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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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La Marche Consulaire

   Tel est le titre de l'ouvrage (*) où le journaliste Alain Duhamel se livre avec talent à une comparaison entre l'exercice du pouvoir en France au début du 21ème siècle par le Président Nicolas Sarkozy ...et celui exercé à la fin du 18ème siècle par le 1er Consul Bonaparte ...qui n'était pas encore l'Empereur Napoléon 1er...

   Dès le début de son ouvrage, Alain Duhamel justifie son titre en écartant délibérément l'expression "Monarchie élective" qui est le plus souvent utilisée actuellement pour définir la Présidence de Nicolas Sarkozy ...Il considère en effet que la "Monarchie" - à l'exception, non négligeable, du Pape au Vatican - ne peut pas, par définition, être "élective", puisqu'elle désigne un pouvoir exercé "à vie" et "héréditaire"...C'est pourquoi il préfère l'expression de "République Consulaire" pour définir la Présidence de Nicolas Sarkozy, en la présentant sous le titre ironique de "Marche Consulaire" ...dans la mesure (musicale...) où la Garde Républicaine lui avait rendu les honneurs par ce refrain lors de son intrônisation comme Président de la République le 16 mai 2007...

   Il est vrai qu'un certain parallélisme peut être établi - à environ deux siècles d'intervalle - entre les deux "exercices du pouvoir" ...D'abord, une ressemblance entre les deux personnages, qu'il s'agisse de leur taille physique (cela compte dans un comportement...) ou de leur caractère : comme l'écrit l'auteur, "Volontarisme, ascendant, éloquence, rhétorique de la témérité et de la rupture, vitalité bouillonnante, passion risquée du mouvement et de l'initiative, assurance mais caractère cyclothymique, détermination d'airain, boulimie d'action et goût du commandement, dans ce bonapartisme du 21ème siècle, on détermine aisément le profil d'un pouvoir consulaire...Il y a chez Nicolas Sarkozy un 1er Consul contemporain, ...un Bonaparte en frac"...Et il ajoute :"Tous deux aiment décider, ils n'ont pas peur d'imposer" ..."Et ils prennent grand soin de consolider leur pouvoir en tentant de séduire leurs adversaires et de les convaincre de se rallier"...Mais il y a aussi une analogie de situation : Bonaparte arrive au pouvoir après la période du Directoire marquée par un désordre à la fois politique et moral ...Sarkozy est élu "après deux septennats mitterrandiens achevés dans la déception et deux mandats chriraquiens se terminant dans le malaise et la morosité"...Dans les deux cas, la France attend "un changement de style, car elle rêve d'audace, d'ambition et d'énergie" (sic)...Et Alain Duhamel en ...rajoute en comparant l'expédition de Bonaparte et les séjours de Sarkozy en Egypte, ...ainsi que les initiatives (militaires..) du 1er Consul en Europe ...et les initiatives (politiques...) de Sarkozy lors de sa présidence de l'Europe au 2ème trimestre 2008...

   Mais la comparaison - où l'humour a sa place - s'arrête là ...Car une analyse objective révèle en fait une opposition radicale sur des points majeurs : en particulier Bonaparte est un "militaire" qui prend le pouvoir par un "coup d'Etat" qu'il légalise seulement après ...coup par un plébiscite ...Sarkozy est un "civil" qui devient Président de la République par une élection régulière et incontestée au suffrage universel ...D'autre part, Bonaparte a eu le champ libre pour réorganiser l'armée, écrire le Code Civil, imposer le Concordat, constituer les Grands Corps de l'Etat, créer de Grandes Ecoles  (les fameuses "masses de granit") ...et mettre en place une police omniprésente contrôlant la Société ...Ce n'est évidemment pas le cas de Sarkozy, car la France s'est alourdie depuis lors de fortes pesanteurs sociales et elle ne peut échapper aux règles économiques imposées par l'intégration auropéenne et la dépendance du commerce international, comme le prouve la crise actuelle ...La marge de manoeuvre de Sarkozy s'est donc rétrécie, selon un processus inéluctable ...car Alain Duhamel fait remarquer non sans raison qu'en son temps le "militaire" De Gaulle avait été beaucoup plus "bonapartiste" que ne pourrait l'être Sarkozy, avec sa politique algérienne, le développement de l'arme atomique, la construction de l'avion "Concorde", le contrôle des prix, etc...Le pouvoir du Président est désormais diminué, à la fois dans la politique extérieure avec l'Europe et l'émergence de grandes puissances autres que les Etats-Unis (Inde, Chine, Brésil...) et dans la politique intérieure, avec les progrès de la "décentralisation" donnant beaucoup plus de compétences qu'autrefois aux Collectivités locales, à fortiori si celles-ci sont contrôlées par "l'opposition" ...

   Que dire d'ailleurs si, à la faveur d'une alternance toujours possible, l'opposition actuelle reprenait la majorité à l'Assemblée ?... Le pouvoir du Président serait encore plus réduit qu'il avait pu l'être lors des alternances connues par Mitterrand et Chirac ...En effet, la soi-disant "hyper-présidence" de Sarkozy n'est pas un excès institutionnel vis-à-vis de l'Assemblée, mais seulement un resserrement du gouvernement autour du Président au dépens du ...1er Ministre, et elle ne constitue même pas une surprise puisque l'un et l'autre avaient prévu cette évolution dans leurs ouvrages respectifs (**)... En fait, sur le plan institutionnel, c'est faire un mauvais procès à Sarkozy que de lui reprocher un excès de pouvoir, car il a, au contraire, ...-équilibré les pouvoirs lors de la révision constitutionnelle de 2008, en renforçant les compétences de l'Assemblée (ordre du jour partagé, encadrement du 49/3, contrôle de la politique étrangère, multiplication des commissions, et ...statut de l'opposition) tandis qu'il diminuait celles du Président (limitation à 2 mandats, restriction de l'article 16 sur les pleins pouvoirs, renonciation à la présidence du Conseil de la Magistrature et au droit de grâce collectif, droit de nomination aux grands Corps soumis à l'approbation des 3/5 du Parlement) ...Pratiquement, puisqu'il est question de "comparaison", Sarkozy ne fait que "présidentialiser le régime à l'américaine", c'est-à-dire mettre en équilibre les rôles respectifs du Président et du Parlement, ce qui n'a pas posé de problèmes majeurs aux Etats-Unis depuis plus de deux siècles...

   Finalement le seul problème dans le comportement  du "Président Sarkozy" est dans sa "précipitation" excessive, qui bouscule les habitudes, ce qui ne plaît pas aux cadres en place foncièrement conservateurs - à droite comme à gauche - en dépit des grandes affirmations de principe... Et ce n'est pas parce qu'il essaie de concilier le "mouvement" et "l'ordre" qu'il faut crier au "pouvoir personnel" et ironiser en comparant Joséphine à Cécilia, ...Carla à Marie-Louise, ...et le fils Jean, héritier de son père à Neuilly, à un futur "Roi de Rome"...Mais c'est tellement drôle pour Alain Duhamel de "faire frissonner les Républicains" en leur faisant entrevoir un "Napoléon qui percerait sous Bonaparte" !...

 

(*) Alain Duhamel  - La Marche Consulaire - Ed. Plon 2009

 

(**) Nicolas Sarkozy  - Témoignage - 2006
      François Fillon - La France peut supporter la vérité - 2006

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Y
Non bien sûr, vous avez raison, Sarkozy n'est pas Bonaparte, et De Gaulle, très grand homme d'état, s'est montré en son temps probablement autant volontariste et désireux de plus de contrôle. Mais c'était un autre temps.Au delà du choc des noms et des images d'illustres, recherché par les éditorialistes, il est difficile de se convaincre de la bonne fois de notre président tant il a lui même du mal à cacher ses affinités avec les puissances économiques privées de toute nature (la soirée post électorale au Fouquets étant le premier d'une série d'indices qui ne trompent guère).Et ce n'est donc pas tant son volontarisme qui dérange, que le bien fondé de ses propositions au regard de l'interêt de la collectivité, de la nécessité d'un peu plus d'équité.Quelque soit sa stature et ses méthodes, un dirigeant qui ne place pas l'équité au premier rang de ses préoccupations ne peut être un grand homme d'état.http://citoyens-a-nous-d-agir.over-blog.net/pages/SOMMAIRE_DES_ARTICLES_a_venir-1034043.html
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D
D'accord avec vous...Les "droits" (sous réserve de contrôle) sont valables pour des "élus", mais certainement pas pour les "éminences grises" dont la présence - même nécessaire - auprès des élus ne justifie d'intervention dans les médias... Mais c'est aussi un problème de "médias" que la concurrence pousse à rechercher des "scoops"...
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J
S'ajoute cependant une "nouveauté"" dont personne ne veut trop parler et surtout pas le CSA: l'omni présence également de MM Guéant et Guaino dans les médias. Deux collaborateurs du Président dont les interventions ne sont pas non plus comptabilisées.Je ne pense pas que ce soit "normal" !Et vous ?jf.
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D
   Je vous remercie de votre contribution qui permet d'avoir une discussion intéressante :   - Votre interprétation de l'article 20 est trop limitative, car cet article ne peut être appliqué à lui-seul dans la mesure où il est également prévu à l'article 9 que le Président de la République ...préside le Conseil des Ministres et, à ce titre, est maître de l'ordre du jour et de la délibéraion ...et, à l'article 10 qu'il promulgue les lois et peut même, dans un délai de 15 jours, demander au Parlement une nouvelle délibération ...C'est donc moins une question de "théorie" qu'une question de "pratique" : le Président est le véritable "chef" du Gouvernement en cas de concordance politique, et le Gouvernement dirigé par le 1er Ministre ne reprend ses prérogatives qu'en cas "d'alternance" ...Il en a été ainsi sous tous les Présidents de la 5ème République (y compris Mitterrand...)   - Votre remarque concernant les médias est justifiée, mais là encore il en a été de même sous tous les Présidents ...Il y a tout de même eu une évolution "libérale" depuis le temps où une chaîne unique était étroitement contrôlée et à la dévotion du Président (De Gaulle) ...Mais justement les chaînes sont maintenant tellement nombreuses (hertziennes ou TNT, payantes ou non) et donc concurrentes, que la "présence" du Président est au moins autant une affaire "d'audimat" qu'une volonté personnelle d'occuper les antennes ...En fait, il faudrait un code d'utilisation commun à toutes les chaînes, décomptant le temps côté pouvoir et côté opposition, ce qui est "pratiquement" impossible...   Quant à la lassitude des auditeurs et téléspectateurs, il y a un moyen très simple d'éviter la lassitude, d'est de "zapper", vu le choix possible...
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J
Ce que dit Duhamel, du moins à la télé (je n'ai pas encore lu son livre) c'est qu'à trop vouloir TOUT faire, on ne fait rien de bien et c'est tout à fait ce qui guette M. Sarkozy.C'est bien à ce titre que certains le nomme à juste titre "hyper-Président".Que le "resserrement" du gouvernement (comme vous dites) auprès du Président au détriment du Premier Ministre ne soit pas une surprise, c'est un fait. Cela ne retire rien au fait ( que vous occultez) que cela soit contraire à la Constitution qui dispose que c'est le Gouvernement et non le Président qui détermine et conduit la politique de la nation (Art. 20).Autre nouveauté très actuelle (dont vous ne parlez pas non plus): l'omniprésence de M. Sarkozy dans tous les médias. Les journalistes du service public commencent d'ailleurs à se rebeller contre le rôle anti-démocratique qu'on leur fait jouer.Anti-démocratique puisque le temps de parole de M. Sarkozy (plus du double de celui de son prédécesseur sur le même laps de temps) n'est comptabilisé nulle part, qu'aucun contradicteur ne lui est jamais de ce fait "opposé" pour lui répondre même à distance.Et le fameux CSA enterinne publiquement ce comportement digne d'une "République bananière".Mais gageons cependant que tôt ou tard les citoyens atteindront l'overdose des propos présidentiels si "variés" que personne ne peut s'y retrouver (ce qui est d'ailleurs le  but avoué par son âme damnée Guaino..).Et ce jour-là, celui de l'overdose, ce sera tant pis pour M. Sarkozy.jf.
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