Réflexions sur l'actualité en tous genres.
La crise économique qui se manifeste en cette fin d'année 2008 montre de façon éclatante que, dans ce domaine au moins, les "théories" ne valent rien devant les "réalités pratiques" ...Car ce n'est assurément pas le moment de s'interroger sur la valeur respective du "libéralisme" et de "l'étatisme"...Dans l'immédiat, il faut trouver des solutions concrètes à la crise économique, et celles-ci ne peuvent être trouvées que par les "organismes" ayant la possibilité "d'agir"...
La France est un bon exemple, car elle avait, depuis 1995 et notamment depuis ...2007 avec le Président Sarkozy, des responsables convaincus des bienfaits du libéralisme ...Or c'est le même Président qui, non seulement en France, mais aussi en Europe et même au niveau mondial en raison de ses attributions actuelles, donne désormais l'exemple de l'intervention de la puissance publique ..."Mutatis ...mutandis" ...
- Le "Plan de relance" de 26 milliards d'€ annoncé pour la France par son discours de Douai le 4 décembre 2008 est à cet égard très significatif :
1. Il donne la priorité à l'investissement en apportant une aide particulièrement importante de l'Etat : 10,5 milliards d'€ d'investissements directs (grands travaux comme TGV, Canal Seine-Nord, Défense, Patrimoine et Recherche), 11,4 milliards d'€ d'aide indirecte aux entreprises (remboursement rapide de créances anciennes et avance sur les nouveaux marchés) à laquelle s'ajoute 1,2 milliard d'€ de dégrèvement pour les embauches...
2. Il encourage parallèlement la consommation à la fois par cette aide à l'embauche et par 0,8 milliard d'aide aux plus démunis (Prime de Solidarité Active de 200 €), 220 millions d'€ de "prime à la casse" pour encourager la vente dans le secteur automobile actuellement "fragilisé" (1000 € par véhicule), et 2 milliards d'€ pour le secteur immobilier (construction de 100.000 logements sociaux et prêts à taux zéro)...
3. Enfin il met à contribution les entreprises et administrations publiques - EDF, GDF-Suez, SNCF, RATP ...et La Poste qui devront investir 4 milliards d'€ pour la rénovation de leur matériel, l'économie énergétique et l'amélioration de l'accueil...Quant aux Collectivités territoriales, elles devront investir 3 milliards d'€ en contrepartie d'un remboursement accéléré de l'Etat sur la TVA, soit environ 5 milliards d'€...
- L'Europe n'est pas en reste, avec un "Plan d'aide" d'environ 227 milliards d'€, en particulier pour les crédits bancaires ...Et la Banque Centrale Européenne - jusqu'à présent sourde à toute modification de son taux de prêt - vient de procéder à une "baisse de 75 points de base", réduisant ainsi à 2,5% le coût de refinancement des banques européennes, ce qui représente - paraît-il - "un geste sans précédent" ..."La plus forte réduction de son histoire" ...Il est vrai que son Président Jean-Claude Trichet - encore un Français - prévient "qu'il va falloir s'assurer que cette baisse se répercute à l'économie"...
Précisément, c'est là ...que "le bât blesse" !...Celui de la portée réelle des mesures prises en France et en Europe, compte tenu du fait que la crise économique est mondiale et affecte beaucoup d'autres pays :
- Les Etats-Unis sont considérés comme le "pays le plus riche du monde, ...mais ils sont aussi l'un des pays les plus "endettés" ...Certes, le Président Bush, en fin de mandat, a promis une aide de 7.000 milliards de dollars, ...et son successeur prochain Obama annonce déjà des mesures d'aide aux secteurs économiques en difficulté comme l'automobile ...Mais d'où viendra l'argent ...autrement que par ...la planche à billets, alors que les Etats-Unis ont déjà une balance largement déficitaire avec de nombreux pays, notamment la Chine ?...Et si la Chine décide de dévaluer sa monnaie, le Yuan ("monnaie du peuple"...), où ira l'économie des Etats-Unis, et avec elle, celle des autres pays du monde, notamment la France, qui est un de ses principaux clients ?...
- L'Europe est, pour sa part, considérée comme un bastion solide, en raison de son Euro fort ...Mais, d'abord, l'Euro n'est pas la monnaie de référence dans le monde, celle-ci restant le dollar, en dépit de sa faiblesse actuelle ...D'autre part les 27 Etats qui la composent ne parlent pas le même langage, malgré les efforts entrepris depuis le début de la crise économique : à la rigueur budgétaire de l'Allemagne (pas de plan de relance ...sauf des bons de consommation de 500 euros pour encourager les ventes), s'oppose la politique dépensière de la France (dont le plan de relance est une nouvelle illustration) ...L'Angleterre "financière" est plus que jamais liée à celle des Etats-Unis ...L'Italie se limite à un supplément de 7 milliards d'€ pour les familles à faibles revenus ... Et la plupart des autres pays sont dans l'attente ...
- Enfin, en France, le plan de relance, même s'il a le mérite d'être équilibré, trouve nécessairement ses limites dans l'augmentation de la dette publique qui s'élevait déjà au 1er trimestre 2008, avant le début de la crise, à 1270 Milliards d'€, soit 65,3% du PIB...dépassant largement le seuil convenu dans le "pacte de stabilité européen" ...Il est vrai que ce pacte prévoit un franchissement dans des circonstances exceptionnelles ...Et c'est justement ce que plaide le Président Sarkozy, quand il affirme : "A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles" ...et il ajoute "qu'il y a un mauvais moment à passer en 2009 et 2010 " ...et "qu'il devrait y avoir une amélioration en 2011 et 2012" ...Voire ...Car davantage de dettes, c'est à terme moins d'investissements ...et donc moins de compétitivité ...et donc encore plus d'impôts ..., alors qu'aucune mesure ne permet d'enrayer réellement la baisse du pouvoir d'achat ...Cela va sans dire, mais cela va tout de même mieux (ou plutôt pire...) en le disant...
Car, en France comme ailleurs, c'est le "bon peuple" qui finalement paiera la note... comme il la paie toujours, qu'il s'agisse "d'étatisme" ou de "libéralisme"...