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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 14:48

   Alors que certains politiciens, dès qu'ils sont au pouvoir, se croient autorisés à faire aussitôt des réformes, au nom du progrès, et en l'occurrence, cette fois et à nouveau, à entreprendre une réforme de "l'ortograf", il est peut-être bon de se montrer conservateur en défendant "l'orthographe" au moyen du rappel d'une dictée célèbre, celle de Mérimée :

 

   "Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.

 

   Quelles que soient et quelque exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données à maint et maint fusilier subtil la douairière et le marguillier, bien que lui ou elle soit censée les avoir refusées et s'en soit repentie,, va-t-en les réclamer pour telle ou telle bru jolie par qui tu les auras redemandées, quoiqu'il ne te siée pas de dire qu'elle se les est laissé arracher par l'adresse des dits fusiliers et qu'on les leur aurait suppléées dans toute autre circonstance ou pour des motifs de toutes sortes.

 

   Il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers mal bâtis et de leur infliger une raclée, alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs correligionnaires. Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraînée à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.

 

   Deux alvéoles surent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie.

 

   " Par Saint Martin, quelle hémorragie !" s'écria ce bélître. A cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.

 

   A proposer à vos amis qui, par on ne sait quelle aberration ou quel dissentiment, pourraient faire le plus ...ou le moins de faute (ou fautes ?) ?...

 

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Published by Jean Daumont - dans Langage
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 17:30

   Depuis la Préhistoire ou, du moins, depuis que les hommes ont pris conscience de leur individualité dans un groupe et l'ont traduite dans leur langage, ils se reconnaissent par des "noms" ...Dans l'Antiquité, on a surtout retenu le nom de personnages célèbres, dont des textes ont rendu témoignage : Hammourabi, Ramsès, Moïse, Cyrus, Périclès, César, etc ...Mais en fait leur dénomination était plus complexe : ainsi, dans l'histoire romaine, le nom réel de César était  Caius Julius Caesar, car il comprenait un "praenomen" (Caius) qui lui était propre, un "nomen" (Julius) qui était le nom de sa famille au sens de sa lignée (il prétendait descendre de Iule, le fils du troyen Enée  ...et de Vénus), et un "cognomen" -Caesar) qui  était un surnom, autrement dit un sobriquet qui avait pu correspondre à l'origine à une caractéristique d'un ascendant puis était devenu le nom transmissible...Ainsi le nom de Cicéron, le contemporain de César, était en fait  le "cognomen" de Marcus Tullius Cicéro, signifiant ..."pois chiche"...

 

   Cette pratique du surnom a en fait toujours accompagné l'utilisation d'un nom, comme si, au nom qui est donné par la famille, c'est-à-dire par "les autres", on avait toujours éprouvé le besoin d'ajouter une désignation "personnelle" ...Au Moyen-Age, en Occident, cette pratique du surnom persiste, même si elle n'est plus structurée comme dans la Rome antique ...En effet, sous l'influence prégnante de l'Eglise, chaque individu, à l'occasion de sa naissance, et plus précisément de son baptême, recevait le nom d'un Saint, censé être son protecteur "éponyme" : Jean, Jacques, André, Pierre, Georges, Frédéric, Michel, etc... Mais, comme cette désignation était fréquente, il avait bien fallu identifier chacun (e) par une caractéristique personnelle : soit une origine géographique (Dumont, Duval, Duhamel, Bourguignon, Lenormand, etc...), soit un métier (Boulanger, Boucher, Fournier, Serrurier,etc...), soit un rang social (Leseigneur, Bourgeois, etc...), soit une caractéristique  physique (Legrand, Lepetit, Legros, Leroux, Vigouroux, etc...) ..et bien d'autres origines et variantes correspondant aux dialectes locaux ou à une origine étrangère, la France ne s'étant formée que progressivement en ayant toujours été une terre d'immigration... Et ces surnoms d'origine sont devenus à leur tour des des noms transmissibles, qui ont conduit à parler pour chacun de "noms propres"...

 

   Et, par une sorte de renouvellement permanent, toujours avec le souci d'identification personnelle, sont alors apparus de nouveaux surnoms se distinguant de l'évolution antérieure par le fait qu'ils ne sont plus généralement donnés par "les autres" ...mais par les intéressés eux-mêmes  ...ce quil a été convenu d'appeler par le mot savant de "pseudonymes":

 

   - La pratique des pseudonymes a d'abord été le fait - relativement limité - des écrivains, dont on peut donner quelques exemples (dans l'ordre alphabétique) : Apollinaire (Kostrowitzky), Céline (Destouches), Dorgelès (Lécavelé), Eluard (Grindel), France (Thibault), Gracq (Poirier), Lautréamont (Ducasse), Loti (Viaud), Mac Orlan (Dumarchey), Maurois (Herzog), Nerval (Labrunie), Romains ('Farigoule), Sagan (Quoirez), Sand (Dupin), Troyat (Tarassov), Voltaire (Arouet), Yourcenar (Anagramme de Crayencour) ...

 

   - Mais la pratique des pseudonymes s'est étendue à d'autres catégories de métiers, notamment aux artistes (dans l'ordre également alphabétique) : Arletty (Bathiat), Aumont (Salomon), Bécaud (Silly), Brasseur (Espinasse), Carol (Mourer), Cassel (Crochon), Colbert (Chauchoin), Cordy (Cooreman), Darc (Aigroz), Fernandel (Contandin), Gabin (Moncorgé), Guétary (Worloou), Montand (Livi), Mondy (Cuq), Morgan (Roussel), Nat (Benhalassa), Pé(rier (Pillu), Robinson (Svoboda), Rosay (De Bandy de Nalèche), Signoret (Kaminker), Ventura (Borrini), Yanne (Gouyé)...

 

   Evidemment, on peut s'interroger sur cette multiplication des pseudonymes ...L'origine n'est pas toujours connue, et elle est très diverse :

   - Il peut s'agir d'un choix personnel de l'intéressé qui tient  à être connu sous un nom "bien à lui" et délibérément choisi ....C'est le cas notamment pour les écrivains...

   - Il peut s'agir du souci de ne pas gêner les membres de sa famille : cela a été le cas notamment pour les artistes, dont le métier n'avait pas à l'origine toujours une bonne réputation, même s'il est devenu maintenant un titre de gloire

   - Il peut y avoir aussi une nécessité due au fait que le nom de famille d'origine est difficile à porter, comme le prouvent certains patronymes cités ci-dessus...

 

   Quoi qu'il en soit, cette extension des pseudonymes va certainement se généraliser, à en juger par le progrès foudroyant qui se produit actuellement avec le développement  des communications individuelles (ordinateurs, téléphones portables, smartphones, etc)... Le mot même de "pseudonymes" se contracte en "pseudos" ...et le langage même est simplifié de façon outrancière : André devient  "Dédé" avant de devenir "DD" ...Et bientôt, peut-être, on oubliera les mots : il n'y aura plus que des chiffres : on ne sera plus ...OSS 117  ...mais simplement  ...triple ...ZERO !...

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 00:00

   Eh bien ...ça y est ! ...Les "anti-français" sont à nouveau à l'oeuvre ...oui, ces soi-disant experts prétendant décider de la manière dont la langue française doit être parlée ...et donc écrite ...Canonniers ! ...A vos pièces ! ...Bombardez sans vergogne tous ces "jean-foutre" pour leur rappeler ce que sont les canons du "français" !...

 

   Déjà, dans les années 1970-1990, ces "anti-français" avaient lancé une première offensive dans le cadre d'un  Projet de  réforme de l'enseignement où les maîtres mots étaient de "remettre l'élève au centre de la formation" - comme s'il n'y était pas déjà - et d'abolir tout ce qui pouvait contrarier sa "liberté d'expression", en particulier l'orthographe ...Heureusement, il y avait eu des émules de Joachim du Bellay - auteur de "La Défense et Illustration de la Langue française" en 1549 - et ces nouveaux défenseurs avaient alors sauvegardé le "français", l'affaire se limitant à la suppression de quelques incongruités et illogismes comme des traits d'union ou des doublements de consonnes inutiles ...autrement de faire un peu de ménage dans la langue ...comme il en avait déjà été fait à plusieurs reprises ...Qu'on se rappelle de Molière évoquant Vaugelas au 17ème siècle !...

 

   Car le "français" est par nature une "langue vivante" qui ne cesse d'évoluer en fonction de son usage ...D'une période à l'autre de l'histoire de la France, des mots sont apparus - soit par création résultant d'une nouveauté matérielle (ex: l'informatique), soit par emprunt à une autre langue (ex: bifteck) - et d'autres ont disparu ou sont devenus obsolètes (qui  connaît encore et utilise l'animadversion ?) ...Il n'est d'ailleurs pas possible de faire un inventaire précis des mots en raison de leur nombre, et ceci d'autant moins que ce nombre est lui-même incertain : les grammairiens estiment qu'il y a environ 90.000 mots, dont seulement 32.000 mots usuels, ce nombre se réduiisant à 20.000 dans les dictionnaires scolaires ...Importance toute relative pour le "français", en comparaison des 200.000 mots de "l'anglais"!...Et ce dénombrement est  de surcroît encore compliqué par le fait que le "français" n'est pas le monopole du seul territoire de la France métropolitaine, étant également utilisé par de nombreux autres pays dans ce qui est appelé justement la "francophonie", où, le plus souvent, il  connaît d'ailleurs des évolutions particulières, - l'exemple le plus célèbre étant celui du Québec ayant  conservé d'anciens "gallicismes"...Il en est de même dans les anciennes "colonies" françaises, notamment en Afrique "noire", où la multiplicité des dialectes dits "vernaculaires" a rendu nécessaire l'utilisation du "français" pour les échanges courants ...Est-il alors concevable qu'en France seulement on réforme l'orthographe, de telle sorte que le "bon français" issu de son histoire ne sera plus utilisé qu'en dehors de la France ?...

 

   Bien sûr, il y a des particularités propres au "français" ...mais d'aucuns assurent que "c'est ce qui en fait le charme", comme le disait en 1955 Paul Guth qui précisait : "Et que l'on ne vienne pas me dire que notre orthographe doit être allégée parce qu'elle est la cause de difficultés pour les élèves issus de familles peu cultivées ! Mon père était mécano, ma grand-mère illettrée...Est-ce que cela m'a empêché de devenir, à vingt-trois ans, l'un des plus jeunes agrégés de France ?" ...Et, en l'occurrence, chacun sait ou doit savoir que toute règle a ses exceptions ; ainsi le pluriel est en principe marqué par un "s" mais ...il faut un "x" pour certains mots en "ou" (bijou, chou, genou, hibou, etc) et il faut "aux" pour certains mots en "ail" (vantail, bail, soupirail, etc) ...tandis que d'autres mots restent invariables, comme (credo - prononcé "cré" - veto, exeat, etc) ...Il y a également des mots qui ne sont utilisés qu'au pluriel (arrhes, mânes, moeurs, ténèbres, ...funérailles) ...et des mots qui ont ...deux pluriels (ciel, aïeul, ail, idéal...) ...On peut relever qu'il y a 7 façons d'écrire le son "ni" (ni, nid, nids, n'y, nie, nies, nient) ...Pour autant, tout n'est pas acceptable : est-il raisonnable de parler d'homicide (avec un "m) envers un homme (avec deux "m") ...et n'est-il pas imbécile (avec un "l") de parler d'imbécillité (avec deux "l") ?...

 

   Mais est-ce une raison de passer à une orthographe "phonétique", comme le prétendent certains linguistes, sciant d'ailleurs la branche sur laquelle ils sont perchés ?...Certes, on n'a jamais autant "communiqué" en France, qu'il s'agisse de messages téléphonés ou électroniques ...On ne cesse de participer à des "chats " ou d'exprimer des opinions dans des "posts" ...On utilise de plus en plus, parce qu'on est "pressé" (?!), des formules "express" comme "MDR" (Mort De Rire) ...Le Dictionnaire Robert 2012 vient d'officialiser "twitter" ...Mais faut-il pour autant tout "simplifier" ?...Ki é tu  ...O.K. ...Ké-sa-ko ...Cé-tu qu'un so fé un so dans le so ?...Oui , du ..Charabia !...Un charabia qui évite tout effort, et c'est peut-être là tout le problème ...Pourquoi certains éléves actuels "ne maîtrisent plus l'orthographe", comme d'ailleurs certaines règles de calcul, ...alors que leurs aînés y parvenaient encore jusqu'au milieu du 20ème siècle ?...Et, s'ils n'y parviennent plus, est-il acceptable d'aligner la langue française non sur les meilleurs élèves, mais sur les cancres ?...

 

   Vive le "bon français" !...

 

Bibliographie :

 - Jacqueline de Romilly - L'enseignement en détresse

 - Jean-Marie Benoist - La génération sacrifiée

 - Rachel Boutonnet - Journal d'une institutrice clandestine

 - Paul Guth - Le naïf aux quarante enfants

 - Daniel Luzatti - Le français et son orthographe

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 22:35
   La langue française est à l'image de la nation française, dont elle constitue un des éléments fédérateurs ...car elle apparaît comme un ensemble homogène, alors que son histoire révèle une origine très diversifiée ...

   Il est traditionnel de dire que le Français est une langue "vivante" issue du Latin qui est une langue "morte", et à ce titre elle est classée parmi les langues "romanes" - c'est-à-dire héritière de la langue des Romains - comme l'Italien, l'Espagnol, le Portugais , le Roumain, devenues des langues "nationales" ...et comme les dialectes "régionaux" qui ont persisté au sein de ces nations : le Piémontais, le Sarde, les langues "d'oc" (Provençal, Occitan, Gascon...), les langues "d'oïl" (Picard, Champenois...). Et il est certain que le "fonds" latin est de loin le plus important, puisqu'il a légué notamment au "Français" plus de 80 % de son vocabulaire, soit environ 50.000 mots sur les 60.000 figurant dans les Encyclopédies les plus complètes ...et environ 30.000 mots sur 35.000 cités dans les Dictionnaires usuels ...Car il y a plusieurs niveaux de dénombrement, les Encyclopédies recensant tous les mots - y compris les mots "savants" et ceux tombés en désuétude - et les Dictionnaires se limitant au vocabulaire jugé "courant" ...On a même défini dans les années 1950 un "Français fondamental" d'environ 3200 mots en vue de l'enseignement du Français à l'étranger, afin de faciliter sa diffusion dans le monde : il correspond "grosso modo" (expression latine !) au nombre de mots réellement utilisés par le "locuteur français moyen" ...

   Pour autant, le Français comporte un peu moins de 20 % de mots d'origine étrangère, ce qui est tout de même important ...et ceci d'autant plus que leur identification n'est pas toujours claire, le Français ayant toujours été une langue fortement assimilatrice, c'est-à-dire ayant "francisé" beaucoup de mots ... Qui sait, par exemple que "chérubin" vient de l'Hébreu, "pyjama" du Persan, "coche" du Hongrois", et "chocolat" ou "tomate" du Natualt, langue (morte) de l'ancien Empire Aztèque ? ...En contrepartie, il faut reconnaître que les autre pays ont souvent emprunté des mots français, en déformant parfois leur orthographe ou leur sens : les Espagnols appellent "carné" les papiers d'identité ...et les Roumains "galanterie" les sous-vêtements .Mais ce pouvoir d'assimilation a ses limites, car les défenseurs du Français s'indignent quand un chanteur publie dans un "CD" le "best-of" de ses chansons "live", et que tel "show" de "rap" passe en "prime time" à la télévision...

   Evidemment, il n'est pas possible de présenter une liste complète des mots "français" d'origine étrangère ...Mais il est intéressant s'en donner divers exemples par un jeu croisé de cette origine et du sujet désigné :

   - Suivant l'origine  : d'abord il y a les mots antérieurs au Latin - surtout Gaulois ou Celte - comme "char", "charrue", "carrosse" ...non sans rapport avac leur talent alors célèbre de "charron" ...ou encore "chêne", "bouleau", "coudrier" témoignant de l'importance de la forêt à l'époque (les "druides" !) et aussi "braguette", si un clin d'oeil est permis ...Puis en concurrence avec le Latin, il y a eu le "Grec", dont l'utilisation a été plus savante, notamment avec les préfixes comme "hémi", "poly"...ou des suffixes comme "logie", "algie" "thérapie" ...la médecine dans ce domaine en ayant usé et ...abusé ! ...Il y a ensuite, bien sûr, "l'Italien", en raison des rapports fréquents entre la France et l'Italie au cours de l'Histoire, en particulier lors de la Renaissance, avec l'influence exercée sous Catherine et Marie de Médicis ainsi que Mazarin  ...Ainsi la "banca" (comptoir) est devenue "banque" et "All'arme" (aux armes!) est devenue "alarme", tandis que "sentire"(prêter l'oreille) a abouti à "sentinelle" ...Et il faut également citer les mots de la "table" (vermicelle, biscotte, scarole...), ceux du "vêtement" (caleçon, pantalon, pantoufle) ...de "l'archirecture" (coupole, balcon), ...de "l'art" (dessin, esquisse, solfège, virtuose) ...du "théâtre " (polichinelle...)...Quant à "l'Espagnol", le Français lui a emprunté sans vergogne le "cacahuète" venu d'Amérique, le "gamba" ou la "paella" ...ainsi que ...la "cédille" (Zédilla, petit z) qui reste indispensable dans certains mots comme "leçon" ...Humour que l'on retrouve dans l'utilisation de "patate" pour désigner de façon populaire la pomme de terre ou un individu borné ...L'origine germanique est plus diversifiée : elle comporte des mots d'origine franque, dont bien sûr le "Français", mais aussi des mots se rapportant comme le Gaulois à la forêt ("hêtre", "osier", aulne", "houx" ...) ...des mots d'origine scandinave, qui se sont répandus à partir de la "Normandie", comme "girouette", "harpon", "hune", "hauban" (emploi fréquent de la consonne "h") ...et enfin des mots d'origine allemande, plus rares en raison d'une phonétique dentale et gutturale plus difficile à assimiler par le Français à prononciation plutôt labiale (lèvres) ...La "douce France" ne se reconnaît pas vraiment dans la raide "Frankreich" et la désignation française de "l'Allemagne" est moins brutale que "Deutschland"...qui a concédé au Français le "cobalt" et le "nickel" mais aussi les "lieder" inspirés par son génie musical...
   Néanmoins le principal gisement de mots d'origine étrangère reste "l'Anglais", avec le quart d'entre eux, soit environ 1000 mots ...Invasion relativement récente en raison de sa généralisation comme langue internationale ...au dépens du Français : "clip", "remake", "mailing","parking", "badge", "cutter", "dealer", "lifting", "flash", "week-end", etc ...etc...Juste (?) retour des choses, puisque pendant longtemps l'Anglais a emprunté ses mots au Français, comme "interview" (entrevue), "nurse" (nourrisse), "rosbif" (rôt -i de boeuf) qui ont fait l'aller et retour...
   Enfin, il faut citer les apports très minoritaires d'autres langues, souvent liés à la colonisation, comme les langues d'Asie ( le vietnamien "nem" ou le "sari" hindou) et surtout l'arabe, venu notamment de l'Afrique du Nord en raison de l'importance de l'immigration , d'où son caractère populaire : "bled", "maboul", "toubib", "smala", "gourbi", etc ...

   - Suivant les sujets : dans le théâtre, "guignol" qui vient des marionnettes de l'Italie, où il désignait un personnage ridicule ... Dans la vie sociale, "panique" venant du dieu grec "Pan" qui inspirait la crainte en raison de la brutalité de ses désirs sexuels ...Pour la nourriture, la "sardine" vient de Sardaigne et "l'abricot" de la Turquie ...Pour les vêtements, l"'astrakan" vient de l'embouchure de la Volga en Russie ...et la "cravate" des ...Croates, dont la bande de linge fin autour du cou fit fureur en France au 19ème siècle, se substituant alors au collet plissé trop encombrant ...Pour les loisirs, la "mazurka" est venu de Pologne ...et la "java" - on ne sait trop pourquoi - de l'ïle de l'Indonésie ...Quant à "l'orgue de Barbarie", il n'est pas venu de peuples incultes , ...mais du nom de son inventeur italien de Modène, Giacomo Barberi ... Pour  les transports, les mots viennent souvent des noms de lieux, comme "berline" (Berlin),  et les unités de mesure des noms de savants comme "Watt", "Volt ", "Ohm" ...et comme il faut de tout pour faire un monde, on ne peut ignorer que la "vespasienne" vient du nom de l'empereur Vespasien, comme la "poubelle " est venu de celui d'un Préfet de Police de Paris à la fin du 19ème siècle ...

   Et tout cela fait du "bon français", à la base de l'identité nationale de la France ...qu'on le veuille ou non ...et sauf erreur ..."Errare humanum est", si on revient à son origine ...

Bibliographie :
 - Gilles Henry - Dictionnaire des mots qui ont une histoire - Ed. Tallandier 1989
 - Henriette Walter - L'aventure des mots français venus d'ailleurs - Ed. Robert Laffont 1997
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Published by JRFD - dans Langage
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:58
 
   En 1549 paraissait la "Défense et illustration de la langue française"  de Joachim du Bellay... Conçu à l'origine comme le manifeste du groupe des poètes de la Pleiade, ce texte voulait plus largement assurer le développement de cette langue, dont l'usage s'était progressivement répandu dans le royaume de France avec l'extension du pouvoir des Capétiens, et qui venait d'être reconnu officiellement comme la langue administrative par l'Edit de François 1er à Villers-Cotterets en 1539 ...Et effectivement le Français a été brillamment illustré depuis le 16ème siècle par une "littérature" qui est certainement la plus brillante du monde ...Néanmoins, le Français n'a longtemps été qu'une langue parlée par une élite sociale, et les "dialectes" locaux ont persisté jusqu'à l'époque contemporaine, notamment dans les campagnes, et il a fallu l'exode rural à partir du 19ème siècle et l'institution de l'enseignement primaire obligatoire par Jules Ferry imposant son usage exclusif pour qu'il s'impose définitivement comme langue nationale et figure à ce titre dans l'article 2 de la Constitution...

   Mais l'usage du Français ne s'est pas limité à la France, car il s'est imposé aussi dans de nombreux territoires à travers le monde en raison du rôle longtemps primordial de la France, mais aussi à la faveur de son expansion coloniale : d'abord après les Grandes Découvertes en Amérique (Québec, Louisiane, Antilles), puis au 19ème siècle en Afrique ("Nord" et "Noire"), Asie (Indochine, comptoirs de l'Inde) et Océanie (Nouvelle-Calédonie et Polynésie)...où son usage s'est répandu comme langue "véhiculaire" plus commode que les langues "vernaculaires" trop nombreuses ...Cette expansion s'est faite d'ailleurs avec des avancées et des reculs : ainsi le Français a été au 18ème siècle la langue "internationale" utilisée dans la diplomatie et la plupart des Cours d'Europe, avant de reculer au bénéfice de l'Anglais ...Et en Amérique, s'il s'est maintenu dans le Canada grâce à l'attachement très fort des descendants des colons au Québec, il a pratiquement disparu aux Etats-Unis après la vente de la Louisiane par Napoléon 1er en 1803, même si son souvenir persiste dans des  noms de lieux comme La Nouvelle-Orléans et de nombreux ...Paris.... Il n'en reste pas moins que le Français est encore la langue "maternelle" ou "nationale" d'environ 285 millions de personnes dans le monde, derrière les 900 millions de "chinois mandarins" et 450 millions "d'anglophones"...

   Cette importance numérique, même si elle est surtout dûe maintenant à un progrès démographique, justifie donc que, plus que jamais, le Français fasse l'objet d'une "Défense et Illustration", et que, dans ce domaine, la France donne l'exemple en qualité de "pays d'origine"... A ce titre, l'organisation de la "Francophonie" autour d'elle est une action particulièrement positive, d'autant plus qu'elle est réalisée dans un cadre démocratique assurant l'équité entre tous les pays concernés sans servir de paravent à une volonté prédominante de la France ...Mais il y a aussi des actions négatives pouvant remettre en cause la nature même du Français : d'abord les projets de certains "spécialistes" cherchant à simplifier la langue , sous prétexte qu'elle est abominablement compliquée avec ...son "orthographe" où les exceptions sont aussi nombreuses que les règles ...et sa "grammaire" multipliant les types de complément et les modes et temps de conjugaison ...et cette simplification aboutirait à un "sabir" phonétique du genre "ki é la" ...Jeux de l'esprit sans conséquences, penseront certains ...Malheureusement cet usage est déjà pratiqué avec le  développement de l'informatique et notamment des "portables" où, surtout chez les jeunes, on fait des "textos" où un haricot devient "ariko" et, pire encore, un problème devient "pb" ...On ne s'étonne plus qu'après cela de bonnes âmes prêchent le suppression de cet exercice barbare et rétrograde de la dictée ...pardon de "l'ortograf" !...

   Il est donc nécessaire - et même urgent- de réagir contre cette dérive...Cela  ne signifie pas qu'il faut être "conservateur", c'est-à-dire préserver le Français tel qu'il existe actuellement... Car il s'agit d'une langue "vivante" qui, depuis le Moyen-Age n' a jamais cessé d'évoluer, avec des mots anciens tombés en désuétude  (exemple récent :" vélocipède" ou "célérifère") et des mots nouveaux imposés par les techniques (comme "radar" ou "laser") ...Une langue qui a souvent assimilé des mots issus des dialectes locaux (à l'image de la "choucroute" alsacienne ou du "far" breton), et qui ne peut que s'enrichir en rendant à ceux-ci leur juste place ...sans exclusive, c'est-à-dire sans prétendre à se substituer au Français ...Cela vaudra mieux que d'importer des mots d'autres pays comme "breakfast" au lieu de "petit-déjeûner" ou - pourquoi pas - "burqa" au lieu de "voile"...

   Car le Français n'est pas seulement une "langue" ...Il est la traduction d'une "communauté" ouverte et solidaire,  non seulement pour la France, ...mais pour tous les pays qui l'ont adopté ...et cet héritage "illustre" doit être "défendu" pour la postérité... 
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Published by Jean Daumont - dans Langage
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 22:20

   M'étant "amusé" de "jeux de mots" dans mes derniers articles, j'ai voulu prendre les mots au "sérieux" ...Mais tel est pris qui croyait prendre, car les mots réservent parfois de "drôles" de surprises !...

 

    Le Français est une langue "vivante", non seulement parce qu'elle est une langue "parlée", mais parce qu'elle connaît une évolution incessante, avec des mots qui "meurent" et des mots qui "naissent"...Les linguistes estiment que, pour environ 50.000 mots actuellement recensés, 18.000 sont apparus au 20ème siècle, compensant largement 10.000 mots qui ont disparu ou sont oubliés...

   Un tel "usage", même s'il est naturel  et donc inévitable, n'en est pas moins parfois très discutable... Car, si les français aiment les "bons mots", les mots - eux - ne sont pas toujours bons pour les français... et des mauvais mots ont pu apparaître alors que des bons mots disparaissaient...  comme peut le prouver le "florilège" suivant, qui, sans avoir la prétention s'être une "anthologie", n'en constitue pas moins un "assortiment " intéressant :

 

   - Il en est ainsi pour les mots anciens qui ont correspondu à un usage séculaire :

 

   * Certains mots ne méritaient vraiment pas de disparaître :

      Machicatoire : pas vraiment beau, mais plus français que "chewing-gum"...

      Cligne-Musette : mot enfantin mais plus joli que "cache-cache"

      Nouillette : charmant et moins ambigu que "vermicelle"

      Bdelle : sangsue peu sympathique, ...mais seul mot commençant par "bd"

      Zoïle : critique envieux, espèce qui n'a pourtant pas disparu

      Usable : remplacé par "jetable"... Changement d'époque !

 

   * D'autres mots sont seulement oubliés à tort :

      Accort : n'existe encore qu'au féminin - synonyme d'agréable - discrimination

      Coruscant : pour une fois qu'on avait un mot "brillant"...

      Coquecigrue : pourtant utile en cette époque pleine d'absurdités...

      Médianoche : plus précis que "réveillon", mais soporifique, il est vrai...

      Dame-d'onze-heures : parce qu'il confondait la femme avec une fleur...

 

   * Inversement certains mots ont bien fait de disparaître :

      Pédantesquement : mot vraiment trop ...pédant !

      Saugrenuité : on ne peut pas être plus ...saugrenu !

      Vomiturition : vraiment à vomir...

 

   * Et d'autres mots fâcheux auraient mieux fait de les imiter :

      Incirconcis : parce qu'il est "discriminatoire" par rapport aux juifs...

       Vernaculaire : son origine latine ne rend pas plus clair d'être propre au pays

      Abscons et Abstrus : difficiles à comprendre...on ne leur fait pas dire...

 

 

   - Il en est de même pour les mots nouveaux méritant un jugement également varié :

 

   * Certains mots sont légitimes car ils correspondent à une évolution :

      Automobile et ses dérivés : l'époque moderne est mécanique...

      Radio - Télévision - portable : les progrès de la communication...

      Mais plus inattendu est Orgasme : comment faisait-on avant son arrivée ?

 

   * Inversement, il ya des mots dont on aurait pu se passer :

      Mature : mot d'origine anglaise ... Pourquoi le substituer à "mûr(e)" ?

      Sandwich : même remarque ... Différence avec "casse-croûte" ?

      Solutionner  : complication inutile pour "résoudre" les problèmes...

      Procellariiforme : oiseau volant seulement dans le dictionnaire...

      Hexachlorocyclohexane : prototype des mots savants inutilisables...

 

   * Enfin il y a des mots "drôles" qui, à défaut d'être académiques, peuvent être  acceptés : l'un des plus populaires est Bachi-bouzouk, introduit en France grâce aux "Aventures de Tintin"  et au Capitaine Haddock, ...et venant de 2 mots turcs : "Bachi" (tête) et "Bouzouk" (mauvaise) dont l'association désignait autrefois des mercenaires, mais a maintenant été oublié en Turquie... Il avait eu un précédent : "Al-Burquq" qui a donné ...Abricot, dont la Turquie est un des 1ers producteurs au monde...

 

 

   Et on peut terminer ce petit voyage à travers les mots par un clin d'oeil - à préférer à "clignement" - concernant un mot ayant changé de sens : il s'agit d' Humoriste, qui, naguère, désignait un médecin soignant les humeurs, et s'applique maintenant à un ...plaisantin... Quand on vous dit que les français aiment les bons mots... comme ils détestent les Faux-culs qui autrefois désignaient seulement un ...accessoire de mode !...

 

 

Bibliographie:

- Jean-Claude Rimbault : Les disparus du 20ème siècle - Ed. du Temps

- François Rollin : Les grands mots - Ed. Plon

- Véronique Grousset : Article du Figaro-Magazine - 30 décembre 2006

 

      

   

      

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 19:37

   Pour inaugurer cette nouvelle catégorie consacrée à des mots peu usuels et souvent anciens du "vocabulaire", il est évidemment logique de commencer par la lettre A... Puissent les lecteurs y faire un peu "Attention" et ne pas les trouver trop..."Abstrus" !

- Ableret : Filet de pêche

- Aboulie : Absence ou disparition de la volonté

- Abot : Entrave pour les pattes des chevaux

- Abstrus : obscur ou abscons

- Acescent : qui devient aigre

- Ache : Céleri

- Aclinique : Inclinaison nulle

- Acrostiche : Poème où les initiales de chaque vers composent un nom

- Adent : Entaille sur une pièce de bois

- Adipose : obésité

- Adné : adhérent, qui est soudé

- Agénésie : Absence ou arrêt de développement d'un organe

- Agnat : Parent par les mâles - Antonyme : cognat

- Agrion : Libellule

- Aiguail : Rosée sur les feuilles

- Almée : danseuse égyptienne

- Alépine : Tissu de laine et de soie

- Amaurose : Perte complète de la vue

- Amer : substantif = point fixe sur la...mer

- Amict : Carré de toile sous l'aube d'un prêtre

- Amphibologie : Double sens - Ambiguïté - Equivoque

- Amylobacte : Bactérie produisant un acide

- Ana : Recueil de bons mots

- Analectes : Morceaux choisis d'un ou plusieurs auteurs - Anthologies

- Anamnèse : Renseignements du patient sur le passé de sa maladie

- Anhéler : Respirer difficilement

- Animadversion : critique - blâme

- Anosmie : Manque d'odorat

- Antonomase : Figure définissant les qualités sans donner de nom  ex: l'Apôtre des Gentils

- Apophtegme : Parole mémorable ayant valeur de maxime

Aperture : ouverture d'un organe ex : la bouche

- Archère : Meurtrière (de muraille)

- Arsin : Bois endommagé par le feu

- Artefact : Phénomène d'origine humaine, par opposition à phénomène naturel

- Assuétude : Dépendance envers une drogue

- Ataraxie : Sérénité - Tranquillité

- Atellanes : Petites pièces de théâtre

- Attrition : Regret d'avoir offensé Dieu  Cf : Contrition

- Aumusse : Fourrure de chanoine sur les bras

- Avulsion : Arrachement (d'une dent...)

- Axonge : Graisse fondue des animaux ex: saindoux pour le porc

 

A... suivre ou A...compléter...

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