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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:05

   Ainsi le peuple français a rendu son verdict définitif, et celui-ci est sans surprise, puisqu'il confirme la convergence des votes des élections présidentielles et des élections législatives depuis que le second scrutin succède dans un bref délai au premier, ...et qu'il apporte donc au Président socialiste Hollande la majorité dont il a besoin à l'Assemblée Nationale pour mener sa politique ...Il est d'ailleurs intéressant de constater que cette concomitance organisée naguère par l'ancien 1er Ministre socialiste Lionel Jospin sous l'égide du Président Chirac a été stigmatisée - dès la proclamation des résultats du 2ème tour des élections législatives du 17 juin 2012 - par un autre ancien Premier Ministre socialiste Laurent Fabius qui a évoqué la nécessité d'un couplage des deux élections le même jour pour chacun des 2 tours ...Il est vrai que cette proposition est  liée à la marginalisation croissante des élections législatives par les élections présidentielles qui apparaissent les seules essentielles en raison des pouvoirs dévolus au Président de la République, marginalisation se traduisant par l'importance du taux d'abstention

 

   Car il y a deux enseignements majeurs dans le bilan des élections législatives au terle du 2ème tour :

   - D'abord, le succès incontestable des socialistes, d'autant plus grand qu'ils détiennent à eux seuls la majorité absolue, ce qui leur évitera - en principe - une dépendance génératrice de marchandages avec leurs autres partenaires de la "gauche"...

   - Ensuite, l'importance du taux d'abstention qui bat tous les records antérieurs, et en particulier celui de 42,7 % du 1er tour, passant en effet à 44 % environ au 2ème tour ...ce qui signifie qu'avec 55,4 % des suffrages les socialistes ne représentent qu'environ 20 % des inscrits ...et l'UMP, avec 31,1 % des suffrages, seulement 14,7 % des inscrits ...On est loin d'un élan populaire et il n'y a pas de quoi pavoiser...

 

   Mieux vaut se tourner vers l'avenir, et s'interroger sur les projets de la nouvelle majorité de "gauche"  qui est maintenant "au pied du mur", c'est-à-dire devant les difficultés à résoudre, qui sont en grande partie responsables de la défaite de l'ancienne majorité de "droite" ...Les responsables socialistes en sont conscients, puisquils sont déjà convenus que "rien ne sera facile ...et rien ne nous sera donné" ...Evidemment, ils n'auront pas le soutien de la "droite", même si les représentants de celle-ci ont aussitôt déclaré que leur opposition sera "constructive" ...et qu'ils n'hésiteront pas à voter toute loi ou mesure qui leur paraîtrait "aller dans le sens des intérêts de la France" ...Mais le problème est que, le plus souvent, la majorité et l'opposition risquent de ne pas avoir la même conception des intérêts de la France ...Et il faut plutôt s'attendre à beaucoup plus de divergences que de convergences dans la politique à entreprendre pour le pays :

   - Les divergences porteront surtout sur la politique intérieure, à fortiori s'il y a une remise en cause des mesures prises depuis 2007 par l'ex-Président Sarkozy et son 1er Ministre Fillon, qu'il s'agisse des dispositions concernant la dette publique ou l'âge de la retraite ...Il y a d'ailleurs tout lieu de penser que cette question sera au centre des préoccupations de l'UMP en septembre prochain, quand elle aura réglé le problème de son "leadership" ...Ce débat, en effet, dépasse largement les "querelles partisanes" : d'une part, il paraît difficilement acceptable de revenir, même de façon seulement partielle, à la retraite à 60 ans - à l'inverse des autres pays européens - sacrifiant ainsi le paiement des pensions des générations suivantes à celui de la génération actuelle ...D'autre part, des mesures sociales trop brutales (création de 10.000 postes, augmentation du SMC...) obéissent à une conception "keynesienne" dépassée qui encourage la consommation et donc l'inflation au lieu de développer la production et l'investissement...

   - Les convergences porteront plutôt sur la politique extérieure, et notamment sur la participation aux activités européennes ...Ne pouvant s'affranchir de règles instituées par l'ensemble des pays de l'Union , les socialistes seront bien obligés de s'aligner sur l'Allemagne d'Angela Merkel, qui ne sera évidemment pas disposée à payer pour les excès éventuels de la France, comme elle ne l'est pas pour la Grèce...

 

   Est-ce à dire qu'avec les socialistes la France devra se mettre en retrait de l'Europe, autrement dit pratiquer une politique nationaliste ?... Dans ce cas, il y a sur l'échiquier politique de la France un parti, le Front National de Marine Le Pen, qui, forte de son succès personnel d'environ 18 % aux élections présidentielles et de quelques succès notoires aux élections législatives - elle-même ratant de quelques voix son élection - ne manquera pas de rappeler "qu'il vaut mieux l'original que la copie" ...

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 23:00

    Les électeurs français ont rendu leur verdict pour le 1er tour des élections législatives du 10 juin 2012 et, à l'instar des élections précédentes, ce verdict pose des problèmes, comme si les électeurs "ballottés" - c'est le cas de le dire - d'un scrutin à un autre ne savaient plus trop où donner de la tête, en raison jutement du nombre de ...têtes, puisqu'il y a eu au départ 6603 candidats  pour 577 circonscriptions, soit en moyenne environ 11 candidats par circonscription...

 

   Le 1er problème est celui de l'abstentionnisme ...En effet, avec 42,77 % des électeurs inscrits, le 1er tour des élections législatives du 10 juin 2012 a battu le record des abstentions au 1er tour depuis 1958, donc environ un demi-siècle (dernières élections précédentes : 31,1 % en 1993, 32,1 % en 1997, 35,6 en 2002 et 39,6 en 2007) ....On peut évidemment s'interroger sur ce recul du "devoir civique" : certains observateurs ont invoqué la ...météo, mais l'argument n'est pas sérieux car une élection n'est tout de même pas une affaire  ...de pluie et de beau temps !... Et on a aussi ressorti l'histoire des pêcheurs à la ligne, ce qui est seulement un prétexte à  ...noyer le poisson ! ... En fait, il semble surtout que les Français se désintéressent de plus en plus des élections législatives, dans la mesure où ils estiment avoir fait l'essentiel avec le choix du Président de la République, corroborant ainsi la primauté de celui-ci dans la gestion de la vie politique ...Ce n'est pas par hasard que l'abstention au 1er tour des élections présidentielles tourne autour de 20% depuis 1958, alors qu'elle tourne entre 30 et 40 % depuis 1988 pour les élections législatives... S'y ajoute une saturation de la politique liée au couplage des deux élections en moins de deux mois, avec une accumulation de professions de foi et de débats finissant par lasser l'opinion, qui accorde une plus grande attention à des problèmes concrets et immédiats, comme la crise, le niveau de vie ou le chômage ...autrement préoccupants que la justice des mineurs, la notation des élèves ou l'usage du train pour les ministres ...Manifestement, on est loin en 2012 de l'enthousiasme qui avait salué l'élection de François Mitterrand en 1981 ...Certes François ...Hollande a incontestablement été élu Président, mais sa marge est restée faible - 51,62 % contre 48,38 % à Nicolas Sarkozy - ayant été porté davantage par le rejet de ce dernier que par un vague issue de son prestige personnel (les sondages lui prédisaient seulement 3% en mai 2011)...

 

    Le 2ème problème est effectivement de comprendre alors comment l'élection de François Hollande a pu entraîner une augmentation sensible des votes favorables à la "gauche" au 1er tour des élections législatives le 10 Juin 2012 ...Le 1er Ministre Jean-Marc Ayrault, homme pondéré et sage - d'ailleurs brillamment élu à Nantes - avait demandé aux Français de "donner au Président la majorité nécessaire pour gouverner" ...et il y a eu un effet d'entraînement, qui n'est d'ailleurs pas un fait nouveau puisqu'il avait déjà joué aux élections précédentes, notamment pour la "droite" en 2007 (41,9 %) après l'élection de Nicolas Sarkozy ...A cette différence près qu'il a toujours été plus méritoire pour la "gauche" de progresser, voire de l'emporter, dans la mesure où la France a toujours été , depuis la Révolution de ...1789, un pays "sociologiquement" de "droite", à l'origine avec une majorité de petits propriétaires conservateurs et hostiles aux "partageux"...De ce fait, l'arrivée au pouvoir de la "gauche" a toujours eu un caractère exceptionnel et peu durable : Blum et le Front Populaire en 1936, Mendès-France et le Front Républicain en 1954, Mitterrand et le Programme Commun en 1981, obligé de cohabiter avec Chirac en 1986, et, après sa ré-élection en 1988, avec Balladur en 1993 ...Est-ce à dire que les élections législatives de 2012 vont faire exception et qu'en donnant une majorité à la "gauche" au 2ème tour, elles vont donner, en raison du couplage avec les élections présidentielles, tous les pouvoirs à cette "gauche" jusqu'en 2017 ?...Rien n'est moins sûr...

 

   En effet les résultats du 1er tour des élections législatives, même s'ils sont prometteurs pour la "gauche", n'en restent pas moins ambigus ...Car, si la "droite" (UMP + Nouveau Centre et divers) a incontestablement reculé de 41,9 % à 35,3 %, soit 6,6 %, elle fait encore jeu égal avec la "gauche" (PS + PRG et divers) qui totalise 35 %... Et si on intègre les "extrêmes", la "gauche" regroupe avec le "Front de Gauche" et les "Verts" environ 47 %, tandis que la "droite" regroupe 47,7 % avec ...le "Front national" ... De surcroît, l'analyse se complique encore en raison de l'opinion portée sur les partis en cause : le temps n'est plus où, à "gauche" le Parti Communiste inféodé à l'URSS était excommunié, et désormais il y a entre les socialistes et les communistes intégrés au Front de Gauche le "désistement républicain" jugé vertueux ...Mais il n'en est pas de même pour le Front National qui, en dépit de la "normalisation" apportée par Marine Le Pen, continue à "sentir le soufre" et à être considéré encore comme trop vicieux, au point que l'UMP se refuse à faire alliance avec lui, tout en renonçant pas à ses voix ...et au point aussi que même Martine Aubry, chef des socialistes, invite la "gauche" à voter UMP en cas de duel entre le Front National et l'UMP au 2ème tour ...quitte, pour les socialistes, à profiter de la division de la "droite" en cas de triangulaire UMP-FN-Socialistes...

 

   Dans ces conditions, le résultat final des élections législatives reste in certain, même si la "gauche" bénéficie d'un pronostic favorable ...Martine Aubry déclare sagement, au nom des socialistes, que "ce n'est pas encore gagné" et Jean-François Copé affirme de son côté, au nom de l'UMP, que "tout est possible" ...On reste donc à la merci d'un incident, capable de retourner les électeurs hésitants dans les derniers jours avant le 2ème tour du 17 juin 2012 ...Or, il vient de s'en produire un, avec le soutien apporté par ...la "compagne" du Président Hollande au socialiste dissident se maintenant à La Rochelle contre son ancienne ...compagne Ségolène Royal, qui avait  soutien du ...Président Hollande !...Comme le raille le sénateur UMP Roger Karoutchi, "Où sommes-nous ? Vaudeville ? Théâtre de boulevard ? Retour de la Cour avec intrigues ?..." et le Conseiller Régional UMP Geoffroy Didier en rajoute :"Désormais, c'est Dallas à l'Elysée" !... Querelle de dames ? Mélange de "privé" et de "public" ?...Il faut assurément "minimiser" et ne retenir que l'humour de la situation, mais qui sait ...en vue du 2ème tour ?...

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 23:27

   " C'est au pied du mur qu'on voit le maçon" ...dit le dicton populaire ...Et il convient donc de ne pas porter de jugement préalable sur l'action du nouveau Président de la République François Hollande ...Mais il est déjà possible de s'interroger sur les intentions qu'il a exprimées dans ses "60 engagements pour la France", ainsi que sur les premiers signes de leur application.

  Ses intentions, François Hollande ne les a pas réitérées dans son discours d'investiture, où il a surtout souligné les difficultés qu'il doit "maintenant" affronter - le "poids des contraintes", la "dette massive", une "croissance faible", un "chômage élevé"... - comme s'il voulait prévenir les Français que ses promesses étaient remises à plus tard, c'est-à-dire au mieux au terme de son mandat de 5 ans ...Par contre, il s'est appesanti sur sa conception du rôle de Président, où il s'est présenté comme l'image inversée de celle qu'il attribue à son prédécesseur Nicolas Sarkozy : refus de l'omni-présidence, simplicité, continuité, respect du Parlement, sauvegarde de la justice ...Il est d'ailleurs significatif que, citant - comme un juge - l'action  des anciens Présidents de la 5ème République, en particulier celle du Général De Gaulle, il n'ait pas reconnu, ne serait-ce que par simple civilité, la moindre qualité à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui avait au moins eu le mérite de limiter pour la France les effets d'une grave crise économique ..."Apaisement, réconciliation, rassemblement", a plaidé le nouveau Président François Hollande ...Il ne suffit pas de le vouloir ...Il faut en convaincre les Français qui ne l'avaient pas choisi ...et même certains membres de son propre camp ...

   Les premiers signes, ils apparaissent dans la formation du nouveau gouvernement ...A ce titre, le choix de Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre apparaît pertinente, car celui-ci n'est pas seulement un ami de longue date de François Hollande, il est surtout une personnalité modérée, ayant fait ses preuves de "chef d'équipe" - à la fois conciliateur et pugnace - comme Maire de Nantes et Président du groupe socialiste de l'Assemblée, et sa valeur est reconnue au-delà de son propre parti, puisque François Fillon, qui l'a connu naguère dans la Région des Pays de Loire, affime lui-même "qu'il fera un bon Premier Ministre" ...Encore faut-il qu'il soit bien entouré, et les difficultés ayant marqué  - et retardé - la formation du Ministère sont plutôt de mauvais augure ...Il lui a fallu en effet intégrer de nombreux paramètres : d'abord le principe de la "parité hommes-femmes" proclamé par le Président Hollande, mais d'application malaisée dans la mesure où, à l'inverse des hommes en nombre pléthorique, il y avait peu de femmes "expérimentées" ...Ensuite le "dosage" entre les composantes de la majorité présidentielle, c'est-à-dire faire une place aux partis alliés, même très minoritaires avec Christiane Taubira (radicale) nommée au poste régalien de la Justice, et Cécile Duflot (écologie...) nommée  ...à "l'Egalité des territoires et au logement" ...Et bien entendu aussi satisfaire les appétits des socialistes eux-mêmes, en tenant compte du refus de Martine Aubry, retirée sur son "Aventin" lillois, faute d'avoir été choisie comme Premier Ministre par François Hollande qu'elle avait combattu lors des primaires socialistes ...Pour autant, elle a obtenu un poste pour ses lieutenant François Lamy et Marylise Le Branchu ...Quant à Ségolène Royal, autre rivale exclue, elle place tout de même les inconnues Najat Belkacem et Delphine Batho ...Et l'aile gauche n'a pas été oubliée, avec Benoît Hamon, dont la présence peut rassurer le Front de Gauche de Jean-Luc Mélanchon, non invité (ou non candidat?...à la table minitérielle ...De surcroît, il a fallu faire attention à "l'ordre protocolaire", en accordant la 1ère place à Laurent Fabius, ancien Premier Ministre du temps de François Mitterrand, la seconde ayant échu à Vincent Peillon, un "fidèle" qui reçoit le Ministère de l'Education auquel Françoit Hollande a accordé la priorité pour la défense (?) de la jeunesse...Mais tous les fidèles n'ont pas été servis, même s'ils en avaient manifesté l'envie, comme Bertrand Delanoë, Maire de Paris, André Vallini, spécialiste de la Justice, ou encore François Rebsamen, qui visait l'Intérieur... Il y avait trop de candidats ...au point que la promesse d'un Ministère "restreint" n'a pas pu être tenue, puisqu'avec 34 ministres de plein exercice ou délégués, on dépasse les 32 ministres du gouvernement précédent de François Fillon ...Il est vrai qu'à côté des ministères "classiques" ( Affaires Etrangères, Justice, Intérieur, Culture, Travail, etc...), il y a des attributions ministérielles "secondaires", au titre plutôt "bizarre", comme le "Redressement productif", la "réussite éducative" ou "l'économie numérique" qui auraient pu être intégrées à moindres frais dans les ministères "classiques"... 

 

   Néanmoins, il faut convenir que ces manoeuvres politiques ne sont pas l'apanage de la seule "gauche", et que la "droite" a donné naguère des exemples comparables lors des présidences de Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy... Mais, avec le Président François Hollande, la "gauche" veut incarner la "vertu" - ce qui implique le contraire pour la "droite" - et, à ce titre, le Président Hollande a invité les membres du gouvernement à respecter une "Charte de déontologie" comportant l'exemplarité, la dignité et la sobriété, et à s'abstenir de toute déclaration personnelle contraire à la solidarité ministérielle ...Et il a décidé de diminuer de 30 % leur rémunération, passant de 14.200 € à  9.940 €, et de leur imposer de remettre aux Domaines tout cadeau d'une valeur supérieure à 150 €, mesures assurément positives mais seulement symboliques, car elles ne suffiront pas à éponger la dette publique ...Sans persifler, il est permis de sourire !...

 

   ...Car "c'est au pied du mur qu'on voit le maçon", ...et, pour être franc, il convient d'attendre la construction de l'édifice ...Les Français la permettront-ils à l'occasion des prochaines élections législatives de juin 2012 ?...Certes, la majorité législative a toujours confirmé la majorité présidentielle depuis le couplage des deux élections (1995, 2002, 2007), ...mais le passé, même récent, ne peut pas donner une certitude absolue pour l'avenir, alors que la "gauche" ne l'a emporté sur la "droite" que par 51,26 % aux élections présidentielles ...Et est-ce si important ? ...La France n'en est pas à la première alternance entre la "gauche" et la "droite", et elle n'en continue pas moins son chemin...

                                                                                                           

 

  

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 22:28

   François Hollande affirme, à l'occasion de son investiture comme Président de la République Française le 15 mai 2012, qu'il veut être un Président "normal" ...Il est ...normal qu'il veuille ainsi donner un sens à son action future, mais il convient alors de savoir à quoi correspond le qualificatif de "normal" ...Pour ce mot, le dictionnaire donne à la fois une définition positive - "ce qui est un modèle, une règle, un point de comparaison" - et une définition négative - "ce qui est dépourvu de tout caracrère exceptionnel " - mais il ajoute aussi une définition -"ce qui est conforme à la majorité"- celle-ci plus discutable, car chacun sait que la "majorité" est variable, à l'image des élections en France depuis un demi-siècle ...et il est donc impossible d'y trouver quoi que ce soit de "normal"...Mais foin d'euphémisme ...Pas de querelle sémantique ...François Hollande veut être "normal" ...Il sera donc normal !...

 

   Mais justement, la France a-t-elle besoin d'un Président normal ?...Et en a-t-elle eu dans le passé ?...Avant la Révolution de 1789, elle n'avait eu que des "rois" dont le pouvoir était considéré comme de "droit divin" et donc "normal" à ce titre ...Avec les 5 républiques qui alternent ensuite avec d'autres régimes, y -a-t-il une règle "normale" à ce nouveau titre ? ...Pas du tout ...La 1ère République, après 1792, n'a pas de Président, mais un Directoire, puis un Consulat qui aboutit à la dictature de Napoléon 1er ...L'histoire se répéte avec la 2ème République qui a cette fois un Président, mais celui-ci imite son oncle en s'arrogeant tous les pouvoirs et  en créant un Second Empire sous le nom de Napoléon III ...Se succèdent alors la 3ème, puis après l'intermède de l'Etat du Maréchal Pétain, la 4ème République, où, voulant tirer une leçon des Républiques précédentes, la Constitution de 1875 trouve "normal",  de n'accorder aucun pouvoir réel au Président, dont le rôle se limite à inaugurer les chrysanthèmes", suivant la "saillie" célèbre du Général De Gaulle ...Revenant au pouvoir dans des conditions ...anormales liées à la Guerre d'Algérie, celui-ci n'a de cesse, par la Constitution de 1958 et l'instauration de l'élection du Président de la République au suffrage universel en 1965, de redonner à celui-ci la réalité du pouvoir exécutif,...et cette réforme est jugée tellement "normale" qu'elle est reprise par tous ses successeurs, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand - qui avait dénoncé auparavant "Le Coup d'Etat permanent" , mais n'en fut pas moins un "hyper-Président", les socialistes eux-mêmes l'appelant "Dieu" - puis Jacques Chirac, qui trouve "normal" de laisser aller les choses, surtout après avoir servi de rempart contre l'extrême droite  avec plus de 80 % de voix au 2ème tour des élections de 2002  ...Enfin... Nicolas Sarkozy, qui ruine son crédit initial en trouvant "normal" de se mêler de tout...

 

   Alors, s'il veut être un Président "normal", qui François Hollande doit-il choisir comme "modèle" ?...La tentation est grande de le comparer à Jacques Chirac qui, comme lui, a commencé sa carrière politique en Corrèze, et avec lequel il a des relations notoires d'amitié où entre, en dépit de leur opposition théorique entre "droite" et "gauche", une communauté d'esprit "rad-soc" typique de la France "profonde"...Et en voulant ré-équilibrer les pouvoirs au profit de l'Assemblée, ne risque-t-il pas de devenir un Président "immobile" ?... Or la situation de la France - comme celle de l'Europe et du monde - connaît actuellement une crise grave, où les difficultés économiques engendrent une montée des extrêmismes ...Et il faut donc un Président "actif", ...sinon "providentiel", qui fixe le cap en rassemblant autour de lui une large majorité des Français ...François Hollande le peut-il ?... Aura-t-il  une majorité conforme aux élections législatives de juin ?...Pour son premier envol après son investiture, son avion a reçu la foudre ...Est-ce un présage ?...

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:35

  La France n'en a pas fini avec les élections en ce printemps 2012 puisqu'aux élections présidentielles des 22 avril et 6 mai vont succéder les élections législatives des 10 et 17 juin ...Cette succession est liée aux anciens Présidents de la République : Charles De Gaulle, d'abord, puisqu'il a institué l'élection du Président au suffrage universel en 1965, puis Georges Pompidou dont le décès imprévu le 2 avril 1974 a occasionné l'élection de Valéry Giscard d'Estaing puis de François Mitterrand au début du mois de mai, enfin Jacques Chirac qui, en faisant aboutir par référendum le 24 septembre 2000 le quinquennat déjà envisagé sans résultat par ses prédécesseurs et en le couplant avec des élections législatives le mois suivant, a pérennisé - jusqu'à nouvel ordre - cette "floraison printanière" de consultations populaires... Nicolas Sarkozy, pour sa part, a fait adopter en 2008 la limitation de 2 mandats présidentiels et  l'accroissement de pouvoirs de l'Assemblée Nationale, redonnant ainsi de l'importance aux élections législatives quelque peu éclipsées jusqu'alors par les élections présidentielles ...Il est donc légitime de s'interroger sur les résultats possibles des élections législatives, qui peuvent apparaître, après les élections présidentielles, comme  ...un 3ème tour ...à deux tours...

 

   Les élections présidentielles ont en effet rendu leur verdict, et celui-ci est incontestable : le socialiste François Hollande a été élu avec 51,63 % des suffrages exprimés contre 48,37 % à son concurrent Nicolas Sarkozy ...Il est donc clairement habilité à appliquer son programme présenté dans "Mes 60 engagements pour la France" et il peut logiquement aspirer à obtenir une majorité conforme aux élections législatives ...Il est d'ailleurs encouragé dans cet espoir par un sondage du 9 mai 2012 révélant que 62 % des Français souhaitent cette concordance ...Néanmoins celle-ci n'est pas gagnée d'avance ...François Hollande en est lui-même convaincu, puisqu'il a encouragé ses électeurs à "continuer le combat" ...Et, bien entendu, même si Nicolas Sarkozy a pris du recul dans un discours d'adieu de bonne facture, ses anciens partisans de l'UMP - notamment son 1er ministre de "législature" François Fillon - ont considéré que "leur propre victoire aux élections législatives n'était pas impossible"...

 

   Car l'incertitude demeure ...D'abord, le 2ème tour des présidentielles a attiré seulement 34.870.036 suffrages exprimés (75,69 % des inscrits) contrePresidentielles-2012---2--copie-4.jpg 35.583.209 (77,96 %) au 1er tour, et il y a eu 2.146.405 blancs ou nuls (4,66 %)au 2ème tour contre 701.190 au 1er tour ..., ce que les commentateurs interprètent comme la traduction d'un "rejet de Nicolas Sarkozy n'étant pas allé jusqu'à un votre pour François Hollande "...L'extrême gauche de Jean-Luc Mélanchon ayant pratiqué la "discipline républicaine" (à 90 %), la gauche ne disposerait pas d'une grande "réserve de voix" ( Ecologie 2,3 % ...Centre 9% ?)  à l'inverse de la droite qui pourrait compter sur le plus grand nombre des blancs et nuls et ...sur l'extrême droite, en dépit des consignes officielles, Marine Le Pen, débarassée des oripeaux antisémites de son père, pouvant espérer pour le Front National au moins son score des présidentielles ,soit 18 %...

 

   Mais l'incertitude n'est pas seulement une question d'interprétation des "chiffres", nécessairement aléatoires comme l'a montré le 1er tour des Présidentielles ...Elle est aussi, et même surtout, la conséquence possible de la "politique" pratiquée entre les deux élections ...Or, désormais, François Hollande est "au pouvoir" et va incessamment  nommer un gouvernement appelé à être confronté aux difficultés actuelles "sans délai de grâce" ... Il peut y gagner ...ou y perdre ...Déjà, pour la nomination du gouvernement, et notamment du 1er Ministre, les appêtits s'aiguisent... Quant aux premières mesures annoncées, elles sont "spectaculaires" mais"symboliques" : la réduction des rémunérations du Président et des ministres est un "gadget" sans effet sur le budget ...De même, le blocage du prix du carburant pendant 3 mois n'est qu'un "cadeau de vacances" ...Plus sérieux et beaucoup plus coûteux sont la création de 1000 postes de l'Education Nationale pour la Rentrée 2012 (les titulaires nommés pourront les occuper pendant en moyenne 30 ans...), l'augmentation de 25 % de l'allocation de Rentrée, l'aménagement de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont travaillé tôt, et diverses autre mesures ayant comme celle-ci  un effet - non encore mesuré mais considérable - sur les dépenses publiques, ...ce qui ne manquera pas de faire réfléchir les électeurs soumis à l'impôt sur le revenu (50 % des foyers fiscaux) et payant actuellement leur 2ème tiers provisionnel ...selon l'adage bien connu que "les Français ont souvent le coeur  à gauche, mais le portefeuille à droite" ...D'autre part, sur le plan extérieur, la chancelière allemande Angela Merkel a déjà fait connaître son refus de remettre en cause, à la demande de François Hollande, le pacte fiscal négocié et signé par ...25 pays.... Quant à la droite, elle a désormais la position plus avantageuse de "l'opposition", lui permettant de dénoncer les erreurs ou Elections-1936.jpginsuffisances éventuelles d'une politique qu'elle ne mène plus, ...tout en rappelant, selon François Fillon, que, pour sa part, "elle a tenu la promesse faite en 2007 de mettre la France en mouvement" ...Et elle peut avoir beau jeu de rappeler aussi que "les fruits socialistes ne tiennent pas la promesse des fleurs" en prenant l'exemple du "Front populaire" de Léon Blum en 1936, réalisant les congés payés et la semaine de 40 heures mais se désintégrant 13 mois  plus tard, ...l'exemple du "Programme commun"de Mitterrand en 1981 débouchant sur la "rigueur"  au bout de 2 ans, ...l'exemple de Lionel Jospin gouvernant la France pendant  5 ans de 1997 à 2002 en "cohabitation" avec le Président Chirac ...et ne réussissant même pas à se qualifier pour le 2ème tour des Présidentielles en 2002...

 

   En conclusion ...provisoire, il faut certes "laisser sa chance" au Président François Hollande ...au moins jusqu'aux Législatives de Juin 2012 ... Après  ...on verra ..., comme le laisse supposer le chroniqueur Yves de Kerdriel dans le titre de son article des "Libres opinions" du journal Le Figaro du 8 mai 2012 : "Trois jours ...trois semaines ...trois mois...?"

 

Illustrations :

 

- En haut - Résultats détaillés du 2ème tour de l'élection présidentielle 2012

                     A gauche : François Hollande   A droite : Nicolas Sarkozy  puis Blancs et nuls

 

- En bas - Résultats des élections législatives de 1936 - pour mémoire

 


 

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 14:58

      Dans les grandes circonstances, il convient de laisser la place à des "plumes" plus autorisées que la sienne... Ci-après l'éditorial de François-Régis Hutin dans le journal Ouest-France du 7 mai 2012 :

 

 "Au revoir, Monsieur le Président,

 

   La majorité des Français n'a pas renouvelé le mandat qu'elle vous avait confié voici cinq ans. La crise est passée par là. Pourtant, vous y aviez fait face avec énergie et compétence, reconnues par tous. Sans doute des erreurs ont été commises au cours de ces cinq dernières années ; mais aussi des réformes essentielles ont été entreprises et réussies. Elles porteront leurs fruits dans l'avenir.

   Nous savons depuis longtemps que les réformateurs prennent des risques et qu'il est plus facile pour un responsable politique de ne pas modifier les habitudes et les routines endormantes. Vous avez fait un autre choix, au moment même où une crise majeure survenait, ce qui a rendu plus complexe encore le cours des choses pendant votre mandat.

   Pour tout ce qu'il a eu de positif et de constructif, nous vous remercions et, Monsieur le Président, nous vous adressons notre salut.

 

   Bonne chance, Monsieur le Président,

 

   Nouveau porteur d'espérance, la majorité des Français a décidé de vous confier, sinon les destinées du pays, du moins le choix de ses orientations pour les cinq années à venir. Nous savons le poids que ces responsabilités représentent et combien elles vont peser sur vous, alors que la France s'avance dans un monde en crise.

   Nous comptons sur vous pour susciter le dynamisme de tous les Français, pour stimuler leur créativité, pour éviter qu'ils ne se replient sur eux-mêmes, pour qu'ils fassent les réformes de structures nécessaires, les choix de l'innovation et du grand large.

   Nous comptons sur vous pour réconcilier les Français, pour contribuer à effacer les clivages entre inclus et exclus, jeunes et vieux, villes et campagnes, actifs et retraités, riches et pauvres.

   Certes, nous devons résoudre de multiples problèmes intérieurs : il nous faut moins de dette et plus de croissance, plus de travail, plus d'équité, plus de confiance en nous et dans l'avenir, plus de respect pour les autres, plus de considération pour l'étranger, plus de coopération avec l'ensemble des nations, plus d'Europe pour faire face à la mondialisation.

   Tout cela ne pourra être obtenu que dans le dépassement de nous-mêmes. Rien ne serait pire que de nous enfermer dans nos difficultés hexagonales.

   Monsieur le Président, en même temps que du réalisme, il nous faut une grande ambition, le grand souffle de l'universel. Pour cela, vous serez le Président qui, sans discrimination, projette les Français vers l'avenir, vers la modernité qui porte en elle cet humanisme qui nous a fait ensemble ce que nous sommes : la France.

   Bonne chance, Monsieur le Président !... "

 

   Evidemment, cette belle envolée, qui tranche avec le pessimisme actuel, ne se passe pas de commentaires  ...
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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 17:34

 

      Les instituts de sondage l'avaient annoncé de façon convergente et donc crédible : les électeurs , dégoûtés par les conséquences de la crise économique sur leur vie quotidienne, allaient s'abstenir en masse ...et le chiffre de 32 % avait même été évoqué au cours de la campagne électorale ...Quant aux votants, ils se détourneraient du Président de la République sollicitant sa ré-élection, Nicolas Sarkozy, à l'instar des chefs de gouvernement des autres pays européens balayés par la crise en Grèce, Irlande, Italie et Espagne...

 

   Le problème est que la France ne fait jamais rien comme le reste du monde ... et que le peuple "souverain" n'a - une fois de plus - pas fait ce qu'on attendait de lui :

   - D'abord, le peuple a voté dans une proportion à peu près semblable à celle des précédents 1ers tours des élections présidentielles : 20;53 % d'abstentions au lieu de 20,34 % en 1995 et 20,29 % en 2002 ...Il y a seulement eu un reflux de la faveur qui, en 2007, avait marqué la candidature de Nicolas Sarkozy contre la socialiste Ségolène Royal...Reflux déjà significatif, il est vrai...

   - Car le peuple a effectivement retiré assez largement sa confiance à Nicolas Sarkozy, puisque celui-ci n'obtient cette fois au 1er tour que 9.754.324 voix (27,18 %) alors qu'il avait totalisé 11.450.011 voix (31,18 %) au 1er tour 2007, soit un recul de 1.695.689 voix, important mais tout de même relatif (4%) ...Inversement, le succès du socialiste François Hollande reste mitigé, puisqu'avec 10.273.475 voix (28,63 %), il améliore le score de son  ...ancienne compagne Ségolène Royal - 9.501.214voix (25,87 %) en 2007 - d'une marge limitée à 772.261 voix (2,76 %) ...

   - Cette ambiguïté du vote populaire apparaît davantage encore dans le décompte des voix entre les candidats dits de "gauche" et ceux dits de "droite" ...En effet, la gauche totalise avec Hollande, Mélenchon, Poutou, Artaud ...et Joly (quel mélange !) 43,75 % ...et la droite rassemble avec Sarkozy, Le Pen,et Dupont-Aignan (sans Bayrou!) 46,87 % ...Autrement dit la droite l'emporte...

 

   Dans ces conditions, comment peut-on interpréter les résultats du 1er tour ?...Les candidats eux-mêmes s'interrogent, et notamment les deux "rescapés" François Hollande et Nicolas Sarkozy se gardent bien de crier "victoire", leurs appels parallèles au "rassemblement" traduisant de toute évidence un aveu des limites de leur audience ...Limites que les chiffres globaux  révèlent : si on ajoute en effet 20,53 % d'abstentions aux 29 % de votes "protestataires" (Front de Gauche et Front National), on a pratiquement 50 % d'électeurs ne faisant plus confiance aux partis traditionnels de gouvernement (droite classique et socialistes)...On est loin des chiffres de 60 à 80 % que rassemblaient au début de la 5ème république les "duos" De Gaulle-Mitterrand, Pompidou-Poher, Giscard -Mitterrand...

 

   Les résultats définitifs du 2ème tour ne peuvent donc qu'être incertains ...Certes, les instituts de sondage se rejoignent à nouveau pour annoncer que François Hollande va l'emporter avec 54 % contre 46 % à Nicolas Sarkozy, ...mais ces instituts se sont déconsidérés dans le 1er tour, et il faut chercher ailleurs des éléments plus sûrs de réflexion :

   - François Hollande, fils d'un médecin de Rouen candidat d'extrême droite malheureux aux élections municipales de 1959 et 1965, apparaît comme un personnalité sympathique, avec son visage jovial, ...même si son caractère est moins "bonasse" qu'on a pu le dire (*)...Il a incontestablement des qualités de "négociateur", à en juger par sa longue direction d'un parti socialiste particulièrement trurbulent ...Et surtout, il a "viré en tête" au 1er tour, ce qui lui confère un avantage psychologique non négligeable auprès d'électeurs hésitants, si le 2ème tour est serré ...De surcroît, il bénéficiera de "réserves" relativement sûres, avec le soutien déclaré du dynamique Mélanchon appliquant, en dépit de ses critiques du 1er tour, la traditionnelle "discipline républicaine", ...ainsi que les votes des autres "petits candidats de gauche " (Poutou, Artaud, ...et Joly) ...Mais, à son passif, il n'a aucune expérience gouvernementale, n'ayant exercé aucune fonction ministérielle, ni acquis une "stature" internationale, et par conséquent il n'est pas certain que les électeurs lui reconnaissent la "carrure" d'un "chef", à laquelle ils sont habitués et s'accommodent depuis De Gaulle...

   - Nicolas Sarkozy a une personnalité beaucoup plus discutable ...Petit-fils d'immigré hongrois, ayant eu une enfance relativement difficile en raison de l'abandon du père, il a toujours fait preuve d'un fort caractère qu'il a mis au service d'une grande ambition, ...n'hésitant pas à trahir ses "mentors" successifs, Charles Pasqua à Neuilly  et Jacques Chirac à la direction du RPR ...Il a acquis une expérience gouvernementale comme Ministre du Budget, de l'économie et surtout de l'Intérieur où son action énergique pour assurer la sécurité contribue à son élection comme Président de la République en 2007 (**) ...Mais le bilan de son mandat jusqu'en 2012 est pour le moins incohérent : s'il a limité les dégâts dans le problème de la dette publique, au niveau de la France comme à celui de l'Europe dans le cadre du G 20, il s'est aliéné la partie "populaire" de l'opinion en affichant ses liens avec les milieux d'affaires, en particulier par l'instauration du "bouclier fiscal" qui avait pour but d'empêcher la fuite des capitaux et la délocalisation des industries, mais n'a pas vraiment rempli son office ...Et surtout, il ne dispose pas, à l'inverse de son concurrent, de réserves sûres : aucun des candidats classés "à droite" ne s'est désisté à ce jour en sa faveur, ni Dupont-Aignan - dont le petit appoint peut être décisif -, ni Marine Le Pen qui, ayant réussi à conjurer la "diabolisation" du Front National - même si subsistent des éléments douteux hérités des discriminations de son père - peut espérer, en raison de son succès relatif (17,90 %) assuré par des votes "nationalistes" et "protestataires", bâtir un parti de droite sur les ruines d'une UMP déconsidérée par l'effacement éventuel de Nicolas Sarkozy...

 

   Néanmoins, rien n'est joué ...François Hollande "tient la corde", mais il n'est pas à l'abri d'une erreur dans le monde "impitoyable" de la politique ...Déjà, son refus d'un "débat" peut apparaître comme un faux pas pour une opinion qui a conservé un souvenir positif des débats de naguère entre Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, ...et peut interpréter ce refus comme une reculade devant un adversaire réputé "percutant", sinon convaincant ...Car Nicolas Sarkozy n'a certainement pas dit son dernier mot, et il est du genre à mordre avec efficacité, à l'image d'un loup acculé dans sa tanière, par exemple en dénonçant les projets coûteux de François Hollande - comme la création de 60.000 postes dans l'Education Nationale, même étalés sur les 5 ans de 2012 à 2017 ...des projets ne pouvant être réalisés, en raison de l'importance de la dette publique, que par une augmentation des impôts, celle-ci ne pouvant se limiter à "faire payer les riches" (75 % ?) et devant inéluctablement frapper la classe "moyenne", puisque les classes  populaires (soit plus de 50 % des "foyers fiscaux") sont exemptés de l'impôt sur les revenus ...Et comme le 2ème tour des élections présidentielles arrive le 6 mai 2012 au moment du paiement du tiers provisionnel et de la déclaration des revenus 2011, la classe moyenne en aura conscience ...Et comme on a, en France, on a "le coeur à gauche, et le portefeuille à droite", l'incertitude ne peut donc que règner à la veille du 2ème tour ...

 

(*) Serge Raffy - François Hollande - Itinéraire secret - Ed.Fayard 2011

 

(**) Catherine Nay - Sarkozy - Un pouvoir nommé désir - Ed.Grasset 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 09:11

   Le monde dit "occidental" connaît depuis 2007 une crise économique résultant de la spéculation effrénée qui a gonflé auparavant la consommation largement au delà de la croissance, ...et cette crise a suscité un accroissement considérable de la dette publique dans tous les pays  :Economie-de-l-Europe.jpg

      Après la crise de 1929 et les conséquences incalculables de la 2ème guerre mondiale, le monde occidental s'était pourtant doté des institutions nécessaires à une régulation de l'économie, en particulier la Banque Centrale Européenne (BCE)qui possédait des moyens suffisants pour venir an aide aux pays en difficulté puisqu'elle avait déjà prêté entre 1980 et 2000 environ mille milliards d'euros aux banques ...Qui pourra croire qu'elle ne pouvait y voir venir une crise ?... Comme dit le dicton traduisant la sagesse populaire, "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre" !...

 

   Certes, la crise ne revêt pas la même importance suivant les pays, comme montre le tableau comparatif des "fondamentaux économiques de l'Europe" (cf:ci-dessus)* ...En effet ce tableau fait apparaître une grande inégalité des situations qui n'est manifestement pas liée aux différences de ressources naturelles mais à la variété des politiques menées par les gouvernements ...Il est notoire que les pays les moins affectés sont les pays les moins ...pourvus de ressources naturelles, comme les pays scandinaves, la Pologne, le Royaume-Uni et surtout l'Allemagne - autrement dit les "Pays du Nord" - qui n'ont pas hésité à appliquer une forte rigueur budgétaire, même si elle était "impopulaire" ...Et inversement, les "pays du Sud" à priori plus favorisés comme l'Italie et l'Espagne ont rejoint le Portugal et la Grèce , plus pauvres, dans une politique de facilité, en distribuant des faveurs sociales - parfois "clientèlistes" - qui, en approfondissant leur dette publique, les ont enfoncés dans la crise ...Cette fois, ce sont donc certains gouvernements qui sont restés sourds ...et - il faut le répéter - "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre"...

 

   Et la France dans tout cela ?...Elle est - comme chacun sait - entre le "Nord" et le "Sud" par la géographie ...Mais il apparaît aussi qu'en l'occurrence elle l'est aussi par le comportement de ses responsables politiques, en raison de la campagne électorale qui conduit ceux-ci à élaborer leur programme dans une sorte de "déni" de la crise ...Etant à peu près à égalité dans les sondages (entre 25 et 30%), les deux principaux "challengers" se gardent de proposer des solutions énergiques - et donc impopulaires - pour faire face à la crise : d'un côté, Nicolas Sarkozy a certes eu le mérite, comme Président en exercice de la République Française et Président de l'Union Européenne en 2008, d'en limiter les effets, et il a eu par ailleurs le courage de s'atteler à des réformes difficiles comme la retraite ou l'université, mais il a déçu une opinion - d'abord favorable - en raison de la versatilité de son action,inefficace pour enrayer le développement du chômage et de la précarité alors que des faveurs ont d'abord été accordées aux plus "riches", comme le "bouclier fiscal" ...Mais, de l'autre côté, François Hollande, en dépit de la situation plus commode d'opposition, peine à se faire entendre, car ses propositions "populaires" de création de 60.000 postes dans l'enseignement, la construction de 2.500.000 logements ou la suppression des cotisations sociales dans des contrats de génération pour les jeunes ...sont contradictoires avec la promesse de rétablissement des comptes publics au plus tard en 2017...

 

  Car les Français ne sont pas dupes, et on ne leur fera pas ...entendre n'importe quoi ...du moins à ceux qui sont assujettis à l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire seulement 52 % des "foyers fiscaux" ...Car ces derniers savent bien que le redressement financier ne pourra pas se faire uniquement par un réduction des dépenses - comme la diminution du nombre des fonctionnaires ...ou celle plus symbolique du salaire du Président de la République ! - ...et qu'il faudra augmenter les recettes : taxer, s'ils sont accessibles, les bénéfices "hors investissement" des grandes entreprises comme Total ou LVMH, ...bien sûr, mais cela ne sera pas grand chose ...comme sera également limitée la taxation des familles les plus riches (environ 400.000 gagnant plus de 1 million d'euros par mois) ...Non !...L'essentiel sera demandé à la classe moyenne, en faisant valoir qu'elle est "riche" à partir de 3000 euros par mois ...Mais de cela, on ne parle pas ...car, avant des élections, ..."il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre !"...

 

* Journal La Croix du mardi 17 Avril 2012

 

  

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 14:34

   Les instituts de sondage indiquent actuellement, de façon concordante et donc crédible, que l'abstentionnisme battrait un record aux prochaines élections présidentielles avec 32 % environ, ...et qu'il atteindrait même près de 50 % auprès des jeunes de 18 à 22 ans ...

 

   On ne répétera jamais assez que le droit de vote a été une conquête démocratique chèrement acquise au terme d'une histoire - ô combien tourmentée -  depuis la Révolution de 1789, ...et qu'il est donc absolument nécessaire que tous les citoyens l'utilisent assidûment pour exprimer leur opinion ...Et il est également salutaire qu'ils continuent à le faire librement, sans y être contraints par un obligation légale assortie de sanctions, à l'instar de certains pays comme l'Australie, la Belgique ou le Brésil ...C'est pourquoi une montée de l'abstentionnisme doit être considérée comme un danger pour la démocratie, danger d'autant plus grand s'il est le fait des citoyens les plus jeunes, c'est-à-dire ceux qui porteront l'avenir de la France...

 

   Comme toujours, quand un problème se pose, il convient d'en rechercher les causes ...Et celles-ci sont complexes, puisqu'elles se rapportent à la fois à la nature des institutions de la France et au comportement des Français eux-mêmes :

   - les institutions sont d'abord marquées par une multiplicité des scrutins puisqu'aux élections déjà anciennes - municipales, cantonales et législatives - se sont ajoutées dans la 2nde moitié du 20ème siècle les élections présidentielles, régionales et européennes ...Et cette multiplicité, à fortiori s'il y a des convergences, peut lasser les électeurs ...d'autant plus que certaines élections peuvent comporter deux tours, et qu'elles ne sont pas toutes organisées suivant le même mode de scrutin ...De surcroît, il peut y avoir des dissolutions, comme celles de l'Assemblée Nationale en 1968,1981,1988 et 1997 (*), impliquant de nouvelles élections législatives...

   - le comportement des citoyens est, de son côté, très variable : Il y a des élections plus prisées que les autres - municipales, législatives et présidentielles - où les électeurs se sentent apparemment davantage concernés, ...et des élections jugées secondaires - cantonales, régionales et européennes - pour lesquelles les assemblées correspondantes sont des entités mal perçues ...Toutefois cette "dichotomie" n'est pas toujours exacte, car les élections réservent parfois des surprises : ainsi, l'élection présidentielle de 2007a battu un record avec environ 85% de participation, ...mais elle a aussitôt été suivie d'un record inverse aux élections législatives avec seulement 60 %, le plus fort taux d'abstention étant parmi les jeunes  ...Déjà !...

 

   Et cette variabilité semble se confimer pour les élections de 2012, si les prévisions des sondages sont confirmées par le vote réel, ce qui reste évidemment à démontrer : en effet une participation d'environ 68 % à l'élection présidentielle serait sensiblement inférieure au pourcentage moyen de 75 à 80 % des 8 élections précédentes depuis 1965 ...La nature des élections - en l'occurrence celle de l'élection présidentielle - n'est donc pas suffisante, et il faut chercher d'autres explications :

   - Puisqu'il s'agit d'élire un(e) Président(e), la 1ère explication peut se rapporter à la "qualité" des candidat(e)s ...A en croire les médias, "çà ne plane pas haut" pour les 10 rescapés de l'épisode des soutiens, car "ils sont plus soucieux de se critiquer mutuellement que de faire des propositions valables" ...Et, en premier lieu, le "candidat-Président" Sarkozy a manifestement mauvaise presse avec 28 à 30 % seulement d'opinions favorables, et ceci du fait que certains éléments positifs de son bilan d'activité de 2007 à 2012 - politique étrangère, retraite, dette - sont largement occultés par ses erreurs initiales  - comme le fameux "bouclier fiscal" protégeant les "riches" alors que le chômage s'est aggravé - ...et par son "activisme" souvent désordonné qui a irrité de nombreux citoyens, y compris parmi ses partisans d'origine ...Mais le socialiste Hollande ne fait pas mieux pour les opinions favorables, ayant contre lui de ne pas avoir l'expérience d'une participation à des gouvernements, l'habileté de"négociateur" comme Chef de son turbulent parti ne lui conférant pas nécessairement "l'autorité" comme Président de la République...

   - Une autre explication tient aux circonstances, notamment à la crise économique : il est symptômatique que cette crise a entraîné en Europe le départ d'un certain nombre de Chefs d'Etat  - de droite ou de gauche -  qui n'avaient pas vraiment démérité (Grèce, Irlande, Espagne, Italie...) ...En France, le Président - n'étant pas constitutionnellement "responsable" - ne peut pas être écarté par un vote parlementaire, et rien ne l'oblige à démissionner, en dépit de l'exemple du fondateur de la 5ème République De Gaulle, qui n'avait pas hésité à "renoncer à ses fonctions" après le désaveu de son référendum en 1969 ...Il n'y a donc rien d'illégal à ce Sarkozy se soit maintenu au pouvoir, estimant même - à tort ou à raison, bien sûr - qu'il est le mieux placé pour sortir la France de la crise ...Mais la contrepartie est que l'opinion se détourne de lui, ...et, qu'à défaut elle puisse se réfugier dans l'abstention ...Certes, celle-ci vaut mieux que d'écouter les sirènes de "l'extrêmisme" ou du "populisme" qui peuvent proposer des solutions illusoires et dangereuses pour la démocratie ...mais elle a l'inconvénient ma jeur d'être un abandon du droit de vote...

 

    C'est pourquoi, il conviendrait de prendre en considération le "non-choix" des citoyens, c'est-à-dire d'encourager tous les électeurs à voter, tout en facilitant le "vote blanc" ...Certes, celui-ci a toujours été possible, mais il est jusqu'à présent confondu avec l'abstention et le vote nul, et les résultats électoraux ne tiennent compte que des "suffrages exprimés" ...Si les citoyens savaient que le vote blanc est pris en considération, avec des bulletins blancs préparés dans les bureaux de vote, certainement y auraient-ils recours pour manifester leur mécontentement de façon pacifique, et si le vote blanc est important, les "mal-élus" - notamment s"il s'agit du Président de la République - seraient bien obligés d'en tenir compte...

 

(*) Texte corrigé, suite au commentaire de Jacques

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 23:09

   Le mot "élection" vient du verbe latin "eligere" signifiant "choisir". L'élection consiste donc pour les "électeurs" à choisir des représentants pour un tâche donnée qu'ils n'effectuent pas directement, et ce choix n'est possible que s'il y a au moins deux candidats volontaires ou pressentis ...

 

   L'élection a été pratiquée au cours de l'Histoire dans tous les domaines de l'activité humaine, mais c'est dans celui de la "politique" qu'elle a été la plus courante, du moins dans les collectivités - tribus, peuplades, états - n'ayant pas eu de responsables "désignés" par une pratique religieuse ou par un principe dynastique ...Tel a été le cas , dans l'Antiquité, des magistratures d'Athènes (archontes, stratèges...) ou de la République romaine (consuls, censeurs,..) ...Et telle est encore, à l'époque actuelle, la pratique de choix des représentants aux divers niveaux dans les pays ayant des institutions "démocratiques"...

 

   Pour autant, l'élection est utilisée dans ces pays sous les formes les plus variées, dont la France a donné l'exemple en raison de la multiplicité des régimes politiques qu'elle a connus en deux siècles depuis l'abolition de la monarchie absolue en 1789 : d'abord, elle a institué progressivement l'élection à tous les niveaux (communes, départements, régions et Etat). D'autre part, elle a organisé l'élection suivant des modes de scrutin variés (*), notamment en ce qui concerne l'élection du Président de la République : la 1ère République ayant été confisquée par Napoléon Bonaparte sous la forme du Consulat et de l'Empire, ...puis la 2nde République détournée par son neveu Louis-Napoléon Bonaparte ayant profité de son élection à la Pésidence pour fonder le 2nd Empire, ...l'Assemblée avait établi après sa chute la Constitution de 1875 donnant tous les pouvoirs au Parlement et réduisant le rôle du Président de la République à des fonctions purement honorifiques afin d'éviter de sa part toute appropriation ...La Constitution de 1946 élaborée par l'Assemblée provisoire après la 2nde Guerre mondiale ne fit que renouveler ces dispositions ...C'était le "régime d'assemblée" et, comme le Président de la République était élu seulement par un collége de notables, il n'y avait au niveau national que ...l'élection législative pour le choix des députés de l'Assemblée...

 

   Tel n'a plus été le cas avec la Constitution de 1958, votée sous l'égide du Général De Gaulle qui, ayant abandonné la charge du gouvernement en 1946 faute de pouvoirs suffisants et prôné ensuite dans le cadre du RPF (Rassemblement du Peuple Français) la nécessité d'un exécutif fort, profita de son retour - sollicité par l'Assemblée elle-même afin de résoudre le problème de l'Algérie - pour redonner au Président de la République des pouvoirs décisifs, surtout après la réforme de 1962 instituant son élection au suffrage universel, ce qui donnait à cette fonction une légitimité égale à celle de l'Assemblée ...En fait, c'était la mise en place d'un "régime présidentiel", alors taillé "à la mesure du personnage" qui, après avoir été "l'homme du 18 juin 1940" ayant sauvé l'honneur de la France, apparaissait alors comme le seul homme d'Etat capable de sortir à nouveau la France de ses difficultés ...Même s'il a été contesté à l'époque, c'était, selon sa propre expression, "la rencontre d'un homme et du peuple"... sur la base démocratique de l'élection...

 

   Néanmoins, après son départ volontaire en 1969 dû à l'échec de son référendum portant essentiellement sur ...l'élection du Sénat, le régime présidentiel a survécu ..., le Président de la République ayant conservé ses prérogatives, quelles qu'aient été les circonstances politiques : d'abord "l'alternance" avec François Mitterrand, qui avait auparavant dénoncé le "coup d'Etat permanent" mais revêtit les habits du Président sans modifier ses pouvoirs ...puis les "co-habitations" successives entre Président et Assemblée de courants opposés ...En fait, le régime présidentiel n'a pas seulement survécu, ...il s'est renforcé avec les réformes apportées notamment  par Jacques Chirac : en effet, la réduction du mandat de 7 à 5 ans et la décision de faire suivre l'élection présidentielle par une élection législative n'a pu qu'accentuer la "présidentialisaion" du régime, en donnant à l'élection présidentielle un rôle majeur ...Et ce n'est pas la mesure limitant à 2 le nombre de mandats consécutifs qui peut représenter une restriction des pouvoirs du Président,  ...au contraire, elle "pourrait" inciter un Président à agir sans contrôle important au cours de son second mandat, puisqu'il n'a plus à se préoccuper de la suite...

 

   Il n'en est pas moins vrai que la "présidentialisation" de plus en plus grande a pour effet pervers de susciter une "personnalisation" d'autant plus forte qu'elle est relayée et accentuée par la "médiatisation" ...Le temps n'est plus où le "projet" était la base essentielle d'une candidature, et sa réalisation le but principal en cas d'élection, avec le concours actif des électeurs, ce que la candidate Ségolène Royal avait appelé en 2007 la "démocratie participative" ...Son ancien compagnon François Hollande en fait d'ailleurs l'expérience en 2012 avec ses "Engagements pour la France" qui n'ont au mieux qu'un succès d'estime, comme si la plus grande partie de l'opinion était lassée par les promesses électorales qui ne durent qu'un ...printemps, ...et préférait se tourner davantage vers toute personne "supposée" avoir la capacité pratique de résoudre les problèmes, en l'occurrence les conséquences de la crise économique ...Le Professeur Yves-Charles Zarka a pu écrire (**) : "Le bricolage idéologique est ...le symptôme ...de l'incapacité majeure de l'ensemble des partis politiques actuellement déchirés par des conflits d'égo surdimensionnés aux ambitions vides, pour l'échéance de 2012 ou déjà pour celle de 2017, ...de définir un chemin qui doit être celui du pays à l'interne comme à l'externe, à moyen et plus long terme". 


    Alors l'élection, même s'il ne peut être question de la supprimer dans un pays démocratique, a-t-elle encore un sens ?...

 

(*) Voir mon article sur les élections du 9 mars 2012 -Rubrique Politique intérieure

(**) Voir article paru dans Dossiers &  Documents du Monde- n° 418 d'Avril 2012

 

  

 

  

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