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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 15:28

   ll n'y a aucune raison de croire que les députés ne sont pas attachés au bien-être des Français, quel que soit leur parti politique... Et, de même, il n'y a aucune raison de critiquer l'importance de leurs indemnités parlementaires s'élevant par mois  à un total brut mensuel de 6952,91 euros (*), compte tenu des services qu'ils rendent à la Nation, à l'Assemblée Nationale ...et ailleurs...

   Néanmoins, il convient de rappeler que la charge de député est "élective", donc par définition "précaire", et que la perte de ces indemnités parlementaires en cas de non-réélection ou de non- renouvellement de candidature est "dans l'ordre des choses" ... Il est également dans l'ordre des choses que l'ex-député retrouve alors son ancien métier et son salaire antérieur tenant compte éventuellement de la progression de celui-ci durant le temps de son mandat ... Et, s'il n'avait pas de métier, il n'y a aussi aucune raison à ce qu'il reçoive autre chose que des indemnités de chômage ...comme tout le monde, ou du moins comme le monde restreint des chômeurs qui les touchent, ...puisque la charge de député n'est pas un métier...

   Mais les députés ont bien sûr le sens de la solidarité, ...sinon ils ne seraient pas députés...Ils ont donc pensé, à l'initiative de leur ancien Président Jean-Louis Debré au début de l'année 2007 (donc avant les dernières élections législatives), à l'avenir de leurs collègues susceptibles de ne pas revenir dans la nouvelle Assemblée, et ils ont alors voté à l'unanimité - tous partis confondus - une Loi prévoyant que chaque député non-réélu continuerait à toucher pendant 60 mois (c'est-à-dire 5 ans...) , au lieu des 6 mois prévus antérieurement, son indemnité parlementaire de façon dégressive, soit 100 % les 6 premiers mois, 70 % les 6 mois suivants, etc... jusqu'à 20 % pour 6 derniers mois de la 5ème année, ces 20 %  - soit 1390 euros par mois - continuant alors à être payés à vie... Par conséquent, tout député non-réélu coûte désormais 417.180 euros sur 5 ans pour les contribuables, et ensuite un montant incertain dépendant de ...son espérance de vie ... Pas mal pour un "chômeur", d'autant plus que l'indemnité n'est assortie d'aucune condition, et que ce chômeur n'aura pas besoin de prouver qu'il cherche un nouvel emploi, de répondre obligatoirement à des convocations d'un conseiller de l'ANPE ...ou de justifier de revenus "annexes" ou de revenus de membres de sa famille (par exemple, il ne sera pas privé d'indemnités parce que son épouse a un revenu jugé "suffisant" pour le foyer)...

   Pour autant (facon de parler...), il ne faut pas avoir mauvais esprit et admettre que les députés ne font que donner l'exemple, suivant le dicton : "Charité bien ordonnée commence par soi-même"...Et on peut légitimement s'attendre à ce qu'ils prennent maintenant des dispositions similaires pour l'ensemble des chômeurs... L'ennui est que ceux-ci risquent d'attendre longtemps, ne serait-ce que parce que de telles dispositions dervront passer, comme disait La Fontaine, par le "chemin montant, sablonneux, malaisé" et plein d'impasses, des commissions parlementaires...


(*) Indemnités mensuelles brutes des députés au 1er février 2007 :
     - Indemnité de base : 5400,32 Euros
     - Indemnité de résidence : 162,01 Euros
     - Indemnité de fonction (25 % du total) : 1390,58 Euros - notamment pour "secrétariat"
      + divers avantages "en nature" comme la gratuité des transports, du téléphone, du courrier, d'internet, etc...
     

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 22:46
   En cette soirée des élections municipales 2008, même s'il convient d'attendre les résultats définitifs pour affiner l'analyse, il est clair que la "Gauche" a confirmé au 2ème tour sa progression du 1er tour - du moins dans les communes moyennes et importantes - compensant ainsi le recul parfois excessif qu'elle avait subi aux élections municipales 2001 ...Il y a donc un retour à l'équilibre qui est salutaire et même rassurant sur le plan "territorial"...

   Il n'en est pas moins vrai que, sur le plan "temporel", les Français contredisent la progression de la "Droite" qui s'était traduite notamment par le succès incontestable de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de mai 2007, et ceci seulement après un délai de 10 mois... Certes, cette "inversion" doit être relativisée : d'abord, elle n'est le fait que d'environ 10 % de l'électorat, qui suffisent à faire la décision dans un sens, puis dans l'autre ...Ensuite, elle n'est qu'une "pratique" très habituelle depuis les débuts de la 5ème République, où tous les gouvernements de droite comme de gauche ont connu ce "choc en retour" dans l'année suivant leur installation ...dans la mesure où l'opinion trouve toujours que les promesses électorales, confrontées aux réalités du pouvoir, ne vont pas assez vite, ce qui est le cas actuellement, notamment pour le pouvoir d'achat... Enfin, il est certain que le "style" de Nicolas Sarkozy, comme Président, rompant avec une tradition "protocolaire" de sa fonction, a eu un effet "aggravant" en dérangeant les habitudes des Français, ce qui revient à dire - de façon humoristique - que la progression de la "Gauche" est due en partie ...à un certain "conservatisme" !

   Est-il donc possible de remédier à cette "incohérence" ? ...La réponse est évidemment difficile, car ...s'il y avait une "recette miracle", il y a longtemps - du moins on peut le penser - qu'elle aurait été trouvée... Il faut d'abord tenir compte d'une versatilité "viscérale" de l'électorat qui n'est pas seulement en France une affaire de "choix d'élus", puisqu'elle s'est manifestée aussi pour des "choix de projets", par exemple dans des référendums en acceptant dans un premier temps  le "Traité de Maestricht" (1992), puis en refusant le "Traité Européen" (2005)... Aussi pourrait-on essayer de limiter l'effet de cette versatilité, ne serait-ce que par deux dispositions :
   - d'une part, un regroupement de toutes les élections (présidentielles, législatives, cantonales et municipales) dans un même délai raisonnable qui pourrait être "tous les 5 ans"...Les Français auraient ainsi un "grand rendez-vous quinquennal" (à l'instar du calendrier quadriennal des Etats-Unis) qui pourrait engendrer une certaine cohérence électorale (SGDG ...c'est le cas de le dire !)...Entre temps, il n'y aurait que des élections partielles pour pallier les circonstances particulières (ex : décès), les élus finissant alors les mandats...
   - d'autre part, une interdiction de tout cumul des mandats, qu'il s'agisse des Ministres qui ne pourraient pas avoir de mandat électif pendant la durée de leurs fonctions, ou des Députés ou Sénateurs qui ne pourraient être ni Maires, ni même Conseillers municipaux, départementaux ou régionaux, pendant le temps de leur mandature ...Ainsi l'électorat serait moins tenté de "faire payer" ou inversement "d'avantager" des Ministres, Députés ou Sénateurs ayant des mandats "nationaux" pour les élections "municipales"... De surcroît, davantage de Français pourraient assumer des responsabilités, ce qui éviterait le recours à des "grands barons" cumulards...

   "Simples" suggestions... Il peut y en avoir d'autres !
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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 16:59
   Ce titre peut surprendre alors que les journalistes et les experts de tous poils s'accordent à constater une "progression de la Gauche", ...que Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste battue aux élections présidentielles de mai 2007, parle de "vote-sanction", ...et que la Droite elle-même concède sa défaite en ce 1er tour des élections municipales de mars 2008, tout en soulignant "qu'elle a résisté mieux que prévu"...

   Qu'il y ait eu une progression de la Gauche, c'est évident ...Mais passer de 42 % en 2001 à 47 % en 2008 au niveau national, c'est important bien sûr, mais ce n'est pas un "raz-de-marée", et la droite peut inversement estimer qu'avec 40 % elle a "endigué le flot"... Certes elle a perdu quelques "places fortes" comme Rouen, Alençon ou Laval, mais elle en a gagné d'autres comme Angers, Chaumont ou Le Puy, et surtout - remarque significative - la plupart des ministres ou secrétaires d'Etat du Gouvernement Fillon sont élus ou ré-élus ou en ballotage favorable... Et ceci sans compter le "Modem", dont les électeurs "anti-sarkozistes" ne sont certainement pas disposés à voter en masse pour la Gauche au 2ème tour
 ...Enfin il y a une très grande majorité de  petites communes (31.927 de plus de 2000 habitants sur 36.782) avec des "divers-Droite" - comme d'ailleurs des "divers-gauche" - qui ne sont certainement pas des pionniers de la Révolution sociale !...

   En fait, il faut comparer ce qui est comparable ...Et, sans remonter loin, il suffit d'établir un parallèle avec les élections municipales de 2001 ...Les socialistes étaient alors au pouvoir avec Jospin comme 1er Ministre... Et, comme d'habitude, au terme d'environ 2 ans de ce Ministère, une majorité de Français était mécontente pour des raisons diverses et parfois contradictoires ...de sorte que la Droite l'avait emporté aux élections municipales de 2001, plus largement que la Gauche au 1er tour en 2008, avec quelques résultats "inespérés", sans que néanmoins il y ait de "raz-de-marée"...Arrive 2008 et le Gouvernement Fillon, sous l'égide du Président Sarkozy, subit lui aussi un "choc en retour" de la part d'un électorat toujours versatile, et la Droite recule, perdant surtout le surcroît de gains de 2001... Et en remontant plus loin, on constaterait les mêmes variations opposées en 1995, 1989, 1983, etc...

   Donc, pour utiliser une allégorie ...climatique, c'est finalement une relative stabilité, "en données corrigées des variations saisonnières" ...Et cette stabilité n'a rien de surprenant, car elle se rapporte à la "gestion locale", c'est-à-dire au niveau où les électeurs connaissent le mieux leurs représentants et n'hésitent pas à les élire ou ré-élire - ou à les rejeter...- beaucoup plus en fonction du travail accompli dans la commune qu'en fonction de considérations politiques plus générales... A la limite, cette stabilité peut même poser un problème, car elle signifie que les citoyens de la commune s'en remettent (parfois au sens de se débarrasser des difficultés éventuelles...) à leurs représentants qui, s'ils ne font pas trop de "vagues", sont assurés, qu'ils soient de Gauche ou de Droite ou ...d'ailleurs, de leur maintien pour 1, 2 , 3 etc ..élections. Il arrive même qu'il y ait des "dynasties", comme naguère les "Médecin" à Nice ... ou encore des "hobereaux" qui conservent leur prédominance dans certains coins de Bretagne...

   Des lecteurs vont objecter : "Attention ! Il va y avoir un 2ème tour !" ...Mais faut-il attendre des surprises ?... Oui, bien sûr, il y en aura ...comme d'habitude... Un "retour de manivelle" ?... Pourquoi pas ?...La stabilité, encore et toujours...dans le changement !...
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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 09:52
   Jules César disait déjà au 1er siècle avant JC que les Gaulois étaient "un peuple instable et querelleur" ... L'Histoire montre que, même avec l'apport des Francs, d'origine germanique, ou peut-être à cause de celui-ci, ce comportement ne s'est jamais arrangé, à en juger par la succession des dynasties règnantes (mérovingienne, carolingienne, capétienne, ...et napoléonienne) et des régimes de gouvernement (monarchie, empire ...et 5 républiques).

   On pouvait espérer qu'avec la 5ème République et la Constitution de 1958 assurant une indépendance relative entre les pouvoirs du Parlement et du Président, un certain équilibre se serait instauré dans la réflexion collective, et que des "débats" ouverts et productifs se seraient substitués à des "polémiques" constantes et stériles, génératrices d'instabilité et de conflit... Tel n'est pas le cas, puisque le Général De Gaulle lui-même a été confronté aux "événements" de Mai 1968, Giscard d'Estaing livré à des attaques personnelles en 1981, Mitterrand contesté dans son application d'un plan de rigueur et de l'intégration de l'école libre en 1983, et Chirac résigné à l'immobilisme après les grèves, notamment estudiantines de novembre 1995...

  Alors Zorro est arrivé avec Sarkozy, qui a d'abord séduit avec son langage direct et sa volonté de rassemblement
, et qui a bénéficié d'un soutien incontestable de l'opinion pour des réformes courageuses (Retraite, contrat de travail) ...Mais son "état de grâce" - même un peu plus long que les "cent jours" traditionnels - n'a pas duré, et les Français sont retombés dans leurs travers, avec des torts, il est vrai, partagés :
   - d'une part, "l'émetteur" - Sarkozy - a fabriqué "des verges pour se faire fouetter" : d'abord en cédant à son "goût de paraître", bien connu de ses anciens camarades de jeunesse, avec l'étalage incongru de sa vie privée et des vacances coûteuses ne pouvant qu'indisposer une large part de l'opinion préoccupée par la baisse relative de son pouvoir d'achat en raison de l'augmentation des loyers et des denrées alimentaires ...Ensuite, en confondant vitesse et précipitation, sans consultation préalable, pour des propositions saugrenues, comme le devoir de mémoire de la Shoah pour chaque enfant de l'école primaire... et en accréditant les propositions de la Commission Attali (314 !), esprit plus brouillon que brillant, qui, avec l'augmentation de la CSG et de la TVA,  le libre exercice de la concurrence, la suppression du numérus clausus pour certaines professions, entre autres mesures prônées sans précaution, a évidemment fait des dégâts...
   - d'autre part, les "récepteurs" - en l'occurrence les "médias" - ont eu leur part de responsabilité : loin de "calmer le jeu" en faisant le tri des propositions pour en "débattre" avec sérénité, ils ont mis de "l'huile sur le feu" en suscitant délibérément la "polémique" sur les sujets les plus discutables (sectes, détention de sûreté), non sans arrière-pensées en raison des échéances électorales, ...et ceci alors que des sujets intéressants méritaient une plus grande attention (rôle de la religion dans la société, modernisation de l'agriculture)...

   On peut donc s'interroger sur les moyens de parvenir en France à une "discussion raisonnable", c'est-à-dire à des "débats" qui ne tournent pas systématiquement à des "polémiques" : 
   - la condition préalable est de "prendre du recul" et, par conséquent, de ne rien décider sous le "coup de l'émotion", comme cela se fait souvent : un accident dans un tunnel, une explosion de gaz, des cris racistes dans un stade... et aussitôt les "conseilleurs" (qui ne sont pas les "payeurs"...) y vont de leur "Y-a-qu'à" ou "Y-faut-que", alors qu'il aurait été préférable de prendre auparavant les précautions nécessaires...
   - C'est pourquoi la condition essentielle pourrait être de constituer, à l'instar du Comité d'Ethique, un "Comité de la Prospective", composé de personnalités éminentes et désintéressées et disposant des moyens d'investigation, afin de réfléchir en tous domaines aux problèmes de la vie collective...Ses avis seraient soumis démocratiquement aux commissions parlementaires ouvertes sans discrimination à tous les partis afin que les décisions éventuelles soient prises par le pouvoir exécutif dans un assentiment général...

   "I've a dream"... Je fais un rêve... avait dit naguère Martin Luther King à propos de l'émancipation des Noirs aux Etats-Unis ... Ne peut-on pas rêver à ce que les Français, après 2000 ans d'Histoire, parviennent enfin à "débattre" sans "polémiquer" ?...
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 22:56
   Et c'est reparti pour un tour !...Le Président Sarkozy, sortant une fois de plus des sentiers battus, a "osé" remettre en cause une décision du Conseil Constitutionnel refusant l'effet rétro-actif d'une loi sur la "rétention de sûreté"... Et aussitôt la "nomenklatura bien-pensante" a poussé des cris d'orfraie ...La République est plus que jamais en danger !...

   Il faut rappeler les faits : Nicolas Sarkozy, encore candidat à l'élection présidentielle, avait promis lors de sa campagne de 2007 d'empêcher la récidive de la part des criminels ...Et le Parlement, aussi démocratiquement élu que lui-même, a voté une loi permettant de retenir dans des centres médico-judiciaires, au terme de leur peine, les criminels considérés comme restant dangereux après un examen de leur cas : ce texte avait évidemment une portée générale, afin de protéger "en tout temps et en tout lieu" les citoyens contre des individus "déviants", certains ne cachant même pas leur intention de recommencer, d'autres étant manifestement des "psychopathes" atteints de troubles de la personnalité et pouvant à tout instant repasser à l'acte criminel ...Et en l'occurrence, quoi de plus criminel que le viol parfois suivi d'un assassinat, acte horrible pour lequel il n'y a pas de nuance à apporter mais qui est particulièrement intolérable quand les victimes sont des êtres sans éfense comme les enfants !...

   Or le Conseil Constitutionnel a approuvé en apparence la loi sur la "rétention de sûreté", mais l'a rendue pratiquement inefficace en rejetant la "rétro-activité"... Comme la peine minimale pour un tel crime est de 15 ans, cela signifie en effet que la loi  s'appliquera "seulement" pour les "nouveaux" criminels en puissance à partir de 2008, donc pas avant 2023 !... Autant dire que d'ici là les violeurs pourront s'en donner "à coeur joie", s'il est permis de s'exprimer ainsi !...

   Dans ces conditions, la réaction de Nicolas Sarkozy est ..."légitime", même si elle n'est pas ..."légale", du moins dans une interprétation littérale du "droit"...En effet, comme Président, il est assurément chargé de "veiller au respect de la Constitution"...Mais, conformément à celle-ci, il est également en charge de "la protection des citoyens" et donc de prendre ou d'initier des décisions en ce sens : c'est "justement" ce qu'il fait en demandant au Président de la Cour de Cassation d'étudier les moyens d'éviter dès maintenant les récidives ...Car les dispositions déjà en cours (bracelet de sécurité, interdiction de certaines activités, visite médicale...) sont insuffisantes, comme seront insupportables pour les "futures" victimes ...ou leur famille les statistiques affirmant que le taux de récidive est en baisse.

   Finalement, il apparaît que le "Droit" ne saurait l'emporter sur les "Valeurs"... Et par conséquent - en cas de nécessité absolue, qui ne peut être qu'exceptionnelle - il peut être "juste" de ne pas appliquer le "Droit", voire de le transgresser : autrement dit, en un tel cas, mieux vaut un viol du droit que le viol des personnes !... 

   Au demeurant, si on élargit le problème à l'ensemble des activités humaines, on peut trouver des précédents historiques à une telle transgression :
   - Dans l'Antiquité, la Bible des Hébreux avait élaboré une "Loi" qui était pour eux celle de Dieu, et qui prescrivait l'obligation du repos le 7ème jour, c'est-à-dire le Sabbat...mais cette obligation  pouvait être transgressée si la "vie" - d'un individu ou de la communauté - était menacée. C'est à ce titre que les Israëliens n'ont pas hésité à mobiliser leurs soldats quand ils ont été attaqués le jour du Yom Kippour en 1973...
   - Dans l'histoire contemporaine, et en France même, un Français n'a pas hésité en 1940 à transgresser la règle de l'obéissance militaire et à s'opposer à l'armistice conclu par un vieux Maréchal ...régulièrement investi par une Assemblée qui avait été celle du Front Populaire...Il l'avait fait pour "l'honneur" du pays...Ce Français était le Général De Gaulle...
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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 15:03

   Ainsi donc, le Président Sarkozy, après avoir dévoilé le fond de sa pensée dans son discours du Latran du 20 décembre 2007 (*), est passé à l'application pratique dans sa conférence de presse du 8 janvier 2008 sur le thème de la "politique de civilisation", expression empruntée au sociologue Edgar Morin... Et la réaction des médias a été la même, en se contentant d'évoquer l'allocution préliminaire seulement pour la trouver trop longue, voire "fumeuse", en considération des préoccupations quotidiennes des français, jugées "prioritaires"...Comme si les Français n'étaient pas capables de se hisser au-dessus des problèmes matériundefinedels !
  Il n'y a pourtant rien d'extraordinaire, au contraire, à vouloir définir le sens d'une action à la tête d'un pays comme la France, alors que cette action est déjà entamée et doit manifestement s'accélérer dans les mois à venir ...Quoi de plus légitime que de "remettre l'homme au coeur la politique " en insistant sur des valeurs telles que l'autorité, la morale, l'amour ...Tout au plus peut-on s'interroger sur l'ambition "d'éclairer le monde ", car les Français, repliés sur leur "hexagone", n'ont plus tellement entendu ce langage rappelant la Déclaration des Droits de 1789 depuis un certain Général De Gaulle... Et il y a également longtemps qu'on ne leur a pas proposé autant de "chantiers" de réforme, avec une intention affirmée d'en assurer l'exécution :

   - Celui de la Constitution est loin d'être négligeable, puisqu'il s'agit d'introduire dans son Préambule l'égalité de l'homme et de la femme, la bio-éthique et la diversité raciale qui sont autant de problèmes encore mal résolus... Et ce n'est pas par hasard que la Commission d'étude est confiée à Simone Veil, symbole de la "libération de la femme"...
   - Celui de la Mesure de l'économie paraîtrait futile s'il ne mettait pas en valeur la nécessité de critères d'appréciation compréhensibles à la fois par les responsables et par les consommateurs. Le pouvoir d'achat en est le meilleur exemple, avec un indice de l'INSEE qui, en intégrant des articles d'équipement plus rarement acquis et souvent à la baisse, fait croire à une hausse globale contraire à la réalité du "panier de la ménagère"...
   - Celui du financement des entreprises par la Caisse des Dépôts et Consignations n'a fait l'objet que de rares commentaires en raison de son caractère technique...Mais il faut savoir que cet organisme qui gère des centaines de milliards d'Euros provenant en majorité des économies des Français (Caisses d'Epargne) mais dont l'utilisation est limitée aux logements sociaux, a une quantité considérable de "fonds dormants", alors que beaucoup d'entreprises- surtout moyennes et petites - sont rachetées par des organismes représentant les "fonds de pension" des Etats-Unis, c'est-à-dire les cotisations de retraite des Américains, avec des conséquences souvent regrettables : remplacement de l'encadrement par un personnel "à la botte", gain de productivité, licenciement de salariés, et délocalisation... Il serait temps que les économies des Français servent à ...les défendre !
   - Celui du partage des bénéfices des entreprises apparaît comme une résurgence de l'ancienne conception gaulliste de "l'association Capital-Travail", mais va plus loin : il ne s'agit pas seulement d'étendre aux petites entreprises (- 50 salariés) l'intéressement actuellement prévu pour les plus grandes...Il est également question d'étendre à tous les salariés le programme des stocks-options et la distribution gratuite d'actions limités jusqu'à présent à la "direction"... Même si la proportion réservée aux salariés ne doit pas dépasser le tiers, l'initiative est intéressante à tous égards... car c'est un moyen de "gagner plus" en juste contrepartie du travail effectué ...
   - Celui de la remise en cause du système scolaire   est ...plus "classique". Il n'y a pas grand-chose à redire à la priorité accordée à l'école primaire, avec le recentrage sur les savoirs fondamentaux et le soutien personnalisé qui sont de "vieilles antiennes" trop souvent encore sans échos... Quant à la suppression des cours du samedi matin, elle correspond à un "fait de société" et mettra fin à une hypocrisie des absences... Par contre, le retour à des règles de civisme et de politesse, même si elles sont nécessaires, paraît beaucoup plus hasardeux, au moins à court terme, dans le contexte de certaines banlieues...
   - Celui de l'immigration reprend le thème de la campagne présidentielle sur l'importance du "choix", qui consisterait à permettre au Parlement de fixer chaque année le nombre de titres de séjour à accorder en fonction des besoins du pays et des capacités d'accueil ... Même si le Rapporteur de l'Immigration à l'Assemblée a rappelé qu'il n'est pas question de "quotas ethniques et géographiques", on peut s'interroger sur les possibilités d'application d'une telle mesure, en raison de l'importance de l'immigration clandestine et de la situation engendrée par la politique antérieure de regroupement familial...
   - Celui de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques est plus inattendu, mais celle-ci ne peut que satisfaire ceux qui déplorent la dépendance - au moins financière - de ces chaînes par rapport à des entreprises privées... Et à partir du moment où l'équilibre leur budget sera alors rétabli non par une augmentation de la "redevance" (actuellement 60 %) mais par une taxe compensatrice sur les recettes publicitaires des chaînes privées (appelées évidemment à augmenter, comme déjà leurs cours en Bourse...), la qualité des programmes - n'étant plus soumis à "l'Audimat" - ne pourra que s'améliorer...
   - Celui du "Grand Paris" est plus ...localisé, mais les propositions faites en vue d'une meilleure gestion - en particulier de l'urbanisme - ne peuvent qu'être positives ...à long terme, qu'il s'agisse de la qualité des sites ou de la résorption des "zones de non-droit" ...et elles pourront servir d'exemples pour d'autres villes...
   - Celui de la Politique Internationale est assurément le plus aléatoire
, car il ne pourra évidemment être réalisé qu'avec l'accord des autre pays du monde : transformation du G8 en G13 par l'intégration des grands pays émergents, élargissement du Conseil de Sécurité de l'ONU, re-définition des missions du FMI et de la Banque Mondiale  ...Beaucoup (trop ?) de "pain sur la planche !...

   Au terme d'une telle énumération, il n'est vraiment pas possible de parler "d'immobilisme" ...mais il est légitime de s'interroger sur l'écho que cette "politique de civilisation" peut avoir auprès ee l'opinion... Elle peut séduire - les 1ers sondages le prouvent avec 50 à 70 % de "satisfaits" - d'autant plus qu'elle a été formulée avec un "brio" remarquable et confirme les Français dans l'idée "qu'ils sont vraiment gouvernés"... Mais la médaille a son revers, car les Français vont également attendre maintenant les résultats... Or ceux-ci peuvent tarder à se manifester, notamment dans certains domaines "sensibles" comme le pouvoir d'achat et le chômage, en raison d'une conjoncture défavorable et d'un délai inévitable d'effet des réformes...Et comme le Président Sarkozy, par son goût de "paraître" - dans sa vie matérielle comme dans sa vie privée - n'a pas toujours la prudence nécessaire, il n'est pas à l'abri d'un "retour de bâton" si la "politique de civilisation" se révèle n'être qu'un "miroir aux alouettes"...

(*) voir mon article précédent sur "Religion et Société"

  

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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 23:02
   C'est bien connu... La France est la championne du monde pour les textes institutionnels, en ayant accumulé une quinzaine depuis la Révolution de 1789, sans compter les innombrables "révisions" dont la plus importante  - mais non la dernière - a été en 1965 l'élection du Président de la République au suffrage universel, ce qui a eu pour effet de bouleverser la "pratique" même des ...institutions.

   Comme si cela ne suffisait pas, voilà la France repartie - mais, il est vrai, non encore arrivée - pour une nouvelle révision constitutionnelle, puisqu'une Commission présidée par Edouard Balladur vient de remettre le 29 octobre 2007 son "Rapport", dont le titre même "Pour une démocratisation" ne manque pas de piquant vis-à-vis d'une Constitution de 1958 déjà "vieille" d'un demi-siècle, - et dont l'abondance des "77" propositions montre qu'il ne s'agit plus d'un "toilettage" mais bel et bien (ou mal...) d'un projet de "remaniement" des institutions...

   Dans un apparent paradoxe, le Rapport ne propose pas de renforcer les pouvoirs - jugés insuffisants - du Parlement au dépens de ceux du Président - jugés excessifs... Il souhaite seulement parvenir à un ré-équilibrage par un double renforcement des deux pouvoirs :
   - Pour le Président, il s'agit simplement de mettre le texte de la Constitution en accord avec la pratique, c'est-à-dire de prendre acte de son rôle prééminent. Pour cette raison, il veut modifier l'Article 5 faisant de lui un "arbitre" ainsi que l'Article 20 stipulant que "c'est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation"... Désormais ce serait le le Président qui "définit" la politique de la Nation ...et le gouvernement (notamment le 1er Ministre) qui la "conduit"... D'autre part, le Président pourrait s'exprimer devant le Parlement, mais il n'y aurait alors qu'un débat "sans vote"... En contrepartie, le Président ne pourrait utiliser les pleins pouvoirs de l'Article 16 qu'après avis du Conseil Constitutionnel et ne procèderait aux nominations importantes qu'après avis des commissions parlementaires concernées...
   - Quant au Parlement, et en particulier l'Assemblée, il aurait une plus grande maîtrise de son ordre du jour (50%...au lieu d'une séance par mois), et bénéficierait d'une limitation de l'Article 49-3 (permettant au gouvernement l'adoption sans vote d'une Loi n'ayant pas une majorité contre)...De surcroît, il pouurait contrôler la politique étrangère et militaire en étant saisi des documents nécessaires...

   Ces propositions sont assurément importantes, d'autant plus qu'elles sont complétées par des dispositions concernant le pouvoir judiciaire (autonomie du Conseil Supérieur de la Magistrature), la création d'un droit d'initiative populaire (référendum possible avec l'accord du 1/5ème du Parlement ou du 1/10è_des électeurs inscrits), ...et l'introduction d'une "dose de proportionnelle" dans les élections législatives... Il n'en est pas moins vrai que certaines propositions seraient inutiles ou inefficaces : par exemple, à qui fera-t-on croire que le Président Sarkozy se contenterait de "définir" la politique de la Nation ...sans la "conduire", même si, d'aventure, le 1er Ministre n'était pas d'accord ?... Manifestement, la Commission n'a pas voulu "sauter le pas" ...et demander la suppression du 1er Ministre, autrement dit passer à un régime vraiment présidentiel ...Vieille crainte...remontant à l'expérience malheureuse de la 2nde République, où Louis-Napoléon Bonaparte en avait profité pour instaurer sa dictature personnelle... Or on n'en est plus là : un régime présidentiel n'est pas nécessairement un régime où le Président a plus de pouvoirs ...Au contraire, actuellement, les pouvoirs du Président n'ont pas de limites réelles, puisqu'il n'est comptable de ses actes devant aucun organisme ...et ne dépend que du vote populaire, qui est seul appelé à renouveler ou non sa confiance... Et en cas de désaccord avec le Parlement, ce n'est pas lui, mais le "fusible" de 1er Ministre qui "saute", ce qui d'ailleurs n'est pas arrivé souvent jusqu'à présent, le Président pouvant répondre par une dissolution de l'Assemblée...

   Par contre, dans un régime présidentiel, le Président devrait se "colleter" avec le Parlement qui deviendrait le partenaire essentiel d'autant plus important qu'en contrepartie de ses pouvoirs, notamment celui ...de ne pas pouvoir être "renversé" par l'Assemblée, il n'aurait pas le droit de dissoudre cette Assemblée... Par ailleurs, le problème du système électoral pour les législatives perdrait de son importance, puisque l'instauration éventuelle de la représentation proportionnelle, plus conforme à la diversité française -  à fortiori , s'il est appliqué dans des circonscriptions plus petites que les départements pour limiter le "pouvoir des appareils" - ne risquerait plus de susciter l'instabilité de l'exécutif...

   Néanmoins, comme la Commission "n'a pas sauté le pas", est-il alors nécessaire de procéder, en dehors de quelques aménagements de détail, à un "révision constitutionnelle" ?... Certainement pas... La Constitution de 1958, revisée en 1965 avec l'élection du Président de la République au suffrage universel, a donné la preuve depuis un demi-siècle de sa "plasticité" en permettant, sans crise grave, de connaître à la fois des "alternances" et des "cohabitations"... Alors, pourquoi susciter éventuellement une crise ...institutionnelle, comme le laissent présager les objections déjà nombreuses de membres de l'opposition comme de la majorité, ... et même du "Centre" pourtant naturellement porté à la conciliation... Après tout l'Angleterre, en dehors de la "Grande Charte" (1215...) et de quelques lois organiques, n'a jamais eu de "Constitution" et s'est toujours accommodée d'une "pratique" qui lui a le plus souvent épargné des bouleversements, au point d'avoir conservé une monarchie... Le Président Sarkozy le pressent certainement, en repoussant l'analyse d'une révision constitutionnelle après les élections municipales de 2008 la ratification du Traité européen lui paraissant prioritaire... A bon entendeur, salut !...
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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 22:44
   Guy Môquet est un jeune militant communiste qui a été exécuté le 22 octobre 1941 dans des conditions particulièrement honteuses. En effet, il avait été arrêté par trois policiers français le 15 octobre 1940 pour cause de propagande interdite, le Parti communiste ayant été mis hors la loi à la suite du Pacte germano-soviétique... Et il avait été enfermé dans la prison de Chateaubriant avec d'autres militants... Or le commandant des troupes d'occupation allemandes est abattu par trois communistes le 20 octobre 1941 et Hitler donne l'ordre d'exécuter en représailles 50 otages... Le Ministre de l'Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu, "sélectionne" alors des prisonniers communistes pour éviter l'exécution de "bons Français" (sic)... Guy Môquet est le plus jeune (17 ans et demi)... Conduit au poteau d'exécution,, il s'évanouit, mais n'en est pas moins fusillé dans cet état...

   Dans l'attente de son exécution, Guy Môquet avait écrit plusieurs lettres, notamment une letttre émouvante à ses parents où il avoue qu'il "aurait voulu vivre" et demande à sa mère "d'être courageuse"... Il s'agit d'une "lettre privée", et Guy Môquet aurait certainement été très surpris s'il avait pu savoir que sa lettre allait faire de lui un "symbole public"... Certes, il a été un jeune homme courageux, dont la mémoire doit être respectée, mais ce n'est pas salir celle-ci d'affirmer qu'il y a eu autour de son "exemple" une incontestable manipulation... D'abord, en Octobre 1941, le Par
ti communiste - dont le Secrétaire général, Maurice Thorez, condamné pour désertion en novembre 1939, était réfugié en URSS - avait à se faire pardonner auprès de nombreux militants son inaction liée au Pacte germano-soviétique, et il avait donc ordonné dans la clandestinité trois attentats à Nantes , Rouen et Bordeaux, sans la moindre concertation avec les mouvements de résistance en voie d'organisation, Jean Moulin étant désigné pour cette tâche par le Général De Gaulle à partir de janvier 1942... Aussi le Parti communiste n'est que trop heureux d'ériger en "symbole" l'exécution de ses militants, notamment celle de Guy Môquet (Publication des "Martyrs" par Aragon en 1942). Et le symbole est non seulement accepté par la population, choquée par cette exécution, mais il est repris par le Général De Gaulle lui-même qui, en 1944, cite Guy Môquet "à l'ordre de la Nation"... Une station de métro portera son nom à Paris... Le symbole "communiste" devient ainsi un symbole "national", célébré unanimement par tous les partis... de "gauche" comme de "droite"... En décidant de commémorer le sacrifice de Guy Môquet le 22 octobre 2007, le Président Nicolas Sarkozy n'a donc rien inventé...

   Néanmoins, les partis et les syndicats de "gauche" s'indignent de "l'injonction" faite aux enseignants de lire la lettre de Guy Môquet en classe à cette date... Pour eux, il s'agit d'une "récupération", les plus extrêmes parlant "d'une ingérence politique intolérable"
 et affirmant "que le rôle de l'école n'est pas d'inculquer l'amour de la Patrie" (sic), et les plus modérés s'interrogeant "sur l'efficacité d'une lecture annuelle, surtout solennisée à outrance"... Il est vrai que certains se croient plus avisés en proposant "que la lettre soit dans le cadre d'un choix de textes sur la Résistance "( par exemple , avec le Chant des Partisans ou le poème Liberté, j'écris ton nom...), mais ils oublient que Guy Môquet n'a pas été un "résistant" puisqu'il était ...prisonnier... En fait, c'est prêter à Sarkozy une préoccupation politique qui dépasse largement son intention, car il n'a évidemment pas besoin du souvenir de Guy Môquet pour sa "popularité"... Ceux qui ont lu les ouvrages consacrés à Sarkozy par Catherine Nay ou Yasmina Reza  y trouveront seulement une marque habituelle de son "emportement émotif" le conduisant à célébrer pêle-mêle les personnalités qui ont exalté la France : Jeanne d'Arc, Napoléon 1er, Jaurès, Blum et bien sûr De Gaulle... Ce qui, dans ce pays aux opinions cloisonnées, l'amène inévitablement à ...en faire un peu trop !

   En l'occurrence, pour la lecture de la lettre de Guy Môquet, il a manifestement méconnu la "réalité du monde enseignant"... Ayant fait partie de la "maison" et ayant moi-même conservé une certaine tendance au "prêchi-prêcha" dans mes articles, je peux témoigner que les enseignants sont par définition des "donneurs de leçons" non seulement pour leurs élèves - ce qui est normal - mais aussi pour l'opinion - ce qui est souvent excessif... et ils sont par contre rebelles  à ... recevoir des leçons, n'aimant pas du tout qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire... On peut imaginer que Ségolène Royal, si elle avait été élue Présidente et avait eu la même idée - ayant exalté les valeurs "nationales" dans sa campagne électorale - aurait aussi été rabrouée...Alors Sarkozy !...

   Finalement, dans cette affaire à nouveau typiquement "franco-française", il y a peut-être une solution..., celle de prendre prétexte de l'anniversaire de la mort de Guy Môquet pour en faire à l'avenir une "Fête de la Jeunesse" au caractère plus large permettant de rappeler chaque année l'importance de certaines valeurs...
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 17:14

    Je dois avouer avec humilité qu'en publiant récemment un article sur "Le Chef et le Sous-Chef", j'ai fait preuve d'un manque évident de "hauteur de vue" et donc de "sens de l'avenir"... J'ai en effet considéré avec un "conservatisme" regrettable que la hiérarchie entre le "Chef" et le "Sous-Chef" était établie une fois pour toutes et que le seul problème était de règler leur relation...

 

   Or l'un des "Chefs" de la planète et pas n'importe lequel - Poutine, le Président de la Russie - est en train de préparer une relation pour le moins originale : au terme de ses 2 mandats, n'ayant pas le droit de se présenter une 3ème fois consécutive en mars 2008, il va conduire son propre parti aux élections législatives de Décembre 2007 avec l'intention - en cas de succés, prévisible en raison de son incontestable popularité - de devenir 1er Ministre... Le motif est clair, car il est conforme à de nombreux exemples historiques antérieurs : Poutine ne veut pas que, le moment venu - c'est-à-dire au terme du mandat d'un nouveau Président en mars 2012, celui-ci puisse lui faire concurrence... Alors il nomme comme 1er Ministre un obscur "nomenklaturiste" - Zoubkov - qui a aussitôt fait savoir qu'il pourrait se présenter aux élections présidentielles en mars 2007... Ainsi le tour est joué, ou plutôt les "tours" (électoraux) sont joués ...à moins qu'un grain de sable n'empêche les tours de ...tourner, en l'occurrence un certain Kasparov, champion ...d'échecs ! Poutine a donc inventé un système où, pendant 5 ans, le Chef ne sera en fait que le Sous-Chef, ...et le Sous-Chef... le Chef...

   Bien entendu la comparaison s'impose avec la France, ...et ceci d'autant plus que son Président actuel Sarkozy rompt volontiers avec les habitudes qu'il juge paralysantes... Mais le problème ne se pose pas, du moins actuellement : en effet, la Constitution de 1958, même revue en 1965, n'empêche nullement un Président de se présenter "plus de 2 fois"... Le cas ne s'est en vérité pas encore présenté, puisqu'il ne s'est pas posé successivement pour De Gaulle, Pompidou et Giscard d'Estaing et qu'ensuite Mitterrand et Chirac ont renoncé à un 3ème mandat...Quant à Sarkozy, l'éventualité d'un 2ème, ...puis d'un 3ème mandat n'aurait rien d'extraordinaire puisque ,"somme toute", 10 ou 15 ans restent dans l'équivalence de 2 anciens septennats, soit 14 ans...  Mais Sarkozy lui-même a initié une Commission constitutionnelle ouverte à la "droite" comme à la "gauche" et présidée par Balladur, et la question de la multiplicité des mandats peut être posée... Il est vrai que, si le nombre de mandats était finalement réduit à 2, Sarkozy pourrait, ...comme Poutine, soutenir Fillon ou,  si ce dernier est "usé", un autre 1er ministre ne lui faisant ombrage, pour le remplacer comme Président le temps d'un mandat...

   Mais certains penseront (comme moi...) qu'on n'en est pas là, et que d'ici ...là, il peut se passer beaucoup de choses... De toutes façons, les "chefs" qui , dans l'histoire, ont voulu organiser ou préparer leur succession (Dioclétien, Louis XIV, ...Lénine) ont toujours été démentis par les évènements... à l'instar de Jean XXIII qui avait été élu comme "Pape de transition" en raison de son âge avancé, ...et qui finalement a été à l'origine d'un des événements les importants du 20ème siècle, le Concile Vatican II...

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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 23:54
   Le "Centre" a toujours eu bonne presse, en France comme à l'étranger, car il symbolise "l'équidistance", c'est-à-dire l'égalité et le rassemblement autour d'un point, - à l'opposé des "extrêmes", qui représentent la séparation et l'intolérance. C'est au "centre" que se retrouvent le plus souvent les activités humaines : la mairie est au centre des communes, et on parle de centre commercial et de centre culturel... Quant aux partis politiques, ils ont souvent pris le nom de "Centre", comme le Centre National des Indépendants d'Anroine Pinay en 1952 ou le Centre Démocrate de Jean Lecanuet en 1966... et , sous des appellations voisines comme "Union", les responsables ont affirmé que "la France doit être gouvernée au centre", comme Valéry Giscard d'Estaing avec l'UDF en 1978...
   
   Il n'en est pas moins vrai qu'avec la Constitution de 1958, et plus encore avec l'élection du Président de la République au suffrage universel comportant le maintien des deux premiers  candidats au second tour, la vie politique s'est cristallisée non pas au "centre" mais autour de "deux pôles" - libéral et social - entre lesquels le corps électoral a assuré jusqu'à présent l'équilibre par des alternances répétées dans les deux sens, même s'il y a eu des distorsions entre la majorité présidentielle et la majorité législative entraînant des "co-habitations"...

   On peut donc s'interroger en toute logique sur l'opportunité et donc sur les chances de succès de la tentative actuellement entreprise par François Bayrou pour créer - en fait pour re-créer - un "Centre Démocrate" assurant une indépendance des opinions et des choix vis-à-vis du clivage jugé contraignant entre la "Droite" et la "Gauche"... La démarche est certes séduisante, et elle rencontre l'enthousiasme de citoyens soucieux d'un renouvellement de la vie politique (*)... Mais cette démarche est également ambiguë :
   - Sur le plan théorique, elle se veut prioritairement "démocrate", mais ce qualificatif peut difficilement être dénié aux deux  partis actuellement dominants - UMP et PS - et d'autre part elle ne pourra pas concilier les oppositions fondamentales sur des sujets importants - comme les retraites ou les privatisations... Il en résulte que l'indépendance risque de tourner souvent à l'opportunisme , comme le reconnaît pratiquement François Bayrou quand  il affirme que "les démocrates noueront des alliances au cas par cas avec tous ceux qui acceptent le pluralisme et les majorités de rassemblement qui dépassent les frontières de leur camp"...
   - Sur le plan pratique, elle ne dispose pas actuellement d'espace politique : à "droite", Nicolas Sarkozy dispose d'une popularité dépassant 50%... La plus grande partie de l'UDF a été absorbée par l'UMP... et la plupart des députés restés "centristes" sont alliés à celle-ci dans le "Nouveau Centre" ... Les "Radicaux résiduels" de droite comme de gauche cherchent à se réunir entre eux... Enfin le P.S. opère actuellement une évolution vers le ...centre "gauche" ... Et tout cela dans la perspective des prochaines élections municipales, où les élus en place grâce à l'UMP ne seront pas disposés à "lâcher la proie pour l'ombre"...

   Et, de surcroît, la difficulté "d'être au centre" n'est pas, pour une fois, une spécialité française : en Angleterre comme en Allemagne, les "centristes" appelés "libéraux" dans ces pays sont régulièrement laminés...

   Alors, vous avez dit  "Centre" ?... Quel "Centre" ?... Le Centre - chacun le sait - est  le "milieu"... et, en l'occurrence, il risque fort d'être le milieu de nulle part, c'est-à-dire ...Rien ...ou presque rien...


(*) Voir par exemple 
http://propositions-audacieuses.over-blog.com  - Rubrique Editoriaux
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