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Mon Dieu... Pourquoi ?... L'Abbé Pierre, dont l'autorité morale est unanimement reconnue, expose non sans courage des idées et même des convictions très anticonformistes sur la situation de la femme dans l'Eglise, ainsi que sur le problème corrélatif du célibat des prêtres.
Pour comprendre ces idées, il ne faut pas s'en tenir aux pratiques actuelles de l'Eglise, mais à ses sources qui peuvent remonter aux débuts de l'humanité:
- Pendant l'Antiquité - certains historiens disent ...dès l'époque préhistorique - la "femme" a été traditionnellement considérée comme inférieure à "l'homme" et limitée à des tâches spécifiques, notamment la ...maternité. La Bible elle-même fait une place modeste aux femmes dans la société patriarcale d'alors, certains textes la mettant dans l'ordre d'importance des "biens" ...après les troupeaux. Néanmoins les femmes y jouent un rôle non négligable, ne serait-ce que les cas "emblématiques" d'Eve, de Sarah ou, bien sûr, Marie... Et d'ailleurs, naguère comme maintenant, la "judéité" se transmet par la femme juive, et non par l'homme...
- Si on se limite à l'Ancien Testament, Jésus y apparaît le plus souvent entouré de femmes, et on trouve celles-ci (Marie et Madeleine) au pied du Calvaire, alors que les Apôtres (sauf Jean ?) se sont enfuis...Par ailleurs, on s'interroge sur la jeunesse de Jésus, dont on n'a aucun témoignage de l'époque...Or les juifs - hommes ou femmes - ne pouvaient alors rester célibataires, au point que le frère d'un défunt devait épouser la veuve... Il n'y a donc rien d'impie à imaginer que Jésus ait pu "connaître" la femme (Madeleine?). Les textes disent "qu'il s'est fait homme" (soit seulement homme, soit incarné par Dieu...) et toutes les conséquences peuvent en être tirées...
- L'Eglise elle-même n'est pas créée par Jésus qui a seulement "prêché" et n'a laissé aucun écrit... Elle naît deans les Communautés dites "primitives" (Jérusalem, Antioche, Alexandrie...), et dans ces Communautés, la place de la femme est le plus souvent très importante... Paul, le véritable créateur du christianisme, souligne son rôle dans ses Epîtres, même si parfois, il peut paraître misogyne... Les hommes et les femmes participaient alors ensemble aux rites initiaux, sans discrimination...
- C'est seulement au Moyen-Age que des Papes "réformateurs" (Grégoire le Grand, Innocent III, Boniface VIII...)ont voulu "mettre de l'ordre" dans un clergé souvent inculte et peu "exemplaire" en réservant la prêtrise aux hommes et en interdisant le mariage des prêtres, sous le prétexte évidemment "élevé" que ceux-ci ne devaient se consacrer qu'à Dieu... Mais dans le même temps, l'Eglise Orthodoxe, séparée de Rome - et d'anciens cultes orientaux ont continué à autoriser le mariage des prêtres ou "popes"...
Dans ces conditions, la discrimination entre "homme" et "femme" ne peut pas être considérée comme "d'essence divine", et elle ne figure d'ailleurs pas dans les Ecritures"... Elle reste une affaire..."d'homme". De surcroît, les théologiens considèrent maintenant que , derrière l'histoire "symbolique" d'Adam et Eve, il n'y a qu'UNE réalité "humaine" - à la fois "homme" et "femme" - que Dieu a créée "à son image", qui est "totale"... Le problème, pour la place de la femme dans l'Eglise, est donc non pas d'abolir une "Tradition", mais de remonter "aux sources de la Foi"...