Réflexions sur l'actualité en tous genres.
La nature humaine est ainsi faite ...qu'on ne peut pas toujours compter sur ses amis ...alors que les ennemis sont prêts à apporter leur aide !... Il est vrai que, par définition, les ennemis ont besoin d'autrui ...pour être contre, tandis que les amis s'autorisent de leur sympathie ...pour en prendre à leur aise ... Comme dit le dicton : "on ne se gêne pas avec les amis" ...
La crise actuelle - dans la mesure où la "crise financière", d'abord limitée aux pays dits "occidentaux", a servi de détonateur à une "crise économique" étendue à l'ensemble du monde - est une belle illustration de ce paradoxe ...et un fois de plus le journaliste français Jean Boissonnat se livre à une analyse intéressante (*) :
"...Aucun pays n'est épargné par la crise. Ce qui confère au G20 une responsabilité collective. Il y a quelque chose de fascinant à voir des dirigeants russes ou chinois se pencher sur les meilleurs moyens d'organiser les marchés financiers et les banques pour les mettre en état de prêter aux entreprises et de rassurer les épargnants. Staline et Mao doivent se retourner dans leur tombe...
"Dans ce tourbillon, où les Etats-Unis retrouvent leur crédit et où les nouveaux venus à la table des Grands conquièrent le leur, l'Europe ne fait pas si mauvaise figure. Elle a été, sous l'impulsion de la France et, pour une fois, de la Grande-Bretagne, à l'origine de la réunion de Washington et des actions qui y ont été programmées. Cette posture reste à confirmer. Nous allons payer cher notre refus de la réforme institutionnelle, même si nous parvenons à limiter les dégâts avec le Traité de Lisbonne. Car une union à 27 - et bientôt davantage - ne peut pas être gouvernée par des institutions construites pour une Europe à 6 ...Il nous reste à concrétiser ce projet de Fédération d'Etats-Nations, sans précédent dans l'histoire...Sinon, nous dériverons lentement vers une Europe à géométrie variable qui serait inéluctablement une Europe à efficacité variable...
" Quant à l'économie de marché, curieusement, elle pourrait sortir renforcée par la crise qu'elle traverse. Le G20 lui donne, en quelque sorte, une légitimité nouvelle, puisque le monde entier se rassemble pour la sauver. Ce ne sera pas la première fois que le capitalisme aura été tiré d'un mauvais pas par ceux qui le contestent ou par une crise qui révèle ses faiblesses. Déjà, au 20ème siècle, on l'a vue renaître grâce à des systèmes de protection sociale et de redistribution des revenus contraires à sa nature. Demain, il peut être renforcé par des régulations financières qui le retiennent de tomber et par une surveillance universelle qui le contrôle. Certes, rien n'est encore acquis. Mais c'est, tout de même, un étrange destin que de garder la vie grâce à ceux qui prédisent votre mort"...
Autrement dit, le "libéralisme" et le "socialisme" ne peuvent pas se passer l'un de l'autre ...Comme le dit un autre dicton : "Mieux vaut un ennemi sage qu'un ami sot" ...Cette leçon du passé vaut-elle pour l'avenir ?...
(*) Editorial du Journal Ouest-France - 21 novembre 2008