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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:40

   La "grand-messe" en six leçons ...Tel est le titre de l'article de Philippe Labro, journaliste dont la réputation n'est plus à faire, dans la page "Débats" du journal Le Figaro du 12 Novembre 2012, où il se livre à un tableau comparatif des conférences de presse des six Présidents successifs de la 5ème République avant François Hollande avant celle prévue par celui-ci le 13 novembre 2012, ...et ce tableau ne manque pas de sel :

 

   "Attention, Mesdames et Messieurs, ça va commencer !" Demain après-midi, 17 heures, devant au moins 400 journalistes, et en direct sur trois chaines "tout info", ce sera la grand messe, la première conférence élyséenne de François Hollande. Quel que soit  le Président au pouvoir, quelles que fussent ses intentions avant d'y accéder, une fois installé au "Château", il ne peut pas, ne doit pas,  et sans doute ne veut pas - déroger à ce rite français, ce cérémonial républicano-monarchique. En général, il ressort de ce moment singulier de la vie de la 5ème République de quoi faire mouliner les médias, vibrer les sondagistes et, parfois, de quoi inscrire une phrase, pour toujours, dans la mémoire collective.

 

   Le rite a été imposé et formaté par De Gaulle. Et même si tout a changé (acteurs, costumes, accessoires, langages et comportements), la mise en scène varie peu, pas plus que le décor. Dans cette immense salle des fêtes construite à la demande de Sadi Carnot en 1889, tout est chargé de faste. Les lustres, le rouge, les colonnes et le stuc, les doubles rideaux, les tapisseries des Gobelins, c'est l'univers des "grandeurs d'établissement ". Un lieu, un passé, des traditions, des huissiers, des chaises dorées. Inimaginable aux Etats-Unis...

 

   J'en ai connu et suivi plusieurs, et voulu confronter mes souvenirs avec ceux d'un expert en la matière, le talentueux Alain Duhamel. Avec sa faconde et son expérience, l'éditorialiste de RTL me dit : "Pour chaque Président, nous assistons à une leçon. Avec De Gaulle, une leçon d'histoire. Avec Pompidou, une leçon d'humanités. Avec VGE, une leçon d'économie. Avec Mitterrand, une leçon de politique. Avec Chirac, une leçon de tactique ou, si on veut être désagréable, de navigation. Avec Sarkozy, une leçon de "close-combat" ...

 

   La leçon d'Histoire. Je me souviens du Connétable, lourd dans son costume gris anthracite aux revers de veste trop larges, et qui, après avoir courtoisement demandé qu'on lui dresse la liste des questions, les englobait pour livrer sa mission de la France et du monde. De Gaulle assidûment se préparait à ces numéros. Il mémorisait chaque phrase devant une glace, plusieurs jours auparavant, répétant son discours magistral sous les conseils d'un sociétaire de la Com"die Française. C'était de l'opéra.

   Assis sur un cube qui dominait l'ensemble d'une salle figée dans l'admiration, le respect ou une hostilité jamais affichée, De Gaulle savait parfois sortir du texte, mais rien n'était inattendu, puisque toutes les questions - toutes   ! - avaient été distribuées à l'avance, par l'Elysée, à des journalistes qui, non seulement ne se choquaient pas d'être utilisés comme des figurants de la solenelle dramaturgie, mais en tiraient même quelque fierté. Ce honteux trquage journalistique est impossible aujourd'hui. Je vois encore, assis par dix rangs de quatre personnes, les ministres du gouvernement, à la droite du Général, par ordre procolaire, masques silencieux de choristes écoutant le grand Baryton.

 

   La leçon d'Humanités. Pompidou savait  "mettre une touche d'humanité autant que de culture" dans son approche. Cet homme dont, grâce à sa correspondance (...), on mesure mieux encore , aujourd'hui, la culture, la finesse de jugement et l'esprit supérieur, savait distiller des références littéraires. Le ton était moins altier, épique, que celui du Général, mais on y entendait une autorité, il se dégageait de ce personnage aux sourcils épais, à la voix chaude et séduisante, au naturel non feint, un vrai charisme. Il possédait une sorte de densité physique qui renforçait, par contraste, la sensation d'une belle subtilité, une fine psychologie des êtres. Sa plus célèbre intervention reste sa réaction à propos du suicide de Gabrielle Russier, cette professeur accusée de détournement d'un de ses élèves, un mineur. Il prend son temps, il rythme les silences, un sourire fugace passe sur son visage, suivi d'une gravité et d'un dosage de grand acteur dans la réponse, empruntée à Paul Eluard : "La victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés". Moment unique. La salle frémit. Soudain l'émotion surgit dans ce décor glacé ou De Gaulle avait fait passer un autre souffle.

 

   La leçon d'Economie . C'est Giscard qui va amorcer la vraie rupture. Il instaure modernité et jeunesse. Sa "réunion de presse", il y a réfléchi, s'inspirant des modèles américains - dont celui de Kennedy. Giscard est debout, là où les autres étaient assis. Un fond bleu, derrière lui, et du bleu dans la chemise, la cravate, jusqu'à son costume parce qu'il y a ...la télé . Elle jouait déjà son rôle dans les messes précédentes, mais, ce coup-ci, elle règne. D'ailleurs, les journalistes sont différents, comme si le changement de style du jeune Président (48 ans) correspond au même changement de leur comportement. un bouquet de fleurs simples est posé au coin de table, sur laquelle VGE appuie ses mains, démonstratif, utilisant le "je" et le "considérable" a jet continu. Aucune préparation des questions au préalable. Alain Duhamel aime raconter qu'un collaborateur de l'Elysée, à la veille d'une émission de télé (exercice que VGE préférait à la grand-messe), lui dit : "Nous n'avons pas reçu votre question" . Mon confrère répond qu'il n'a aucune raison de la soumettre. Le lendemain, il évoque cet échange avec VGE : "Etait-ce vous qui souhaitait connaître ma question ?" Et Giscard de répondre, imperturbable : " Pourquoi voudriez-vous que je cherche à connaître les questions, puisque je sais les réponses".

 

   La leçon de Politique. Mitterrand, malgré lui, s'imprégnait de De Gaulle, mais n'était pas loin d'une posture à la Pompidou. Même culture, même suavité, même habileté. Maîtrise de la langue, aisance dans l'expression, domination des sujets et jouissance de la joute avec les journalistes. Jamais pris au dépourvu, improvisant avec maestria. Face à lui, une nouvelle génération de journalistes. Le port de la cravate n'est plus indispensable, on entend des tutoiements entre presse et politique."Tonton", en revanche, abhorre toute familiarité. Il ne fut jamais aussi bon que lors du 1er conflit en Irak, respirant la certitude d'être le meilleur. Mémoire, rouerie, stratagèmes et ambiguïtés. Le Florentin.

 

   La leçon de Tactique. Chirac s, selon Alain Duhamel, n'aimait pas du tout l'exercice ( il n'organisera que 5 conférences en 12 ans) ..."Autant il était libre et bon en campagne, autant il était raide en conférence officielle".

 

   La leçon de Combat. Sarkozy ? Il a tout désacralisé. Il a renversé la table. Son exposé de deépart était trop long, mais fut vite éclipsé par "l'incroyable numéro des questions et réponses" . Ainsi la fameuse séance du 8 janvier 2008, avec ses confidences publiques sur le "sérieux" de son lien avec Carla Bruni. Cependant, pour Alain Duhamel, les plus impressionnantes conférences de Sarkozy furent celles qu'il tenait, une fois par mois, lorsqu'il était Ministre des Finances. "On suivait un exercice de virtuosité inouïe. Je dois dire que je n'ai jamais connu des performances aussi réussies. Nous allions à Bercy pour assister à un spectacle d'une compétence et d'une agilité extraordinaires".

 

   A qui ressemblera,  demain, la grand-messe de Hollande ? Y trouverons-nous une septième leçon ? Il ne cherchera sans doute aucun modèle. Il sait qu'on l'attend sur une définition claire de sa ligne.: "Va-t-il se comporter en hyperprésident ? Il doit passer de l'impressionnisme au fauvisme. C'est son intérêt."

 

   Et effectivement François Hollande joue gros dans cette "Grand-messe" qui s'est imposée à lui plus qu'il ne l'a imposée ...Lui qui se voulait près des gens, il est dans le "château" ...Lui qui voulait le "changement", il est "maintenant" dans l'obligation de suivre un rite ...Tout va compter : sera-t-il debout devant un pupitre ou assis à une table ? Aura-t-il sollicité les questions ou devra-t-il improviser ? Sera-t-il raide ou jovial ? Fera-t-il une annonce-choc restant dans les mémoires ? Fera-t-il encore des promesses, ou prendra-t-il, devant les nécessités de l'heure, avec l'accroissement de la dette et du chômage, des mesures de rigueur ? ...Le dernier sondage, ce jour, le crédite de 36 % seulement ...Aucun de ses prédécesseurs n'a fait pire après 6 mois de Présidence ...Il ne peut plus se permettre le moindre faux pas...

 

  

 

  

 

  

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 21:59

   Le socialiste Lionel Jospin, ancien Premier Ministre et ancien candidat à la Présidence de la République, a remis au Président Hollande le rapport de la "Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique", dont il avait été chargé en juillet 2012.

 

   Il n'y a a rien à redire sur le principe d'une telle commission, car les institutions sont oeuvre humaine et peuvent donc être révisées dans la mesure où les principes énoncés ne résistent pas toujours à l'usure du temps ...La plupart des pays démocratiques ont procédé ainsi à des amendements, et la France ne fait pas exception,...et elle est même l'exception qui confirme la règle, puisqu'elle a changé ou modifié une dizaine de fois ses institutions depuis 1789 ...Tout au plus peut-on regretter que ce rapport ait été demandé par le Président Hollande en application des 47ème et 48ème de ses "60 engagements pour la France", dans un contexte de critiques des moeurs politiques pratiquées depuis la fin du 2ème mandat de François Mitterrand en 1995, c'est-à-dire pendant les mandats successifs de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, représentants de la droite dite modérée, ...ce qui, malgré sa légitimité, laisse planer un doute à la fois sur l'opportunité et sur l'urgence d'une telle révision...

 

   Il n'y a pas davantage à exprimer des réserves sur la personnalité du Rapporteur, car Lionel Jospin a toujours donné l'impression d'un homme franc et même rigoureux, qui a d'ailleurs été éduqué dans une famille protestante ...Attiré, jeune, par le Trotskysme, il manifestera - non sans un certain courage - son hostilité à la Guerre d'Algérie, et, plus tard, après avoir été le 1er Ministre (de cohabitation) de Jacques Chirac, il aura l'honnêteté de "se retirer de la vie politique" après son échec en 2002 aux élections présidentielles derrière l'extrêmiste de droite Jean-Marie Le Pen ...Resté membre actif de la direction du Parti Socialiste, à l'instar de son rival Laurent Fabius, il mérite donc le respect de la majorité comme de l'opposition...

 

   Le rapport dont il assume la responsabilité au nom de la Commission ad-hoc comporte un certain nombre de "propositions" ou "préconisations" d'importance inégale :

 

   1. Les plus marquantes concernent la Présidence de la République en raison de la place pré-éminente de cette fonction dans les institutions actuelles. Il préconise d'abord la fin de l'immunité pénale totale pour le Président, ce qu'on appelle l'inviolabilité, la Constitution disposant "qu'il ne peut (...) devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction et de poursuite" ...Le débat s'était déjà instauré à l'occasion du procès de Jacques Chirac sur les emplois fictifs de la Ville de Paris, organisé au terme de son deuxième mandat ...et le débat avait d'ailleurs rebondi de façon plus surprenante quand Nicolas Sarkozy ...avait voulu divorcer, ...puis se porter partie civile à l'occasion du piratage de ses comptes bancaires ...Le rapport prévoit que, désormais, "le Président sera responsable des actes détachables de sa fonction", au civil comme au pénal, commis avant ou pendant son mandat, la seule réserve étant la réunion d'une commission préalable pour "filtrer" des actions pouvant être abusives..., ce qui ne paraît pas contestable...

    Par ailleurs, il propose que les parrainages de candidature, limité actuellement à 500 élus, soient portés à 150.000 citoyens émanant d'au moins 50 départements. Reste à les désigner...et est-ce vraiment utile alors q'aux dernières élections présidentielles les candidatures fantaisistes étaient déjà écartées ?...Autre suggestion : avancer les élections présidentielles début mars au lieu de début mai, les élections législatives étant alors elles-mêmes reculées début avril, ceci afin de faciliter les travaux -au moins les plus urgents - avant l'été ...De même aligner la fermeture de tous les bureaux de vote à 20 heures (Métropole), pour éviter des fuites d'information  avant la clôture du scrutin dans les grandes villes ...Pourquoi pas ?...

 

   2. Une autre série de propositions  sur le cumul des mandats fait déjà beaucoup de bruit, car elle concerne tous les partis, ...et notamment le Parti Socialiste. Elles prévoient en effet d'interdire le cumul d'un mandat parlementaire (député ou sénateur) et d'une fonction exécutive locale (Maire, Adjoint, Président et Vice-Président de Conseil Régional ou de Conseil Général ou de Communauté de Communes ou Métropole), la seule concession étant qu'un parlementaire pourrait conserver un mandat local non exécutif, si celui-ci est bénévole ...Et aucun Ministre ne pourrait avoir de mandat local, "l'exercice d'une fonction ministérielle exigeant un engagement constant de son titulaire" ...Déjà de nombreux parlementaires s'indignent dans tous les partis, car ils tiennent à leur fonction locale qui les met "près du terrain" et parallèlement à leur fonction nationale qui les met "près du bon Dieu" ...Attitude quelque peu hypocrite, car les citoyens sauront qui est derrière le "suppléant" désigné ...En fait, il faut effectivement encourager la séparation des mandats - et y ajouter la durée limitée à 2 mandats consécutifs - , ce qui pourrait pousser un plus grand nombre de citoyens à participer activement à la gestion de la vie publique...

 

   3. La troisième série de propositions paraît plus anodine, puisqu'elle prévoit de réserver pour les élections législatives une "proportion de 10 % au maximum de députés élus au scrutin proportionnel" ...Le débat n'est pas nouveau entre le scrutin majoritaire de circonscription, dont le 2ème tour est limité aux candidatst eu le plus de voix au 1er tour - scrutin censé favoriser la formation d'une majorité à l'Assemblée - et le scrutin proportionnel départemental favorisant une représentation équitable de tous les courants politiques mais pouvant entraîner l'absence de majorité et donc des manoeuvres d'appareils ...En l'occurrence, la part de 10 % à la proportionnelle concernerait 58 députés dans une Assemblée de 577 députés; et ces députés seraient élus en un seul tour dans le cadre d'une circonscription nationale ...Mais ce système soulève déjà des objections : d'une part, pour élire les 500 députés restants, il faudrait redécouper les circonscriptions, ce qui risquerait de déclencher des discussions de "marchands de tapis" ...et, d'autre part, comment seront choisis les candidats aux 10 % ?... Les partis les plus importants ne seront-ils pas tentés de réserver les premières places à leurs leaders, ainsi assurés d'avance de leur (ré-) élection ?...

 

   - 4 Une dernière proposition doit être citée seulement pour mémoire, car ne concerne actuellement que trois personnalités politiques, celle de supprimer la présence de droit des anciens Présidents de la République au Conseil Constitutionnel, avec effet immédiat ...et rétroactif ...Or il n'y a en 2012 que Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, tous de "droite" ...et la décision d'application appartiendra à François Hollande, de "gauche" ...Comme on dit lors des examens, "le jury - c'est-à-dire l'ensemble des citoyens - appréciera"...

 

   Bah! ...La France en a vu d'autres ...Et si ce rapport est mis en oeuvre, il y  aura d'autres révisions, plus tard, et ainsi de suite...

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 23:37

      Même s'il reste encore dans le monde quelques émules attardés des régimes totalitaires du 20ème siècle - nationaux-socialistes, communistes, ...ou intégristes religieux - il n'ya plus de "pensée unique" et la notion de débat s'est imposée dans un nombre croissant de pays en ce début du 21ème siècle...

 

   C'est au titre d'un débat nécessaire pour la libre expression des opinions que sont apparus les partis politiques, c'est-à-dire des groupements de citoyens s'unissant pour obtenir des électeurs le droit de les gouverner ...Mais les partis politiques n'ont pas toujours trouvé les institutions propices à l'ordonnancement d'un tel débat. C'est l'Angleterre qui donne le bon exemple par l'instauration du "bi-parties-systèm", de façon paradoxale puisqu'elle n'a pas de texte consitutionnel et connaît même encore une monarchie ...Ce système a ensuite été appliqué aux Etats-Unis, comme l'atteste la prochaine échéance électorale du 6 novembre 2012 ...En France, il a fallu attendre la Constitution de 1958, révisée en 1962, pour qu'un tel système se mette pratiquement en place, symbolisé par les débats célèbres  ...Giscard-Mitterrand ...Chirac- Jospin ...Sarkozy-Ségolène Royal ...et en mai 2012 Hollande-Sarkozy ..., les débats étant encore compliqués quand il il y avait "co-habitation", c'est-à-dire une opposition entre la majorité présidentielle et la majorité législative...

 

   Ces débats ont souvent été retenus en France comme l'opposition entre la "gauche" et la "droite" ...Mais cette terminologie n'a pas de grande signification : d'abord elle n'est définie que par la position des députés dans l'hémicycle du Palais-Bourbon et des sénateurs au Palais du Luxembourg à partir de la tribune, et elle aurait pu être inversée si on avait pris l'habitude de considérer cette position en regardant la tribune ...Par ailleurs, si on fait l'histoire des notions de "droite" et de "gauche", on constate que la "droite" a toujours été évoquée comme "valorisante" (les élus à la droite de Dieu !), tandis que la "gauche" était assimilée à la "maladresse" ...Et de toutes façons, ces notions n'ont aucune signification dans les nombreux pays n'ayant pas d'hémicycle ...

 

   En fait, ce qui compte dans tous les pays - dont la France - c'est la différence entre deux conceptions de gouvernement : celle du "libéralisme" faisant prévaloir la liberté individuelle - la liberté des uns ne trouvant sa limite que dans celle des autres - et celle du "socialisme", entendu au sens de la "sociale-démocratie", plus coercitive et accordant la priorité à l'intérêt collectif ... C'est entre ces deux conceptions que balance le corps électoral, ce balancement pouvant avoir des raisons diverses, parfois concomitantes, comme "l'usure du pouvoir" entraînant une volonté de "changement" (mot souvent utilisé d'un bord comme de l'autre) ...ou contexte extérieur comme la crise économique sévissant depuis 2007...

 

   Mais, pour autant, le débat doit rester clair, ce qui n'est pas le cas actuellement en France, quand les participants changent d'avis : c'est le cas quand le Président François Hollande se rallie à la diminution du coût du travail qu'il avait condamné dans ses engagements pour faciliter la diminution du chômage ...ou quand le 1er Ministre Jean-Marc Ayrault déclare ce jour 30 octobre 2012 que "la semaine de 35 heures n'est pas un tabou", alors qu'il s'agit d'une "vache sacrée" héritée de sa collègue et éventuelle remplaçante Martine Aubry ...Inversement, le Secrétaire de l'UMP Jean-François Copé brouille les cartes quand il évoque la possibilité "d'appeler à manifester contre les projets du gouvernement", c'est-à-dire à utiliser le "folklore" des socialistes depuis un siècle (Front Populaire 1936, défilé contre la réforme ...Fillon  2003, ...contre le CPE 2006, ...Woerth 2006) ...Pourquoi pas, pendant qu'on y est, "le droit à l'insurrection" , comme le prévoyait la Constitution de 1793, il est vrai jamais appliquée ...Le parti supposé "de l'ordre" appelant au "désordre" ! ...Mais où va la France ?...Le débat est ouvert...

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 23:37

   Cette fois, il ne peut plus être question de laisser aux socialistes le temps de "prendre leurs marques" ...Au terme de 5 mois d'un pouvoir prédominant, ils ont usé l'argument trop facile de l'héritage lamentable du "sarkozysme" et l'opinion est en droit de les juger sur leurs actes...

 

   Or, pour juger ces actes, l'opinion a besoin d'y voir clair dans leur politique, afin de pouvoir définir son attitude - positive ou négative - en connaissance de cause ...Et cela lui est actuellement encore impossible, car elle ne trouve que le "sable mouvant" de l'incohérence la plus grande...

 

   Le dernier avatar de cette incohérence - en attendant la suite - est cette histoire de "dépénalisation du canabis" ...Sur le fond, le souci de réflexion sur le danger de l'utilisation de cette plante est légitime, dans le cadre de la lutte contre toute drogue partagée dans l'ensemble du monde où des filières sont régulièrement démantelées ...Encore faut-il que cette action soit coordonnée et continue, ce qui n'est manifestement pas le cas dans le gouvernement français...

 

   Le 1er Ministre Jean-Marc Ayrault avait eu le mérite, lors de son intronisation, d'écarter cette"dépénalisation du cannabis", mais il apparaît qu'il ne parvient pas à maintenir la solidarité gouvernementale sur ce sujet ...Les socialistes connaissent pourtant la nécessité d'une telle solidarité, pour laquelle il suffit de rappeler la formule de Jean-Pierre Chevènement au temps de la Présidence de François Mitterrand : "un Ministre, ça ferme sa gueule, ou ça démissionne !" ...Or les Ministres du gouvernement actuel ne cessent de se contredire...

 

   C'est d'abord Vincent Peillon - le Ministre n° 2 dans l'ordre protocolaire - qui s'est exprimé, non pas comme Ministre de la Santé - dont on aurait pu comprendre à la rigueur une "clause de conscience" - mais comme Ministre de l'Education, c'est-à-dire le responsable d'un poste où il faudrait réfléchir avant de formuler la tolérance d'une drogue dont l'effet peut être ravageur dans la jeunesse, une drogue dite "douce" pouvant en entraîner d'autres plus dangereuses ...Certes, vertement rappelé à l'ordre par le 1er Ministre, il s'est rétracté, c'est-à-dire contredit lui-même, ...mais sans démissionner, mettant ainsi en doute non seulement sa propre crédibilité mais celle du gouvernement...

 

   Et ce n'est malheureusement pas le seul "couac" dans ce gouvernement qui ne parvient décidément pas à afficher des positions communes sur de nombreux sujets : c'est le cas pour la "filière nucléaire" où le Ministre du "Redressement industriel" Arnaud Montebourg est contredit par "l'écologiste" Cécile Duflot, Ministre ...du Logement ...C'est le cas encore de la Ministre de la Justice Christine Taubira dont la volonté de vider les prisons s'oppose à celle du Ministre de l'Inrérieur Manuel Valls soucieux d'assurer la sécurité en raison de la montée récurrente de la criminalité, en particulier à Marseille et en Corse ...De même, l'objectif de réduire le déficit à 3 % en 2013 divise cette fois le gouvernement au plus haut niveau, puisque le 1er Ministre juge impossible, pour des raisons budgétaires, d'alléger les charges des entreprises, alors que le Président de la République proclame que la nécessaire compétitivité oblige à baisser le coût du travail...

 

   Evidemment, l'opposition - qu'il s'agisse de l'UMP ou, dans une certaine mesure les "centristes" - a beau jeu d'ironiser ...et de demander, à l'occasion  d'une séance publique de l'Assemblée, "s'il y a encore un pilote dans l'avion"...Et la réponse du 1er Ministre est un peu courte, quand il affirme dans sa réponse "qu'il n'est pas le 1er Ministre par hasard" ...propos ambigu, dont on sait pas trop s'il signifie une mise au pas de sa majorité ou un refus de débat avec l'opposition, dans le genre inspiré par la morale de la fable de La Fontaine du Loup et l'Agneau : "la raison du plus fort est toujours la meilleure" ...Les Français sont-ils donc des moutons ?...

 

 

 

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 17:00

      Comme les autres pays occidentaux, la France se débat dans la crise économique, et la dette publique ne cesse  d'augmenter (*) ...La situation est alarmante, mais elle n'est pas encore ...catastrophique, à l'instar de pays comme la Grèce, l'Irlande, voire l'Espagne et l'Italie, qui en sont à prendre des mesures drastiques comme la diminution des salaires et l'augmentation de la fiscalité ...Déjà les anciens responsables politiques - appartenant le plus souvent à la "droite modérée" - en ont éprouvé les conséquences, étant écartés du pouvoir par une sorte de "punching-ball" au profit d'une "social-démocratie" dont les promesses ont fait espérer un avenir meilleur ...La France n'a pas échappé à ce retournement en mai 2012, Nicolas Sarkozy ayant été remplacé à la Présidence de la République par le socialiste François Hollande, et une majorité absolue de la "gauche" ayant été élue à l'Assemblée Nationale, et ceci pour 5 ans...

 

   Le problème est "maintenant" de savoir si les socialistes, qui ont désormais tous les pouvoirs, vont parvenir à conjurer la crise ...et comment ils vont y parvenir ...Le Président Hollande a choisi la tribune de l'ONU pour dénoncer la responsabilité de son prédécesseur, mais la corde est plutôt usée au terme de ses 5 mois de mandat, et il lui faut trouver mieux, suivant le principe que "la critique est aisée, mais l'art est difficile" ...Après avoir aggravé la dette par des premières mesures "populaires" comme l'augmentation de l'allocation scolaire, la création d'emplois d'avenir, le retour de la retraite à 60 ans pour certaines catégories, il annonce, par l'intermédiaire de son Premier Ministre Jean-Marc Ayrault,, "il n'est jamais trop tard pour bien faire" ...Et, alors que le chômage (déclaré...) franchit le nombre symbolique des 3 millions de personnes, il promet une diminution à partir de 2013 ... Encore bravo !... Mais il ne suffit pas de le proclamer, en "sautant comme un cabri" - comme disait naguère De Gaulle à propos de l'Europe - il faut en trouver les moyens ...Et là, çà se complique...

 

   Un journaliste, François Lenglet,  rédacteur en chef de la "Deux" à la télévision, et auteur d'un livre "Qui va payer la crise ?"  a une idée de génie, dont il a fait part au Premier Ministre : "Ma thèse ?...Jusqu'ici, on a fait payer seulement les contribuables, pas le rentier, détenteur de capital. C'est pourcela qu'on n'y arrive pas. Et c'est pour ça que je préconise dans ce livre l'euthanasie des rentiers" (sic) ...Y a qu'à !...C'est simple ! ...Il suffisait d'y penser !...

 

   C'est simple, peut-être, mais c'est scandaleux ...Ce journaliste n'a peut-être pas mesuré ses termes, car la dernière fois qu'il a été question d'euthanasie, cela venait d'un certain Dominique Strausss-Kahn, socialiste de son état, ayant déclaré que la France ne pourrait pas supporter longtemps l'entretien de vieux grabataires et autres malades d'Alzheimer, avec le seul prétexte du déficit de la Sécurité Sociale ...Quoi qu'il en soit, la proposition est claire sur le plan financier : il faut mettre les retraités à "contribution" ...C'est oublier, une fois de plus, que ceux-ci ne sont pas des "privilégiés", et qu'ils sont en grande majorité des anciens "travailleurs" qui ont économisé pendant toute leur vie "active" ...Ils ne sont pas des "cigales qui, ayant chanté tout l'été, se sont trouvées fort dépourvues lorsque la bise fut venue",...Ils sont des "fourmis" qui ont cotisé - suivant le principe de la répartition ou de la capitalisation - pour avoir leur "rente", et d'ailleurs cette rente est insuffisante pour beaucoup d'entre eux, notamment quand ils ont connu des périodes de chômage ou aidé leurs   ascendants ou descendants en difficulté ...Et on voudrait encore prendre dans leur poche ...Ce ne serait plus de la "contribution", mais du "racket" !...

 

   Heureusement, semble-t-il, le 1er Minitre Jean-Marc Ayrault, homme sage ayant déjà fait ses preuves à la Mairie de Nantes, a perçu le risque d'une telle mesure et a tenu à rassurer les Français lors de l'émission  "Des Paroles et des Actes" de la "Deux" le 27 septembre 2012, en soulignant "que "9 contribuables sur 10 ne seront pas consernés par les nouvelles hausses d'impôts" et que, pour celles-ci, il n'y aurait pas d'augmentation de la TVA et de la CSG, au moins pour 2013" ...Il lui reste à passer effectivement des "paroles" aux "actes, et ce n'est manifestement pas une tâche facile en raison des nombreuses discordances apparues dans le gouvernement entre les Ministres soucieux de défendre leur "pré-carré" ...au point que son autorité a pu être mise n doute ...Mais il a finalement présenté son projet de Loi de Finances pour 2013 - le 1er de la mandature de François Hollande - prévoyant 30 milliards d'€ de ressources supplémentaires répartis en trois "tiers" :

   - 10 Milliards d'€ d'économies réparties entre les ministères (à l'exception notable de l'Education),

   - 10 milliards d'€ d'impôts sur les ménages, devant peser en principe sur les catégories les plus aisées, avec une taxe de 75 % sur les revenus du travail dépassant 1 million d'€, le rétablissement de l'ISF, la diminution de 18.000 à 10.000 € de la déduction des niches fiscales, et la création d'une tranche supplémentaire à 45% pour les revenus dépassant 150.000 € pâr part ...Mais les classes moyennes, en dépit des promesses, seront aussi affectées, puisque l'impôt sur le revenu ne sera plus indexé sur l'inflation - ce qui équivaut à une hausse de 2% - que, d'autre part,  le plafond du quotient familial sera abaissé de 2336 € à 2000 € par enfant, et enfin que la taxation des plus-values de titres et des intérêts d'épargne pénalisera les titulaires à partir de la tranche de 30% ...

   - 10 milliards d'€  d'impôts sur les grandes entreprises, ce qui représente pour celles-ci une contribution sans précédent, pouvant mettre en cause leur viabilité, alors qu'elles doivent déjà supporter un "coût du travail" parmi les plus élevés d'Europe (**), notamment en raison de l'application des 35 heures par semaine, ...et qu'elles sont actuellement obligées de reduire leur sur-capacité de production et de licencier du personnel en raison de la restriction du marché résultant de la crise, ...à l'image des firmes automobiles et de la sidérurgie lorraine, pour lesquelles le Ministre du "Redressement" (?) Industriel donne des leçons ...d'inefficacité ...Elles devront même supporter une diminution de 100 à 85 , puis 75 % de leur droit de déduction des intérêts d'emprunt, ce qui ne peut que freiner l'investissement...

   ...Et ainsi la France battra son record de prélèvement obligatoire avec 46,5 % - soit presque la moitié - du PIB en 2013, sans pour autant diminuer la dette qui devrait monter de 89,9 % du PIB fin 2012 à 91,3 % fin 2013 ...

 

   Certes, comme l'espère le 1er Ministre, on peut sortir du cercle infernal,  "si le retour de la croissance nous donne des marges" ...L'ennui est que le taux de croissance déjà descendu de 1,5 % en 2010 à 0,8 % en 2011 ...se rapprocherait de ...0 % pour 2012 ...Et ,faute de marge suffisante pour les entreprises, le chômage, loin de reculer comme le souhaite le gouvernement, franchit en cette fin du 3ème trimestre 2012 le cap des 3.000.000 de personnes (déclarées...), et ce ne sont pas les mesures récurrentes en faveur des jeunes (emplois d'avenir, contrats de génération) qui vont permettre de le conjurer ...au contraire, elles vont alourdir la dette, et diminuer encore les moyens des entreprises ...

 

   La quadrature du cercle...


 

  (*) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France

 

 (**) http://www.journaldunet.com/management/direction-generale/cout-du-travail-en-france/

  

  

 

 

 

  

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:50

   Prenant goût à l'expression personnelle, je ne résiste pas cette fois au plaisir de vanter les mérites d'un ministre de "gauche" alors que, ne prétendant pas être de ce "côté", je suis soupçonné d'être de "droite"...

 

   En fait je vais m'abriter dernière le journal "Ouest-France"  qui publie dans son édition du 20 septembre 2012 deux textes concernant Manuel Valls ...oui, car il s'agit de ce ministre qui, lui, ne peut pas être classé ailleurs qu'à "gauche" :

 

   - Un éditorial de Bernard Le Soleu (1ère page) intitulé "Le défi : concilier Sûreté et Justice"

   "S'il est un homme au gouvernement qui ne flotte pas dans son costume de ministre, c'est bien Manuel Valls. Taille serrée, regard sourcilleux, le côté toréador ou "Catalan ombrageux" fait merveille au Ministère de l'Intérieur... Auprès de ses troupes et de l'opinion. Casting réussi, pour l'instant....

   Sur le flanc gauche gouvernemental, Christine Taubira incarne la justice, la fin du tout carcéral. Sur le flanc droit, Valls se dresse en gardien de l'ordre républicain, l'anti-laxiste par excellence.

   Valls revendique fièrement - il l'a clamé hier devant toute la hiérarchie policière - son titre de "premier flic de France". Déjà, des médias pressés le désignent comme futur Premier Ministre. Depuis Sarkozy, remuant Ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac et du gouvernement Raffarin, on sait que la place Beauvau peut conduire aux plus hautes fonctions.

   Valls s'inspire d'ailleurs sans vergogne de certaines méthodes de ce prédécesseur : posture régalienne, présence tout terrain, haute hiérarchie policière choisie à sa main, et séduction des puissants syndicats policiers. Très habilement, il pratique, sans le revendiquer, le sarkozysme policier pour mieux le dénigrer et faire oublierl'action du vaincu de la présidentielle. Son grand homme est Clémenceau, qui allait, dit-il, "droit devant soi".

   N'est pas le "Tigre" qui veut. Seuls les événements sculptent les grands hommes ou les dévorent. On notera toutefois que, dans une société minée par la crainte de l'avenir, l'anxiété du chômage, la peur d'un retour du terrorisme, Valls rassure. Il combat la délinquance, l'insécurité, l'immigration illégale, les groupes radicaux. On peut juger ces craintes exagérément montées en épingle et faisant le jeu de l'extrême-droite, n'empêche, l'opinion, majoritairement, le plébiscite.

 

   Le Ministre de l'Intérieur accomplit l'exploit d'être apprécié à droite et applaudi par beaucoup de dirigeants socialistes, notamment les maires. Au point que l'ancien élu d'Evry peut se permettre de renâcler face à certaines promesses : il ne veut pas des récépissés à remettre lors des contrôles d'identité - accusés de l'être un peu trop au facies - et il repousse à plus tard le vote des étrangers aux élections locales.

 

   Face à la hiérarchie policière, il s'est décrit en défenseur "sans faille" de l'autorité publique, dans le strict respect des libertés et de la justice. Il démantèle donc sans état d'âme les camps illicites de Roms. Pragmatique, et fin politique, il se protège côté gauche en appelant les forces de l'ordre à respecter l'indépendance de l'institution judiciaire, et à travailler en bonne entente avec les magistrats.

 

   Il cherche ainsi à couper l'herbe de la critique sous les pieds de l'opposition, toujours prompte à dénoncer la présumée schizophrénie gouvernementale, entre une Ministre de la Justice soucieuse d'humaniser les prisons et un Valls sécuritaire. La longue histoire de la République enseigne toutefois que, dans les périodes difficiles, c'est toujours le Ministère de l'ordre qui prend le dessus. Valls et Taubira sauront-ils cette fois concilier les deux politiques, sûreté et justice ? Ce serait le signe que le pays est ragaillardi et apaisé"...

 

   - Une biographie illustrée de "Manuel Valls, le ministre bouillant de l'intérieur"  (dernière page) :

   "Devinette : il a l'oeil noir, le port raide, la voix virile, le visage rouge de tension ...Allez, on vous aide un peu : vous ne savez jamais s'il va vous décocher une baffe ou se broyer les dents; Il est du genre à s'énerver pour prôner l'apaisement ...ça ne vous dit rien ?...

   Continuons : il est plus Barça que PSG, plus Kenzo que Célio, plus Clio qu'Aston Martin ...Un peu gendre idéal, au sourire aussi cintré que le costume ...vous ne voyez toujours pas ?... Animal, il serait un taureau catalan... Mannequin, il ferait la promotion des chemises-cravates ...Membre d'un gouvernement, on le verrait forcément Ministre de l'Intérieur...

 ...ça tombe bien, il l'est... J'ai nommé Manuel Carlos Valls, l'éternel quadra, devenu quinqua le 1er août. La vedette politique de l'été, courant d'accident en tuerie, d'incendie en émeute, de préfecture en université d'été. Comme ce samedi 25 août, où il déboule à La Rochelle...

   ...Sous les voûtes de l'Encan, la halle à marée devenue la criée du socialisme, en chemise blanche mais sans la veste, son "ordre républicain" déclenche une standing-ovation. "Les socialistes sont comme tout le monde", analyse Jean-François Copé, "ils voient bien que la lutte contre la délinquance ou l'immigration clandestine est une priorité".

   La droite peine à l'épingler. "C'est quelqu'un pour lequel, à titre personnel, j'ai beaucoup d'estime et de respect", confie le patron de l'UMP ...qui trouve tout de même une faille : "Il bénéficie d'une grande chance, c'est le faible niveau de ses collègues qui en fait l'un des plus performants" (...) ...Nicolas Sarkozy, aussi, l'apprécie, au point de lui avoir tendu une grosse perche gouvernementale : "Si je suis ré-élu", lui disait-il en 2007, "10 ans dans l'opposition, ça va te paraître long !" ...L'Histoire arrangé les choses, sans qu'il ait à brader son âme...

   Manuel Valls, le rebelle qui prône l'ordre, a des convictions qui déroutent au PS... Il est le parlementaire de gauche qui vote contre la burqa ...Qui prône que l'on repousse l'âge de la retraite. Qui veut déverrouiller les 35 heures. Qui promeut les polices municipales. Qui dénonce les "fatwas" contre les OGM ou le nucléaire. Qui préconise la TVA sociale ..."La France a besoin d'un débat clair. Pour restaurer la République dans les quartiers, il faut de l'emploi, mais aussi de la sécurité, car la délinquance frappe d'abord les plus modestes", répond l'intéressé quand on le gratifie de "Guéant de gauche"...

   Son socialisme - le dirigisme au service des faibles - est, dit-il, "le produit d'une construction personnelle" ...et familiale ! ...Son grand-père, rédacteur d'un journal républicain et catholique, a caché des curés, pourchassés par des pendant la guerre civile espagnole. Il est le fils de Luisangela, d'origine italo-suisse, et de Xavier, artiste-peintre, qui a fui la chape du dictateur Franco en 1948, au bénéfice d'une bourse délivrée par l'Institut Français de Barcelone. Voilà comment on devient socialiste et passionné d'Histoire....

   Rocardien, conseiller de Lionel Jospin, maire d'Evry (ré-élu avec 60% des voix), patron de la fédération du Val d'Oise, député deux fois, directeur omni-présent de la communication du candidat Hollande, ministre... Pourtant, il n'a pas eu que des amis pour l'aider à gravir les marches de la promotion  politique (suit un exposé détaillé de ses démêlés dans le parti socialiste, où il est même invité à le quitter par la patronne, Martine Aubry) ...Mais il est du genre à l'ouvrir sans démissionner. Et puis on a besoin de lui . Sur les Roms, par exemple. En combinant fermeté et humanité, "il nous débarasse d'une grosse suspicion de laxisme", lâche un conseiller de Matignon...

   Sans états d'âme, Valls ?..."J'aime ce qui marche" ...Mais dans le respect ..."Il peut houspiller ses collaborateurs, mais c'est quelqu'un de très loyal" dit un proche... Et puis, quand on succombe aux charmes d'un premier prix de violon et de musique de chambre du Conservatoire de Paris - il s'est remarié avec Anne Gravoin en 2010 - cela sous-entend qu'il n'est pas un coeur de pierre. Que Manuel est peut-être plus sensible que Valls..."


      On a envie d'ajouter : "Bravo l'artiste !"...

 

 


 

 

 

  

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 13:30

   Alors que François Hollande achève à peine son 4ème mois de Présidence - et non ...sans peine, à en croire des sondages déjà négatifs - des augures annoncent la possibilité d'un retour de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité remonterait ...Une telle prédiction est évidemment hasardeuse, car l'action de François Hollande ne peut pas être jugée dans un délai aussi bref au début d'un mandat où, comme pour tous les Présidents de la 5ème République avant lui, les promesses de la campagne électorale sont confrontées aux réalités du pouvoir ...Et, en l'occurrence, François Hollande doit faire face aux difficultés d'une crise économique dont il n'est pas responsable ... C'est donc une antinomie d'imaginer un retour de Nicolas Sarkozy qui a justement été battu pour n'avoir pas réussi, malgré ses efforts, à la résoudre...

 

   De toutes façons, il faudrait d'abord que Nicolas Sarkozy souhaite son propre retour ...Et il n'est pas certain actuellement qu'il le veuille ...A titre personnel, il a pu éprouver une légitime lassitude, après plus de 30 ans de vie politique, comme Conseiller Général, Ministre à plusieurs reprises, puis Président, ce qui n'a pas été pour lui de tout repos en raison de son "hyper-activité" ...Lui-même aurait dit avant l'été : "C'est fini, tout ça !" ...Et il aurait envisagé de ré-activer son cabinet d'affaires à Neuilly-ur-Seine ...De même, il a déjà accepté de faire des conférences (rémunérées...) dans le monde, et notamment à New-York, à l'instar de "socialistes" comme l'allemand Gerhard Schroeder ou l'anglais Tony Blair ...De surcroît, il n'est certainement pas poussé à un retour par son épouse actuelle Carla Bruni, que son origine sociale met à l'abri de toute ambition "mondaine", et qui a déjà fait savoir "qu'elle ne veut plus entendre parler de cette vie politique infernale"...

 

   Mais le pouvoir a toujours eu un parfum particulier, et l'histoire du monde abonde en exemples de chefs d'Etat qui ont cherché à s'y maintenir ou à y revenir, notamment en France : Napoléon 1er et son neveu Napoléon III l'ont fait au prix d'un Coup d'Etat ...D'autres ont utilisé des voies légales, pour ne pas être soupçonnés de "dictature" ...De Gaulle s'en va en 1946, ...avec l'espoir de revenir rapidement, mais il lui faudra attendre 12 ans de "traversée du désert" pour y parvenir, après la création d'un "Rassemblement" et l'opportunité du marasme de l'Algérie ...Une ambition semblable de son successur Georges Pompidou sera brisée par la maladie ...Ensuite François Mitterrand, l'auteur d'une libelle sur le "Coup d'Etat permanent", prendra goût au pouvoir en sollicitant avec succès un 2ème mandat ..., ce que n'obtiendra pas son successeur Valéry Giscard d'Estaing ...Quant à Jacques Chirac, il se maintiendra pour un 2ème mandat d'autant plus facilement qu'il apparaîtra comme le dernier rempart contre l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen...

 

   Or il se trouve que les partisans de Nicolas Sarkozy regroupés en "Association" envisagent sérieusement - en raison de la rivalité entre ses successeurs à la direction de l'UMP François Fillon et Jean-François Copé - qu'il soit finalemnt en 2017 "le seul qui puisse être entendu de la France abstentionniste et de la France lepéniste" (sic) ...et qu'il soit donc "le seul à pouvoir éviter un 2ème tour risqué Hollande-Marine Le Pen" ...Cela n'échappe manifestement pas à Nicolas Sarkozy, car des signes avant-coureurs apparaissent : il a activé son bureau rue de Miromesnil à Paris, avec un Chef de Cabinet, Michel Gaudin, l'ancien patron de la Préfecture de Police de Paris fraîchement évincé par le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls ...Et il reçoit non seulement les responsables de l'UMP et de ses alliés du "Centre", comme Christine Boutin et Jean-Louis Borloo, ...mais aussi des personnalités étrangères comme l'espagnol Jean-Marie Aznar, l'anglais Tony Blair, l'ivoirien Alexandre Ouattara, , le sénégalais Macky Sall, le libanais Saad Hariri ...Et on chuchote qu'il a téléphoné plusieurs fois à l'allemande Angéla Merkel (échange de voeux d'anniversaire ?) et au géorgien Mickeil Saakachvili qu'il avait naguère soutenu contre la Russie ...Comme s'en amuse un collaborateur, "on se croirait presque à l'Elysée" ...Alors ?...

 

   Alors, François H ollande a désormais quelques raisons de s'inquiéter ...Des raisons supplémentaires, car déjà il s'était interrogé lors de l'entretien protocolaire de passation des pouvoirs en mai 2012 en disant à Nicolas Sarkozy : "Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant que tu arrêtes la politique" (à noter le tutoiement) , en insistant sur la chance qu'(il) avait "d'en finir avec tout ça", ce qui pouvait paraître "in fine" comme un souhait qu'il en soit ainsi ...Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs compris, puisqu'il avait alors confié à iun ami :"il voulait être sûr que j'allais dégager pour de bon !" ...

 

   Ainsi, et ..."maintenant", ...rien n'est sûr ...Il paraît que François Fillon et Jean-François Copé ont au moins été d'accord pour mettre la photo de Nicolas Sarkozy sur la cheminée du local de l'UMP, en espérant peut-être que l'intéressé resterait là ...Mais il est déjà devenu une "statue du Commandeur" ...et il est certainement déjà prêt à effectuer son retour, tout en ayant l'habileté de ne pas le manifester ...Ah! pouvoir, quand tu nous tiens !

 

   Le rêve de l'éternel retour !...

 

NB : le présent texte est une libre réaction à l'article de Charles Jaigu sur "La vie sans l'Elysée" paru dans le journal Le Figaro du 15 septembre 2012.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 23:49

   Ainsi donc, le Président Hollande s'est adressé ce jour aux Français, s'inscrivant - après 4 mois d'attente - dans la continuité du comportement de ses prédécesseurs, de gauche" comme de "droite", qui avaient multiplié auparavant ces interventions, conformément au rôle majeur attribué au Président de la République par la Constitution de 1958 révisée en 1962 ...Il y a bien un "pilote dans l'avion", et l'intéressé l'a fait savoir clairement, tenant manifestement compte de l'inquiétude de l'opinion et revendiquant même son pouvoir de décision...

 

   Mais c'est aussi pour lui la continuité dans la gestion des affaires, car il ne prévoit aucune mesure importante pendant un délai de deux ans, sous prétexte de la nécessité de redresser la France après 10 ans de gouvernement de "droite" ...Pourtant, la France n'est pas au bord de la faillite et, même si elle est affectée comme les autres pays occidentaux par la crise économique, elle a pu limiter la progression de la dette publique, à la différence de pays comme la Grèce, l'Irlande et l'Espagne, ce qui doit être mis au crédit de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, même si la gestion de ce dernier a pu par ailleurs faire l'objet de critiques ...Au contraire, ce sont les premières mesures "symboliques" prises par François Hollande - suppression de la déficalisation des heures supplémentaires, diminution des taxes sur l'essence, suppression de la TVA sociale, augmentation de l'allocation scolaire - qui, en raison de leur coût, aggravent le déficit et mettent donc en danger l'économie du pays, avec la conséquence d'un nouvel accroissement du chômage atteignant désormais 3 millions de personnes ...Comment comprendre alors que le Président Hollande puisse prévoir une "inversion" - donc une baisse - du chômage dès 2013, à moins que ce ne soit par une opération du Saint-Esprit ne cadrant pas du tout avec la morale laïque invoquée par un de ses ministres ?...

 

   Il n'y aura pas davantage de changement dans les ressources budgétaires ...Nicolas Sarkozy n'avait pas pu tenir ses promesses de ne pas augmenter les impôts en raison de la crise économique et des avantages consentis aux familles aisées ...Mais François Hollande va beaucoup plus loin, puisqu'il annonce 20 Milliards d'€ d'impôts supplémentaires, dont 10 pour les grandes entreprises - faisant peser sur elles une charge nuisible à l'exportation et donc à leur production - et 10 pour les ménages, sauf pour les deux premières tranches, autrement dit au dépens de la classe moyenne déjà pressurée et en voie de paupérisation dans certains secteurs ...

 

   Il y avait bien une "recette-miracle" , celle de compter sur le taux de croissance, et François Hollande avait d'abord prévu un taux entre 1 et 1,5 %, qu'il avait voulu imposer au Conseil de l'Europe ...Or ce taux stagne à 0,8 % sans garantie d'augmentation, au contraire, en raison des premières mesures ...Si l'on considère que 0,1 % de taux de croissance correspond à 1 milliard d'€, on sera donc devant un dilemme : ou bien le taux remonte vers 1,5 % au moins, ce sera bien ...on rasera gratis ...mais c'est peu probable ...ou bien le taux se rapprochera de 0 % et deviendra même négatif, devenant ...une décroissance, et où ira-t-on?... A la faillite ?...Ce sera cela le changement annoncé dans 2 ans ?...

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:37

   "Il y a loin de la coupe aux lèvres",  dit une maxime ancestrale rappelant ainsi qu'il peut y avoir un grand écart entre des promesses et leur réalisation ...La France en fait actuellement l'expérience en constatant que , plus de trois mois après l'élection de François Hollande comme Président de la République, la plupart de ses "60 engagements" n'ont pas encore été respectés...

 

   Certes, ces engagements, en raison même de leur nombre et de leur diversité, ne pouvaient pas tous être réalisés en un délai aussi court, certains devant nécessairement être étalés sur son mandat de 5 ans,  voire davantage ...Mais, au moins pour certains d'entre eux, les Français ont le droit légitime de manifester leur impatience, ne serait-ce qu'en application d'une autre maxime : "Chose promise, chose due" ...

 

   Car le compte des promesses suivies d'effet est vite fait : Il s'agit d'abord des premières mesures, qualifiées de "symboliques", voulant marquer la rupture avec le gouvernement précédent de la "droite" et ayant donc un label de "gauche", comme la baisse (très relative) de la rémunération du Président et des membres du gouvernement, l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire pour les familles défavorisées et un accroissement de l'effectif d'encadrement dans l'Education Nationale, ces deux dernières mesures ne pouvant d'ailleurs qu'aggraver la dette publique, ...comme y contribuera la baisse ..."modeste et provisoire" ...des taxes sur l'essence ...Ensuite, il y a eu la session extraordinaire du Parlement, mais elle surtout servi - comme il est de tradition après les élections - à liquider les problèmes en cours de la session ordinaire les ayant précédées (*) ...Et ce n'est pas, à l'extérieur, l'ajout d'un volet croissance obtenu par le Président François Hollande au "Traité européen de stabilité budgétaire", qui apportera grand-chose, alors que, dans le cadre de la crise économique, la croissance se rapproche de ...0 % au lieu des 1,5 à 2 % espérés  ...Comme le dit encore une autre maxime, "les faits sont têtus" !...

 

   Ils le sont même tellement que le gouvernement est obligé d'aller parfois à l'encontre des promesses du Président : ainsi, le Ministre dit "du Redressement Productif" considère que le nucléaire est une filière d'avenir, alors que François Hollande avait envisagé d'en réduire l'importance par étapes, ce qui, de surcroît, provoque un tollé chez les "Verts" qui avaient conclu un accord en ce sens avec les socialistes ...Quant au Ministre de l'Intérieur, il n'hésite pas à démanteler les campements de Roms, en précisant que "les Français ne nous croiraient pas si on leur disait que (cette) question ne peut être traitée que par le seul prisme de l'insertion", ce qui hérisse évidemment les "droits-de-l'hommistes", d'autant plus qu'il en rajoute en s'interrogeant sur le droit de vote des étrangers...

 

   Dans l'autre sens, Mélenchon, l'allié du "Front de Gauche", estime que le Président Hollande n'en fait pas assez en matière de "mesures sociales" ...Dans ce domaine, il a pourtant commencé à tenir ses promesses en "défiscalisant les heures supplémentaires", dans le but de permettre un partage du travail et donc une diminution du chômage ...mais la mesure est, il est vrai, pratiquement sans effet, car les salariés concernés ne manifestent aucun empressement à renoncer à ces heures suipplémentai res  apportant un complément de ressources à leurs revenus de plus en plus insuffisants ...tandis que, de leur côté, un nombre important de "jeunes retraités", pour la même raison, complète leur pension par un travail partiel, souvent au "noir"...Et ainsi, le chômage continue sa progression vers le seuil (officiel...) de 3.000.000 de personnes ...Certes, le gouvernement réagit en faveur des jeunes en prévoyant 150.000 "emplois d'avenir" de 2012 à 2014, ...mais il s'agit d'une vieille recette, déjà utilisée depuis 30 ans par des gouvernements de "gauche" comme de "droite" sous divers noms : TUC (Travaux d'Utilité Collective) de Fabius en 1984, CES (Contrats Emploi Solidarité) par Rocard en 1989, Emplois Jeunes de Jospin en 1997,Contrats Jeunes de Raffarin en 2002, ...et Contrats d'autonomie de Fillon en 2008 ...et, à chaque fois, ces mesures n'ont donné que des résutats décevants, les emplois créés n'étant que rarement suivis d'emplois stables (CDI), certaines entreprises organisant même parfois à leur place un "turn-over" d'emplois-jeunes leur permettant d'obtenir une aide de l'Etat ...Et dans le secteur public, ces emplois ont surtout été affectés dans les Collectivités territoriales, dont les effectifs sont déjà pléthoriques, et donc coûteux ...D'ailleurs, les "emplois d'avenir" vont coûter entre 2 et 3 milliards d''€, que l'Etat, impécunieux, ne pourra trouver que par une augmentation des impôts au dépens d'une classe moyenne déjà pressurée et parfois en voie de "paupérisation" dans certains domaines ...

 

   C'est pourquoi, plutôt que de s'engager dans des mesures inefficaces et sans lendemain, le Président et son Gouvernement seraient mieux inspirés de faire baisser le coût du travail par une diminution des charges, d'assouplir le marché de l'emploi par des dispositions variables suivant les secteurs et les saisons, à l'instar de l'Allemagne, ...et d'organiser une réforme fiscale capable de retenir les entreprises et leurs capitaux, au lieu de les pousser à s'expatrier par une taxation irréfléchie à 75 %...

 

   Car, finalement, il n'est pas surprenant que le Président François Hollande ait vu fondre rapidement sa cote de popularité de 53 % en Mai 2012 à 44 % en Août 2012 ...Certes, cette popularité était fragile, car son élection n'a pas répondu à une attente très forte, puisqu'en Mai 2011 il plafonnait ...à 3 % quand DSK culminait à 60 % , qu'ensuite sa candidature a été fortement contestée dans le Parti socialiste, notamment par Martine Aubry et qu'enfin son élection a laissé place à plus de 40 % d'abstentions ... Mais il avait la possibilité de convaincre les Français par une action énergique et "courageuse" ...Ce n'est pas le cas, du moins jusqu'à présent ...Est-il encore temps ? ...Une déclaration solennelle prévue le dimanche 8 Septembre 2012 va-t-elle lui permettre de "renverser la vapeur" ?... Comme le dit une ultime maxime, empruntée au Lièvre et à la Tortue de La Fontaine, "Rien ne sert de courir, il faut partir à point" ...

 

(*) http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-parlement-convoque-en-session-extraordinaire-en-juillet

 

  

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 23:43

   Le temps n'est plus, manifestement, où les vacances étaient une période de trêve pour le plus grand nombre des Français, et en particulier pour le Président de la République qui, parti se reposer au Fort de Brégançon ou ailleurs, laissait à son Premier Ministre, voire à un simple Ministre, le soin "d'expédier les affaires courantes"...

 

   Car les nuages se sont accumulés en cet été 2012, et le nouveau Président François Hollande est non seulement confronté, comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy, à la permanence de la crise économique, mais il doit faire face à une recrudescence des difficultés : à l'intérieur, le brusque retour de la délinquance allant maintenant jusqu'à l'utilisation d'armes lourdes contre la police, et, à l'extérieur, le risque d'un conflit international suscité par la guerre civile en Syrie...

 

   On pouvait espérer que le Président François Hollande agirait de façon rapide et efficace, en raison même des conditions de son élection : d'une part, il avait fait des promesses très claires dans ses "60 engagements pour la France", notamment le 52ème sur la "sécurité" et le 57ème sur la "place dans le monde", ... et, d'autre part, il avait pratiquement reçu un "blanc-seing" avec l'élection d'une majorité absolue des partis de "gauche" à l'Assemblée Nationale...

 

   Or il n'y a eu jusqu'à présent que des mesures symboliques, comme la diminution des salaires du Président et des Ministres et l'augmentation de l'allocation scolaire pour les familles défavorisées ...et, en dépit de "fortes paroles" et d'appels à la "discipline ministérielle", on assiste à des désaccords multiples comme celui opposant le Ministre de l'Intérieur et la Ministre de la Justice sur les "Centres Educatifs fermés" ou ceux des nombreux Ministres chargés des affaires économiques ...Et , à l'extérieur, alors que le Président français bénéficie de son "tour de rôle" comme Président de l'Onu, ...il a jugé plus important de se reposer au Fort de Brégançon que de faire les démarches nécessaires auprès de ses homologues Vladimir Poutine pour la Russie, Angéla Merkel pour l'Allemagne et Barack Obama pour les Etats-Unis, ce qui a d'ailleurs conduit l'ancien Premier Ministre François Fillon, dont la compétence et l'expérience sont indiscutables, à lui donner des conseils dans un article remarqué dans le Figaro du 13 août 2012 ..."Un peu de courage, Monsieur le Président !..."

 

   En l'occurrence, la sanction des Français ne s'est pas fait attendre, puisqu'au terme des traditionnels "100 jours de grâce", la popularité du Président François Hollande est déjà négative, avec 54 % de "mécontents"...Et le problème est déjà de savoir s'il pourra remonter la pente ...Car il prend des "postures", conformément à l'attitude habituelle des socialistes, "afin de plaire" ...Mais il oublie que gouverner ce n'est pas vouloir plaire constamment, et c'est même souvent avoir le "courage" d'aller à l'encontre de l'opinion courante en fonction de la connaissance des réalités ...Il est vrai que François Hollande a toujours été un homme aimable - ce n'est pas par hasard qu'il avait été le chef du turbulent parti socialiste grâce à des qualités de "négociateur"  - mais qu'il n'avait jamais été membre d'un gouvernement avant son élection comme Président de la République ...Cela ne s'improvise pas d'être "un Chef d'Etat"...

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