Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Dans les grandes circonstances, il convient de laisser la place à des "plumes" plus autorisées que la sienne... Ci-après l'éditorial de François-Régis Hutin dans le journal Ouest-France du 7 mai 2012 :
"Au revoir, Monsieur le Président,
La majorité des Français n'a pas renouvelé le mandat qu'elle vous avait confié voici cinq ans. La crise est passée par là. Pourtant, vous y aviez fait face avec énergie et compétence, reconnues par tous. Sans doute des erreurs ont été commises au cours de ces cinq dernières années ; mais aussi des réformes essentielles ont été entreprises et réussies. Elles porteront leurs fruits dans l'avenir.
Nous savons depuis longtemps que les réformateurs prennent des risques et qu'il est plus facile pour un responsable politique de ne pas modifier les habitudes et les routines endormantes. Vous avez fait un autre choix, au moment même où une crise majeure survenait, ce qui a rendu plus complexe encore le cours des choses pendant votre mandat.
Pour tout ce qu'il a eu de positif et de constructif, nous vous remercions et, Monsieur le Président, nous vous adressons notre salut.
Bonne chance, Monsieur le Président,
Nouveau porteur d'espérance, la majorité des Français a décidé de vous confier, sinon les destinées du pays, du moins le choix de ses orientations pour les cinq années à venir. Nous savons le poids que ces responsabilités représentent et combien elles vont peser sur vous, alors que la France s'avance dans un monde en crise.
Nous comptons sur vous pour susciter le dynamisme de tous les Français, pour stimuler leur créativité, pour éviter qu'ils ne se replient sur eux-mêmes, pour qu'ils fassent les réformes de structures nécessaires, les choix de l'innovation et du grand large.
Nous comptons sur vous pour réconcilier les Français, pour contribuer à effacer les clivages entre inclus et exclus, jeunes et vieux, villes et campagnes, actifs et retraités, riches et pauvres.
Certes, nous devons résoudre de multiples problèmes intérieurs : il nous faut moins de dette et plus de croissance, plus de travail, plus d'équité, plus de confiance en nous et dans l'avenir, plus de respect pour les autres, plus de considération pour l'étranger, plus de coopération avec l'ensemble des nations, plus d'Europe pour faire face à la mondialisation.
Tout cela ne pourra être obtenu que dans le dépassement de nous-mêmes. Rien ne serait pire que de nous enfermer dans nos difficultés hexagonales.
Monsieur le Président, en même temps que du réalisme, il nous faut une grande ambition, le grand souffle de l'universel. Pour cela, vous serez le Président qui, sans discrimination, projette les Français vers l'avenir, vers la modernité qui porte en elle cet humanisme qui nous a fait ensemble ce que nous sommes : la France.
Bonne chance, Monsieur le Président !... "
Evidemment, cette belle envolée, qui tranche avec le pessimisme actuel, ne se passe pas de commentaires ...
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