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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 14:34

   On répète à l'envi que le 21ème siècle sera un siècle athée et même agnostique ...Et l'Eglise catholique en particulier apparaît pour beaucoup de gens comme une institution fatiguée, pour ainsi dire hors du temps ...Or, en ce dimanche 27 avril 2014, on assiste à Rome au spectacle de deux papes vivants, l'un - François - en exercice - l'autre - Benoît XVI - en retraite - célébrant la canonisation de deux papes décédés au cours du 20ème siècle - Jean XXIII et Jean-Paul II - devant environ 1 million de personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre et ses environs, sans compter le nombre incalculable de croyants ...et d'incroyants qui, grâce aux moyens modernes de communication, ont tenu à assister à cette cérémonie...

 

   Il faut reconnaître que les deux papes ainsi canonisés avaient défrayé la chronique en leur temps :

   - d'abord Jean XXIII, homme "rond" et sympathique, alors connu dans son diocèse pour sa bienveillance et son esprit de solidarité, mais qui avait été qualifié de "pape de transition" ...prenant une décision fondamentale pour l'avenir de l'Eglise, celle de réunir le Concile Vatican II qui prit des dispositions pour "moderniser" celle-ci en l'ouvrant au monde, comme par exemple en autorisant l'usage des langues nationales à la place du latin ...On était loin de la rigidité d'un Pie XII et de la timidité d'un Paul VI...

   - puis Jean-Paul II, qui tranche avec ses prédécesseurs dans la mesure où il n'est pas, pour la première fois depuis ...le Moyen-Age, un pape italien, mais est issu de la Pologne où il était le Cardinal Wojtyla , ...et où, d'autre part, il venait de derrière le "rideau de fer", c'est-à-dire du monde communiste séparé du monde libéral au titre de la "guerre froide" depuis 1945 ...Et c'est lui qui va alors prononcer ces paroles restées célèbres : "N'ayez pas peur" ...qui, plus que des canons ou des réunions diplomatiques, déclencheront  la "libération" des démocraties dites "populaires" de l'Europe orientale...

 

   Maintenant, ces deux Papes décédés deviennent-ils des "Saints" à l'initiative de leurs deux successeurs ?... C'est, à vrai dire, une affaire interne à la vie de l'Eglise, qui ne relève ni de la politique internationale, ni même du "consensus" populaire, celui qui, dès la mort de Jean-Paul II, avait proclamé "Sancto subito" ...De toutes façons, Jean XXIII, pour sa part, avait dit, ne manquant pas d'humour : "On m'appelle le Saint-Père ...Il faut donc que je sois ...Saint" ...


 


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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 15:53

   La Toussaint ...C'est d'abord une impropriété de langage, puisque le mot devrait être au pluriel dans la mesure où il s'agit de "tous les saints" ...et, d'autre part, le féminin n'a de raison d'être que parce qu'il correspond à l'élision de l'expression "la fête de" n'apparaissant par ailleurs que dans la Fête-Dieu, qui est une fête mobile - puisqu'elle se situe 60 jours après Pâques (sans article et au pluriel), fête dépendant des lunaisons - tandis que la Toussaint est une  fête fixe dépendant du calendrier solaire divisé en 12 mois ...

 

   Quoi qu'il en soit, c'est à la Toussaint qu'apparaissent les chrysanthèmes, appartenant à cette catégorie rare de plantes qui fleurissent en automne, alors que la plupart des autres plantes sont montées à graine ou sont fanées ...Et c'est la raison pour laquelle les familles, du moins dans les régions tempérées de l'Occident, les utilisent non pas pour rendre un culte aux saints le 1er novembre, mais pour honorer leurs morts le lendemain 2 novembre, ...et ceci depuis que l'Eglise a imposé en 996 à ses ouailles d'associer ainsi la fête des morts à la Toussaint ...Mais cette fête des morts est de loin la plus ancienne et la plus importante, car l'honneur rendu aux morts remonte aux temps préhistoriques - à en juger par les tombeaux découverts avec des restes accompagnés d'objets familiers - et a un caractère universel, quelles que soient les formes de célébration ...Ainsi, les Celtes en avaient fait le début de leur calendrier, et la fête durait en fait 3 jours - correspondant aux actuels 1,2 et 3 novembre, appelées "les 3 nuits de Samain", où les vivants étaient censés avoir accès au monde des morts, et inversement ...En Bretagne, considérée à tort ou à raison comme une région ayant conservé dans certains terroirs des pratiques anciennes, on parle encore du passage de "l'Ankou"...

 

   Tel n'est pas le cas des saints, qui sont loin d'avoir un caractère universel ...Ils existent assurément dans la religion catholique, où ils apparaissent comme des personnages ayant eu "de leur vivant" une existence exemplaire et, à ce titre, devenus dans "l'au-delà" des intercesseurs, à commencer par la "Sainte-Vierge" ...Et ils sont très nombreux, ne trouvant pas toujours de place dans le calendrier, au point que certains figurent pour certains jours en 2ème ou 3ème place ...Il est vrai qu'il y a eu dans le passé beaucoup de ..."faux saints" qui ont finalement été éliminés par l'Eglise ...Cette floraison n'en laisse pas mois planer un doute, car on peut s'interroger sur leur multiplication qui fait penser à l'ancien polythéisme, alors que le catholicisme est monothhéiste, il est vrai ...trinitaire...Et, surtout, en tout état de cause, il n'y a pas de saints dans les autres religions monothéistes, ni dans le judaïsme - qui reconnaît seulement des lieux saints comme "la Terre Sainte" ou des objets comme le "Saint des Saints", le mot saint ayant seulement le sens de "sacré" - ni dans l'islamisme qui ne reconnaît aucune intercession entre les hommes et Allah...

 

   Alors quel est l'intérêt de maintenir la fête de la Toussaint, surtout dans un monde où les religions reculent ou se mêlent dans les mêmes pays ? ...Il n'y a plus que l'intérêt d'accorder des vacances aux écoliers, ainsi qu'à leurs parents et à tous ceux qui ont la possibilité d'en prendre ...La fête des morts, par contre, pourrait continuer à justifier un congé, mais la notion de vacances est-elle compatible avec le respect des morts ?...

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 23:53

   Il est évident que l'élection d'un nouveau Pape à la tête de l'Eglise a dépassé largement l'audience déjà considérable de 1 milliard 200 millions de catholiques, et d'ailleurs elle a été saluée par un grand nombre de Chefs d'Etat et de Gouvernement de toutes obédiences...

 

   Il est évident aussi que l'élection d'un Cardinal argentin, Jorge Mario Bergoglio, a constitué une surprise considérable, car il ne figurait pas, après la démission du Pape Benoît XVI, dans le premier cercle de ce qu'il est convenu d'appeler en italien les "papabiles", ni même dans le second cercle de ce que les anglais nomment les "outsiders"...

 

   Il est évident encore que le choix du nom de François, pour la première fois dans l'histoire de la Papauté, par ce Cardinal, marque la volonté d'accorder une priorité absolue à la lutte contre la pauvreté, en souvenir du moine Saint François d'Assise - le "Povorello" - au 13ème siècle, action certes pratiquée par ses prédécesseurs, mais sans lui donner la priorité avant la "mission pastorale" pour le Pape Jean-Paul II, et la "doctrine de la Foi" pour le Pape Benoît XVI...

 

   Il est évident enfin que l'élection d'u Pape, issu non pas de l'Europe mais de l'Amérique latine, est l'illustration d'un changement d'équilibre dans la répartition des catholiques qui sont désormais plus nombreux dans le "nouveau" continent que dans "l'ancien" en raison du recul de l'Eglise dans ce dernier ...Le nouveau Pape François l'a d'ailleurs souligné avec humour en se présentant comme "venu du bout du monde"...

 

   Ceci dit, le choix du Pape François appartient déjà au passé, et la question est de savoir comment il va faire face aux problèmes posés par l'Eglise elle-même, et à travers celle-ci, à ceux d'un monde plus que jamais traversés de conflits sans cesse renaissants :

 

   - Il lui faut d'abord réformer la Curie, c'est-à-dire le "gouvernement" de l'Eglise qui, en raison du désintérêt de ses prédécesseurs, a donné lieu à des "affaires" financières (la Banque Vaticane) et morales (pédophilie) ...Et "faire le ménage" ne sera pas une opération facile en raison des situations acquises par certains "hiérarques" éloignés des réalités du terrain,...même si lui-même, depuis qu'il a été nommé cardinal en 2001 par le Pape Jean-Paul III, est devenu un familier de la Curie...

 

   - Il lui faut parallèlement ouvrir davantage la Papauté au monde qui ne cesse de changer ...On n'est plus au temps du Pape Jean-Paul II, encore centré sur l'Europe, où celui-ci avait contribué à la chute du "rideau de fer" par son fameux "N'ayez pas peur" ...Maintenant le Pape François va être confronté aux difficultés du monde entier : d'abord dans son pays d'origine, l'Argentine, où il a déjà dû combattre des sectes évangéliques et des "narco-trafiquants", ...mais aussi en Afrique et en Asie où se développe un fondamentalisme musulman ayant déjà suscité des pogroms contre les chrétiens...

 

   - Il lui faut avoir les moyens de mener une action efficace ...Or l'Eglise traverse une crise des vocations, déjà patente en Europe en raison d'un recul de l'esprit de solidarité et de la montée des égoïsmes, en dépit des efforts isolés d'associations caritatives (Emmaüs) ...et ceci pose des problèmes pratiques : sera -t-il nécessaire de lever l'interdiction du mariage des prêtres, à l'instar des "popes" de l'Eglise orthodoxe ...et même d'aller plus loin en confiant davantage de tâches aux "diacres" et "laïcs" ? ...Quelle place réserver aux femmes, marginalisées depuis l'Antiquité, alors qu'elles avaient un rôle important dans les premières communauté chrétiennes ?...

 

   Tâche écrasante, mais certainement pas insurmontable ...L'homme, né le 17 décembre 1936, mais manifestement "en possession de ses moyens" tant physiques qu'intellectuels, ce que redoutait de perdre son prédécesseur Benoît XVI en ayant tiré argument pour démissionner ...Il a fait des études polyvalentes : technicien chimiste, philosophie, théologie ...Il est polyglotte ...Il a, comme on dit, "gravi tous les échelons" de l'Eglise avant de devenir Pape : prêtre, évêque, archevêque de Buenos-Aires, cardinal et Primat d'Argentine, membre du Conseil épiscopal latino-américain ...C'est donc, suivant la formule familière, une "pointure", même si lui-même se veut humble et modeste ...Seul problème grave, auquel il a néanmoins fait face depuis près de 50 ans, il vit avec un seul poumon depuis une opération chirurgicale à l'âge de 20 ans ...Chacun, fût-il Pape, traîne son boulet ...Mais, selon le proverbe, "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir" ...et, de l'espérance, il y en a besoin, dans un monde qui en manque cruellement...

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 14:57

   L'Eglise Catholique a perdu beaucoup de son importance au cours du 20ème siècle pour les raisons concomitantes de la baisse du sentiment religieux et des évènements tragiques qui ont contribué à effacer l'idée d'une grâce divine, qu'il s'agisse des deux guerres mondiales ou des conflits divers issus de la décolonisation ou de la démocratisation ...Néanmoins, il n'est pas possible, même pour un agnostique, un athée et à fortiori un membre d'une autre religion, de minimiser la démission du Pape Benoît XVI, jusqu'à présent encore le dernier "monarque absolu" de la Terre (Souverain Pontife ...) et chef, à ce titre, d'environ  milliard de "croyants", même si ceux-ci ne sont pas tous des "pratiquants" ...Et ceci d'autant moins que cette démission est un fait unique dans l'histoire de l'Eglise Catholique - hormis le précédent d'ailleurs contesté de Célestin V au 13ème siècle - et qu'elle pose en urgence le problème de la succession, en raison de l'évolution du monde faisant qu'il ne peut pas être un simple remplacement de personne...

 

   Ce n'est donc pas par hasard que le journaliste Jean Boissonnat, dont les interventions deviennent exceptionnelles, évoque la situation de la Papauté au 21ème siècle, dans son éditorial du 27 février 2013 du journal Ouest-France :

 

 

Editorial

mercredi 27 février 2013

Pape au XXIe siècle

Le prochain pape inaugurera une structure nouvelle de l'Église catholique. Le retrait de Benoît XVI modifie profondément le fonctionnement de celle-ci. Ce n'est pas la première fois que cela se produit. Le gouvernement de l'Église a déjà subi dans le passé des transformations profondes au gré de l'évolution de l'histoire politique, des mentalités et des relations sociales.

Quoi de commun entre les premiers évêques de Rome, perdus comme des membres d'une petite secte juive, dans la puissante capitale d'un empire ; puis les papes fragiles dans une ville dépeuplée par les invasions barbares ; ensuite, d'autres papes investis de la puissance temporelle, au gré de vives querelles entre princes chrétiens ou familles romaines ; enfin, depuis la fin du XIXe siècle, des papes dépouillés de leurs terres et de leurs armées, ramenés à leur puissance spirituelle ?

Certes, à travers toutes ces vicissitudes historiques, la mission majeure des successeurs de Pierre n'a pas changé : veiller à la communion des chrétiens autour du message de Jésus. Mais les modalités d'exercice de cette mission ne peuvent pas être indifférentes aux évolutions de la société. On ne gouverne pas l'Église du XXIe siècle, forte de plus d'un milliard de croyants, répartis avec de fortes variations, dans tous les continents, participants à une grande diversité de cultures, comme on a gouverné l'Église des siècles précédents.

Ce sera le grand mérite de Benoît XVI de l'avoir compris et d'en avoir tiré les conséquences. Tous ceux qui ont approché Jean-Paul II, dans les dernières années de sa vie, ne peuvent cacher le malaise qu'ils ressentaient en le voyant aussi affaibli, même s'ils saluaient son courage et son désintéressement.

Moderniser l'institution

Certes, l'Église n'est pas qu'une institution, c'est d'abord la communion des croyants ; mais c'est aussi une institution. Son organisation doit tenir compte des spécificités du monde moderne. Tel est l'un des messages que Benoît XVI laisse à ses successeurs. Ceux-ci devront décider si cela implique un âge limite au-delà duquel on se retire, comme c'est le cas pour les évêques (75 ans) ou pour les électeurs du pape (80 ans). Ou bien si l'option reste libre pour le détenteur de la fonction.

Bien d'autres modalités du gouvernement de l'Église devront être précisées : faut-il décentraliser le gouvernement en rétablissant des patriarcats par grandes contrées ? Alléger les administrations romaines ? Installer auprès du pape une sorte de Premier ministre qui pourrait, notamment, rompre plus vite et plus clairement avec certaines dérives financières ou sexuelles qui ont assombri la fin du mandat de Benoit XVI alors que celui-ci les condamnait sans doute plus fortement que son prédécesseur ?

Plus profondément, les catholiques devront s'interroger sur le rôle des laïcs dans le fonctionnement de l'Église, la promotion de la femme dans les missions apostoliques (en commençant par le diaconat), les relations avec les autres confessions chrétiennes....

Le geste de Benoît XVI ouvre ainsi l'avenir. Il est prophétique. Dans un monde de plus en plus matérialiste et individualiste, ce pape nous aura aussi stimulés en nous demandant si souvent de réfléchir aux rapports entre la foi et la raison, entre la vérité et la liberté. Merci.

Jean Boissonnat
     Le temps n'est plus en effet où l'Eglise Catholique faisait plus ou moins la "loi" dans une grande partie du monde, et où la "foi" primait la "raison" en dépit des progrès de la philosophie et de la science ...Et, même si l'Eglise Catholique a déjà fait son "aggiornamento" avec le Concile Vatican II en 1962, il semble qu'une nouvelle étape va maintenant être franchie, notamment dans le gouvernement de l'institution, le Pape Benoît XVI, conscient des problèmes - parfois vils - ayant peut-être démissionné parce qu'il considérait avec clairvoyance ne plus avoir une force suffisante pour les affronter ...La Liberté ? Que de vérités, mais aussi d'erreurs,  les hommes ont manifestées en ton nom ?...
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 00:53

   Le christianisme est fondé sur un texte fondamental connu sous le nom latin de "Credo" :

   Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du Ciel et de la Terre, - et en Jésus-Christ, son fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, - a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, - est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, - est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, -d'où il viendra juger les vovants et les morts, - je crois au Saint-Esprit, - à la sainte Eglise catholique, - à la communion des Saints, - à la rémission des péchés, - à la résurrection de la chair, - à la vie éternelle, - Ainsi-soit-il.

  

   Il en ressort d'abord qu'il s'agit d'une "croyance", c'est-à-dire de l'affirmation d'une transcendance échappant à la raison humaine et qualifiée d'ailleurs de "mystère" par les chrétiens ...Mais il en ressort aussi que cette transcendance repose sur la notion de "Trinité" qui, dans les divers courants du christianisme - catholicisme, orthodoxie, protestantisme, évangélisme - désigne "un Dieu unique en trois personnes ou hypostases, égales et participant à la même essence", c'est-à-dire "consubstantielles" : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

 

   Cette définition de la Trinité pose deux questions ...essentielles :

 

   - D'une part, sur le plan théologique, il est difficile d'admettre, même en admettant la notion de mystère, comment Dieu, s'il est "unique" et donc "tout" peut se "diviser" ...Cette dichotomie n'a d'ailleurs pas été acceptée par les autres religions "monothéistes" : le judaïsme, dont le christianisme est issu, et qui ne reconnaît "qu'un" Dieu, auquel il ne donne pas de nom - Yaveh ("celui qui est")  et Elohim ("Seigneur") n'étant que des qualificatifs - ...et l'Islamisme, ne reconnaissant qu'Allah, le Tout-Puissant ayant dicté le Coran à Mahomet qui, même reconnu comme prophète, est resté un homme...

 

   - D'autre part, sur le plan historique, il faut constater que la Trinité n'apparaît pas lors des débuts du christianisme. Certes, dans le Nouveau Testament, et notamment dans les Evangiles, il est question du "Père" et du "Fils" - par exemple quand Jésus supplie Dieu sur la croix (Eli, Eli, lama sabachtani : Pourquoi m'as-tu abandonné?) - mais c'est une tradition juive  de désigner ainsi Dieu et les hommes ...Jésus lui-même ne se proclame ni Dieu, ni Fils de Dieu, ni même Messie, ne parlant de lui-même que comme "Fils de l'Homme"...Quant au Saint-Esprit, il est invoqué comme l'envoyé ou le souffle de Dieu qui a déjà inspiré les Prophètes ...

 

   En fait, la notion de Trinité n'apparaît qu'à partir du 3ème siècle après ...Jésus-Christ...Elle n'est d'ailleurs pas originale dans l'histoire religieuse du Moyen-Orient, où les"triades" ont déjà existé - comme Osiris, Isis et Horus dans l'Egypte antique, ou dans la philosophie grecque ...Et elle ne se dégage dans la "Chrétienté" que progressivement, après maintes controverses... En effet, c'est d'abord la notion d'un "Dieu unique", comme pour les Juifs, qui semble l'emporter, en particulier avec l'évêque d'Alexandrie Arius (280-336) qui refuse de considérer Jésus comme "l'égal" de Dieu, et ceci d'autant plus qu'il bénéficie d'abord de la protection de l'Empereur Constantin qui, en faisant du christianisme la religion de l'Empire romain , s'accommode d'un Dieu unique, dont il serait le représentant sur Terre ...et ne se rallie à la notion de Trinité que dans la mesure où celle-ci l'emporte au Concile de Nicée (325) qu'il a lui-même convoqué pour mettre fin aux conflits religieux : c'est ainsi que le "Credo" est rédigé par ce Concile, sous une forme plus complexe que le Credo actuel, qui en résume l'essentiel ...

 

   Pour autant, la Trinité ou plutôt le "Trinitarisme" ne l'emporte pas facilement ...D'abord l'arianisme persiste dans certaines régions de l'Empire, et il se répand parmi les "Barbares" - notamment les Goths" -  qui détruiront230px-Trinidad_El_Greco2.jpg l'Empire d'Occident deux siècles plus tard ... Le dogme trinitaire ne se généralisera  autour de la Méditerranée qu'au 6ème siècle, grâce à l'action de la Papauté, aidée par les conquêtes du Roi Franc Clovis, baptisé par l'évêque Rémi à Reims (496) selon le dogme nicéen ...Mais, comme un hydre ...à trois têtes, des "hérésies" anti-trinitaires ne cessent pas de réapparaître : entre autres, le "subordinatisme" où le Fils et le Saint-Esprit sont de nature inférieure au Père, ...le "nestorianisme", du nom de Nestor, Patriarche de Constantinople, pour qui Jésus est seulement une personne humaine habitée par Dieu, ...le "monophysisme", pour lequel au contraire la nature divine a absorbé la nature humaine, ...le "monothélisme", reconnaissant à Jésus les deux natures - divine et humaine - mais sous la seule volonté divine, ...les "pneumatomaques" (sic) niant la divinité du Saint-Esprit ... Et, plus tard, le schisme orthodoxe sera provoqué en 1054 non seulement par le refus du Patriarche de Constantinople d'accepter la suprématie de la Papauté ...mais aussi par  le dogme de celle-ci considérant que le Saint-Esprit "procédait à la fois du Père et du Fils" et non pas directement du Père (Querelle du "Filioque" ("que"=et) ...Il y aura encore le "catharisme", sorte de retour à l'arianisme, avec une influence manichéiste opposant le Bien et le Mal..., qui donnera lieu la "Croisade des Albigeois" (1209) ...Puis, au 16ème siècle, ..."l'anti-trinitarisme" en Pologne, niant toute divinité à Jésus et au Saint-Esprit ...Manifestement, un courant hostile à la notion même de Trinité traverse les siècles, et il subsiste encore dans des sectes plus ou moins obscures ...

 

   Ainsi donc, il faut convenir que, même si Dieu existe dans une transcendance dépassant les hommes, la Trinité n'est que l'affaire des hommes...

 

Bibliographie : Frédéric Lenoir - Comment Jésus est devenu Dieu - Ed.Fayard - Mars 2010

 

Illustration : La Trinité par Le Gréco

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 23:00

   L'homme créateur de Dieu ?...Pour un croyant, ce ne peut être qu'un blasphème ...Et pour un incroyant, un non-sens ...Et pourtant, l'histoire montre que la notion de Dieu n'est pas une révélation faite à l'homme, mais le résultat d'une longue réflexion de l'homme sur sa place dans le monde...

 

   "Au commencement était le Verbe ...et le Verbe était Dieu ...Tout fut par lui, et,Creation-de-l-homme---Michel-Ange.png sans lui, rien ne fut", dit Saint Jean dans son Evangile (I-1 à 3), reprenant le thème de la création du monde par Dieu dans la Genèse, notamment la création de l'homme "à son image" (I-1 à 27) ...Mais chacun sait que cette affirmation naguère incontestable n'est plus que le symbole de la foi en une "puissance supérieure" ...Car les progrès de la science ont montré que l'homme n'est qu'un rameau dans l'évolution des espèces, un rameau singulier qui a pris conscience de l'existence du monde et n'a jamais cessé d'en chercher la raison d'être...

 

   Dès la Préhistoire, apparaissent des manifestations d'une croyance en une "transcendance", à en juger par les peintures rupestres représentant des forces de la nature auxquelles l'homme était alors confronté, comme les lions et les taureaux ...Ce n'est pas par hasard qu'au seuil de l'Histoire au 2ème millénaire av.JC ceux-ci donnent lieu en Crète à la mythologie du Minotaure .. De même, le dépôt d'objets dans des sépultures remontant à près de 100.000 ans près de ...Nazareth - un site prédestiné ...- révèle le souci d'un "au-delà après la mort" ...Il est donc vraisemblable qu'il y a eu alors, sinon une religion, du moins une religiosité se traduisant dans des cultes primitifs ressemblant au "chamanisme" encore pratiqué actuellement dans des lieux reculés de l'Afrique, de l'Amérique ou de l'Asie...

 

   Mais ces cultes primitifs se sont progressivement structurés en parallèle avec l'organisation des sociétés résultant de la sédentarisation, notamment dans le Proche-Orient souvent considéré comme "la terre bénie des dieux" ...Dans la Mésopotamie, apparaissent en effet des "dieux", généralement tutélaires des cités comme Ishtar à Ourouk ou Mardouk à Babylone ...et généralement entourés d'une pléiade de dieux secondaires, à l'image des rois et de leur cour ...De même en Egypte, où cohabitent de nombreux dieux à forme animalière - comme le chacal Anubis - ou humaine - comme Isis et Osiris - ou encore mixte commer Horus à tête de faucon ...sous la domination du dieu suprême Amon-Râ, dont le pharaon est le représentant sur terre ...Car le "polythéisme" issu de la diversité des forces de la nature n'est pas exempt d'une hiérarchie, à l'image de celle des hommes...

 

   Et cette hiérarchie conduit au ..."monothéisme" ...C'est le cas en Egypte, avec l'exemple célèbre d'Akhénaton, le pharaon qui, au 14ème siècle av.JC, instaura le culte unique d'Aton, le Dieu solaire, innovation alors extraordinaire et d'ailleurs sans lendemain, du moins en Egypte ...Car un petit peuple aux confins de l'actuelle Arabie - celui des Hébreux-  imposa aussi et de façon durable le culte d'un seul Dieu - Yaveh - qui élimina celui d'autres dieux concurrents comme Bethel, ShadaÏ ou la déesse Ashera ...dieux auxquels la Genèse fait allusion implicitement quand elle prête à Yaveh le reproche à Adam qui a goûté au fruit défendu de l'arbre de la Connaissance :"Voici qu'Adam est comme l'un de nous pour connaître le Bien et le Mal" (I-22) ...Et, plus tard, il en est de même du christianisme qui, certes, reconnaît la puissance souveraine d'un seul Dieu ...mais le divise en trois entités - le Père, le Fils et le Saint-Esprit  formant la "Trinité" ...et a laissé par ailleurs se développer le culte de la Vierge Marie ...et de tous les saints ...Quant à l'islamisme, même s'il affirme l'unicité de Dieu dans son essence - Allah - il le désigne sous 99 adjectifs et laisse subsister la croyance aux anges et archanges - dont Gabriel ayant dicté le Coran - ainsi qu'aux "djinns" ...

 

   Car, finalement, le polythéisme et le monothéisme ne sont jamais éloignés l'un de l'autre, au point de se confondre ... comme si Dieu était à la fois "un" et "multiple" ...En fait, il paraît évident que l'homme, d'une civilisation à une autre, a toujours créé le ou les Dieu(x) qui lui conviennent ...Et il ne s'agit pas seulement d'un comportement "collectif", puisque la croyance, même inspirée par le "groupe", ne peut être qu'individuelle à la base ...L'évolution du sentiment religieux montre d'ailleurs que, de plus en plus, au "culte commun" qui rassemblait naguère les croyants dans des édifices consacrés, se substitue une "aspiration personnelle" où chacun conçoit le Dieu qui lui convient ...

 

   Est-ce à dire que chaque homme crée Dieu ?...

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 14:07
   Pour le commun des mortels - du moins en "Occident" - le 6 janvier est le jour de la "Galette des Rois", où même les Républicains les plus fervents cherchent la "fève" leur permettant d'arborer une "couronne"...

   Beaucoup moins de gens savent que le 6 janvier est la fête de "l'Epiphanie", c'est-à-dire de "l'Apparition" ...Quelle Apparition ?...Celle d'une étoile qui se serait levée "à l'est" lors de la naissance de Jésus et aurait ainsi averti les "Mages" qui seraient alors venus se prosterner devant son berceau et lui auraient offert l'or, l'encens et la myrrhe, symboles de sa puissance divine... Tel est le récit de Saint Matthieu (Ch.2-1/12), le seul évangéliste à avoir évoqué cette histoire...

  Mais l'histoire ne s'arrête pas là ...Elle va même donner lieu, à travers les siècles et notamment au Moyen-Age, à une grande ferveur populaire, qui se traduit par un "enrichissement", les Mages devenant des "Rois Mages"  - auxquels on donne des noms , Balthazar, Melchior et Gaspard - ...et un culte leur étant même réservé, puisque leurs reliques supposées ont été transférées de Milan à Cologne en 1164 ! ... Quant à la date du 6 janvier, elle se justifierait par l'écart initial de 12 jours à partir de Noël (Natalis Dies)  entre le calendrier lunaire, d'abord en usage
, et le calendrier solaire introduit le 15 octobre 1582 par le Pape Grégoire XIII... Si on ajoute les bergers, les premiers avertis selon l'évangéliste Saint Luc, ...et le boeuf et l'âne, introduits pas des Evangiles apocryphes, on a tous les "partenaires" encore présents maintenant dans la "crèche" autour  de Joseph, de Marie ...et de l'enfant Jésus...

   L'histoire est jolie, et même attendrissante ...Mais ce n'est qu'une légende ...Certes, les "mages" ont existé en Orient pendant l'Antiquité, et le mot désignait alors les astrologues des Empires de Babylone, d'Assyrie et de Perse, qui jouissaient d'une grande réputation dans la mesure où ils apportaient une explication aux événements du monde ...Ils sont même évoqués dans l'Ancien Testament des Juifs, qui ironisent sur leur incapacité à expliquer les songes du Pharaon d'Egypte (Daniel Ch.2-10) ...Mais les "mages" n'étaient pas alors des "rois", et d'ailleurs les représentations les plus anciennes les montrent coiffés  ...d'un "bonnet phrygien", à l'instar des prêtres de Mithra en Perse, ...ce qui n'empêchera pas bien plus tard les Révolutionnaires de 1789 d'en faire paradoxalement l'emblème de la ...république...En fait, le "couronnement des mages" semble avoir été pour l'Eglise une transposition des "nations païennes venant s'incliner devant Jésus", autrement dit du "paganisme" s'effaçant devant le "christianisme"...mais aussi une transposition des "rois" - c'est-à-dire du "pouvoir temporel" - se subordonnant au "pouvoir spirituel" de l'Eglise, incarné par la Papauté... Rois Mages - Bonnet Phrygien.Rois Mages - Couronne - Albrecht Altdorfer 006-copie-1

   Histoire de chrétiens, diront certains ...Mais s'ils sont agnostiques, ils pourront toujours se souvenir que la fève dans le gâteau est un rite remontant à l'Antiquité et ayant agrémenté jusqu'au Moyen-Age de nombreuses fêtes avant de se limiter à la "fête des rois" ...et se contenter d'une galette, avec l'espoir d'être "roi", ce qui n'est pas ...sorcier !...

Bibliographie :
- Monde de la Bible - Hors-série Hiver 2009 - Les Rois Mages
- Journal La Croix - 2 et 3 janvier 2010 - Page 12 Les Rois Mages
-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rois_mages 
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Galette_des_Rois


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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 23:38

   Ainsi donc, les médias, toujours en quête de "sensationnel", reprennent un thème religieux ...et, après cette histoire ridicule de minarets de l'Islam, voilà qu'ils font tout un plat de la "béatification" de Pie XII, qui fut pape de 1939 à 1958, c'est-à-dire dans une période difficile marquée par la 2ème Guerre mondiale et la Guerre Froide, où il convient pourtant de faire preuve de circonspection...

   Pie XII ...un Saint ?...Et alors ?...La "Sainteté" est une affaire typiquement chrétienne consistant pour l'Eglise à proclamer "l'héroïcité des vertus" - c'est-à-dire le caractère exemplaire de la vie de certaines personnes en application de l'enseignement de Jésus-Christ, et évidemment l'Eglise est seule maîtresse et responsable de ses décisions ...Celles-ci ont certes été parfois contestables, notamment la béatification de certains personnages historiques comme ...Charlemagne, Louis IX (Saint-Louis) ...ou même Jeanne d'arc, et il y a d'ailleurs de nombreux "Sain
ts" qui ont été finalement retirés du calendrier ... Pour cette raison, l'Eglise a établi une procédure rigoureuse contrôlée par une "Congrégation de la cause des Saints" et comportant des étapes : un bon "serviteur de Dieu" est d'abord proclamé "vénérable" ...Et il ne devient "bienheureux" que lorsqu'un miracle  est attribué officiellement à son intercession ...Ensuite, il il ne sera "canonisé", c'est-à-dire reconnu "saint" que si un nouveau miracle lui est attribué ...Et finalement la décision ultime ne peut être prise que par la Pape en activité...

   Dans le cas de Pie XII, le décret pris par l'actuel Pape Benoît XVI se limite à le déclarer "vénérable", en même temps que son prédécesseur Jean-Paul II ...Et cette simultanéité est déjà intéressante ...Car la procédure a été manifestement accélérée pour Jean-Paul II , pour qui la foule a scandé "santo subito" lors de ses obsèques sur la Place Saint-Pierre en 2005...alors que la procédure de béatification de Pie XII a été ouverte en 1965 - soit depuis 45 ans - à la demande du Pape Paul VI... , son successeur Jean-Paul II, dont le charisme aurait pu permettre de hâter la procédure, s'étant contenté de créer en 1999 une Commission Internationale de 6 historiens chrétiens ...et juifs, pour examiner les archives de la Secrétairerie d'Etat du pontificat de Pie XII ...Il y avait donc un problème...

   Quel problème ?...Pour essayer de le comprendre, il faut évoquer ce pontificat de Pie XII, dans son contexte historique, c'est-à-dire en évitant de le rapporter au contexte actuel, qui a été profondément modifié, non seulement dans le monde - avec la disparition successive des régimes totalitaires - nazisme et comminisme - contemporains de Pie XII , mais aussi dans l'Eglise elle-même avec l'ouverture oecuménique du Concile Vatican II (1962-1965) ...Il apparaît d'abors qu'Eugénio Paccelli, né à Rome en 1876, appartient à une grande famille de la "noblesse d'Eglise italienne", son grand-père ayant été un des fondateurs du journal "L'Osservatore Romano" et membre de la Secrétairerie d'Etat du Pape Pie IX, ...et son frère ayant été un des négociateurs des Accords de Latran en 1929 ...Même si cette origine n'a rien de rédhibitoire, elle ne le prédispose pas à une ferveur populaire, comme ce sera le cas pour Jean XXXIII, son successeur direct ...et Jean-Paul II  ...et ceci d'autant moins qu'il a un caractère très réservé peu propice à une activité pastorale.. Ordonné prêtre en 1899, il fait une carrière de "monsignore" de l'Eglise, entrant dès 1901 à la Secrétairerie d'Etat des Relations internationales, dont il devient le responsable dès 1914, à 38 ans ...Il est ensuite nommé nonce en Bavière en 1917, puis à Berlin en 1920, et il conservera de son séjour un goût prononcé pour la langue et la civilisation de l'Allemagne, ainsi que le souci constant d'y défendre la communauté catholique ...C'est à ce titre que, devenu le collaborateur direct du Pape Pie XI,, il signe en 1933 un Concordat avec un certain Adolf Hitler, devenu Chancelier du Reich, et qu'il protestera à de nombreuses reprises contre sa non-application, évoquant même "cette grande et noble nation que de mauvais bergers égarent sur les chemins dévoyés de l'idéologie de la race" ...Il est donc conscient de la perversité du nazisme, et il le condamne d'ailleurs comme rédacteur de l'Encyclique "Mit Brennender Sorge" en 1937...Elu Pape en 1938, et en raison du prestige encore très grand de l'Eglise à cette époque, au delà des milieux religieux, il aurait pu alors se dresser contre les exactions déjà commises en Allemagne au dépens des adversaires du nazisme - socialistes, libéraux ...et même catholiques - ainsi que contre les juifs, considérés comme une "race inférieure" et déjà persécutés et rassemblés dans des camps de concentration ..., comme le fera plus tard Jean-Paul II en contribuant à la chute du communisme dans l'Europe orientale par sa célèbre invocation "N'ayez pas peur !"...

   Mais Pie XII n'en fait rien ... et ne publie même pas l'encyclique "Mit Brennender Sorge"...
Informé par ses correspondants ainsi que par les Alliés et la Croix Rouge, il dénonce certes en 1942 la "destination à la mort de milliers de personnes en raison de leur nationalité et de leur race", car les nazis sont alors passés des "camps de concentration" aux "camps d'extermination" - à l'exemple d'Auschwitz-Birkenau - la "solution finale" !... Néanmoins, il ne prend aucune initiative internationale, et son action se limite à héberger des fugitifs - notamment des juifs - ou à faciliter leur émigration vers des pays neutres  ou lointains, comme les pays d'Amérique latine ...En fait, il ne veut manifestement pas provoquer Adolf Hitler, qui a étendu alors son emprise sur une grande partie de l'Europe, et il craint une répression contre les catholiques, surtout en Allemagne ...Il est également vraisemlblable que, comme beaucoup de dirigeants européens à l'époque, il voit en ce dictateur un "moindre mal" faisant rempart contre l'Union Soviétique ...qui représente "l'Antechrist" pour beaucoup de catholiques... 

   D'autre part, même s'il condamne sans détour l'antisémitisme, comme tout autre discrimination, il parle des juifs comme "le peuple autrefois choisi par Dieu" , ce qui signifie qu'il se pose encore comme l'héritier de la tradition chrétienne faisant des juifs le "peuple déicide" (à l'égard de Jésus-Christ) et considérant l'Eglise comme le "Nouvel Israël", -tradition abandonnée seulement par le Concile Vatican II en 1965 ...mais encore vivace à la mort de Pie XII en 1958, où il laisse alors le souvenir d'un pape respectable, y compris auprès des juifs...

  Pie XII et Hitler C'est après sa mort que la polémique est née sur son "silence coupable" , lorsque la "Shoah", d'abord peu connue,  apparut dans son abominable énormité avec plus de 5 millions de juifs exterminés, dont 3 millions issus de Pologne ...sans qu'il y ait eu de solennelle mise en garde de Pie XII, qui reste jusqu'au bout soucieux de préserver une position de "médiateur" ...et n'intervient même pas contre la déportation de juifs de Rome, quand Mussolini - qui s'en était abstenu, est renversé et Rome occupée par les Allemands...
On comprend mieux la longue hésitation de l'Eglise pour la béatification de Pie XII ...et le mécontentement des milieux juifs à la nouvelle du Décret du Pape Benoît XVI - un allemand et ancien admirateur de Pie XII qui se soucie peut-être de réaliser cette béatification avant sa propre fin ...Il se justifie en affirmant que les Archives pontificales ont révélé l'inconsistance des critiques contre Pie XII ...Mais, puisque la "Sainteté" est liée pour l'Eglise à "l'héroïcité",  et que l'héroîsme consiste à faire preuve d'un courage exceptionnel devant un danger, la béatification de Pie XII ne va pas de soi ...

Bibliographie :
- Journal La Croix du lundi 21 Décembre 2009
- John Cornwell - Le Pape et Hitler - L'histoire secrète de Pie XII -Ed.Albin Michel 1999
- Wikipédia - Liste des Papes de la fin du 19° s au début du 21°s : Léon XIII 1878-1903 - Pie X 1903-1914 - Benoît XV 1914-1922 - Pie XI 1922-1939 - Pie XII 1939-1958 - Jean XXIII 1958-1963 - Paul VI 1963-1978 - Jean-Paul 1° 1978-1978 - Jean-Paul II 1978-2005 - Benoït XVI - 2005-...

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:55

   Au commencement, Dieu ...créa le Ciel ...et la Terre ...selon la Genèse, premier livre de la Bible ...Donc la première oeuvre de Dieu est l'Univers et, dans cet univers, il sépare la Lumière de la Nuit ..."Fiat Lux"...Et ce fut le premier jour ...Et ainsi de suite ...jusqu'au sixième jour où il créa l'homme "à son image" ...Mais ce récit de la Création n'est pas sans poser des problèmes ...D'abord la Genèse n'est pas le premier texte de la Bible, même s'il a été placé en son début, puisque les Hébreux ont fait remonter l'origine de leur histoire à l'Exode, c'est-à-dire au texte suivant qu'ils ont attribué a Moïse (13ème siècle avant JC) ...et que la Genèse n'a été écrite que beaucoup plus tard, à partir de l'exil à Babylone (la Tour de Babel...8ème siècle avant JC), les rédacteurs ayant voulu montrer la puissance de leur Dieu en lui attribuant la Création du monde sur le modèle des anciens récits de la Mésopotamie, notamment la légende des 7 jours et le Déluge ...L'explication de la Création du monde est donc tardive ...et, de sucrcroît, elle est peu cohérente ...Car ,même en admettant que la notion de "jour" est symbolique et traduit en fait des "étapes dans le Temps", elle n'est pas très logique : la "Lumière" a été créée le 1er jour alors que les     "luminaires" (Soleil et Lune...) n'apparaissent qu'au 4ème jour ...Et surtout l'homme est créé le 6ème jour "à l'image de Dieu" alors que celui-ci, selon les Hébreux eux-mêmes, "n'a pas d'image", s'étant contenté de répondre à la question de Moïse sur son identité : "Je suis" (Yahvé = celui qui est) ...ce qui explique que les Hébreux devenus les Juifs ne le représente jamais autrement que par un "Doigt" pointé vers le bas (les hommes) ou un "Oeil" (le regard divin) ...Mais ce qui n'a pas empêché le développement de toute une iconographie dans l'Eglise chrétienne , où Dieu apparaît  le plus souvent comme un vieillard barbu (le Père) ...c'est-à-dire qu'il est représenté ..."à l'image des hommes"...Ainsi des philosophes ont pu en déduire que Dieu n'est finalement que la création de l'homme...

   De toutes façons, la  conception de la Création "originelle" imaginée pendant des millénaires s'est révélée au 19ème siècle inconciliable avec la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces démontrant que les êtres vivants, à la différence des choses inanimées, n'ont cessé de se transformer ...de la bactérie ...à l'homme, qui a été ainsi déchu de sa place éminente et exceptionnelle puisqu'il ne serait qu'un des rameaux des hominidés, où d'ailleurs il n'a pas été le seul, puisque l'homme de Néandertal aurait précédé l'homme de Cromagnon dont est issu "l'homo sapiens", l'ancêtre de l'homme actuel, ...avant de disparaître ...Même en admettant le "doigt" de Dieu dans cette évolution, il faudrait reconnaître qu'il avait donc d'abord .."raté son coup" ...et qu'il a donc dû s'y reprendre " à deux fois"...On peut donc comprendre que cette théorie de l'évolution ait pu être combattue et qu'il y ait encore un courant "créationniste"...fidèle aux 7 jours, bien que l'Eglise, d'abord hostile, ait infléchi sa position en passant de la notion de "création originelle" à celle de la "création permanente" ("Créatio continua"), tout en préservant l'idée que l'homme n'est pas le simple produit de l'évolution, mais a bénéficié du "Souffle de Dieu", ce "Souffle" étant d'ailleurs lié à la conception de "l'âme" qui le distinguerait du reste de la Création...

  ...Conception aussi ancienne que l'homme car,  dès la Préhistoire, il y a un culte des morts, matérialisant  la croyance en un "état surnaturel" - autre que le corps - qui transcende la Création et justifie la "religion", de ses formes les plus primitives aux aspects les plus élaborés ...Ainsi l'homme est-il conduit - qu'il le veuille ou non - de la Création au mystère de la Fin des temps, du ..."Nirvana" ...au "Royaume de Dieu"...si ce n'est à l'Enfer !...Tout "être vivant" qu'il soit, l'homme est décidément ..."peu de ...chose" !...Amen !

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 00:02

   L'oecuménisme est d'actualité ...Non seulement le Pape Benoît XVI - en bon "théologien" - cherche à rapprocher les branches de la chrétienté qui se sont éloignées au cours des siècles du "catholicisme" -orthodoxie, protestantisme et divers intégrismes - et renoue au nom de Dieu des contacts avec les autres religions "monothéistes" reconnaissant l'Ancien Testament - judaïsme et islamisme -, ...mais il ne se passe pas de mois, voire de semaine,  où un journal ou une revue ne consacre un article et parfois son titre à "Dieu" ou à ses prophètes ...Moïse, Jésus, Mahomet, y associant même Bouddha, alors que celui-ci a été l'apôtre d'une religion sans ...Dieu ! ...(1)

   On pourrait donc s'attendre à ce que la "Fête-Dieu" - qui arrive cette année le dimanche 14 juin - soit la "Fête" de "Dieu", comme son étymologie le laisse "croire"...Or il n'en est rien, et la place de cette fête, qui pourrait être "éminente", est relativement limitée dans le calendrier liturgique ...D'abord, elle n'a été instituée que par les "catholiques", pour commémorer le sacrement de l'Eucharistie, c'est-à-dire de la "présence réelle" de Jésus-Christ dans l'hostie ...Et cette institution remonte non pas aux débuts du christianisme, avec les Conciles fondateurs de Nicée (325) et Chalcédoine (451), mais à une "Bulle" du Pape Urbain IV (1264) la dénommant alors Fête de "Corpus Domini" (Corps du Seigneur) ...Et elle est rejetée ensuite au 16ème siècle par la Réforme, notamment par Calvin niant la possibilité d'une "trans-substantiation" ...Sa célébration consiste essentiellement en une messe dite du "Saint-Sacrement", qui était suivie naguère d'une "Procession" permettant d'honorer en "grande pompe" l'Hostie sainte placée dans un "ostensoir" ...Cette Procession est désormais tombée en désuétude dans la plupart des pays, mais elle a néanmoins été reprise à Rome par le Pape Jean-Paul II en 1979 entre les Basiliques Saint-Jean de Latran et Sainte-Marie-Majeure...

   Pour autant, la "Fête-Dieu" n'est jamais apparue, et n'apparaît toujours pas, comme une fête majeure, à l'instar de Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte et Toussaint, qui sont d'ailleurs beaucoup plus fondées sur la vie de Jésus-Christ que sur Dieu lui-même, dans la mesure où il est possible de distinguer ainsi Jésus-Christ dans la Trinité ...divine ...Et pourtant, on ne cesse de répéter actuellement que ..."Dieu est de retour" ...Ainsi les journalistes de la très laïque Revue américaine "The Economist, qui avaient fait figurer Dieu en 2000 dans la rubrique nécrologique du 20ème siècle, suivant en cela la thèse de Nietszche et Freud, ont publié en avril 2009 un gros livre intitulé "God is back", devenu rapidement un "best-seller" (2)... Il y apparaît qu'après avoir cru en "l'Avenir de la Science" les hommes en reviennent à un "Besoin de Foi", ...car ils seraient des "animaux théotropiques" (sic) ayant jusque dans la constitution de leur cerveau le besoin de donner un "sens" à leur existence, autrement dit d'avoir le "pourquoi" au delà du "comment"...

   L'ennui est que ce "Retour à Dieu" ne se fait pas sans intolérance ...comme si Dieu ne devait être la propriété que d'une seule religion imposant sa "croyance" aux autres ...Au "fondamentalisme" musulman d'Al-Qaida a pu s'opposer "l'esprit de croisade" d'un évangéliste comme le Président Bush, avant que son successeur Obama n'ait la sagesse de prononcer le 4 juin 2009 un discours de conciliation ...Mais, malgré les Accords d'Oslo du 13 septembre 1993, un mur a pu s'élever entre les Israëliens et les Palestiniens ...Dieu, s'il existe, ne doit-il pas être "l'affaire de tous" ...et, s'il n'existe pas, l'homme est-il décidément incapable de se mettre à sa "hauteur" ?...

(1) Le Nouvel Observateur - "Socrate, Jésus, Bouddha" - 4 juin 2009

(2) La Croix - "Le retour de Dieu" - 11 juin 2009

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