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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 23:52

    Bien que le soleil ne soit pas de la partie sur une grande partie de la France - en dépit de l'arrivée officielle de l'été au solstice du 21 juin - il est permis de se mettre en vacances et d'abandonner pour une fois les sujets sérieux, même s'il y en a dans l'actualité, peu intéressants, il est vrai...

 

   Pourquoi alors ne pas s'intéresser aux animaux qui, somme toute, font partie de la faune comme les hommes, même si ceux-ci considèrent qu'ils y sont les plus évolués, au nom d'une intelligence qu'ils s'attribuent de façon contestable, à en juger par leurs ...âneries depuis des temps immémoriaux...

 

   Car cette supériorité peut être mise en doute si on prend l'exemple - parmi d'autres - du chat ...Oui, du chat ...Plaisanterie, semble-t-il, puisqu'il est un animal domestique des hommes ...Eh bien, non ! Car, s'il vit le plus souvent avec les hommes, il n'est pas vraiment leur domestique, pour toutes sortes de raisons :

 

   - Le chat est un solitaire, à la différence du chien, qui se plaît en meute. En liberté dans la nature, il chasse seul les souris ou les oiseaux, ...et, s'il est confiné dans un appartement, il trouve toujours une occupation discrète, ne serait-ce que de s'en prendre à une mouche ...S'il est en compagnie d'autres chats, il est obligé de cohabiter, mais c'est chacun pour soi...

 

   - Le chat est casanier . Il a ses habitudes ...pour manger dans "sa" gamelle, toujours un peu, mais pas trop ...pour boire par succion dans un verre qui lui est réservé ...et pour faire ses besoins dans une litière ou, à défaut, dans un pot de fleurs !...Et il a horreur des déménagements qui le contraignent à changer ses habitudes ...

 

   - Le chat est propre ...Pour un oui ou pour un non, il se lèche longuement jusqu'aux endroits les plus inaccessibles, au prix de contorsions ...Il déteste que sa litière soit près de sa gamelle, car on ne prend pas - c'est connu, tout de même - ses repas dans un W.C...

 

   - Le chat aime jouer ...La preuve en est que l'homme aime s'amuser comme un chat avec la souris ...Il ne se lassera pas de relancer une petite balle ou un bouchon suspendu à un radiateur ...ou de s'escrimer à rattraper une boulette sous un meuble...

 

   - Le chat est curieux ...Quel plaisir, n'est-ce pas, de regarder à travers une vitre la gent humaine qui s'agite, les autos qui passent, ou la pluie qui tombe  ...Peut-être est-ce l'envie de mieux voir le monde qui le pousse à se percher dans les arbres - on a lu les contes - malgré la difficulté à en redescendre...

 

   - Le chat est câlin ...Il recherche volontiers la caresse, et il montera délibérément sur les genoux de celui qui se croit son maître, car c'est lui qui décide ...Et il ne dédaignera de donner un  petit coup de griffe ou de croc, si on ne le laisse pas tranquille...

 

   - Le chat aime faire le fou, à l'occasion... Il a son "grain de folie", en montant au sommet d'un meuble ou en s'enfonçant dans un vase dont il ne peut plus sortir ...Mais, dans tous les cas, il a l'art de se glisser sans casser, les pattes arrière se mettant sans erreur à la place des pattes avant...

 

   - Le chat est un émotif, et il fait connaître ses réactions en dressant ou abaissant ses oreilles, ...et en traînant la queue ou au contraire en la dressant et parfois en l'ébouriffant ..Il se met volontiers sur le dos en s'étirant pour montrer sa jouissance de la vie...

 

   - Le chat miaule, mais il utilise toutes sortes de tonalités et ses "miaous" ne sont pas les mêmes selon qu'il a faim, qu'il veut sortir ou qu'il n'est pas content ...et si décidément il est furieux ou jaloux, ou s'il a peur, il feule, avec des mimiques significatives ...S'il est content, il ronronne...

 

   - Le chat est un petit Poucet ...Il a ses repères partout ou il vit, en déposant ses cartes de visite avec un peu d'urine ou des secrétions, car on fait avec ce que l'on a ...C'est sa manière à lui de prendre possession de l'endroit où il se trouve...

 

   - Le chat a de toutes façons une perception particulière, comme s'il avait un "6ème sens"...On connaît l'histoire de ces chats oubliés lors d'un voyage ...et capables de retrouver une maison...S'orientent-ils en fonction du Nord magnétique ?...


   - Le chat est possessif ...tout en étant indépendant ...Il est capable de suivre un homme partout, montant ou descendant les escaliers derrière lui, ou sautant sur la table pendant le repas, ...façon de rappeler que c'est lui le maître...et qu'il ne faut pas faire n'importe quoi...

 

   Ah le cher chat ...

 

 

     NB : Les lecteurs auront compris que l'auteur de l'article a un chat qui le fait tourner bourrique...

 

  

 

  

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:18

   Le refroidissement climatique ?...Comment est-il possible d'émettre une telle ânerie ?...Question évidente pour de nombreux Français, du moins pour ceux qui ont la chance d'habiter ...et de circuler ...dans la partie méridionale de la France ...Car chacun sait , puisque les experts en climatologie le disent, que non seulement la France, mais la Terre entière connaît un réchauffement climatique (*) en raison de l'incurie des hommes qui n'ont pas cessé depuis presque deux siècles d'envoyer dans l'atmosphère toujours plus de gaz carbonique, suscitant un "effet de serre" qui fait fondre les glaces des pôles et celles des montagnes ...C'est connu : il n'y aura bientôt plus de banquise au pôle Nord, il faut dire adieu aux  "Neiges du Kilimandjaro" en Afrique ...et c'est presque un miracle qu'en Europe le Mont Blanc ne soit pas devenu noir !...

 

   Et pourtant, depuis novembre 2012 jusqu'à mars 2013, la France septentrionale, censée être tempérée par l'Océan Atlantique, n'a jamais eu aussi froid, suivant les statistiques, depuis un demi-siècle ...Comment expliquer cette contradiction ?...Les experts ont à nouveau une explication : en effet, selon eux, la fonte plus importante de la banquise a pour effet de renforcer le courant froid du Labrador à l'ouest de l'Océan Atlantique et donc de diminuer la chaleur de la dérive Nord-Atlantique appelée Gulf-Stream qui repart, en retour, vers le nord-est de l'Océan Atlantique ...Et il en résulte que l'Europe et d'abord la France septentrionale ont plus froid, notamment en hiver ...Mais il reste alors à expliquer pourquoi ce refroidissement n'est pas constant et qu'il est même exceptionnel, puisque, depuis un demi-siècle; il ne s'est produit avant 2013 et, à un moindre ...degré, qu'en 1946 et 1970...

 

   En l'occurrence, ce sont les historiens qui peuvent résoudre le problème ...Car leurs études montrent que la répartition du "chaud" et du "froid" sur la Terre est loin d'avoir été constante dans le temps et dans l'espace (**) ...En fait, il y a toujours eu des alternatives se traduisant par des ondulations concomitantes plus ou moins importantes sur les graphiques :


   - Ondulations de très grande ampleur à l'échelle de millions d'années ...si on limite l'analyse à l'ère quaternaire, il y a eu une alternance entre des périodes de glaciations (Riss et Wurm) avec des périodes interglaciaires ...Il y eut un temps où la Scandinavie était couverte d'un "Inlandsis" comme le Groënland actuel, et il a pu en résulter de lentes migrations humaines à l'époque de la Préhistoire ...Et il n'est pas impossible qu'une nouvelle glaciation arrive ...Pas de panique ... L'hiver exceptionnellement froid de 2012-2013 ne marque pas son arrivée...

 

   - Car il y a des ondulations de moyenne ampleur, dont le rythme est plutôt dans les milliers et centaines d'années ...C'est ainsi que les paléontologues ont pu trouver des traces de fossiles végétaux, animaux et humains (inscriptions rupestres ) prouvant que le Sahara a été vert autrefois, et des variations semblables ont été décelées dans d'autre régions du monde ...

 

  - Et il y a aussi des ondulations de petite ampleur que peuvent retrouver les climatologues à l'époque historique ..Ainsi, on pense qu'il y a eu plutôt un refroidissement entre le 15ème et le 18ème siècle en Europe, pouvant expliquer en certaines années des "émeutes de la faim" - comme avant la Révolution de 1789 - et un  relatif réchauffement à partir du 19ème siècle ...On serait dans un relatif refroidissement en ce début du 21ème siècle ...

 

  - Et il y a enfin les ondulations annuelles, peu significatives, car elles sont aléatoires et irrégulières et ne deviennent importantes que si elles se répètent dans le même sens et prennent donc une petite ampleur...

 

   Dès lors, la question se pose : l'hiver froid 2012-2013 n'est-il qu'une oscillation annuelle ou marque-t-il le début d'une oscillation séculaire ?...Tout pronostic est évidemment impossible ...à moins de découvrir un rythme inégal dans le rayonnement du soleil ...

 

   Finalement la question reste donc sans réponse ...Mais cela n'empêche pas chacun d'avoir son opinion ...On peut être pessimiste, comme naguère Blaise Pascal qui a écrit dans ses Pensées au 17ème siècle : "Le silence de ces espaces infinis m'effraie" ...ou on peut être optimiste, comme sa contemporaine Madame de Sévigné qui disait à sa fille Madame de Grignan : "Il n'y a plus de saison, ma Chère" ...Et on peut encore n'avoir pas d'opinion du tout...

 

 

(*) http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9chauffement_climatique

 

(**) Emmanuel Leroy-Ladurie - Histoire du climat depuis l'an Mil - Ed.Flammarion 1983

 


 

 


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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 16:46

   Un jeu de mots ? ...Un paradoxe? ...Non! ...Seulement, mais c'est déjà beaucoup, le titre du livre d'un philosophe respectueux de la nature, Alain Leygonie, présenté dans la revue Terre Sauvage d'Avril 2011 et apportant un regard original sur les relations entre les hommes et les animaux.

 

   Pour l'opinion courante, appelée souvent à tort la sagesse populaire, ces relations paraissent simples : il y a d'une part les hommes qui monopolisent l'intelligence et se targuent d'être la forme la plus évoluée de la nature ...Et il y a les animaux dont le comportement est dicté par l'instinct, c'est-à-dire une pulsion irréfléchie ...Cette opposition a été formalisée par le philosophe français René descartes qui définit l'homme en fonction de sa "raison" le distinguant de l'animal "machine" ...Et ce n'est pas par hasard qu'un comportement "anormal" de l'homme est qualifié de ..."bête" ou, pire encore, de ..."bestial".

 

   Néanmoins, il arrive souvent que l'homme reconnaisse à l'animal une "certaine intelligence", comme si celle-ci était, à l'inverse, également "anormale" ...et d'ailleurs il ne fait alors qu'utiliser l'animal que pour illustrer une caractéristique humaine, comme cela apparaît dans de nombreuses expressions : avoir une mémoire d'éléphant, mener une vie de chien, prendre un remède de cheval, faire un travail de fourmi, être doux comme un agneau, avoir mangé du lion - ce qui est en l'occurrence tout un symbole - etc... etc... Il est vrai que cette comparaison a ses limites et ne met pas l'animal à l'égalité de l'homme, car celui-ci a toujours considéré qu'il était "à part", qu'il s'agisse autrefois de sa création particulière par Dieu, ou de son apparition originale dans l'évolution des espèces, quand celle-ci fut révélée par le biologiste anglais Charles Darwin au 18ème siècle ...car, en aucun cas, on ne pouvait admettre que "l'homme descend du singe" !...En fait, même si la filiation des "hominidés" est plus complexe, la science moderne a, depuis lors, montré que l'homme appartient bien au règne animal ...et que, par conséquent, l'homme a beau "faire... l'ange" ...il n'en "fait pas moins la ...bête" ! 

 

   Mais, si l'homme fait la bête, est-ce à dire que l'animal est intelligent comme lui ?... Evidemment, il n'y a pas de réponse possible sans définir d'abord l'intelligence : l'homme considère qu'elle est la "faculté de connaître et de comprendre son environnement", mais c'est une définition ...humaine, et cela ne signifie pas pour autant que l'animal ne soit pas capable de s'adapter à son environnement ...Il a en effet ce qu'on peut appeler une "intelligenceChats-dans-un-fauteuil-copie-1.jpg sensible" qui peut même dépasser dans certains cas les possibilités de l'homme, par exemple pour la vision, l'odorat, le sens de l'orientation ...Les abeilles ont un champ de vue supérieur à celui des hommes, les loups ou les ours sentent leurs congénères à longue distance, les saumons connaissent le chemin de la mer des Sargasses... On parle même parfois de faculté particulière, appelée -faute de mieux - un "sixième sens", qui permet à un chien de hurler à la mort quand son maître disparaît à grande distance de lui ...ou encore à certains animaux de fuir une région avant l'arrivée d'une catastrophe...

 

   Pour prouver la "supériorité" de l'homme, on a pu objecter que celui-ci a le privilège du "langage" ... Privilège, vraiment ?... D'abord, le langage humain ne s'est formé que progressivement à partir des cris sommaires qui devaient caractériser l'homme préhistorique ...Or, justement, les animaux émettent des cris, qui changent le plus souvent en fonction des circonstances : l'appel du chat à sa femelle n'est pas le même que le feulement de celui qui a peur ou le miaulement de celui qui réclame à manger ...Il y a incontestablement une "communication" entre les animaux d'une même race, qu'il s'agisse de la poule - réputée particulièrement  ...bête - qui glousse devant quelques grains pour attirer ses congénères, ...ou des chauves-souris qui émettent des ultra-sons inauidibles par l'homme ...On objectera encore que l'animal n'a pas la capacité "d'abstraction" que détient l'homme : certes l'animal, même le plus avisé, n'est pas capable de résoudre une équation du 2ème degré à deux inconnues, ni d'élaborer une théorie philosophique ...Mais un renard est capable de noyer son odeur dans un ruisseau pour échapper à un chasseur en courant à gué sur une centaine de mètres ...Des éléphants savent se rassembler autour d'un congénère blessé ou malade ...Et des expériences ont montré qu'un singe parvient à résoudre un problème simple de calcul ou de mécanique pour attraper une banane ...Dans tous ces exemples, il y a association d'idées, donc une intelligence "abstraite" ... Et certains animaux font même preuve d'une intelligence "collective", comme l'a montré naguère l'essayiste belge Maurice Maeterlinck dans ses ouvrages sur "la Vie des abeilles", "La vie des fourmis" et "la "Vie des termites"...

 

   Il n'est donc pas possible de dénier l'intelligence aux animaux, même si elle est chez  eux inégale et multiforme ...Et ceci d'autant moins que, sans être "formulée", elle les conduit "pratiquement" à respecter la nature dans une symbiose où ils prennent ce qui leur est indispensable pour vivre, mais sans tout détruire, comme s'ils ressentaient la nécessité de sauvegarder l'avenir Elevage-de-poulets.jpgpour leur espèce ...Ce qui n'est pas le cas des hommes, qui non seulement sont responsables de la disparition de nombreuses espèces d'animaux, mais organisent pour certains d'entre eux, qualifiés de "domestiques",  des tueries innommables, comme celle des volailles auxquelles on arrache la tête alors qu'elles sont encore vivantes, ...ou encore des boeufs ou des cochons saignés alors qu'ils sont conscients ...parfois en conformité avec un rituel religieux ..., sans parler de l'horreur de la "vivisection" ...Comment justifier de tels "crimes contre l'animalité", sans en conclure qu'il reste chez les hommes un fonds de barbarie, le même qui les a poussés à commettre, notamment à l'époque contemporaine, des massacres contre eux-mêmes, c'est-à-dire des "crimes contre l'humanité" ?...Qui est "bête", voire ..."bestial" ?...L'animal ou l'homme ?...

 

Bibliographie :

 - Alain Leygonie - Les animaux sont-ils bêtes ? - Ed.Hourvari

 - Elisabeth de Fontenay - Le silence des bêtes - Ed.Fayard

 - Jonathan Safran Foer - Faut-il manger les animaux ? - Ed.L'Olivier

 - Christophe Traïni - La cause animale - Ed.Presses Universitaires de France

 - Maurice Maeterlinck - La vie des (abeilles, fourmis, termites) - Ed.Fasquelle

 

 

 

 


 

 


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 23:33

   Il est difficile de parler de l'énergie sans la replacer dans une perspective historique. En effet, les hommes, dès leur origine - et même inconsciemment - ont eu besoin d'énergie, c'est-à-dire,au sens étymologique, de "force" ...Ils l'ont d'abord prise sous des formes élémentaires pour assurer leur subsistance : cueillette, chasse, pêche ...puis, au prix d'un "travail", la culture et l'élevage ...Et ils ont ensuite cherché à être aidés dans cette "dépense d'énergie" par la domestication d'animaux - cheval, boeuf, chameau, éléphant...- mais aussi par l'asservissement de leurs congénéres, qu'il s'agisse des "esclaves" de l'Antiquité, des "serfs" du Moyen-Age ou, aux temps modernes, de la "traite" de populations jugées primitives et donc inférieures comme les Indiens d'Amérique ou les Noirs d'Afrique ...Dans une certaine mesure, on peut même ajouter que l'homme, au sens restrictif, a longtemps exploité la femme, assujettie aux travaux domestiques sans avoir l'égalité civique...

 

   Mais, avec les progrès scientifiques et techniques et l'augmentation accélérée de la population mondiale à partir du 19ème siècle, les hommes n'ont pas pu se limiter à des sources d'énergie élémentaires, et ils ont développé l'exploitation de l'énergie contenue dans la nature sous différentes formes, en particulier les "matières premières" - charbon, lignite, pétrole, gaz - ou les "forces cinétiques" - celle du vent (éolienne), des chutes d'eau (hydraulique) ou de la chaleur (solaire ou géothermique) ...en les utilisant soit directement (moulins, turbines...) soit indirectement par l'électro-magnétisme, plus couramment appelé l'électricité ...Mais, dès le milieu du 20ème siècle, la montée vertigineuse de la consommation a rendu la production énergétique insuffisante, d'autant plus que certaines sources sont en voie d'épuisement à l'échelle séculaire comme le charbon et le pétrole, et que, corrélativement, il fallait prévoir l'arrivée sur le marché énergétique de pays dits pauvres, soit environ 1 milliard et de demi d'être humains "n'ayant pas encore l'électricité" sur une population mondiale d'environ 7 milliards...

 

   Le besoin d'énergie est donc un problème majeur, qui peut d'ailleurs concerner des pays dits riches n'ayant pas de sources d'énergie suffisantes ...Tel est le cas du Japon, dont une tragique catastrophe naturelle vient de rappeler la fragilité énergétique,  ...et la France qui, même si elle semble être à l'abri d'une catastrophe naturelle (mais peut-être pas du terrorisme) n'a pas - c'est bien connu - de pétrole mais seulement des idées ... ne suffisant pas, à elles seules, à faire fonctionner les machines... Il est donc logique - sinon naturel - qu'en particulier la France  - quelle que soit l'orientation politique de son gouvernement -, et sous l'effet conjugué de l'épuisement de ses ressources en charbon et du "1er choc pétrolier", se soit tournée vers l'énergie nucléaire ...Cette énergie, issue de la fission de l'atome de métaux lourds comme l'uranium, étant capable de de dégager une chaleur considérable sous un petit volume initial, pouvait apparaître comme une excellente solution, à la fois "propre  " et "rentable", à partir du moment où elle était efficacement contrôlée ...Et c'est ainsi qu'à cette date 58 centrales nucléaires sont en fonctionnement, ainsi qu'un surgénérateur et une usine de retraitement des déchets - ce qui place la France au 2ème rang derrière les Etats-Unis dans le domaine nucléaire ...Mais il en résulte aussi que l'énergie nucléairey  a pris une place largement prédominante avec 78,4 % de l'électricité ...Cette situation, néanmoins, était jusqu'à présent jugée moins dangereuse que celle suscitée par l'essor des centrales thermiques en Chine, dont la pollution pouvait à terme contribuer au réchauffement climatique...

 

   Moins dangereuse ...en apparence ...dans la seule mesure où elle est effectivement maîtrisée ...Or cela n'a pas toujours été le cas ...Il n'est pas besoin de préciser que les bombes atomiques lancées par les Américains sur Hiroshima le 6 août 1945 puis Nagasaki le 9 août 1945 avaient pour but d'assurer une "destruction massive" par le feu et par le souffle, sans le moindre égard pour la population, en vue de forcer le Japon à la capitulation ...Mais il y avait aussi les radiations dont on n'avait pas prévu l'importance et la persistance à long terme, et dont des Americains furent également vixtimes lors de leurs expériences ultérieures dans le désert du Névada en 1953 ...Et même quand l'énergie nucléaire fut "domestiquée" dans des centrales, des incidents multiples eurent lieu, dont la plus importante fut une catastrophe à Tchernobyl en Ukraine e 26 avril 1986, contaminant une grande partie de l'Europe ...D'autre part, même en renforçant la sécurité, il est apparu avec la catastrophe "naturelle" survenue au Japon  le 12 mars 2011 (séisme et tsunami), qu'une centrale nucléaire pouvait ne pas résister et exploser pour des raisons "extérieures", comme l'absence "imprévisible" d'eau, au point qu'à ce jour les Japonais avouent "ne pas savoir exactement ce qui se passe dans la centrale endommagée de Fukushima", ... que des "sauveteurs" y sont contaminés malgré leurs précau tions, ...et qu'un nuage se promène allègrement vers l'Amérique et l'Europe, où l'on cherche à rassurer l'opinion en affirmant que sa dilution progressive le rendait sans danger ...Evidemment, il aurait mieux valu qu'il n'y ait pas de nuage du tout ...et , plutôt que de reconnaître qu'il ne peut pas y avoir de "risque zéro", avoir fait en sorte qu'il n'y ait pas de risque du tout, autrement dit de ne pas avoir construit de centrales nucléaires ...Mais maintenant, elles sont là, notamment en France, et il faudrait au mieux 20 à 30 ans pour s'en débarrasser...

 

   S'en débarasser ?...La belle affaire !...Mais les remplacer par quoi ?...la réponse n'est pas simple, en particulier pour la France, où il n'y a pas de "filière énergétique" pouvant se substituer globalement à l'énergie nucléaire qui représente plus des 3/4 de la consommation d'électricité :

   - Les filières "anciennes" ne peuvent en aucun cas apporter de solution durable : L'exploitation du charbon a pratiquement disparu et le recherche et l'exploitation de filons plus profonds coûteraient un prix exorbitant, sans coimpter le rejet de gaz carbonique par des centrales thermique ...Pour les centrales hydrauliques, il n'y a pratiquement plus de sites envisageables, et un appoint éventuel serait faible ...Pour le pétrole, la France a développé des raffineries, mais celles-ci dépendent de l'importation et ne peuvent donc faire face à un demande massive d'énergie...Même remarque pour le gaz...

   - Les filières "nouvelles" ou dites "renouvelables" - termes inappropriés, puisque, par définition l'énergie "existe" sous quelque forme que ce soit - ne sont certes pas négligeables et elle peuvent encore être développées en France, puisqu'elles sont en plein essor dans le monde, y ayant progressé de 30 % de 2009 à 2010, mais il est manifestement impossible qu'elles puissent suffire à faire face à la consommation :

   1. L'énergie éolienne est en progrès constant, et la multiplication des "moulins" est même spectaculaire depuis une dizaine d'années, notamment dans les secteurs les plus propices comme les hauteurs inhabitées ou les sites "off-shore" ...Mais elle dépend  ...du vent, et les spécialistes estiment qu'à l'échelle d'une année elles ne fonctionnent qu'au "quart du temps"...

   2. L'énergie solaire n'est encore que faiblement exploitée, qu'il s'agisse de centrales - comme à Montlouis - ou des des cellules photovoltaïques des bâtiments publics ou des maisons particulières. Mais l'équipement représente un un investissement important dont l'amortissement n'est pas à court terme...Et encore faut-il qu'il y ait du soleil ...Or il n'y en a pas la nuit, évidemment, et , le jour, le rayonnement est souvent limité par les nuages ...Et, à l'échelle mondiale, pour ls zones arctiques ou proches de l'Arctique habitées comme le nord de l'Europe, il fait nuit 6 mois su 12...Inversement, là où il y a le plus d'ensoleillement sans nuage - dans les déserts comme le Sahara, Il n'y a pratiquement pas d'habitants...

   3. L'énergie géo-thermique pourrait représenter un réservoir énorme et même pratiquement illimité, car le pompage de la chaleur de la Terre - la croûte et le magma - resterait infime en raison de sa masse ...Mais, en dehors de l'exploitation à petite profondeur dans des régions volcaniques comme l'Islande, les Philippines ou le Rift africain, il n'est pas possible de pratiquer une utilisation intensive, surtout à grande profondeur...En France, il n'y a que quelques sites de recherche, actuellement sans grand avenir...

    4. L'énergie de l'hydrogène, donc à partir de l'eau (H2-O), est par contre plus prometteuse et pourrait remplacer pratiquement toutes les sources d'énergie en vigueur, de la centrale aux moteurs des voitures en passant par les téléphones mobiles, dans le cadre d'une politique de développement durable ...Mais la technologie reste très onéreuse, et elle n'a pratiquement trouvé jusqu'à présent d'utilisation que dans les applications spatiales ...Sa généralisation n'est donc pas pour demain...

    5. L'énergie du bois est évoquée par certains experts, en raison de l'importance des forêts qui couvrent environ 60 millions de Km2 dans le monde, notamment dans la région intertropicale (Brésil, Afrique centrale, Insulinde) ...Mais ces forêts contribuent largement à la "respiration" de la planète, avec les échanges d'oxygène et de gaz carbonique, et peut-on imaginer comme possible une exploitation qui mettrait en cause l'équilibre climatique ?...Une fois encore, on ne peut trouver là qu'un appoint limité, par exemple en France, où, contrairement à ce que croit l'opinion courante, les forêts se sont étendues depuis un siècle en raison de l'abandon des terres les plus pauvres corrélatif à l'exode rural...

 

   - Un filière plus inattendue, mais pouvant apporter provisoirement une aide importante, serait de réaliser  ...des "économies", en éliminant le gâchis d'énergie dans tous les domaines de l'activité humaine. C'est un "scénario" imaginé en 2006 par un Institut américain sous le nom de "Négawatt" qui permettrait, s'il était entièrement appliqué, de faire passer la consommatiuon d'énergie de 2500 Térawatts/heureen 2001 à environ 1500 Térawatts/heure en 2050, et donc pratiquement de se passer de l'énergie nucléaire ...Bravo !...Mais il faudrait tout revoir dans la consommation d'énergie :transports privilégiant le co-voiturage  ...et le vélo, extinction radicale des illuminations, recours à la bio-masse ...etc ...etc... Est-ce réaliste , les hommes étant ce qu'ils sont ?...

 

   Dans ces conditions, il faut bien admettre - de gré ou de force - que, même si, en principe, la suppression de l'énergie nucléaire est nécessaire, ...il est en fait impossible de prévoir cette sortie, notamment dans un pays comme la France, où ce ne serait déjà pas si mal d'arriver à en stabiliser l'importance, grâce aux sources d'énergie dites "renouvelables"...De même, il serait souhaitable d'assurer une interconnexion entre tous les pays du monde, en donnant une autorité réelle à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), pour qu'elle soit capable d'intervenir efficacement pour le respect des règles de sécurité et les secours à apporter en cas de sinistre, ce qui n'a pas été le cas actuellement pour le Japon...

 

NB. Des... sources diverses ont été utilisées ...avec énergie ...pour cet exposé qui est seulement un travail de vulgarisation... Pour des explications scientifiques, il vaut mieux en référer à la théorie de la relativité d'Einstein (E=mc2 ...), ainsi qu'à ses émules !...

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 10:17
   C'est une vérité bien établie, depuis les temps les plus reculés, que les hommes représentent la forme la plus évoluée des êtres vivants ...La Bible hébraïque, reprenant au 8ème siècle avant JC d'anciennes traditions orales de l'Orient, raconte qu'au terme de la "genèse" - le 6ème et dernier jour - Dieu créa d'abord les animaux ...puis l'homme "à son image, comme une ressemblance", c'est-à-dire comme une réalité "immanente" sans sa divinité "transcendante" ...en ajoutant  "pour qu'il domine les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et les bestiaux ...de la Terre !"...

   Cette croyance millénaire en une création privilégiée des hommes explique leur difficulté encore actuelle à admettre, en dépit des travaux du français Buffon, du suédois Linné et de l'anglais Darwin, que "les hommes ne sont que des animaux auxquels ils ressemblent pour tout ce qui est matériel" ...Car, tout de même, les hommes se réservent - à tort ou à raison...- "tout ce qui est spirituel" : on ne prête pas encore une "âme" aux animaux, même si le poète Lamartine s'en est déjà inquiété pour les ..."choses" :"Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"...

   En fait, les relations des hommes avec les animaux font l'objet d'une longue histoire souvent méconnue, car cette histoire est le plus souvent masquée, voire cachée par celle des hommes... Elle a comporté de nombreuses étapes, évidemment très diversifiée suivant les temps et les lieux :

   - 1ère étape : les animaux ont précédé largement les hommes sur la Terre : dès l'ère primaire - 500 millions d'années...- , apparaissent des formes élémentaires (ex:les trilobites), suivies à l'ère secondaire - 250 millions d'années ...- par des formes cette fois géantes ( surtout les fameux dinosaures) ...et à l'ère tertiaire - 65 millions d'années...- par les mammifères ...Parmi ceux-ci, les hommes n'arrivent qu' à l'ére quaternaire, soit au plus tôt pour les premiers "hominidés" il y a 2 millions d'années : ils ne sont donc que des nouveaux venus, relativement tardifs et récents, parmi les animaux...

   - 2ème étape : les animaux - du moins les plus puissants d'entre eux - gardent longtemps leur suprématie sur cette sous-catégorie des hommes ...Ils sont d'abord beaucoup plus nombreux, car les hommes sont dispersés en petites groupes épars, comme les singes actuels ...et ils sont quelque peu désarmés vis-à-vis des grands fauves (lions, tigres, panthères ...ou leurs ancêtres disparus) , ...des animaux géants (mammouths, éléphants, rhinocéros...), ...ou de concurrents vivant en meutes (loups,ours,etc...). Les hommes ont donc du mal à faire leur place dans la nature, la lutte contre les animaux étant leur préoccupation constante : ce n'est pas par hasard qu'ils les peignent dans les grottes préhistoriques, ou que les égyptiens de l'Antiquité représentent ces combats dans leurs monuments, comme Aménophis III qui aurait tué 102 lions entre 1390 et 1380 avant JC !...

   - 3ème étape : les hommes en arrivent à une certaine "domestication" des animaux ...Le terme est d'ailleurs ambigu : dans certains cas, il s'agit d'un "apprivoisement" de certaines espèces, comme les volailles, les bovins ( depuis 7000 ans...), et plus tardivement les chevaux ou les ...lapins (seulement 4000 ans..) ...Mais dans d'autres cas, il s'agit d'une attirance des animaux vers les hommes, certainement pas toujours par "sympathie"...mais par nécessité alimentaire, comme les chats et les chiens, ces derniers apparaissant d'ailleurs comme "la première conquête des hommes" (40.000 ans, paraît-il...). Cette attirance ne se limite d'ailleurs pas à des espèces acceptées, puisque certains animaux ne leur demandent pas leur avis ou n'en tiennent pas compte, comme les rats, les souris ...ou les puces !...Pour autant, les animaux "domestiques" ne sont d'abord qu'une minorité par rapport aux animaux dits "sauvages", c'est-à-dire "libres" ...et pas nécessairement "féroces"...

   - 4ème étape : les hommes deviennent largement plus nombreux que les animaux (à part des myriades d'insectes, de vers  ou de poissons...) avec près de 7 milliards d'individus en 2009, alors que les troupeaux d'animaux les plus nombreux se comptent seulement en millions ...Et les hommes "dominent" pratiquement toute la Terre au sens planétaire (continents et océans), et cette domination "anthropocentrique" du monde les amène à une utilisation intensive des animaux domestiques : d'abord surtout pour leur travail dans les champs, les industries et les transports du 18ème au du début du 20ème siècle ...puis, en raison des progrès de la motorisation, surtout pour des besoins alimentaires de plus en plus "carnés" (viande, lait, oeufs, et produits dérivés comme le cuir, l'huile, le savon,etc...). Il en résulte un développement considérable de l'élevage, notamment pour les bovins, les moutons, les volailles...Les prairies remplacent souvent les champs, et les "batteries" les cours de ferme...Une mention particulière pour les cochons, qui ont toujours été considérés comme voisins des hommes (mais oui !) : dans la Bible, les hommes sont parfois transformés en pourceaux ...et, au Moyen-Age, on intentait même des procès aux porcs...Et à part se trouvent aussi les chevaux, jugés comme des animaux "nobles" réservés aux guerriers ( les ...chevaliers) et fort peu utilisés pour leur "viande", ce qui explique d'ailleurs que leur nombre ait fortement reculé depuis un siècle, surtout pour les chevaux de "trait" (ex: les percherons), tandis que les races "légères" (ex: pur-sangs) ont progressé pour les "courses" ou les "loisirs" des hommes...

   - 5ème étape : l'utilisation intensive des animaux domestiques .. se conjugue avec une élimination accrue des animaux sauvages au 20ème siècle : d'une part à cause d'une restriction de plus en plus forte de leurs "territoires" ...et d'autre part en raison du danger qu'ils représentent (ex : les loups ou les ours pour les moutons) ...ou simplement en raison de leur présence encombrante, même s'ils sont inoffensifs (ex : les bisons dans le "far-west "américain ou les gazelles dans les régions sahéliennes...) . On peut alors se demander si les hommes ont décidé de rester les seuls ...animaux vivants sur la Terre, entourés seulement de leurs esclaves que sont les animaux domestiques, avec leur "abattage" dans des conditions souvent cruelles, ne tenant aucun compte d'une "douleur" possible ...

   - 6ème étape : heureusement, un souci de protection des espèces animales se fait jour progressivement, à partir d'une réflexion à la fois scientifique et philosophique qui prend
de plus en plus d'importance à la fin du 20ème siècle et au début du 21ème siècle ...Et elle aboutit à la création de "Parcs naturels" de plus en plus nombreux dans le monde (Yellowstone aux Etats-Unis, Thoiry en France, Kruger en Afrique du Sud, etc...), création assortie de la désignation d'espèces "protégées" - dont la chasse est interdite - et de la multiplication des associations de secours pour les animaux (ex : la S.P.A. en France),  tandis que les services vétérinaires se modernisent pour la prophylaxie et les soins...

    Ainsi l'évolution des relations entre les les animaux et les hommes, après des siècles "d'errance", se traduit finalement par un progrès incontestable ...Certes, il y a encore des cas trop nombreux de "maltraitance" ou même de "cruauté", comme par exemple les "tueries" d'éléphants en Afrique, pour le "profit" ignoble de la vente de l'ivoire ...Mais on revient  progressivement à un équilibre : ce n'est plus celui des origines où la loi naturelle imposait aux animaux - dont les premiers hommes - de "tuer" dans la limite imposée pour la conservation des espèces ...mais c'est celui d'une attitude plus raisonnable des hommes soucieux de respecter la nature en limitant la destruction aveugle des animaux et en y apportant toutes les précautions nécessaires, qu'il s'agisse de stérilisation ou de neutralisation d'une douleur inutile  ...Il faut dire qu'entre-temps, alors que de nombreux exemples montrent que les animaux sont capables de faire preuve "d'humanité" (ex: enfants élevés par des loups) et même d'avoir des comportements proches de lui des hommes (ex : singes ou dauphins), ...les hommes, eux , à travers les hécatombes de leurs guerres et de leurs camps d'extermination, ont malheureusement donné la preuve de leur cruauté, faussement appelée ..."bestialité" ...Qui oserait dire qu'il n'y a pas d'amour chez les animaux ?...
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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 22:58
   Les arbres immortels ?...Qu'est-ce encore que cette histoire ? ...Les arbres - c'est bien connu - vivent en moins d'un siècle, à l'exception de rares espèces comme le chêne des pays tempérés, dont la célébrité est justement due au fait qu'il est parfois séculaire et fascine à ce titre les philosophes et les historiens...

   Et pourtant Francis Hallé, Professeur de Botanique à l'Université de Montpellier, révèle dans un article de la Revue Sciences et Avenir d'octobre 2008 que "les arbres ne sont pas programmés pour mourir"... Il rappelle d'abord que certains arbres à la surface de la Terre peuvent avoir plusieurs milliers d'années, comme le "Pinus longaeva" baptisé ...Mathusalem en Californie, âgé de 5000 ans (c'est-à-dire l'âge de la Pyramide de Chéops) ...Il est suivi de "peu" dans la même région par un "Sequoia supervirens", surnommé ...le Parthénon, âgé seulement de 3000 ans ...Mais cela n'est rien à côté d'un houx royal de Tasmanie, le "Lomatia tasmanica" vieux de 43.000 ans ( remontant à l'homme de Néandertal...), dont les troncs s'étalent sur 1200 mètres...

   Une telle durée n'est pas sans explication : le Professeur Hallé explique en effet "qu'une petite feuille en haut de la cime d'un vieil arbre ne présente aucune différence avec une feuille obtenue à partir d'un semis" ...Et alors ?...Eh!bien, cela signifie que les arbres ne sont pas soumis à un programme de sénescence, à la différence des animaux ...et donc des hommes, dont les cellules vieilles ne peuvent pas être comparées aux cellules jeunes ...Autrement dit, les arbres sont "potentiellement immortels" ...et si la plupart d'entre eux meurent néanmoins, c'est parce qu'ils subissent depuis toujours des agressions de la part des éléments matériels (vent, gel, incendie, etc...) ou des autres êtres vivants (plantes parasites, animaux  ...et hommes) ...Sinon ils pourraient vivre indéfiniment ... En termes scientifiques, le Professeur Hallé explique que "chez les hommes les gènes s'éteignent par un mécanisme bio-chimique connu sous le nom de méthylation, cause de la sénescence, tandis que, chez les arbres, "la croissance renouvelée de façon rythmique - saison après saison - libère des démétylases" , qui débarrassent les tissus jeunes des gènes éteints et permettent ainsi aux arbres de lutter contre le vieillissement ...CQFD !...Eh! oui...Ces arbres, que les hommes, dans leur orgueil, placent seulement au niveau élémentaire des êtres vivants où ils prétendent occuper le niveau supérieur, ...ont découvert ...de toute éternité ...le secret de la jeunesse, donc de l'immortalité !...

   Et ils réalisent d'autres exploits, les arbres !...Comme ils ne peuvent pas bouger - du moins pas encore - ils sont capables à leur sommet de capter les rayons ultra-violets - évités comme la peste par les hommes - ce qui leur permet des mutations génétiques les aidant par exemple à lutter contre les insectes, les changements climatiques, etc... Ils sont capables aussi d'émettre des molécules volatiles servant de germes pour la condensation de la vapeur d'eau, ce qui explique l'importance des précipitations au-dessus des forêts et inversement leur diminution quand celles-ci sont détruites...

   Car les hommes - dits civilisés - se comportent vraiment comme des sauvages envers les arbres, qu'ils ont détruits systématiquement depuis des millénaires pour la culture et l'élevage à leur profit, alors que les forêts les avaient abrités et nourris aux temps préhistoriques ... Et ils continuent impunément au Brésil, au Canada, en Alaska, en Sibérie...même si, en d'autres régions, la conscience de leur rôle s'éveille avec les "parcs naturels"... Car tout le monde n'a pas le détachement d'un Georges Brassens qui, avant de rejoindre le cimetière de Sète ...sous les cyprès, chantait :

               "Auprès de mon arbre...
               " Je vivais heureux ..."
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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 16:37

   Les  O.G.M. (Orgnismes Génétiquement Modifiés... ) peuvent actuellement faire l'objet d'une application  "à rebours" de la sentence de Boileau dans son Art Poétique :

                 "Ce qui se conçoit  ...mal s'énonce ...confusément,
                  Et les mots pour le dire arrivent ...malaisément" ...

   Les mots, ...mais aussi les votes, quand les "pouvoirs" d'un pays comme la France - qu'il s'agisse du Gouvernement ou de l'Assemblée Nationale - se mêlent de "légiférer" dans un domaine que manifestement ils connaissent mal et où ils devraient laisser une large place à la concertation...

   Et pour cause ... puisque le problème  des O.G.M. est encore mal connu, y compris dans le domaine scientifique, où les 1ères manipulations de laboratoire remontent seulement à 1970 et où, encore maintenant, "la frontière technologique est sans cesse repoussée". Il est donc ...naturel que la question des O.G.M. soit encore controversée, et que ces O.G.M. trouvent à la fois des partisans enthousiastes et des adversaires acharnés...

   Il faut d'abord savoir de quoi on parle : suivant les directives de l'Union Européenne, "un O.G.M. est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par génie génétique, soit pour accentuer certaines de ses caractéristiques, ou lui en donner de nouvelles considérées comme désirables, - soit, au contraire, pour atténuer, voire éliminer certaines caractéristiques considérées comme indésirables"... Cette modification génétique se fait par "transgénèse", c'est-à-dire par "insertion dans le génome d'un ou de plusieurs nouveaux gènes, sous forme de portions d'ADN issues d'un autre organisme, les gènes insérés pouvant dans certains cas remplacer des gènes originels" ..., "Un O.G.M. est donc un organisme transgénique, c'est-à-dire un organisme contenant dans son génome des gènes étrangers" .C.Q.F.D.

   Il faut également préciser le cadre des "modifications génétiques" : En théorie, elles peuvent s"appliquer  "sur tous les êtres disposant de matériel génétique", donc sur tous les êtres vivants, ce qui peut évidemment être un 1er sujet d'inquiétude... Mais, en fait, elles ne s'appliquent jusqu'à présent qu'aux bactéries - les êtres les plus faciles à modifier - et aux plantes, en particulier les plantes cultivées à grande échelle (soja, maïs, coton, tabac...). Les animaux "transgéniques" sont beaucoup plus difficiles à obtenir, et en dehors du cas spectaculaire de la brebis "Dolly" (en fait, un "clone"), les modifications génétiques se limitent aux souris des laboratoires... Quant aux hommes, il n'en est pas question pour des raisons ..."éthiques", et aucune expérience ne les concerne à ce jour... Mais - et c'est là que "le bât blesse" - les hommes qui, jusqu'alors, ont utilisé la plupart de leurs inventions au moins en partie "pour faire le mal", seront-ils capables, à propos d'eux-mêmes, de rester "dans le chemin du bien", ...et n'y aura-t-il pas des "savants de malheur" - poussés par des régimes indignes, à l'image des "expériences" des Nazis, pour faire de "l'eugénisme" et vouloir créer des "surhommes" ?...

   Dans l'immédiat, il faut reconnaître objectivement que la génétique a apporté beaucoup plus de bien que de mal ...et ceci depuis longtemps  ...Car on oublie qu'avant le développement de la "science génétique", les hommes avaient procédé - empiriquement - à des "échanges de gènes" dans l'agriculture comme dans l'élevage : les plantes et les animaux actuellement utilisés n'existaient pas il y a 10.000 ans, et soint issus "d'ancêtres sauvages" qui ont été améliorés à travers les siècles par sélection et hybridation... En fait, la science génétique n'a fait que "systématiser" et "accélérer" le processus en fonction du progrès des connaissances... Ainsi, on a introduit ou enlever des gènes avec des objectifs variés : résistance aux insectes ou aux herbicides, réduction de la durée de développement, ou inversement ralentissement du mûrissement, etc... Et ces interventions ont déjà permis des progrès agricoles importants, notamment dans les "pays en voie de développement" où des famines soint maintenant évitées et où les petits agriculteurs connaissent une augmentation non négligeable de leurs ressources... Par ailleurs, les les organismes internationaux relatifs à la santé n'ont pas, à ce jour, enregistré de réaction négative à la consommation d'O.G.M., ce qui n'est pas toujours le cas des produits ...traditionnels. Enfin la production de substances médicales comme l'insuline profite à toute l'humanité...

   Néanmoins, il y a des résistances persistantes aux O.G.M.... Pour mémoire, on peut citer celle des "créationnistes" considérant qu'il y a un "sacrilège" à modifier un génome, puisque Dieu a tout créé de façon parfaite... Plus sérieuse est l'objection concernant la "dissémination du pollen" difficile à éviter entre des champs de culture traditionnelle et des champs d'O.G.M., ...car des espèces "conquérantes" d'OG.M. pourraient ainsi éliminer des espèces naturelles, et rompre un certain équilibre écologique... De même, les O.G.M. étant protégés par des "Brevets" de propriété intellectuelle, il y a un risque de monopole par des "multinationales", permettant ainsi de procéder à des "embargos" en cas de conflit économique ou politique... Et donc le débat reste ouvert ...

   Dans ces conditions, on peut comprendre que le "Projet de Loi sur les O.G.M." fasse actuellement des "vagues" en France... Car la "poire" - transgénique ou pas - "n'est pas mûre" ...Et l'enthousiasme de la jeune Secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet - "N.K.M.", à ne pas confondre avec  ..."O.G.M". ! - qui a déjà participé à diverses rencontres sur l'environnement  ...et s'est aventurée ...un peu trop loin - s'est heurtée au scepticisme de la majorité politique actuelle, qui n'est pas  ..."naturellement" portée sur l'écologie, ...et ne souhaite pas aller au delà d'un Projet seulement fondé "sur la liberté de de cultiver avec ou sans O.G.M.", avec des variantes suivant les filières, ...autrement dit sur une relative neutralité ne gênant personne, en dehors des "faucheurs" menacés de poursuites ...

   Ainsi va la France !...

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 00:38
  C'est maintenant un "lieu commun" de dénoncer l'intervention de l'Homme dans la Nature, et l'Ecologie est d'ailleurs née du souci de défendre la Nature, s'il le faut contre l'Homme...

 

   En fait, l'intervention de l'Homme dans la Nature intervient dès son origine. Dès qu'il passe de la cueillette au "meurtre" des animaux, il agit déjà sur la Nature, mais ne se distingue pas en cela de certains animaux eux-mêmes... Il s'en distingue par contre quand il "domestique" certains animaux et cultive la terre, portant ainsi sa marque sur les paysages dans un espace qui s'accroît progressivement à la mesure de son expansion démographique...

 

   Néanmoins, un équilibre s'est longtemps instauré entre l'Homme et la Nature... Même s'il "exploite" la Nature pour assurer sa subsistance et fabriquer ce qui est utile à son existence, l'Homme reste largement soumis aux exigences de la Nature, à l'image des difficultés constantes que celle-ci lui réserve (famines, catastrophes, etc...). Cette soumission s'est d'ailleurs traduite sur le plan religieux par une "divinisation" des forces de la Nature... En quelque sorte, il y avait donc une "séparation" entre le "naturel" et le "culturel"...

 

   Le problème est que, désormais, l'équilibre est compromis par l'effacement de cette séparation... Car l'Homme ne se contente plus "d'engraisser la terre" et de "sélectionner les espèces" qui lui sont utiles, il intervient maintenant dans "l'existence" même des espèces, à la fois par des interventions incontrôlées entraînant leur disparition, et par des manipulations génétiques n'ayant d'autre but que de satisfaire ses propres besoins par une soumission "radicale" de la Nature, au mépris éventuel de son avenir... Pire encore, ces manipulations portent aussi sur sa propre ...nature, avec les greffes d'organes, la reproduction assistée, et les expériences "possibles" sur le clonage et les séquences de génomes... Bref, l'intervention de l'Homme dans la Nature l'atteint lui-même, et touche maintenant à son "cadre mental"...

 

   Le problème est donc de retrouver l'équilibre entre l'Homme et la Nature, c'est-à-dire d'assurer une "cohabitation" où l'Homme n'exercera les activités nécessaires à son existence que dans le respect d'une "Charte de la Nature" organisée et reconnue à l'échelle mondiale, avec les moyens de contrôle et d'intervention éventuelle, afin de préserver les espèces, rationaliser l'économie - qu'il s'agisse de culture, d'élevage, de pêche, d'industrie et de commerce - et de sauvegarder ainsi les "éco-systèmes" de la terre et de la mer, et finalement l'Homme lui-même...

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 00:34
Les "experts" réunis à Paris le 14 décembre 2006 ont brossé un tableau inquiétant, voire dramatique, de la situation "prévisible" de la Terre au milieu du 21ème siècle... Ils évoquent notamment le tarissement des énergies dites fossiles (charbon, pétrole ou dérivés) et le réchauffement de la planète (accroissement de la température moyenne devant passer de 0,6 % au 20ème siècle à 2 % vers 2020)... Et ils en tirent des conséquences catastrophiques : fonte des glaces (inlandsis du Groënland et banquise polaire), montée du niveau général des mers et océans avec vallées et côtes noyées, dévoiement des courants marins, aggravation des tempêtes et cyclones, progrès des déserts, crises alimentaires et famines, développement des épidémies, etc... De quoi frémir !...

   Il est certes utile de tirer la "sonnette d'alarme", comme l'a fait la Conférence de Kyoto en 1997, en demandant notamment aux pays industrialisés de réduire l'émission de gaz dits "à effet de serre" de 7 à 8 % par an... et on peut légitimement s'inquiéter de ce que des pays "évolués" comme les Etats-Unis - principaux responsables - ou "émergents" comme la Chine et l'Inde, n'aient pas encore pris les mesures nécessaires à l'image de l'Europe responsable de seulement 14 % de cette émission... Néanmoins il ne faut pas exagérer : d'abord les énergies fossiles ne sont pas en passe d'être épuisées, même si elles ne sont pas inépuisables... Des études ont montré que les potentialités des derniers gisements de pétrole découverts (Sibérie et Off-shore) dépassent actuellement le rythme de la consommation... D'autre part, à l'image de la France, l'énergie nucléaire peut encore être largement développée et elle pourra être relayée par la combustion de l'hydogène et complétée par les énergies dites "nouvelles" (géothermie, éoliennes)... Quant au réchauffement climatique, même s'il est incontestable depuis une trentaine d'années, nul ne peut prédire s'il s'agit d'une évolution à court terme ou à long terme : une étude des climats en Europe du 13ème au 18ème siècles (1) révéle en effet qu'il y a eu en Europe une succession de périodes "chaudes" et de périodes "froides" suscitant alternativement des bonnes récoltes et des famines... Et les personnes actuellement âgées se souviennent qu'il y a eu des hivers très froids pendant la Guerre 1939-45... Dans ces conditions, qu'en sera-t-il vers 2020-2050 ?...

   Comme "on ne sait jamais", on a inventé opportunément en France le "principe de précaution", et à ce titre on peut donc se laisser tenter par "l'écologie", dans la mesure où celle-ci défend le "milieu naturel" où l'homme a vécu depuis des siècles... Mais le problème se pose alors de savoir comment cette défense doit être assurée :

   - Il y a l'attitude de la "contrainte" consistant à pratiquer "l'interdiction", qu'il s'agisse des problèmes collectifs de production et communication ou des problèmes individuels de comportement et de consommation... C'est l'attitude "donneuse de leçons" adoptée par des mouvements plus ou moins "intégristes" qui confondent d'ailleurs souvent la condamnation d'une économie "productiviste" avec celle du "capitalisme", renouvelant ainsi la vieille nostalgie d'un âge pré-industriel et communautaire...

   - Mais il y a aussi l'attitude de la "raison", celle qui prend acte des dangers réels des activités humaines, si elles sont incontrôlées, et recherchent par la négociation les moyens de parvenir à une "gestion concertée" de la planète... Et, à ce titre, il faut reconnaître que l'Europe, en dépit de ses insuffisances,  montre le bon chemin par une politique associant l'information et l'incitation fiscale aux économies d'énergie...

   Finalement, dans ce domaine comme dans d'autres, on peut se souvenir de l'adage de l'écrivain romain Horace au 1er siècle av JC : "Est modus in rebus"... De la mesure en toutes choses...

 

(1) E. Le Roy - Ladurie  Histoire du Climat - Canicules et Glaciers 13°-18° siècles - Editions Fayard

 

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 15:22

   L'arrivée précoce de jours de "beau temps" en ce début de février 2008  - même si elle fait suite à deux mois d'un hiver plutôt froid et humide - a suffi pour relancer le leitmotiv actuel de "réchauffement climatique", avec son cortège habituel des "prophéties" - au sens biblique des prophéties de malheur - annonçant des catastrophes avant la fin du 21ème siècle...

   Il est certes incontestable que, depuis un demi-siècle, se produit un réchauffement climatique, ressenti par l'opinion et attesté par des mesures scientifiques montrant que la température "moyenne" de l'atmosphère de la Terre s'est élevée d'environ 1 degré, ce qui est relativement important, à fortiori si cette élévation devait se pousuivre... Mais, justement, il est pour le moins hâtif et hasardeux de tirer des conclusions en ce sens pour l'avenir proche et
lointain... Car rien n'est sûr dans ce domaine, où la Terre a connu des variations nombreuses et complexes, qu'il s'agisse de variations de grande ampleur à l'échelle géologique ou, à l'intérieur de celles-ci, de variations plus courtes à l'échelle humaine...

   En effet, au cours des temps géologiques, il y a eu de grandes variations - souvent répétées - de la température moyenne de l'atmosphère ... Pour la seule période de l'ère quaternaire, 4 "glaciations" - Gunz , Mindel , Riss et Wurm, cette dernière entre 120.000 et 10.000 avant JC - se sont succédées, en étant séparées par des périodes "interglaciaires"... et actuellement, si l'alternance continue - ce qui n'est qu'une hypothèse - on serait dans une nouvelle période interglaciaire et par conséquent dans une période de réchauffement du climat... Mais cela ne signifie pas pour autant que le réchauffement va continuer ... Il peut aussi, en vertu de l'alternance, se mettre à ...refroidir en vue d'une nouvelle glaciation... Néanmoins, comme ces variations s'étalent sur des dizaines, voire des centaines de milliers d'années, pas d'affolement : il n'y a pas le "feu au lac", ni la glace d'ailleurs...

   Ce n'est pas le cas des variations à l'échelle humaine... A leur sujet, il est utile de se reporter aux études du français Emmanuel Leroy-Ladurie (*) sur l'évolution des undefinedglaciers, en particulier sur l'évolution du glacier d'Aletsch en Suisse, qui a pu être reconstituée grâce à la datation "dendrologique"(croissance des bois soit déracinés, soit revenus en force en fonction de l'avancée ou du recul du glacier), et qui, de surcroît, a pu être mise en relation avec des événements "humains" :
  - Recul des glaces, donc réchauffement, autour de 1000 avant   JC , à un stade tel que le glacier était encore moins important qu'aujourd'hui... L'arrivée progressive d'un climat chaud et sec dans l'axe actuel Sahara-Arabie-Iran peut expliquer les migrations de tribus ou de peuples comme les Hébreux...
  - Avancée des glaces, donc refroidissement, entre 900 et 500 av JC : c'est l'époque des civilisations de l'Orient ancien (Egypte, Assyrie, Babylonie, Palestine, Grèce) qui, plus au sud, devaient donc connaître un climat plus tempéré qu'aujourd'hui...
  - Nouveau recul, donc réchauffement, entre 300 av JC et 150 ap JC : c'est l'époque romaine, où la Méditerranée avait donc un climat tempéré chaud certainement semblable à son climat actuel...
  - Nouvelle avancée, entre 250 et 750 : c'est l'époque des "invasions barbares" venues du nord et de l'est de l'Europe et de l'Asie, et il est possible de les associer à un problème de "survie" à cause du froid...   
  - Nouveau recul, entre 750 et 1300, avec un réchauffement vraisemblablement important ayant correspondu avec l'ampleur des défrichements et la formation d'Etats puissants, comme la France...
  - Avancée apparemment assez rapide , entre 1300 et 1400 : c'est l'époque de la "peste noire" (1347-1348) et de troubles politiques...
  - Et de nouveau, un recul après 1400 : c'est l'époque de la "Renaissance" en Italie (Quattrocento) et en France...
  - Ce n'est pas fini : avancée et donc refroidissement du 16ème siècle au début du 19ème siècle, marqués par des disettes fréquentes en Europe... Le refroidissement est aggravé en 1815 par l'explosion du volcan de Tambora en Indonésie : écran de poussières autour de la Terre... mais tout de même pas de quoi expliquer la chute de Napoléon 1er !...
  - Et depuis la  2ème moitié du 19ème siècle, c'est le dernier réchauffement, qui dure encore, avec des "hauts" et des "bas" intermédiaires que  les mesures permettent dès lors de préciser : hivers très froids entre 1956 et 1963, mais aussi étés chauds de 1976 (avec sécheresse) et canicules de 2003 et 2006, dont la répétition semble traduire une aggravation du réchauffement...

   Mais y-a-t-il pour autant une aggravation définitive?... Pour en juger, il faut d'abord rechercher les causes éventuelles du réchauffement...  Or celles-ci ne sont ne sont pas certaines :
   - L'explication généralement donnée est l'augmentation du taux de dioxyde de carbone (CO 2 - gaz carbonique) dans l'atmosphère, estimée à environ 1/3 en un demi-siècle... Il est certain que l'homme y a contribué par ses activités (industries mais aussi élevage et déforestation) ayant entraîné une production excessive de "gaz à effet de serre"... Mais les terres émergées ne représentent qu'environ 1/3 de la surface du globe, et 1/10ème seulement de ces terres donnent lieu à une exploitation intensive, et il est donc permis de penser que la responsabilité de l'homme, même si elle est regrettable et nécessite des mesures de sauvegarde, est partagée avec d'autres causes... D'ailleurs, comment expliquer les périodes antérieures  de réchauffement à l'ère quaternaire, et plus précisément les précédentes séquences "historiques" où, manifestement , l'homme ne produisait pas beaucoup de gaz carbonique ?...
   - Il y a donc d'autres causes ...mais lesquelles ?... Le volcanisme ? Certainement, mais il n'y a pas beaucoup de volcans en activité, même si certains sont en activité constante (ex: Etna)... L'évolution du rayonnement solaire, notamment avec les phases d'accroissement ou de réduction des "taches" ?... Peut-être, mais l'effet en est mal connu... L'action d'un rayonnement cosmique ?...Mystère...

   Quoi qu'il en soit, il est difficile de tirer des conclusions... Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire ...Un adage dit :"Dans le doute, abstiens-toi"...en l'occurrence, il faut s'abstenir de produire du gaz carbonique sans contrôle... Et l'homme doit donc agir pour protéger son "environnement"..., cette action ne pouvant qu'être utile, même si elle n'est pas suffisante, pour lutter contre le réchauffement... Des analyses sur la population africaine révèlent en effet que le réchauffement du climat dans le Sahel a déjà fait environ 2 millions de victimes directes ou indirectes à cause de la désertification, et 5 millions de personnes déplacées... Et on ne peut donc que saluer les conclusions de la Conférence de Janvier 2008 sur l'environnement, tout en regrettant que certains pays ne soient manifestement pas pressés de les appliquer... A cet égard, il est bon de citer l'appel du représentant de... la Nouvelle-Guinée-Papouasie - un "petit Etat" - au "Grand Etat" que sont ...les Etats-Unis : "Nous aurions voulu que vous soyez le chef de file dans la lutte contre le réchauffement climatique...Au moins, ne vous mettez pas en travers de notre chemin..."

     undefined   Le Pôle Nord de 1979 à 2007          
 
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(*) Emmanuel Leroy-Ladurie
     - Histoire humaine et comparée du climat   Edition Arthème Fayard
     - Article "Les glaciers vont-ils disparaître ?" Revue L'Histoire Février 2008 

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