Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 00:08

   Au cours de toutes les Républiques qu'elle a connues - et elle en est à la 5ème - la France a toujours été ballottée entre trois tendances : la "gauche", la "droite" et le "centre" ...Mais la signification en a été très fluctuante :

 

   - sur un plan "géographique", elle n'a d'abord été qu'une simple question de disposition dans une salle ...Au cours de la Révolution de 1789, les représentants étaient réunis dans une salle rectangulaire, les "Montagnards" étant appelés ainsi parce qu'ils siégeaient sur les gradins les plus élevés, ceux du "Marais" étant au ras du sol, et les "Girondins" étant entre les deux...C'est plus tard seulement que les représentants s'installèrent dans une salle en forme d'hémicycle, à l'origine afin que les voix soient mieux entendues en l'absence de micros, à l'instar des amphithéâtres de l'Antiquité...

 

   - Sur un plan "idéologique", l'habitude s'est prise pour les députés jugés "progressistes" de s'installer à gauche tandis que les députés jugés "conservateurs" s'installaient à droite et les indéterminés au centre, ceci par rapport à la tribune, ce qui permet d'imaginer que les progressistes auraient pu être dénommés la "droite" et les conservateurs la "gauche", si le "point de vue" avait été établi à partir de l'hémicycle ...ce qui n'aurait pas été choquant, si on se rappelle que l'adjectif "gauche" est synonyme de ..."maladroit" et la qualification "droite" synonyme de "droit" ou loyal, peut-être en souvenir du texte évangélique où les élus étaient à la droite de Dieu, tandis que les réprouvés étaient à gauche...

 

   - Sur un plan "politique", il y a aussi beaucoup à dire au cours de l'histoire ...Car l'échiquier n'a cessé d'évoluer ...Ainsi, au début de la 3ème République, il y avait à "droite" les Républicains opportunistes attendant un rétablissement possible de la monarchie et à "gauche" les républicains radicalistes qui, comme le nom l'indique, voulaient un changement radical ...Mais avec le temps, sont apparus les socialistes et les radicaux sont devenus des représentants du "centre" ,voire de la "droite", à fortiori quand, à leur tour, les socialistes ont vu apparaître les communistes jugés "d'extrême-gauche" parce que, comme leurs collègues de l'Union Soviétique, ils attendaient le "grand jour" de la concorde universelle ...Vaine attente, puisque ce jour n'est pas venu - au contraire la Russie est maintenant "à droite" - et les communistes ne subsistent en France qu'au sein du "Front de gauche", laissant ainsi une large place aux socialistes ...Or, à "droite", il y a eu une évolution parallèle, puisqu'aux indépendants auxquels s'étaient ralliés des radicaux ont succédé, après la 2ème Guerre mondiale, des "rassemblements" : le Mouvement Républicain Populaire (MRP) inspiré du christianisme social, le Rassemblement du Peuple Français (RPF) de De Gaulle, dont le déclin a permis la montée de l'Union pour la Démocratie Française (UDF) de Giscard d'Estaing (1974-1981), puis, après le retour des socialistes au pouvoir avec François Mitterrand (1981-1995), le Rassemblement Pour la République (RPR) de Jacques Chirac (1995-2007), lequel, pour élargir pour élargir son électorat lors de sa candidature à une réélection en 2002, crée dès 2000 l'Union pour une Majorité Présidentielle devenant, avec les mêmes initiales en 2007,  l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) avec d'anciens membres du RPR, de l'UDF et divers groupements1 minoritaires, union qui obtiendra l'élection de  Nicolas Sarkozy en 2007 mais échouera pour son renouvellement en 2012, permettant le retour au pouvoir des socialistes avec François Hollande...

 

   - Sur le plan "stratégique", il en est résulté pour les Présidents et les gouvernements un comportement différent suivant qu'ils étaient associés en cas d'identité de majorité, ou en "co-habitation" dans le cas contraire ...Pour avoir la majorité, les socialistes n'ont pas hésité à avoir le soutien des communistes, même sans participation au gouvernement, en 1981 comme en 2012, "l'extrême-gauche" -autrefois fustigée pour collusion avec leurs collégues russes ayant souscrit avec les nazis allemands en 1939 le pacte germano-soviétique - devenant donc fréquentable ...Mais telle n'a pas été l'attitude de la "droite", puisque Jacques Chirac, confronté en 2002 au 2ème tour à Jean-Marie Le Pen, préféra accepter le soutien des socialistes à une association avec celui-ci ...Et il en est encore de même pour l'UMP, car Nicolas Sarkozy en 2012 et maintenant François Fillon continuent à frapper le Front National d'ostracisme, même s'ils s'accommodent volontiers des voix de son électorat...

 

   Le problème est que, maintenant, les mentalités ont évolué ...et qu'à l'instar de l'extrême-gauche communiste devenue fréquentable au sein du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, ...l'extrême-droite du Front National le devient à son tour en raison du comportement de Marine Le Pen, universitaire devenue avocate qui s'écarte délibérément des attitudes excessives de son père et se débarasse de divers sectateurs indésirables et, après avoir obtenu un score honorable de 17;90 % aux élections présidentielles de 2012 et divers mandats locaux à Hénin- Beaumont, a entrepris une "dédiabolisation" de son parti, ayant même déjà déposé une demande de changement de nom de son parti, qui deviendrait ...le Parti Bleu-Marine (!) en vue des élections présidentielles de 2017...Il apparaît donc que les Français, las des "anciens centres" qu'étaient à gauche les socialistes et à droite l'UMP - en raison de leur incapacité à résoudre les problèmes économiques et sociaux - se tournent vers des  ..."extrêmes recentrés" ...D'un côté Mélenchon a ses chances ...et , de l'autre, Marine Le Pen engrange des élections partielles favorables à son parti, la dernière étant celle de Brignoles dans le Var, où l'UMP a sensiblement reculé ... et les socialistes éliminés dès le 1er tour  ...tandis qu'avec 37 % d'opinions favorables, elle est maintenant en tête des "personnalités ayant un avenir"...

 

   Qui disait que "la France avait vocation à être gouvernée au centre" ?...Un certain Giscard d'Estaing ...Il est vrai qu'il n'a pas été réélu en 1981 ...Alors, on s'y perd !...

 

   

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 23:55

   Recadrage ?... Recadrage !... Voilà le "mot" du moment ! ...Et Dieu sait s'il y en a eu des "mots" - vrais ou faux - dans l'histoire du monde, depuis le "Vae Victis" de Brennus,  "Alea jacta est" de Jules César, "L'Etat, c'est moi" de Louis XIV, "Après moi, le déluge" de Louis XV", "Que d'eau !" de Mac-Mahon, ou encore le "Cabri" de De Gaulle ...On pourrait s'en amuser, comme le faisait Monsieur Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme en faisant de la prose...Après tout, il n'y a pas d'histoire sans mots, et actuellement le Président de la République Française fait du "recadrage"...

 

   Et s'il fait du recadrage, c'est par définition qu'auparavant il y avait un cadrage, mais qu'il était mauvais ...Et c'est inquiétant, parce qu'il s'agit tout de même du gouvernement de la France, alors que celle-ci traverse, comme d'autres pays, une crise économique nécessitant de la cohérence et de la continuité ...Or, depuis bientôt 18 mois, il n'est question que de querelles entre les ministres, à l'exemple de celle où l'ancienne infirmière Cécile Duflot, militante de l'Ecologie devenue Ministre ...du Logement, s'est opposée à Manuel Valls, Ministre de l'Intérieur, à propos des "Roms" ...Il fut un temps où les Présidents - qu'ils soient de "droite", de "gauche" ou "d'ailleurs" dirigeaient le pays sans avoir à "recadrer", qu'il s'agisse de De Gaulle, de Pompidou, de Giscard d'Estaing, de Mitterrand, de Chirac ou de Sarkozy ...Chirac avait même déclaré à propos d'un de ses 1ers Ministres : "Je décide, il exécute"...Et Fillon, comme 1er Ministre de Sarkozy, avait lui-même reconnu qu'il était un "collaborateur"...Or, actuellement, on n'est pas dans une période de "cohabitation" qui aurait pu justifier des recadrages au plus haut niveau de l'Etat, ...puisqu'on a un gouvernement s'appuyant sur une majorité parlementaire conforme à celle ayant élu le Président ...Alors ?...

 

   Alors... Il semble qu'il n'y a plus de 1er Ministre assurant la solidarité du Ministère derrière le Président, qui l'a pourtant nommé dans ce but, ce qui pose donc la question de la pertinence de son choix ...Il le "recadre" comme les autres ministres ...Mais c'est lui, le Président, qui est responsable sur le plan constitutionnel ...Et on peut donc légitimement se demander "s'il y a encore un pilote dans l'avion" ...Car un pilote doit avoir un cap ...et, comme le déclare le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen, "il manque l'affirmation d'un cap" ...Et ce manque est d'autant plus surprenant que le Président, avant son élection, avait formulé "60 engagements" ...Justement, peut-être trop ...Il s'est dispersé, au lieu de se concentrer sur les problèmes les plus urgents que n'étaient pas le mariage homosexuel ou l'encombrement des prisons ...Et maintenant, devant le mécontentement des Français se traduisant par une chute sans pareille dans les sondages, il apprend ce qu'il en coûte de ne pas avoir eu l'autorité nécessaire pour imposer une politique claire et cohérente, notamment à ses ministres ...Il aurait affirmé solennellement au terme de son intervention devant les ministres réunis : "C'est la dernière fois !"...Le problème est que, si les "premières fois" , se rapportant au passé, le sont une fois pour toutes, ...les "dernières fois", se rapportant à l'avenir, risquent de se renouveler...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 17:50

   Les violences qui viennent de se produire à Marseille, à l'instar de Paris et d'autres grandes villes de France, pose le problème de la sécurité intérieure des citoyens.

 

   Le problème n'est manifestement pas la conséquence d'un changement de majorité politique en 2012, puisque les violences se manifestaient déjà sous la présidence "droitière" de Nicolas Sarkozy, avant de se manifester sous celle de François Hollande ...à cette différence près que Nicolas Sarkozy avait bâti sa popularité à l'occasion d'une intervention courageuse lors d'une prise d'otages dans une école de Neuilly-sur-Seine et avait ensuite pratiqué une politique sécutitaire comme Ministre de l'Intérieur, puis comme Président , ...tandis que François Hollande, voulant "rassembler tous les Français" ( fascicule des 60 engagements, page 39) a laissé sa Ministre de la Justice, Christiane Taubira, abolir les mesures contre la récidive et libérer les délinquants non criminels sous le prétexte d'un nombre insuffisant de places dans les prisons, dont elle a réduit le plan d'extension...

 

   Il faut bien admettre maintenant que les individus fauteurs de troubles ou susceptibles de le devenir ne sont nullement sensibles à une politique "angélique" les priant de se calmer au nom de la citpyenneté, et il est tout-a-fait symptômatique que la sécurité redevient la 1ère préoccupation des Français, avant même le chômage,et que le Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, soit en tête des personnalités "susceptibles de jouer un rôle important" dans les années à suivre, avec 43 % d'opinions favorables devant les 36 % de Nicolas Sarkozy, s'étant, il est vrai, déclaré hors course ...et les 25% seulement de la Ministre de la Justice, Christiane Taubira, à peu près au même niveau que la cote de confiance de François Hollande à 27 %...

 

   On peut évidemment s'interroger sur l'importance majeure ainsi apportée à la sécurité ...Il est certain qu'elle est un besoin fondamental et constant des hommes, qui ne peuvent pas vivre dans l'anarchie, ni même dans le trouble ou l'instabilité ...Ce n'est pas par hasard que Louis XIV fonde la monarchie absolue après la Fronde au 17ème siècle, que Napoléon instaure sa dictature après la Révolution de 1789, que son neveu Napoléon III fait de même après la Révolution de Février 1948 et les journées de juin suivantes, ...et que De Gaulle instaure la pré-éminence présidentielle par la Constitution de 1958 amendée en 1962 pour mettre fin au régime instable des partis.

 

   Mais le besoin de sécurité ne s'arrête pas à un seul pays comme la France, même si elle est un exemple caractéristisque ...Elle est ressentie aussi au niveau international, à fortiori après deux Guerres mondiales, ayant conduit les survivants et les héritiers des millions de victimes à mettre en place des institutions capable de sauvegarder la paix ...Et il est à nouveau symptômatique que l'organisme mis en place par l'ONU en 1945 s'appelle le Conseil de Sécurité ...Il est vrai que ce Conseil n'a pas les moyens de faire respecter ses décisions - quand elles peuvent être prises sans l'opposition fatale d'un membre - n'ayant pas d'armée autre qu'une "force d'interposition", ...étant alors obligé de laisser agir éventuellement des armées de pays membres, comme cela a été le cas des Etats-Unis en Indochine, afghanistan et Irak...

 

   Par ailleurs, la sécurité est nécessaire dans d'autres domaines se rapportant aux activités humaines : pas de transactions possibles des affaires , si la sécurité économique n'est pas garantie, pas de travail possible si la sauvegarde des employés n'est pas assurée, pas de système d'information viable s'il n'est pas à l'abri de l'espionnage (comme les Etats-Unis en font actuellement l'expérience), ...et pas de vraie liberté si la réglementation devient excessive, suivant le principe qu'on ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux ...Comment concilier la liberté et la sécurité ? ...Le problème n'est pas nouveau ... Déjà Alexis de Tocqueville, au début du 19ème siècle, l'évoquait dans son livte "De la Démocratie en Amérique" :

 "...Le souverain couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ...Il ne brise pas les volontés, mais les amollit, les plie et les dirige...Il force rarement d'agir, mais s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse...Il ne détruit point...Il empêche de naître, il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint,...il réduit chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger"...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 17:16

   Non, il ne s'agit pas d'un bilan des vacances qui s'achèvent, même si le nombre de Français qui y sont "partis"a été cette année en diminution sensible...


   Il s'agit du débat qui s'ouvre actuellement sur la Présidence de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. L'intéressé n'ayant pas manifesté l'intention de se présenter à nouveau en 2017, du moins jusqu'à présent, il est évident qu'il n'est pas l'auteur de cette initiative ...Mais l'hypothèse ne peut cependant être écartée, en considération de la tournée que Nicolas Sarkozy effectue auprès des principaux responsables politiques du monde ...et de l'avis exprimé par son épouse Carla Bruni déclarant de façon ambiguë "qu'un retour aux affaires" n'est pas à l'ordre du jour ...Par ailleurs, il est remarquable que Nicolas Sarkozy, sans être candidat, fait dans les sondages la course en tête des présidentiables de la droite pour 2017, alors que son vainqueur de 2012, le socialiste François Hollande, s'enfonce dans l'impopularité autour de 30 %...

 

   Dans ces conditions, on peut s'interroger sur l'origine de cette idée de bilan ...François Hollande, alors candidat, ayant affirmé dans son opuscule "Le changement, c'est maintenant" qu'il voulait "redresser la France", la gauche socialiste ne peut que s'accommoder de la notion de "bilan" qui est, au sens étymologique, un résultat "final", et il lui est aisé ainsi d'affirmer sans nuances que le bilan de la Présidence de Nicolas Sakozy est négatif ...Mais la droite, évidemment, a une démarche inverse, car elle veut se donner une image plus démocratique et ne parle que "d'inventaire" permettant, toujours au sens étymologique,de passer en revue tous les éléments de la politique qu'elle a menée non seulement avec Nicolas Sarkozy, mais auparavant avec Jacques Chirac, en prenant soin de reconnaître à la fois les bons et les mauvais aspects ...Elle y est d'autant plus tentée qu'elle peut espérer un résultat favorable aux élections présidentielles et législatives de 2017, à la suite de son succès attendu aux élections territoriales de 2014, et ceci même s'il y plus que des nuances entre les candidats potentiels. à la Présidence en 2017 (Jean-François Copé, François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet...) ...Et alors bâtir un projet sera plus aisé sur la base d'un inventaire de son action antérieure quil ne le sera pour les socialistes confrontés à leur propre bilan...

 

   Or les électeurs en 2017 voteront davantage en fonction des perspectives d'avenir, qu'en fonction d'un bilan...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 15:16

    L'allocution de François Fillon le jeudi 11 juillet 2013 à La Grande Motte - assurant qu'il n'y avait pas "d'homme providentiel" et que la désignation d'un candidat de l'UMP aux élections présidentielles de 2017 devrait faire l'objet d'élections primaires - a été manifestement une réponse aux critiques de l'ancien Président Nicolas Sarkozy le lundi précédent au siège de ce parti, ...dont certains observateurs ont tiré la conclusion  - peut-être hâtive, en tous cas non formulée - d'un retour possible en politique ...Mais elle a surtout traduit la volonté "d'exister" de François Fillon par rapport à lui, alors que l'impopularité actuelle du Président socialiste François Hollande semble ouvrir un boulevard pour l'élection d'un candidat de l'UMP en 2017...

 

   François Fillon a toujours eu de l'ambition, ce qui n'est pas nécessairement un défaut, car il en faut pour accomplir une oeuvre en politique et y vaincre d'inévitables difficultés ...Mais il il avait eu la clairvoyance de ne pas s'opposer à Nicolas Sarkozy quand il l'avait rassuré au printemps 2011 en lui disant : "Je ne serai pas candidat contre toi, car il ne se serait pas convenable que le Premier Ministre affronte le Président de la République, et parce que je n'ai pas envie de me battre pendant six mois contre un pittbull (sic) " ...Cette fois, les conditions ne sont plus les mêmes, et la négation d'un "homme providentiel" par François Fillon cache mal, sous couvert d'un choix "démocratique", l'envie ...d'en être un, oubliant en l'occurrence que le "pittbull" peut encore mordre et l'emporter contre lui...

 

   En fait l'histoire montre que l'existence d'un homme providentiel n'a jamais été décrétée et qu'elle a toujours été la rencontre d'un homme - pas nécessairement volontaire - et de circonstances, elles-mêmes aléatoires ...On peut citer dans l'Antiquité le cas, peut-être légendaire, de Cincinnatus, le paysan romain arraché à sa charrue pour aller vaincre les Volsques ...Et on peut évidemment penser à Charles De Gaulle, qu'on va trouver une première fois pour rétablir la situation de la France en 1945 et, ...après l'avoir délaissé pour des jeux politiques, pour le chercher une seconde fois pour mettre fin à la Guerre d'Algérie ...

 

   Inversement, il y a des personnalités qui, pour des raisons diverses, n'ont certainement pas eu le rôle éminent et durable qui aurait pu être le leur, qu'il s'agisse d'un Mendès-France, contrarié par le problème indochinois, d'un Pompidou arrêté par la maladie, voire d'un Rocard en butte à l'hostilité d'un Mitterrand ...Et combien de personnalités valables ne sont pas sorties de l'anonymat parce que les circonstances ne s'y sont pas prêtées ?...

 

   Ceci dit, François Fillon peut précisément profiter des circonstances, si elles lui sont favorables encore en 2017, mais elles ne feront pas nécessairement de lui un homme providentiel, ni même un Président valable ...Car un passé récent prouve qu'il ne suffit pas d'être élu Président pour ...exister réellement.

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:38

   L'éviction de Delphine Batho, Ministre de l'Ecologie, a mis en relief la difficulté, pour le Président Hollande, de mettre en accord, depuis un an, les promesses électorales avec les faits.

 

   Il n'était pas répréhensible - au contraire - de faire des promesses, car les citoyens français avaient le droit de se déterminer en fonction d'elles et ils ne s'en étaient pas privés en élisant François Hollande à une majorité incontestable de 53 % contre 47 % à Nicolas Sarkozy.

 

   L'ennui est que beaucoup de promesses n'ont pas été tenues et que, notamment dans le domaine économique et social où il avait manifesté la volonté de "relancer la production, l'emploi et la croissance" (*), il n'y a eu ni reprise des affaires, ni "inversion du chômage", ni remontée de la croissance ...Il en est résulté une chute importante de la popularité du Président Hollande, dont la cote est désormais entre 25 et 30 %, soit à peine plus d'un quart des citoyens français, traduisant ainsi leur déception...

 

   Certes, le Président Hollande avait la possibilité de "se refaire", ayant affirmé lui -même qu'lui faudrait un an pour rétablir un situation difficile que son prédécesseut lui avait laissée ...Malheureusement ce n'est pas le cas, et son gouvernement est obligé de prendre des mesures de "rigueur", même s'il refuse le mot, qu'il s'agisse de la Sécurité Sociale, de la Retraite ...et du budget des ministères ...Là encore, on ne peut qu'approuver un gouvernement ayant le courage de braver l'impopularité, mais ...les Français, pour le coup, peuvent se demander s'il était vraiment utile de changer de majorité pour faire une politique semblable à celle de l'ancienne ...A la limite, mieux vaut l'original que la copie...

 

   La réaction de Delphine Batho est donc compréhensible, d'autant plus qu'elle a été traitée de façon pour le moins cavalière ...Même si elle a été maladroite dans les termes, elle était dans son droit de s'étonner de la réduction des crédits de son ministère, l'une des plus fortes, en proportion, de l'ensemble des ministères, et contraire aux promesses faites par le Président Hollande pour l'environnement ...Ce n'était d'ailleurs pas la 1ère fois qu'un Ministre exprimait son désaccord, et on peut citer à ce titre Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Industriel, dont les critiques n'avaient pas pour autant entraîné le renvoi ...Seulement voilà : Arnaud Montebourg est un "poids lourd" qui avait participé aux "élections primaires", alors que Delphine Batho n'est qu'un "poids léger", une comparse d'un petit Parti écologiste qui n'est même pas nécessaire pour avoir la majorité à l'Assemblée, et dont on ne découvre la présence au gouvernement qu'à l'occasion de son éviction ...Et, en fait, elle n'a fait que dire tout haut ce que les autres , y compris de nombreux socialistes, disent tout bas, s'inquiétant à juste titre de cet oubli des promesses qui peut leur valoir des défaites aux élections municipales et européennes et plus tard, en 2017, leur non-ré-élection dont les élections partielles sonnent déjà l'alarme...

 

   Autrement dit, le Président Hollande et son gouvernement sont dans l'impasse ...Ils ont fait des promesses inconsidérées, et ils ne peuvent  les tenir ...Ils sont acculés à cette "rigueur", sans échappatoire possible, puisque, conformément aux directives européennes, ils ont seulement 3 ans, par dérogation particulière, pour réduire le déficit budgétaire ..Or, si le Président Hollande s'y plie, il a de fortes chances de ne pas être ré-élu en 2017...

 

   Il peut toujours crier "Silence dans les rangs ! " ...au dépens des plus faibles ...Il ne sera pas plus avancé ...Car les faits son têtus !...

 

(*) Fascicule des 60 engagements - Pages 7 et suivantes

 

  

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 23:52

   Les institutions, à quelque niveau que ce soit - français, européen ou mondial - sont faites en principe pour assurer un bon fonctionnement de la société, et il est donc naturel qu'elles soient respectées par tous ses membres, et en premier lieu par les représentants qu'ils ont démocratiquement élus, c'est-à-dire non seulement ceux qui ont obtenu la majorité et assurent légitimement le gouvernement, mais aussi par ceux qui, étant en minorité, sont dans ce qu'il est convenu d'appeler l'opposition...

 

   On peut donc comprendre que les élus exercent leur droit de critique, qu'il s'agisse des représentants de la majorité - qui ne doivent pas être de simples "godillots" - ou des représentants de l'opposition, qui doivent avoir la possibilité de déposer des amendements, voire des contre-projets, ...comme le fait avec talent Gilles Carrez, rapporteur général de la Commission des Finances de l'Assemblée depuis plus de 10 ans, dont la compétence est unanimement reconnue...

 

   Tel n'est pas le cas de certains personnages qui se permettent de donner des leçons  sans avoir actuellement le moindre mandat, comme un certain Dominique Strauss-Kahn, qui, certes, a acquis une certaine expérience de l'économie mondiale en qualité de Directeur du FMI, mais n'est pas plus qualifié pour autant que de nombreux députés ou sénateurs ...Et, en fait de leçons, il en aurait plutôt à recevoir, à en juger par un certain nombre d'affaires comme l'affaire de la MNEF ou l'affaire Méry, sans compter sa "conduite inappropriée" selon ses propres termes dans un hôtel de New-York, et ses déclarations antérieures où il proclamait que le Sécurité Sociale ne pourrait pas supporter longtems la charge des handicapés mentaux ...D'ailleurs, la porte-parole du gouvernement Najat-Belkacem a déclaré "qu'il n'appartient plus à la rubrique politique", relayant une remarque de Ségolène Royal affirmant "qu'une personnalité politique est là pour servir et non pour se servir"...

 

   Malheureusement, il n'est pas le seul ...Car voila maintenant qu'un Ministre en place cette fois Arnaud Montebourg se mêle de donner des leçons au Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso, en déclarant "qu'il serait le carburant du vote FN", compliquant ainsi la tâche du Président Hollande déjà empêtré dans l'obligation de réduire le déficit de la France, imposée par le "Pacte budgétaire européen" voté par l'ensemble des pays concernés ...

 

   Alors, assez de leçons ! ...Que chacun reste à sa place, et les vaches seront bien gardées...

 

 

  

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 09:54

   L'assassinat ignoble d'un militant politique vient à nouveau de défrayer la chronique. Ce n'est malheureusement pas le premier assassinat de ce genre, en France comme dans d'autres pays du monde, comme si la violence entraînant la mort d'autrui était un moyen d'expression dans la société, quel que soit son domaine : politique, économique, religieux, voire passionnel ...L'assassinat est-il donc la solution "extrême" - au sens de l'irréversibilité - auquel un homme puisse se résoudre, et quelle solution la société peut-elle adopter pour sa sauvegarde ?...

 

   L'homme n'est pas "naturellement bon", comme le croyait Jean-Jacques Rousseau, mais il n'est pas non plus "un loup pour l'homme", comme le pensait Thomas Hobbes à la suite de beaucoup d'autres philosophes depuis l'Antiquité ...Chacun sait, s'il fait sa propre introspection, qu'il peut faire le bien mais aussi se laisser aller parfois à une attitude extrême ...et il en est de même, à travers l'Histoire, de groupes sociaux ayant pu se livrer, par un entraînement mutuel à la suite d'incidents divers, à des actions extrêmes entraînant mort d'hommes, comme ce fut le cas, par exemple, des massacres de Septembre 1792 pendant la Révolution Française...

 

   Quelle attitude doivent alors adopter les responsables désignés pour assurer l'ordre dans la société, qu'il s'agisse de crimes individuels ou de dérives collectives ?...Un principe élémentaire de morale est que toute faute mérite sanction, mais quelle doit être la sanction et comment l'appliquer ?... Les historiens disent qu'à l'origine les hommes appliquaient la "loi du talion" : oeil pour oeil, dent pour dent, ...mort pour mort ...Assurément, on n'en est plus là et, dans un pays comme la France, se sont multipliés les textes traduisant l'adoucissement des moeurs : Déclaration des Droits de l'Homme, Code Civil, Code Pénal, etc ...On a même été plus loin, c'est-à-dire à la solution ...extrême de l'abolition de la peine de mort à l'initiative du Ministre de la justice Robert Badinter en septembre 1981 ...

 

   On peut comprendre cette abolition sur un plan éthique : d'abord, parce que nul ne sait ce qu'est la mort et aucun homme n'est jamais revenu pour le dire ...et d'autre part, parce qu'il n'a jamais été prouvé que la peine de mort était dissuasive pour tout criminel potentiel ...Et surtout, la mort est par définition irréversible, ne permettant pas de revenir sur une telle peine en cas d'erreur judiciaire, dont il y a eu des exemples célèbres ...C'est pourquoi, après 1981, elle a été remplacée par des peines de "substitution" pouvant aller jusquà "l'emprisonnement à perpétuité", ce dernier terme étant un abus de langage puisqu'il signifie en fait jusqu'à la  ...mort (naturelle) du condamné ...Et, souvent, beaucoup moins, puisqu'elle est remise en cause au terme de 18 ans si elle est incompressible, et peut même faire l'objet d'une libération conditionnelle par le juge d'application des peines à la moitié - soit 9 ans, en cas de "bonne conduite" (en prison) ...D'où les récidives qui opposent actuellement en Francela "droite" et la "gauche", et pour lesquelles une "conférence" réunie en février 2013 est loin d'avoir obtenu un "consensus"...

 

   Que répondre alors à ceux qui déclarent : quelle que soit la réalité de la mort, elle a au moins le "mérite" de débarrasser la société d'un individu dangereux, si son crime a été jugé indiscutable ?...Faut-il en revenir à la loi du talion ?...Faut-il y trouver un prétexte pour s'invectiver, comme le font certains partisans de gauche contre l'extrême-droite à l'occasion de l'assassinat d'un militant d'extrême-gauche ...faisant revenir les vieux démons des "nazis" et des camps de concentration, alors que l'extrême-gauche du temps de Staline a engendré de son côté les goulags ?...Plutôt que de mettre en exergue les méfaits d'individus douteux venus des banlieues pour semer le désordre - comme cela avait déjà été le cas lors de la célébration de la victoire du club de football de Paris-Saint-Germain - ne vaut-il pas mieux apaiser le climat en traitant les problèmes avec sagesse, à l'opposé de tout extrêmisme ?...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 16:53

      Après 10 mois surtout consacrés à prendre le contrepoint de son prédécesseur Nicolas Sarkozy et trois semaines après l'affaire Cahuzac qui a quelque peu sali la réputation de son gouvernement, ...sans compter le temps utilisé à amuser la galerie avec le "mariage pour tous" qui a divisé les Français qu'il avait promis de rassembler, ...le Président François Hollande a donc lancé le jeudi 24 avril 2013 une opération "Mains propres" consistant à élaborer des lois de "transparence" ...Elles représentent pour lui "un tournant pour les institutions", qui ne sera à vrai dire qu'un tournant de plus pour la France ayant connu plus de dix régimes en deux siècles et donc tournant en rond au point de donner aux Français le tournis...

 

   Ces lois de transparence sont à priori destinées aux personnes ayant des responsabilités sociales : représentants élus à tous les niveaux (ministres, députés, sénateurs, conseillers européens, régionaux, départementaux, municipaux), mais aussi membres des cabinets ministériels et dirigeants d'entreprises publiques, soit environ 12.000 personnes ...Elles comporteront deux séries d'obligations que ces "privilégiés" seront tenus de respecter :

 

   - d'une part une déclaration de patrimoine au début et à la fin de leur charge ...Cette obligation a une apparence démocratique, car il paraît naturel de faire connaître ce qu'on possède, mais elle a le double inconvénient de laisser croire que tout responsable est nécessairement "suspect" et de considérer que tous les citoyens sont assez "vertueux" pour avoir un regard objectif, ce qui ne correspond pas à la réalité ... C'est un socialiste, Président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone, qui a lui-même estimé qu'une telle mesure relèverait du "voyeurisme"...Et déjà il est question de limiter cette déclaration, qui serait seulement adressée à un "Haut Comité" ayant un "pouvoir d'injonction", si besoin était...

 

   - d'autre part l'interdiction du cumul d'un mandat avec certaines activités professionnelles ...Là encore on peut comprendre la nécessité d'éviter les "conflits d'intérêt" où un responsable serait "juge et partie" dans une affaire et pourrait participer à une décision lui assurant des avantages ...C'est le cas des avocats qui pourraient ne plus accéder à un mandat électif, dans la mesure où il peut y avoir des cas où ils seraient amenés à plaider pour ou contre l'Etat ...Inversement les médecins devenus parlementaires se verraient reprocher de ne pas assurer un suivi correct de leurs malades ...Les seuls à ne pas avoir de possibilité de cumul sont les fonctionnaires, puisque leur fonction est incompatible avec un mandat électif, et qu'en cas d'élection ils sont mis en position de détachement avec l'assurance d'être ré-intégrés en fin de mandat et de bénéficier de leurs droits à l'ancienneté ...C'est d'ailleurs pourquoi la proportion des fonctionnaires dans le Parlement est la plus importante de tous les métiers représentés, avec 31,5 %, largement plus que leur proportion de 22 % dans la population active ...

 

   Dans ces conditions, il est évident que la transparence est souhaitable mais doit être appliquée avec circonspection ...Un élu ne peut pas vivre "d'amour et d'eau fraîche" et doit avoir une rémunération à la fois pour sa vie personnelle et pour son activité sociale, sous réserve d'un contrôle confié à un Haut Comité ...En fait, pour clarifier le problème, il serait préférable qu'à tous les niveaux un citoyen ne puisse avoir que deux mandats consécutifs, en application du principe qu'un mandat est un service et non un métier ...On y verrait plus clair, puisqu'on cherche la transparence...

 

Complément d'information sur les métiers exercés par les élus/ La Croix 24 avril 2013

 

                                   Assemblée ; 575                Sénat : 348

 

Cadres et ingénieurs                        117                                48

Fonctionnaires                                163                              132

Avocats                                           52                                23

Autres professions libérales             31                                 16

Chefs d'entreprise                           30                                20

Médecins                                         24                                15

Employés                                         21                                  7

Agriculteurs                                    15                                 19

Journalistes                                      8                                  6

Autres                                           132                                62


Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article
19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 09:20

   Dans son opuscule "Mes 60 engagements pour la France", François Hollande avait solennellement affirmé dans la conclusion (page 39) : "Socialiste, je veux porter l'espoir pour tous les Français ...Républicain, je veux rassembler toute la France" ...Et cette affirmation a certainement contribué à son élection comme Président de la République en mai 2012, dans la mesure où la France avait connu depuis mai 1981 une division plusieurs fois récurrente marquée par des "co-habitations"...terme antinomique de la nécessaire cohésion de la nation...

 

   Or, un an après l'élection de François Hollande, cette cohésion de la nation est loin d'être assurée, à en juger par les invectives entre les députés de droite et de gauche à l'Assemblée Nationale ces derniers jours ...et par les titres significatifs - toutes opinions confondues - de la presse, allant de l'inquiétude ..."Les années 30 sont-elles de retour" (Nouvel Observateur) ...à l'excès ..."Comment naissent les Révolutions ...Sommes-nous en 1789" (Le Point) en passant par un constat plus serein, mais réaliste ..."La France sous tensions" La Croix - 18 mai 2013)...

 

   Pour assurer la cohésion d'une nation, il faut à la fois une confiance entre les individus et leurs institutions et une confiance entre les individus eux-mêmes ...Or ces conditions ne paraissent pas remplies actuellement sur ces deux points :

 

   - Sur le 1er point, la cohésion n'est pas assurée puisque des manifestations opposées l'une à l'autre se succèdent actuellement à l'occasion du débat sur le "mariage pour tous" ...le type même de débat qu'au nom du rassemblement souhaité François Hollande aurait pu s'abstenir d'ouvrir, en dépit de son 31ème engagement, dans la mesure où il s'agit d'un problème "privé" et non "public" qui, de toute évidence, divise l'opinion ...Il a beau vouloir "calmer le jeu" en jugeant les manifestations comme "normales" - adjectif qui lui est cher - mais c'est tout de même lui qui a ouvert le feu ...et l'incendiaire n'est pas le plus qualifié pour l'éteindre ...Certes, son 1er Ministre Jean-Marc Ayrault a appelé aussi à l'unité en proclamant "chacun a une part des responsabilités, quand on est républicain, de la cohésion nationale", mais ...au lieu de faire un geste d'apaisement, comme le lui demande le sénateur modéré Jean-Pierre Raffarin, en organisant une concertation, il laisse au contraire sa Ministre de la Justice Christiane Taubira précipiter le débat pour faire passer la loi en force sans considération de la demande d'échange d'opinions formulée par les représentants de l'UMP à l'Assemblée Nationale ...

 

   - Sur le 2ème point, il y a lieu aussi de s'inquiéter, car les liens de solidarité entre les individus tendent de plus en plus à se relâcher ...Comme l'écrit Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), "les outils de socialisation sont aujourd'hui fragilisés, qu'il s'agisse de la famille traditionnelle où se multiplient les divorces, au mépris de l'intérêt des enfants, au même titre que pour la "famille pour tous", ...ou qu'il s'agisse de l'emploi en raison de la montée inéluctable du chômage" ...Les 'individus" sont de plus en plus "seuls" en raison de l'affaiblissement des "corps intermédiaires", ce qui ouvre le chemin au populisme, voire à la violence ...Il faut donc non pas ravauder dans la précipitation les déchirures de l'étoffe sociale, mais reconstituer le tissu de la société en se donnant le temps de la réflexion  ...Comme le dit Didier Sicard, ancien Président du Comité National d'Ethique, "il faut que les citoyens s'écoutent et se retrouvent lorsqu'on leur laisse des espaces d'expression véritable" ..."Dans le cas du mariage pour tous, si on s'était donné le temps de parler des conséquences en matière de filiation, si le pouvoir avait été patient, des solutions consensuelles seraient apparues" ...Et la même remarque s'impose pour les autres conflits en cours, comme la fermeture d'un site de PSA ou l'mplantation d'un aéroport à Notre-Dame des Landes...

 

   Mais les Français, ayant toujours préféré les manifestations et les révolutions aux concertations - sont-ils encore capables de se réunir et de discuter ?...

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
commenter cet article