Réflexions sur l'actualité en tous genres.
Non ...Il ne s'agit pas du début de la comptine des enfants effeuillant une marguerite ...Un peu ...beaucoup ...passionnément ...pas du tout ...Il ne s'agit que d'un raccourci du titre de l'éditorial de Michel Urvoy dans le journal Ouest-France du mercredi 12 décembre 2012 faisant le point sur la situation actuelle de la France :
La bonne nouvelle, c'est qu'en dépit de la crise, le gouvernement s'intéresse aux plus fragiles, sans les désigner comme des Français à charge, en leur consacrant un effort méritoire. La mauvaise nouvelle, c'est qu'à cause de la crise, il reste modeste et son financement incertain, en raison des finances tendues de l'État et des départements. Surtout si les innombrables oubliés du RSA faisaient aussi valoir leurs droits...
Entre promesse et réalisme, le plan dévoilé, hier, par le Premier ministre, illustre bien le hollandisme, que l'on en examine le contenu ou le calendrier.
Un jour, j'augmente les prélèvements pour remplir les caisses de l'État ; le lendemain, j'allège le coût de la main-d'oeuvre pour oxygéner les entreprises. Un jour, je décide un crédit d'impôt, qui passe mal à gauche de la gauche ; le lendemain, j'annonce un arsenal de mesures pour soulager les laissés-pour-compte de la crise.
Ces dosages sont guidés par un souci de justice sociale. On ne peut pas suspecter Jean-Marc Ayrault d'indifférence à l'égard de ces questions qui participent, dans son esprit, au moral du pays. Mais ils le sont aussi par nécessité politique.
Une partie de la gauche ne digère pas les vingt milliards d'allégements fiscaux, en partie payés par des hausses de TVA, sans contreparties contraignantes. Elle déplore le rôle jugé trop minimaliste de l'État dans la politique industrielle. Elle comprend mal qu'après avoir brocardé la spéculation, on réforme les banques a minima.
L'effort social prend alors valeur de message à ceux qui suspecteraient François Hollande et Jean-Marc Ayrault d'avoir viré leur cuti. Même si ce ne sera pas suffisant pour combattre l'émiettement qui fragilise la majorité ni pour ramener le Front de Gauche à de meilleurs sentiments. Après tout, on n'est pas là pour plaire.
Et c'est la seconde marque de fabrique du hollandisme. Le président de la République, qui se soucie assez peu des sondages et de médiocres élections partielles, a fait de la gestion du temps une règle absolue. Toutes ses grandes décisions confirment qu'il a organisé son quinquennat en deux temps : un consacré aux annonces désagréables, quitte à ne manger que du pain noir ; un second pour distribuer les dividendes escomptés du redressement du pays.
Le pacte social s'inscrit dans ce calendrier. Le gouvernement veut maintenir à flots des jeunes, priorité électorale, en attendant que l'emploi ne reparte. Et il est conçu pour que son coût maximum coïncide avec les premiers fruits de sa politique.
François Hollande parie sur une conjonction heureuse, à l'horizon d'un an ou deux : les emplois d'avenir produiront leur effet maximum ; le contrat de génération atteindra sa vitesse de croisière ; la réforme du travail, espérée pour Noël, offrirait de la flexibilité aux entreprises et de la sécurité aux salariés. D'ici là, le crédit d'impôt mettrait les entreprises en situation de profiter d'une reprise simultanée, en France et en Europe.
Pour offrir du grain social à moudre, il faut du grain. Là est le pari. Car le pire n'est jamais sûr, mais le meilleur non plus.
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