qui elle est tout au plus "un être secondaire et dérivé", dont la mission est "d'enfanter" pour la transmission des générations (la "judéité" se transmet par la mère)... Dans le fameux Décalogue (Exode 20-17), la femme n'est d'ailleurs citée dans les "biens" qu'après la maison et avant le serviteur et ...le boeuf. Elle est impure à l'occasion de ses règles et de la grossesse... et un femme adultère doit être lapidée, ce qui n'est pas le sort de l'homme dans la même situation... Il est symptomatique que la 1ère femme de la Bible - Eve - soit accusée de la "faute originelle" alors qu'Adam - somme toute - aurait pu ne pas l'écouter... et il est aussi remarquable que seuls 3 Livres de l'Ancien Testament portent le nom d'une femme (Ruth, Esther et Judith), l'intervention des femmes étant souvent jugée négative, surtout si elles sont "étrangères" (exclusion des épouses non juives - Esdras 10 ).

   - Pour le christianisme, Jésus peut apparaître comme un modèle de fraternité, quand il proclame : "Aimez-vous les uns les autres", sans faire de différence entre les hommes et les femmes... Certes, il s'entoure de 12 apôtres choisis seulement parmi les hommes, mais il accorde aux femmes une importance particulière, n'hésitant pas à braver la Loi,juive en acceptant que des femmes le suivent et même en libérant une femme adultère... Ce n'est pas par hasard que des femmes restent présentes lors de sa Passion, alors que les hommes de son entourage - notamment les Apôtres - se sont ..."carapatés"... Mais l'Eglise naissante n'aura pas ensuite la même sollicitude, puisque Saint Paul (1er siècle) n'hésite pas à écrire : "L'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais c'est la femme qui a été créée à cause de l'homme"... et il ajoute : "Je ne permets pas à une femme d'enseigner, ni de dominer son mari"... Et Saint Augustin (4ème siècle)considère que "la femme est l'égale de l'homme dans le domaine de la Foi"... mais en dehors il invoque l'ordre naturel pour dire qu'elle est inférieure à l'homme... Un concile (6ème siècle) aurait même débattu de la question : "Les femmes ont-elles une âme ?"... En contrepartie, il faut reconnaître que Marie, la mère de Jésus, plutôt marginalisée au début du christianisme, a pris ensuite une importance croissante au Moyen-Age - peut-être par résurgence des cultes païens célébrant la "Mère" - et un culte marial s'est alors développé jusqu'à nos jours (nombreuses églises et cathédrales consacrées à "Notre-Dame", dogme de l'Immaculée Conception au 19ème siècle...).

   - Quant à l'islamisme, il reprend dans le Coran l'héritage juif  avec un certain nombre de sourates rappelant l'autorité du "père"... La femme est honorée et protégée dans la mesure où elle respecte les prescriptions qui la concernent, notamment celle où Allah rappelle à Mahomet : "Dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants, de ramener sur elles leur voile... Elles éviteront ainsi d'être offensées" (sourate 33 - Verset 59)... Il est vrai que cette prescription a toujours été diversement interprétée par les musulmans eux-mêmes, mais elle contribue néanmoins à donner à l'Islam une apparence anti-féministe... Même les pays musulmans (Turquie, Egypte, Tunisie...) qui, confrontés directement au "modernisme occidental", ont introduit naguère des réformes en faveur des femmes (nécessité du consentement mutuel avant le mariage, interdiction de la polygamie, abolition du voile...) se heurtent à des difficultés d'application en raison de la pression exercée par les courants "intégristes"...

   Ainsi donc, la place de la femme est un problème complexe où l'héritage religieux a eu une influence plus ou moins marquée sur l'évolution des moeurs, même en dehors de la pratique des cultes, dans la mesure où il a marqué les "mentalités"... Il y a d'ailleurs encore beaucoup de femmes attachées à la "tradition" et considérant que "la place de la femme est au foyer" et que son rôle est d'assurer les tâches domestiques"... Et cette attitude contribue évidemment à perpétuer une conception "discriminatoire" vis-à-vis des femmes, qui favorise les excès des hommes, notamment dans une utilisation comme une "marchandise" : depuis toujours, la prostitution, ...maintenant les mères porteuses... La véritable égalité ne pourra s'appliquer que par une "reconnaissance mutuelle", et elle n'existera pas tant qu'elle ne sera pas "fondamentalement" acceptée par tous les hommes... Simone de Beauvoir, dans le "Deuxième Sexe", l'avait dit : "Le problème de la femme a toujours été un problème d'homme"...

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