La paix a toujours été un temps entre deux guerres ...et la guerre un temps entre deux paix ...Cela fait partie du comportement naturel des hommes, manifestement depuis leur origine...
Et pourtant les hommes sont doués de "raison" et, dans leur histoire, il y a eu dès l'Antiquité des philosophes pour leur enseigner la "sagesse" ...De même les hommes se sont transmis la "foi" qui, dans toutes les religions, leur a édicté une "morale"...Mais ils n'ont pas pour autant arrêté leurs conflits et, même s'ils ont parfois réussi à en atténuer les effets - "trêve de Dieu" ou "armistice" - ils y ont trouvé aussi prétexte à d'autres affrontements, qu'il s'agisse de "croisades", de "guerres saintes" ...ou de "révolutions"...Y-a-t-il donc une fatalité de la violence ?...
La "violence" consiste, par définition, à "imposer sa volonté aux autres", c'est-à-dire à avoir une conduite exactement contraire au "respect des autres" indispensable à une harmonie dans toute société (*)...Cette violence peut prendre diverses formes, depuis la force brutale et aveugle jusqu'à des manières plus subtiles comme la ruse, le chantage ou l'intimidation ...ou toutes les formes à la fois, suivant la formule courante : "de gré ou de force" ...Elle peut être individuelle, comme dans le cas des "duels", ou collective quand elle oppose un groupe - clan, tribu, peuple, nation...- à un autre dans le cas des "guerres"...Et elle est très variable suivant les époques ou les lieux : ici ou là, il y a des périodes de paix - comme la "Pax Romana" autour de la Méditerranée pendant l'Antiquité - et au 20 ème siècle en Occident où, après deux guerres mondiales ayant abouti à une exacerbation inégalée de la violence, la paix est revenue grâce à l'organisation d'institutions internationales et à la collaboration des Etats naguère opposés, malgré de nombreuses insuffisances ou difficultés ...Car la violence subsiste, sous la forme des guerres "locales" et "larvées", aux quatre coins de la planète : Palestine, Afghanistan, Somalie, Soudan, etc...
Et malheureusement, même à l'intérieur des pays "pacifiques", il y a aussi une résurgence de la violence ...Car celle-ci n'est jamais loin, et il a suffi de difficultés graves, comme la crise économique depuis le 2ème semestre 2008, pour qu'elle retrouve un "terreau" favorable ...Comme le montre en France la recrudescence des délits de toutes natures et l'éclatement de manifestations ou actes de vandalisme, à l'image des incidents de Strasbourg au début d'avril 2009... Et cette résurgence est d'autant plus inquiétante qu'elle n'est pas, de toute évidence, simplement conjoncturelle, mais traduit un état d'esprit de nombreux Français qui ont désormais la conviction que "pour se faire entendre" il faut "être violent"; et que la "radicalité" est plus efficace que la "légalité" : ainsi certaines professions n'hésitent pas à profiter de leur position "stratégique" dans la société pour imposer des grèves nuisibles à leurs concitoyens, notamment aux plus fragiles (malades, vieillards, chômeurs) ...Il devient même "naturel" de procéder à des "séquestrations" de responsables ou jugés tels - patrons d'entreprises ou directeurs d'établissements - ce qui est une violence sociale, attentatoire au principe fondamental de la liberté dans une démocratie digne de ce nom...
Dans un tel contexte, il convient donc de trouver - tant au niveau international qu'au niveau de chaque Etat - une réponse pertinente aux difficultés ...et celle-ci ne peut être trouvée que dans la "discussion" et la "négociation" excluant toute démagogie qui non seulement n'arrêtera pas mais perpétuera la violence ...Dans le cas de la France, ce n'est pas en l'occurence en dénonçant et en livrant à la colère publique des "patrons-voyous" dont le petit nombre, même répréhensible, n'est pas représentatif de la majorité des chefs d'entreprise aux ressources souvent très limitées, que les problèmes seront résolus ...mais en rétablissant dans le cadre d'assises ouvertes à tous les partenaires concernés un juste équilibre entre les rémunérations ...Ce n'est pas davantage en engageant une polémique entre un "discours sécuritaire" du gouvernement et un "discours compassionnel" de l'opposition qu'on empêchera de nouvelles déprédations, mais en laissant la police et la justice assurer l'ordre nécessaire dans la sérénité... Faut-il rappeler qu'après la crise de 1929, l'absence de réponse à la "radicalité" a encouragé l'affrontement des extrêmistes de "gauche" comme de "droite", avec les conséquences qui en ont résulté dans des Etats comme l'Italie et l'Allemagne ?...
(*) Voir mon article du 14 mars 2006 - catégorie Morale - dont l'administration d'over-blog révèle qu'il a toujours été cité en tête de mes textes, ce dont je remercie mes lecteurs !