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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 16:05

   Dès les temps reculés et incertains où il s'est exprimé dans un langage intelligible, l'homme a considéré qu'il se distinguait des autres êtres vivants par la pensée ...Mais cette distinction est sujette à caution, dans la mesure où les progrès de la biologie ont montré que les autres êtres vivants n'étaient pas dépourvus de pensée, même si elle n'avait pas la même importance ...du simple tropisme des plantes aux manifestations rationnelles d'un chimpanzé qui a 98,7 % d'ADN en commun avec l'homme...

 

   Si l'on s'en tient à l'homme, la pensée n'est manifestement pas chez lui une entité abstraite à laquelle il accèderait par la réflexion, une sorte de "noumène" comparable à d'autres notions comme "l'âme" ou "Dieu"...Elle est en effet propre à chaque individu, ce que le philosophe français Pascal a exprimé dans  ses ..."Pensées" par la formule : "L'homme est un roseau pensant" ...Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il a toujours la "liberté" de penser, c'est-à-dire la possibilité d'exprimer une opinion qui soit son idée personnelle...

 

   En effet, la pensée a longtemps été une expression collective que chaque individu ne pouvait pas transgresser ...D'abord intégrée à des pratiques magiques, elle a ensuite donné lieu à des "doctrines" religieuses : ce n'est pas par hasard que les religions "monothéistes" se fondent sur un livre de référence, la Bible pour le judaïsme et le christianisme, et le Coran pour l'islamisme ..., tout écart étant considéré comme une "hérésie", et les responsables comme de "mal-pensants"...

 

   Ce n'est que tardivement, et non sans atermoirements et souvent des luttes, qu'au moins dans l'Occident, la pensée s'est en quelque sorte "libéralisée" au profit de chaque individu ...A la suite d'un autre philosophe français, Descartes, qui avait affirmé la plénitude de la pensée chez chaque homme dans sa formule "Je pense, donc je suis", ...les philosophes du 18ème siècle ont exprimé leur pensée, autrement dit fait connaître leur opinion sur tous les sujets de l'activité humaine, au prix de tracasseries diverses de la part des autorités politiques ou religieuses alors en place...

 

   Car la liberté d'opinion n'a pas été un chemin bordé de roses...En France même, où la Révolution de 1789 avait proclamé la liberté sous toutes ses formes, et notamment celle de l'opinion, dans la célèbre "Déclaration des Droits", ...cette liberté sombre dans la Terreur de 1792 ...avant de connaître toutes sortes d'aléas dans la dizaine de régimes s'étant succédés jusqu'à la 5ème République actuelle ...Et il en est de même, à des titres divers, dans les autres pays du monde, notamment au cours du 20ème siècle, marqué par la multiplication d'Etats "totalitaires" excluant par définition et sanctionnant même toute opinion contraire au régime, à l'instar du régime nazi en Allemagne : "Ein volk, ein Reich, ein Fuhrer" ! ...ou du régime soviétique en URSS ..., comme de tous les régimes anciens ou - hélas - à venir , qui sont ceux de la "pensée unique"...

 

   Néanmoins - "mutatis mutandis" - il semble que la liberté d'opinion, malgré des reculs ou de nombreuses insuffisances, tend à progresser dans l'ensemble du monde, ...précisément en raison de la "mondialisation" ...Car celle-ci a pour effet de faire connaître rapidement ce qui se passe sur toute la Terre ...Le temps n'est plus - ou il est de moins en moins - où chaque Etat pouvait règler ses affaires en circuit fermé, car le progrès du "numérique" a pour effet que tout évènement est aussitôt connu et peut permettre une réaction "en temps réel" dans le monde des "médias", qu'il s'agisse des sites web, des réseaux sociaux, des blogs, et ceci, avec la généralisation des téléphones portables et autres "smartphones", de la part de chaque individu ...C'est ainsi que des pays comme la Tunisie et l'Egypte ont pu connaître une réaction en "traînées de poudre" de leurs ressortissants, exprimant de cette façon leur liberté d'opinion, même si celle-ci reste fragile...

 

   Car la liberté d'opinion reste fragile et peut sans cesse être remise en cause, dans la mesure où elle se heurte au principe "d'autorité" qui pousse des hommes  à vouloir en imposer aux autres, arguant même parfois que c'est "pour leur bien" ...La France est, comme toujours, un bon (?) exemple, où l'on veut sans cesse imposer des changements, même si les Français ont exprimé une opinion contraire ou ont refusé de l'exprimer...

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 00:30

   Le bonheur fait partie des préoccupations constantes des hommes, mais sa recherche a été  très variable au cours de l'Histoire ...Ainsi,  il y a eu des périodes où les hommes ont été surtout soucieux de leur "bien-être", c'est-à-dire de leur confort matériel - comme celle de l'Empire Romain à son apogée au 2ème siècle ...ou celle de la société de consommation occidentale au 20ème siècle - ...et il y en a eu d'autres où les poètes ont manifesté en  leur nom une "nostalgie" d'un bonheur plus ou moins idéalisé, comme Du Bellay au 16ème siècle ..."Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage" ...ou encore Verlaine au 19ème siècle ..."Le ciel est par dessus le toit, si bleu, si calme" ...Et, actuellement, en ce début du 21ème siècle et du 3èmme millénaire, le thème du bonheur revient comme une résurgence, à en juger par les titres des revues depuis 2 ans et la multiplication des études sur ce sujet : environ 1200 à la Bibliothèque Nationale ...comme si les hommes en avaient un besoin pressant pour faire face aux réalités de la vie ...Mais un besoin de quoi ?...

 

   En effet, qu'est-ce que le "bonheur" ?...Le dictionnaire, censé traduire la "connaissance", n'évoque qu'un "état de la conscience pleinement satisfaite", ce qui n'est pas vraiment satisfaisant, et il n'en donne d'ailleurs que des "synonymes" comme plaisir, joie, allégresse, félicité, extase, béatitude, ce qui revient à tourner autour du sujet en montrant divers aspects sans en traiter le fond ...Car le bonheur ne se résume pas dans des "réactions" personnelles ou collectives limitées dans le temps, ...il s'inscrit dans la durée ...Autrement dit, il n'existe que dans la continuité ...Lamartine l'avait bien compris, qui s'exclamait :

          "Ô Temps, suspends ton vol

            Et vous , heures propices,

            Suspendez votre cours,

            Laissez-nous savourer les rapides délices

            des plus beaux de nos jours..."

 

   Mais le bonheur n'est pas seulement le rêve des poètes ...Il est aussi un sujet de réflexion pour les philosophes, et ceci depuis l'Antiquité ...Déjà Epicure affirmait : "Vide est le discours des philosophes s'il ne guérit pas la maladie de l'âme" ...A l'époque, on croyait à la possibilité de parvenir ausans-titre1-copie-1.jpg bonheur sur terre, à condition de s'en donner les moyens : "Connais-toi toi-même", disait Socrate ...Zénon le stoïcien disait que le bonheur est "affaire de volonté" ...Et l'Empereur Marc-Aurèle maniait le paradoxe en suggérant que "c'est un bonheur de supporter le malheur avec courage"... Il est vrai que le christianisme, avec la notion même de "Paradis", repousse le bonheur à la "fin des temps", et Jésus-Christ fait le sacrifice de sa vie pour le salut des hommes qui ne trouvent sur la Terre qu'une "vallée de larmes" ...Et ce ne sont assurément pas les conflits et les massacres de toutes sortes depuis le "début des temps" qui peuvent apporter la contradiction ...D'ailleurs, quand l'influence prégnante de sans-titre2---Monde-Religions.jpgl'Eglise commence à s'effacer, les philosophes ne conçoivent qu'un bonheur "relatif" qui ne peut être atteint qu'à condition de cesser de croire à un bonheur "absolu" ...Pour Kant, celui-ci n'est qu'un "idéal de l'imagination" ...Spinoza et, à sa suite, les "Philosophes des Lumières" ne conçoivent le bonheur que dans le cadre d'un "Pacte social", où, d'ailleurs, Rousseau s'illusionne sur la bonté des hommes... Telle est aussi l'illusion de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen en 1789, qui veut "assurer le bonheur de tous" ...et le "montagnard" Saint-Just va mêle la porter jusqu'à la caricature en voulant instituer un "bonheur obligatoire et réglementé" dont l'interface a été la Terreur ...A partir du 19ème siècle, avec les excès du "libéralisme" économique engendrant la formation d'un prolétariat misérable, se développent des théories "socialistes" inspirées aussi par le souci d'un "bonheur universel", où l'on veut refaire le monde dans des structures idéales - le "socialisme utopique" de Fourier, Proud'hon et Sant-Simon - ou par la "lutte des classes - le "socialisme scientifique" de Marx et Engels ...On connaît la suite au 20ème siècle, où la ruine des idéologies et de leurs perversions "nationales-socialistes" est certainement une des causes de cette nouvelle recherche du bonheur au début du 21ème siècle, avec cette différence majeure qu'il ne s'agit maintenant que du bonheur "individuel", celui de son "égo" pour chacun, et non plus d'un bonheur "universel"...

 

   Mais se pose alors un problème touchant à la "nature" même des hommes ...Celle-ci prédispose-t-elle les hommes à être "heureux" ?...Des chercheurs de la Nouvelle-Zélande viennent d'isoler un gène - le 5HT1 - transmetteur la "sérotonine", c'est-à-dire un "neuro-médiateur" assurantsans-titre3---Sciences-et-Avenir.jpg la régulation de l'humeur ...Et il en ressort que chaque homme peut être "profilé" pour voir "la vie en rose" ...ou être "dépressif", ...avec bien entendu tous les états intermédiaires ...De là à imaginer qu'il peut y avoir alorsune "pilule du bonheur", il n'y a qu'un pas ...mais, il est vrai, un grand pas, car on touche au problème des "manipulations génétiques" attentatoires à la liberté ...Il n'en reste pas moins que "l'idée du bonheur" n'est peut-être que le résultat de "circuits dans le cerveau", dont on n'a pas certainement ma maîtrise ...On peut penser à ce propos aux "génies", aux "mystiques", à tout ce qui, dans le comportement des hommes, peut êre ..."irrationnel"...

 

    Alors la recherche du bonheur est-elle vaine ?...N'est-elle qu'un sujet de méditation ?...Est-il vraiment malheureux de ne pas être heureux ?...Peut-être, comme l'a dit André Maurois, "le bonheur est une fleur qu'il ne faut pas cueillir" ...

 

  

           

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 17:25

   L'homme a toujours eu des rapports avec la nature, pour la simple raison qu'il en fait partie au même titre que les autres êtres vivants et les choses inertes ...Mais ces rapports sont pour eux plus complexes dans la mesure où ils en ont conscience et qu'ils agissent sur elle comme elle agit sur eux...

 

   Il fut un temps où, avec les progrès de la science, l'homme s'extasia devant la nature ...Faisant écho à la Bible qui, dans la Genèse, évoque le "Paradis Terrestre", des philosophes comme Descartes, Mersenne ou Rousseau et, à leur suite, la Franc-Maçonnerie, ont pu croire à "l'harmonie universelle", symbolisée par la gravitation des astres ...Mais chacun sait qu'Adam et Eve ont été chassés du Paradis Terrestre et que l'homme a été confronté dès l'origine aux réalités de la nature et que celle-ci lui réserve même souvent  des "catastrophes", qu'il s'agisse, entre autres, de l'explosion du Santorin qui ruina vers 1500 av.JC la civilisation crétoise, de l'éruption du Vésuve qui saccagea Herculanum et Pompéi en 79 av.JC, et plus récemment du tremblement de terre de Lisbonne en 1755 ...et d'Haïti en janvier 2010, de la chute d'une météorite géante en Sibérie en 1908, du tsunami de l'Océan Indien en décembre 2004 ...ou du raz-de-marée en Charente  le 5 mars 2010 ...ou encore de l'explosion du volcan Eyjafjöll en Islande le 23 mars suivant, avec son nuage de cendres ayant perturbé la circulation aérielnne sur une grande partie de l'Europe...

 

    Et pourtant l'homme n'a pas cessé d'assurer son emprise sur la nature ...d'abord limitée des temps préhistoriques au Moyen-Age à une exploitation du sol ...puis accélérée à partir des Temps Modernes avec la multiplicité des découvertes et des techniques lui ayant donné une maîtrise accrue du sol, de l'eau et de l'air et le menant même à des premiers pas dans la conquête de l'espace ...Mais, manifestement, la nature reste, sans commune mesure, la plus forte, et l'homme, même s'il est passé en 1 ou 2 millions d'années de quelques groupes peu nombreux et isolés à près de 7 milliards d'individus en 2010, n'est qu'une fourmilière installée sur un baril de poudre, exposée aux colères de la Terre , ainsi qu'aux objets célestes semblables à celui qui, il y a des centaines de millions d'années, mit fin au règne des dinosaures...

 

 

   La faiblesse de l'homme est d'autant plus grande qu'il a jusqu'à présent exploité la nature sans autre souci que son propre intérêt ...et, si sa domestication a abouti à une "humanisation" d'une partie importante de la surface terrestre - des paysages "agricoles" aux constructions "citadines" avec leurs tours traduisant son orgueil - elle a aussi donné lieu à des catastrophes de tous genres (incendie du tunnel du Mont-Blanc 25 mars 1999 , déversement de pétrole dans la mer - du Torrey-Canyon 18 mars 1967 à celui du Golfe du Mexique 29 avril 2010...) et elle a multiplié des espaces ravagés, comme celui des boues pétrolifères de l'Alaska, ou le territoire infesté de Tchernobyl ..Elle a par ailleurs contribué largement à la disparition de milliers d'espèces végétales ou animales. sur la terre ou dans les mers...

 

   ...Sans oublier que l'homme a toujours été, malgré l'accroissement de son emprise sur la nature, ...un loup pour l'homme, que c'est apparemment dans sa nature de l'être et de le rester ...Sinon, comment expliquer ses luttes fratricides et de plus en plus coûteuses depuis ses origines jusqu'aux 2 guerres mondiales où, avec des millions de morts dans des combats ou des camps d'extermination, il a battu ses records en matière d'hécatombe ...Et ce n'est malheureusement pas fini, parce que, maintenant encore, on peut se demander si l'attentat du 11 septembre 2001 ayant détruit 2 tours de New -York et fait plusieurs milliers de victimes n'a été qu'un prologue ...et si les guerres larvées qui persistent en Irak, en Afghanistan, au Soudan...ne vont pas faire apparaître des "fous" capables de faire sauter la planète, comme Hitler l'espérait encore avec ses "armes secrètes" avant de disparaître dans son bunker de Berlin en mai 1945...

 

   Car l'homme ne reste pas seulement sous la menace constante de la nature qui lui rappelle sa faiblesse ...mais il reste sous la menace de lui-même ...Il est vrai que sa nature est double, et qu'à la force du "Mal" n'a jamais cessé de s'opposer la force du "Bien", cette dialectique fondamentale étant même à l'origine de religions comme le manichéisme ou de philosophies comme celle de Nietsche ...Et, de fait, il y a eu, à travers l'histoire, des individus qui se sont dressés pour proclamer la solidarité des hommes et défendre les malheureux et les opprimés ... Tels... Jésus qu prêcha aux hommes de "s'aimer les uns les autres" et dont les fidèles firent de lui pour cette raison un "Dieu" ...ou, plus tard, Saint-Vincent-de-Paul, ...Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, ...le Docteur Schweitzer, ...l'Abbé Pierre, ...Martin Luther King (I've a dream...) ...combien d'autres encore, anonymes ou oubliés ...Et puis, il y a toutes ces organismes fondés pour améliorer le sort des hommes ou conjurer leur conflits - hélas, parfois, vainement - comme  l'Onu, L'Unesco, l'Oms ...et toutes les Ong  ...et toutes ces conférences qui, lentement mais sûrement, contribuent à une meilleure entente entre les peuples...

 

   L'humanité a un double sens : elle n'est pas seulement le rassemblement des hommes ...Elle est aussi la bienveillance ..Et si elle a souvent été l'orgueil, elle peut aussi être l'humilité...

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 17:19

   Le "18 juin" est, en cette année 2009, un jour béni pour "philosopher", c'est-à-dire - au sens étymologique - être un "ami de la sagesse" en cherchant à organiser les connaissances du monde en un système aussi cohérent que possible...

   Pourquoi un jour béni ?...Il n'y a pas en ce jour de manifestation religieuse, en dehors de la célébration de la "Saint Léonce" qui n'a pas laissé de souvenir particulier ...Il y a, certes, le souvenir de la victoire de Jeanne d'Arc - devenue "sainte" ultérieurement - à Patay sur les Anglais le 18 juin 1429, mais cette victoire est oubliée ...Comme est oubliée la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1915, qui n'a jamais donné lieu à une commémoration, du moins en France ...En contrepartie, il y a le 18 juin 1940 où, au terme du désastre de l'invasion de la France par les Allemands d'Adolf Hitler, la voix d'un inconnu, le Général De Gaulle, s'éleva à Londres pour proclamer que "la France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre" ...Appel devenu célèbre ...plus tard, car il fut alors entendu par peu de Français, la majorité s'étant tournée avec soulagement vers un "Père de la Patrie", le Maréchal Pétain, qui "avait fait à la France le don de sa personne ...pour atténuer son malheur" ...et signer un armistice...
 

   Non, le 18 juin est un jour béni pour philosopher ...parce qu'il est en 2009 le jour ...de l'épreuve de Philosophie du Baccalauréat ...l'épeuve initiatique d'un examen devenu mythique en France ...Car, en cette occasion, ce sont plus de 600.000 "jeunes Français" qui vont réfléchir sur les connaissances du monde, même s'ils n'ont pas l'expérience de la vie ...Expérience qui, il est vrai, n'est peut-être pas nécessaire, car "l'épreuve" ne les engage pas à disserter sur cette expérience, et notamment les problèmes qui les attend, comme celui de leur emploi, mais simplement (?) de "penser", c'est-à-dire de manipuler des idées et des concepts de façon "gratuite", comme le note l'écrivain Hervé Hamon dans un éditorial de ce jour (*) :

   "On ne s'attardera pas sur les banales questions de cours, du style  "Quelle différence existe-t-il entre un art et une technique ?" , ni sur les laborieux commentaires de "l'impératif catégorique" ...On se passionnera pour le grand sujet, celui qui vous propulse vers les espaces infinis, vers les ténèbres intérieures, vers ces jeux d'esprit ...qui font passer un chameau par le trou d'une aiguille...
   Il y a le truisme arraché à sa fausse évidence : "
La nature fait-elle bien les choses ?"...
 
    Il y a, plus subtiles, les éblouissantes volutes du paradoxe :"Est-il socratique d'imiter Socrate ?"...
   Il y a l'exploration fascinante des profondeurs psychologiques, auprès desquelles les sous-marins d'Ifremer sont peu de chose :"
En quel sens peut-on dire de quelqu'un qu'il a du caractère ?"...
   ...Il y a, bien sûr, le dépouillement radical, la notion toute nue, sans même une question, sans aucun apparat, ...autour de laquelle on tourne comme le démineur s'approche de la bombe : " Le tout et sa variante le rien" ...
   Il y a l'éternelle ressource du temps, contracté, dilaté, porteur d'espoir, porteur de mort :" La mémoire annonce-t-elle le futur ? ...Etre conscient, est-ce être conscient qu'on cessera d'être ?"...
   Et puis les immenses champs, toujours verts et ouverts, de la morale et de la politique : "
Le juste calcule-t-il ?" ...ou ceux de la métaphysique, des nuages : "Dieu peut-il décider qu'il n'existe pas ?"...

   Pour les candidats, la philosophie, c'est vraiment : Quo non ascendam ?...Où ne monterai-je pas ?...Comme disait Nicolas Fouquet au 17ème siècle, ce qui lui valut la disgrâce de Louis XIV ...Disgrâce que ne risque pas, il est vrai, la majorité des candidats puisque plus de 80% seront reçus au Baccalauréat, ...proportion flatteuse facilitée par tous les conseils donnés pour leur dissertation : introduction posant le problème, développement en trois points - la thèse, l'antithèse et la synthèse - avec ce qu'il faut de citations judicieuses et même d'opinions personnelles (mais pas trop ...et pas trop partiales...) ...sans oublier la conclusion qui doit clore le débat ...ou l'élargir vers des horizons nouveaux, ...sans les traiter, sous peine d'être "hors sujet"...

   Ce qui, tout bien "réfléchi", est d'ailleurs dommage ...Car "philosopher", n'est-ce pas finalement, s'il est permis de jouer sur les mots, "sortir du sujet" ...c'est-à-dire de la "convenance" ...et en dépasser les limites ...Mais cela n'est qu'une "réflexion de vieux" ...et il ne faut pas le dire aux "jeunes" qui risqueraient d'être condamnés sans appel, ...même un 18 juin !...

(*) Auteur de "Demandons l'impossible"- Editeur Panama - Editorial paru dans le journal Ouest-France du 18 juin 2009


   
    
 

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 16:45
   En intitulant ainsi son numéro de février 2008, la Revue L'Histoire reprend un débat récurrent ...depuis un siècle et demi, mais connaissant actuellement un regain d'intérêt : celui opposant le "créationnisme" et "l'évolutionnisme" pour expliquer l'origine des espèces, dont l'homme ...Mais le débat ne s'arrête pas là, car il oppose plus largement et une fois de plus les deux registres de la Connaissance : la "Religion" et la "Science"...
   

   Avant Darwin, le débat pouvait paraître relativement simple : il y avait l'explication séculaire des textes religieux, en particulier la Bible et le Coran, suivant lesquels le monde avait été créé par Dieu et ne pouvait donc pas changer : c'était la thèse du "fixisme de la Création", autrement dit du "créationnisme", inspiré par la notion fondamentale de la "Providence divine"... Mais cette thèse était déjà battue en brèche depuis le 18ème siècle par les héritiers de la "Philosophie des Lumières", notamment par le français Lamarck qui, dans son livre "La Philosophie Zoologique" (1809) défendait contre son concitoyen Cuvier, connu pour sa classification définitive des espèces, la notion d'une "évolution des espèces" : celles-ci seraient à l'origine nées de la matière inerte pour aboutir à des organismes de plus en plus complexes, dont l'homme serait l'aboutissement... Au "providentialisme religieux", il substituait donc le "progressisme scientifique"...

   Or l'anglais Darwin, avec la parution de son livre "L'origine des espèces" (1859), remettait tout en question : non seulement il niait l'explication "religieuse" - s'attirant les foudres de l'Eglise et des milieux conservateurs de l'époque ( presse satirique exploitant l'interprétation fausse de "l'homme descendant du singe") - mais il mettait également à mal l'explication "scientifique" en niant toute progression dans l'évolution... En effet, il introduisait la notion de "sélection naturelle", celle-ci étant assurée non pas par une action délibérée - et donc "scientifiquement explicable" - mais par le "hasard" - évidemment indémontrable par la science ...Selon lui, les espèces sont assujetties à des "variations" dépendant de leur "milieu", c'est-à-dire des conditions d'existence : celles qui trouvent des conditions favorables se reproduisent plus facilement et arrivent à "survivre", et au contraire, les autres sont appelées à disparaître... On imagine pourquoi il y eut alors "l'affaire Darwin" tout au long du 19ème siècle...
   
   Néanmoins, les esprits s'étaient apaisés au 20ème siècle, et l'Eglise elle-même, suivie sur ce point par les musulmans éclairés, avait admis, notamment avec les encycliques du Pape Pie XII, qu'il fallait se tenir non plus à une lecture "littérale" mais à une lecture "symbolique" de l'Ecriture... Et les exégètes juifs et chrétiens de la Bible, surtout après le Concile Vatican II (1962), avaient reconnu, en raison même de l'écriture relativement tardive de la Genèse sous l'époque perse (5ème- 3ème siècles), que les "histoires" de Création en 7 jours, d'Adam et Eve, du Déluge, etc... n'étaient pas des récits ...historiques, mais des explications "merveilleuses", plus ou moins empruntées aux vieux "fonds" de l'Orient ancien, en particulier aux civilisations de la Mésopotamie (Epopée de Gilgamesh - 4ème et 3ème millénaires avant JC)... D'ailleurs l'Eglise, renonçant à faire descendre l'humanité d'Adam et Eve, se contente désormais d'affirmer que le monde, quelle qu'en soit l'origine, "vient de Dieu"... Et de leur côté les savants ont depuis longtemps assumé la notion de sélection, en montrant que celle-ci a conduit à la supériorité de l'homme "sur les autres animaux" en raison d'un développement plus important de son cortex cérébral...

   Tout au plus peut-on exprimer des réserves sur ce "développement", manifestement insuffisant à en juger par la persistance de la "sauvagerie de l'homme", qu'il s'agisse de crimes individuels ou de conflits collectifs... Peut-être aussi, faut-il mettre sur le compte de ce développement insuffisant la persistance d'une pensée "extrêmiste" - dans le domaine d'un créationnisme sans fondement, malgré son succès actuel aux Etats-Unis, comme dans d'autres domaines (ex: l'eugénisme...), de la part de fanatiques incapables d'admettre non seulement l'évolution des espèces, mais ...l'évolution des esprits, pourtant de plus en plus disposés à admettre la co-existence de la science et de la religion...
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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 15:34

   Il y a quelque forfanterie à prétendre établir une relation entre le fait de "croire" et le fait de "savoir", qui sont les deux éléments fondamentaux de la "connaissance" pour les hommes... Aussi la présente étude est-elle "inspirée" par le livre de la libanaise Nayla Farouki, professeur de philosophie à Beyrouth : "La Foi et la Raison, histoire d'un malentendu" (*)...

   En effet, le problème de cette relation est qu'elle n'a jamais pu être établie de façon durable... En ce qui concerne le christianisme, les Pères de l'Eglise comme Saint Augustin ou Saint Thomas d'Aquin ont cherché à associer le message évangélique et la pensée gréco-romaine, mais sur le plan pratique il y a eu depuis des siècles une opposition quasi-systématique entre la "religion" et la "science" : c'est ainsi que l'Eglise a condamné en 1633 Galilée, et par conséquent l'observation objective,  au nom de la "foi"...Et inversement, le "scientisme" a voulu à la fin du 19ème siècle réduire la "croyance" à une explication "folklorique" au nom de la "raison"...

   En fait, la relation entre "croire" et "savoir" ne peut être comprise que si elle est rapportée à l'histoire même de la réflexion humaine...Celle-ci ne s'est développée au plus tôt que vers 1000 avant JC, c'est-à-dire quand l'homme sort progressivement de l'explication "magique" du monde... Et cette réflexion a abouti autour de la Méditerranée, sans qu'on en sache vraiment la cause, à deux systèmes de pensée ayant chacun leurs concepts et leurs méthodes, l'un plutôt "oriental", et l'autre plutôt "occidental" :
   - Le système oriental est fondé sur la foi monothéiste, c'est-à-dire sur la croyance en "Un Dieu" transcendant qui permet aux hommes de se dégager du monde en leur laissant la "liberté" de participer ou non à son "projet"...
   - Le système occidental correspond à l'origine à la pensée grecque considérant que les hommes font partie d'un monde cohérent, dont ils ne peuvent pas sortir et où ils doivent donc trouver leur place...

   Dans ces conditions, il est évident que "mélanger la science et la religion" ne peut aboutir qu'à des absurdités : vouloir analyser la Bible scientifiquement - en montrant par exemple qu'elle contient des affirmations objectivement impossibles (ouverture de la Mer Rouge, Jonas dans la baleine, Résurrection de Jésus, etc...) - n'a aucun sens, car il ne s'agit que d'allégories ...Et inversement vouloir soumettre la science à la théologie - par exemple chercher dans le monde les preuves de l'existence de Dieu - ne vaut pas mieux...

   Il en résulte que la notion même de "connaissance" ne peut être monopolisée ni par la science, ni par la religion... La religion reste fondamentalement le domaine de "l'irrationnel" et ne peut pas permettre des "découvertes"... Mais inversement la science a ses propres limites et ne peut pas explorer le domaine de la pensée, dans ce qu'on appelle de façon significative la "métaphysique"... Il n'est donc pas anormal que les hommes - et parfois des savants eux-mêmes comme Einstein, ce qui est assurément une référence - aient, parallèlement à l'observation objective et au raisonnement, une "démarche éthique" consistant à aller vers la transcendance, c'est-àdire à la recherche de l'harmonie et du bonheur...
 

(1) Edition Flammarion 1996 - Voir Article de Dominique Leglu Revue Sciences et Avenir Janvier 2008

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13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 15:07

   Evoquer la fin du monde est tout aussi vain que rechercher son origine, mais il n'est pas davantage interdit d'y réfléchir en toute modestie, sans se prendre pour un ...prophète !

   "Tout" se tient : le futur passe par le présent pour devenir le passé. Et le passé permet dans une certaine mesure de prévoir l'avenir : ainsi, dans l'univers, il y a des étoiles tellement lointaines qu'elles brillent encore, alors qu'elles ont disparu, et inversement des étoiles nouvelles existent mais ne sont pas encore apparues... Plus... près de nous, on peut prévoir les mouvements relatifs du Soleil et la Lune, ou encore la succession des saisons... et, à une beaucoup plus grande échéance, la naissance d'une mer dans les failles de l'Afrique orientale...

 

   Pour autant, on n'est pas capable de prévoir correctement le temps du lendemain...et encore moins le nom du prochain Président de la République ! Déjà, naguère, les souverains avaient des astrologues - et on parle encore de Nostradamus ! Maintenant les Chefs d'Etat ont des experts, mais ils ne sont pas plus avancés, car ceux-ci passent leur temps à se tromper, à l'image de leurs prévisions sur l'évolution de la population mondiale... Bref, on ne "maîtrise" pas l'avenir, et c'est tant mieux, car "on ne vivrait plus" à tous les sens de l'expression, si on le connaissait : que serait la "liberté" des hommes, si l'avenir était connu ?...La Bible elle-même n'ignore pas cette "liberté", puisqu'elle fait dire à un Dieu tout puissant que les hommes restent libres de suivre ou non ses "Commandements"...

   Mais, au delà de leur avenir immédiat, les hommes s'inquiètent de leur propre "fin", et à travers elle,... de la "fin du monde"... Les religions parlent de "Nirvana" ou de "Paradis", et Jésus-Christ lui-même évoque l'arrivée du "Royaume de Dieu" - la "Parousie" - avec cette réserve qu'il le présente comme "proche", suivant les évangélistes, alors qu'on l'attend encore... Il est vrai que l'Apocalypse de Saint Jean peut faire craindre le pire... Et les savants ne sont pas en reste, avec la "future" disparition du Soleil et le retour possible de l'Univers au Néant...

 

   En conclusion, comme pour l'origine du monde, la "fin" est "Tout" ou "Rien"... L'Alpha et l'Oméga ! On n'est pas plus avancé... 

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12 janvier 2006 4 12 /01 /janvier /2006 15:21

   S'il est une recherche aussi constante que vaine pour les hommes, c'est bien l'origine du monde, car il n'y a jamais eu de résultat... Mais il n'est pas interdit de "s'amuser" à en connaître les raisons... Après "tout", il faut que "Genèse se passe"...

   Dans ce domaine comme dans d'autres, les hommes ont d'abord donné une réponse en dehors de toute "raison", qu'il s'agisse de magie, de superstition, ou de religion... Evidemment, on peut citer la Bible : "Au commencement, était le Verbe, et le Verbe était Dieu... Il créa le Ciel et la Terre, etc"... Et d'autres explications "divines" ont été données dès l'Antiquité, en Mésopotamie, Egypte, Grèce, Inde ou Chine... Mais ces explications théologiques ont reculé devant les progrès de la science...

   En effet, la Science, en étudiant les vestiges du passé, a pu marcher "à contre-temps", c'est-à-dire à "rebrousse-temps", du passé des hommes à celui de la Terre, puis à celui de l'Univers... au "point" qu'on en est arrivé à la phase jugée primordiale, il y a des milliards d'années : le "Big-Bang", où "Tout" est censé avoir commencé à partir de "Rien" : commencement de "l'Espace" à partir d'un "point" infinitésimal et puis expansion donnant poussières, galaxies, étoiles et planètes, etc... mais aussi commencement du "Temps" mis en valeur dans la Relativité d'Einstein comme la "quatrième dimension"... Oui, mais voilà : savants et théologiens - autrement dit la Physique et la Métaphysique - peuvent désormais s'interroger sur "l'avant-Big-Bang", c'est-à-dire sur "l'avant-espace" et "l'avant-temps" pour les uns... et "l'au-delà" pour les autres... L'anti-matière avant la matière (?)... ou Dieu (?) avant le monde...

   Ou alors, c'est l'esprit de l'homme qui est  en "cause"..., avec son souci de rechercher toujours les "causes" et les "effets", alors que "tout" échappe peut-être à la logique : "Tout" ou "Rien"... Un "point"...c'est "tout"...

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