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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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La réussite au Baccalauréat

   Ainsi donc, comme les années précédentes, et vraisemblablement comme les années suivantes, on s'extasie devant un nouveau progrès de la réussite au Baccalauréat, qui atteint 83,3 % - toutes séries confondues - en 2007, soit 1,4 % de mieux qu'en 2006 et 3,3  % de mieux qu'en 2005... Décidément les "chers petits" -même si à cet âge ils sont déjà grands - deviennent de plus en plus intelligents. Du moins, on peut le croire...

   En fait, il faut apporter des "correctifs" sinon aux chiffres - qui "sont ce qu'ils sont" - du moins à leur interprétation :

   - D'abord, les élèves sont "inégalement intelligents" suivant les types de Baccalauréat : le "Bac.Général" atteint un sommet avec 87,8 % , soit 1,1 % de mieux qu'en 2006, ...et dans le détail, la série S (scientifique) est à 88,4 % , la série ES (économique) à 88,3 %, et la série LK (littéraire) "seulement" à 84;3 %... Le "bac.Technologique" grimpe à 79,5 % contre 77,2 % en 2006... et le "Bac.Professionnel" n'en est encore qu'à 77,9 % au lieu de 76;8 % ... Les résultats sont donc les meilleurs dans les séries jugées socialement les plus "gratifiantes"...

   - Ensuite, les élèves sont "inégalement doués" suivant les régions : l'Académie de Grenoble est en tête avec 91,8 % au Bac.Général, devançant ainsi l'Académie de Rennes qui est détrônée... Paris, Lyon, Aix-Marseille et Bordeaux sont seulement dans la moyenne de 87 %  ... et ne sont "à la träîne" que les DOM-TOM, la dernière place étant à la Guyane...D'ici à parler de ..."racisme" dans les commentaires, il n'y a peut-être pas loin...

   - Enfin, les élèves sont "inégalement productifs" dans le temps : En l'an 1966 (la préhistoire dans l'enseignement...), la réussite au Bac.Général n'avait été que d'environ 50 %... Il est vrai qu'en 1968, elle était montée à 80 % (déjà...) pour retomber ensuite à environ 65 % entre 1969 et 1984... Et puis alors elle n'a plus cessé de monter de 70 à 84 % de 1985 à 2000... Bizarre...Bizarre... Les jeunes d'autrefois n'étaient pourtant pas des "demeurés", et les psychologues patentés ne manquent pas de souligner que la répartition des jeunes suivant leur "Q.I." est restée globalement la même depuis un demi-siècle, même si on peut admettre une légère progression due à de meilleures conditions de santé physique et morale... Alors ?...

   Alors, il faut bien admettre qu'il y a d'autres raisons à la réussite croissante au Baccalauréat que les "aptitudes" des jeunes... Chacun a déjà pu noter la "pointe anormale" de succès en 1968... Et, à partir de 1984, on a lancé le fameux slogan "des  80 % d'élèves au niveau du Baccalauréat avant l'an 2000"... On y est... et on a même dépassé à la fois ...l'an 2000   ...et les 80 % de réussite au Baccalauréat... Ce n'est donc ni un hasard ni un miracle si on parvient à un tel résultat, et les Proviseurs et Professeurs de Lycée le savent bien, car il y a des "incitations" plus ou moins discrètes à "l'indulgence"... Dans les jurys, les notes et appréciations "extrêmes" sont parfois mal vues, au point qu'il est convenu de ne pas en tenir compte... Par ailleurs, la "médiatisation" des résultats et notamment des performances des Académies et des Lycées est telle que, de façon plus ou moins consciente, on se soucie de "garder son rang"...

   Quant aux élèves, que deviennent-ils ?... Normalement, ils devraient réussir sans problème dans l'enseignement supérieur puisque, contrairement à ce que pense l'opinion courante, le Baccalauréat n'est pas l'examen terminal de l'enseignement secondaire, mais l'examen certifiant l'aptitude à entrer dans l'Université... D'ailleurs, les jurys de Baccalauréat sont en principe présidés par un Professeur d'Université... Or, dès les 2 premières années d'Université, une proportion variant entre 30 et 50 % d'étudiants est éliminée ou abandonne sans diplôme... Avec les conséquences qui peuvent en résulter pour la difficulté à trouver un emploi,  ... alors qu'une formation spécifique au Lycée, en liaison avec les entreprises, leur aurait ouvert des portes en temps utile... Les responsables d'Université le savent bien, puisque certains se soucient de "rattraper" des étudiants, en organisant des niveaux d'adaptation...

 

    Dans ces conditions, il convient non pas de se réjouir mais de s'inquiéter des "progrès" constants de la réussite au Baccalauréat... Il est même franchement scandaleux de laisser croire à des jeunes et à leurs parents de condition dite "modeste"- compte tenu des sacrifices consentis - qu'ils vont s'élever grâce à ce succès "dans l'échelle sociale", alors qu'ils ont parfois été conduits dans une impasse par une orientation déficiente... Qui sait où l'écoeurement peut alors les mener ?...

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A
Je suis d'accord avec votre conclusion: la progression du taux de réussite au Bac doit plus inquiéter que réjouir. L'indulgence des enseignants trouve saes plus belles illustrations à deux occasions:<br /> 1- au moment des grèves qui paralysent les établissements pendant plusieurs jours ou pendant quelques semaines. L'impossibilité de couvrir tout le programme et d'apprendre dans de bonnes conditions fait que certaines copies sont notées sur 22. La note obtenue n'étant bien sur pas transformée. Je déplore, personnellement, ce recours car il explique, en partie, la dévalorisation des diplômes universitaires, dont, faut-il le rappeler, le bac est le premier.<br /> 2- lorsqu'il y a changement de programmes. Les profs n'étant pas encore au point, notamment sur les nouveautés, et les élèves ne disposant que de livres et annales encore peu développées, les enseignants correcteurs sont, là aussi, indulgents. Pour vous donner un exemple: lorsque j'ai passé le bac, en 2003, j'ai obtenu un beau 18 en maths, note que je n'ai jamais atteint (même si j'en étais proche, vers les 15-16) pendant l'année ! Un ami, ayant "râté" deux questions, a même obtenu un 20.<br /> Bref, le bac, faute de réforme, continuera d'être un diplôme sans valeur... son niveau baisse chaque année, pour s'adapter au niveau des élèves (voyez leur orthographe !) et pour conserver le sacro-saint objectif de 80% d'élèves au Bac. Tant que l'on raisonnera en pourcentage, l'école ne pogressera pas... et je m'en désole, moi qui m'apprête à intégrer la communauté enseignante.
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