Réflexions sur l'actualité en tous genres.
L'opinion courante - inspirée par le "scientisme" de la fin du 19° siècle, lui-même relayé par un enseignement laïc ennemi de toutes superstitions - a adopté depuis longtemps l'idée d'un progrès continu et linéaire de la médecine "classique" depuis l'Antiquité, au dépens de toutes les pratiques anciennes jugées irrationnelles et obsolètes... En fait, il n'en est rien, et l'histoire montre que le développement de la médecine a été chaotique "dans le temps et dans l'espace" : ainsi, une médecine déjà "classique" est en germe dans l'Egypte ancienne (cf: Le fabuleux héritage de l'Egypte de Ch. Desroches-Noblecourt) et se développe dans la civilsation gréco-romaine (cf: Hippocrate) avant de s'évanouir plus ou moins dans l'Europe du début du Moyen-Age, époque où elle est d'ailleurs en partie sauvegardée dans les brillants empires musulmans. De même, on a retrouvé la trace d'une médecine "classique" dans le Pérou des Incas avant le 16° siècle (trépanation) ainsi que d'un savoir important en Chine (notamment acupuncture). Il y a donc eu un jeu complexe depuis des siècles entre la médecine dite "classique" et des médecines dites "parallèles"...
Bien entendu, il n'est pas question de nier l'importance de la médecine classique; au contraire, il faut souligner ses progrès considérables depuis le 19° siècle, ayant contribué à l'éradication de graves maladies épidémiques (variole, tuberculose, peste...) et à une baisse généralisée de la mortalité. On en arrive même à des résultats étonnants, comme la reconstitution des tissus, ce qui ne va pas d'ailleurs sans poser des problèmes éthiques (ex: les cellules-souches)... Mais précisément, quand il s'agira par exemple des neurones, on peut s'interroger sur les limites de la médecine, là où commence "l'esprit" sous ses diverses formes ((conscience, mémoire, volonté, etc...). Or, c'est sur cette "marge" que se situent souvent aussi - au moins en partie - les médecines parallèles...
Pour ces médecines parallèles, il faut certes éliminer les cas de "charlatanisme" utilisant des procédés douteux (ex: luminothérapie ?!)... Mais il n'est pas possible d'en faire autant pour des médecines comme la psychiâtrie, la phytothérapie, ou l'homéopathie, entre autres... Si on prend le cas de l'homéopathie - la plus développée - il faut rappeler qu'elle repose sur la découverte de Hahnemann suivant laquelle on peut soigner par exemple un empoisonnement par un produit en administrant une dose infinitésimale du même produit. Cette pratique est critiquée mar les médecins classiques dits "allopathes" considérant que son efficacité n'est pas prouvée par l'expérience et que les patients réagissent en fait "par auto-suggestion" à des "placébos"...Le problème est que l'homéopathie a un caractère "personnel" et non "collectif", et qu'il est impossible de "faire des expériences"... Par ailleurs, comme les vétérinaires soignent parfois par l'homéopathie des chevaux de course, il est difficile de faire une panacée de l'auto-suggestion...
En conclusion, il est raisonnable d'admettre que les médecines - quelles qu'elles soient - ont des limites, et ne peuvent pas prétendre à "l'universalité"... Il serait donc souhaitable que toutes les médecines collaborent au lieu de s'opposer - voire de se combattre - et c'est d'ailleurs ce que font déjà des médecins avertis...