Réflexions sur l'actualité en tous genres.
S'il est une nécessité sur laquelle se retrouvent tous les "êtres vivants" - les plantes, les animaux ...et donc les humains - c'est bien celle du "repos"...
Paradoxalement, le repos semble être dans la nature des ..."choses", puisqu'il est lié le plus souvent à la "nuit", alors que le "travail" est associé au "jour" ...Et le travail n'est pas seulement "journalier", ...il est "saisonnier", puisque les humains s'accordent des périodes de repos, à l'instar des arbres qui perdent leurs feuilles ou des animaux qui hibernent ...Et finalement tous les êtres vivants se retrouvent dans le repos ...éternel !...
Mais, évidemment, les "choses" ne sont pas si simples ...Car chacun sait que le repos n'obéit pas seulement à la règle du temps ...Il est soumis aussi à la loi de la vie, qui a son rythme propre : il y a certes des arbres dits à feuilles caduques disparaissant pendant la saison froide, mais il y a aussi des arbres dits à feuilles persistantes qui en fait se renouvellent en toutes saisons ...Et, pour les humains, des expériences ont montré que, s'ils sont isolés dans un souterrain, ils connaissent une alternance d'éveil et de sommeil - une sorte "d'horloge interne" - ne correspondant pas à la succession extérieure du jour et de la nuit...
Néanmoins, les humains sont des êtres "sociaux" qui ne peuvent pas vivre sans coordonner leurs comportements "individuels" ...et, au cours des temps, ils ont élaboré des repères communs inspirés par ce que la nature a de plus évident, le mouvement des astres : la "journée" résulte de la succession du "jour" et de la "nuit", c'est-à-dire du lever et du cocher du soleil ...Et le "calendrier" a d'abord été issu des mouvements de la lune se répétant toutes les 29 journées, avant que le décalage dû au mouvement réel de la Terre autour du soleil n'impose le calendrier solaire avec ses 365 journées ... et le 1/4 justifiant l'année bissextile tous les 4 ans... Et, bien sûr, ce sont sur ces repères que les humains ont établi leurs "temps de repos" :
- le repos "journalier" pendant la nuit est naturellement le plus ancien et le plus répandu, mais il n'a jamais été universel, non seulement en raison du mouvement de la terre sur elle-même en 24 heures, mais parce qu'il y a eu en tous temps des humains ne dormant pas pendant la nuit, naguère les "veilleurs de nuit" en nombre limité ...et maintenant de plus en plus de travailleurs nocturnes en raison des nécessités de la vie moderne imposant des rythmes complexes, qu'il s'agisse des transports ou des industries devant fonctionner en continuité...
- le repos "hebdomadaire" - c'est-à-dire d'une journée par semaine - s'est imposé tardivement ...Pendant l'Antiquité et le début du Moyen-Age en Occident, il était ignoré, notamment pour les esclaves et les serfs qui étaient "taillables et corvéables à merci"
...et il l'est encore toujours dans certains pays d'Asie et d'Afrique ...Et même actuellement, il est souvent oublié pour certains métiers comme celui de l'agriculteur astreint à l'élevage de bêtes ignorant ...le repos, comme pour beaucoup de femmes obligées de subvenir tous les jours à la subsistance de leur famille ...Néanmoins, le repos hebdomadaire s'est progressivement imposé dans la majorité des pays du monde, et à l'origine non pas dans un souci de progrès, mais pour des raisons religieuses ...D'abord les Hébreux devenus les Juifs ont institué la semaine de 7 jours, à l'image du mythe biblique de la création du monde (5ème précepte du Décalogue): "Tu travailleras 6 jours ...Mais le 7ème jour est le jour du repos de l'Eternel, ton Dieu...et tu ne feras aucun ouvrage" ...C'est le "Sabbat" (jour de samedi, commençant en fait au coucher du soleil, le vendredi soir) ...A leur suite, l'Eglise instaurera au Moyen-Age le "jour du Seigneur" (c'est-à-dire le dimanche) en commémoration de la Résurrection de Jésus-Christ, créant ainsi le "repos dominical" dont l'obligation essentielle était l'assistance à la messe ...Et, à leur tour, les Musulmans créeront le jour de la prière ou "Youm el Djouma" (le vendredi) ...Mais ces prescriptions n'empêchèrent pas jusqu'au 19ème siècle d'imposer un horaire de travail écrasant pour les 6 jours "ouvrables" de la semaine, c'est-à-dire, sur la base de 10 à 12 heures par jour, ...environ 70 heures hebdomadaires ...et toute l'histoire du mouvement social sera marquée au 20ème siècle, , notamment en France, par la réduction progressive de la durée hebdomadaire du travail : 48 heures après la catastrophe de Courrières (1906) ...40 heures avec le Front Populaire (1936) ... et 35 heures (1998-2000) ...Il en est d'ailleurs résulté que la notion de "repos dominical" s'est effritée, le repos pouvant être pris en s'étendant à d'autres jours - le samedi ou le lundi - comme en Angleterre (le "week-end"), voire ne plus comporter le dimanche, pour ceux appelés à travailler ce jour-là ...Et la législation s'est assouplie en conséquence, de façon plus ou moins importante et variée suivant les pays ...Ainsi, en Europe, la Suède , l'Angleterre ou l'Irlande ont très largement libéralisé le travail du dimanche, ...l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ou la France (en 2008) ont autorisé de nombreuses dérogations pour des métiers ou pour un certain nombre de dimanches ...Seule, l'Autriche, en Europe, l'interdit totalement ...Il est vrai que la situation peut évoluer puisque la Commission Européenne - qui avait jusqu'à présent laisser chaque Etat libre de sa politique "dominicale" en exigeant seulement "le repos hebdomadaire après 6 jours de travail" - a ouvert une consultation le 24 mars 2010 pour statuer sur cette question ...Et le débat s'ouvre, puisque l'Eglise a déjà manifesté son inquiétude, moins pour "l'assistance à la messe", depuis longtemps en baisse, que pour la priorité qui pourrait être accordée aux "arguments économiques" sur les "valeurs spirituelles" de convivialité et de solidarité, - rejointe sur ce point par les associations de loisirs (sport, voyage, culture, etc)...
- le "repos annuel" est une notion encore plus récente, car il n'est pratiqué que depuis le 20ème siècle, à de rares exceptions près comme les vacances scolaires dans l'éducation...A cet égard, la France a montré l'exemple avec l'institution des "congés payés" par le Front Populaire lors des "Accords Matignon" (1936) : d'abord de 2 semaines, ils sont passés à 3 (1956), à 4 (1969) et finalement à 5 (1982) ...et ils sont largement appliqués, à nouveau sauf pour les agriculteurs dont les "vacances" restent incertaines, notamment l'été qui est la période des travaux les plus importants ...Et ils se sont étendus à l'ensemble de la planète, puisque l'O.I.T. (Organisation Internationale du Travail) estime qu'il y avait déjà 4 milliards de bénéficiaires en 2000, malgré des exceptions majeures comme le République "Populaire " de Chine - qui a accordé seulement 1 semaine en 1992 ...et une deuxième en 1999 - et... les Etats-Unis où il n'existe pas d'obligation légale d'octroyer des congés payés et où, de fait, un quart des salariés n'en bénéficient pas...
- Le "repos de la fin d'activité" appelé couramment la "retraite" est également une conquête sociale tardive ...Il a été longtemps inconnu, et même inimaginable dans une société surtout rurale, où l'on continuait à travailler "jusqu'à la limite de ses forces" ...et comme l'âge moyen de la mortalité était encore au début du 20ème siècle inférieur à 60 ans, le problème ne se posait pas vraiment "faute de combattants", les "vieux" peu nombreux vivant alors souvent avec leurs enfants et s'occupant des petits-enfants, ce qui permettait aux femmes d'avoir un emploi, et donc de s'émanciper d'une condition restée "domestique"...Mais, désormais, l'amélioration même relative du "niveau de vie" et les progrès de la médecine ont contribué à un accroissement incessant et déjà considérable du nombre des "retraités" qui dépassera inéluctablement celui des "actifs", même si, dans certains métiers (ex : professions libérales), la retraite est encore souvent ignorée ...Et, de toutes façons, la "retraite" n'est pas nécessairement toujours synonyme de "repos", puisque beaucoup de retraités ...continuent à "travailler", soit dans une activité salariée de remplacement (cas des métiers où le départ à la retraite est fixé entre 45 et 55 ans), soit dans une activité bénévole, ...sans compter ceux qui veulent "jouir pleinement de leur retraite" en pratiquant le tourisme, ce qui est une façon toute relative ...de se reposer !...
Ainsi, le "repos", en dépit de sa nécessité naturelle, n'a pas une histoire simple et n'est pas appliqué de façon universelle ...Il reste une "affaire" qui n'est pas ..."de tout repos" ...sauf peut-être pour le ...repos final qui est ...le "repos éternel" ...Et encore !...dans la mesure où ce dernier repos a été troublé de tous temps dans des tombeaux qui, même pour les pyramides de l'Egypte ancienne, n'ont eu de perpétuité que le nom...