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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 16:30

   Une fois de plus, le Moyen-Orient fait parler de lui ...Ce n'est pas nouveau puisque, depuis l'Antiquité, il fait parler de lui, et les "décapiteurs" des confins de la Syrie, de l'Irak et de l'Iran font penser aux Assyriens de l'Antiquité qui faisaient passer les anciens habitants de leurs conquêtes "au fil de l'épée"...

 

  En fait, il n'y a jamais eu dans le Moyen-Orient d'Etats stables, faute de frontières naturelles ou, à défaut, d'Etats centralisateurs capables de s'imposer définitivement, comme cela a été le cas en France ...Il y a eu depuis l'Antiquité successivement Sumer et Akkad, la Babylonie, l'Assyrie, la Perse, l'Empire Arabe, les Ottomans réduits maintenant à la Turquie ...Et il y a une ethnie qui, par contre, a toujours persisté sans jamais avoir un Etat qui lui soit propre, à savoir les Kurdes, considérés par certains comme les descendants des anciens Hittites ...Ils sont actuellement répartis en 4 pays : l'Est de la Turquie (15 millions), le Nord de l'Irak (5,6 millions), le Nord-Ouest de l'Iran (8,4 millions) et l'Est de la Syrie (1,9 million) , soit une population tout de même considérable (environ 31 millions) ...Ils n'ont eu un "territoire autonome" que 3 ans après la 1ère Guerre mondiale, à la suite du démantèlement de l'Empire Ottoman appartenant au clan des vaincus, ceci grâce au Traité de Sèvres (1920) qui fut annulé par le Traité de Lausanne, instituant un nouveau partage de la région...

 

   Alors, faut-il compter sur les Kurdes, en se contentant de les aider, pour contenir, voire éliminer ces résidus égarés d'anciens soldats de Saddam Hussein qui infestent la région "au nom d'Allah", ce que désavouent les musulmans de tous pays ?...Et, s'ils y parviennent, est-on prêt à leur accorder un territoire pris sur les 4 pays concernés ou, de manière plus compliquée, 4 pays autonomes par rapport aux 4 pays, dans ce qui serait "les Etats-Unis du Kurdistan" ou un  "Kurdistan fédéral" évoqué par Kendal Nezan, Président de l'Institut Kurde de Paris ?...

 

Réf : Journal La Croix du 27 0ctobre 2014 - Pages 1 à 3

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 15:31

   Il fut un temps - après la lointaine et partielle unification de l'Europe par Charlemagne qui, lui-même, en se faisant couronner Empereur à Rome en l'an 800, voulait reprendre à son compte l'ancien Empire Romain - où l'Europe était profondément divisée ...La société féodale au Moyen-Age avait vu se multiplier des principautés, duchés, comtés et baronnies à l'infini dans ce qui avait été l'Europe, ...avec des guerres intestines comme la Guerre de Cent ans, la Guerre de Trente ans, etc ...jusqu'aux deux Guerres mondiales du 20ème siècle ayant opposé plus particulièrement les pays européens, surtout la France et l'Allemagne...

 

   Tant bien que mal, après la deuxième Guerre mondiale 1939-1945, une "Communauté" s'était construite en Europe, d'abord sur le plan économique (Commmunauté Economique du Charbon et de l'Acier - CECA - limitée à la France, l'Allemagne Fédérale et le Bénélux), puis sur le plan politique (Communauté puis Union Européenne élargie de l'Europe occidentale à l'Europe orientale après la chute de l'URSS) ...Certes, il y a eu la monnaie européenne (l'Euro) , important facteur d'union, , mais il y avait encore beaucoup à faire, notamment à savoir si l'Europe devait continuer à être dirigée par un Conseil ou (et) une Commission à majorité indécise ou être confiée à l'autorité d'un(e) Président(e) à pouvoirs précis dans un temps limité ...Mais au moins l'Europe était en marche ...Il fallait laisser du temps au temps...

 

   Pourquoi alors, maintenant, ce renouveau de "nationalismes" souvent étroits faisant ressortir de vieilles lunes identitaires ? ...L'Ecosse, quittant le Royaume-Uni en dépit des liens étroits bâtis avec le temps, y compris dans des symboles (Prince d'Edimbourg, drapeau de l'Union-Jack) ? ...Mais aussi la Catalogne voulant "choisir son avenir" dans la péninsule ibérique, ce qui concernerait d'ailleurs la région de Perpignan en Franve ? ...Et encore ...le Pays basque, lui aussi à cheval sur les Pyrénées entre la France et le reste de l'Espagne  ?...Et, pendant qu'on y est, en Belgique les Flamands se séparant des Wallons, ceux-ci rejoignant la France ...et, à l'est de la France, les Alsaciens-Lorrains faisant valoir leur langue régionale ? ...Et encore ...pourquoi pas les Bretons faisant valoir avec le Pays de Galles et ...l'Ecosse le mythe celtique ?...

 

   Il y a pourtant déjà eu un certain bazar en Europe avec l'éclatement de la Yougoslavie ...Il y a pourtant maintenant le bazar en Ukraine tiraillée entre l'Union Européenne et la Russie ...Ce n'est pas suffisant ? ...Il faut en remettre ?!... Et ceci alors que, dans le monde, à côté des grandes puissances anciennes comme les Etats-Unis ou la Russie, sont apparues des grandes puissances nouvelles comme la Chine et l'Inde en Asie, le Brésil en Amérique et déjà le Nigéria et l'Afrique du Sud en Afrique ... Et alors que, peut-être,  le réchauffement climatique va entraîner des exodes massifs pouvant être générateurs de désordres, voire d'une 3ème Guerre mondiale, est-ce le moment pour certains pays européens de se regarder le nombril et de créer un désordre inacceptable ?...

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 15:06

   Le monde n'a jamais été pacifique et l'Histoire est émaillée de tous les conflits qui n'ont jamais cessé de s'y produire ...Mais il avait gardé une certaine cohérence en ce sens qu'il y avait une certaine logique, même pour les conflits : dans l'Antiquité  les Grecs contre les Perses, puis les Romains contre les Germains, ...au Moyen-Age, la France contre l'Angleterre, notamment dans la Guerre de Cent ans, ...aux Temps modernes, la lutte de la France contre la Maison d'Autriche, puis après l'épisode napoléonien de la lutte de son Empire contre l'Empire russe des Tsars, les guerres qui ont opposé notamment la France contre la Prusse ou l'Allemagne dans 3 guerres successives 1870-71, 1914-18 et 1939-45, enfin à l'époque contemporaine, la division du monde en 2 blocs - le monde libéral et le monde communiste - avant que ne s'opposent les pays dits "développés"  - en gros un monde englobant l'Europe, l'Amérique du Nord, l'Australie et la Chine - et le monde des pays "sous-développés", regroupant l'Afrique centrale et la plupart des pays d'Amérique du Sud et du Centre...

 

   On n'en est plus là ...car des pays de plus en plus nombreux ont "émergé", à l'exemple de la Chine, d'abord sous-développée avant 1948, avant de devenir maintenant la 2ème puissance économique du monde après les Etats-Unis, et en fait même la 1ère si on considère qu'elle détient une réserve d'environ 2.500 milliards de dollars et que les Etats-Unis sont largement endettés avec elle ...Les autres pays "émergés" comme l'Inde ou le Brésil ont même créé leur propre Banque de développement face au Fonds Monétaire International (FMI) et à la Banque mondiale, d'origine occidentale, et ils sont de moins en moins pressés de se soumettre aux contraintes des mesures que les anciennes puissances veulent imposer à divers titres, notamment la lutte contre le réchauffement climatique qui freinerait nécessairement leur expansion économique...

 

   C'est donc un nouveau monde qui se prépare ...Un monde qui ne sera plus l'ancien monde qui s'était élargi au nouveau monde à partir du 16ème siècle, mais un monde dont on ne perçoit pas - ou du moins pas encore - l'organisation future ...Un monde qui, pour le moment, apparaît comme abracadabrant ...Comment, et notamment avec quelles institutions renouvelées, remettra-t-on de l'ordre dans ce monde de plus en plus incohérent ?...

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 16:17

   Ces jours-ci, il n'est question que de Poutine ...avec l'Ukraine, ...avec ses oligarques, ...une émission lui a même été réservée le dimanche 26 juillet 2014 (décompte occidental) sur la chaîne LCP toute la soirée...

 

   Poutine, c'est la Russie ...et la Russie de toujours, ...un Empire à la dimension d'un continent, ...et même sur deux continents, si l'on reprend la division traditionnelle entre l'Europe et l'Asie, bien que l'Oural n'ait rien d'une chaîne faisant barrage, étant tout au plus un dos de pays ...

 

   ...Mais c'est un empire, et dans ce domaine l'histoire rejoint la géographie ...car, à travers l'histoire, rares sont les pouvoirs "forts" qui n'ont pas été liés à un "empire" ...C'était le cas avec Ramsès II ou Thoutmosis III dans l'Egypte antique, ou encore Nabuchodonosor en Babylonie, ...et beaucoup plus tard Charlemagne avec l'Empire carolingien, ...Charles-Quint et Philippe II d'Espagne dans leurs possession à la dimension du monde, ...et Napoléon 1er en Europe occidentale , faute d'avoir conquis ...la Russie ...On trouve beaucoup moins de "dictatures" dans les petits Etats, comme si la proximité des habitants par rapport au pouvoir empêchait tout excès de celui-ci...

 

   Or, donc, Poutine est à la tête d'un Empire, et, même s'il le qualifie  de démocratie, il n'y exerce pas moins une autorité qui, jusqu'à présent, était de moins en moins contestée ...et ce n'est pas nouveau en Russie où les habitants sont passés successivement du pouvoir absolu des Tsars à la dictature de tyrans sous couvert de "communisme" égalitaire - les Tsars "rouges" Lénine et Staline - ... et maintenant Poutine ...Certes y ont fait exception en partie Kroutchev, Gorbatchev, Eltsine, plus démocrates, ...mais justement leur "règne" n'a pas duré, comme si, notamment en Russie, un Empire ne pouvait pas se passer d'un pouvoir fort...

 

   En l'occurrence, Poutine a eu le vent en poupe tant qu'il a exercé so emprise, à la fois par sa connaissance du milieu politique due à son passé d'espionnage au KGB et à ses premiers succès, qu'il s'agisse de la Tchetchénie, où un mouvement autonomiste a été durement réprimé, ou de la Crimée qui a été annexée pratiquement sans coup férir ...Il avait flatté ainsi l'orgueil national des Russes ...et, tant qu'il a pu imposer ses vues en Ukraine sous prétexte d'une minorité parlant russe, il a battu des records de popularité auprès des Russes fiers de retrouver la sphère d'influence qu'ils avaient eu du temps des Tsars puis de l'URSS...

 

   Mais cet "Empire" est maintenant menacé ...L'Ukraine, restée difficile à contraindre en raison d'un passé longtemps tourné vers l'Occident - via la Pologne ...et l'Allemagne dont des colons ont amenés naguère par la grande Catherine II  - manifeste des intentions de se rapprocher de l'Europe occidentale ...alors que Poutine veut justement s'affirmer comme le chef d'une communauté orientale, avec des visées plus lointaines, à en juger par l'aide qu'il apporte au peu reluisant Bachir-el-Assad de la Syrie ...Or, déjà il vient d'être mis en difficulté avec cette bavure de la chute de l'avion d'Air Malaysia abattu par un tir de missiles livrés par la Russie aux insurgés pro-russes de l'Ukraine ...Et, si les pro-occidentaux l'emportent à Kiev, c'est le pouvoir même de Poutine qui sera remis en cause en Russie ...Comme l'écrit Jean-François Bouthors dans son éditorial du Journal Ouest-France du 28 juillet 2014, "au sein d'une meute, c'est lorsque le mâle dominant est en position de faiblesse, que ses rivaux essaient de le supplanter. En cas de défaite, une révolution de palais pourrait suevenir à Moscou...", ce qui explique d'ailleurs le titre qu'il donne à son éditorial : "Poutine joue son destin à Donetsk"...

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 17:44

   L'Ukraine est à la pointe de l'actualité, où elle apparaît comme un enjeu entre "l'Orient" et "l'Occident", ce qui n'est pas nouveau puisque le nom même "d'Ukraine" signifiant "marche" (*) lui a été donné par les Russes venant de l'Est au 17ème siècle et que l'impératrice Catherine II d'origine allemande y avait fait venir au 18ème siècle des compatriotes, donc venant de l'Ouest, pour mettre en valeur les riches terres à blé de cette région...

 

   Car l'Ukraine est effectivement un pays de "marche" autant par la géographie que par l'histoire :

   - Sur le plan géographique, elle est à la limite occidentale - marquée par la chaîne des Carpathes - des grandes plaines qui s'étalent jusqu'à la lointaine Sibérie orientale au delà des vallonnements de l'Oural qui n'a jamais été une frontière naturelle...

   - Sur le plan historique, elle a toujours été prise entre l'Ouest - où elle a été  rattachée au royaume lithuano-polonais successivement disputé entre l'Empire d'Autriche et le Royaume de Prusse - et l'Est, où elle est tombée sous la férule des Russes et fut même intégrée après la Révolution de 1917 dans l'URSS...

 

   Il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'il y ait maintenant un conflit entre la partie orientale de l'Ukraine, devenue largement russophone ...et comportant de grandes richesses minières, et la partie occidentale utilisant un langage proche du polonais et possédant une richesse surtout agricole ...Conflit d'autant plus compréhensible qu'avant l'implosion de l'URSS et la proclamation de son indépendance par l'Ukraine en 1991, l'ancien secrétaire du Parti communiste de l'Ukraine Nikita Krouchtchev devenu le membre éminent du gouvernement de l'URSS lui avait fait le cadeau empoisonné de la Crimée peuplée surtout de Russes ...Il en est résulté qu'après une période de collaboration entre les deux parties de l'Ukraine, il y ait eu finalement rupture entre Viktor Ianoukovitch, leader pro-russe devenu Président en 2010, et son opposante Ioulia Tymochenko, qu'il fit même emprisonner ...Situation d'autant plus grave que Viktor Ianoukovitch s'est alors comporté en potentat, usant de corruption et de clientélisme, se faisant même construire un domaine au luxe insolent, ...ce qui explique en partie les manifestations de Février 2014 dans l'Ukraine occidentale, et notamment à Kiev, et le désir de la population d'un rapprochement avec la communauté européenne ...Mais la destitution de Viktor Ianoukovitch par le Parlement ne pouvait pas être acceptée facilement par le Président russe Vladimir Poutine, soucieux de conserver l'influence russe sur cette "marche" qu'est l'Ukraine et n'étant certainement pas étranger à la sécession en cours de la Crimée pro-russe par rapport au nouveau gouvernement pro-occidental de l'Ukraine...

 

   Le drame de l'Ukraine, c'est d'être un pays de "marche"...

 

(*) Une "marche" doit être entendue au sens de "province-frontière d'un Etat", dont le responsable était autrefois un "marquis" (en français) ou un "margrave" (en allemand)

 

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 15:09

   Les Français ont le goût des anniversaires, qu'il s'agisse des trentenaires, quarantenaires, cinquantenaires ou centenaires ...et, en l'occurence, les médias ne pouvaient pas rater l'occasion de célébrer le centenaire de la Guerre 1914-1918 ayant opposé essentiellement la France et l'Allemagne ...Ce ne sera qu'un début en 2014, puisque cette célébration va durer jusqu'à celle du 11 novembre 1918, avec certainement plus de solennité que celle qui va survenir dans 3 jours...

 

   Mais déjà, les médias, prévoyants, s'en emparent ...et on voit actuellement se multiplier des études dans les éditions, la presse et à la télévision ...des études qui ne sont pas gratuites, car elles se vendent ...et il n'est manifestement pas question d'en reverser le profit, même partiellement, à des oeuvres, notamment aux Associations d'Anciens Combattants ...Il est vrai que le dernier survivant des soldats de la Guerre 1914-1918 est mort en 2008 et que ces Associations ne comptent plus que ceux de la Guerre 1939-1945, ainsi que des Guerres oubliées et jugées maintenant peu glorieuses de la décolonisation, comme la Guerre d'Indochine ou la Guerre d'Algérie ...C'est si vrai que l'organisme de la Retraite Mutualiste des Combattants vient d'annoncer le 25 octobre 2013 qu'elle allait réduire ses versements à la suite d'un décret du 25 octobre 2013 diminuant la part de l'Etat ...Ainsi donc, on va faire des économies sur le sang versé naguère par les combattants devenus vieux, dont certains handicapés à vie s'accommodaient de ce petit supplément à leur retraite parfois misérable, si ce n'est à une allocation vieillesse ...

 

   Cette évocation de la Guerre 1914-1918 a un autre aspect désagréable, car les auteurs qui ont flairé le bon filon à l'approche du centenaire n'ont pas toujours l'élégance de signaler leurs sources historiques, c'est-à-dire les récits laissés par des écrivains ayant participé aux combats comme Maurice Génevoix, Roland Dorgelès, ou Henri Barbusse côté français ou Eric-Maria Remarque côté allemand ou les carnets anonymes trouvés sur les cadavres des combattants ...On peut saluer néanmoins le travail scrupuleux effectué par l'historien Max Gallo dans son Histoire de la 1ère Guerre mondiale parue en 2013 (*), alors qu'il avait déjà paradoxalement publié une Histoire de la 2ème Guerre mondiale en 2011...

 

   Néanmoins, il y a un aspect positif dans les études actuelles :

   - d'une part, elles élargissent le tableau de la Guerre 1914-1918 à la fois dans l'espace et dans le temps : le front n'a pas été limité à celui de la France et de la Belgique - à noter à ce propos qu'il n'a jamais été situé en Allemagne, ce qui poussera les allemands à trouver le traité final de Versailles injuste puisque l'Allemagne n'avait pas été envahie et qu'elle demanda l'armistice  surtout pour un problème de ravitaillement - le front, en effet, s'est étendu aux trois continents de l'Europe (Russie, Balkans), de l'Asie (Turquie, Japon) et de l'Afrique (Cameroun, Tanganika, Kalahari)  ...Et, par ailleurs, le conflit a commencé dès 1912 par un conflit balkanique opposant notamment Grèce et Bulgarie, et pousuivi avec la Turquie jusqu'en 1920...

   - D'autre part, elles montrent ce qu'a été la vie "à l'arrière", avec les femmes suppléant l'absence de leurs maris pour des travaux nombreux dans un pays encore très rural, les privations de toutes sortes et bien entendu les destructions et les exodes dans les zones de combat...

 

   Finalement, en dépit des réserves qu'elle suscite, cette célébration du centenaire de la Guerre 1914-1915 peut être utile si elle permet aux générations actuelles de bien mesurer ce que fut cette abomination qui coûta au moins 20 millions de morts  ...Mais il restera à expliquer pourquoi , 22 ans après ce qui devait être la "Der des ders", il y eut une 2ème Guerre mondiale encore plus abominable avec au moins 40 millions de morts ...Combien de "morts pour la patrie" sont ainsi "morts pour rien", à moins que ce ne soit pour un certain nombre d'industriels qui ont eu le marché des monuments aux morts des 30.000 communes de France et des ossuaires de Douaumont et de Lorette ...

 

(*) Max Gallo - Une histoire de la 1ère Guerre mondiale - XO Editions 2013

        Tome 1 - 1914 - le destin du monde

        Tome 2 - 1918 - La terrible victoire

 

  

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 23:46

   Ainsi, en Allemagne, la Chancelière Angéla Merkel a remporté ce jour un succès sans précédent en obtenant la majorité absolue des sièges du Bundestag  avec environ 43 % des voix au terme de ses deux premiers mandats de 2005 à 2013.

 

   Ce succès est remarquable à un double titre :

 

   - D'abord, il est obtenu alors que l'Allemagne a traversé, comme les autres pays occidentaux, la crise économique qui depuis 2007 a déjà emporté les responsables d'autres pays européens, notamment Nicolas Sarkozy en France en 2012.

 

   - Ensuite, il fait écho au succès qu'avait remporté naguère en 1933 un certain Chancelier Adolf Hitler après la crise économique de 1929, profitant alors du nationalisme exacerbé des Allemands n'ayant pas accepté les sanctions imposées par le Traité de Versailles en 1919.

 

   Mais le contexte n'est évidemment pas le même, avec d'un côté une Chancelière qualifiée de "Mère de la Nation" et de l'autre un Chancelier ayant imposé une dictature sanglante...

 

   Le contraste est d'autant plus saisissant qu'il s'ajoute à un autre contraste, celui qui résulte de la comparaison avec la France :

 

   - d'un côté, une Chancelière, Angéla Merkel, qui améliore son score de 33,8 % en 2009 à 43 % en 2013.

 

   - De l'autre, un Président, François Hollande, qui passe de 51,6 % de voix en 2012 à environ 23 % d'opinions favorables ce même jour.

 

   Est-ce un hasard si les relations des deux personnalités n'ont jamais été au beau fixe ?...

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 16:01

   Dans ce Moyen-Orient qui a toujours été compliqué dès le début de l'Histoire connue des hommes, la Syrie a une place particulière car elle est, dans le "Croissant fertile" qui s'étend des pays du Tigre et de l'Euphrate - l'anciennne Mésopotamie correspondant à peu près à l'Irak actuel - au pays du Nil, ayant conservé son nom d'Egypte, un pays de carrefour.

 

   Et ce pays de carrefour a un caractère artificiel : d'abord il n'a pas de frontières naturelles, et le nom même de Syrie est relativement récent puisqu'il n'apparaît qu'à la la fin du 19ème siècle en ne désignant alors que la région de Damas et qu'il ne s'étendra à l'actuel territoire qu'à partir du mandat confié à la France en 1920, à la suite du démembrement de l'Empire Ottoman au Traité de Versailles sanctionnant son alliance avec l'Allemagne pendant la Guerre 1914-1918 ...Parallèlement sont créés le Liban, qui lui fut un temps annexé, et la Palestine qui n'a cessé depuis lors d'être revendiquée par les Israëliens, qui disputent également à la Syrie le plateau oriental du Golan ...Ensuite ce pays de la Syrie n'a aucune homogénéité sur le plan humain, puisqu'il comporte des ethnies nombreuses et souvent opposées (Arabes, Turcs, Kurdes, Arméniens, Grecs...), ainsi que diverses religions souvent rivales et elles-mêmes divisées en confessions différentes, qu'il s'agisse des Musulmans (Sunnites, Chiites, Druzes, Ismaëliens) ou des Chrétiens (Orthodoxes, Catholiques Melkites, Protestants, Coptes, Maronites, Chaldéens) ...Par ailleurs, les langues sont multiples car l'arabe, langue officielle, laisse souvent la place à des langues minoritaires sur la plan de la démographie, mais importantes sur le plan des affaires (anglais, français, russe, et même araméen, vestige de la langue autrefois parlée par ...Jésus-Christ)...

 

   Néanmoins, cette disparité n'aurait pas empêché la constitution d'un Etat cohérent, si ses habitants avaient surmonté leurs différences pour former une fédération, à l'image des Etats occidentaux comme la Suisse, l'Allemagne contemporaine ...ou les Etats-Unis ...Malheureusement, à peine créée, la Syrie a été le théâtre de conflits internes, marqués par de nombreux coups d'état et souvent des assassinats, comme le massacre de Hama dont Hafez-el-Assad, le père du dictateur actuel Bachir-el-Assad, s'est redu responsable ..., traduisant déjà un mépris récurrent de la vie humaine ...Qu'en l'occurrence, il y ait donc, dans le cadre de la "libérisation" actuelle des Etats musulmans, une révolte en Syrie, à l'instar de l'Egypte ou de la Tunisie, n'a pas de quoi surprendre, ... mais que dans ce pays, le dictateur se transforme en tyran sanguinaire, déjà responsable de plus de 200.000 morts et de l'exode de plus d'un million de réfugiés, et n'hésitant pas maintenant à utiliser des armes chimiques, ne peut évidemment pas être accepté par l'opinion internationale ...Mais la réaction de celle-ci est paralysée par les atermoiements, voire l'opposition, des Etats traditionnellement alliés à la Syrie pour des raisons stratégiques, à savoir la Russie et maintenant la Chine, qui privilégient ces raisons, même si les actes commis relèvent de "crimes contre l'humanité", et devraient être jugés, comme autrefois ceux des Nazis allemands au Tribunal de Nuremberg en 1945, ou ceux du Serbe Milosevic au Tribunal Pénal international de La Haye en 1992...alors avec l'accord de l'ONU...

 

   Mais l'accord de l'ONU étant cette fois impossible en raison du blocage de la Russie et de la Chine, il faut trouver une autre solution pour intervenir ...Et elle ne peut être que le fait d'une "alliance" et celle-ci, même si elle a l'accord de pays voisins comme la Turquie ou l'Arabie craignant la victoire de "salafistes", sera contestable sur le plan international ...Déjà l'Allemagne d'Angela Merkel a fait connaître son refus de participer à une expédition, suivie par l'Angleterre de Cameron s'abritant derrière un vote négatif de la Chambre des Communes ...Quant aux Etats-Unis, leur Président Obama, après avoir manifesté son désaveu des crimes commis, se retranche à son tour derrière un vote du Congrès qui ne se réunira qu'à la mi-septembre, ce qui lui permet de gagner du temps ...Il est vrai qu'en matière de respect de la vie humaine les Etats-Unis peuvent difficilement donner des leçons, après avoir été les seuls à utiliser la bombe atomique contre des populations à Hiroshima et Nagasaki, puis le "napalm" au Vietnam, et s'être ensuite enlisés dans la guerre de l'Afghanistan, puis dans celle de l'Irak contre des armes de destruction massive ...qui n'existaient pas, et on peut comprendre qu'Obama reste circonspect...

 

   Reste la France, désormais isolée parmi les "grandes" puissances ...Elle n'en serait pas à une 1ère action militaire, après ses interventions successives en Libye en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et au Mali en 2012 au début de la Présidence de François Hollande, mais elle avait alors agi avec l'accord de l'ONU ...Ce n'est pas le cas pour une intervention éventuelle en Syrie, et la persistance d'une influence française dans ce pays ne peut constituer une raison suffisante, même si le Président François Hollande croit pouvoir se "défausser" en sollicitant un vote de l'Assemblée, à l'instar des Etats-Unis, alors que la Constitution ne prévoit qu'une consultation sans vote et que la décision appartient au Président ...Bachir-el-Assad ne s'y trompe pas en titillant dans un interview au Figaro du 3 septembre 2013 qu'il y aura alors "des répercussions pour les intérêts de la France" ...Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'une telle action française ne rallume un feu incontrôlable dans un Moyen-Orient toujours instable et explosif ...Dans ces conditions, que viendraient faire les Français dans cette galère ?...Ce n'est pas par hasard que les avis sont partagés aussi bien à gauche qu'à droite, et qu'un sondage indique que près de 3/4 des Français sont hostiles à une intervention ...Bien sûr, il y a la "morale" ...Mais la morale existe-telle en politique, et, si elle peut exister, ne vaudrait-il pas mieux de laisser à une prochaine réunion du "G 20" le soin de l'appliquer ?...

 

  


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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 09:08

   S'il est bien deux pays au monde qui n'ont pas cessé d'avoir des relations - bonnes ou mauvaises - ce sont la France et l'Allemagne ...C'est d'abord une question de géographie, puisqu'ils sont situés l'un et l'autre au nord-ouest du continent européen de part et d'autre de la zone du Rhin moyen ...Mais c'est surtout une question d'histoire : du côté occidental,  la France qui tient son nom de l'occupation de l'ancienne Gaule romaine à partir du 5ème siècle par les Francs, peuplade ...germanique venue du côté oriental ...Et de ce côté oriental, l'Allemagne, ainsi appelée en souvenir d'une autre peuplade germanique, les Alamans, se substituant ainsi à l'appellation de "Germanie" donnée par les Romains ...Appellation qui se retrouvera plus tard dans le "Saint Empire Romain Germanique", héritier de l'Empire du souverain franc Charlemagne, dont la capitale était Aix-la -Chapelle, près de Cologne, dans la Rhénanie ... Et, durant des siècles, les deux "entités" historiques s'opposeront , les "Capétiens" contre les "Hohenstaufen", puis les "Habsbourgs", et ensuite la "France" contre la "Maison d'Autriche" - en particulier avec les guerres menées par Louis XIV - et plus tard l'Empire de Napoléon contre la "Sainte-Alliance", ...avant que la France ne devienne l'adversaire privilégié et le champ de bataille principal des Guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45 ...Et tout cela pour aboutir enfin à une réconciliation au sein d'une union d'abord économique, puis politique, de l'Europe, marquée par les rencontres successives, à partir de 1958, de De Gaulle et Adenauer, Pompidou et Brandt, Giscard d'Estaing et Schmidt, Mitterrand et Kohl, Chirac et Schroeder, et Sarkozy et Angela Merkel, celle-ci jugée tellement solide et efficace qu'elle a même donné lieu au terme de "Merkozy" pour souligner la prédominance du "couple franco-allemand" en Europe (*) ...

 

   Réconciliation définitive ?...On pouvait le penser, et s'en féliciter au regard du passé, depuis  plus d'un demi-siècle ...Mais voilà ...On parle maintenant, depuis l'élection de François Hollande à la Présidence de la République Française, d'un "affrontement démocratique" ...Certes, l'affrontement n'est pas la guerre - loin de là - mais c'est tout de même une brouille sérieuse, et il est nécessaire d'en connaître les causes :

 

   - La 1ère cause peut paraître dérisoire ...François Fillon, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy, est bien placé pour savoir que François Hollande en veut à Angela Merkel de ne pas l'avoir reçu quand il faisait campagne ...Vexation d'amour propre qui devrait pourtant être oubliée au nom de la "raison d'Etat" quand on est devenu Président...Et les choses ne risquent pas de s'arranger s'il est vrai que, maintenant, comme Président socialiste, il va soutenir le concurrent SPD d'Angela Merkel aux prochaines élections allemandes de septembre 2013...

 

   - La 2ème cause est plus importante, car elle résulte d'un désaccord sur les problèmes économiques issus de la crise de 2007 ...Angela Merkel estime que la solution est dans une "cure d'austérité" qui devrait permettre une réduction des déficits et par conséquent le retour progressif de la croissance porteuse de recul de chômage, et elle ne manque pas de courage car les sacrifices éventuels en matière de partage du travail et de blocage de salaires ne peuvent pas être populaires, même si le SPD se montre plus compréhensif que le Parti Socialiste en France ...Car celui-ci soutient la thèse de François Hollande qui juge, lui, que la croissance est prioritaire et apportera la solution à tous les maux, en permettant "l'inversion de la courbe du chômage" ...Jugement qui serait valable si la croissance remontait au moins à 2% ...mais celle-ci stagne autour de 0,1 - 0,2 %, ce qui n'empêche pas François Hollande d'engager des dépenses comme la suppression de la RGPP ou le recrutement de nouveaux fonctionnaires, alors que les Français supportent de plus en plus mal "l'overdose fiscale" ...Ce n'est pas par hasard que sa cote de popularité s'est réduite de moitié en un an, passant de 51,6 % des élections de mai 2012 à 24 % au dernier sondage d'Avril 2013, ce qui est un record...

 

   Dans ces conditions, on comprend que le Rapporteur du Budget Gilles Carrez, membre de l'UMP connu pour tous les partis comme un homme impartial et rigoureux, puisse s'inquiéter que "l'Allemagne devienne le bouc émissaire de l'échec économique et social de François Hollande", ce qui est d'autant plus risqué que son attitude envers Angela Merkel met en danger "l'Union Européenne" et peut ainsi conduire à un repli "nationaliste", la remontée des extrêmistes de droite comme de gauche étant significative ...Ce n'est plus la France qui doit supporter les excès de l'Allemagne, comme il y a près de trois quarts de siècle ...C'est maintenant l'Allemagne qui doit maintenant supporter les excès de la France...

 

(*) Terme utilisé par François Kalfon, Secrétaire National du Parti Socialiste - Voir Figaro du Samedi 27 avril 2013

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 23:29

   La France s'est retirée de ses colonies en Afrique noire depuis les années 1960, mais elle y a conservé une grande influence en raison de la persistance des rapports politiques, de l'importance des échanges économiques, de l'usage de la langue française, et du prestige de la civilisation qu'elle y représente ...Ce prestige explique d'ailleurs le maintien de résidents français en nombre relativement important  - environ 100.000 pour l'ensemble des anciens pays de l'AOF et de l'AEF qui s'échelonnent du Sénégal au Congo - alors que les français ne se sont jamais beaucoup expatriés au cours de leur expansion dans le monde...

 

   Cette situation a deux conséquences pour les relations de la France avec ces pays :

 

   - d'une part, ce sont aux Français que ces pays font appel quand ils ont des difficultés ...Déjà les Français étaient intervenus successivement au Congo (1964), Tchad (1978), Centrrafrique (1979), Togo (1986), Cameroun (1997), Côte d'Ivoire (2004), Djibouti (2008) ...Cette fois, c'est le Mali qui les a appelés, parce que les responsables ce ce pays ont jugé qu'ils étaient les plus aptes à faire barrage au danger des musulmans intégristes sans remettre en cause leur indépendance ...Et c'est d'ailleurs un paradoxe qu'une tellle intervention - écartée en avril 2012 par Alain Juppé, alors Ministre des Affaires étrangères du Président Sarkozy - ait été finalement réalisée par Laurent Fabius, son successeur sous l'autorité de François Hollande, qui avait promis dans ses 60 engagements de respecter "le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et avait retiré les troupes françaises de l'Afghanistan...

 

   - d'autre part, et en contrepartie, cette préférence accordée à la France expose ses ressortissants présents dans ces pays au chantage des musulmans intégristes, qu'il s'agisse d'être pris en otages, comme cela a été le cas à la frontière entre le Mali et le sud saharien de l'Algérie (Tessalit) et comme cela l'est maintenant au nord du Cameroun, ...ou qu'il s'agisse de menaces d'attentats en France même ...Il apparaît en effet que pour ces intégristes, les Français ont une forte "valeur marchande", supérieure même à celle des Américains peu pressés d'intervenir en Afrique Noire - en dehors de matériels d'acheminement - estimant que celle-ci est le domaine d'influence de la France...

 

   Alors, que faire ?...Ne pas céder au chantage des intégristes, et exposer ainsi les otages à une exécution possible - dont ils ont déjà donné des exemples - comme semble le vouloir le Président Hollande, soucieux de conserver la stature de "chef de guerre" que lui a conférée l'intervention militaire au Mali ...Ou accepter de leur verser la rançon demandée en permettant ainsi le renforcement de leur armement, ...quitte à prendre ensuite, dans le cadre international et avec la caution de l'ONU et de l'OEA (Organisation des Etats Africains), toute disposition pour les anéantir, comme l'avaient fait finalement les Américains en Afghanistan avec Ben Laden ...La question est posée, mais la réponse est difficile ...Est-ce une fatalité que toute médaille ait son revers, et que la France doive payer en contrepartie de son prestige ?...

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