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  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 12:00

   Alors que s'achève cette affaire typiquement "franco-française" du C.P.E., il devient possible de dresser un bilan qui n'a rien de "glorieux" :

  - Les "étudiants bloqueurs", et avec eux les syndicats et les partis qui leur ont emboîté le pas, se considèrent comme vainqueurs... Il n'y a pas de quoi !...Ou alors, c'est une "victoire à la Pyrrhus", c'est-à-dire une victoire...coûteuse pour la jeunesse, qui risque fort d'en payer le prix, dans la mesure où l'expérience -réussie à l'étranger - d'un peu de flexibilité pour favoriser l'emploi a avorté, peut-être pour longtemps...

   - La "majorité présidentielle" qui a soutenu le 1er Ministre a, certes, abandonné le C.P.E., mais elle n'a pas encore perdu sa bataille contre le chômage... Et si le 1er Ministre sort affaibli de l'affaire - payant le prix de son comportement "à la hussarde" - Sarkozy a incontestablement marqué des points en apparaissant comme un "conciliateur", tout en ayant jugulé les violences...

   Finalement, il n'y a qu'une seule victime certaine : le contribuable français qui - une fois de plus - va payer la note du "compromis" final : 150 millions d'Euros pour le seul 2ème semestre 2006 afin de "renforcer les contrats aidés en entreprise". En attendant la suite...

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 00:18

   En consacrant mon blog à une réflexion sur l'actualité, j'ai eu constamment le souci de prendre du recul pour mieux cerner les problèmes... Une fois n'est pas coutume, je descends pour le coup brutalement dans l'arène, afin de vitupérer contre l'irresponsabilité dont les Français, à tous les niveaux, sont en train de donner l'exemple, sous les yeux étonnés et narquois d'une majorité de nations du monde...

   - D'abord, irresponsabilité gouvernementale : certes, la direction d'un pays n'est pas une sinécure, mais tout de même la moindre des précautions, avant de proposer une loi dans le domaine social, est de s'inquiéter - par divers moyens (études, sondages, et surtout consultations) - de l'accueil qu'elle peut recevoir... A fortiori quand il s'agit de la "jeunesse", dont on ne peut ignorer depuis 1968 et d'autres flambées ultérieures, qu'elle prend feu comme de l'amadou à la moindre erreur la concernant... Quand bien même "on ne voulait que son bien"...pour "réduire le chômage", il ne fallait pas oublier le vieil adage disant "qu'on ne fait pas le bien des gens sans eux ou contre eux"...

   - Ensuite, irresponsabilité syndicale : les organisations concernées n'ont dans un 1er temps rien vu venir et elles n'avaient d'ailleurs réagi que mollement au CNE qui avait précédé le CPE... Pour celui-ci en effet, elles n'ont fait que prendre le train en marche, trop heureuses de trouver un thème d'action à l'approche de leurs congrès et de prochaines élections professionnelles... de même que les partis de gauche en mal de programme et trop heureux de cacher leur divisions dans une "sainte-alliance" à l'approche des élections présidentielles et législatives... Le comble est que les uns et les autres n'hésitent à violer la légalité républicaine en osant adresser un ultimatum d'abolition préalable d'abolition d'un CPE régulièrement voté par le Parlement, avant toute discussion, alors même que le gouvernement propose des aménagements...

   - Enfin, irresponsabilité populaire : les grèves et les manifestations font partie des droits imprescriptibles des citoyens, mais pour autant elles ne sauraient devenir une sorte de "démocratie directe"... Et ceci d'autant moins que beaucoup de gens - la "majorité silencieuse" - subissent actuellement les inconvénients et ne s'expriment pas, du moins pas encore... Il suffit de rappeler que Mai 1968 a été suivi de Juin 1968, le "Grand Charles" (il est vrai que c'était le Général De Gaulle...) ayant alors récupéré une Chambre Introuvable...   Le comble dans cette affaire est que les adultes n'hésitent plus à laisser leurs enfants aller manifester dans la rue, voire à les y pousser... Le journal Ouest-France d'aujourd'hui signale que des parents s'interrogent même sur la manière de gérer une participation des collégiens... A quand un défilé des élèves de Maternelle ? Mais où va-t-on ?!

   Dans ce contexte, le Président de la République s'est exprimé... Bien sûr, il n'est pas irréprochable...mais il est "responsable" sur le plan constitutionnel... En la circonstance, bon connaisseur de l'Extrême-Orient, il a su, à sa façon, transposer la tradition chinoise voulant qu'en cas de conflit on trouve une solution permettant de "sauver la face" à chacun des protagonistes... Il ne fait rien d'autre en promulguant la loi actuelle comportant le CPE après avis conforme du Conseil Constitutionnel (côté Villepin) et en prévoyant une loi rectificative, conformément à un usage courant mais ignoré (à l'intention des syndicats et pour répondre aux inquiétudes des jeunes)... Il convient désormais de l'écouter et d'avoir - enfin! - une attitude ...responsable !...

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 19:00

   La France, à l'extrêmité occidentale de la presqu'île européenne, s'est constituée à partir d'apports divers de peuplements, de langues, de coutumes et de religions, qui se traduisent encore par d'importantes différences régionales...

   La France n'en est pas moins devenue une "nation", au sens d'avoir rassemblé des gens ayant pris l'habitude de "vivre ensemble" au terme d'une histoire complexe où l'action centralisatrice de la Royauté Capétienne s'est prolongée, au delà de la Révolution de 1789 et des divers régimes qui l'ont suivie, par une République 'Une et Indivisible"...

   Cette unité nationale a connu son apogée avec la Guerre de 1914-1918 où les différences encore vivaces se sont fondues dans la solidarité des combats et des tranchées, dans les deuils et les privations de la population... et aussi dans la volonté symbolique de retrouver l'Alsace et la Lorraine...

   Mais l'explosion des conflits sociaux entre les deux Guerres mondiales et les tensions créées par le désastre de 1940 - avec l'opposition entre la "Collaboration" et la "Résistance" et les excès de "l'Epuration" en 1944-1945 - ont altéré cette unité de la Nation française, qui n'a pas été en mesure d'affronter alors dans de bonnes conditions l'appel massif à l'immigration résultant de son insuffisance démographique...

   Pourtant, cette immigration n'était pas nouvelle, car la France avait déjà fait appel depuis le début du 20ème siècle à des groupes divers, surtout des Polonais, des Italiens et des Espagnols... Même si ces groupes avaient à l'origine été mal acceptés, ils s'étaient rapidement assimilés dans le "melting -pot" français, en raison - à la fois - de leur similitude de moeurs et de leur dissémination dans la population...

   Tel n'a pas été le cas de l'immigration dans la 2ème moitié du 20ème siècle, avec les Noirs et les Nord-africains qui, malgré des exemples notoires d'intégration, ont souvent constitué des "ghettos" inassimilables sur le plan de la religion comme des moeurs, dans la mesure où ils avaient été rassemblés dans des quartiers - voire dans des immeubles - à fortiori avec la politique irréfléchie de "regroupement familial"... empêchant les contacts nécessaires avec la population "autochtone"...

   Néanmoins, la France aurait pu utiliser les moyens qui avaient naguère facilité l'intégration des enfants d'étrangers, qu'il s'agisse de "l'école" ou du "service militaire"... Mais l'école s'est enlisée dans une utopie "égalitaire" à l'inverse des besoins exigeant des formules différenciées suivant l'origine des élèves... Et la suppression du service militaire - sans remplacement par un service civil ouvert aux filles comme aux garçons - a fait disparaître une possibilité complémentaire de brassage dans des actions de solidarité... Sans compter l'effacement de l'influence de l'Eglise ou...du Parti communiste, dont les mouvements de jeunesse avaient au moins le mérite d'encadrer celle-ci...

   Et cette désagrégation du tissu social s'est encore aggravée avec la montée inexorable du chômage. Il est en effet évident qu'une "croissance active" de l'économie aurait favorisé une "recomposition" de la société dans le cadre d'un partage - même relatif - des richesses... Or la "stagnation" actuelle ne peut qu'accélérer l'opposition entre "les riches" et "les pauvres", et ceci d'autant plus que les immigrés sont les plus exposés... Car non seulement ils sont relégués dans leurs quartiers, mais ils ne les quittent plus, si ce n'est parfois pour des... expéditions violentes...

   Dès lors, le "communautarisme" n'est pas loin... Le sentiment d'exclusion génère un repli sur... les communautés... On parle d'une génération de "blacks-blancs-beurs", et non de "jeunes français"... Près de Paris, on s'attaque à un juif parce qu'il est censé "être riche"... Aux Antilles des Noirs extrêmistes se félicitent de la mort d'un "melon" blanc...Désormais, en certains lieux, il suffit d'une "étincelle" pour déclencher une explosion, comme cela a été le cas en Novembre 2005, où les émeutes de banlieues se propageaient sans raison, puisque des groupes incontrôlés incendiaient les voitures de...leurs voisins de palier...

   Comme si cela ne suffisait pas, il se trouve même de "bonnes âmes" pour encourager le communautarisme, sous prétexte qu'il fait naître de nouvelles solidarités... On va jusqu'à "revisiter l'Histoire", par exemple pour condamner les Français (stricto sensu : les hexagonaux...) qui ont autrefois pratiqué l'esclavage et le colonialisme, et les inciter à la repentance... Bientôt, on demandera aux habitants de Neuilly-surSeine de s'excuser de leur "aisance" auprès des habitants de La Courneuve...

   Les Français - de toutes origines - devraient pourtant regarder autour d'eux et, sans chercher dans un passé lointain, se souvenir de l'Histoire récente où l'esprit communautariste, fondé sur des motifs divers - notamment ethniques ou religieux - a engendré des guerres civiles en Irlande, au Liban et dans l'ancienne Yougoslavie...

 Il est donc temps - et même urgent - que les Français se "reprennent" autour de "valeurs" qui ont fait sa force et sa grandeur... L'Ecole peut rétablir son rôle si elle revient à des principes d'éducation à base d'effort, de mérite et d'autorité... Et la jeunesse peut retrouver le sens d'une véritable solidarité si on lui donne la possibilité de trouver une place qui ne soit pas précaire dans la société... au lieu de la laisser manifester un "communautarisme d'âge", dont elle risque d'être la première victime...

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 16:06

   Ayant exercé des fonctions de "direction", j'ai pu éprouver la difficulté de "gouverner", avec son lot de "réussites" et "d'échecs"... Je me garderai donc bien de "donner des leçons"...Mais, alors que se profile une crise "gouvernementale" au niveau de l'Etat, qu'il me soit permis de faire quelques réflexions  :

   - D'abord, il n'y a pas de règle précise pour "gouverner"... Certes, on peut faire l'inventaire de "types" de gouvernement , de l'abus d'autorité (la tyrannie) à l'absence d'autorité (l'anarchie), mais entre ces excès toutes les formules ont pu exister du "despotisme éclairé" au "gouvernement d'assemblée"...

   - Néanmoins, on peut partir d'un adage simple qui dit : gouverner, c'est "prévoir"... Et, pour prévoir, il ne faut pas décider seul, en fonction d'une théorie préalable ou d'une opinion personnelle, même avec l'intention de bien faire... Car on ne fait pas le bien de ses administrés malgré eux ou sans eux : il faut savoir les "écouter"...

   - Pour autant, gouverner ne signifie pas qu'il faut se rendre "populaire", et faire de la "démagogie" en allant dans le sens du vent... Le plus souvent d'ailleurs, il n'y a pas de "vent dominant", et les opinions sont partagées : gouverner consiste donc généralement à "choisir", et en choisissant à faire nécessairement des mécontents. Il n'y a pas de gouvernement qui puisse être ou rester populaire au sens de faire l'unanimité...

  

   - Mais gouverner, c'est aussi pouvoir "exécuter"...Si les modalités d'exécution d'une décision n'ont pas été clairement définies ou si elles se révèlent inapplicables, il vaut mieux y renoncer en temps utile plutôt que de s'entêter...

   - Enfin, il ne faut pas se satisfaire de l'exécution d'une décision, car l'adage déjà cité précise que gouverner, c'est aussi "contrôler"... Même si une décision a été prise correctement et ne suscite pas de conflit, il convient d'en surveiller l'application, c'est-à-dire sanctionner éventuellement les erreurs et s'il y a lieu "s'auto-censurer"... Combien de lois et décrets "de circonstance" sont tombés en désuétude, parce qu'ils n'étaient ou n'étaient plus applicables...

   La conclusion, je l'emprunterai à une citation du philosophe Alain, rappelée par un éditorialiste du Journal Ouest-France :

   "La sagesse d'un homme d'Etat est, sans doute, à ne point se faire l'esclave de ses concepts, mais à interpréter, sans retard, sans regret, sans obstination, les événements naissants et imprévus qui lui font voir un nouveau chemin"...

  

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