Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Ainsi l'Histoire a réuni le jour du 1er Mai - reconnu dans le monde entier comme la Fête du Travail, c'est-à-dire de la solidarité - deux événements qui symbolisent la Guerre et la Paix : l'exécution d'Oussama Ben Laden et la béatification de Jean-Paul II.
Cette association de la Guerre et de la Paix n'est pas nouvelle puisqu'elle remonte aux origines mêmes de l'humanité ...et a déjà fourni le titre d 'une oeuvre de l'écrivain russe Léon Tolstoï au 19ème siècle ...Mais elle n'en est pas moins significative, car elle oppose le rôle de deux personnalités ayant agi dans le contexte des deux puissances principales de l'époque contemporaine : Jean-Paul II, le Pape missionnaire, vis-à-vis de la Russie, et Oussama Ben Laden, l'homme d'affaires terroriste, visà-vis des Etats-Unis...
A l'origine, rien ne semble "prédestiner" ces deux personnalités à un rôle éminent :
- Le jeune Wojtyla, né à Wadowice au sud de la Pologne, est certes très vite reconnu comme un prêtre actif et courageux, dans son pays encore soumis à la domination soviétique, et il est désigné comme évêque puis cardinal de Cracovie ...Mais la tradition est alors de désigner le Pape parmi les cardinaux italiens, comme l'ont été successivement Pie XII, Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul 1er ...et son élection comme Pape en 1978 est une surprise totale, comme va l'être son comportement qui déborde alors largement le domaine de l'Eglise, avec la seule arme de la "parole", notamment sa célèbre invocation "N'ayez pas peur" qui va, de proche en proche "libérer" la Pologne avec Lech walesa et le syndicat Solidarnosc, ainsi que les autres démocraties dites "populaires" de l'Europe de l'Est, entraîner la chute du Mur de Berlin et la réunification de l'Allemagne ...et aboutir à l'mplosion de l'URSS elle-même ...
- Quant au jeune Oussama, 43ème enfant de Mohammed Ben Laden, riche entrepreneur en bâtiment d'origine yéménite vivant en Arabie séoudite, il n'est d'abord qu'un "blouson" ...ou plutôt un "turban doré" ayant vocation, comme beaucoup de membres de sa famille, à fréquenter les hôtels de la Côte d'azur française ...Il travaille d'ailleurs d'abord pour les Etat-Unis en les aidant à chasser les Russes de l'Afghanistan entre 1979 et 1989 ...On ne sait pas vraiment ce qui a pu alors le pousser à devenir un "fou de Dieu", même s'il est probable que la politique américaine des Bush - le père, puis le fils - y a contribué avec l'occupation du Koweit, de l'Irak et de l'Afghanistan, au nom -sacrilège - d'une "croisade", contribuant ainsi à un réveil du fondamentalisme musulman ...Toujours est-il qu'il va rapidement devenir, grâce à ses ressources financières, le chef suprême de l'organisation terroriste "Al Qaida" - la "Base" - laquelle va tristement s'illustrer dans une longue succession d'attentats de 1998 à 2011, le plus célèbre étant delui des avions détournés contre les Tours Jumelles - "Twin Towers" du World Trade Center de New-York, avec plus de 3000 victimes ...
Est-ce-à dire qu'il faut donc opposer les Chrétiens aux Musulmans, et faire des Chrétiens les apôtres de la Paix , et inversement des Musulmans des apôtres de la Guerre ?...Certainement pas, car d'abord l'Eglise est loin d'avoir été exemplaire dans son histoire entachée par le souvenir de l'Inquisition, des Guerres de Religion ou de l'évangélisation de l'Amérique latine ...Et d'autre part, les Musulmans modérés, qui forment la grande majorité des adeptes de l'Islam, ne se reconnaissent nullement dans le comportement des fondamentalistes, niotamment en Afrique du Nord, où le récent attentat de Marrakech est totalement désavoué par les sujets du roi du Maroc "Commandeur des Croyants" ...Il n'en est pas moins vrai que les Etats-Unis font preuve à nouveau d'une grande maladresse car, même si on peut comprendre qu'ils se sentent "vengés" par l'exécution d'Oussama Ben Laden 10 ans après l'attentat du 11 Septembre 2001 - "Justice est faite" a dit leur Président Obama, habituellement mieux inspiré - ils n'avaient pas à le faire sans un mandat de l'ONU, le Tribunal International de La Haye étant compétent pour juger un "criminel de guerre", comme il l'avait été naguère pour le cas du serbe Milosevic... Il manque un homme de la sagesse d'un Jean-Paul II, lui qui avait pardonné à son "assassin"...