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Réflexions sur l'actualité en tous genres.

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Jacobins et Girondins

   La distinction entre Jacobins et Girondins remonte à la Révolution de 1789, où les premiers représentaient les partisans d'un gouvernement centralisé et les  seconds les partisans d'un gouvernement fédéral ...Mais en fait cette alternative a toujours été une caractéristique de l'histoire de la France ...En effet, la France s'est d'abord constituée du Moyen-Age au 16ème siècle par le rattachement progressif de territoires devenant des provinces autour du domaine royal ...Elle a connu ensuite le centralisme de la Monarchie absolue au 17ème et au 18ème siècle, entraînant par réaction un réveil de l'esprit provincial avec les Girondins entre 1789 et 1792 ...Mais les Jacobins l'emportent à partir de 1793 et dans le souci d'unifier la France, ils substituent aux provinces inégales et diverses (Pays d'Etat et Pays d'élection) des "départements" de superficie limitée (en moyenne 6000 km2) devant permettre, à une époque de transport avec chevaux, un aller et retour possible de tout citoyen au chef-lieu en une seule journée ...Et les départements ont eu la vie dure, puisqu'ils n'ont été réellement remis en cause qu'à partir de 1981, où, au terme de débats contradictoires, le Président socialiste François Mitterrand impose les lois de "décentralisation" : il s'agissait alors d'adapter l'administration à une structure ayant beaucoup évolué avec le développement des transports (rail et route) et la démocratisation des relations publiques entraînant le partage de l'aurorité entre les représentants de l'Etat (Préfet, Sous-Préfe et les représentants des collectivités territoriales (Conseil Général pour le département, et Conseil Régional conçu à l'origine pour une harmonisation des activités départementales dans un cadre rappelant les anciennes provinces) ...Mais cette mosaïque s'est encore compliquée avec l'institution de "pays" ou de "regroupements de communes, et la gestion a été rendue difficile et coûteuse avec un "partage des compétences" souvent obscur (ex: gestion des collèges par le Conseil Général et gestion des lycées par le Conseil Régional)...

 

   Il est donc évident qu'une réforme est nécessaire; à la fois pour diminuerles dépenses de fonctionnement résultant d'un tel "échafaudage" ...Tel est d'ailleurs le sens d'un rapport récent de l'OCDE repris dans l'éditorial du journal Ouest-France du 2 avril 2013 :

Editorial
mardi 02 avril 2013
Faut-il tuer le département ?

Le récent rapport de l'OCDE sur la France met les pieds dans le plat : l'Organisation internationale de coopération et de développement économique ne suggère rien de moins que de fusionner les plus petites communes et, scandale, de supprimer les départements ! Comme en Italie où Mario Monti vient de supprimer la moitié des provinces.

Ce n'est pas la première fois que le département, créé par la Révolution pour introduire de la rationalité dans la jungle administrative de l'Ancien Régime, est sur le banc des accusés. En 1947 déjà, Michel Debré, écrivant sous un pseudonyme, estimait que les départements étaient trop nombreux et trop petits. En jacobin convaincu, hostile aux Régions, il proposait de les réduire de moitié en les fusionnant deux par deux.

Dans les années 1970-1980, le plaidoyer en faveur de la Région s'accentua, mais toucher au département était considéré sacrilège et antirépublicain. En 1964, le département fut renforcé en même temps que l'on créait des ersatz de régions économico-administratives. Depuis, on n'a cessé de refuser de choisir entre les deux niveaux. Pire, les lois de décentralisation de 1981 ont consacré deux principes lourds de conséquences négatives : pas de hiérarchie d'une collectivité sur une autre ; possibilité, en dépit de quelques réserves, d'intervenir quasiment en tous domaines.

Résultat : tout est dans tout et réciproquement ! Même si le département est spécialisé dans les affaires sociales, les investissements de proximité, les collèges et les routes, cela ne l'empêche pas, en fonction des lieux et des hommes, d'intervenir en matière universitaire, économique ou culturelle, des domaines plutôt de la compétence régionale. Un investissement peut être financé par quatre ou cinq collectivités, de l'Europe à la commune. Le système est coûteux, lourd, compliqué et illisible. On comprend que l'OCDE ait envie de trancher dans le vif.

Mais les choses sont com-plexes : d'abord, cumul des mandats aidant, l'opposition à une telle réforme serait si radicale qu'aucun gouvernement ne s'en sent la force. Ensuite, le département s'est ancré dans la vie politique, mais aussi économique et sociale. Partis, associations, syndicats sont principalement organisés au niveau départemental et, accessoirement au niveau régional.

Faut-il pour autant ne rien faire ? Sûrement pas. La voie moyenne consiste à faire du « sur-mesure ». Donner des incitations pour que le département puisse survivre là où il est nécessaire (par exemple, dans les zones peu peuplées). Pour qu'il disparaisse sous sa forme présente en créant des fusions de départements (comme l'envisagent le Haut-Rhin et le Bas-Rhin et comme on devrait le faire en Corse !). Pour qu'il s'efface au profit d'une autre collectivité, dans les zones urbaines. C'est déjà le cas à Paris. Cela pourrait le devenir bientôt à Lyon.

Bref, il y a de belles perspectives de simplification et d'économies. La condition : renoncer à l'idée d'un même modèle, convenant aussi bien à la Lozère qu'à Lille ou Marseille. Le département est encore la référence dans les zones rurales peu peuplées. En revanche, il n'a plus aucun sens dans les zones urbaines. Éliminer une structure vieille de 200 ans est sans doute irréaliste. L'adapter est indispensable. La France ne peut plus se permettre le luxe de l'obésité administrative et de gestions dispendieuses....

 

(*) Président de la Fondation Carlo Alberto, Turin.

Yves Mény (*)
   Cette analyse pose clairement le problème ...Mais il reste à le résoudre, et cela va être toute une affaire dans un pays comme la France qui a toujours empilé les lois et n'a pocédé à des réformes radicales qu'au prix de manifestations, voire  ...de révolutions !
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L
<br /> En un jour pendant lequel les médias, blogs et autres comptes sociaux bruissent de la crise institutionnelle et politique engendrée par le mensonge de Cahusac et la suspission de mensonge d'état,<br /> il est rafraichissant (et remarquable) que vous ayiez décidé de publier sur Jacobins et Girondins!!! Mettre en place un management politique transversal avec de vraies prises de décision<br /> décentralisée, c'est plus qu'une simple réforme de notre mille feuilles administratif : c'est une vraie révolution avec l'écroulement de la pyramide politique qui nous mine depuis de trop<br /> nombreuses années. C'est pratiquement une sixième république mais ne comptons pas sur tous les politiques blanchis sous le harnais pour la mettre en place : ou alors il leur faudrait un sursaut<br /> d'honneur, se saborder en une glorieuse constituante et laisser la place à de nouuveaux hommes et femmes ayant le soucis du bien public et non plus la préoccupation des cobinazionne indiviuelles.<br /> Utopie me direz vous mais j'ai déjà écrit ici que l'utopie d'aujourd'hui peut très bien devenir réalité demain ou après demain ...........<br />
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