En cette soirée des élections municipales 2008, même s'il convient d'attendre les résultats définitifs pour affiner l'analyse, il est clair que la "Gauche" a confirmé au 2ème tour sa progression du 1er tour - du moins dans les communes moyennes et importantes - compensant ainsi le recul parfois excessif qu'elle avait subi aux élections municipales 2001 ...Il y a donc un retour à l'équilibre qui est salutaire et même rassurant sur le plan "territorial"...
Il n'en est pas moins vrai que, sur le plan "temporel", les Français contredisent la progression de la "Droite" qui s'était traduite notamment par le succès incontestable de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de mai 2007, et ceci seulement après un délai de 10 mois... Certes, cette "inversion" doit être relativisée : d'abord, elle n'est le fait que d'environ 10 % de l'électorat, qui suffisent à faire la décision dans un sens, puis dans l'autre ...Ensuite, elle n'est qu'une "pratique" très habituelle depuis les débuts de la 5ème République, où tous les gouvernements de droite comme de gauche ont connu ce "choc en retour" dans l'année suivant leur installation ...dans la mesure où l'opinion trouve toujours que les promesses électorales, confrontées aux réalités du pouvoir, ne vont pas assez vite, ce qui est le cas actuellement, notamment pour le pouvoir d'achat... Enfin, il est certain que le "style" de Nicolas Sarkozy, comme Président, rompant avec une tradition "protocolaire" de sa fonction, a eu un effet "aggravant" en dérangeant les habitudes des Français, ce qui revient à dire - de façon humoristique - que la progression de la "Gauche" est due en partie ...à un certain "conservatisme" !
Est-il donc possible de remédier à cette "incohérence" ? ...La réponse est évidemment difficile, car ...s'il y avait une "recette miracle", il y a longtemps - du moins on peut le penser - qu'elle aurait été trouvée... Il faut d'abord tenir compte d'une versatilité "viscérale" de l'électorat qui n'est pas seulement en France une affaire de "choix d'élus", puisqu'elle s'est manifestée aussi pour des "choix de projets", par exemple dans des référendums en acceptant dans un premier temps le "Traité de Maestricht" (1992), puis en refusant le "Traité Européen" (2005)... Aussi pourrait-on essayer de limiter l'effet de cette versatilité, ne serait-ce que par deux dispositions :
- d'une part, un regroupement de toutes les élections (présidentielles, législatives, cantonales et municipales) dans un même délai raisonnable qui pourrait être "tous les 5 ans"...Les Français auraient ainsi un "grand rendez-vous quinquennal" (à l'instar du calendrier quadriennal des Etats-Unis) qui pourrait engendrer une certaine cohérence électorale (SGDG ...c'est le cas de le dire !)...Entre temps, il n'y aurait que des élections partielles pour pallier les circonstances particulières (ex : décès), les élus finissant alors les mandats...
- d'autre part, une interdiction de tout cumul des mandats, qu'il s'agisse des Ministres qui ne pourraient pas avoir de mandat électif pendant la durée de leurs fonctions, ou des Députés ou Sénateurs qui ne pourraient être ni Maires, ni même Conseillers municipaux, départementaux ou régionaux, pendant le temps de leur mandature ...Ainsi l'électorat serait moins tenté de "faire payer" ou inversement "d'avantager" des Ministres, Députés ou Sénateurs ayant des mandats "nationaux" pour les élections "municipales"... De surcroît, davantage de Français pourraient assumer des responsabilités, ce qui éviterait le recours à des "grands barons" cumulards...
"Simples" suggestions... Il peut y en avoir d'autres !