Et c'est reparti pour un tour !...Le Président Sarkozy, sortant une fois de plus des sentiers battus, a "osé" remettre en cause une décision du Conseil Constitutionnel refusant l'effet rétro-actif d'une loi sur la "rétention de sûreté"... Et aussitôt la "nomenklatura bien-pensante" a poussé des cris d'orfraie ...La République est plus que jamais en danger !...
Il faut rappeler les faits : Nicolas Sarkozy, encore candidat à l'élection présidentielle, avait promis lors de sa campagne de 2007 d'empêcher la récidive de la part des criminels ...Et le Parlement, aussi démocratiquement élu que lui-même, a voté une loi permettant de retenir dans des centres médico-judiciaires, au terme de leur peine, les criminels considérés comme restant dangereux après un examen de leur cas : ce texte avait évidemment une portée générale, afin de protéger "en tout temps et en tout lieu" les citoyens contre des individus "déviants", certains ne cachant même pas leur intention de recommencer, d'autres étant manifestement des "psychopathes" atteints de troubles de la personnalité et pouvant à tout instant repasser à l'acte criminel ...Et en l'occurrence, quoi de plus criminel que le viol parfois suivi d'un assassinat, acte horrible pour lequel il n'y a pas de nuance à apporter mais qui est particulièrement intolérable quand les victimes sont des êtres sans éfense comme les enfants !...
Or le Conseil Constitutionnel a approuvé en apparence la loi sur la "rétention de sûreté", mais l'a rendue pratiquement inefficace en rejetant la "rétro-activité"... Comme la peine minimale pour un tel crime est de 15 ans, cela signifie en effet que la loi s'appliquera "seulement" pour les "nouveaux" criminels en puissance à partir de 2008, donc pas avant 2023 !... Autant dire que d'ici là les violeurs pourront s'en donner "à coeur joie", s'il est permis de s'exprimer ainsi !...
Dans ces conditions, la réaction de Nicolas Sarkozy est ..."légitime", même si elle n'est pas ..."légale", du moins dans une interprétation littérale du "droit"...En effet, comme Président, il est assurément chargé de "veiller au respect de la Constitution"...Mais, conformément à celle-ci, il est également en charge de "la protection des citoyens" et donc de prendre ou d'initier des décisions en ce sens : c'est "justement" ce qu'il fait en demandant au Président de la Cour de Cassation d'étudier les moyens d'éviter dès maintenant les récidives ...Car les dispositions déjà en cours (bracelet de sécurité, interdiction de certaines activités, visite médicale...) sont insuffisantes, comme seront insupportables pour les "futures" victimes ...ou leur famille les statistiques affirmant que le taux de récidive est en baisse.
Finalement, il apparaît que le "Droit" ne saurait l'emporter sur les "Valeurs"... Et par conséquent - en cas de nécessité absolue, qui ne peut être qu'exceptionnelle - il peut être "juste" de ne pas appliquer le "Droit", voire de le transgresser : autrement dit, en un tel cas, mieux vaut un viol du droit que le viol des personnes !...
Au demeurant, si on élargit le problème à l'ensemble des activités humaines, on peut trouver des précédents historiques à une telle transgression :
- Dans l'Antiquité, la Bible des Hébreux avait élaboré une "Loi" qui était pour eux celle de Dieu, et qui prescrivait l'obligation du repos le 7ème jour, c'est-à-dire le Sabbat...mais cette obligation pouvait être transgressée si la "vie" - d'un individu ou de la communauté - était menacée. C'est à ce titre que les Israëliens n'ont pas hésité à mobiliser leurs soldats quand ils ont été attaqués le jour du Yom Kippour en 1973...
- Dans l'histoire contemporaine, et en France même, un Français n'a pas hésité en 1940 à transgresser la règle de l'obéissance militaire et à s'opposer à l'armistice conclu par un vieux Maréchal ...régulièrement investi par une Assemblée qui avait été celle du Front Populaire...Il l'avait fait pour "l'honneur" du pays...Ce Français était le Général De Gaulle...