Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:28

   Il en va des hommes comme des autres êtres de la nature ...Il y a des chats qui s'installent d'autorité sur leurs genoux, et d'autres qui sortent leurs griffes contre eux ...Il y a aussi des chiens qui les suivent à en être collants, et d'autres qui leur montrent les crocs à la moindre occasion...

 

   Dans l'Histoire, il en a été de même ...Il y a des prophètes qui, comme Jésus-Christ, ont invité les hommes à s'aimer les uns les autres ...et il y a ceux qui, au nom même de Jésus-Christ, se sont fait la guerre ...Il y a ceux qui, comme Napoléon 1er en 1802 ont voulu imposer la paix et se sont retrouvés sans cesse en guerre ...Il y a ceux qui, après une 1ère Guerre mondiale en 1914-1918, ont créé la Société des Nations, mais n'ont pas pu empêcher une 2nde Guerre mondiale ...Et après celle-ci, l'Organisation des Nations Unies a vu le jour, mais elle n'a pu éviter la multiplication des guerres locales, une nouvelle Guerre mondiale n'ayant pas eu lieu seulement par peur d'un désastre nucléaire ...Et il y a l'adage bien connu : "Si tu veux la paix, prépare la guerre"...

 

   Il en est de même dans le cas particulier de la France ...On ne répétera jamais assez qu'elle est "le pays des Droits de l'Homme", et, à ce titre, elle devrait donc donner l'exemple de "l'amour du prochain" ...Certes, elle a déjà été capable de mouvements charitables comme l'a rappelé la célébration récente de l'action de l'Abbé Pierre et des Pélerins d'Emmaüs ...Mais ce n'est pas un mouvement d'ensemble ...Comme le disait le Président Georges Pompidou en 1970, "les Français ne s'aiment pas" ...et ils ne se pardonnent pas ...On peut rappeler que, lors de la 2nde Guerre mondiale, les "collabos" ont traqué sans pitié les "Résistants" ...puis les Résistants - surtout de la dernière heure - ont traqué les "collabos" ...Une roue qui tourne sans fin...

 

   Et elle tourne toujours ...Ainsi, une majorité de Français s'était prise de sympathie, voire d'amour à tort ou à raison - , pour Nicolas Sarkozy en 2007 ...En 2012, une autre majorité ne pouvait plus le sentir ...Arrive François Hollande avec ses promesses ayant largement contribué à son élection ...La société française allait changer pour le bien de tous ...On allait enfin s'aimer ... Que nenni !...On renâcle contre le mariage pour tous dont l'expression même signifiait l'amour généralisé, ...on ne veut pas bloquer les avancements de fonctionnaires, qui sont pourtant l'expression de la gratitude, ...on s'indigne de la restriction des droits des cheminots à faire bénéficier leurs familles au sens large de la gratuité des transports, qui était pourtant la traduction d'un amour mutuel dans cette corporation ...On s'en veut et on se menace, comme les enfants à l'école : "Tu verras à la récré !" ...Bientôt , il va y avoir des élections ...et déjà , plutôt que de rechercher l'union en cette période de crise, il en est qui se hasardent imprudemment à dire : "Je sais ce que je vais faire à la prochaine consultation électorale"...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 23:51

   Il se trouve que la presse fait actuellement état des "traîtrises" ...à propos de l'espionnage américain qu'un transfuge abrité en Russie, Edouard Snowden, a révélé dans une interview au Guardian et au Spiegel ...Il s'agit, ni plus ni moins, de micros installés dans les instances bruxelloises afin de connaître la stratégie de l'Union Européenne dans les prochzines négociations commerciales ..."Procédé inacceptable", dit Laurent Fabius, le Ministre français des Affaires Etrangères, ...et la Ministre de la Justice, Christiane Taubira, en rajoute en parlant d'un "acte d'hostilité inqualifiable" ...Evidemment, ce n'est pas joli ...joli !...

 

   Mais, à la vérité, ce n'est pas un comportement nouveau, et on peut même dire que, comme le rire, la traîtrise est le propre de l'homme, à cette différence près que le rire traduit la joie, tandis que la traîtrise ne peut que susciter l'affliction...Des traîtres, il y en a eu de tous temps, comme le rappelle la revue Le Point (*), en évoquant des affaires légendaires ou véridiques de l'Antiquité à nos jours :

 

    - D'abord Judas, qui est même l'archétype du traître, au point que son nom en est devenu le synonyme ...On connaît le "baiser de Judas" qui désigne Jésus aux sbires venus l'arrêter ...Et il n'était pas le premier traître de la Bible, puisqu'il y avait eu Dalila ayant profité du sommeil de Samson pour lui faire raser les cheveux dont il tirait sa force...

 

   - Dans l'histoire romaine, Brutus, le fils adoptif de Jules César, le trahit sous prétexte qu'il veut instaurer la dictature et rétablir la monarchie ..."Tu quoque, mi fili !"...

 

   - Dans l'histoire moderne de la France, le noble Cinq-Mars se rebelle contre le Cardinal de Richelieu qui en avait pourtant fait le favori du Roi Louis XIII...

 

   - Et que dire, pendant la Révolution et le 1er Empire, de Fouché et de Talleyrand qui n'ont cessé de tourner casaque, le second étant même qualifié par Napoléon 1er de "M... dans un bas de soie"...

 

   - A la fin de la 2nde Guerre mondiale, l'ignoble Himmler, pourtant responsable des camps d'extermination, essaie de sauver sa peau en cherchant vainement à traiter avec les Américains ..."C'est la plus honteuse trahison de l'histoire de l'humanité" déclare avec emphase Hitler, un connaisseur...

 

   - Et, en France, depuis le début de la 5ème République, on ne compte plus les trahisons des partisans du Président en titre  ...Pompidou, qui se déclare prêt en 1969 à exercer la fonction avant que De Gaulle ne se soit retiré ...Chirac qui pousse Giscard d'Estaing à se présenter en 1974 pour torpiller la candidature de Chaban-Delmas représentant son parti ...et, ensuite qui ne fait rien, en désaccord avec lui, pour aider à la ré-élection de Giscard d'Estaing en 1981, facilitant ainsi l'élection de Mitterrand ..Ce dernier sabote ensuite la candidature de Michel Rocard aux élections européennes de 1994 en aidant Bernard Tapie ...Puis Balladur, "l'ami de 30 ans", qui présente sa candidature contre Chirac aux élections présidentielles de 1995 ...Et, en 2007, Sarkozy n'attend pas l'accord de son ancien modèle et patron Chirac pour présenter sa candidature ...Par un retour des choses, combien vont trahir ensuite Sarkozy en 2012, permettant l'accès du socialiste Hollande ...Et si Hollande reste au plus bas dans les sondages en 2017, n'aura-t-il pas des concurrents dans son propre camp ?...

 

   Ceci dit, il arrive que la traîtrise ne soit pas condamnable ...Le mensonge, qui en est une forme, peut parfois être nécessaire, pour cacher - par exemple - la réalité de sa maladie, voire l'éventualité de sa mort, à une personne manifestement incapable de les supporter ...Et qui osera dire qu'il n'a pas toujours été honnête avec lui-même, qu'il s'est menti pour ne pas affronter une difficulté ou reconnaître son erreur ...La vie n'est pas toujours simple, c'est le moins qu'on puisse en dire, et parfois on n'en comprend pas un ...traître mot !...

 

(*) Le Point - n° du 11 juillet 2013

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 23:16

   En France, comme dans le reste du monde, reviennent régulièrement des vents mauvais sous la forme de tentatives d'imposer la volonté d'un homme, d'un groupe, voire d'une ethnie, pouvant conduire à la privation de droits et parfois même à des massacres dont l'Histoire garde le souvenir, comme les massacres de populations dans le Moyen-Orient pendant l'Antiquité, l'anéantissement des civilisations précolombiennes au début des Temps Modernes, les pogroms répétés contre les juifs - notamment la Shoah au cours de la 2nde Guerre Mondiale ...Mais la France s'était elle-même tristement illustrée par l'épisode de la Terreur en 1793, dont l'un des épisodes les plus sanglants a été le "génocide vendéen" ...

 

   Ce "génocide" - terme contemporain peu approprié puisqu'il ne désigne pas une race, mais une population qui s'était alors révoltée en Vendée après l'exécution de Louis XVI - est évoqué par François-Régis Hutin dans son éditorial du 20 avril 2013 du journal Ouest-France pour expliquer comment il a alors été possible de passer de la violence au pardon et de parvenir ainsi à la paix :

 

Editorial

samedi 20 avril 2013

Le jardin du pardon

« Nous ne pouvons nous opposer à la violence que si nous y renonçons. » M. Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, rappelait ce mot de Lech Walesa qu'il avait invité, jeudi, aux Lucs-sur-Boulogne, là où, avec quelques milliers de personnes, il commémorait les terribles massacres qui y furent perpétrés.

 

On inaugurait le « Jardin du pardon » : 4 000 arbres plantés par la jeunesse des écoles, représentant les 4 000 prisonniers « bleus » républicains libérés par les Vendéens après la bataille de Fontenay. Lech Walesa empoigna une pelle et planta son arbre avec autant d'ardeur qu'il montra quand il animait Solidarnosc en lutte contre les forces qui brimaient les libertés polonaises. Mais cette ardeur, si elle fut particulièrement offensive, fut aussi non violente. L'idéal de liberté et de solidarité était l'émanation de « cette flamme fragile qui vacille dans la nuit la plus noire ». Cette flamme, c'est l'homme et son mystère, et comment pourrait-on faire grandir l'homme et l'épanouir si, pour y parvenir, on s'autorisait à recourir à la violence qui le détruit ?

Le combat de Walesa et de Solidarnosc, c'était le « combat contre la tentative prométhéenne de fabriquer artificiellement un homme nouveau », comme le dit Bruno Retailleau. Ce combat ne finit jamais. On l'a vu avec les totalitarismes du XXe siècle qui prétendaient faire le bonheur des peuples, au besoin malgré eux. On le voit aujourd'hui dans le monde, à travers les organisations technocratiques lorsqu'elles remettent en cause et menacent la liberté des personnes, y compris leur liberté de conscience.

Le pardon toujours aussi nécessaire

Dans ce combat, savoir respecter l'adversaire est une nécessité absolue. Après les blessures, cela appelle le pardon. C'est ce pardon qui fut évoqué aux Lucs-sur-Boulogne où l'on a rappelé le geste de Bonchamps, le chef vendéen mourant qui, le 27 mai 1793, fit épargner les prisonniers voués au massacre : « Je rendrai à leurs familles les pères qui leur sont nécessaires chaque fois que, par le sort des armes, ils tomberont en mon pouvoir. Jamais je ne serai barbare, tous les prisonniers trouveront en moi un ami, un protecteur ».

Pour parvenir à cette attitude, il fallait livrer un autre combat, intérieur celui-là, « contre la soif de vengeance ». « Et qui dira les murs de haine et de ressentiment qu'il faut abattre pour pardonner l'inexpiable ? », disait Bruno Retailleau qui citait aussi Hannah Arendt, philosophe juive allemande, durant la Seconde Guerre mondiale : « Le pardon est certainement l'une des plus grandes facultés humaines et peut-être la plus audacieuse des actions, dans la mesure où elle tend à l'impossible ¯ à savoir défaire ce qui a été fait ¯ et réussit à inaugurer un nouveau commencement là où tout semblait avoir pris fin. »

À partir de ce jardin du pardon, Lech Walesa s'adressait à quelques centaines de jeunes. Il les incitait à reprendre le flambeau pour aller de l'avant sur les chemins de l'humanisme. Il évoquait cette Union européenne que Solidarnosc a tellement contribué à transformer en abattant les murs qui la coupaient en deux, une Europe qui exige que l'on partage les valeurs profondes qui nous unissent. Et cette Europe justement est née du pardon que se sont donné les nations après s'être si violemment combattues. Le pardon toujours aussi nécessaire dans les affrontements d'aujourd'hui.

Oui, en Vendée, ces jours derniers, une grande leçon d'humanité nous fut donnée.

 

François Régis Hutin
   Une leçon qu'auraient dû retenir tous ceux qui sont responsables des guerres s'étant succédé pendant les deux siècles suivants - dont les deux Guerres Mondiales - et que peuvent méditer ceux qui, encore maintenant, attisent les rancoeurs au mépris de la paix  ...
Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 10:17

   Ainsi donc, le Président François Hollande, soucieux de redonner à la République Française un caractère exemplaire, a annoncé solennellement la présentation d'un projet de loi de "moralisation de la vie publique" dans les plus brefs délais ...Et, bien entendu, les citoyens français réputés honnêtes ne peuvent que souscrire à cette intention, après avoir déploré dans ce domaine la défaillance de son ancien Ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, maintenant voué aux gémonies et abandonné à son triste sort car il fallait assurément sacrifier le "bouc émissaire" pour sauver le reste du troupeau...

 

   Mais pour "moraliser", il faut évidemment avoir une "morale", c'est-à-dire, conformément à la définition du dictionnaire, un "ensemble de règles de conduite" ...Et déjà apparaît une difficulté ...En effet, la morale n'a cessé de changer au cours de l'Histoire, en fonction de l'évolution de la société ...Longtemps, elle est restée sous l'influence de la religion chrétienne, en application du célèbre "Décalogue" biblique, ...une application qui, d'ailleurs, donnait lieu à des interprétations diverses, à en juger par exemple avec l'opposition entre la "rigueur" des jansénistes et le "laxisme" des jésuites au 17ème siècle ou encore entre la "tradition" issue du Concile de Trente et la "libéralisation" apportée par le Concile Vatican II au 20ème siècle ...En son temps, le philosophe Pascal, dans ses "Pensées", ne se faisait pas d'illusion en affirmant que "la morale se moque de la morale"...

 

   Alors, si la morale est si friable, que dire de son application dans la "moralisation ? ...Manifestement ce paradigme n'arrête pas le Président François Hollande et son gouvernement, puisqu'après avoir décidé d'imposer une morale "laïque" à l'école, il veut désormais faire la leçon aux adultes, en application de ses 60 engagements, qui deviennent décidément un ..."Sexalogue" ! ...Certes, il ne s'agit dans l'immédiat que d'imposer aux hommes et aux femme "politiques" (ministres, parlementaires, élus locaux et responsables de services publics) une "déclaration de patrimoine" au début et à la fin de leur mandat, afin de s'assurer qu'il n'y a pas eu de collusion ou de fraude, comme dans le cas de l'ex-Ministre du Budget ...Le principe n'est pas contestable, mais est-il vraiment utile de rendre "publique" cette déclaration, c'est-à-dire de la jeter en pâture à la population qui n'est pas nécessairement raisonnable et avertie et peut se livrer alors à des comportements regrettables ?...D'ailleurs, des responsables de "droite" comme de "gauche" sont divisés sur ce sujet : d'un côté, Jean-Franois Copé parle de "voyeurisme" et Henri Guaino de "totalitarisme", et de l'autre Maryse Lebranchu fait part de sa "gêne" et André Chassaigne du Front de Gauche dénonce un "esprit malsain" ...Mais inversement, l'ancien 1er Ministre de l'UMP François Fillon s'est empressé de publier sa déclaration comme de nombreux députés socialistes, ...ce qui a valu à l'un d'eux, Vincent Feltesse, député et Président de la Communauté urbaine de Bordeaux, ayant fait connaître ses indemnités correspondantes de 8000 €, d'être insulté "comme un notable n'ayant rien à faire au P.S."...

 

   Par ailleurs, qui osera affirmer qu'au nom de la transparence et de la "contagion de la vertu" cette déclaration publique ne sera pas finalement imposée à tous les citoyens, avec poursuites en cas de refus ?...Déjà, certaines personnes, dans leur blog ou dans le courrier des lecteurs de divers journaux, la font connaître, et les "autres" risquent donc d'être soupçonnés d'avoir des choses à cacher, notamment d'être "riche", puisque chacun sait qu'on se cache souvent d'ête "riche", alors qu'on se vante facilement d'être "pauvre" ...Pour éviter tout soupçon, faudra-t-il tout dire, y compris révéler des opérations confidentielles, comme par exemple d'aider un parent chômeur ou simplement dans le besoin, quitte à le déconsidérer dans son quartier ?...

 

   Il y a pourtant un moyen simple de respecter le devoir civique de déclaration du patrimoine tout en sauvegardant son caractère confidentiel, c'est de recourir à une "Commission pour la transparence des déclarations" ...qui existe déjà pour le monde politique, mais sans pouvoir réel ...et de la généraliser avec des personnes assermentées aux divers niveaux de l'administration des finances publiques, en renforçant ses moyens, notemment en lui donnant la possibilité de saisir directement les services fiscaux, voire en lui conférant un pouvoir d'injonction, ...les citoyens, au nom de leur bonne foi ou de la présomption d'innocence, gardant, quant à eux, la possibilité de faire appel au "Médiateur", s'ils ont l'appui nécessaire d'un parlementaire ... Et cette Commission pourrait aussi être habilitée à dénoncer le comportement de journalistes toujours prêts à "vendre du papier" pour faire des "scoops", déshonorant parfois d'honnêtes citoyens, même si ceux-ci sont finalement innocentés...

 

   Non, vraiment, il n'y a pas besoin de "loi de moralisation" ...Il y a mieux à faire dans un pays comme la France, en proie à des difficultés économiques et sociales restant toujours sans solution avec un Président manquant manifestement de l'autorité nécessaire, ce que l'opinion traduit clairement par une chute vertigineuse dans les sondages moins d'un an depuis son élection ...C'est ...la "morale" de l'Histoire !...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 15:29

   Ainsi donc, sur le sujet du mariage qui relève pourtant du comportement privé, se développe actuellement un débat public qui tourne à l'affrontement entre les partisans et les adversaires de son élargissement aux couples homosexuels.

 

   Une fois de plus, l'éditorialiste du journal Ouest-France, François Régis Hutin, apporte le 12 janvier 2013 une analyse intéressante des problèmes que pose un tel débat :

Editorial

samedi 12 janvier 2013

Mariage homosexuel ?

Voici donc notre pays placé dans une grande tension, comme il arrive de loin en loin sur des questions fondamentales de société. Il s'agit non pas du mariage pour tous car chacun sait que cela est impossible. Même s'il arrive que l'amour puisse être immense entre deux êtres consanguins, la société interdira leur union...

Il s'agit du mariage homosexuel. Il avait déjà été refusé, voici neuf ans, quand fut instauré le Pacte civil de solidarité (Pacs), qui devait suppléer à cette revendication déjà présente.

Cependant, il avait été, heureusement, jugé nécessaire de reconnaître et de garantir le droit que faisaient valoir les personnes désireuses de partager étroitement leur destin et d'organiser la sécurité de leur vie commune. Le Pacs s'est développé, semble-t-il, avec satisfaction : 904 746 personnes, dont 63 609 du même sexe, y ont souscrit entre 2000 et 2010.

À l'époque, il avait bien été précisé par la ministre socialiste qui défendit ce projet à l'Assemblée nationale qu'il était dissocié de la famille, définie d'ailleurs remarquablement par Mme Guigou : « Une famille, ce n'est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C'est l'articulation et l'institutionnalisation de la différence des sexes. C'est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C'est aussi la promesse et la venue de l'enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n'a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous. »

Aujourd'hui, une étape considérable est sur le point d'être franchie, celle du mariage homosexuel avec toutes ses conséquences. En effet, la ministre de la Justice, Mme Taubira, a déclaré à Ouest-France le 17 novembre : « C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation. Nous n'avons pas l'intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le Code civil... ». Les évêques de Normandie précisaient, en octobre, qu'il s'agissait à leurs yeux d'une « rupture de civilisation ».

Enjeu considérable

La ministre, garde des Sceaux, en appelle en l'occurrence au sens de l'égalité... « Nous voulons permettre à tous ceux qui le souhaitent d'avoir accès aux trois façons de faire couple dans la société : le concubinage, le Pacs, le mariage. » Le théologien Xavier Lacroix précise (1) : « La discrimination consiste à ne pas accorder les mêmes droits dans des conditions similaires. Or, face à la procréation, les couples homosexuels ne sont pas dans la même situation que les couples hétérosexuels. »

C'est cela qui conduit, au nom de l'égalité, à la revendication par les couples homosexuels de l'adoption, de la procréation médicalement assistée (PMA), voire de la gestation pour autrui (GPA). Mais alors, il y aurait discrimination envers l'enfant, si la loi donne suite à ces revendications car « l'enfant sera dès lors privé des biens élémentaires que sont un père et une mère » (1).

Le danger est là car « lorsqu'on légifère sur la famille, on légifère aussi forcément sur l'enfant... », disait Mme Guigou qui, par ailleurs, est aujourd'hui favorable au mariage homosexuel et à l'adoption par les couples concernés. « Je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l'enfant... Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l'enfant comme source de bonheur individuel. »

Rien qu'à travers ces quelques réflexions, on constate que le mariage n'est pas seulement la reconnaissance ou la célébration sociale de l'amour. « Le mariage structure fondamentalement la société dans son présent, son passé, son avenir. » (2) Il est une institution et pas seulement un contrat comme le précise Gilles Bernheim, Grand rabbin, « ce n'est pas uniquement la reconnaissance d'un amour. C'est l'institution qui articule l'alliance de l'homme et de la femme avec la succession des générations. C'est l'institution d'une famille, c'est-à-dire d'une cellule qui crée une relation de filiation directe entre ses membres ».

Or, la filiation dans un couple homosexuel est « brouillée » alors que « l'enfant a besoin d'une généalogie claire et cohérente pour se positionner en tant qu'individu... Avec le mariage homosexuel, le risque de brouiller la chaîne des générations est immense et irréversible » (3).

On le voit, les enjeux du mariage homosexuel sont considérables et dépassent infiniment la question homosexuelle elle-même. « Les changements sociologiques en ce domaine paraissent superficiels par rapport à une réalité anthropologique qui demeure », écrit Xavier Lacroix (1).

Bien évidemment, il ne s'agit nullement d'homophobie que de se livrer à ces analyses. Il s'agit simplement de rappeler l'adage « qui ne distingue pas confond » parce que la confusion ne permet pas de construire du solide. Cela ne signifie pas que ne doivent pas être prises en compte les questions posées par les couples homosexuels. C'est pourquoi des propositions ont été avancées d'aller au-delà du Pacs, vers ce que certains dénomment l'union civile qui permettrait d'assurer aux couples homosexuels leur sécurité et leur reconnaissance, sans pour autant toucher à l'institution du mariage considérée « comme l'un des fondements de notre société ».

 

 

 

(1) Le Monde, 27 octobre 2012.

(2) Lettre d'un groupe de lecteurs de Loire-Atlantique, 16 décembre 2012.

(3) Gilles Bernheim, Grand rabbin de France


François Régis HUTIN.

     L'idée fondamentale de cette analyse est que, faute d'unanimité ou du mois d'un large accord des Français, la meilleure solution est de retirer cette question de l'ordre du jour de l'Assemblée, comme le suggèrent d'ailleurs des représentants de tous les partis politiques, en dépit des consignes favorables ou défavorables de ceux-ci ... Car il ne doit y avoir aucune honte à renoncer - au moins provisoirement - à un projet qui divise le pays ...Certes, il s'agit du 31ème engagement de François Hollande, alors candidat à la Présidence de la République, suivant lequel (il) "ouvrirait le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels" ...et on ne peut donc lui reprocher de vouloir lui donner suite, alors qu'il est devenu Président ...Mais ses engagements ne sont tout de même pas des paroles ...d'évangile, d'autant moins que lui-même a solennellement affirmé, en conclusion de ses 60 engagements, juste avant sa signature (page 39 de son opuscule) : ""Républicain, je veux rassembler toute la France " ...Manifestement, ce n'est pas le cas ...Alors ?...
Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 16:21

   Autant qu'on puisse en juger par les témoignages de l'Histoire, l'intolérance est une caractéristique sans cesse renaissante des sociétés humaines, dans la mesure où celles-ci supportent difficilement, voire persécutent et font même parfois disparaître ceux qui ne respectent pas les règles qu'elles ont établies ...C'est ainsi que Jésus-Christ a été crucifié pour avoir enfreint la Loi juive, ...avant que l'Eglise chrétienne elle-même devenue dominante persécute à son tour les juifs ...et, plus tard, les "protestants" dans les Guerres de Religion ...Il faut attendre Henri IV en France pour parvenir à une politique de tolérance, d'ailleurs relative, avec l'Edit de Nantes (1598), qui fut certainement une des causes de son assassinat (1610) et fut si peu respecté que Louis XIV, après des persécutions - les "dragonnades" - prononça sa révocation (1685) ...Et, au 18ème siècle, se produit une nouvelle inversion : cette fois, ce sont les "Philosophes" qui combattent l'Eglise (Voltaire : "Ecrasons l'infâme"), avant que la Révolution de 1789 ne s'en prenne au Clergé ...Napoléon 1er a beau imposer la paix religieuse par le Concordat (1801), "l'Union du Trône et de l'Autel" profitera à nouveau à l'Eglise, jusqu'à ce que la Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905) par la "gauche" radicale ne lui retire ce rôle, loi toujours en vigueur même si elle a été élargie aux autres cultes et a été amendée par la Loi Debré (1959) accordant la possibilité de subventions publiques à l'école dite "libre"  ...Après tant de tergiversations, on pouvait espérer que la paix des consciences serait définitivement assurée, et ceci d'autant plus qu'en raison de "l'individualisation" des croyances, l'influence de l'Eglise a reculé...

 

   Dans ces conditions, on ne peut qu'être consterné par la déclaration du Ministre de l'Education Nationale Vincent Peillon s'en prenant au Secrétaire de l'Enseignement catholique Eric de Labarre qui avait adressé  le 12 décembre 2012 une lettre aux 8500 chefs d'établissement de son obédience leur demandant de "prendre les initiatives qui leur paraîtraient les plus appropriées pour permettre à chacun l'exercice d'une liberté éclairée", ce qui n'avait rien d'excessif de la part d'un organisme proche de l'Eglise attachée au dogme la la famille traditionnelle comprenant le père, la mère et les enfants ...En effet, le Ministre, "faisant appel à la retenue et à la neutralité au sein de tous les établissements" a cru devoir recommander "la plus grande vigilance à l'égard des conditions du débat légitime qui entoure le mariage pour tous ...notamment dans les établissements privés sous contrat d'association. Le caractère propre de ces établissementsne saurait leur permettre de déroger au strict respect de tous les individus"...En clair, sous prétexte de "neutralité", il laisse entendre que critiquer le "mariage pour tous" revient à faire le lit de 'l'homophobie", et que, comme celle-ci est un délit, tout "critique" est un "délinquant" en puissance, ...ce qui est d'autant plus injuste que les organisateurs d'une manifestation prévue le 13 janvier 2013 contre le "mariage pour tous" se sont clairement opposés à toute "homophobie", sachant pertinemment que l'homosexualité a toujours existé et s'étant désolidarisés des groupes minoritaires persistant dans un condamnation de cette pratique ...Cette attitude du Ministre est d'autant plus surprenante qu'il avait lui-même auparavant appelé à la ré-introduction d'une "morale à l'école" pour "contribuer à former la conscience des futurs citoyens" ...La liberté de conscience est-elle le seul apanage de la laïcité ? Celle-ci est-elle pour le Ministre re-devenue une "anti-morale religieuse", alors qu'elle est au contraire l'ouverture à toutes les opinions et croyances sans discrimination ?...

 

   Est-ce ainsi que le gouvernement, et le Ministre de l'Education Nationale en son nom, va parvenir à "rassembler tous les Français", comme l'avait proclamé avec justesse François Hollande, après son élection à la Présidence de la République ?...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:09

   Une fois de plus - car il s'agit d'un problème récurrent - la notion de responsabilité est mise en cause par la justice à l'occasion concomitante de deux évènements tragiques, ainsi que le souligne François-Régis Hutin dans son éditorial du journal Ouest-France du 17 novembre 2012 

 

   - l'un se situe en Italie à propos d'un séisme dans les Abruzzes :


      "Six ans de prison ferme, neuf millions d'€ de dommages et intérêts à verser aux parties civiles, interdiction de travailler pour l'administration : telle est la lourde condamnation qui a frappé, en octobre dernier,sept experts de la commission italienne des grands risques.
   En 2009, un tremblement de terre avait ravagé les Abruzzes, entraînant la mort de 309 personnes. Il est reproché aux experts de n'avoir pas prévu la catastrophe, d'avoir fourni des informations inexactes, incomplètes et contradictoires sur ces secousses qui se succédaient depuis plusieurs mois et inquiétaient les habitants. Ces scientifiques se montraient même rassurants. Cependant, le drame survient, privant des milliers de personnes de leurs habitations.

   On comprend la souffrance des habitants et leur ressentiment. Mais se pose une question : est-il possible de prévoir un tremblement de terre à quelques jours près ? Non, répondent les scientifiques qui estiment, de plus, qu'en Italie, ce risque est permanent. Leur condamnation a fait réagir la communauté scientifique et tous les membres de la commission ont démissionné.

   Le président de la commission a estimé qu'un tel verdict, "c'est la mort de la collaboration entre l'Etat et les scientifiques". Ceux-ci ne sont plus en mesure de travailler sereinement. Ceux qui seront chargés d'analyser les prévisions de risques seront enclins à multiplier les alarmes à la moindre occasion, semant ainsi la panique dans la population. Or on ne peut prévoir ni exclure le risque de séisme...

 

   - l'autre se situe en France à propos d'un meurtre commis par un malade :

 

   "Mais voici qu'en France, ces jours derniers, un problème de même nature est abordé : Il s'agit d'une psychiâtre qui se retrouve sur le banc des prévenus. Elle est poursuivie pour homicide involontaire, après un meurtre commis par un de ses patients. Le procureur a requis contre elle un an de prison avec sursis. Cinq syndicats la soutiennent car sa responsabilité, à leurs yeux, "apparaît pratiquement nulle"..."Les psychiâtres ne sont pas des policiers", estiment-ils...

   La psychiâtrie n'est pas une science exacte. Une condamnation serait une pression qui finirait par transformer les psychiâtres en "gardiens de l'ordre public". On veut désormais que le médecin évalue la dangerosité. Dans ces conditions, "le médecin n'aura donc plus à faire un diagnostic, mais un pronostic", ce qui pousse l'Académie de Médecine et le Conseil National des Compagnies d'experts en justice à dénoncer "l'utopie du risque zéro"...

 

   C'est bien ce désir de sécurité qui sous-tend ces verdicts et ces réquisitoires. Dans notre monde aseptisé, policé, régulé, organisé, on voudrait se soustraire à tout danger. S'il survient, on rechercha aussitôt la cause, ce qui est normal. Mais on va plus loin, en s'efforçant de découvrir l'auteur de l'accident. Il nous faut un coupable. Ce fameux "bouc émissaire" que l'on peut frapper pour se soulager de sa peur et de sa colère. Ces drames sont, en effet, affreux. Mais le pire est souvent de se donner bonne conscience et de se rassurer en accusant et en condamnant même ceux qui s'efforcent de veiller pour épargner, autant qu'ils le peuvent, les dangers qui nous menaceront toujours".

 

   Au nom de l'équité, on ne peut que souscrire à cette conclusion, et ceci d'autant plus que la justice, notamment en France, devrait d'abord "balayer devant sa porte" en raison des erreurs qu'il lui arrive de commettre et de l'impunité de fait des magistrats ...Mais on peut aller plus loin encore car la justice, si elle recherche à tout prix le "bouc émissaire", devrait au moins faire la différence, en matière de responsabilité, entre celle qui est commise "à titre personnel" (ex : un viol commis en profitant d'une supériorité hiérarchique) et doit être sanctionnée "ad hominem", ...et celle qui relève d'un organisme ou de la collectivité "au nom desquels une personne a agi", et, dans ce cas, ne pas la sanctionner personnellement au civil comme au pénal, car il appartient alors à cet organisme ou à cette collectivité de prendre elle-même les dispositions jugées utiles...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:41

   Tout citoyen, dans une démocratie, a le droit de s'exprimer, mais il a aussi le devoir de s'exprimer avec sincérité, sans chercher à moduler son opinion en fonction des circonstances...

 

   Cette sincérité dans l'expression devrait être exemplaire dans le domaine de la politique, puisque celle-ci est dans le sens le plus courant l'art de gouverner la société ...Malheureusement la politique est souvent pratiquée dans son sens péjoratif qui est celui du calcul intéressé, à l'opposé de la sincérité...

 

   La presse en donne un témoignage d'autant plus irréfutable qu'il est à peu près le même, quel que soit le courant d'opinion :

 

   - Le "Nouvel Observateur" du 25 octobre 2012 déplore sous la signature de Sylvain Courage que "le gouvernement peine à trouver ses marques tant avec l'opinion qu'avec sa majorité" et il cite le propos du député socialiste Christian Eckert, rapporteur du budget : "Je découvre avec surprise le poids des lobbys, la multiplicité des lieux de décision,le rôle de la presse, le jeu complexe des ministres et de leurs cabinets, les relations entre le Parlement, les Ministères, Matignon et l'Elysée" ...On ne saurait mieux exprimer le manque de clarté, donc de sincérité...

 

   - Le journal "Ouest-France" du 29 octobre 2012 publie l'analyse de Michel Urvoy dans son éditorial : "En démocratie, il ne suffit pas de disposer de tous les pouvoirs pour avoir tout le pouvoir. L'opinion, les syndicats, les médias, l'opposition, le Conseil Constitutionnel, les fonctionnaires du ministère des Finances, les désaccords internes sont autant de vigiles de l'action publique"...et il insiste sur la nécessité de relais dans la société ..."des relais ? Le Parti socialiste est d'abord une formation d'élus, qui s'est éloignée au fil du temps, du monde associatif, des milieux intellectuels et culturels, de la sphère universitaire, des syndicats ouvriers . Autrement dit, éloignée du vécu des uns et des solutions des autres. Une machine qui ne se remet en marche qu'à la veille des élections...Les corps politiques intermédiaires, pourtant, n'ont jamais été aussi nécessaires. L'exigence de la réponse immédiate et la puissance des revendications catégorielles, décuplées par l'Internet, rendent très difficile la compréhension des problèmes et l'appréhension de leurs solutions" ...Ce qui revient à dire que l'opinion se perd dans les méandres d'une expression confuse...

 

   - Le journal "La Croix" du même jour évoque, par le billet d'Alain Rémond, comment il est possible "d'instrumentaliser" l'émotion : "C'est décidément un drôle de métier que celui de Président de la République. Ecrasé de contraintes, économiques et politiques, tiraillé entre l'exigence de nous dire la vérité et la crainte de sombrer dans l'impopularité, corseté par un agenda dévoreur de temps, il lui faut parvenir, envers et contre tout, à préserver sa liberté, sa capacité de décision, en son âme et conscience. Et voici que je découvre, en lisant une enquête du "Monde" sur l'équipe qui entoure François Hollande, une contrainte supplémentaire, à laquelle je n'avais pas pensé ...A propos de la nécessité, ou pas, de réagir à des faits divers particulièrement tragiques, un conseiller s'interroge : "A quel moment doit-il manifester de l'émotion ?" . ..Question légitime, s'il s'agit d'éviter d'instrumentaliser le moindre fait divers, entre cynisme et démagogie. Mais quoi de plus intime, de plus personnel, de plus spontané que l'émotion ? J'imagine la réunion : "Soyez ému, Monsieur le Président, c'est le moment !"...Comme on dirait, sur un plateau de cinéma "Emotion présidentielle, première ! ça tourne!" ...Ah, pauvres de nous...

 

   Pauvres, nous ?...Vraiment ?...alors que la liberté d'expression est un trésor - hélas - trop souvent oublié...

 

 

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 23:44

   Ainsi donc, le gouvernement a décidé de présenter le 31 octobre 2012 en Conseil des Ministres un projet de loi autorisant le mariage homosexuel et lui ouvrant la possibilité de l'adoption d'enfants.

 

   Cette décision appelle une remarque préliminaire : alors qu'il s'agit d'un sujet "sensible" ayant déjà suscité de nombreuses polémiques, aucun débat n'a été préalablement organisé, sous prétexte de simple mise en oeuvre de la 31ème proposition de François Hollande lors de sa campagne électorale ("J'ouvrirai le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels"), son élection en mai 2012 suffisant à justifier sa mise en pratique ...Autrement dit, c'est l'application d'un principe "d'autorité" de la part d'un parti qui, détenant "maintenant" tous les pouvoirs, oublie le principe de "démocratie"...

 

   Pour ouvrir néanmoins le débat - même s'il n'a aucune chance d'être entendu - il convient d'en définir d'abord la portée, afin d'éviter toute ambiguïté :

   - d'une part, il n'est en aucune façon question de mettre en cause l'homosexualité qui est un comportement "naturel", certainement aussi ancien que l'humanité et ayant même été admis et pratiqué au cours de l'Histoire dans certaines communauté et civilisations ...On peut seulement signaler que ce comportement, pouvant être dû à une évolution particulière de l'embryon, a toujours été le fait d'une minorité de personnes, puisque le comportement de la majorité "hétérosexuelle" reste le rapport entre "homme" et "femme", dont la constitution physique est complémentaire.

   - d'autre part, il faut souligner que le mariage n'est pas un comportement naturel, puisqu'il a une origine "sociale" ...Il n'a pas toujours été pratiqué, et il ne s'est imposé dans l'Histoire que pour des raisons surtout matérielles, marquées d'ailleurs le plus souvent par la domination de l'homme sur la femme, pouvant aller jusqu'à la polygamie, le côté "sentimental" de l'amour étant le plus souvent secondaire ...En fait, le mariage "monogame" d'un seul homme avec une seule femme a surtout résulté, dans le monde occidental, de l'action du christianisme dans ses divers aspects (Eglise catholique, Orthodoxie, Protestantisme), ayant le souci d'instituer un cadre "familial" avec un "père"et  une "mère" assurant "conjointement" la nourriture et la protection des enfants ...Ce n'est que tardivement que le mariage religieux a été doublé par le mariage civil "ayant force de loi", certains couples agnostiques pouvant d'ailleurs se limiter à celui-ci, ...mariage civil étant généralement accompagné de dispositions matérielles comme un "contrat de mariage" ou des instructions concernant la filiation, notamment en cas de stérilité ou d'adoption d'enfant(s)...

 

   Le mariage hétérosexuel est donc une "tradition" reconnue dans la société ...Et cette union est si bien reconnue comme telle qu'elle n'est confondue ni avec l'union libre - appelée vilainement "concubinage" - ni ,en France, avec le Pacs qui a été institué sur le plan civil   afin d'officialiser l'union de personnes voulant bénéficier de "droits" (au demeurant insuffisants) sans recourir au "mariage"  jugé inutile ou suranné en fonction de leurs opinions personnelles ...Il serait donc logique et suffisant que les couples homosexuels voulant officicialiser leur union recourent au Pacs (aménagé, notamment pour eux), et non au "mariage" ...

 

   ...Car le recours des homosexuels au "mariage" suscite des difficultés : il n'est évidemment pas question pour l'Eglise de l'admettre, même si elle fait preuve depuis le Concile Vatican II d'une plus grande compréhension en acceptant de "bénir" sans "consacrer", et elle d'ailleurs déjà fort à faire pour règler le problème des prêtres tentés par ce comportement en raison de leur célibat ...Mais le problème se pose aussi pour l'autorité civile : des maires de tous courants politiques (*) ont en effet manifesté leur inquiétude et souhaitent, en considération de leur morale personnelle, que le projet de loi soit assorti d'une "clause de conscience" leur mettant de ne pas être obligés de célébrer des mariages homosexuels, à l'instar des médecins faisant valoir cette clause pour l'euthanasie et l'interruption volontaire de grossesse ...Or la réponse de la porte-parole du gouvernement (**) est seulement de "juger cette clause impossible", sous prétexte qu"chacun est censé connaître et appliquer la loi, et cela vaut notamment pour ceux qui ont été élus", ...et ajoute même que, "si les membres d'un conseil municipal refusaient de célébrer ce mariage, ils s'exposeraient à des poursuites : 5 ans d'emprisonnement et 75.000 € d'amende " !... Dans le genre de la concertation, après avoir déjà évité un débat, on fait mieux !...

 

   Mais le problème est encore plus grave en ce qui concerne l'adoption d'enfant(s) ...Car il n'est plus alors question seulement de rapports entre deux adultes qui se comportent en toute liberté et assument leur responsabilités , ...il s'agit d'une disposition mettant en cause un "tiers" qui est une personne innocente et sans défense , à savoir l'enfant !... Certains bons esprits, conscients du problème, l'écartent néanmoins en affirmant que les enfants adoptés par des couples homosexuels - pouvant d'ailleurs être ...des enfants biologiques d'un(e) des partenaires - trouvent les mêmes conditions d'épanouissement que les enfants de couples hétérosexuels ...Cela n'est aucunement prouvé, et il paraît au contraire évident qu'ils ne trouveront pas nécessairement le même équilibre qu'avec un "père" et une "mère" ...

 

   Et le problème peut encore s'élargir, puisque le Premier Ministre vient de déclarer que "le gouvernement était prêt à travailler à une loi complémentaire qui pourrait être une loi sur la famille et qui permettra de poursuivre le débat  sur les questions de l'autorité parentale, la procréation médicalement assistée, l'adoption conjointe pour des couples non mariés et du droit des tiers" ... Où va-t-on ? ...Vers une déstructuration de la société où il y aurait le "mariage pour tous" et "des enfants "n'importe où", au nom d'un égalitarisme totalitaire ?...

 

(*) Daniel Delaune (divers gauche)

     Xavier Lemoine (Chrétien-démocrate)

     Jacques Bompard (Extrême-Droite)

(**) Najah Vallaud-Belkacem (socialiste)

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 11:01

      Le Ministre de l'Education Vincent Peillon a suscité de la surprise en annonçant récemment son intention d'introduire des cours de "morale laïque" à l'école ...De la surprise, mais non de l'hostilité, ...au contraire, car le plus grand nombre des Français, et notamment les "acteurs" de l'école - administrateurs, enseignants, parents, et les élèves eux-mêmes - déplorent sa crise actuelle et ne peuvent qu'approuver toute mesure susceptible de lui rendre la qualité  qui lui valait encore au milieu du 20ème siècle l'un des premiers rangs dans le monde...

 

   Il convient néanmoins de s'entendre sur les termes, qui peuvent prêter à confusion. L'évocation de la "morale" renvoie à sa définition, et celle-ci a évolué avec le temps : elle a d'abord été associée à la religion comme une "science du bien et du mal" - à l'image du Décalogue de la Bible - avant de s'élargir à partir du 18ème siècle à la nécessité de "règles de conduite" dans la société ...Et, à ce titre, elle apparaît dans l'école primaire fondée en 1881 par Jules Ferry, qui la qualifie de "laïque" au sens de l'indépendance à l'égard de toute doctrine religieuse ou philosophique ...et non pas de "l'anti-religion" prônée par les adversaires systématiques de l'Eglise surnommés des "laïcards" ...C'est ainsi que les instituteurs issus du peuple - les "hussards noirs de la République" - ont pu inscrire chaque matin une maxime de "morale", à la craie blanche sur le tableau noir, pour l'édification de leurs élèves, qui la recopiaient sur leur "cahier du jour"... avec les "pleins" et les "déliés" d'un porte-plume "sergent-major" trempé dans l'encrier de leur table bi-place disposée dans une rangée, au sein d'une classe où devait régner le silence ... Bien entendu, il s'agissait de morale "laïque" du genre "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" ..."La sagesse n'est que dans la vérité " ..."La loi est dure, mais c'est la loi ..."La tolérance est mère de la paix",... etc...

    En fait, l'Eglise gardait son influence, car beaucoup d'élèves allaient aussi au "catéchisme" - le jeudi (puis le mercredi...) lui étant réservé - et, dans une certaine mesure, la "leçon de morale" à l'école en était une copie ...Quant à l'enseignement secondaire, il a toujours connu "l'instruction civique" qui, comme l'expression l'indique, est une "morale du citoyen", le plus souvent confiée d'ailleurs aux professeurs d'histoire censés en connaître dans ce domaine plus que les autres...

 

   Le problème est que cette morale devenue coutumière a été bouleversée  lorsque le système scolaire - que les responsables n'avaient pas su adapter à la prolongation de la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans décidée par l'ordonnance du 6 janvier 1959 sous la présidence de Charles De Gaulle - a éclaté, à l'instigation "d'apprentis sorciers" ayant prétendu instaurer la "primauté" de l'élève et la satisfaction prioritaire de ses besoins, ruinant ainsi, et pour longtemps l'autorité des maîtres ..."Il est interdit d'interdire" ..."L'imagination au pouvoir" ..."Du passé, faisons table rase" ...etc ...etc ...Ils prétendaient instaurer une école "démocratique", comme si les élèves étaient des adultes, alors qu'ils n'étaient à l'école que pour apprendre justement à le devenir, et que le pire service à leur rendre était de les traiter comme tels ...Car, par définition, un élève ne peut pas être l'égal du maître, même s'il est légitime qu'il veuille le devenir par l'éducation ..Et inversement le maître ne doit pas se comporter comme l'égal de l'élève par des manifestations de "jeunisme" dans le costume ou le propos ...

 

   C'est pourquoi l'introduction d'une "morale laïque" par le Ministre actuel de l'Education peut être jugée positive ...Mais il convient qu'elle ne soit pas le fait d'une seule décision de sa part, et qu'elle soit élaborée dans le cadre d'une concertation la plus large possible, c'est-à-dire non pas seulement auprès des "acteurs" de l'Education, mais auprès de tous les citoyens...Comme l'avait dit naguère Georges Clémenceau à propos des militaires , l'Education est une chose trop sérieuse pour être confiée à ses seuls "acteurs" ...D'abord il faut évidemment éviter le retour pur et simple à la morale "d'autrefois", car les élèves ont changé, étant maintenant sollicités par toutes sortes d'informations, alors qu'au siècle dernier l'essentiel de leur formation se faisait à l'école ...Ensuite il est souhaitable de ne pas considérer que les élèves trouveront tout seuls les "valeurs" indispensables dans la société comme  la "connaissance", ou  la "solidarité" de plus en plus nécessaire dans un contexte de plus en plus tourné vers "l'individualisme" ...Car la "morale laïque" doit rester "sociale" ..., ce qui exclut toute prétention à donner des "conseils de vie" au sens de la "vie privée" - , qui pourrait aboutir à des abus incontrôlables comme une "morale sexuelle" ou une "morale du plaisir" ...ou encoreune "morale de la vertu"...

 

   Il suffit, et c'est déjà beaucoup, de s'en tenir aux "Droits de l'Homme", que la France peut s'honorer d'avoir naguère proclamé à la face du monde...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article