Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Alors que François Hollande achève à peine son 4ème mois de Présidence - et non ...sans peine, à en croire des sondages déjà négatifs - des augures annoncent la possibilité d'un retour de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité remonterait ...Une telle prédiction est évidemment hasardeuse, car l'action de François Hollande ne peut pas être jugée dans un délai aussi bref au début d'un mandat où, comme pour tous les Présidents de la 5ème République avant lui, les promesses de la campagne électorale sont confrontées aux réalités du pouvoir ...Et, en l'occurrence, François Hollande doit faire face aux difficultés d'une crise économique dont il n'est pas responsable ... C'est donc une antinomie d'imaginer un retour de Nicolas Sarkozy qui a justement été battu pour n'avoir pas réussi, malgré ses efforts, à la résoudre...
De toutes façons, il faudrait d'abord que Nicolas Sarkozy souhaite son propre retour ...Et il n'est pas certain actuellement qu'il le veuille ...A titre personnel, il a pu éprouver une légitime lassitude, après plus de 30 ans de vie politique, comme Conseiller Général, Ministre à plusieurs reprises, puis Président, ce qui n'a pas été pour lui de tout repos en raison de son "hyper-activité" ...Lui-même aurait dit avant l'été : "C'est fini, tout ça !" ...Et il aurait envisagé de ré-activer son cabinet d'affaires à Neuilly-ur-Seine ...De même, il a déjà accepté de faire des conférences (rémunérées...) dans le monde, et notamment à New-York, à l'instar de "socialistes" comme l'allemand Gerhard Schroeder ou l'anglais Tony Blair ...De surcroît, il n'est certainement pas poussé à un retour par son épouse actuelle Carla Bruni, que son origine sociale met à l'abri de toute ambition "mondaine", et qui a déjà fait savoir "qu'elle ne veut plus entendre parler de cette vie politique infernale"...
Mais le pouvoir a toujours eu un parfum particulier, et l'histoire du monde abonde en exemples de chefs d'Etat qui ont cherché à s'y maintenir ou à y revenir, notamment en France : Napoléon 1er et son neveu Napoléon III l'ont fait au prix d'un Coup d'Etat ...D'autres ont utilisé des voies légales, pour ne pas être soupçonnés de "dictature" ...De Gaulle s'en va en 1946, ...avec l'espoir de revenir rapidement, mais il lui faudra attendre 12 ans de "traversée du désert" pour y parvenir, après la création d'un "Rassemblement" et l'opportunité du marasme de l'Algérie ...Une ambition semblable de son successur Georges Pompidou sera brisée par la maladie ...Ensuite François Mitterrand, l'auteur d'une libelle sur le "Coup d'Etat permanent", prendra goût au pouvoir en sollicitant avec succès un 2ème mandat ..., ce que n'obtiendra pas son successeur Valéry Giscard d'Estaing ...Quant à Jacques Chirac, il se maintiendra pour un 2ème mandat d'autant plus facilement qu'il apparaîtra comme le dernier rempart contre l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen...
Or il se trouve que les partisans de Nicolas Sarkozy regroupés en "Association" envisagent sérieusement - en raison de la rivalité entre ses successeurs à la direction de l'UMP François Fillon et Jean-François Copé - qu'il soit finalemnt en 2017 "le seul qui puisse être entendu de la France abstentionniste et de la France lepéniste" (sic) ...et qu'il soit donc "le seul à pouvoir éviter un 2ème tour risqué Hollande-Marine Le Pen" ...Cela n'échappe manifestement pas à Nicolas Sarkozy, car des signes avant-coureurs apparaissent : il a activé son bureau rue de Miromesnil à Paris, avec un Chef de Cabinet, Michel Gaudin, l'ancien patron de la Préfecture de Police de Paris fraîchement évincé par le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls ...Et il reçoit non seulement les responsables de l'UMP et de ses alliés du "Centre", comme Christine Boutin et Jean-Louis Borloo, ...mais aussi des personnalités étrangères comme l'espagnol Jean-Marie Aznar, l'anglais Tony Blair, l'ivoirien Alexandre Ouattara, , le sénégalais Macky Sall, le libanais Saad Hariri ...Et on chuchote qu'il a téléphoné plusieurs fois à l'allemande Angéla Merkel (échange de voeux d'anniversaire ?) et au géorgien Mickeil Saakachvili qu'il avait naguère soutenu contre la Russie ...Comme s'en amuse un collaborateur, "on se croirait presque à l'Elysée" ...Alors ?...
Alors, François H ollande a désormais quelques raisons de s'inquiéter ...Des raisons supplémentaires, car déjà il s'était interrogé lors de l'entretien protocolaire de passation des pouvoirs en mai 2012 en disant à Nicolas Sarkozy : "Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant que tu arrêtes la politique" (à noter le tutoiement) , en insistant sur la chance qu'(il) avait "d'en finir avec tout ça", ce qui pouvait paraître "in fine" comme un souhait qu'il en soit ainsi ...Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs compris, puisqu'il avait alors confié à iun ami :"il voulait être sûr que j'allais dégager pour de bon !" ...
Ainsi, et ..."maintenant", ...rien n'est sûr ...Il paraît que François Fillon et Jean-François Copé ont au moins été d'accord pour mettre la photo de Nicolas Sarkozy sur la cheminée du local de l'UMP, en espérant peut-être que l'intéressé resterait là ...Mais il est déjà devenu une "statue du Commandeur" ...et il est certainement déjà prêt à effectuer son retour, tout en ayant l'habileté de ne pas le manifester ...Ah! pouvoir, quand tu nous tiens !
Le rêve de l'éternel retour !...
NB : le présent texte est une libre réaction à l'article de Charles Jaigu sur "La vie sans l'Elysée" paru dans le journal Le Figaro du 15 septembre 2012.