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Le 14 Juillet est en France la "fête nationale" par excellence, c'est-à-dire une fête qui a pour objet de rassembler les Français autour des valeurs fondamentales de la nation, à la différence des autre fêtes "civiques" à portée internationale commémorant l'une - le 11 novembre - la fin de la 1ère guerre mondiale 1914-1918, et l'autre - le 8 mai 1945 - la fin de la 2ème guerre mondiale 1939-1945...
Cette fête nationale est traditionnellement présentée chaque année comme la commémoration de la prise de la Bastille à Paris le 14 juillet 1789, ...et, à cette occasion, on associe les autres symboles de la France : le drapeau tricolore, qui fleurit sur les édifices publics, la Marseillaise qui retentit partout, et notamment devant les monuments aux morts, et la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" qui a largement dépassé ses frontières ...Mais la commémoration de ces symboles n'en est pas moins marquée d'anachronisme...
- D'abord, la fête du 14 juillet ne commémore pas la prise de la Bastille, qui, en 1789, n'avait été considérée que comme un évènement secondaire, au même titre que diverses échauffourées ayant auparavant troublé la paix de la capitale, en particulier en 1787 à cause de mauvaises récoltes ...En fait, la population - pauvre - de certains quartiers de l'Est s'était répandue dans les rues à la suite d'une rumeur annonçant que le roi Louis XVI et les nobles, résidant alors à Versailles, rassemblaient des troupes pour abolir les réformes proclamées par les Etats Généraux devenus Assemblée Nationale et, à la recherche d'armes, avait envahi le vieux château de la Bastille n'abritant plus que quelques condamnés de droit commun et d'ailleurs mal défendu ...Louis XVI lui-même, dans son agenda, n'avait noté à cette date que ..."rien"... Simplement, le 14 juillet n'a été choisi, après coup, et un peu par hasard, que pour célébrer un événement jugé autrement plus important en 1790 : la Fête de la Fédération, qui avait rassemblé toutes les "fédérations provinciales" autour ...d'une Messe solennelle, sur la Place actuelle des Invalides, où Louis XVI avait juré devant environ 400.000 personnes de respecter la Constitution votée par l'assemblée Nationale ...Il s'agissait donc d'une cérémonie de réconciliation nationale qui aurait pu aboutir au maintien d'une monarchie constitutionnelle en France, à l'image de l'Angleterre ...si celle-ci, craignant la puissance rivale de la France, n'avait pas fomenté contre elle une coalition des monarques continuant à exercer un pouvoir absolu en Europe ...
- Le drapeau tricolore, tel qu'il existe encore maintenant, avec trois bandes verticales bleu-blanc- rouge à partir de la hampe, n'a été instauré à l'origine qu'en 1794 par la Convention, et encore n'étai-il qu'un pavillon parmi d'autres ...Il traduisait alors la réunion symbolique entre le drapeau blanc de la monarchie et les couleurs bleu et rouge de la Ville de Paris ...Aboli de 1815 à 1830 par la reprise du drapeau blanc sous la restauration, il est rétabli par la Révolution de juillet 1830 ...et il est ensuite défendu, lors de la Révolution de février 1848 par le poète Lamartine, contre l'instauration ...du drapeau rouge, considéré comme un témoignage de la Terreur de 1793 (celui-ci deviendra d'ailleurs le symbole de la Commune de 1871 ...et du communisme à partir de 1917...). Il n'est finalement adopté comme le drapeau officiel de la France que par la 3ème République en 1880...
- La Marseillaise n'est au départ qu'un nom d'usage donné au "Chant de guerre de l'Armée du Rhin" élaboré par Rouget de l'Isle en 1795, et repris et pupularisé par les soldats de Marseille ...Adopté comme un chant "patriotique" par le Comité de Salut Public, ...et conservé par Napoléon 1er, il est évidemment proscrit par la restauration entre 1815 et 1830 ...Il ne deviendra néanmoins un "hymne national" qu'en 1880, au même titre que le drapeau tricolore, ...et célébré comme tel en 1889 à l'occasion de la commémoration du centenaire de la Révolution de 1789, dont une autre expression a été ...la Tour Eiffel ...Et il le restera, sauf pendant la période de Vichy entre 1940 et 1944 où il sera supplanté par le Chant du Départ et ..."Maréchal, nous voilà"...
- La devise "Liberté, Egalité, Fraternité" a une histoire similaire ...Comme elle est par définition un symbole "républicain", elle n'apparaît à l'origine qu'avec l'instauration de la 1ère République en 1792 sous la forme plus ampoulée de "Unité, Indivisibilité de la République, Liberté, Egalité, Fraternité ou la Mort " !...Maintenue par Napoléon 1er, qui se voulait un rempart de la République, abolie ensuite entre 1815 et 1848, elle est rétablie par la 3ème République et devient également "nationale" en 1880, alors que parallèlement une statue de la République est inaugurée Place de la ...rRépublique, à Paris...
Ainsi va la France ...Bien entendu, même si elle est marquée par des anachronismes, il n'est pas question de supprimer ces symboles rattachés à la commémoration du 14 juillet, d'autant moins que "l'amour du pays" s'effiloche quelque peu maintenant devant la montée des "égoïsmes" et des "communautarismes" et que cette commémoration reste une occasion "forte" de rassembler les Français ...Et, de toutes façons, elle reste conforme à l'article 2 de la Constitution de 1958, ayant d'ailleurs repris le même article de la Constitution de 1946, ainsi rédigé :
" - La langue de la République est le Français
- L'emblème national est le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge
- L'hymne national est la Marseillaise
- La devise de la République est : Liberté, Egalité, Fraternité
- Son principe est gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple "