Réflexions sur l'actualité en tous genres.
"Les Lys pourpres"? ...Qu'est-ce à dire ?... Il s'agit simplement d'un roman historique, dont l'auteur, encore peu connue, est Karin Ann, mais le titre est provocateur, puisqu'il oppose en principe deux couleurs, celle de la fleur blanche des lys - couleur du bien - et celle du pourpre - couleur du mal...
Mais cette opposition est en fait un symbole se rapportant à l'histoire de la monarchie française au 16ème siècle, dont l'emblème des lys a été souillé par le sang ...Une monarchie déjà vieille d'un millénaire, imposée par le chef franc Clovis au 5ème siècle à la suite de sa conquête de la Gaule, qui devint la "Francia", c'est-à-dire la future France ...Monarchie qui connut maintes péripéties, car elle fut d'abord élective - le roi était "hissé sur le pavois" - avant de devenir héréditaire, avec la particularité d'être réservée à la "progéniture mâle", par extension abusive d'une règle de succession privée au domaine public, à la différence d'autres pays comme l'Angleterre,...ce qui n'empêcha pas des coups de force, entraînant la succession de trois "dynasties" : Mérovingienne du nom de Mérovée, père de Clovis, puis Carolingienne, du nom de Charlemagne, et Capétienne, du nom de Hugues Capet, cette dernière ayant règné jusqu'à Révolution (1789), les historiens l'ayant plus tard qualifiée de Monarchie d'Ancien Régime, pour la distinguer des monarchies postérieures (1er Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire) ...Car l'histoire des "Lys" n'est pas simple...
Alors, pourquoi les "Lys pourpres" ?...Il faut savoir que la pourpre, avant d'être assimilée au sang, et donc à la cruauté, a été dès l'Antiquité considérée comme le symbole de la richesse ou d'une haute dignité sociale ...Elle fut associée chez les Romains à la dignité "impériale", tout empereur revêtant un manteau de pourpre lors de son avènement ...et, plus tard, elle devint la pourpre "royale", avant de subsister à l'époque contemporaine dans la pourpre "cardinalice" de l'Eglise ...Manifestement, c'est l'interprétation "sanglante" qu'il faut retenir dans le titre du roman historique de Karin Hann, en considération des tueries de cette période des "Guerres de Religion" entre "catholiques" et "Protestants" après la mort accidentelle dans un tournoi de Henri II (1559), fils de François 1er : massacres de Vassy (1562) et de la Saint-Barthélémy (1572), ...assassinats du duc Henri de Guise et de son frère Louis (1588), ...du roi Henri III (1589), ...et plus tard, de Henri IV par Ravaillac (1610)...
En fait, cette période est marquée par la personnalité de la veuve de Henri II qui, comme telle, n'avait aucune raison de règner : Catherine de Médicis ...Issue d'une famille célèbre de Florence, dans cette Italie ayant attiré naguère la convoitise des rois de France Charles VIII, Louis XII et François 1er (victoire de Marignan 1515 ...et défaite de Pavie 1525), elle n'avait joué jusque là aucun rôle, d'autant moins qu'elle n'était devenue "dauphine" qu'à la mort d'un premier dauphin, et qu'elle avait même été ensuite méprisée à la fois pour cause d'infertilité et en raison du rôle majeur joué alors par Diane de Poitiers, la favorite du roi Henri II ...En fait, il y avait eu un problème concernant ...une discordance sexuelle avec le roi et, après une intervention médicale subie par celui-ci, Catherine de Médicis avait pu enfanter, et même trop, ...trois garçons malingres et encore mineurs à la mort de leur père, et qui moururent l'un après l'autre sans héritier, les futurs François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574), et Henri III(1574-1589), ce qui justifia la "régence" de Catherine de Médicis au nom des deux premiers et son influence persistante sous le règne du troisième ...Mais l'auteur du roman n'évoque cette régence que dans un épilogue - jetant ainsi un doute sur le qualificatif de "pourpre" (royal ou sanglant ?) - et ne s'intéresse qu'à la jeunesse difficile de Catherine de Médicis ...Est-ce à dire qu'il y aura une suite ?... Car l'oeuvre de de Catherine, pendant sa régence est très contestée : certains historiens vantent ses mérites, allant même jusqu'à la considérer comme un ..."grand roi", en raison du soin qu'elle a apporté à préserver l'autorité monarchique par une recherche constante de conciliation entre les "partis" rivaux, ainsi que par son souci de protéger les lettres et les arts dans ce qu'il a été convenu d'appeler la "Renaissance française" héritière de celle de l'Italie dont elle était originaire ...Mais d'autres historiens la rendent au contraire responsable de n'avoir pas su empêcher toutes les tueries ...De toutes façons, elle meurt (février 1589) sans avoir la douleur de connaître la mort de son dernier fils Henri III (Août 1589), la succession revenant alors à un cousin, le roi de Navarre Henri IV qui, ...à son tour, sera assassiné...
Siécle ...pourpre, au sens du sang et des larmes...
(*) http://www.franceinfo.fr/livre/le-livre-du-jour/les-lys-pourpres-de-karin-hann-629897-2012-05-29
(**) catégorie "notes de lecture" délaissée depuis 2008 et reprise à la suite de l'initiative d'un ami et commentateur - JF - à propos d'une histoire tout aussi sanglante
http://lamauragne.blog.lemonde.fr/2012/11/08/plongees-au-coeur-du-nazisme/