Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Ayant exercé des fonctions de "direction", j'ai pu éprouver la difficulté de "gouverner", avec son lot de "réussites" et "d'échecs"... Je me garderai donc bien de "donner des leçons"...Mais, alors que se profile une crise "gouvernementale" au niveau de l'Etat, qu'il me soit permis de faire quelques réflexions :
- D'abord, il n'y a pas de règle précise pour "gouverner"... Certes, on peut faire l'inventaire de "types" de gouvernement , de l'abus d'autorité (la tyrannie) à l'absence d'autorité (l'anarchie), mais entre ces excès toutes les formules ont pu exister du "despotisme éclairé" au "gouvernement d'assemblée"...
- Néanmoins, on peut partir d'un adage simple qui dit : gouverner, c'est "prévoir"... Et, pour prévoir, il ne faut pas décider seul, en fonction d'une théorie préalable ou d'une opinion personnelle, même avec l'intention de bien faire... Car on ne fait pas le bien de ses administrés malgré eux ou sans eux : il faut savoir les "écouter"...
- Pour autant, gouverner ne signifie pas qu'il faut se rendre "populaire", et faire de la "démagogie" en allant dans le sens du vent... Le plus souvent d'ailleurs, il n'y a pas de "vent dominant", et les opinions sont partagées : gouverner consiste donc généralement à "choisir", et en choisissant à faire nécessairement des mécontents. Il n'y a pas de gouvernement qui puisse être ou rester populaire au sens de faire l'unanimité...
- Mais gouverner, c'est aussi pouvoir "exécuter"...Si les modalités d'exécution d'une décision n'ont pas été clairement définies ou si elles se révèlent inapplicables, il vaut mieux y renoncer en temps utile plutôt que de s'entêter...
- Enfin, il ne faut pas se satisfaire de l'exécution d'une décision, car l'adage déjà cité précise que gouverner, c'est aussi "contrôler"... Même si une décision a été prise correctement et ne suscite pas de conflit, il convient d'en surveiller l'application, c'est-à-dire sanctionner éventuellement les erreurs et s'il y a lieu "s'auto-censurer"... Combien de lois et décrets "de circonstance" sont tombés en désuétude, parce qu'ils n'étaient ou n'étaient plus applicables...
La conclusion, je l'emprunterai à une citation du philosophe Alain, rappelée par un éditorialiste du Journal Ouest-France :
"La sagesse d'un homme d'Etat est, sans doute, à ne point se faire l'esclave de ses concepts, mais à interpréter, sans retard, sans regret, sans obstination, les événements naissants et imprévus qui lui font voir un nouveau chemin"...