Réflexions sur l'actualité en tous genres.
L'appropriation de l'économie dans l'organisation de la société a fait l'objet - notamment en France - d'un débat séculaire, puisqu'aux théories des philosophes (physiocrates, Fourier, Proudhon, Saint-Simon, Marx et ses émules...) ont succédé les longues luttes populaires contre les "possédants"...
- Il est certain que la privatisation "d'origine", traduite par un capitalisme dit "sauvage", même si elle a permis le développement économique au 19° siècle et au début du 20° siècle, s'est accompagnée d'une exploitation de masses populaires misérables, dont la littérature rend d'ailleurs témoignage (ex: Les Rougon-Macquart d'Emile Zola ouencore La poussière des corons ou La Courée de Marie-Paul Armand...)
- Il est donc logique qu'avec le développement du syndicalisme se soit développée une conception d'un "tout Etat" protecteur assurant le contrôle de l'économie, en particulier de ses éléments les plus importants : d'où la vague des "nationalisations", surtout à partir du Front Populaire de 1936 : SNCF, EDF-GDF, Sociétés Maritimes, et bien entendu la Sécurité Sociale... La société française était alors en droit d'attendre que l'Etat gère correctement ces organismes en son nom, et que leurs bienfaits profitent à l'ensemble de la population... Malheureusement, même si le dévouement de leurs agents n'est le plus souvent pas en cause (ex: l'efficacité des agents de l'EDF lors de catastrophes naturelles), la gestion a donné lieu à toutes sortes de dérives, qu'il s'agisse des insuffisances et du déficit de la SNCF ou des abus du Comité d'Entreprise d'EDF, des erreurs du Crédit Lyonnais, des privilèges et abus notoires de la SNCM, sans oublier le trou abyssal de la Sécurité Sociale...
- Dans ces conditions, on peut comprendre, sinon approuver, la volonté de nombreux responsables politiques, d'en revenir à la privatisation, afin d'éponger les dettes et de redonner aux entreprises les moyens d'affronter la concurrence économique, à fortiori dans la mesure où il faut respecter des règles internationales, qu'il s'agisse de l'Europe ou de l'OMC... Malheureusement, à nouveau, on assiste alors au spectacle affligeant d'entreprises réalisant des bénéfices parfois colossaux (ex: compagnies pétrolières), tandis que se multiplient les délocalisations et les licenciements...
S'agit-il; donc d'un "cycle sans fin", ou y-a-t-il une possibilité "d'accorder" les exigences de l'économie et les contraintes sociales ?... Beaucoup de responsables y ont réfléchi, ne serait-ce que De Gaulle, qui rêvait d'une association Capital-Travail, ou tous ceux qui, maintenant, veulent développer "l'actionnariat populaire" ou encore - à l'instar du gouvernement actuel de la France - ceux qui essaient de mettre en place des "privatisations partielles" conservant au moins une minorité de blocage à l'Etat... En fait, on n'en sortira pas tant que l'emportera la notion de "rentabilité économique" et que celle-ci ne sera pas structurellement associée à la notion de "rentabilité sociale"... car il ne sera jamais tolérable que le développement économique se fasse au dépens de l'équilibre social, et inversement d'ailleurs... Mais évidemment un tel équilibre ne peut être réalisé dans un seul pays comme la France, ni même dans une seule communauté internationale comme l'Europe : il s'agit d'un problème mondial, mettant d'ailleurs en cause d'autres problèmes, comme l'aide aux pays "en voie de développement"... Ce n'est pas une mince affaire... En supposant qu'il s'y intéresse, le 21° siècle y suffira-t-il ?