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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 16:09

   L'homme, depuis ses origines, n'a cessé de se déplacer et si l'on admet généralement qu'un peuplement est allé de l'Afrique au Moyen-Orient et en Europe, on s'interroge encore sur le peuplement de l'Extrême-Orient et de l'Amérique, avant que les Européens n'y émigrent à leur tour lors des soi-disant "grandes Découvertes" à la fin du 15ème siècle.

 

   Les migrations ne constituent donc pas en elles-mêmes des évènements exceptionnels, ...au contraire c'est la sédentarisatiion commençant au mieux vers 5000 ans avant JC qui apparaît comme nouvelle et exceptionnelle au terme des centaines de milliers d'années d'errance de la Préhistoire ...En fait la sédentarisation se produit quand l'homme apprend progressivement à utiliser la terre, ce qui ne s'est pas fait sans difficultés : d'une part il fallait défricher la brousse ou les forêts dans les régions plus humides, ou irriguer dans les régions plus sèches, ...d'autre part, il fallait se défendre contre les "éleveurs" soucieux de conserver leurs terrains de parcours pour leurs troupeaux de moutons ou de boeufs ...L'Ancien Testament de la Bible est, entre d'autres sources historiques, un témoignage symbolique de la lutte entre nomades (les Hébreux de MoÏse) et sédentaires (les villes de Canaan dans la Terre Promise)...

 

   Néanmoins, dans la plus grande partie des terres habitées, prédominent depuis longtemps les sédentaires qui y ont développé l'agriculture et l'élevage fixe autour de leurs villages, avant de développer, avec les progrès techniques, l'industrie et le commerce dans des villes de plus en plus nombreuses et importantes, ...la France étant un bon exemple en raison de la variété et de la richesse de son milieu naturel...

 

   Il n'en est pas moins vrai qu'une minorité de "groupes" (terme nécessairement vague) ne s'est jamais vraiment sédentarisée et vit donc "en marge" ...On peut citer les Esquimaux ou Lapons des régions froides - obligés de se déplacer pour suivre la migration de leurs ressources : poissons, phoques - et également, de façon résiduelle, des chameliers dans les régions chaudes du Moyen-Orient ...Mais il y a aussi des groupes - non homogènes - de nomades qui ont conservé leur comportement nomade par fidèlité à leurs coutumes ancestrales : c'est le des "Roms", ainsi appelés par contraction du mot "Romanichels", et dénommés aussi Tziganes, Manouches, Gitans ou Sintis, le nom de "Roms" se rapportant à leur concentration dans l'actuelle Roumanie, où ils parlent le "Romani", langue apparentée au sanscrit, ce qui permet de situer leur origine ancienne en Inde...On parle à leur propos "d'irrédentisme" et le mot -péjoratif - traduit le fait qu'ils sont pratiquement inassimilables ...Or, d'une façon générale, les sociétés humaines n'aiment ceux qui ne sont pas "comme les autres" ...Il fut un temps où, hélas, les Juifs ont été persécutés parce qu'ils étaient rendus responsables de calamités (peste, invasions...) prétendument survenues en raison de leur irrespect du Dieu des Chrétiens, ...et, pire encore, en plein 20ème siècle, par les Nazis parce qu'ils étaient pour eux les prototypes d'une "race impure"...

 

   La polémique qui vient d'être soulevée au sein même du gouvernement socialiste de la France n'a donc rien de surprenant...Il est certain que le Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls - qui est lui-même un immigré "assimilé" de fraîche date - a très bien compris le problème des "Roms" en rappelant que seule "une minorité d'entre eux souhaite s'intégrer", car l'intégration est contraire à leurs traditions ...Et il faut vraiment faire preuve "d'inculture historique" pour reprocher à Manuel Valls de "mettre en danger le pacte républicain" (?), comme le fait la Ministre de l'Ecologie Cécile Duflot, qui ferait mieux en l'occurrence de de ne pas sortir de son propre domaine où sa compétence d'ancienne infirmière est déjà contestable, à en juger par la démission de Noël Mamère ...En fait, le problème n'est pas pour Manuel Valls de s'en prendre aux Roms, mais seulement de regretter qu'ils ne veuillent pas s'intégrer alors que des facilités leur sont offertes, ce qui n'était pas le cas avant 2012, puisque leur droit au travail était alors limité à environ 150 métiers ...Pour autant, il est légtime pour le Ministre Manuel Valls, comme pour les maires de toutes obédiences, de faire en sorte qu'ils ne soient pas cantonnés dans des zones de "non-droit" - parfois d'anciens dépôts d'ordures et stigmatisés ensuite pour leurs chapardages ou autres méfaits qui ne concernent pas la majorité d'entre eux...

 

   Décidément, "le pays des Droits de le l'homme" a encore beaucoup à apprendre...

 

  

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 16:20

 

                                                                                                                                                                                                                                Le thème du mariage - à défaut du mariage lui-même - est actuellement à la mode, depuis qu'un candidat à la Présidence de la République Française a cru devoir inscrire "le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels" au titre du 31ème de ses 60 engagements ...Comme il est devenu depuis lors Président, sa dévouée Ministre de la Justice Christiane Taubira en a rajouté en affirmant qu'il s'agissait d'un "progrès de la civilisation" à mettre sur le même plan que l'abolition de la peine de mort par son lointain prédécesseur Robert Badinter en octobre 1981...


   ...Progrès de la civilisation ? C'est vite dit ...et cela mérite un rappel historique sur le thème du mariage avant de "juger" si vraiment les Français sont en train de sortir de la "barbarie" dans ce domaine, ...et la réponse n'est pas évidente :

 

   - D'abord le mariage hétérosexuel n'est pas un fait "naturel" mais une "tradition" ancestrale consacrant l'union d'un homme et d'une femme en vue d'avoir des relations sexuelles destinées à perpétuer la vie de génération en génération...

 

   - Mais le mariage hétérosexuel n'est pas le seul mode d'union entre un homme et une femme, puisqu'il y a aussi l'union libre ou concubinage - étymologiquement le fait de "coucher ensemble" - et l'union, quelle qu'elle soit, ne se limite pas toujours à "un" homme et "une" femme, puisqu'il peut y avoir l'union d'un homme avec plusieurs femmes (la polygamie) et plus rarement l'union d'une femme avec plusieurs hommes (la polyandrie)...

 

   - Toutefois le mariage hétérosexuel a toujours été depuis l'Antiquité le mode d'union le plus couramment pratiqué, sous des formes diverses où, d'ailleurs, la situation de l'homme ("mariage" dérivant du mot latin "maritus" venant de "maris", c'est-à-dire le "mâle") a longtemps été prédominante sur celle de la femme :

   1. Dans l'Egypte ancienne, il était une union constituée à l'image de celle des dieux - notamment Osiris et Isis - dont les pharaons étaient les représentants sur la Terre ..Il y a eu, entre autres, Akhénaton et Néfertiti, ou Ramsés II et Néfertari...

   2. En Grèce, le mariage était conçu essentiellement pour perpétuer le peuplement des cités, mais la femme n'avait aucun rôle autre que d'enfanter, et elle restait soumise successivement à l'autorité de son père, puis de son mari...

   3. Pour les Juifs, le mariage est obligatoire et il est précédé de fiançailles ...Il est destiné à perpétuer l'espèce - "croissez et multipliez" - et la femme peut être répudiée si elle n'a pas enfanté dans les 10 années suivant son mariage ...Elle peut également être mise à mort - par lapidation - en cas d'adultère - c'est-à-dire de rapports sexuels avec un autre homme, ...ce qui, à l'inverse, n'est pas le cas du mari...

   4. Dans la Rome païenne, le mariage donne lieu à de nombreux rites - apparaît alors l'anneau nuptial ou alliance - et l'épouse pouvait être, suivant les cas, sous l'autorité de son mari ou celle de son père ...mais elle n'avait aucun droit civique. En contrepartie, la "matrone" était la maîtresse du foyer familial...

   5. Avec le christianisme, le mariage prend une forme beaucoup plus rigourleuse avec l'indissolubilité interdisant le divorce - sauf cas exceptionnels (ex : non-consommation) - et il devient même un des sept sacrements ...Par ailleurs, la virginité de la femme est une obligation pouvant, à défaut..., être une cause d'annulation...

   6. La Révolution, devenue hostile au clergé, crée le mariage civil (loi du 27 septembre 1792) qui doit précéder obligatoirement le mariage religieux, si celui-ci a lieu, et autorise le divorce pour faute ou consentement mutuel, ce que confirme globalement le Code Civil, de Napoléon 1er en 1804 ...Et l'extension dee l'Empire napoléonien va alors favoriser l'extension de ces mesures dans l'Europe, puis dans une grande partie du monde...

   7. A l'époque contemporaine, la seule modification importante sera la possibilité du mariage posthume en liaison avec l'hécatombe de la 1ère Guerre Mondiale ...Mais l'évolution des moeurs symbolisée en littérature par le "romantisme" conduit aussi à la multiplication du "mariage d'amour" où le sentiment l'emporte sur la raison, alors qu'auparavant le mariage était souvent arrangé, pour cause de catégorie sociale ( la "mésalliance") ou de partage ou réunion de biens...

 

   Au terme de cette analyse historique, il apparaît donc que le mariage a toujours été pratiqué essentiellement sous la forme hétérosexuelle ...Certes, il y a toujours eu parallèlement des rapports, voire des unions libres homosexuelles, ...et même il y a eu des cas où, comme en Grèce, il était conseillé aux éphèbes d'en avoir avant leur mariage ...hétérosexuel ...En Grèce, il y avait aussi l'île de Lesbos pour les femmes ...Mais, pour autant, on ne trouve pas trace de "mariage homosexuel"  ...En effet, de tous temps, le mariage était avant tout la reconnaissance d'une filiation permettant à tout enfant de s'inscrire dans une généalogie ...Et le soi-disant mariage homosexuel  - entre hommes comme entre femmes - exclut par nature l'enfant qui n'est plus un "sujet de droit" mais un "objet de droit" ...Car s'il fait, dans ce cas, l'objet d'une adoption, il est tenu dans l'ignorance de sa filiation, c'est-à-dire dans la méconnaissance de son origine, que tout individu a envie et droit de connaître ...Sinon, on va vers un monde où pourront se généraliser les mères porteuses et les enfants de laboratoire ...Un "progrès de la civilisation "? ...Une déchéance, en vérité !...

 


 

 

 

 

 

 

 


  

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 22:46

   Lens, petite localité jusque là inconnue, entre dans l'histoire avec la victoire proche du Grand Condé qui amena la Paix de Westphalie (20 août 1648) ...Elle est alors rattachée définitivement avec toute la province d'Artois à la France ...Mais elle reste, avec la Flandre voisine, sur le chemin des invasions, et elle sera détruite à plusieurs reprises jusqu'au 20ème siècle, notamment à l'occasion de la Guerre 1914-1918 en raison de la proximité du front, dont témoignent les nécropoles proches de Vimy et Lorette ...

 

   Entre-temps, elle est devenue la "capitale du charbon", grâce à l'existence d'un filon houiller s'étendant dans le sous-sol sur 120 kms jusqu'à la Belgique, ce qui lui donne, avec la primauté de cette source d'énergie, une importance considérable jusqu'à la Guerre 1939-1945 ...Cette exploitation a marqué le paysage qui a conservé à la fois de nombreux chevalements métalliques dominés par une roue servant à descendre et remonter les bennes ...et les mineurs, et les terrils en forme de pyramides noires résultant de l'accumulation des déblais de l'extraction ...Quant aux mineurs, faute d'un nombre insuffisant d'ouvriers français rebutés par le dur travail de la mine (1200 victimes à Courrières, près de Lens, en 1906), beaucoup sont venus de l'étranger avec leur famille, notamment des polonais (les "Polaks") et des italiens (les "Ritals"), notamment après la Guerre 1914-1918 ...Ils ont été logés gratuitement dans des cités de forme généralement concentrique - les "corons" - avec des maisons toutes semblables accolées ayant leur jardin, leurs cabanes à lapin et leur colombier - c'est un pays de "coulonneux" - autour des puits de fosse, ainsi que leur dispensaire, leur école ...et leur église ...C'était le "pays noir" ...et aussi le pays des "gueules noires", d'ailleurs fières de l'être, des gens courageux et solidaires faisant preuve d'une hospitalité à toute épreuve...

 

   Les "Gueules noires", c'est le nom qui avait été donné aussi à l'équipe de football de Lens, contribuant à faire connaître cette ville dans le reste de la France ...Equipe longtemps célèbre, puisqu'elle a même remporté le Championnat de France en 1998 , que certains de ses joueurs ont été naguère sélectionnés en équipe de France, ...et que son stade Bollaert est l'un des plus connus en France et même dans le monde, puisqu'il a déjà été choisi pour des matches internationaux..., son public étant d'ailleurs considéré comme l'un des meilleurs de France...

 

   Mais ce temps, en ce début du 21ème siècle,  est révolu ...Le dernier puits a été fermé en 1990, le charbon ayant été supplanté comme source d'énergie par le pétrole, le gaz et l'atome ...Et les Houillères, qui ont employé autrefois jusqu'à 500.000 personnes, n'existent plus ...Il ne reste plus que des retraités de moins en moins nombreux et à la vieillesse souvent abrégée par la silicose contractée avec la poussière de charbon ...et leurs descendants connaissent un taux de chômage dépassant avec 15 % la moyenne nationale ...Le maire socialiste de Lens, Guy Delcourt, a pu dire que "sa ville est la plus pauvre de France" ...Assurément, elle était en déclin, et son équipe éponyme de football a subi le même sort, puisqu'elle végète maintenant en 2ème division, n'ayant pas les moyens d'acheter des joueurs à prix d'or, comme certains clubs financés par des "nababs"...

 

   C'est donc ube "révolution" - diront les laïcs - ou un "don du ciel" - diront les religieux - que la ville de Lens ait été choisie pour héberger une antenne du Musée du Louvre de Paris ...Ce choix, effectué par Jacques Chirac, alors Président de la République, en 2004, avait été préparé au niveau local par Daniel Percheron, Président socialiste de la Région Nord-Pas-de-Calais, professeur d'histoire-géographie fils d'un ancien directeur d'école de Lens, ...et au niveau national par le député socialiste Jack Lang, qui avait réussi à vaincre les réticences de son propre parti en faisant valoir, par rapport à d'autres candidatures, que Lens était une ville pauvre n'ayant pas eu depuis 20 ans, les moyens de reconversion d'autres villes comme Lille, Valenciennes ou Calais ...Ainsi, depuis 2009, est sorti de terre - une terre noire d'ancien crassier de la fosse 9 - un Musée ultra-moderne,en forme de parallèlèpipède allongé sur 450 mètres au milieu d'un parc de 50 hectares proche du stade Bollaert, et constitué de parois de verre reflètant le paysage environnant et monté sur une structure métallique ...Il est susceptible de recevoir plus de 500.000 visiteurs par an et doit générer au moins 1000 emplois, sans compter les effets induits comme la construction ou la rénovation d'hôtels de diverses catégories ainsi que de centres d'accueil et de restauration ...Il est d'ailleurs prévu que l'ensemble du pays soit associé à cette rénovation, sous la forme d'un projet "Euralens" qui ambitionne de "transformer le pays noir en pays vert", avec un aménagement des terrils en lieux de loisirs (même le ski en hiver !...), et ceci avec le label de l'UNESCO...

 

   Autant dire que l'inauguration du Musée du Louvre-Lens le 4 décembre 2012 - jour anniversaire de la Sainte-Barbe, patronne des mineurs - avec des oeuvres significatives comme "La Liberté guidant le peuple" de Delacroix ou provisoirement la "Sainte Anne" de Léonard de Vinci - inauguration célébrée par François Hollande, Président de la République, a valeur de symbole ...Un symbole d'union pouvant servir d'exemple en France...

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 15:24
   Le "peuple" est certainement la notion la plus largement répandue pour désigner l'organisation des sociétés humaines à travers le monde ...Et pourtant sa définition n'est pas simple...

   La définition du dictionnaire en fait "l'ensemble des personnes vivant en société dans un territoire défini" ...Expression vague qui justifie l'utilisation d'un autre mot pour définir son importance numérique : la "population" ...On dit que la France a une population - et non un peuple - de 65.073.482 habitants au 1er Janvier 2009 ...Il y a donc une nuance, la population n'apparaissant que comme un élément - démographique en l'occurrence - du peuple, lequel a une définition plus large ...Mais laquelle ?...

   La définition "politique" paraît la plus appropriée, puisqu'elle se rapporte aux "citoyens" eux-mêmes ...Mais l'histoire montre que le peuple est un ensemble "à géométrie variable" : ainsi la "démocratie" (gouvernement par le peuple...), qui naît à Athènes au 5ème siècle avant JC, est en principe l'ensemble des "citoyens" (habitants de la cité...) réunis sur la place ...mais ce peuple n'est qu'une minorité de la population, excluant les métèques (c'est-à-dire les étrangers, même s'ils sont d'anciens résidents...), et bien entendu les esclaves (qui n'ont aucun droit, même s'ils sont les plus nombreux) ...Avec la Révolution de 1789 en France, la population entière ne peut pas évidemment être rassemblée et le démocratie est nécessairement indirecte, par  l'intermédiaire de "représentants du peuple" ...La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen commence par l'affirmation : "Nous, les représentants du peuple réunis en Assemblée Nationale..." Mais en fait ces représentants ...ne représentent pas tout le peuple, et il s'en faut même de beaucoup : les députés du Tiers-Etat ont été choisis parmi ceux payant la capitation (suffrage censitaire), et ils considèrent que le vote est une fonction et non un droit, cette fonction supposant d'en avoir les capacités, sur le plan matériel comme sur le plan intellectuel ...Et s'il est naturel qu'ils excluent les enfants - qui n'ont pas "l'âge de raison" - il l'est déjà beaucoup moins d'exclure aussi les femmes, qui sont considérées comme des "mineures" sur le plan civique, en dépit de leur rôle important au niveau familial et parfois même au niveau intellectuel ou politique (ex: les "salons" au 18ème siècle) ...Et il est d'ailleurs sidérant que cette exclusion perdurera en France - le pays des Droits de ...l'Homme !...- jusqu'en  1944, alors que le droit de vote a été accordée aux femmes dès ...1718 en Suède, ...en 1918 dans le Royaume-uni, ...et en 1919 aux Etats-Unis !... Quant aux "jeunes", il faut attendre 1974 pour que la la majorité civique soit abaissée de 21 à 18 ans ...

   Néanmoins, même en englobant désormais toutes les personnes de sexe masculin et féminin au delà de 18 ans dans un territoire défini, cela ne signifie pas pour autant qu'elles forment un ensemble homogène, car le peuple est naturellement "pluriel" : le peuple des campagnes, avec ses activités se rapportant à l'exploitation de la terre, ne se confond pas avec le peuple des villes travaillant dans des activités industrielles ou tertiaires, même s'il y a des mutations de l'un à l'autre ...Et au sein de chacun d'entre eux, il y a des divisions internes : le "bourgeois" de Neuilly-surSeine ne se confond pas avec le "banlieusard" de Garges-les-Gonesse, ni le "laboureur" de la Beauce avec un "métayer" des Landes ...Et cette hétérogénéité se retrouve dans les origines, car le "peuplement" a été, dans la plupart des pays du monde, très varié, à l'image de la France, avec les Gaulois, les Romains, les Francs, les Burgondes, les Normands, les Africains, etc...

   Enfin, faut-il rappeler que "l'appel au peuple" a bon dos pour justifier des ambitions partisanes ou personnelles ? ...Qu'un noble comme Mirabeau, élu comme député du Tiers-Etat en 1789, ait pu répondre au Marquis de Dreux-Brézé, venu pour faire évacuer la salle de séance ..." Nous sommes ici par la volonté du peuple" ...était quelque peu excessif, même si son propos est devenu ensuite symbolique de la Révolution ...Mais que le "peuple" soit également invoqué au nom d'une discrimination raciale pour instituer une dictature , comme le "National"-"Socialisme" en Allemagne en 1933 avec Hitler ...est totalement intolérable.

   Finalement, il apparaît que la notion de "peuple" est , ...par définition, ambigüe, et que la "souveraineté du peuple" est pour le moins incertaine ...Elle reste une affaire d'hommes ...et de femmes, avec tous les risques que cela comporte...
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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 16:54

    "Le travail, c'est la santé !...
    ...comme disait le regretté Henri Salvador...
      ...et comme le pensent manifestement les responsables de la France, qui ne savent plus quoi inventer pour inciter les Français à travailler : un jour, c'est le Gouvernement qui propose de travailler le dimanche ...et, un autre jour, c'est l'Assemblée Nationale qui prévoit que le départ à la retraite pourrait être repoussé jusqu'à 70 ans...

   Certes, il ne s'agit encore que d'une première lecture d'un simple (?) amendement dans le cadre du "Projet de Loi de financement de la Sécurité Sociale",  et le Sénat qui ayant de l'expérience dans ce domaine, à en juger par l'étymologie de son nom (latin senex : âgé) et l'âge moyen de ses membres, (68 ans) doit formuler son avis avant une deuxième lecture (voir dessin de Chaunu) ...Certes, aussi, il ne s'agit que d'une mesure limitée aux "salariés volontaires", ne remettant pas en cause  la possibilité pour tous de partir à la retraite à partir de 60 ans, du moins dans le régime général ...Et certes, encore, il s'agit de permettre aux salariés risquant de percevoir une pension de retraite insuffisante, faute d'avoir atteint le nombre nécessaire d'annuités (passant de 37 1/2 à 40, puis 41...), de ne pas être mis à la retraite d'office après 65 ans, et d'avoir ainsi la liberté (contrainte...) de continuer jusqu'à 70 ans ...

   Néanmoins, ce projet n'est pas sans poser quelques problèmes :
   - D'abord, il a un caractère "discriminatoire", puisqu'il maintient une différence suivant les secteurs d'activité, le départ en retraite devant être repoussé de 60 à 65 ans par exemple dans les transports aériens, et repoussé de 65 à 70 ans dans la plupart des autres secteurs ...Faut-il en conclure que ceux qui travaillent "en l'air" ont paradoxalement une charge plus lourde que ceux qui rampent "terre à terre" ?...
   - Ensuite, il a un caractère nécessairement "inégalitaire", puisque certains salariés, pour des raisons de santé - liées ou non à la nature de leur travail - ne seront pas en mesure d'accéder à cette possibilité de prolongation, même s'ils la souhaitent, et ne feront apparemment pas l'objet de compensation...
   - Enfin, il a un caractère "dérogatoire", car il représente incontestablement une brèche dans le Code du Travail, qui a été établi au prix de conflits antérieurs et de négociations difficiles entre toutes les parties concernées...

   Il n'est donc pas surprenant que ce projet, en l'état, suscite des inquiétudes notamment auprès des salariés qui ont quelque raison de craindre un allongement "insidieux" de la durée légale du travail, sinon pour la durée hebdomadaire, du moins ...ou plutôt ...en plus pour la durée annuelle et la durée totale de la vie active dèjà prolongée jusqu'à 40 annuités... Et comment leur donner tort, quand ils objectent qu'il vaudrait mieux favoriser l'accès des jeunes au travail que de maintenir plus longtemps les anciens, même si ceux-ci ont plus d'expérience ?...

   Et puis, il y a un problème de santé... Ce n'est pas parce qu'on vit maintenant "plus vieux" en raison des progrès de la médecine et des conditions d'existence, qu'il faut obérer sa santé en travaillant davantage ...La contrepartie de "travailler plus pour gagner plus" risque d'être de "travailler plus pour vivre moins" ...Le "jeu" en vaut-il la "chandelle" ?...Comme disait encore Henri Salvador, après avoir lancé "Le travail, c'est la santé !" ...
    "Rien faire (?), c'est la conserver...
      Les prisonniers du boulot...
      N'font pas de vieux os !..."




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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 10:59

   L'homme est un "animal social" - au sens générique de l'expression - c'est-à-dire qu'il partage avec les animaux le besoin de "vivre en société" ...Et ce besoin s'est toujours manifesté au cours de son histoire, du plus près au plus loin : famille, tribu, quartier, cité, pays ...jusqu'à l'organisation internationale actuellement en cours mais encore inachevée ...

   Mais il y a une nécessité constante pour le bon fonctionnement de cette vie en société : celle d'une "acceptation réciproque" de leurs droits et de leurs devoirs par les gens concernés ... Sinon, même dans un pays comme la France qui se flatte d'être le "pays des Droits de l'homme", et à fortiori dans les autres pays, il y a inévitablement un phénomène de "rejet"... C'est pourquoi on a pu dire qu'une discrimination sociale peut naître d'une "auto-discrimination" : un sémitisme excessif peut engendrer - sans le justifier - de l'antisémitisme, comme l'anti-islamisme peut résulter d'un islamisme extrêmiste... Et ce problème de l'acceptation réciproque se pose à tous les niveaux :

   - Les familles existent par définition pour l'éducation des enfants, et elles ne s'arrêtent pas à une simple relation héréditaire puisqu'il y a encore dans certains pays une vie en "famille élargie" et que la pratique de l'adoption est encore fréquente ...C'est la base incontournable de l'intégration sociale, et c'est le plus souvent l'incapacité de certaines familles à assurer cette éducation qui aboutit à l'existence des "a-sociaux"...

   - Il en est de même pour les groupes sociaux intermédiaires (quartiers, cités, banlieues...) dont les responsables ont la mission d'assurer l'encadrement de la population de tous âges, qu'il s'agisse des établissements scolaires ou des organismes "socio-culturels" ...Mais là aussi, il peut y avoir des insuffisances ou des défaillances : comment expliquer en effet, même en tenant compte de la faiblesse de certaines familles, que, dans des villes ayant une certaine identité "populaire", il y ait eu en 2007 une proportion d'agressions et violences de 31,27 pour 1000 habitants à Saint-Denis (93) ou de 19,49 à Aubervilliers (93) alors qu'il y en a eu seulement 1,89 à Carmaux (81) ou 1,90 à Decazeville (12) ?... Manifestement, dans le 1er cas, il y a une mauvaise gestion des flux migratoires - avec la formation de "ghettos" dans des immeubles ou des quartiers - favorisant un comportement "communautariste" (qu'il s'agisse de pays d'origine, de religion ou de motifs plus complexes) à l'opposé d'une politique de "melting pot" favorisant l'intégration...

   - Il est vrai que cette intégration -qui avait pourtant été réussie avant la 2ème guerre mondiale, malgré des réticences initiales, avec les Italiens et les Polonais en raison de leur souci d'assimilation - n'a certes pas été favorisée dans la 2ème moitié du 20ème siécle par l'incohérence de la politique gouvernementale, de "gauvche" comme de "droite" : d'abord un appel massif à des immigrés maghrébins pour la reconstruction ...et pour le développement industriel, souvent en raison - il faut en convenir - du refus des "hexagonaux" d'effectuer certaines tâches ...C'est d'ailleurs l'époque où certains proclament 'l'Algérie française" qui aurait comporté une libre circulation entre la France et l'Algérie ...Puis, après la décolonisation, arrivent, les Africains noirs ...à la fois une élite issue de "grandes familles" fréquentant les Universités ...et une masse souvent misérable venant chercher en France une "vie meilleure", même si elle aboutit souvent dans des "bidonvilles" ...Arrivée mal contrôlée - ou pas contrôlée du tout - de "sans-papiers", que les socialistes à partir de 1981 acceptent de "régulariser" au nom des "Droits de l'homme", bien que certains d'entre eux aient manifesté leurs réserves, comme Michel Rocard déclarant que "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", en ajoutant néanmoins "qu'elle doit y prendre sa part"... "Appel d'air" qui a eu pour effet d'accroître encore l'immigration, le nombre d'immigrés atteignant environ 5.000.000 en 2004, dont 1.500.000 ayant acquis la nationalité française, pour une population totale de 65.000.000 habitants en France... Nombre considérable, représentant le tiers des 15.000.000 d'immigrés recensés en Europe... Mais il est exagéré de dire qu'il s'agit d'un vaste mouvement de la population des pays pauvres vers les pays "riches" - et notamment la France - car l'immigration des pays pauvres vers d'autres pays pauvres, même s'ils sont désormais considérés comme "émergents", est également considérable, souvent en lien avec des problèmes politiques : 3.000.000d'Afghans au Pakistan, 1.500.000 Irakiens en Syrie, camps de réfugiés de l'ex-Indochine en Asie du Sud-Est (boat-peoples), etc...

   C'est pourquoi, à défaut d'une organisation internationale encore déficiente malgré les efforts de l'UNESCO, il apparaît légitime que les pays d'immigration comme la France cherchent à "canaliser" le flux dans ce qu'il est convenu d'appeler "l'immigration choisie"...Encore faut-il que les conditions d'une telle pratique soient clairement définies :
   - D'abord, établir les besoins en fonction du marché de l'emploi et des qualifications, car il n'est pas possible et il est même choquant d'accepter des immigrés - et à fortiori leurs familles - s'ils n'ont pas d'emploi ou si cet emploi est dissimulé avec des salaires permettant leur embauche au dépens des "autochtones"...
   - Ensuite, souscrire des conventions avec les pays d'origine, afin que ceux-ci puissent "réguler" les départs sans être privés des "forces vives" indispensables à leur développement...
   - Egalement, organiser l'accueil des immigrés retenus par une action concertée entre l'Etat et les Collectivités locales, prévoyant une affectation de logements sans considération de "communautés", des aides diverses à l'installation (primes, prêts à taux zéro, cours du soir pour les adultes...) en contrepartie d'un engagement de respecter les lois françaises et , si besoin est, d'apprendre le français...
   - Inversement, prendre les dispositions nécessaires pour le "retour au pays" des immigrés en situation irrégulière, dans des conditions réellement "humanitaires", ce qui signifie qu'en dehors de cas de violences justifiant une expulsion immédiate, les immigrés doivent être traités avec respect, car le fait d'entrer illégalement dans un pays pour aspirer à une "vie meilleure" n'est tout de même pas un crime, et ne justifie pas une "rétention " prolongée dans des centres spécialisés relevant plutôt de la "détention"...
   - Enfin, participer de façon active à l'aide internationale pour le développement des pays pauvres, suivant le principe que le meilleur moyen de remédier aux problèmes de l'immigration clandestine n'est pas de s'attaquer seulement aux conséquences dans les pays d'accueil mais de s'en prendre aux causes qui sont le plus souvent l'incapacité des pays d'origine à subvenir à des besoins croissants...

  A ce titre, on ne peut que se réjouir de la mise place d'un Pacte Européen de l'Immigration, et des efforts entrepris par un Français, Jacques Barrot, Commissaire européen à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité, pour assurer une politique cohérente et humaine... Comme on ne peut que se réjouir de l'application exemplaire de la Constitution française prévoyant que "Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur le territoire de la République" ...

 

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 09:21

   La France est certainement un des pays les mieux placés pour discuter de l'immigration, même si les Français n'en ont pas toujours une vision cohérente par ignorance de leur histoire...

   En effet le territoire actuel de la France a été, dès l'origine des hommes, une terre d'immigration en raison de sa situation géographique à "l'Extrême-Occident" de l'Eurasie qui en a fait la zone finale d'installation des vagues de peuplement venues de l'Est ... Dès l'époque préhistorique, dans une nature encore largement forestière, elle est le théâtre du remplacement progressif de l'homme de Néandertal par l'homme de Cromagnon, il y a environ 30.000 ans ...Et ce n'est pas par hasard que des vestiges néolithiques
 se concentrent en "Bretagne" (Carnac...) et en "Grande-Bretagne" (Stonehenge...). Arrivent vers le 5ème siècle av.JC les Celtes, appelés "Galli" (Gaulois) par les Romains, qui occupent le territoire au 1er siècle av.JC ...Et après les Romains, surviennent les "Invasions Barbares" au 5ème siècle ap. JC : Burgondes (Bourgogne), Wisigoths (Aquitaine) et surtout Francs (dont la Francie Occidentale donnera son nom à la France... Les "Bretons" refluent des Iles "Britanniques" en Armorique (devenue ainsi la Bretagne), tandis que les "Normands" ("hommes du nord" venus par mer de Scandinavie) remontent les estuaires à partir du 9ème siècle avant de s'installer dans celui de la Seine (Normandie)... Plus tard, l'histoire lui rattachera encore la Flandre, puis l'Alsace et la Lorraine, d'origine germanique, et enfin Nice et la Savoie, venus d'une dynastie italienne... Et tout cela , comme disait naguère le chanteur Maurice Chevalier, a fait de "bons Français", si du moins on peut le croire...

   Car il est permis de s'interroger sur ce qui a fait "l'unité" de la France, alors que son peuplement a été largement "composite" ...Dans une autre région de l'Europe, la péninsule des Balkans, qui avait pourtant connu une certaine unité dans l'Antiquité avec les Grecs puis la période hellénistique, l'arrivée successive de peuples divers - Serbes, Croates, Bulgares, Hongrois, Turcs, etc - compliquée encore par les différences religieuses (catholiques, orthodoxes, musulmans), en a fait un "kaléidoscope", au point que l'ancien nom de "Macédoine" - à l'origine de l'empire ...unitaire d'Alexandre au 4ème siècle av.JC - est devenu maintenant synonyme de "mélange", notamment dans le domaine ...culinaire !... Par conséquent, si la France a réalisé son unité, c'est qu'elle a trouvé des éléments favorables dans son histoire : d'abord la politique "centralisatrice" de la monarchie capétienne, ayant rattaché autour d'un domaine royal initialement limité des "provinces", - politique reprisepar le comprtement "jacobin" de la Révolution et des régimes nombreux qui l'ont suivie jusqu'à la 5ème République ... Mais aussi un sentiment de "fraternité" issu d'une communauté d'épreuves, notamment les 3 guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45...

   Pour autant, cette unité de la France n'est pas à l'abri de tout danger :
   - d'une part, pour des causes "internes" : s'il est bon d'avoir encouragé les anciennes provinces à préserver leurs particularités dans le cadre d"une "décentralisation" rapprochant les "citoyens" de leurs "responsables", il serait par contre dangereux d'ouvrir la porte à des comportements "séparatistes", et ceci d'autant plus qu'à l'image de la Région Parisienne, le peuplement s'est fortement mélangé dans tout le pays, et que "l'indépendance" de certaines provinces pourrait conduire à des "discriminations", voire à des expulsions "d'étrangers ...français", à l'instar des "déplacements ethniques" ayant endeuillé récemment l'ancienne Yougoslavie...
   - d'autre part, pour des causes "externes" : s'il est souhaitable que la France reste une "terre d'accueil" - comme elle l'est restée depuis plus d'un siècle (Italiens, Espagnols, Belges, Polonais, Nord-africains, Africains noirs...), il serait par contre regrettable qu'un afflux inconsidéré d'immigrés, dépassant les possibilités d'intégration, puisse continuer à susciter leur "ségrégation" dans certaines banlieues oiu certains quartiers urbains, ségrégation due à la fois à une propension naturelle des immigrés à "rester entre eux"  et à la réaction tout aussi naturelle des "hexagonaux" à "ne plus se sentir chez eux"...

   Dans ces conditions, il reste nécessaire d'appliquer en France une politique "raisonnée" de "melting pot" tant sur le plan interne que sur le plan externe ... Conformément à la devise républicaine et au-delà à des "valeurs" fondamentales, elle doit pratiquer non seulement la "liberté" et "l'égalité", mais aussi la "fraternité"...Et cela suppose un "accueil des autres" qui soit "réfléchi" et "maîtrisé", afin que ceux-ci ne soient pas livrés à la misère et à l'hostilité... Car, si la France peut paraître comme un "Eldorado" pour beaucoup de pays, il n'est pas possible pour autant, suivant la formule célèbre de Michel Rocard, "qu'elle accueille toute la misère du monde"...Et la "raison", dans ce domaine, est de mettre en correspondance "l'offre" et la "demande", notamment dans le domaine des emplois, et bien entendu en dehors de tout autre dicrimination d'origine, de "race", voire de religion... Une politique d'immigration "raisonnée" exclut donc à la fois l'immigration "sauvage" et l'immigration "choisie"...

   Et ceci ne signifie pas que la France devra se désintéresser des causes de l'immigration : puisqu'elle s'enorgueillit d'être "la patrie des droits de l'homme", elle doit montrer l'exemple, au sein des organismes internationaux, de l'aide aux pays dits , par un euphémisme incertain, "en voie de développement", ...en particulier pour le progrès de l'instruction, la lutte contre les maladies endémiques et leur insertion dans le "développement durable" de la planète... Car le seul moyen véritable de remédier "à terme" aux problèmes de l'immigration est d'en supprimer les causes...

  

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 14:26

   La France a une réputation d'équilibre qui lui vaut l'intérêt du reste du monde, qu' il s'agisse de son relief, de son climat ou de sa population ...Pour la population, elle a même la chance d'avoir une "pyramide des âges" équitablement répartie, puisqu'à la différence de la plupart des autres pays dits "occidentaux" elle compense un accroissement du nombre des "vieux" par le maintien d'un taux de natalité relativement important ...On pourrait donc en déduire que les divers âges y trouvent leur juste place, en particulier les 3 catégories traditionnellement distinguées : les "jeunes" (de 0 à 25 ans), les "adultes" (de 26 à 60 ans) et les "vieux" (au delà de 60 ans )...Et pourtant tel n'est pas le cas...

   En effet, non seulement il est de bon ton dans l'opinion courante de critiquer la "jeunesse" en ne retenant que les excès commis dans des banlieues difficiles, mais il est désormais banal d'être hostile à la "vieillesse"; à un point qui confine parfois à une véritable "phobie"... Le "florilège" - qui tourne au "sacrilège" - des déclarations de soi-disant "experts" dans ce domaine est impressionnant : le Rapport de l'IFRI (club de réflexion de responsables politiques de droite comme de gauche) signale dès 1987-1988 "qu'il existe un excédent prévisible de personnes âgées par rapport aux capacités de financement des systèmes de protection sociale" ... Bernard Spitz, dans un article du Figaro du 22 septembre 2006 (Du Baby-boom au Papy-krach), déclare "qu'il faut cesser de donner aux retraités", au mépris du système de répartition où ils ont cotisé durant leur vie "active"...Et Richard Liscia, dans le Quotidien du Médecin, surenchérit en stigmatisant "ces poids qui font souhaiter que, du point de vue de la dépense publique
, il vaudrait mieux que meurent les gens qui veulent rester oisifs" (sic)... Ce que confirme l'économiste Alain Cotta, déplorant que la France dépense trop "pour entretenir ses vieillards impotents" ...et "pour le mantien en vie de cette population du 4ème âge" (démultiplication indulgente du 3ème...). Le Professeur d'économie Jean de Kervadsdoué va plus loin en dépeignant la France "comme une "nation d'hypocondriaques vieillissants"... Il est vrai qu'en contrepartie on est plein de sollicitude envers les retraités : avant même qu'ils ne reçoivent leur 1ère pension, les compagnies d'assurances leur proposent à un taux "avantageux" ...des "conventions d'obsèques" ...Et le philosophe Yves Michaud , certainement pour leur éviter toute fatigue inutile, va jusqu'à proposer, dans l'émission de France-Culture du 4 juin 2006, "d'établir une fin de vie citoyenne" en supprimant le droit de vote aux personnes de plus de 80 ans...

   Le comble est même en train de se produire, puisque maintenant la "détestation de la vieillesse" gagne aussi les personnes âgées ...S'il ne s'agissait que de "vieux" pratiquant le "jeunisme", il suffirait d'en rire ...Mais voilà que des vieux prennent aussi des dispositions contre les ...vieux... Comportement de quelques "illuminés"...âgés ? Pas du tout ...Ce sont seulement des personnalités ..."éclairées" - du moins on peut le penser - puisqu'ils'agit des membres de ...l'Académie Goncourt, qui viennent de décider que la "limite d'âge" pour être "juré" serait fixée à 80 ans (décidément une vraie obsession que cet âge !)... Cela signifie clairement qu'au delà de cet âge, le "jugement" des membres de cette Académie n'est plus valable...Néanmoins, cette docte assemblée a pris soin de préciser que les membres ainsi "frappés" pourraient continuer à déjeûner au Restaurant Drouant...Un reste de culture, certainement, car elle a dû se souvenir de Victor Hugo : "Donne-lui tout de même à boire..."

   Evidemment, cette dernière "anecdote" pose le problème de la "limite d'âge" ...Il ne peut assurément être question de nier les "effets de l'âge", qui sont dans la nature de tout être vivant... Mais l'âge reste néanmoins "relatif"... L'espérance de vie est passée en moins de 2 siècles de 40 à près de 80 ans, du fait des progrès de la médecine et de l'hygiène... Et la notion même de "l'âge" a évolué : autrefois "la Femme de 30 ans" d'Honoré de Balzac était déjà une vieille femme...Maintenant, elle est plutôt un "modèle" ...Si l'on s'en tient à la limite d'âge professionnelle, celle-ci est très variable suivant la nature des activités : 40 ans environ pour les sportifs, ...50 ans au maximum pour les métiers pénibles;   ...et 60 à 65 ans pour la majorité de la population active ...et, en l'occurrence, la France est avec l'Italie le dernier pays pour l'emploi des "55-65 ans" avec 37,9 % seulement , alors que ce taux atteint 69,5 %en Suède, 63 % au Japon, 59,9 % aux Etats-Unis, 56,9 % au Royaume-Uni, 45,4 % en Allemagne... On n'est pas pour autant "vieux" plus tôt en France, ...simplement, en dehors d'une proportion minoritaire de "retraités volontaires", on se débarrasse des "vieux" plus tôt  ...La "pré-retraite" est même un leitmotiv classique dans les licenciements et les compressions de personnels, au mépris des services que les travailleurs concernés pourraient encore rendre en raison de leur expérience, ne serait-ce que pour la formation ou le "tutorat" des "jeunes"... C'est si vrai que souvent les "retraités" continuent à s'investir dans des activités diverses, notamment associatives, et même parfois reprennent un "nouveau métier", quand ils ne sont pas sollicités par des entreprises "en mal de recrutement"... En fait, la limite d'âge professionnelle est de plus en plus une affaire "personnelle"...Il y a d'ailleurs des activités où cette limite n'existe pas, se confondant avec la limite même de la vie : les artistes et parfois les artisans, les écrivains, les prêtres... et les hommes politiques !...

   Dans ces conditions, c'est la notion même de "limite d'âge" qui est en question ... Est-il vraiment nécessaire de fixer dans ce domaine des règles "collectives" ? Pourquoi établir une préemption où un individu est censé "n'être plus bon à rien", même s'il souhaite continuer à "travailler" et si rien ne s'y oppose sur le plan économique, social ou médical ?... Il s'agit ni plus ni moins d'une "discrimination", d'une sorte "d'exclusion" ...et une telle attitude est indigne d'un pays qui se veut aussi "équilibré" que la France...



Référence : Article de Jérôme Pellissier "Seniors et personnes âgées, de parfaits boucs émissaires"
                      dans le Journal La Croix du 1er avril 2008
                      www.agisme.fr

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 15:20
   Il y a parfois dans l'actualité des contradictions caractéristiques de la versatilité des hommes, et notamment des Français... Un bel exemple en est, cette semaine,  la coïncidence entre l'inauguration à Paris d'un Musée de l'Immigration et la polémique au Parlement autour d'un amendement prévoyant des tests ADN pour des candidats à l'immigration.


   L'immigration, comme l'émigration, c'est-à-dire globalement les mouvements de population ont toujours été des éléments du comportement des hommes... Dès les temps préhistoriques, des tribus ou des peuples se déplacent en fonction de leurs besoins ou des aléas climatiques, et certains territoires en connaissent plus que d'autres : c'est le cas de l'Europe, qui apparaît comme un promontoire de l'immense Asie, et notamment de la France qui est elle-même une presqu'île de l'Europe se terminant de façon significative en Bretagne par le Finistère.. Déjà, au début de la Préhistoire, l'homme de Néanderthal en avait été évincé par l'homme de Cromagnon, 1er des "immigrants"... Et bien plus tard - entre 10.000 et 5000 ans av.JC - les hommes du Néolithique, véritables fondateurs de nos paysages avec l'exploitation de la terre, la création de villages et les pierres dressées, ont été évincés à leur tour par les Indo-Européens, nouvelle vague d'immigrants, en particulier les "Celtes" (nom grec) ou "Gaulois" (nom romain) qui se répandent dans toute l'Europe... "Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois", disaient naguère les premiers livres d'histoire... Fumisterie !... Il y avait eu auparavant bien d'autres mouvements de population, et il y en eut encore d'autres, ...puisque la France tient son nom d'autres envahisseurs, c'est-à-dire d'immigrants ultérieurs, les Francs, venus de Germanie avec les Burgondes, les Wisigoths et les Alamans... Et avec tout cela, comme disait le chanteur Maurice Chevalier, on a fait à travers des siècles d'histoire, de "bons Français", avec le drapeau tricolore, la Marseillaise, et ...le coq ...gaulois !


   Et pourtant les "Français" n'aiment pas les étrangers, comme le démontrent régulièrement les sondages, en particulier le dernier révélant qu'en majorité ils approuvent l'instauration éventuelle de tests ADN pour l'immigration... En fait, le problème n'est pas nouveau : déjà, dans l'histoire de la France, il y avait eu de fréquentes manifestations d'hostilité, par exemple un antisémitisme récurrent qui s'opposait à l'arrivée et à l'installation des Juifs, souvent victimes de "pogroms" parce qu'ils étaient considérés en tant "qu'infidèles" comme responsables de tous les maux... Mais au 20ème siècle encore, avec le développement industriel, les "immigrants" italiens, espagnols ou polonais n'étaient pas "bien vus", même s'ils étaient venus pour faire les travaux dont les "Français" ne voulaient plus ... Cela était même vrai pour les ...Belges, j'en parle en connaissance de cause puisque - malgré mon nom "bien français" - j'ai eu des grands-parents maternels d'origine flamande (Van N...) qui étaient plus ou moins "marginalisés" dans leur bourgade "d'accueil"... D'ailleurs, à l'époque, les "étrangers" devaient bien "bien se comporter", à en juger par le cas des ouvriers polonais renvoyés dans leur pays en 1934 pour avoir participé à une grève des mineurs... Le problème est identique à notre époque, et il s'est même aggravé en raison de l'augmentation rapide du nombre des "immigrés" (passés en 50 ans de 1 à 5 millions environ), et aussi d'un changement d'origine (presque la moitié d'Africains) qui a malheureusement favorisé le racisme jusque dans le domaine politique...


   Il n'en est pas moins vrai que, si on interroge individuellement des Français, ils vous répondront le plus souvent, la main sur le coeur : "Moi... raciste ? Jamais !"... Et ils citeront volontiers l'épicier du coin qui est un tunisien sympathique, évidemment pas comme les autres... De même ils sont fiers des chanteurs "français" comme Jacques Brel ou Johnny Halliday (d'origine belge...), ou encore Sylvie Vartan (d'origine bulgare...) et Charles Aznavour (d'origine arménienne...)....Et ils applaudissent aux exploits de "leurs" sportifs, comme Platini (Italie), Kopa (Pologne), Mimoun et ...Zidane (Afrique du Nord)... Ils vont même jusqu'à confier la gestion de l'Etat à des hommes politiques issus d'une famille étrangère, comme Balladur (Turquie) et, bien sûr, Sarkozy (Hongrie) !... Il est vrai que toutes ces personnalités sont honorées, non en raison de leur "naissance", mais en fonction de leur "mérite" personnel... Car les Français apprécient les immigrés ou enfants d'immigrés qui contribuent à la "réputation" de la France, mais ils ne pardonnent pas et sont même parfois d'une excessive sévérité pour ceux qui ne s'adaptent pas et encombrent les prisons...

   C'est pourquoi il convient d'adopter une "juste mesure" dans l'étude des problèmes posés par l'immigration :
   - Les races : cette notion a longtemps été le prétexte aux discriminations, et   un ...Français, Gobineau, a même publié vers 1855 un "Essai sur l'inégalité des races humaines" prétendant prouver la supériorité de la race blanche... Et longtemps les Européens ont argué de leurs progrès techniques pour considérer les autres civilisations comme arriérées ou primitives... On sait à quelles horreurs cette conception a abouti... Et ceci alors que la notion même de "race" est fausse, et que la prétention de préserver la pureté d'une race est une idiotie scientifique, puisqu'il est désormais prouvé que les groupements humains maintiennent leur vitalité par les "croisements", alors que la "consanguinité" entraîne la dégénérescence...
   - Les coutumes : les Français qui avaient longtemps maintenu entre eux des préventions ont finalement fait une cuisine commune avec la choucroute alsacienne, le cassoulet toulousain, la bouillabaisse marseillaise et la ratatouille niçoise... Et il en a été de même, malgré les réticences initiales, de la paëlla espagnole, du rizotto italien ou du goulasch hongrois... peut-être parce qu'il y avait un fond de sauce commun de traditions judéo-chrétiennes... Mais l'assimilation des populations africaines est manifestement plus difficile car, même s'ils apprécient le couscous ou le méchoui, les "Français" sont souvent rebutés par la religion musulmane qui mérite certes leur respect mais ne correspond pas à leurs habitudes (ex: l'affaire du voile). Et cette difficulté est d'autant plus grave que les immigrés sont plus nombreux qu'autrefois...
   - Les flux : l'assimilation des immigrés s'est faite progressivement jusqu'au 20 ème siècle dans la mesure où leur nombre était relativement limité et leur répartition plus diluée dans la population française... Des "spécialistes" ont pu affirmer que, jusqu'à 15 % environ d'un groupe, l'intégration se réalisait facilement en 2 générations... Le problème est que, même si la proportion d'immigrés est actuellement de 8 % pour l'ensemble de la France, elle dépasse largement les 15 % dans certains secteurs, notamment les banlieues des grandes villes... Or la politique de la ville - ou plutôt l'absence de "politique" au sens originel (gestion de la "cité") - a abouti à la création de "ghettos" où les immigrés se retrouvent seulement entre eux, souvent d'ailleurs par pays d'origine..., ce qui évidemment ne permet plus de véritable intégration, ...l'école elle-même - creuset naturel et traditionnel d'assimilation - étant désarmée, faute de structures adaptées... Et un cercle vicieux s'est ainsi mis en place, les immigrés et leurs enfants rejetant une société qui les rejette...


   Dès lors, il est nécessaire d'avoir une politique cohérente capable d'associer le respect d'un certain équilibre social avec le respect de la dignité humaine des immigrés... Il est certain, comme l'a dit le socialiste Michel Rocard, que "la France n'a pas vocation à accueillir toute le misère du monde, même si elle a une tradition d'hospitalité"... Mais pour autant elle ne peut pas se contenter de renvoyer les immigrés en situation irrégulière dans des "charters", comme le voulait Edith Cresson, autre socialiste... Est-ce à dire qu'il faut instaurer des tests ADN pour freiner, sinon arrêter le "regroupement familial"?... Il est "humain" que les immigrés veuillent regrouper leur famille...Les Français le font, quand ils sont installés "à demeure" à l'étranger... Ce qu'il aurait fallu faire, c'est mieux contrôler l'immigration auparavant, et ne pas encourager le regroupement, comme l'a fait Lionel Jospin, encore un socialiste... Maintenant que les familles sont en France ou que le chef de famille s'y trouve avec un métier, il faut s'en accommoder, tout en prenant des dispositions pour l'avenir :
   - Analyse des problèmes familiaux au "cas par cas", et non d'une façon "collective" qui ne tient pas compte des situations personnelles
   - Pour les immigrés refusés à l'entrée en France, notamment faute d'un emploi, concertation avec les représentants du pays d'origine pour leur reclassement et versement d'une insemnité de ré-installation
   - Pour les immigrés admis en France, suivant des critères précis, en particulier la preuve d'un emploi, mesures d'intégration pour le logement, l'école et la vie associative

   Quant à l'utilisation de tests ADN, on peut admettre sur un plan "théorique" qu'ils aient une certaine justification (*), mais sur le plan "pratique" ils ne peuvent que susciter l'inquiétude, comme naguère le "croisement des fichiers informatiques" qui aurait pu conduire à des abus - notamment pour la recherche d'emploi - si le CNIL n'y avait pas fait opposition... Car, si on met le doigt dans l'engrenage à propos des immigrés, on pourra passer progressivement de la "génétique" à "l'eugénisme"... Miaux vaut s'en tenir à des solutions "humaines", s'inspirant des réussites dont s'inspire le nouveau Musée de l'Immigration...


(*)Voir Article Initiative Européenne (Cf Liens) "Je ne signerai pas la pétition" 
           

   
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 14:01
  Le problème de la "mort" a toujours préoccupé les hommes dès qu'ils ont pris conscience de leur "existence"... Les paléontologues ont pu affirmer que l'enterrement des morts n'a pas été seulement une nécessité matérielle mais a résulté d'une réflexion plus ou moins confuse devant la "fin de la vie", la présence d'objets familiers auprès des restes humains de la Préhistoire pouvant être interprétée comme une preuve de croyance en un "Au-Delà" où ces objets seraient nécessaires...

   Cette préoccupation de la mort reste évidemment "latente" dans l'humanité actuelle, mais elle n'a plus la même importance dans la mesure où elle est moins "présente", en particulier dans les pays dits développés comme la France... En effet, jusqu'au 19ème siècle, la mort était partout en raison des difficultés de l'existence (épidémies fréquentes, soins insuffisants, disettes, guerres, etc...), alors qu'elle a reculé depuis le 20ème siècle, en dehors de l'exception majeure de 2 guerres mondiales : mortalité infantile abaissée de 26 % à 0,7 % de l'ensemble des décès, mortalité adulte (10 à 65 ans) passant de 36 à 14 %, la contrepartie étant naturellement l'accroissement de la mortalité des "vieux" de 37 à 85 %... Et l'espérance de vie ou sa durée moyenne est montée de 40 ans au 19ème siècle à 76 ans en 2000 (+ pour les femmes, - pour les hommes)... Les exemples de centenaires étaient naguère rarissimes (exemple célèbre de l'écrivain Fontenelle 1657-1757)... On avait d'ailleurs autrefois une conception plus ...jeune de la vieillesse : les "sénateurs" romains (du latin "senex" =vieux) pouvaient être désignés à 40 ans... et "La femme de 30 ans" de Balzac avait déjà "un certain âge"... tandis que maintenant on est "officiellement" vieux à 65 ans...

   Cette prolongation de la vie ou "longévité" est liée aux progrès de la médecine et de l'économie, et elle tend à se généraliser sur la planète puisque l'écart d'espérance de vie entre les pays "riches" et les pays "pauvres" s'est réduit de 25 ans (1950) à 11 ans (2000)... Il s'agit là d'un bienfait indiscutable, mais il n'en est pas moins vrai que ce bienfait a des conséquences dont l'autorité publique, notamment en France, doit prendre pleinement conscience : il ne faut pas, en effet, qu'à l'instar du problème des retraites, prévisible dès le "baby-boom" de 1945-1950 mais non résolu 50 ans plus tard, on ne se prépare pas à remédier aux effets de la longévité, voire même qu'on agisse dans le sens contraire... L'imprévoyance serait d'autant plus coupable que les savants ayant naguère établi que la durée de la vie humaine pouvait atteindre au maximum 120 ans sous réserve du respect de certaines règles de santé... n'excluent plus que les humains (notamment les femmes...) puissent atteindre 150 ans... et même davantage s'il devient possible de ralentir le processus biologique... Or les conséquences de la longévité sont multiples :

   -1. La 1ère conséquence sera démographique, car l'équilibre des âges de la population  va être modifié : la répartition actuelle relativement équilibrée entre jeunes (23,6 %), adultes (54,6%) et vieux (21,8 %) est appelée à "vieillir par le haut" puisque le nombre des vieux doit "mécaniquement" augmenter (par projection : 37,5 % en 2050), au dépens des deux âges précédents... Et parmi les vieux, les "vieux-vieux" (+ 75 ans) vont dépasser le nombre des "jeunes-vieux" (65 à 75 ans)... Quant aux centenaires, qui  étaient environ 100 en 1900, 200 en 1950, 1000 en 1970, 4000 en 1990, 17.000 en 2007, ils dépasseront 60.000 en 2050...

   -2. La 2ème conséquence sera d'ordre familial et "sociétal" : alors qu'au début du 20ème siècle, on ne connaissait pas toujours ses grands-parents..., désormais il arrive souvent qu'on connaisse ses bisaieux et trisaieux...et pourquoi ne connaîtrait-on pas des quadri-aieux en 2050 ?... Il en résulte déjà qu'on n'hérite plus vers 30 ans, comme naguère, mais au-dela de 50 ans, et parfois même l'héritage se transmet de "vieux-vieux" à "jeunes-vieux"... Et cela ne peut que contribuer aux difficultés d'installation des générations plus jeunes : l'achat d'une maison ou d'un appartement, même à crédit, leur est d'autant plus difficile que beaucoup de logements restent plus longtemps occupés par les vieux, ce qui est une des raisons de la crise continue du logement et du renchérissement de l'immobilier...

   -3. La 3ème conséquence est économique : il y a d'abord la crise des retraites, car l'équilibre déjà difficile entre les recettes venant des cotisations des "actifs" et les dépenses dues au paiement des pensions ne pourra que se rompre si les bases actuelles de calcul sont maintenues - Référence chiffres INSEE pour la France :

   Avant 2006 :      35.860.000 cotisants  -  10.035.000 pensionnés

   Janvier 2006 :    33.120.000 cotisants   - 12.770.000 pensionnés

   Projection 2025: 27.772.000 cotisants   - 18.357.000 pensionnés

Et de surcroît, il y aura encore et toujours les difficultés de la Sécurité Sociale, qui ne pourront que s'aggraver en raison de l'augmentation inévitable des dépenses de santé avec un plus grand nombre de vieux, notamment ceux atteints de maladies "dégénératives" (Alzheimer... environ + 100.000 par an actuellement)

   -4. Une dernière conséquence (moins perceptible) est de nature politique en raison du vieillissement du corps électoral... On parle déjà de "l'irrésistible essor du pouvoir gris" ou du "vieillissement de la démocratie"... Or les analyses des scrutins anciens montrent qu'en moyenne (ce qui n'exclut pas les écarts...) les vieux votent plus "conservateur"... Voilà qui donne à réfléchir sur l'équilibre nécessaire entre les générations dans l'exercice des institutions...

 

   Afin de remédier aux conséquences fâcheuses de la longévité sur l'équilibre social, il est donc déjà urgent d'envisager dès maintenant des solutions dont l'application demandera du temps :

   - Il faut évidemment éviter toute solution qui pourrait engendrer un "conflit de générations", notamment celles heurtant la morale comme toute formule d'élimination plus ou moins discrète des "vieux", en particulier les malades pour lesquels certaines émules des nazis imaginent le recours à l'euthanasie... Mais inversement il faut réfléchir à toute formule permettant d'assurer aux jeunes - et d'ailleurs aussi aux femmes appelées à être beaucoup plus nombreuses que les hommes - une juste représentation dans la gestion de la société...

   - Il est certainement illusoire d'espérer une reprise de la natalité... La remontée actuelle du taux en France n'est certainement qu'un épisode passager lié surtout à 'immigration... Ou alors il faut encourager l'immigration, surtout à partir des "pays en voie de développement"... mais une telle immigration devra  être contrôlée pour ne pas aboutir à la formation de "communautarismes" néfastes à l'identité nationale, à moins qu'on ne préfère à l'avenir une France multiculturelle...

   - Il faut surtout avoir le courage de remettre en cause les structures sociales : comme les jeunes seront proportionnellement moins nombreux, les "jeunes-vieux" devront continuer à travailler jusqu'à 70, voire 75 ans (sauf métiers pénibles...), car on connaîtra une situation inverse de la situation actuelle, le chômage faisant progressivement place à un manque "d'actifs"... Cela signifie qu'il faudra une politique opposée au courant actuel, où on pratique encore la retraite anticipée... De même, il conviendra de relever progressivement le taux des cotisations des "actifs", et comme il faudra éviter de rendre ce relèvement insupportable pour les "actifs", il sera nécessaire d'augmenter les salaires, ce qui suppose une participation plus grande des entreprises, au moins de celles réalisant des bénéfices au delà de quotas fixés par des conventions collectives...

   - Il faut enfin prévoir les structures nécessaires pour l'accueil des vieux - en priorité les ..."vieux-vieux" - en multipliant les maisons de retraite médicalisées dans un cadre légal évitant les spéculations sur leur "rentabilité", et en développant les services d'aide à domicile, si les "vieux" concernés préférent et peuvent rester chez eux, ce qui est humainement compréhensible...

  

    

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Published by Jean Daumont - dans Population
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